mardi 13 mai 2014

L'idéal européen : une eschatologie sociale

"Ce qui est la fin aujourd'hui c'est l'objet manufacturé, et l'homme n'est qu'un moyen au service de cette fin. C'est aussi ce que les sociologues des années 70 ont appelé la société de consommation ; mais aujourd'hui ce n'est plus société de consommation, un moindre mal (politique de la demande), mais société de compétition, une calamité (politique de l'offre). C'est un cercle sans fin où pour survivre il faut toujours être plus compétitif. Il n'y aura donc pas de fin à la crise, car au nom du "toujours plus", on demandera toujours à la société d'être plus compétitive : c'est-à-dire que les riches (le capital) soient toujours plus riches pour pouvoir investir, et que les classes moyennes, braves petits soldats du profit, soient toujours plus en compétition, les uns avec les autres, pour des salaires bloqués ou en baisse. Quant aux classes populaires elles continueront toujours à être assistées : gage de la paix sociale, pour éviter la guerre civile." : Est-ce pour un tel type de société dont on ne voit pas l'issue que l'on doit faire l'Europe? L'Europe politique permettra-t-elle de sortir de ce système, ou bien au nom de la sacro-sainte compétitivité nous y enfoncera-t-elle toujours plus? Mais où vois-tu l'humanisme dans un tel système? Il n'y a aucun projet commun, l'homme n'y est pas une fin mais un moyen. Ceux qui s'en sortent sont soit ceux qui détiennent le capital, soit des petits malins. Je suis pour un catholicisme social de type gaullien, et suis lucide sur l'hypocrisie d'une certaine frange du catholicisme qui s'est enrichi sur le dos des pauvres, et qui a fait de la misère des pauvres son fonds de commerce. Cela a abouti à la Renaissance à la corruption de l'église catholique, et par réaction à la naissance du protestantisme. Mais le protestantisme a abouti à la marchandisation du monde, ce qui est encore pire. Tu prévois l'Europe sociale au bout du tunnel, comme un salut : finalement tu as une vision eschatologique de la construction européenne, c'est-à-dire une vision religieuse de type catholique. Mais auparavant tu prévois qu'il faudra avaler la pilule au goût amère. Pour arriver au salut, tu justifies le sacrifice : pas d'Europe sociale avant l'Europe politique, et pas d'Europe politique sans renforcement économique ; qui passe par une plus grande compétitivité, par une politique de l'offre renforcée, par une stagnation, voire une baisse des salaires. Souffrez ici-bas, les lendemains seront meilleurs : on nous a toujours dit ça, sur les champs de bataille hier, dans les entreprises aujourd'hui.

lundi 12 mai 2014

Zuckerberg contre Kant


Kant et sa notion de responsabilité morale individuelle est l'abomination suprême. Il n' y a pas de responsabilité morale individuelle, il n'y a que des responsabilités collective. Chacun est otage et responsable de l'autre avant d'être responsable de soi : la société est un corps. Le corps se construit par des émotions qui ne nous appartiennent pas, qui sont collectives. La seule responsabilité individuelle qui nous incombe n'est pas de faire notre devoir, mais d'essayer d'être humain c'est à dire bon : la mémoire se construit par des représentations collectives ; or la notion de devoir kantien a tendance au nom de la morale, à vouloir casser les représentations collectives. Si le principe de réalité est autre : c'est à dire le prof qui casse, ennemi de ses élèves. Et tout le reste qui suit comme modèle de société : cela est un modèle propre à la France, pauvre petite province qui méritait mieux, incapable de fournir des créateurs notamment dans le domaine informatique, qui rapporte pourtant des milliards. Même les Allemands ont abandonné Kant, et sont choqués maintenant par la rigidité éducative du système français. Système français éducatif cassant, basé sur la morale de Kant. République française qui se réclame depuis 150 ans de la notion du devoir kantien, alors que nous avons des génies comme Rousseau qui prônent l'épanouissement de l'enfant, alors que nous savons quel genre d'imbéciles comme Eichman, avait produit le système allemand, des imbéciles faisant leur devoir sans réfléchir, ce qui est peut-être au fond un contresens de Kant, mais rigidité kantienne qui fut une spécificité du système éducatif allemand, et qui a conduit les Allemands devant la monstruosité du résultat à réformer leur école vers plus de tolérance dès 1945, de toute urgence. Alors ne me dit pas que je suis l'ennemi de moi-même, je réfléchis à contre courant, c'est tout.

