samedi 31 juillet 2021

Réponse à Alain Finkielkraut

 


« L'humanité est en proie au choc des civilisations. De ce choc la gauche ne veut rien savoir. Ne connaissant d'autre question que la question sociale, elle célèbre la diversité des modes humains d'être au monde, tout en frappant ses effets d'une fin de non-recevoir. Le désaveu populaire dont elle fait l'objet est le prix à payer pour cette contradiction. Et ce n'est pas tout.

Au moment où le paradigme moderne entre dans une crise peut-être terminale, la gauche s'identifie à ce qu'il a de plus inquiétant : la constitution, dans les démocraties occidentales, d'un sujet désaffilié, désoriginé, déterritorialisé, libre de toute dépendance et de toute détermination, hors sol, hors sexe, hors histoire, un pur touriste, en somme. Elle ne se donne plus pour tâche de fonder une véritable communauté humaine : elle bénit, au nom des droits individuels, la dissolution progressive des communautés et des appartenances.

Au nom de l'universel, on criminalise aussi le thème de la préférence nationale. Mais, si les nations ne distinguaient pas leurs citoyens et ne leur réservaient pas certaines prérogatives, ce ne seraient plus des nations, ce seraient des galeries marchandes, des salles des pas perdus ou des aéroports. Quand je lis, sous la plume de Caroline Fourest elle-même, que le plus grand danger auquel nous sommes confrontés n'est pas le communautarisme islamiste, mais la « montée du racisme antimusulman pour tenter de revenir aux vieux clochers, à la France éternelle où la norme était celle de l'homme hétérosexuel catholique », je me dis, le cœur serré, que le parti de la détestation nationale ne cesse de progresser en France. »

— Alain Finkielkraut

Pour commencer l'humanité si elle est en proie au choc des civilisations, subit d'abord une mondialisation néolibérale qui est bien d'essence occidentale, là est l'agression première sous couvert d'universalisme des Lumières. Les Asiatiques ont choisi de combattre avec les mêmes armes que leurs oppresseurs occidentaux, et ils semblent bien en voie de leur damer le pion sur leur propre terrain, comme les Vietnamiens avaient su les faire contre l'armée des États-Unis. Quant aux musulmans ils trouvent une forme de résilience à travers leur religion et leur démographie, contre l'impérialisme néolibéral voulant leur imposer de nouvelles normes qui ne sont pas si innocentes et "émancipatrices" que les Occidentaux voudraient bien le faire croire.

Or j'espère que vous savez que c'est le « diable » qui est à l'origine du capitalisme, l'homme diable, the man devil (Mandeville) ; la part du diable en Mandeville. Les musulmans ont juste une vision neuve du caractère impie de nos valeurs occidentales qui tournent autour du vice, de la perversion et de la dépression (quand on n'arrive pas à jouir), et non pas du tout de la liberté, de l'égalité, ou de la fraternité. Ce que nous avons refoulé nous autres Occidentaux. Nous n'avons pas su prendre le bon virage, au bon moment, pour nous épargner les ravages du capitalisme et du monde de la finance. Nous avons rejeté Rousseau, puis Marx ; et pour ce qui est de l'aliénation au monde de la technique moderne, nous rejetons Heidegger. Nous n’aimons pas tous ces oiseaux de mauvaise augure qui voudraient nous empêcher d’exploiter et de jouir sans limites, et nous nous auto-persuadons que notre monde est juste, démocratique, et qu'il peut constituer un modèle pour la planète, mais ce n'est pas la réalité.

Finkielkraut se trompe, la gauche se désintéresse de la question sociale depuis des lustres, on pourrait même dire que la gauche de pouvoir ne s'y est jamais intéressée, elle ne se préoccupe que de questions sociétales, celles du droit des minorités, des femmes ; ce qu'on appelle progressisme... Le tout finit d'ailleurs par former une majorité. L'ennemi c'est l'homme blanc hétérosexuel de plus de 50 ans, car il est indécrottable, irrécupérable. Le jeune blanc peut encore être récupéré, formaté, embrigadé dans un militantisme outrancier l'incitant à retourner ses forces contre ce qu'il est : c'est-à-dire le grand "coupable" de plus de mille ans d'oppression patriarcale, chrétienne, esclavagiste, colonialiste...

Par contre la question sociale est laissée totalement vacante, nous vivons depuis le début des années 80 le détricotage systématiques des droits sociaux acquis par les classes moyennes durant les Trente Glorieuses. Nous vivons le grand déclassement des classes jeunes issues de ces classes moyennes qui s'étaient enrichies grâce à une politique sociale généreuse alliant le capital au travail. Tout simplement parce qu'il s'agissait d'offrir à ceux qui hésitaient encore entre les deux modèles occidentaux et communistes, une vitrine de décence commune au capitalisme face au bloc de l'Est.

Le capitalisme n'est désormais plus soumis à une telle contrainte, et il peut à nouveau s'en donner à cœur joie dans l'exploitation des travailleurs, des classes pauvres, des pays pauvres. La mondialisation est en réalité une nouvelle forme de colonisation, une nouvelle forme d'exploitation se présentant sous les traits séduisants d'United Colors of Benetton.

Enfin, "Au nom de l'universel, on criminalise aussi le thème de la préférence nationale" dit Finkielkraut, alors qu'il a appelé à voter Macron contre Le Pen et qu'il dit préférer BHL à Zemmour qu'il trouve inquiétant. Finkielkraut n'est pas à une incohérence près, et alors même qu’il prétend que la lutte des « races » a remplacé la lutte des classes il vote pour les intérêts de sa classe. Comme quoi cette nouvelle lutte n’est pas si importante qu’il faille lui sacrifier son porte-monnaie.

mardi 27 juillet 2021

Faut-il sauver le soldat Heidegger ?



L'Âge d'Or pour Martin Heidegger c'était l'époque des présocratiques, très vite il a sans doute compris que le IIIème Reich se fourvoyait et a admis plus tard (évidemment bien trop tard aux yeux de ses contempteurs) que son adhésion au parti avait été la plus grosse bêtise de sa vie. Quel rapport entre l'idéologie du IIIème Reich étant du nietzschéisme pour grands débutants et les présocratiques ? Quel rapport entre les présocratiques et la caricature de dialectique hégélienne du maître et de l'esclave opérée par les nazis ? Quel rapport enfin entre l'inhumanité de l'impératif catégorique kantien et les présocratiques ? C'est toute la philosophie allemande qui a été mal interprétée par les nazis, et ils trouvaient Heidegger tellement obscur qu'ils se méfiaient de lui.

Ou alors si l'on estime que toute la pensée allemande est intrinsèquement antisémite, de facto nazie avant l'heure, qu'il ne s'agit pas d'une erreur d'interprétation mais que l'indicible en est la conséquence logique, il faut lui tourner le dos avec un radical mépris comme Jankélévitch, et non pas jeter l'opprobre sur un seul homme, agissant comme le bouc-émissaire pour tous les autres. On peut aussi considérer que les Allemands sont des mangeurs de choucroute, étranges, absolument rétifs à la raison et à la tolérance, c'est pour cela que leur philosophie est si contraignante et compliquée ; afin de discipliner ce peuple par nature le plus irrationnel et indiscipliné d'Europe. Les "brutes blondes germaniques" comme les appelait Nietzsche, et aussi le peuple le plus grossier et le moins raffiné, directement issu des tribus germaniques à l’origine de la chute de l’empire romain.

Les nazis étaient sur le mode de la provocation (par opposition au dévoilement), non seulement avec la nature, mais aussi avec tous les étants qui les entouraient présentant une altérité. Et ils avaient construit des usines destinées à produire des cadavres, à la chaîne pourrait-on dire. Toute la pensée de Heidegger condamne formellement ça. Heidegger a en réalité adhéré au nazisme pour sa dimension sociale, par humanisme, et il l'a très vite regretté ; sinon comment Hannah Arendt aurait-elle pu s'enticher d'un nazi antisémite, elle qui était juive et dans toute son œuvre a traqué toutes les formes de totalitarisme ? La pensée de Heidegger a fécondé celle d'une juive, pour combattre le totalitarisme sous toutes ses formes, c'est ce que retiendra l'Histoire par-delà toutes les polémiques actuelles destinées à mettre en avant des personnages médiocres qui trouvent leur subsistance en détruisant des réputations.

