lundi 12 mai 2014

L'aporie capitaliste

Oui par contre les jeunes n'ont pas mémoire. Effectivement comment adhérer à un monde qui propose d'emblée : il va falloir que tu te sacrifies. Au nom de quelles valeurs ? Au nom du bien manufacturé, produit par des très riches (par leur capital, et le biais de salariés esclaves comme toujours et terrorisés de perdre leur job) qui ne redistribueront plus, pour être plus compétitifs (politique de l'offre). Les logiques de vie riches chères à Deleuze, antihumaniste, il n'y en aura pas, il y aura quelques survivants. C'est peut-être constatant l'échec total de 68 à amener une vie meilleure, mais plutôt une vie bien pire ( non plus société de consommation mais de compétition), que Deleuze s'est suicidé. Dans un monde où la compétition est vouée en culte, il ne peut y avoir de solidarité entre les jeunes, donc pas de représentations communes, pas de création , donc pas de mémoire. On ne peut pas imposer une mémoire à une génération. Une mémoire doit se construire elle-même, c'est une nécessité. Or la jeunesse va dans l'impasse et ne construit rien. Oui c'est beau la vie. Mais la vie sans mémoire c'est la barbarie. Les responsables devront porter une forme de culpabilité.

Pour faire un peu plus absurde, on devrait rebaptiser la droite : les démocrates-sociaux. Ainsi on aurait les sociaux-démocrates (politique de l'offre) contre les démocrates-sociaux (politique de l'offre). Pour ma part je suis pour une classe moyenne forte que doit soutenir une politique de la demande ( hausse des salaire, contrôle des licenciements). Il faudrait mondialiser ce système. Mieux en encore, il faudrait mondialiser la décroissance, en finir avec le complexe de Midas ( où l'or finit par se transformer en merde), où la nature surexploitée n'aura plus rien à nous offrir, qu'un vaste désert de cris et de larmes. Pour cela il faut de la bonne volonté : contrôler et réguler les marché, c'est-à-dire l'hybris du capitalisme.

Le déclin européen

L'humanité a sans doute connu pire que ce petit désenchantement, mais la France certainement pas, et je ne suis pas sûr qu'elle s'en relève. Personnellement je suis un homme moyen, je suis le dernier homme que décrit Nietzsche replié sur sa famille, son petit confort, sans idéal et sans valeurs et autour de moi je ne vois que des gens comme moi. Alors quand on me parle des surhommes Valls et Hollande, cela me fait doucement rigoler, ils ne sauveront pas la civilisation en France et en Europe. Le destin de l'Europe fut scellé avec la défaite de l'Allemagne en 1918 puis 1945, qui marqua le déclin inexorable de l'Europe. Il est dommage que la grandeur de l'idéal européen fut portée par un personnage aussi malade, pervers et risible que Hitler, mais c'est comme ça. La mort de l'Europe fera le bonheur d'autres civilisation comme la Chine ou l'Inde, là-bas espérons le s'éveilleront des surhommes. Et puis il y a nos héritiers de l'idéal humaniste : Etats-Unis, Canada, Australie : ce sont de jeunes nations qui ont encore beaucoup à vivre. Ici en Europe, je ne vois que des gens très contents d'eux, mais désabusés , cyniques et sans aucun projet pour l'avenir. Des gens qui en plus sont méchants pour la plupart ( méchant voulant dire jouisseurs et pervers et destructeurs de la jeunesse). La pitié et la compassion devraient être les vertus d'une nation en voie de décomposition avancée comme la nôtre. Nous pouvons encore être les Grecs de l'empire romain (Etats-Unis, Canada et Australie). Abandonne tous tes idéaux de grandeur mon garçon, la France est malade.
La France est un hôtel comme le dit Houellebecq. L'Europe se heurte aujourd'hui au problème de ses peuples autochtones qui ne sont pas assez progressistes à ses yeux. Les Etats- Unis ont réglé le problème du peuple autochtone en l'exterminant. Mais ce problème est derrière elle ; ainsi qu'au Canada et en Australie. Ce sont de grands espaces plein d'avenir. Nous pouvons être leurs Grecs, c'est-à-dire leur modèle. Il n'y a plus d'autre destin pour l' Europe. Si d'ailleurs ces jeunes nations ne règlent pas rapidement la question de l'écologie et du développement durable, elles sont foutues à brève échéance. Quant à l'Europe elle doit se vivre comme ancêtre bon et compatissant pour tout ce qui est vivant.