"Lutter et donner sa vie pour la République" Qui aujourd'hui est prêt à donner sa vie pour un idéal ? Personne et heureusement. On veut bien se sacrifier pour sa famille, ses enfants ou même pour son chien ; mais plus pour un idéal comme la patrie, la révolution ou la république (cette dernière est chez toi un compromis entre patrie et révolution). Regarde aux Etats-Unis, sans aucun modèle transcendant, dans une ambiance club mède, (répugnante à un kantien figé dans son stade adulte et autonome, encore un préjugé) Mark Zuckerberg, pour ne citer que lui ( il y a beaucoup d'autres exemples), "pèse" à lui tout seul 30 milliards de dollars : soit presque l'équivalent du pacte de stabilité de François Hollande et Manuel Valls (destiné à économiser 50 milliards d'euros). Pour une invention, certes utile, mais que même un simple d'esprit aurait pu concevoir dans sa forme, en étant aidé par des mathématiciens sur le fond. Le secret des Américains : ils inventent vite et bien des futilités qu'ils savent rendre indispensables, déposent un brevet, un copyright, établissent un monopole sur le produit, et dégagent des milliards de profit. Le tout sur fond d'ambiance jeune, people, cool, club mède. En France on ne sait pas faire, sauf précisément le club mède : pour combattre la crise il faudra mettre tout le monde en vacances : et dans cette ambiance cool et décontractée ; Les Français feront aussi bien que les Américains.

Le ton général de notre société française est beaucoup trop inflexible et intolérant, ce ton est l'ennemi des représentation collectives de notre propre jeunesse, c'est un ton kantien, un ton trop scolaire. Nous avons les moyens d'avoir un monde plus cool et tolérant. Toi qui admire tant l'efficacité : les boîtes jeunes qui marchent et qui font des milliards de dollars de profit, ce qui manque tant à la France, pauvre petite province rigide et inflexible toujours en retard d'une guerre depuis Napoléon, qui sacrifie toujours son peuple
de façon absurde, notamment en 14-18 et maintenant sur le marché du travail au nom de la rentabilité et de la compétitivité. Les boîtes jeunes qui marchent, toutes situées hors de l'hexagone, notamment aux Etats-Unis, ont adopté une ambiance cool, club mède. Mais cela peux-tu le comprendre? Je ne suis pas en guerre contre moi-même, je suis en guerre contre ceux qui condamnent à mort leur prochain au nom d'une idée. Aucune idée ne vaut la peine qu'on tue ne serait-ce qu'un chien. Le monde devrait simplement être plus gentil, les gens devraient s'aimer. Si certains veulent être méchants, qu'on les envoie sur la lune pour se faire la guerre. Ici-bas nous voulons des Jésus, des Gandhis, des artistes pour modèle. Napoléon sur la lune, et ne me parle pas de principe de réalité. La bonté et la compassion pour tout ce qui est vivant doit être le seul principe de réalité. A force d'être méchant par frustration, la France est un pays de losers.