J'espère que vous savez que c'est le « diable » qui est à l'origine du capitalisme, l'homme diable, the man devil (Mandeville) ; la part du diable en Mandeville. Quant à Heidegger et Marx, si le consensus commun nous invite à les honnir afin de se faire une place au sein de la société cultivée qui fonctionne par grandes modes (je sais il faut se tenir au courant des grandes tendances, en lisant ; je crois que c'est en ce sens que l'on me reproche de ne pas lire assez) ; par intérêt, peur, prudence ou esprit moutonnier devons-nous suivre le consensus sans esprit critique ? La dernière vérité circulant au sein des milieux intellectuels éclairés n'est pas forcément la bonne vérité, c'est-à-dire celle se rapprochant le plus de ce qui s'est réellement passé. Oh mais je sais, la recherche de la vérité n'est qu'une lubie de philosophes qui pour cette raison même sont taxés d'impuissance par les esprits forts.

lundi 26 juillet 2021

Macron est-il cynique ?

 

LE MAUVAIS ESPRIT c'est ce que Macron appelle être cynique comme comparer ceux qui refusent de se faire vacciner aux porteurs de l'étoile jaune, cynisme qu'il appelle à combattre en chacun de nous avec un petit esprit BIG BROTHER ; comme s'il était encore plus dangereux pour lui que l'adversité politique au parlement, ou la rue. Ce sont ce qu'il appelle les cyniques qui en France sont condamnés à la mort sociale, c'est-à-dire ceux qui remettent en cause sa politique et/ou refusent le vaccin. Pourtant à l'origine le cynisme (étymologiquement : le chien) est une École de pensée grecque ayant sa noblesse, représentée par Diogène. Donc surtout continuons à être cyniques en chacun de nous pour combattre ce monstre de narcissisme, que sa propre perversion rend incapable de toute forme d'empathie vis-à-vis de son propre peuple, qu'effectivement il n'hésite pas à amputer, énucléer, gazer et emprisonner ; avec la complicité d'une majorité de ceux qui votent (c'est-à-dire en réalité très peu de gens mais très déterminés ; pour l'anecdote surtout des baby-boomers).

Je crois bien que je suis ce que Macron appelle un cynique. D'ailleurs on ne comprend pas trop ce que ce terme qu'il emploie à tout bout de champ pour désigner ses ennemis, signifie dans son esprit. C'est sans doute une façon de flatter la grande majorité des gens indécis afin qu'ils continuent à lui faire confiance. Or Macron n'est pas du tout un homme vertueux mais tente juste de se faire passer pour tel, et il en appelle au bon sens, à la vertu et l'honnêteté des simples gens pour qu'ils luttent en chacun d'eux contre le "cynique qui sommeille". Pourtant c'est lui qui les trompe, car selon moi, pour lui-même, il s'en tient au programme faisant de la quête de l'argent le souverain bien, tel que défini par Mandeville dès 1714 : le vice privé fait la vertu publique. Les trompeurs, les voleurs enrichissent la société.

En appeler à la conscience du "cynique qui sommeille en chacun de nous" pour le combattre, est une attitude pour le moins paradoxale de sa part, que l'on peut qualifier de cynique, c'est ce que je voulais démontrer, merci. Ce qui est le plus grave dans tout ça, c'est la modification du comportement des gens qui réagissent aux droits qu'on leur ôte par la peur et comme si c'était tout à fait normal et incontestable. La servitude volontaire engendre une forme de haine les uns pour les autres et de cynisme dans les rapports humains.

Ce gouvernement : on dirait tous des petits garçons (ou des petites filles) sous l'emprise de leurs parents baby-boomers, avec Macron ayant sauté le pas de la relation incestueuse avec cette génération qui a massivement voté pour lui, incarnée par Brigitte. Je pense à Schiappa avec son ton d'écolière appliquée, à Macron avec sa voix doucereuse...

Ce ne sont pas tant les membres de ce gouvernement fantoche qui me désolent, ce sont les élus de la République, membres LREM du Parlement, qui votent sans cervelle, au service du monarque, sans jamais penser à représenter ceux qui les ont pourtant élus. De toute façon la représentation est biaisée par le mode de scrutin. Et la participation citoyenne serait préférable à la représentation. Nous ne vivons pas en démocratie car "nos" représentants sont au service de la finance.

Je ne répondrai pas par un trait d'ironie sarcastique à votre provocation d’obliger à se faire vacciner monsieur Macron et son lien avec Big Pharma, ce serait me mettre à votre niveau qui est le caniveau. 

Et si, il y a en art comme en philosophie des époques privilégiés et des endroits privilégiés que vous le vouliez ou non chers amis : on peut évaluer sur le plan esthétique la valeur de la ville de Venise et la comparer à celle d'une zone périurbaine indifférenciée dans tous les endroits du monde. On ne peut pas dire tout se vaut, rien ne vaut. 

Je ne crois pas que l'arraisonnement de la nature qui est un mode de provocation plutôt que de dévoilement, soit propice à la création artistique, c'est tout ; c'est ce que j'avais voulu dire. Oui nous vivons sur le mode du déclin dans l'art et la philosophie en Occident, on peut même y envisager une fin très prochaine de la littérature.

La culture classique risque bien de devenir comme le grec : une langue morte réservée à une élite.

Pourtant vous avez conscience chers amis que nous vivons sur le mode du déclin dans notre rapport aux paysages, à la faune et à la flore, et au climat. Les dérèglements, les extinctions, sont des phénomènes qui sont dus à une seule cause : l'idéologie de la raison aboutissant à l'arraisonnement de la nature étant un rapport au monde sur le mode de la provocation rendu possible par l'essence même de la technique moderne. Je suis dans le domaine de la création comme vous en matière de climat, un oiseau de mauvais augure : il sera de plus en plus difficile aux générations futures de produire des œuvres intemporelles.

Rien n'est plus fédérateur que le rock pour jeter l'anathème sur les "pestiférés". Je pense aux Stones qui ont fédéré autour du meurtre rituel d'un de leurs membres. Ce genre de musique est jouissive, j'adore ; mais j'ai conscience au fond de moi qu'elle a plus de rapport avec le satanisme, la complaisance pour le mal voire son apologie, qu'avec la sérénité dégagée par la musique classique et d'autres courants musicaux contemporains moins malsains. Or j'espère que vous savez que c'est le « diable » qui est à l'origine du capitalisme, l'homme diable, the man devil (Mandeville) ; la part du diable en Mandeville.

Le progrès technique c'est comme un gros paquet qu'on prend, il faut en évaluer les avantages et les inconvénients dans son ensemble : est-ce dans son ensemble plutôt bon pour l'homme ou nuisible ? Ensuite comparer ce paradigme techniciste à d'autres époques et se prononcer sur sa valeur en établissant des évaluations.

Sur les réseaux sociaux la majorité des gens s'accordent à dire que notre époque est géniale comparée aux autres ; moi je vois surtout dans cette réaction destinée à se rassurer une grande peur et une grande angoisse, paradoxalement en couvrant ce que l'on craint d'éloges et aussi le résultat d'une forme de propagande qui a marché. Donc notre époque est bien régie par l'angoisse, alors que l'on accusait les religions de propager la culpabilité et la peur ; où est le progrès ? Mais je ne crois pas qu'à moins de renoncer radicalement aux progrès techniques, on puisse en garder les avantages (que je ne nie pas) sans les inconvénients.

Je pense que le décollage du progrès technique qui s'est fait comme une rupture avec la tradition, a été rendu possible par l'idéologie du capitalisme dont les racines se trouvent dans un petit texte occulté de 1714. Autrement dit sans l'introduction du vice posé par Mandeville (appelé l'homme diable à son époque, the man devil) comme le moteur principal de l'enrichissement de la ruche (La fable des abeilles), le progrès technique tel que nous le connaissons aujourd'hui n'aurait jamais été possible. Je reste persuadé qu'il est aujourd'hui beaucoup trop tard pour établir des séparations, entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui est bon pour l'homme et ce qui lui est nuisible, entre l'amour et la haine, dans le progrès technique constituant un projet global au sein duquel la science peut progresser plus vite qu'elle ne l'a jamais fait dans les siècles passés, d'autant plus que la technique a sa propre autonomie désormais. Au sein de ce projet global et techniciste, la morale est rendue complètement caduque et la philosophie et les arts périclitent.

Macron est cynique comme Alexandre qui a coupé le nœud gordien avec son épée sans chercher à le dénouer délicatement, il est trop impulsif et ignorant pour cela.


mercredi 23 juin 2021

Macron est-il de gauche ou de droite ?



Macron est-il de gauche ou de droite ?

Macron est de gauche et en même temps néolibéral, aussi absurde que cette idée puisse sembler. La droite est davantage conservatrice, moins progressiste, pas assez aux yeux du néolibéralisme. Dans le paysage politique français actuel il n'y a pas vraiment d'alternative, l'extrême gauche étant l'idiot utile de la gauche de pouvoir. Et l'extrême droite nous fait entendre un chant des sirènes dangereux. Bref le climat n'est pas folichon, et il y a fort à parier que l'on ne puisse pas compter sur un éveil des masses, le système étant cloisonné et implacable fondé sur le seul individu ne devant compter que sur lui-même afin d'assurer sa survie matérielle et psychique. Il ne s’agit pas du tout d’un individu roi au sens de narcissique (c’est juste le cas de Macron et des élites) ou encore d’un individu souverain (un citoyen), mais d’un individu privé de liens donc aliéné.