C'est avant 14-18 que la France aurait dû faire le choix de s'allier à l'Allemagne, alors les deux puissances continentales alliées auraient pu construire une grande Europe. Mais non toujours le petit narcissisme des Français : résultat une guerre absurde (14-18), qui aboutit sur un conflit qui va achever l'Europe continentale(39-45). Si la France avait alors un peu rabaissé de sa superbe et reconnu la supériorité de l'Allemagne, si l'Allemagne de son côté avait consenti à faire de la France son alliée privilégiée. Si à ce moment là, au début du XXème siècle, le couple franco-allemand s'était fait, alors nous aurions eu une Europe formidable, immense. Mais ce n'est pas le cas.

vendredi 25 avril 2014

La société du libéralisme économique et les jeunes

Le smic, comme tous les droits sociaux, sont un héritage ringard d'un vieux monde catholique. Dans une société progressiste, il ne doit pas y avoir de tabous, à chacun selon sa faculté d'adaptation, disparaîtront les parasites et les imposteurs. La fin du smic, le smic jeune ? Ainsi la fracture entre jeunes et vieux va-t-elle s’accroître. Entre riches et pauvres n'en parlons même plus. Mais qui se soucie encore de ces vieilles lunes ! Plus le droit de regarder ailleurs que son petit nombril. Et beaucoup de jeunes seront bien content de gagner 700 euros par mois, de bouffer de la merde, pendant que leurs grands-parents soixante-huitards s'engraissent au soleil. Ils sont tellement cons les jeunes, qu'ils ne savent même pas imaginer qu'un monde égalitaire fut pendant longtemps une utopie réalisée, notamment sous de Gaulle, ce qu'on appelle aujourd'hui les trente glorieuses, une époque bénie, post catholique, mais encore catholique. Alors qu'eux les jeunes ne savent pas qu'ils vivent dans un monde injuste et figé comme jamais, avec comme seul critère la rentabilité, la réussite individuelle, le libéralisme économique, l'hyper compétitivité, le "struggle for life" si cher aux Anglo-saxons, mais ils sont contents comme ça les jeunes, ils ont été formatés pour ça, alors ils font leurs besoins les uns sur les autres, comme dans une porcherie. Et ça les fait rire les vieux de voir ce spectacle. Car leurs enfants sont des moutons qui disent merci quand on les gifle.

jeudi 24 avril 2014

Faut-il avoir peur de la classe moyenne ?

Ce qui devrait te faire peur et qui nous pend au nez, c'est plutôt la disparition de la classe moyenne. Effectivement ce qui stabilise une économie c'est une classe moyenne forte. Or aujourd'hui toute une partie de la classe moyenne est menacé de déclassement, et ce n'est pas un fantasme. Plutôt que de faire l'éloge de la classe populaire (qu'est ce que cela veut dire les immigrés, le quart-monde ?), on ferait bien de réfléchir au moyens de faire accéder la classe populaire à la classe moyenne. Mais non toujours ton narcissisme : la classe populaire dans son mode de pensée serait plus "pure" que la classe moyenne (évidemment toute personne a tendance à se considérer comme plus pure que son voisin, et cela vaut pour un peuple ou une religion). Arrête ce narcissisme qui n'est qu'un misérabilisme déguisé. Il n'y a aucun salut à attendre d'une classe populaire minoritaire, et qui depuis longtemps a perdu ses traditions qui faisaient sa noblesse (les seules traditions qui lui restent, c'est partout une sous-culture à base de rap, de mots grossiers, de comportements à risque, d'origine banlieusarde, et qui s'étend partout dans les campagnes). Ce ne sont pas les classes moyennes qui posent problème, ce sont les très riches, qui accaparent des fortunes de plus en plus considérables, ainsi les 400 personnes les plus riches des Etats-Unis possèdent autant de richesses que les 150 millions d'Américains les plus pauvres (parmi lesquels beaucoup de gens de la classe moyenne, en voie de déclassement). 1% des Américains les plus fortunés ont raflé 23% du revenu national. La même tendance s'observe en Europe depuis le début des années 80. Il faut arrêter de s'aveugler sur le terme de "petit-bourgeois". Le petit-bourgeois c'est maintenant toi, prof de philo, et militant politique. Le terme de petit-bourgeois veut dire quelque chose dans la bouche d'un artiste comme Pasolini. Mais chez toi ou chez moi cela ne veut rien dire. Car il faut beaucoup de talent, voire du génie pour se dénigrer soi-même.