Zuckerberg contre Kant, la logique du divertissement mais de l'efficacité contre celle de la rigueur mais de l'ennui, j'aurais dû dire l'Amérique contre l'Europe. Pour finir et pour être honnête : Zuckerberg est certainement plus proche de Kant et de sa notion de morale individuelle, que de toute conception catholique, qui se fonde sur une vision collective des représentations individuelles. Pour ma part, étant catholique, je ne crois pas à la responsabilité individuelle, et je ne crois qu'aux représentations collectives à partager, donc je ne crois qu'aux responsabilités collectives. Ce n'est pas Hitler qui est responsable du fascisme, c'est malheureusement une responsabilité de l'Allemagne entière (figée dans son corset prussien dont Kant est une forme d'expression philosophique). Ce ne sont pas les idées françaises, ni Kant, qui sont responsables du fascisme, ce sont ceux qui les ont transformées en actes : on a le droit d'avoir les idées qu'on veut, on ne doit censurer aucune littérature. C'est le passage à l'acte qui est répréhensible, je suis évidemment ennemi de toute forme de censure ou d'interdiction que ce soit pour la littérature , le divertissement (on pense à Dieudonné) ou même pour les drogues. C'est aux peuples de faire preuve de bon sens et pas aux individus. Si la notion de responsabilité individuelle doit aboutir à la mort des peuples, alors je préfère sacrifier la notion de morale individuelle plutôt que les peuples. Le monde protestant plus que le monde catholique, est un univers de marchandisation globale, où toute représentation est monnayable, n'est plus à partager, car elle devient payante ; c'est un mensonge, les mots ne sont pas des choses, les représentation sont gratuites, elles appartiennent aux peuples, c'est aux peuples de faire preuve de bon sens et sauver leurs jeunesses. Or aujourd'hui on veut la mort des peuples. Au nom de la responsabilité individuelle bourgeoise, on a créé la mort des peuples. J'aurais envie de dire : "peuple d'Europe retrouve ta fierté dans l'Europe, construit ton eschatologie, qu'elle soit technologique ou autre, mais n'abandonne jamais l'idée de peuple." Car il faut aussi du lyrisme pour construire un peuple, pas seulement du politique et de l'économique, ni même seulement du social. Mais est-ce que tout cela ne sonne pas un peu faux? Lyrisme pour le peuple de France peut s'entendre, mais pour l'Europe c'est une autre histoire : les pays d'Europe sont comme de vieilles bonne femmes aigries ennemies les unes des autres, de vieilles sorcières qui se haïssent. Et puis il y a tant de morts dans les guerres qui sont autant d'obstacles au rapprochement des peuples, comme dans des familles ennemies de parrains italiens, c'est la loi du talion, "tu as tué mon fils, je tuerai ta fille, etc..." Combien encore de générations pour oublier, pardonner? Comment leur faire entendre la voix de l'amitié, de la fraternité ( ne parlons même pas d'amour)? Les Etats-Unis sont un peuple, et c'est en tant qu'appartenant à ce peuple que Zuckerberg est un créateur. L'Europe n'est pas encore un peuple, en espérant qu'elle le sera un jour.

Le monde protestant plus que le monde catholique, est un univers de marchandisation globale, où toute représentation est monnayable, n'est plus à partager, car elle devient payante, certes mais n'oublions pas les abus de l'église catholique : la corruption. L'opulence sur le dos des pauvres, leur fond de commerce : les pauvres, et en même temps ceux que les papes et cardinaux trompaient. Qui a conduit par réaction, face à tant d'hypocrisie, à la création de l'église protestante.

Marine Le Pen : totalitarisme ou autoritarisme?

Il est indéniable que ton adversaire c'est le fascisme. Quand tu parles du fascisme, tu prends des accents fanatiques. Penser que la France est le berceau du fascisme comme tu le dis, c'est quand même dur à avaler et selon moi injuste. Hitler était allemand, ce qui explique la dureté du fascisme allemand, c'est la dureté de l'éducation prussienne, qui sera au fond reprise comme modèle par Kant : avec son combat contre les inclinations naturelles. A force d'avoir une éducation inhumaine, on a des fascistes : et cela est propre à l'Allemagne et à Kant, et à l'éducation prussienne; ce n'est pas le problème des Français, qui feraient bien de se méfier de Kant comme modèle éducatif. Kant dit des choses très intéressantes, mais sa morale est inhumaine et ne peut déboucher que sur la monstruosité. Cela dit je ne voterai pas Le Pen, et ne le conseille à personne. Je préfère rester sobre sur le sujet.
Je vais te dire : mes grands-parents paternels et maternels ont fait la guerre. Comme beaucoup ils ont été faits prisonniers en 1940, libérés en 1945. Ma grand-mère paternelle s'est remariée à un grand résistant, décoré de l'ordre national du mérite sous Mitterrand, qui a fait toute la guerre de 39 à 45, dans les forces françaises libres sous l'autorité de de Gaulle, d'Afrique du Nord jusqu'en Allemagne ( que mon père et ma tante détestent, qui sont-ils eux deux pour détester un grand résistant ?). Mes grands oncles bretons étaient farouchement "anti-boches", se sont engagés dans la résistance, et ont même tué assez sauvagement un collabo à mains nus. Je constate que la France a bien marché sous de Gaulle qui était un rassembleur. La guerre est terminée depuis 70 ans, tout un tas d'hypocrites dont les parents ou grands-parents étaient collabos, sont farouchement anti-français. Cela suffit de remuer la merde, de faire culpabiliser tout le monde. Nous vivons dans un monde terrorisant où tout le monde est suspecté de racisme et d'antisémitisme avant même de savoir penser. C'est trop facile et inefficace. Résultat : 20% de gens qui votent Le Pen. Il faut changer de méthode. Mais je n'ai pas de réponses.
L'idéologie dominante actuelle est heureux les très riches et les élites, vous n'avez pas à partager, ni à culpabiliser, continuez à vous enrichir. Heureuses les classes populaires, vous avez des circonstances atténuantes, on va vous aider, on vous aime. Quant aux classes moyennes, 70% de la population, vous êtes vraiment de la merde, vous ne ressemblez à rien, vous êtes suspectes à la naissance de fascisme en puissance.