Je pense que Macron est effectivement l'héritier naturel de la gauche républicaine que l'on peut qualifier aussi de libérale-libertaire, n'oubliez pas qu'il a fait partie du gouvernement Hollande. Le vrai socialisme que l'on peut qualifier aussi de socialisme originel, et dont les racines idéologiques remontent au XIXème siècle, n'a rien à voir avec le parti du même nom fondé par Mitterrand (qui auparavant s'appelait SFIO). Avec le PS il ne s'agit que de progressisme essentiellement sociétal, sans nulle idée de redistribution sociale. La gauche de pouvoir en France a rarement fait dans le social (c'était plutôt de Gaulle, puis Pompidou, dans la période des Trente Glorieuses en associant le capital et le travail), elle est juste progressiste concernant les idées et elle croit aux progrès des sciences et techniques pour l'enrichissement de la société. Aujourd'hui elle a abandonné l'idée que cette richesse puisse être redistribuée au profit des gens composant cette société, elle a abandonné l'idée d'une classe moyenne puissante, idée qui prévalait dans les années 70. En régime néolibéral qu'il soit de gauche ou de droite (et Macron est bien un néolibéral de gauche, aussi absurde que cette idée puisse vous sembler) prévaut désormais la théorie du ruissellement et que l'enrichissement d'une infime minorité d'individus va ruisseler sur les classes sociales inférieures. C'est en réalité une colossale escroquerie ! On est en train de dépouiller notamment par la spéculation immobilière, des générations entières de jeunes de ce qu'avaient gagné leurs parents baby-boomers des classes moyennes que l'on avait déracinés. On est en train de les déclasser alors qu'ils sont aussi totalement déracinés comme leurs parents, donc aliénés de ce fait, ce qui explique la montée de l'extrême-droite.

Je fais un lien entre le pacifisme des Français qui a permis l'ascension d'Hitler dans les années 30, politique de l'apaisement partagée d'ailleurs avec les Britanniques, et l'inertie des Français d'aujourd'hui face à la mondialisation et au néolibéralisme qui les broient.

Pour ce qui est de la souche, mes grands-parents parlaient bretons, une langue proche de l'antique gaulois et qui n'a rien à voir avec le français actuel tiré du latin et du grec ; je parle de façon idiosyncrasique de ma souche à moi dont j'ai la nostalgie, et que la génération de mes parents baby-boomers a détruite à jamais, par pure inconséquence et insouciance coupable.

Vit-on en démocratie ?

De quelle démocratie s'agit-il ? D'une démocratie représentative ou d'une démocratie participative ? On voit bien dans quelle impasse se trouve la démocratie représentative car elle ne représente pas, ou beaucoup trop peu, la souveraineté populaire. Le grand débat animé par Macron en réaction au mouvement des gilets jaunes, fut un long et éprouvant monologue, avec des participants triés sur le volet pour leur aptitude au fayotage, une vaste fumisterie ! Les gens se désintéressent de la politique parce qu'ils sentent qu'elle ne les représente pas, ou alors très mal, ni leurs aspirations profondes, et qu'ils n'y participent en réalité pas du tout (on se souvient de ces interventions sur les plateaux TV de certains gilets jaunes aux yeux écarquillés, et du mépris des journalistes, des "spécialistes", à leur égard). Celui qui les "représente" en France est un pantin imposé par le monde de la finance. Les Français moutonniers et peureux ont voté en faveur de celui qui leur était désigné, c'est-à-dire pour celui que les médias (qui sont de notoriété publique sous le contrôle d'une poignée d'individus) avaient choisi. C'est cela un État de droit ? Le droit du plus fort, oui, mais certainement pas l'expression de la souveraineté populaire au service du droit des simples gens.

Sommes-nous fraternels ?

Je ne suis pas sûr que la fraternité fasse partie du projet libéral des Lumières à partir de la Révolution française, même si les Lumières à l'origine sont plurielles et antérieures à cette Révolution ; on semble n'en avoir gardé aujourd'hui que la composante mandevillo-smithienne. Une des premières lois issues de la Révolution, la loi Le Chapelier, fut quand même de briser la solidarité des artisans ouvriers (les bâtisseurs d'églises, de châteaux et de monuments), par le démantèlement du compagnonnage ; ce qui prouve que dès le départ cette Révolution a instrumentalisé le discours des philosophes vantant la fraternité et l'égalité (tel Rousseau), et la pluralité (tel Diderot), au profit d'un projet exclusivement bourgeois et égoïste de liberté d'entreprendre à partir du Capital. Quand on a les moyens pourquoi se priver ? Il n'y avait que la noblesse pour freiner de telles impulsions grossières voire vulgaires. Cette tendance du libéralisme à vouloir démanteler tout ce qui peut faire corps dans une société afin d'isoler chaque individu dans sa solitude, cette méfiance envers les syndicats, les associations, les corporations (au sens non péjoratif du terme), les compagnons, le communisme évidemment, le socialisme originel (à distinguer de la gauche républicaine ou libérale-libertaire), et même l'Église dont la vocation est de relier, est une tendance lourde réactivée par la révolution néolibérale hayékienne à partir des années 80. On se souvient du slogan de Thatcher selon lequel il n'y a pas de société mais seulement des individus, bien aidée en cela par la propagande médiatique, la publicité et l'isolement induit par la télévision (et ses programmes majoritairement abrutissants, pour en extraire le fameux temps de cerveau disponible pour la publicité) qui est le contraire d'une ouverture sur le monde. Tout cela est bien loin des slogans républicains actuels vantant la fraternité, en réalité destinés à endormir la colère et la détresse des simples gens demeurant un danger bien réel (cf. les gilets jaunes). Globalement, avec le recul, l'héritage des Lumières est absolument détestable : une vision du monde de personnes grossières et vulgaires obsédées par l'argent ayant entraînés avec elles une société atomisée de zombies aliénés, guidée par l'appât du gain.

Pourquoi la gauche ne critique-t-elle plus le capitalisme et se contente-t-elle de valoriser le droit des femmes ou l'enrichissement mutuel que constitue selon elle l'immigration ?

La gauche de gouvernement en France n'a jamais été socialiste. En 1969, au congrès d'Alfortville, la SFIO a subi un profond renouvellement, devenant le « Nouveau Parti socialiste » (NPS) et adoptant pour symbole le poing et la rose. Le congrès d'Épinay permet à François Mitterrand, nouvel adhérent du Parti socialiste dirigé depuis 1969 par Alain Savary, d'en devenir premier secrétaire et d'en prendre le contrôle. On peut dire globalement que Mitterrand a usurpé le terme de socialisme. Il y a une profonde trahison de Mitterrand par rapport à ce que signifiait le socialisme originel créé dans le courant du XIXème siècle en réaction aux méfaits du capitalisme étant le fruit du libéralisme, philosophie au départ certes plurielle avec ce qu'on appelle les philosophes des Lumières, mais instrumentalisée en idéologie par une classe sociale : la bourgeoisie ; ce que Karl Marx a eu le mérite de mettre en évidence, ainsi que de son caractère aliénant pour les travailleurs. Aujourd'hui plus personne parmi les partis de gouvernement dits républicains ne remet en question le capitalisme, la sacro-sainte croissance, la mondialisation, le néolibéralisme, car nous vivons encore sur la lancée des Trente Glorieuse qui ont permis un enrichissement considérable des baby-boomers et l'apparition d'une classe moyenne forte et influente qui a beaucoup joui, mais aussi beaucoup détruit, sur la lancée de Mai 68. Désormais je pense que cet enrichissement va être peu à peu remis en question et qu'il va y avoir l'apparition de déclassés en masse. Cela nous annonce sur le plan politique un avenir agité avec une montée des extrêmes inévitable. Ne manquerait plus pour compléter le tableau que l'apparition d'une homme "providentiel" du type de Hitler (en réalité un monstre), sachant habilement utiliser la colère des jeunes générations défavorisées par rapport à celle de leurs aînés et l'analogie avec les années 30 serait parfaite.

Quant aux flux migratoires incontrôlés je pense qu'ils sont une conséquence du divin marché érigé comme une utopie, "ordre spontané" si parfait qu’il doit absolument être tenu à l’abri de toute tentative humaine de régulation. LFI jouant le rôle pour la gauche de gouvernement d'idiot utile, pour faire accepter aux Français cette réalité-là qui n'est qu'un des aspects de la mondialisation, un dommage collatéral, un épiphénomène, c'est-à-dire un phénomène accessoire qui accompagne un phénomène essentiel sans être pour rien dans son apparition, épiphénomène que l'extrême-gauche présente l'utilité de peindre en enrichissement mutuel. En majorant les vertus de l'immigration, LFI à son insu peut-être ou parce qu'elle reste fixée sur ce fléau que constitua la colonisation, justifie le bienfait que constitue le phénomène essentiel à savoir la mondialisation, alors que l'on pourrait penser que son rôle est de la fustiger ou au moins d'en faire la critique.