mercredi 16 avril 2014

Réactionnaire et marxiste

On ne se sent pas écouté, ni par la médecine, ni par rien, parce que nous vivons sous le règne du libéralisme, c'est-à-dire de l'égoïsme. Quelle est la seule façon de combattre l'égoïsme ? Se rattacher à des valeurs archaïques. Tout ce qui est moderne est un reflet de notre narcissisme et de notre égoïsme contemporain.                               
Attention, je ne dis pas que je suis réactionnaire et fasciste, on connaît assez les ravages du fascisme, je ne dis pas non plus que je suis réactionnaire pour défendre les droits acquis des riches. Je suis réactionnaire pour défendre ce qui est fragile, c'est-à-dire essentiellement des modes de vie ruraux, à la limite de l'analphabétisme. Un psy dirait que je me défends moi-même, c'est possible ! Je dirais que je suis réactionnaire et marxiste, car il y a des points communs entre le catholicisme et le marxisme. Jésus était un marxiste avant l'heure. Marx dans la religion ne combat pas Jésus, le révolté contre sa propre religion. Il combat le dogme de la religion chrétienne, comme Jésus avait combattu le dogme de la religion juive. En tant que révolté, Marx a des points communs avec Jésus. Je suis réactionnaire pour le domaine de l'éducation, à la manière d'un Finkielkraut. Mais je n'ai pas les moyens de mon ambition, car je renie ma propre éducation, qui consiste en un soixante-huitardisme corrompu, dégénéré et dévoyé.

Le problème de toute idéologie, chrétienne ou communiste, c'est qu'ensuite elle aboutit au dogme. Le libéralisme est si solide, parce qu'il n'est pas dogmatique, qu'il laisse chacun crever dans son coin, qu'il est la somme des égoïsmes particuliers, qu'il ne propose pas de réunir, qu'il n'a aucun projet commun. Et c'est pour cela qu'il est si dangereux ; risquant de déboucher sur une catastrophe écologique sans précédent. Parce que le libéralisme, c'est-à-dire l'égoïsme, dont certains sont allés jusqu'à en faire leur dogme, de leur propre égoïsme, est sans conscience.

lundi 31 mars 2014

Le père biologique est-il dieu ?