Pour ce qui est de mon humanisme mou, eh bien je ne suis même pas humaniste : ce qu'il y a de meilleur en l'homme c'est le chien, comme le pensent Schopenhauer et Houellebecq. Un chien ne vous trahit jamais, il sera toujours fidèle, il vous aime sans condition. Un chien est plus kantien que l'homme. L'amour d'un chien est inconditionné.

Mais ai-je répondu à la question initiale ? Pour avoir la réponse on pourra se référer au lieu suivant : http://jaitantdechosesavousdire.blogspot.fr/2014/05/hitler-mussolini-le-pen.html

L'Europe : avachissement, compromission et perte d'idéal.

"Avachissement, compromission et perte d'idéal." Qu'est-ce que l'idéal ? L'humanisme ? Si on est lucide, on s' aperçoit que l'humanisme a culminé avec une guerre atroce : la deuxième. Forts de ce constat , les Allemands nous dépassent car ils ne se rattachent plus à des valeurs idéales et humanistes, mais cherchent concrètement leur bien-être ici-bas. Ecoeurés par la monstruosité du résultat , les maîtres de l'idéalisme sont devenus foncièrement matérialistes. Il n'y a que ces crétins de Français pour croire que l'école est une fin (toujours en retard d' une guerre!). Ce qui est la fin aujourd'hui c'est l'objet manufacturé, et l'homme n'est qu'un moyen au service de cette fin. C'est aussi ce que les sociologues des années 70 ont appelé la société de consommation ; mais aujourd'hui ce n'est plus société de consommation, un moindre mal (politique de la demande), mais société de compétition, une calamité (politique de l'offre). C'est un cercle sans fin où pour survivre il faut toujours être plus compétitif. Il n'y aura donc pas de fin à la crise, car au nom du "toujours plus", on demandera toujours à la société d'être plus compétitive : c'est-à-dire que les riches soient toujours plus riches pour pouvoir investir, et que les classes moyennes, braves petits soldats du profit, soient toujours plus en compétition, les uns avec les autres, pour des salaires bloqués ou en baisse. Quant aux classes populaires elles continueront toujours à être assistées : gage de la paix sociale, pour éviter la guerre civile. Il n'y aura pas de fins aux sacrifices demandés, jusqu'à ce que le système se dévore lui-même, comme Midas qui changeait tout en or a fini par se dévorer lui-même. Les Américains sont aujourd'hui à la pointe du combat économique et de la compétitivité, cela ne les empêchera de se dévorer eux-mêmes. Au final nos sociétés sont atteintes du complexe de Midas, avec des conséquences tragiques sur la nature : forcément surexploitée pour faire du profit. Quand à l'idéal et à Manuel Valls comme sauveur, cela me fait doucement rigoler : que les Français sont naïfs et grégaires.
On peut se réclamer de valeurs aristocratiques. Mais si la cause est absurde comme l'économie de marché qui transforme tout en or au point de rendre le monde invivable, à quoi sert le mousquetaire?
La sagesse moderne dans un environnement aussi hostile, ou au fond la question du bien être individuel est passé derrière celle de la compétitivité, c'est de sauver sa peau. Mais au lieu de clamer la devise des mousquetaires, tout un chacun devrait hurler : "Sauve qui peut, chacun pour soi !"
Ce que nous dit ton texte sur les mousquetaires, c'est que la sagesse ne se transmet pas comme un savoir. Que la sagesse est précisément le combat pour parvenir à la sagesse. D'où une certaine intransigeance, une dureté indéniable mais indispensable, car elles participent de l'art du combat.

Je veux pour preuve de ce que j'avance sur la sagesse du combat, est que la plupart de nos penseurs pour la plupart acquis à l'idéologie ultra libérale de la compétitivité et de la croissance, étaient dans les années 70 classés à l'extrême gauche. Conclusion : il n'y a aucune vérité transcendante, il n'y a que le combat pour exister et se conserver qui compte.