Le droit des femmes et celui des minorités est globalement un énième avatar de diviser pour mieux régner.

Finalement peut-on déplorer l'héritage des Lumières ?

La France est le centre civilisationnel de la philosophie libérale, des Lumières et des droits de l'Homme, admirée dans le monde entier pour cela et dont elle tire aussi hélas toute son arrogance et sa suffisance. L'interprétation néolibérale actuelle en est une caricature qui nous fait détester l'héritage de la Révolution française et nous fait préférer les cultures traditionnelles et locales, dont les fondements sont toujours la solidarité au-delà même du cercle familial. Le néolibéralisme dont le socle est l'individualisme, le cercle restreint du nombril de chacun (cela que l'on appelle Liberté !) par-delà même toute idée de solidarité au sein de la famille, qui certes a davantage des origines anglo-saxonnes que françaises, nous plonge chaque jour un peu plus dans la perplexité. Je ne confonds pas Rousseau, Diderot, ni même la spontanéité généreuse des Lumières dans leur ensemble (hormis peut-être Voltaire !) avec l'interprétation détestable qui en a été faite, trouvant son incarnation actuelle dans le visage hideux du néolibéralisme. En extrapolant un peu et avec le recul, on pourrait dire que les Lumières ont été interprétées de telle sorte qu'elles sont devenues aujourd'hui davantage une idéologie prédatrice, impérialiste et délétère qu'émancipatrice, ayant atteint son apogée avec la mondialisation en étant passée par la colonisation, deux guerres mondiales, des génocides, Hiroshima et Nagasaki, j'en passe et des meilleurs ; ce qui n'était certes pas son projet initial j’en conviens.

lundi 21 juin 2021

Le cas Benzema


« Les différences génétiques moyennes entre les humains groupés selon les termes raciaux traditionnels sont si triviales pour les traits biologiques significatifs qu’elles peuvent être ignorées ».

Je ne suis pas raciste car je pense que la notion de « race » n'est pas pertinente pour caractériser les différents sous-groupes géographiques de l'espèce humaine ; il existe bien des différences génétiques entre ces groupes, mais elles sont anecdotiques et absolument pas déterminantes au regard de l'élément culturel, religieux, historique...

Ce qui est déterminant dans un pays comme la France c'est l'élément idéologique. Que veut-on ? Un modèle purement communautariste de type anglo-saxon, qui au passage encourage le racisme en laissant chaque communauté livrée à elle-même et à sa culture d'origine, sous la domination implicite de la communauté dominante WASP aux États-Unis ; ou alors un modèle assimilationniste ?

C'est se tromper sur la nature de notre culture et notre histoire que de proposer un modèle communautariste à l'anglo-saxonne, car de plus en France il n'existe pas de communauté ethnique dominante vu qu'elle constitue un patchwork de peuples régionaux réunis historiquement entre eux sous le règne de la monarchie centralisatrice. La France est historiquement une nation, tandis que les Allemands constituent un peuple (où le mythe de la brute blonde germanique, aryenne, a pu se développer) et que les États-Unis sont un empire sous domination de la communauté WASP.

C'est pour cela que je défends le modèle assimilationniste de Deschamps conforme au génie traditionnel français contre le modèle communautariste de Macron, qui risque de venir gripper la petite mécanique bien huilée de notre sélectionneur. Je pense que depuis longtemps maintenant, le comportement de Karim Benzema indique qu'il ne souhaite pas s'assimiler mais porter haut et fort les couleurs de l'Algérie.

On veut une société victimaire où l'on se sabote pour faire acte de repentance, et dans ce schéma l'homme blanc genré joue le rôle de coupable idéal sur lequel s'acharner, la police ne s'en prive pas qui les cible (cf. les gilets jaune). La France est un modèle exemplaire pour les pays communautaristes anglo-saxons qui ont encore un vieux fond raciste et sexiste. Les yeux arrachés, les mains amputées, les expropriations pour "violences conjugales", les emprisonnements abusifs, c'est très majoritairement en France, désormais le pays le plus hors-sol et philogyne du monde, le lot exclusif des hommes blancs genrés.

L'État est une mafia organisée administrativement avec ses magistrats, son École dont le rôle est de plus de plus de constituer le simple relai de la propagande étatique sans esprit critique ou de contradiction, la police est son bras armé pour accomplir ses basses œuvres. Plus l'État est mafieux plus il ferme les yeux sur les excès de violence de sa police et les bavures, on en a l'illustration avec les yeux arrachés et les mains amputées semblant être devenus la norme sans que cela interroge outre mesure. Le coupable c'est toujours l'Autre (qui en réalité ne fait que se défendre de l'impérialisme économique d'origine libérale plutôt anglo-saxon, en utilisant la force de l'adversaire comme en judo) : la Chine et la Russie.

Français progressistes attachés à la macronie, encore un petit effort et il n'y aura bientôt plus aucun blanc en équipe de France !

Pour que Benzema puisse marquer, il lui faudrait un penalty à tirer, mais sans le gardien (et encore ! ce n'est pas sûr). Il est évident que le choix de Benzema est une décision politique prise à la dernière minute ; un petit coup de fil de Macron à Deschamps pour acheter la paix sociale : ce sont les politiciens qui réintroduisent sournoisement du racialisme et de l'idéologie dans un sport a priori innocent et à vocation éminemment populaire tel que le foot. Ce choix déséquilibre totalement l'équipe de France dans laquelle Giroud jouait un rôle crucial avec son sens du collectif et sa bonne humeur inaltérable. Non seulement ce choix néfaste n'achètera pas la paix sociale, mais l'individualisme ronchon de Benzema aux pieds carrés en edf, haïssant de notoriété publique ce que représente la France (en raison de son passé colonialiste en Algérie), qui tire toujours la gueule des mauvais jours risque de faire perdre la coupe. Dès que le problème communautariste s'incruste dans le foot, l'équipe de France se décompose et se cherche des boucs-émissaires chez les blancs de souche (hier en 2010 c'était Gourcuff), aujourd'hui ça risque de devenir Pavard. Il n'est pas politiquement correct de critiquer un autre joueur qu'un blanc de souche avec un nom qui sonne "français".

C'est ça la France de Macron qui aurait mieux fait de laisser Deschamps faire son boulot. Le faisant bien quand les politiciens lui foutent la paix, c'est-à-dire quand on ne l'attend pas. Désormais on l'attend puisqu'il a su gagner une coupe du monde ; mais non pas sur un modèle communautariste mais d'assimilation propre à son caractère. C'est ce modèle d'assimilation, d'effacement de l'individu au profit de l'équipe propre à Deschamps, que Macron veut foutre en l'air en dictant son modèle avec le choix imposé de Benzema, venant là comme un grain de sable discordant propre à gripper la belle mécanique de l'équipe. Mais non ! On veut une société victimaire où l'on se sabote pour faire acte de repentance, et dans ce schéma l'homme blanc joue le rôle de coupable idéal.

Ne considérons pas, nous, ce jeu qui au départ est innocent et populaire, comme un enjeu d'ampleur symbolique pour la nation au profit des communautés victimes de l'"Histoire faite par les blancs", ce qu'il semble être devenu. Gageons qu'il s'agit aussi et surtout pour Macron et ses sbires d'acheter la paix sociale par un énième avatar de "du pain et des jeux", et de faire ainsi d'une pierre plusieurs coups (anesthésier l'agitation des masses, vanter le modèle français désormais multiculturel voire communautariste et non plus d'assimilation, alimenter la société victimaire...). En voulant faire remplacer Giroud par Benzema Macron a sans doute été trop gourmand, faisant passer l'enjeu sportif (c'est-à-dire la possibilité de remporter la coupe) derrière le message multiculturaliste et de repentance qu'il souhaite transmettre aux Français.

Le pari de Macron est de toute façon gagnant : en cas de défaite plus que probable si l'on persiste à vouloir maintenir Benzema titulaire, heureusement pour notre président personne ne fera le lien avec lui et n'ira donc le lui reprocher. En cas de victoire Macron fera coup double : faire monter sa côte de popularité auprès des foules, se rallier la sympathie des quartiers chauds islamisés. Notre "souverain" ne se met à genoux que devant ceux qui sont ses probables futurs maîtres : les victimes d'hier risquent de se transformer en bourreaux de demain ; c'est la dialectique du maître et de l'esclave selon Hegel.