Avec Mai 68 nous avons perdu le témoignage que nous avions de nos pères, et c'est une immense perte pour l'humanité. Le père a donné, mais a voulu tout reprendre à l'enfant post soixante-huitard par jalousie. Le père a effectivement repris les jouets qu'il avait offert. Que cela veut-il dire symboliquement ? En fait le père qui avait construit une partie de l'identité du fils post soixante-huitard a voulu reprendre cette identité. Pourquoi y-a-t-il partiellement réussi. Parce que nous étions dans une relation de type totale, une relation pratiquement sexuelle de type soixante-huitarde (petit clin d'œil à Dany le rouge), qu'il exigeait de la part du fils une complète soumission, pour ensuite apparaître comme le sauveur exclusif, or qui était le sauveur dans le dogme de la religion ? Jésus. Le père biologique a voulu remplacer Jésus, il a voulu dans son narcissisme démesuré remplacer Dieu (petit clin d'oeil à Nietzsche). J'invite ceux qui voudraient connaître plus précisément la relation qui unissait le fils au père soixante-huitard, à se plonger dans l'œuvre de Sade, et en images à Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pasolini. Voilà pourquoi je suis catholique, comme Pasolini, voilà pourquoi je suis réactionnaire. Parce que je prédis qu'en réalité la pseudo liberté instauré par mai 68 aboutira au fascisme. Pourquoi ? Parce que sans le poids du dogme et de l'autorité représenté par la religion, les hommes font n'importe quoi, et que le mal ne peut pas se laisser enfermer dans le seul dogme de la Shoah, voilà pourquoi ! Voilà pourquoi il n'y a aucune raison que le FN ne finisse pas par l'emporter. Oui je le dis, je l'affirme, Mai 68, la pseudo liberté qui en découle, l'impunité pour toutes sortes de pervers, et bien sûr l'ultra libéralisme économique qui en découle sont responsables du triomphe encore balbutiant mais pourtant peut-être déjà fatal du FN. Mais Mai 68 lui-même a des causes, il n'est pas un absolu, qui enfermerait à lui seul tout le mal. Qui alors enferme tout le mal ? La nature humaine sans un dieu pour l'éduquer.

mardi 25 février 2014

Rock et réaction

Mon pays ne pardonnera pas mes péchés. Puisque nous vivons non seulement un monde sans pitié, pour reprendre le titre d'un beau film d'Eric Rochant, mais encore davantage on pourrait dire un monde sans pardon, où la dérision semble régner en maître ; ce qui ne laisse aucune chance aux largués qui s'engouffrent dans la brèche de la dérision, alors qu'en réalité le pays n'a jamais été aussi intolérant pour les marginaux ou les déviants. Ces derniers auraient eu une chance de s'en sortir, si enfants on avait eu le droit de les élever à l'aide de principes et de valeurs rigides voire réactionnaires, pourquoi pas catholiques. Car l'enfant a besoin d'obéir. Or notre société fait tout le contraire, elle laisse les enfants faire n'importe quoi, avoir tous les droits, et ne laisse aucune liberté aux adultes. Effectivement ceux qui en auraient le plus besoin ne maîtrisent pas le code qui, adultes, leur permettrait de se rebeller. Alors enfants ce sont des rebelles, et adultes ils deviennent des moutons. C'est le crime parfait à l'échelle d'une société : aucune contestation possible, quelques émeutes oui ; mais aucune idéologie pour conduire une révolution. Une révolution pourtant nécessaire contre le système de l'économie de marché, le libéralisme économique, qui distribue si injustement le bonheur entre les hommes : voire reproduit à l'échelle de la société les principes de la nature la plus sauvage : jungle comme on dit, adaptation du plus fort et autres saloperies du même acabit. Et dont le rock, et la violence qu'il génère est un instrument de cette sélection absurde. Ce n'est pas que le rock soit mauvais en soi, il y a beaucoup de morceaux d'une grande beauté, c'est encore ce qu'on en fait qui est souvent mauvais ; plus un instrument de sélection entre "forts" et "faibles" ( au sens de Darwin, pas de Nietzsche), qu'un instrument de rébellion contre la société. Je connais pas mal de passionnés de rock, peu sont aussi intolérants et conformistes qu'eux, dans leur comportement.