L'aporie capitaliste

Oui par contre les jeunes n'ont pas mémoire. Effectivement comment adhérer à un monde qui propose d'emblée : il va falloir que tu te sacrifies. Au nom de quelles valeurs ? Au nom du bien manufacturé, produit par des très riches (par leur capital, et le biais de salariés esclaves comme toujours et terrorisés de perdre leur job) qui ne redistribueront plus, pour être plus compétitifs (politique de l'offre). Les logiques de vie riches chères à Deleuze, antihumaniste, il n'y en aura pas, il y aura quelques survivants. C'est peut-être constatant l'échec total de 68 à amener une vie meilleure, mais plutôt une vie bien pire ( non plus société de consommation mais de compétition), que Deleuze s'est suicidé. Dans un monde où la compétition est vouée en culte, il ne peut y avoir de solidarité entre les jeunes, donc pas de représentations communes, pas de création , donc pas de mémoire. On ne peut pas imposer une mémoire à une génération. Une mémoire doit se construire elle-même, c'est une nécessité. Or la jeunesse va dans l'impasse et ne construit rien. Oui c'est beau la vie. Mais la vie sans mémoire c'est la barbarie. Les responsables devront porter une forme de culpabilité.

Pour faire un peu plus absurde, on devrait rebaptiser la droite : les démocrates-sociaux. Ainsi on aurait les sociaux-démocrates (politique de l'offre) contre les démocrates-sociaux (politique de l'offre). Pour ma part je suis pour une classe moyenne forte que doit soutenir une politique de la demande ( hausse des salaire, contrôle des licenciements). Il faudrait mondialiser ce système. Mieux en encore, il faudrait mondialiser la décroissance, en finir avec le complexe de Midas ( où l'or finit par se transformer en merde), où la nature surexploitée n'aura plus rien à nous offrir, qu'un vaste désert de cris et de larmes. Pour cela il faut de la bonne volonté : contrôler et réguler les marché, c'est-à-dire l'hybris du capitalisme.

Le déclin européen

L'humanité a sans doute connu pire que ce petit désenchantement, mais la France certainement pas, et je ne suis pas sûr qu'elle s'en relève. Personnellement je suis un homme moyen, je suis le dernier homme que décrit Nietzsche replié sur sa famille, son petit confort, sans idéal et sans valeurs et autour de moi je ne vois que des gens comme moi. Alors quand on me parle des surhommes Valls et Hollande, cela me fait doucement rigoler, ils ne sauveront pas la civilisation en France et en Europe. Le destin de l'Europe fut scellé avec la défaite de l'Allemagne en 1918 puis 1945, qui marqua le déclin inexorable de l'Europe. Il est dommage que la grandeur de l'idéal européen fut portée par un personnage aussi malade, pervers et risible que Hitler, mais c'est comme ça. La mort de l'Europe fera le bonheur d'autres civilisation comme la Chine ou l'Inde, là-bas espérons le s'éveilleront des surhommes. Et puis il y a nos héritiers de l'idéal humaniste : Etats-Unis, Canada, Australie : ce sont de jeunes nations qui ont encore beaucoup à vivre. Ici en Europe, je ne vois que des gens très contents d'eux, mais désabusés , cyniques et sans aucun projet pour l'avenir. Des gens qui en plus sont méchants pour la plupart ( méchant voulant dire jouisseurs et pervers et destructeurs de la jeunesse). La pitié et la compassion devraient être les vertus d'une nation en voie de décomposition avancée comme la nôtre. Nous pouvons encore être les Grecs de l'empire romain (Etats-Unis, Canada et Australie). Abandonne tous tes idéaux de grandeur mon garçon, la France est malade.
La France est un hôtel comme le dit Houellebecq. L'Europe se heurte aujourd'hui au problème de ses peuples autochtones qui ne sont pas assez progressistes à ses yeux. Les Etats- Unis ont réglé le problème du peuple autochtone en l'exterminant. Mais ce problème est derrière elle ; ainsi qu'au Canada et en Australie. Ce sont de grands espaces plein d'avenir. Nous pouvons être leurs Grecs, c'est-à-dire leur modèle. Il n'y a plus d'autre destin pour l' Europe. Si d'ailleurs ces jeunes nations ne règlent pas rapidement la question de l'écologie et du développement durable, elles sont foutues à brève échéance. Quant à l'Europe elle doit se vivre comme ancêtre bon et compatissant pour tout ce qui est vivant.