Tout relève du politique, si je pisse dans un bidet et le diffuse sur Youtube cela relève du politique. Le foot est tellement important qu'il relève effectivement de LA politique d'une nation. La France est certainement le pays où le foot a le plus perdu son innocence (d'aucuns comme BHL diraient sa moisissure), c'est-à-dire son lien avec ses racines. La France est la nation la plus hors-sol de l'Europe, un modèle qu'Obama lui-même vante. On sait qu'en France tout ce qui est tradition, béret, biniou... est vomi par les élites. Quant à Benzema il hait consciemment ou inconsciemment tellement la France qu'il serait volontairement ou involontairement d'ailleurs, capable de mettre hors cadre un but tout fait ! Comme le prédisent nos oiseaux de mauvaise augure hexagonaux (Houellebecq, Obertone, Zemmour, Onfray etc.), notre président est dur avec les "faibles" : les Français old school qui le lui rendent bien en lui mettant une baffe au passage ; et faible avec les "forts" : les "indigènes" de la République (qui sont à proprement parler des allochtones).

On peut se poser la question des pressions politiques sur la fédération et le sélectionneur. Si c'est le cas, alors on est à Putinland, les fédérations sportives n'ont plus d'autonomie et l'équipe de France est l'émanation de l'État français. Des petits soldats qui risquent pas de mourir mais doivent se livrer à la propagande officielle.

Un élément suspect : l'unanimisme des médias, qui ont tous basculés d'un coup, et dont on sait le peu de vigueur à faire preuve d'indépendance, ces jours-ci. À mettre en parallèle aussi avec l'étrange complicité entre G Infantino et E Macron, et le très étrange projet de rapatrier le siège de Zurich... à Paris, rien que ça.

Tout cela... comment dire ?... interpelle ?               

La France est certainement le pays le plus hors-sol du monde, le plus déraciné, bien plus encore que les États-Unis où la communauté WASP garde le contrôle, complètement coupé de ses origines, de ses traditions, qui sont vomies par nos élites et les réseaux d'influence avec en tête de gondole, l'inénarrable BHL. Oui aujourd'hui en France, l'homme blanc genré y a honte de lui-même (je l'ai observé en prison chez des prisonniers blancs peu éduqués, qui se rangent spontanément sous la tutelle d'hommes noirs et/ou de l'islam pour y trouver une forme de protection), car il y est stigmatisé en raison de son sexe et de la couleur de sa peau. Ce qui se passe dans les prisons aujourd'hui annonce sans doute ce qui se passera pour l'ensemble de la société française d'ici quelques années. Nous sommes dans un délire collectif dangereux, initié par l'idéologie libérale telle que définie par Mandeville (le vice privé fait la vertu publique) et Smith, puis réactivée en néolibéralisme sous l'impulsion de Hayek : "il n'y a pas de société, il n'y a que des individus". Autrement dit la loi de la jungle dans le domaine économique et les rapports humains dans le monde du travail ; l'atomisation de la famille.

C'est le néolibéralisme impulsé par Hayek et ses disciples thatchériens et reaganiens, c'est le divin marché érigé comme une "utopie", "ordre spontané" (au point qu'il s'agit comme d'une religion pour la plupart des gens, plus ou moins à leur insu) si parfait qu’il doit absolument être tenu à l’abri de toute tentative humaine de régulation, qui sont responsables des flux migratoires incontrôlés. Ce que Renaud Camus appelle le Grand Remplacement n'est pas une question de racisme, d'antiracisme ou encore d'islamophobie, il dit lui-même que l'islam n'est pas remplaciste. Ce qui est remplaciste c'est notre propre système néolibéral conçu par des blancs voilà environ 300 ans avec Mandeville comme précurseur, axé certes sur la raison mais aussi l'égoïsme et le vice ainsi que le destruction créatrice (Schumpeter) et l'obsolescence programmée des individus considérés comme interchangeables. 300 ans de lessivage libéral ont abouti à une situation totalement hors-sol pour les habitants indigènes de l'Europe ; l'idéologie woke, la cancel culture et l'antiracisme qui nous reviennent comme un boomerang des universités américaines et leur interprétation militante de la french theory (Foucault, Derrida, Deleuze...), viennent globalement en rajouter une couche pour stigmatiser l'homme blanc genré. Ne peut-on pas dire de la situation actuelle qu'elle est aussi périlleuse que dans les années 30 ?

Quant à Karim Benzema qui marque pour Madrid et ne marque pas quand c’est pour la France, qui rate des pénos, des occases immanquables : un acte manqué. Un truc pour psychanalystes.

 

mardi 18 mai 2021

Ne s'agit-il que d'une question de QI ?

L'homme est Un, c'est une erreur de la nature autrement dit un néotène. Seul un néotène peut développer une telle culture et technologie pour compenser son manque de nature, et sur ce plan-là les Juifs ont quelques longueurs d'avance sur les Arabes et même sur la plupart des autres Occidentaux pour des raisons historiques ; mais l'homme est Un qu'il soit arabe ou juif par-delà tout esprit partisan. À quoi va nous mener cette surenchère de technologie pour venir à bout de ses ennemis comme si l'humanité était divisée ? La destruction à la place de l'harmonie.

Si une vie extra-terrestre existe quelque part quelles chances pour que des êtres néoténiques créateurs de facto de civilisations y apparaissent ? Infimes. Et quelles chances pour que ces êtres néoténiques ne soient pas finalement plus destructeurs de la nature qui les a vu naître (rendant impossible d'atteindre un stade abouti de la conquête spatiale débouchant sur la découverte d'autres planètes habitables) que l'inverse ? Infimes pour ne pas dire nulles.

Nos chances de survie en propageant partout sans cesse la guerre et la discorde sont donc quasi-nulles, et même sans aucune guerre ce ne serait pas gagné ; maintenant que la technologie rend possible la destruction totale de la nature qui nous a vu naître.

Les Arabes sont beaucoup moins "entrés dans l'Histoire" que les Européens, et les Noirs africains encore moins. Les Arabes méritent donc beaucoup plus d'indulgence concernant le crime collectif que constitue la Shoah fruit d'un atavisme antisémite occidental chrétien remontant aux origines du Moyen-Âge, que les Européens. C'est pourtant surtout aux Arabes par la spoliation de leurs territoires ancestraux, que l'on fait payer la très lourde facture morale de la Shoah par un sacrifice d'une partie de ce qui constitue leur identité (la Palestine). D'où les mouvements de refus adolescents dans les écoles françaises de la part des populations musulmanes de s'imprégner de cette faute morale dont ils ne veulent pas être exclusivement les seuls à devoir s'acquitter de facto : ce qui explique (sans aucunement le justifier) peut-être in fine le meurtre de Samuel Paty.

En France je ne vois qu'une solution pour son salut et prévenir le Grand Remplacement ou « génocide par substitution » qui s'annonce en France (remplacement de la population old school par une population plus jeune et dynamique d'origine musulmane), revenir à un catholicisme pur et dur : « aimez-vous les uns les autres ! » Je ne dis pas qu'il faut en exclure les Juifs car ils sont à la racine du catholicisme, ils participent donc de la spiritualité chrétienne comme des pères fondateurs ; c'est pour cette seule raison selon moi, qu'ils ne se sont pas dissous comme tous les autres peuples antiques.

Par contre si vraiment certains Juifs sont convaincus de leur supériorité "raciale", comme BHL, en n'ayant même pas besoin de lire entre les lignes ; il faut qu'il cesse de se mélanger aux autres peuples car ils ne peuvent que les exploiter en raison de leur intelligence supérieure, et cela crée de la discorde et de l'injustice.

La meilleure solution serait selon moi de créer un État exclusivement juif aux États-Unis ; ils seraient si heureux entre gens intelligents, s’ils s’estiment vraiment d’une « race » supérieure, pour créer la plus brillante civilisation que l'on n'ait jamais vu briller sur Terre. Il y a eu un État juif bien avant Israël en 1934 : le Birobidjan en Extrême-Orient russe. Ça c'était la bonne solution, non ? Cela aurait créé moins de jalousies et de conflits, et il n'y fait pas si froid ; c'est à l'extrême sud-est de la Russie pas très loin du Japon et de la Corée, mais un peu plus au nord.

J'ai bien peur qu'il n'y ait plus que certains Juifs viscéralement hyper-sionistes pour croire encore aux bienfaits du progrès et du néolibéralisme pour justifier l’existence d’Israël et la pseudo prospérité que cette existence aurait apporté aux Arabes. On pouvait encore en 1914 vanter les bienfaits du progrès, c'est totalement anachronique en 2021 alors que tous les équilibres anthropologiques et naturels sont menacés par les ravages de l'Arraisonnement du monde par la Technique.