samedi 22 février 2014

La destruction du vieux monde

Pourquoi une fois pour toutes ne pas abandonner l'apprentissage du français à l'école et imposer l'anglais comme langue maternelle, puisque l'emprise de l'impérialisme américain va si loin et sans résistance, que nous ne sommes même plus conscients des bouleversements qu'il entraîne sur nos existences intimes, notamment la balkanisation non seulement géographique des nations, mais également la balkanisation des modes de vie, morcelés en autant d'entités qu'il existe de tribus, le plus souvent réparties en corporations, les informaticiens, les profs, les jeunes, les vieux, les femmes, les enfants, les chiens ...
Tribus qui se reconnaissent entre elles le plus souvent par des éléments de culture anglo-saxonne. Je reconnais bien là le petit bourgeois lambda qui a reçu une éducation trop policée, qui parle un langage irréprochable dans sa vie professionnelle, mais qui dans le cadre de la "vraie vie" ne veut plus entendre parler de la France, cette vieille ringarde, au demeurant pas très sexy je l'accorde. Pour ma part je préfère la variété française au rock, Claude François aux Beatles ou autres illustres inconnus "underground", dont le seul intérêt est d'être underground. Je conseille la lecture de Michelet (trop ringard?), qui décrit la Bretagne comme l'élément résistant de la France, la plupart des Bretons ont aujourd'hui oublié leur héritage et sont des traîtres (mais inconscients, dépassés par le système) au fond acquis à l'idéologie des droits de l'homme et à l'individualisme entraîné par le libéralisme économique d'origine anglo-saxonne (qui nous apporte confort et bien-être), et à la balkanisation des comportements humains, en autant de tribus qu'il existe de styles de musiques anglo-saxonnes qui composent autant d'entités séparées ; et ceci est un héritage du protestantisme, qui est au fond une tentative réussie du torpillage du catholicisme qui se voulait une religion universelle, contre la "liberté" des consciences prônée par le protestantisme, qui aboutit en fait à l'épanouissement des égoïsmes (où chacun se croit le centre de monde, pense que la nature a été créée pour lui, par l'intermédiaire de biens de consommation aimables, taillés dans le sens de notre désir) où Adam Smith voyait en bon visionnaire, le triomphe de l'idéologie du libéralisme économique (qui aboutit par la somme des égoïsmes particuliers à la destruction de la nature, qui au fond n'est pas aimable, puisqu'elle s'oppose à nos désirs). L'idéologie des droits de l'homme est peut-être bonne individuellement, mais collectivement ne risque-t-elle pas de déboucher sur une immense catastrophe écologique ?
Je constate juste que le progrès, aujourd'hui porté principalement par la puissance américaine, débouche sur le bouleversement des modes de vie traditionnels, notamment ruraux, qui existaient encore avant la seconde guerre mondiale. Je ne nie pas que la France fut en son temps un impérialisme, qu'en tant que tel il ne valait pas mieux que l'américain, il était même je crois plus cruel et plus mesquin, car moins puissant.

Je reconnais aussi que le catholicisme est une religion qui place après tout l'homme au centre du monde, et qu'il fait de la nature la servante de ce dernier : ce qui est une faute. Le seul intérêt du catholicisme et l'héritage qui est à préserver, est dans les modes de vie traditionnels qu'il a contribué à conserver durant des siècles, et qui sont aujourd'hui en voie de disparition, face au bombardement continue que nous impose en objets manufacturés de toutes sortes, le libéralisme économique, et qui débouche sur la dissolution du lien traditionnel, au profit de l'hégémonie d'un impérialisme. Les autres impérialismes, russes et chinois ne sont pas des alternatives, puisque de toute façon ils se battent avec les armes des Etats-Unis : l'économie de marché.

vendredi 21 février 2014

Le français : une langue morte ?


Je voulais juste pousser un coup de gueule contre la dégradation de la culture française catholique, voici le message que je laissais à Jean-Michel sur Facebook :
Nous parlons désormais une langue qui n'a plus rien à voir avec le français que nous avons appris à l'école, dont les concepts de compréhension se font par des termes anglo-saxons comme "hack" (traduction?) ou "upgrader" (traduction?). Bernard Montel, commentateur sportif, s'en est fait l'écho, constatant que d'autres commentateurs n'employaient plus que ces termes. Pourquoi une fois pour toutes ne pas abandonner l'apprentissage du français à l'école et imposer l'anglais comme langue maternelle, puisque l'emprise de l'impérialisme américain va si loin et sans résistance, que nous ne sommes même plus conscients des bouleversements qu'il entraîne sur nos existences intimes, notamment la balkanisation non seulement géographique des nations, mais également la balkanisation des modes de vie, morcelés en autant d'entités qu'il existe de tribus, le plus souvent réparties en corporations, les informaticiens, les profs, les jeunes, les vieux, les femmes, les enfants, les chiens ...