C'est avant 14-18 que la France aurait dû faire le choix de s'allier à l'Allemagne, alors les deux puissances continentales alliées auraient pu construire une grande Europe. Mais non toujours le petit narcissisme des Français : résultat une guerre absurde (14-18), qui aboutit sur un conflit qui va achever l'Europe continentale(39-45). Si la France avait alors un peu rabaissé de sa superbe et reconnu la supériorité de l'Allemagne, si l'Allemagne de son côté avait consenti à faire de la France son alliée privilégiée. Si à ce moment là, au début du XXème siècle, le couple franco-allemand s'était fait, alors nous aurions eu une Europe formidable, immense. Mais ce n'est pas le cas.

vendredi 25 avril 2014

La société du libéralisme économique et les jeunes

Le smic, comme tous les droits sociaux, sont un héritage ringard d'un vieux monde catholique. Dans une société progressiste, il ne doit pas y avoir de tabous, à chacun selon sa faculté d'adaptation, disparaîtront les parasites et les imposteurs. La fin du smic, le smic jeune ? Ainsi la fracture entre jeunes et vieux va-t-elle s’accroître. Entre riches et pauvres n'en parlons même plus. Mais qui se soucie encore de ces vieilles lunes ! Plus le droit de regarder ailleurs que son petit nombril. Et beaucoup de jeunes seront bien content de gagner 700 euros par mois, de bouffer de la merde, pendant que leurs grands-parents soixante-huitards s'engraissent au soleil. Ils sont tellement cons les jeunes, qu'ils ne savent même pas imaginer qu'un monde égalitaire fut pendant longtemps une utopie réalisée, notamment sous de Gaulle, ce qu'on appelle aujourd'hui les trente glorieuses, une époque bénie, post catholique, mais encore catholique. Alors qu'eux les jeunes ne savent pas qu'ils vivent dans un monde injuste et figé comme jamais, avec comme seul critère la rentabilité, la réussite individuelle, le libéralisme économique, l'hyper compétitivité, le "struggle for life" si cher aux Anglo-saxons, mais ils sont contents comme ça les jeunes, ils ont été formatés pour ça, alors ils font leurs besoins les uns sur les autres, comme dans une porcherie. Et ça les fait rire les vieux de voir ce spectacle. Car leurs enfants sont des moutons qui disent merci quand on les gifle.

jeudi 24 avril 2014

Faut-il avoir peur de la classe moyenne ?

Ce qui devrait te faire peur et qui nous pend au nez, c'est plutôt la disparition de la classe moyenne. Effectivement ce qui stabilise une économie c'est une classe moyenne forte. Or aujourd'hui toute une partie de la classe moyenne est menacé de déclassement, et ce n'est pas un fantasme. Plutôt que de faire l'éloge de la classe populaire (qu'est ce que cela veut dire les immigrés, le quart-monde ?), on ferait bien de réfléchir au moyens de faire accéder la classe populaire à la classe moyenne. Mais non toujours ton narcissisme : la classe populaire dans son mode de pensée serait plus "pure" que la classe moyenne (évidemment toute personne a tendance à se considérer comme plus pure que son voisin, et cela vaut pour un peuple ou une religion). Arrête ce narcissisme qui n'est qu'un misérabilisme déguisé. Il n'y a aucun salut à attendre d'une classe populaire minoritaire, et qui depuis longtemps a perdu ses traditions qui faisaient sa noblesse (les seules traditions qui lui restent, c'est partout une sous-culture à base de rap, de mots grossiers, de comportements à risque, d'origine banlieusarde, et qui s'étend partout dans les campagnes). Ce ne sont pas les classes moyennes qui posent problème, ce sont les très riches, qui accaparent des fortunes de plus en plus considérables, ainsi les 400 personnes les plus riches des Etats-Unis possèdent autant de richesses que les 150 millions d'Américains les plus pauvres (parmi lesquels beaucoup de gens de la classe moyenne, en voie de déclassement). 1% des Américains les plus fortunés ont raflé 23% du revenu national. La même tendance s'observe en Europe depuis le début des années 80. Il faut arrêter de s'aveugler sur le terme de "petit-bourgeois". Le petit-bourgeois c'est maintenant toi, prof de philo, et militant politique. Le terme de petit-bourgeois veut dire quelque chose dans la bouche d'un artiste comme Pasolini. Mais chez toi ou chez moi cela ne veut rien dire. Car il faut beaucoup de talent, voire du génie pour se dénigrer soi-même.