Oui en fréquentant pas mal de forums sur le net, je constate qu'énormément de Juifs sont convaincus d'avoir un patrimoine génétique héréditaire lié à leur "race" qui les rend supérieurement intelligents, thèse qu'effectivement tendrait à accréditer les tests de QI les plaçant systématiquement au premier rang.

mardi 20 avril 2021

Les légendes urbaines dans une société victimaire


 

Dieu est mort c'est pourquoi l'homme a encore davantage besoin de mythes pour se structurer. Notre « civilisation » (qui n'en est en réalité plus une, et Nietzsche y a sans doute un peu contribué) repose sur des mythes ou des légendes urbaines désormais souvent liés à la sous-culture populaire et déracinée d'origine US où l'on trouve à gogo les notions de sacrifice et de bouc-émissaire (comme dans les films de série B) ; sans du tout qu'il y ait une quelconque notion de punition ou de culpabilité à tuer son prochain, car après tout si dieu est mort qui va me punir ? Donc tout est permis comme l'évoquait Dostoïevski. Comme par exemple pour les femmes blanches de haïr leurs enfants car ils sont une entrave à leur jouissance (or cette entrave n'est-elle pas en totale contradiction avec l'un des slogans de 68 ?)

Je vais prendre un exemple concret : pour en revenir à la genèse des Rolling Stones et expliquer pourquoi il s'agit certainement du groupe de rock le plus mythique de tous les temps. C'est d'abord parce que même les masses déshumanisées et dénuées d'âme qui composent nos sociétés néolibérales ont besoin de mythes, et surtout de mythes fondateurs privées qu'elles sont de fondations issues de la tradition ; et c'est ensuite parce qu'il est fort probable que Brian Jones ait été victime d'un meurtre (pourquoi pas Mick Jagger lui-même ?).

C'est sur ce bouc-émissaire appelé Brian Jones et ce crime fondateur hypothétique que s'est réellement construit le mythe appelé Rolling Stones, qui finalement a bien une origine. Le mythe ou la légende urbaine permettent de rétablir la réconciliation, la communion, la joie, la transe, au sein d'une communauté grâce au meurtre fondateur, pendant le temps qu'il dure dans le souvenir, c'est-à-dire dans nos sociétés structurées par l'image et le son, où tout va très vite : un laps de temps éphémère. D'où la nécessité de répéter les meurtres pour assurer la cohésion sociale, voire le miracle de la joie et de la transe par la naissance d'un mythe comme un groupe de rock ou un film culte ; contrairement à une civilisation, comme celle catholique structurée par le verbe et dans la durée, ayant recours à la répétition symbolique du même meurtre rituel depuis la nuit des temps au cours d'une cérémonie sacrificielle : la messe avec son curé en gros !

Comparé au temps de la royauté structuré par la religion catholique en France et le meurtre fondateur que constitue celui du Christ, le temps de la République sera je le pense assez court (elle s'effrite aujourd'hui de partout, la France étant désormais un archipel, un patchwork de communautés antagonistes). Les régimes qui risquent de venir après elle (c'est-à-dire très bientôt), sans doute d'ordre totalitaire, comme le nazisme ou le communisme, seront sans doute éphémères et extrêmement brutaux. Avec comme pour le nazisme la tentation de répéter le sacrifice de boucs-émissaires, régulièrement, à grande échelle, et à cadence élevée, pour gagner la réconciliation de la communauté comme une épreuve à sans cesse répéter pour ne pas qu'elle s'effondre ; ou comme pour les Romains par le sacrifice de gladiateurs ou leur équivalent moderne et contemporain. Un peu sur le modèle de Mad Max II avec l'emblématique et très bon Mel Gibson (auteur de l'excellent film Apocalypto) en héros, en gladiateur du futur, c'est-à-dire en victime sacrificielle.

La Shoah sert de crime fondateur de nos sociétés occidentales des droits de l'homme depuis 1945 ; disons plutôt depuis le début des années 80 (car avant il s'agissait plutôt de se souvenir du sacrifice des résistants) et une campagne d'information et de sensibilisation à ce crime contre l'humanité, assez ahurissante mais pas du tout injustifiée notamment sous l'impulsion de Claude Lanzmann. Aujourd'hui presque 80 ans après, on a l'impression que la Shoah a eu lieu hier, que les nazis sont toujours là circulant librement dans les rues, justifiant la chasse aux sorcières concernant la moindre opinion déviante (aujourd'hui plutôt musulmane accusée d'antisionisme viscéral et consubstantiel), ou pire qualifiée de complotiste ; la sensibilité est encore à vif et la plaie pas du tout refermée (certains l'instrumentalisent qu'ils soient juifs ou non d'ailleurs pour en tirer des compensations matérielles ; ou même carrément la présidence de la France à l'instar de la campagne présidentielle de Macron axée sur ce crime contre l'humanité). Et tout ce qui peut nous rappeler ce crime odieux comme le meurtre de Sarah Halimi nous plonge dans un océan de perplexité, comme si les gens n'avaient toujours rien compris. Or non, l'homme étant ce qu'il est, c'est-à-dire pas grand-chose, c'est-à-dire un néotène, un animal inachevé et fragile structuré par le symbolique et le besoin du sacré, il aura toujours besoin du sacrifice de boucs-émissaires pour se réconcilier avec lui-même au sein d'une communauté apaisée par le sang versé, cela qu'il soit chrétien, musulman, bouddhiste, athée ou même juif. Nous ne sommes qu'ombres et poussière.

La société des droits de l'homme constitue un contresens sur la réalité de la nature humaine, une surestimation tragique de la raison, et un fourvoiement anti-civilisationnel et amoral qui va nous coûter très cher : c'est-à-dire rien de moins que l'effondrement de la société occidentale supplantée démographiquement selon moi par la civilisation islamique sur les terres même qui avaient vu s'épanouir le christianisme ; l'Europe.

Vous pensez que les gens sont réellement sincères et authentiques autour de tout ce qui concerne la Shoah, exprimant de réels regrets et un esprit de compassion, d'empathie ? Je ne le pense pas, il y a énormément d'hypocrisie et d'intérêts derrière tout ça ; je dirais presque une guerre civile larvée dans les rapports humains, désormais victimaires pour obtenir plus de droits que son voisin !  Tout le monde souhaite s'engouffrer dans la brèche de la victimisation à outrance, non pour rester une victime mais pour devenir un gagnant.

Nous vivons bien dans une société victimaire, c'est bien pour ça qu'il ne s'agit plus d'une civilisation. Car la nature d'une civilisation est d'être sacrificielle, ce que l'islam est encore puisque sa part maudite est toujours la conquête, et que des musulmans hommes et femmes sont actuellement prêts à se sacrifier pour ça ; en commettant des attentats ou en faisant beaucoup d'enfants. Qui serait prêt aujourd'hui à se sacrifier pour la société occidentale ? Pour Israël oui les Juifs seront prêts à se sacrifier, mais pas pour le reste de l'Occident.

dimanche 18 avril 2021

La destruction de la famille occidentale



Vous me faites tous bien rigoler avec vos idées progressistes sur les vertus de la psychanalyse. Bien sûr je ne prétends pas universaliser mon cas singulier, mais dans mon cas singulier la psychanalyse est une plaie amorale et anti-civilisationnelle.

Je m'explique : est-ce que c'est du sadomasochisme d'avoir été considéré par ses parents comme leur bouc-émissaire ? Ou un constat d'absence de toute idée de civilisation (basée forcément sur la religion et le sens du sacré) ayant pu leur servir de garde-fou. Mes parents n'ont pas été anormaux, ils ont été radicaux dans la recherche du plaisir et de la jouissance, et la société des baby-boomers les y autorisait. Ils ont juste été un peu plus originaux et excessifs que la moyenne mais sans enfreindre aucune règle finalement ; ils ont respecté la loi de leur époque étant profondément amorale, voire désormais de plus en plus immorale et cruelle comme celle des Romains des jeux du cirque (dominée par les pervers comme le prédit Dany-Robert Dufour). Pour la petite histoire ma mère est psychanalyste et par l'héritage de ses parents, bourrée de pognon : elle peut donc assouvir à 75 ans tous ses caprices de domination vis-à-vis de jeunes éphèbes noirs de Guadeloupe, car il n'y a que ça qui l'excite sexuellement : la domination sur les hommes et leurs verges qu'elle désire énormes (fantasme de freudienne vaginale ne connaissant pas assez son clitoris pourrait-on dire). De toute façon elle sait bien que dieu n'existe pas alors qui la punira ? Elle n'éprouve absolument aucune culpabilité et éprouve du plaisir à me « tuer », c'est-à-dire me torturer psychologiquement par l'humiliation, à chaque fois que je la vois ou bien l'ai au téléphone. C'est bien pire qu'une vieille bique, car son statut professionnel et son carnet d'adresses bien rempli lui donne une très bonne réputation et un très grand pouvoir sur autrui, puisqu'elle continue aujourd'hui à exercer dans un superbe appartement haussmannien des quartiers bobos et huppés de Paris.