Tribus qui se reconnaissent entre elles le plus souvent par des éléments de culture anglo-saxonne, dont tu sembles mon cher Jean-Michel un grand thuriféraire. Je reconnais bien là le garçon sage qui a reçu une éducation trop policée, qui parle un langage irréprochable dans sa vie professionnelle, mais qui dans le cadre de la "vraie vie" ne veut plus entendre parler de la France, cette vieille ringarde, au demeurant pas très sexy je te l'accorde. Pour ma part je préfère la variété française au rock, Claude François aux Beatles ou autres illustres inconnus "underground", dont le seul intérêt est d'être underground. Toi qui t'es installé en Bretagne, je te conseille la lecture de Michelet (trop ringard?), qui décrit cette région comme l'élément résistant de la France. La plupart des Bretons ont aujourd'hui oublié leur héritage et sont des traîtres au fond acquis à l'idéologie des droits de l'homme et à l'individualisme entraîné par le libéralisme économique d'origine anglo-saxonne, et à la balkanisation des comportements humains, en autant de tribus qu'ils existent de styles de musiques anglo-saxonnes qui composent autant d'entités séparées ; et ceci est un héritage du protestantisme, qui est au fond une tentative réussie du torpillage du catholicisme qui se voulait une religion universelle, contre la "liberté" des consciences prônée par le protestantisme, qui aboutit en fait à l'épanouissement des égoïsmes, où Adam Smith voyait en bon visionnaire, le triomphe de l'idéologie du libéralisme économique.

jeudi 20 février 2014

L'Ukraine et la question des droits de l'homme

Quand vas-tu parler de l'Ukraine ? Les donneurs de leçon comme BHL, ne remettent jamais en question l'hégémonie de l’impérialisme américain, qui est assimilée au Bien, quoique fasse cet impérialisme. Par contre quand des vestiges de l'impérialisme russe s'expriment encore, cela est immédiatement assimilé au mal. "La victoire de la démocratie" passe par la fragmentation et la régionalisation des identités nationales, une balkanisation à l'échelle mondiale et la défaite des impérialismes autres que l'américain. Les deux derniers ennemis des Etats-Unis restent la Russie et la Chine. Pour ma part je pense que l'impérialisme chinois risque de l'emporter sur l'américain. Pour le meilleur et pour le pire.

 Quant à l'Europe quel modèle peut-elle offrir à l'Ukraine : chômage de masse et immigration massive ? Un programme guère sexy ! Les Ukrainiens sont encore certainement dans la sphère d'influence russe où règne la corruption à grande échelle. C'est une réalité que l'Europe propose la perspective d'un état de droit, ce qui n'est déjà pas si mal, pour un pays sans doute exsangue comme l'Ukraine. Cependant historiquement l'Ukraine est dans la sphère d'influence russe depuis plus de 300 ans. Mais comme les Etats-Unis sont un pays sans Histoire, ils ne peuvent comprendre une Histoire qui dépasse largement le cadre des simples droits de l'homme. On pourrait discuter de la question des droits de l'homme en Europe, où le chômage massif et l'immigration massive, et la perte d'identité qu'ils entraînent, sont voués à amener des bouleversements dont on ne mesure pas encore les conséquences à long terme. La notion de droit de l'homme est une notion très relative, et très galvaudée par nos intellectuels de toute façon pour la plupart inféodés à la puissance américaine, et dont BHL est la caricature.

Les Russes ont gagné la guerre contre les Allemands, il est donc normal qu'ils fassent preuve de fierté avec Poutine à leur tête. Toutes les tentatives de balkanisation de la Russie au nom des soi disant droits de l'homme, sonnent l'éternelle victoire de l'Angleterre, puis des Etats-Unis sur l'Europe. Peut-être que l'Europe n'est pas légitime à porter l'idéal de l'humanisme, et que ce rôle ne peut-être dévolu qu'aux puissances maritimes, Angleterre, puis Etats-Unis, Australie et Canada, comme le pense Glucksman.