mercredi 16 avril 2014

Réactionnaire et marxiste

On ne se sent pas écouté, ni par la médecine, ni par rien, parce que nous vivons sous le règne du libéralisme, c'est-à-dire de l'égoïsme. Quelle est la seule façon de combattre l'égoïsme ? Se rattacher à des valeurs archaïques. Tout ce qui est moderne est un reflet de notre narcissisme et de notre égoïsme contemporain.                               
Attention, je ne dis pas que je suis réactionnaire et fasciste, on connaît assez les ravages du fascisme, je ne dis pas non plus que je suis réactionnaire pour défendre les droits acquis des riches. Je suis réactionnaire pour défendre ce qui est fragile, c'est-à-dire essentiellement des modes de vie ruraux, à la limite de l'analphabétisme. Un psy dirait que je me défends moi-même, c'est possible ! Je dirais que je suis réactionnaire et marxiste, car il y a des points communs entre le catholicisme et le marxisme. Jésus était un marxiste avant l'heure. Marx dans la religion ne combat pas Jésus, le révolté contre sa propre religion. Il combat le dogme de la religion chrétienne, comme Jésus avait combattu le dogme de la religion juive. En tant que révolté, Marx a des points communs avec Jésus. Je suis réactionnaire pour le domaine de l'éducation, à la manière d'un Finkielkraut. Mais je n'ai pas les moyens de mon ambition, car je renie ma propre éducation, qui consiste en un soixante-huitardisme corrompu, dégénéré et dévoyé.

Le problème de toute idéologie, chrétienne ou communiste, c'est qu'ensuite elle aboutit au dogme. Le libéralisme est si solide, parce qu'il n'est pas dogmatique, qu'il laisse chacun crever dans son coin, qu'il est la somme des égoïsmes particuliers, qu'il ne propose pas de réunir, qu'il n'a aucun projet commun. Et c'est pour cela qu'il est si dangereux ; risquant de déboucher sur une catastrophe écologique sans précédent. Parce que le libéralisme, c'est-à-dire l'égoïsme, dont certains sont allés jusqu'à en faire leur dogme, de leur propre égoïsme, est sans conscience.

lundi 31 mars 2014

Le père biologique est-il dieu ?

Avec Mai 68 nous avons perdu le témoignage que nous avions de nos pères, et c'est une immense perte pour l'humanité. Le père a donné, mais a voulu tout reprendre à l'enfant post soixante-huitard par jalousie. Le père a effectivement repris les jouets qu'il avait offert. Que cela veut-il dire symboliquement ? En fait le père qui avait construit une partie de l'identité du fils post soixante-huitard a voulu reprendre cette identité. Pourquoi y-a-t-il partiellement réussi. Parce que nous étions dans une relation de type totale, une relation pratiquement sexuelle de type soixante-huitarde (petit clin d'œil à Dany le rouge), qu'il exigeait de la part du fils une complète soumission, pour ensuite apparaître comme le sauveur exclusif, or qui était le sauveur dans le dogme de la religion ? Jésus. Le père biologique a voulu remplacer Jésus, il a voulu dans son narcissisme démesuré remplacer Dieu (petit clin d'oeil à Nietzsche). J'invite ceux qui voudraient connaître plus précisément la relation qui unissait le fils au père soixante-huitard, à se plonger dans l'œuvre de Sade, et en images à Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pasolini. Voilà pourquoi je suis catholique, comme Pasolini, voilà pourquoi je suis réactionnaire. Parce que je prédis qu'en réalité la pseudo liberté instauré par mai 68 aboutira au fascisme. Pourquoi ? Parce que sans le poids du dogme et de l'autorité représenté par la religion, les hommes font n'importe quoi, et que le mal ne peut pas se laisser enfermer dans le seul dogme de la Shoah, voilà pourquoi ! Voilà pourquoi il n'y a aucune raison que le FN ne finisse pas par l'emporter. Oui je le dis, je l'affirme, Mai 68, la pseudo liberté qui en découle, l'impunité pour toutes sortes de pervers, et bien sûr l'ultra libéralisme économique qui en découle sont responsables du triomphe encore balbutiant mais pourtant peut-être déjà fatal du FN. Mais Mai 68 lui-même a des causes, il n'est pas un absolu, qui enfermerait à lui seul tout le mal. Qui alors enferme tout le mal ? La nature humaine sans un dieu pour l'éduquer.