Difficile maintenant pour moi de trouver une femme avec un tel profil de loser. Et ma femme vient de me lourder avec pertes et fracas en me faisant mettre en prison sans grandes difficultés (voire avec une très grande facilité !), avec l'aide de la justice française dans un état de décadence totale et sans aucune valeur morale, et s'estimant (ma femme) dans son bon droit alors qu'elle fait preuve de la mauvaise foi la plus totale ! Franchement je ne donne pas cher de l'avenir de notre société basée sur la liberté, l'égalité et la fraternité (ce ne sont que des mots qui reposent sur du vent), mais peut-être que je me trompe ?

L'islam va nous manger et nous l'avons tous bien « mérité » collectivement. Cependant même l'islam est aujourd'hui en danger : pour les wahhabites aussi l'argent est une fin, car c'est une idéologie basée sur l'égoïsme tout comme le néolibéralisme. Poutine, la Chine, des pays d'Amérique latine se défendent de la destruction des valeurs traditionnelles, contrairement à des pays comme la France, surtout, qui détruit ses églises et se plaint de quelques tags sur les mosquées !

C'est le libéralisme qui a commencé à tuer la tradition occidentale, et donc notre civilisation reposant traditionnellement sur le sacrifice et le sacré. Le néolibéralisme a commencé à tuer la tradition musulmane en injectant le wahhabisme partout dans le monde, car il faut bien voir que c'est un outil du néolibéralisme.

On est bien d'accord, dans le néolibéralisme, que la fin qui est l'argent justifie les moyens (une idée de la fin qui justifie les moyens remontant à Machiavel et que Mandeville a recyclé dans le domaine économique : le premier jalon du néolibéralisme actuel) ; contrairement aux religions où la fin est globalement la reproduction de l'espèce au sein de la civilisation soutenue par les traditions grâce notamment au respect de la famille engendrant et soutenant l'amour maternel. C'est tout le nihilisme de ce système anti-civilisationnel selon moi car basé sur le calcul et le cynisme, qui a totalement détruit la famille occidentale ; qui n'épargne pas les femmes blanches et même au contraire les ont rendu cyniques et vénales (bien plus encore que les hommes occidentaux), bien pires encore que les femmes de l'aristocratie romaine décadente, globalement incapables de tout amour maternel, et de donner tout type de soin à leur progéniture (dans le cas de plus en plus rare où elles font encore des enfants, désormais comme un caprice, ou au mieux comme un désir justifié par la théorie psychanalytique). Selon moi c'est aux hommes de reprendre les choses en main, de rétablir des traditions de filiation, aussi bien en Occident, qu'en Orient ; si nous voulons défendre nos civilisations afin qu'elles ne se détruisent pas mutuellement à cause des femmes et de leurs vices, bien plus puissants que ceux des hommes.

Oui de mon expérience personnelle je peux dire que les femmes sont désormais beaucoup plus destructrices encore et dangereuses que les hommes, car c'est toute la société et l'anthropologie occidentale qui les y encouragent, s'en remettant à elles et à leurs désirs sexuels débridés comme à un dernier espoir de salut : ce qu'on appelle le féminisme.

Or nul espoir de salut par les femmes en Occident ni nulle part ailleurs, car tout comme les hommes elles sont néoténiques. L'amour maternel chez les humains est une construction de la civilisation, sans civilisation il disparaît. L'espèce humaine n'est pas une espèce comme les autres, là est tout le problème. C'est un néotène qui a besoin d'un crime fondateur (celui du bouc-émissaire) pour se réconcilier socialement : c'est la base de la civilisation - qui je le répète ne peut reposer sur la psychanalyse (ou toute autre forme de thérapie), étant amorale par essence. Sans réconciliation fondatrice (comme par le sacrifice du Christ), il n'y a plus de civilisation reposant sur la morale, ni d'amour maternel : c'est ce que nous voyons aujourd'hui un peu partout surtout chez les femmes blanches privées à peu près de toute forme de tradition, en Occident décadent et nihiliste.

Voilà pourquoi la civilisation musulmane (même si elle comporte des failles comme le wahhabisme) est désormais supérieure à notre « société » individualiste purement matérialiste qui ne mérite même plus le nom de civilisation ; ni même de société puisque le slogan du néolibéralisme par la bouche de Thatcher est « no society ! ». Pas besoin d'être un grand prophète pour faire les mêmes prédictions que Houellebecq.

samedi 10 avril 2021

Non à toute forme d'euthanasie et de génocide sociétal !

 

Dans «La Carte et le Territoire», le père de Jed, le personnage principal, va se faire euthanasier en Suisse par l’entreprise Dignitas… La question de l’euthanasie parcourt l’œuvre de Michel Houellebecq.
Dans «La Carte et le Territoire», le père de Jed, le personnage principal, va se faire euthanasier en Suisse par l’entreprise Dignitas… La question de l’euthanasie parcourt l’œuvre de Michel Houellebecq.

Assez de bavardages sur notre modèle de laïcité dont on se gargarise, assez sur les droits de l'homme et l'émancipation de la femme et des minorités. Si la civilisation musulmane nous est supérieure, c'est parce que précisément elle est encore une civilisation qui repose sur la religion et le sacré, alors que les droits de l'homme et la psychanalyse son corollaire (doctrine totalement amorale où le bonheur des uns fait le malheur des autres) pour soigner les maux de l'âme sont la négation de toute idée de civilisation. Les femmes musulmanes font encore des enfants et même beaucoup d'enfants en France parce que c'est dans leur anthropologie, une anthropologie axée sur la famille et la conquête, alors que l'anthropologie occidentale, une anthropologie fondée sur la réussite économique et le bonheur individuel, conduit les femmes blanches à ne plus en faire (aujourd'hui même il y a plus d'enfants d'origine musulmane qui naissent en France que d'enfants issus de femmes occidentales), pourquoi ?

Beaucoup trop de philosophie, de bavardages (de pensée humaine dépourvue de sacré), nous a tellement éloigné de la religion que nous avons le désir secret d'y revenir, la nostalgie, tout comme nous avons celle du retour à la morale qui fixe des limites, notamment aux riches. Comme le souligne souvent Michéa, les riches sont totalement dépourvus de décence commune contrairement aux plus pauvres qui ont encore quelques valeurs morales d'entraide et de solidarité (bien que même cela soit en voie de disparition notamment au sein des classes moyennes, elles-mêmes en voie de disparition).

Le problème est celui de la limite. Quelle limite par exemple fixer à l'euthanasie ? Fin de vie, maladie incurable, malaise existentiel, Covid, 50 ans, 30 ans, 10 ans ? Dans une société dépourvue de morale qui va fixer la limite ? Une chose est sûre, il n'y a plus aucune morale dans notre société. Ce qu'a oublié Freud c'est que la morale est un fondement civilisationnel qui repose sur le sacrifice, ce que ne pourra jamais être la psychanalyse qui est par nature amorale : le malheur des uns fait le bonheur des autres. La morale a comme fondement un sacrifice, qui permet la réconciliation de la communauté : longtemps ce sacrifice fut celui du fort, du héros qui succombe pour sa communauté comme Hector (ou alors dans un registre plus contemporain, on peut aussi voir les films de Clint Eastwood ou de Mel Gibson).

Le sacrifice est le fondement civilisationnel de toute société et il en découle une morale, parfois les notions de bien et de mal ; sauf notre société qui n'étant plus une civilisation mais essentiellement une société victimaire, où chacun réclame des droits en fonctions du préjudice estimé dans sa communauté, dans son sexe ou dans sa « race » (moi, ma communauté, mon sexe, ma « race », je suis le bien, les autres c'est le mal, et la morale c'est pour les autres !). C'est un modèle issu des Lumières qui se voulait doux et plus humain, dépourvu de sacré, dépourvu de sacrifice, de bouc-émissaire, dépourvu de barbarie archaïque, et qui aboutit aujourd'hui à une explosion de la violence et de la rivalité mimétique chez des jeunes totalement déculturés et amoraux (je veux non pas ce qu'a l'autre, mais je désire le désir de l'autre en me l'incorporant : mécanisme de la perversion narcissique qui nécessite la réification du rival qui devient ainsi un déchet, une victime). En réalité, la République a sacrifié la civilisation pour les droits de l'homme et cela crée en plus un appel d'air pour toute la misère du monde, la culture woke et la cancel culture ; ces deux dernières notions risquent d'être la matrice du totalitarisme futur et donc des crimes du futur.

Moi-même, j’étais un enfant innocent, je ne demandais pas à être sacrifié, mon père a fait bien pire que de bafouer cette innocence et cette pureté ; il a vampirisé mon âme pour s’en nourrir et évacuer mon corps comme un déchet consommé, digéré et chié. Si la société avait été cohérente avec elle-même et le désir de mes parents (et mes parents pensaient leurs désirs tout-puissants puisqu'ils étaient baby-boomers et soixante-huitards, c'est-à-dire absolument totalement dépourvus de limites !), j'aurais dû être euthanasié vers l'âge de 16 ans. Donc soit on légalise et l'on ouvre la boîte de Pandore à tous les excès ; soit comme Houellebecq on essaie de faire preuve de morale dans une société qui en est singulièrement dépourvue et l'on fixe une limite drastique, une limite kantienne, un impératif catégorique. L'euthanasie est un crime, tout comme au passage le crime de pédophilie devrait être considéré comme imprescriptible ; c'est-à-dire que les crimes de toute la génération des baby-boomers (qui ont aussi totalement détruit la France) vis-à-vis de leurs enfants ne devraient jamais être prescrits.

La conscience morale c'est la peur d'aller en enfer et rien d'autre. Cela remonte avant le christianisme, même les Grecs avaient peur d'être punis après la vie et beaucoup d'autres sociétés antiques, voire primitives. Aujourd'hui les pédophiles, les incestueux, ceux qui euthanasient leur prochain clament haut et fort : « de toute façon, qui va me punir, QUI VA ME PUNIR ? » Il y en a qui de bonne foi pensent agir avec humanité pour l'intérêt général, comme une fin, mais ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions ?

Tous les coups sont permis même chez les gens qui se pensent de bonne foi emplis d'humanité (car même pour eux le plus souvent, la fin qui peut être le bonheur de l'humanité justifie les moyens), c'est bien pour ça qu'il n'y a plus aucune humanité dans les rapports humains (puisqu'en réalité la fin ne devrait jamais justifier les moyens : condition de toute humanité réelle ; pour Lévinas on est l'otage de son interlocuteur) ; que la loi est de plus en plus un instrument extrêmement procédurier de domination des pervers sur les névrosés (on ne peut d'ailleurs pas faire confiance à la loi puisque c'est une construction humaine).

C'est pour cela que je revendique un retour au sacré qui repose forcément sur le sacrifice, qui est la part maudite de toute société. La logique sociale est aujourd'hui d'autant plus sacrificielle, qu'elle est dans le déni total de la part de sacré qui devrait l'animer (les prisons sont remplies de victimes et les bourreaux sont en liberté). On peut commencer par de tous petits sacrifices pour chacun, un petit sacrifice de son confort matériel par exemple. Par contre il faut bien savoir que le fondement de toute société, aussi évoluée soit-elle, repose sur le meurtre. Dans un avenir proche il pourrait bien s'agir du meurtre des pauvres, des retraités... de tous ceux que l'on estime improductifs pour l'ensemble de la société. Légaliser l'euthanasie c'est entrer dans cet engrenage-là.

Le mal absolu c'est la perversion ; et ce qui a permis la perversion généralisée de toutes les valeurs nobles dans notre société (comme la liberté sexuelle par exemple à laquelle je suis favorable à condition qu'elle ne soit pas pervertie pour avoir une emprise sur autrui, comme dans la pornographie, la pédophilie ou l'inceste par exemple), c'est l'abolition totale chez nos contemporains de la crainte du châtiment divin, de tout sentiment de culpabilité et de toute peur de représailles dans l'au-delà. On ne peut pas faire confiance à l'homme tout simplement, malgré toute sa bonne volonté, sa bonne foi, ses grands principes, ses bons sentiments, sa bonne conscience ; c'est triste mais c'est comme ça car c'est un néotène, un être inachevé, très intelligent mais immensément vulnérable et qui est dans le déni de sa vulnérabilité par rapport aux autres espèces animales : toute l'Histoire du XXème siècle en est l'illustration tragique et flagrante. Aucun siècle dans toute l'histoire de l'humanité ne s'est rendu coupable d'autant d'horreurs que le XXème siècle que l'on a prétendu émancipé ! Il faut espérer un retour du sacré et du religieux, et moins de bavardages philosophiques sur l'émancipation humaine qui ont débouché quand même sur deux guerres mondiales et des génocides majeurs, j'en passe et des meilleurs.

L'homme ne peut pas être libre et émancipé, il ne le peut pas c'est tout, c'est comme ça ! C'est la grande erreur des Lumière par rapport à l'Humanisme de la Renaissance qui n'était pas dans la négation du sacré et du religieux ; il est trop fragile pour cela, il doit être maintenu sous tutelle tout au long de sa vie, et cette tutelle doit être sacrée, religieuse et sacrificielle. La perversion généralisée de nos sociétés contemporaines que l'on peut aussi qualifier de sadiennes, est très bien illustrée notamment dans le dernier livre de Dany-Robert Dufour.

L’homme s'est rendu comme maître et possesseur de la nature grâce à la technique ; et l'on peut faire la critique heideggérienne du cartésianisme. Tout de suite les premiers philosophes grecs présocratiques ont vu que l'homme compensait sa fragilité abyssale de néotène, par une habilité technique hors norme comparée à celle des autres espèces animales. Cela ne veut pas dire qu’il ne doive pas être maintenu sous tutelle grâce au sacré, au religieux et au sacrificiel : la vision cartésienne en est encore une de mégalomaniaque qui débouchera logiquement, comme une relation de cause à effet, à la philosophie des Lumières ; puis au XXème siècle et à toutes ses atrocités. Vous pensez réellement que le XXIème siècle sera moins tragique ? C'est que vous êtes bien naïf ! Vous n'avez pas idée du pouvoir de nuisance de l'espèce humaine et de son imagination à faire le mal lorsqu'elle n'est pas bridée par l'idée de dieu et du châtiment divin : il suffit de lire Sade qui en livre une version finalement édulcorée, gentillette, artistique et littéraire ; certes sexuelle et excitante mais presque mièvre en comparaison de la réalité actuelle.

Qu’est-ce que la réalité actuelle ? Ce qui domine aujourd’hui à l’échelle mondiale c’est l’idéologie libérale d’origine anglo-saxonne (qui remonte à Mandeville et réactualisée en néo- par Hayek), délétère et quasi génocidaire ; ce que Houellebecq appelle l'extension du domaine de la lutte jusque dans la vie privée, sexuelle, y compris des couples mariés avec des enfants (je viens d'en faire la très amère expérience !). Pourquoi les Anglo-Saxons puritains sont-ils un peuple particulièrement génocidaire ? Les musulmans d'origine arabe ou turque, tout comme les Noirs et les Latinos, ne parlons pas des Chinois, ne sont pas tout à fait des humains pour les Occidentaux, et particulièrement pour les Anglo-Saxons puritains, ce sont des bêtes, des cafards, qu’il faut exterminer (cela est assez visible encore aujourd’hui à travers le cinéma hollywoodien) ; c'est bien pour cela qu'Hitler n'a jamais voulu de mal aux Anglais et a toujours cherché à négocier avec eux jusqu'au dernier moment (une des causes majeures de sa défaite ! Alors qu'il aurait pu anéantir leur armée à Dunkerque et les envahir sans problème), puisqu'il considérait qu'ils étaient de la même race d'origine germanique que les Allemands : mais avec Churchill qui n'était pas prévu au programme et qui est arrivé sur le devant de la scène par un heureux concours de circonstances (mais très malheureux et imprévu pour Hitler), il est tombé sur un os !

Les descendants anglo-saxons puritains ou allemands des antiques tribus germaniques et vikings ont l'obsession de la pureté raciale et de l'impératif catégorique que constitue le devoir radical de non mélange de leur sang pur ; ce sont les plus grands génocideurs de l'Histoire de l'humanité (on pense notamment au génocide des Amérindiens et des Aborigènes d'Australie, parmi tant d'autres !) : c'est vrai que leurs femmes aux pommettes saillantes, leurs jolis petits culs et leurs poitrines souvent avantageuses, sont particulièrement séduisantes et qu'elles servent de canon de beauté à l'humanité entière (mes petites bretonnes leur ressemblent un peu ! Le sang celte, particulièrement irlandais, écossais ou gallois, étant le seul avec lequel les Anglo-Saxons ne répugnent pas à complètement se mélanger). Ce serait dommage de croiser leurs si idéales femmes avec des Arabes ou avec des Noirs (le fantasme d'un Noir bien membré comme amant, oui ; mais quand même pas jusqu'à se reproduire, ou alors exceptionnellement !) ; voire des Chinois (éventuellement pour leur QI). Même les Juifs se mélangent plus comme l'a montré Shlomo Sand.

Cependant aujourd’hui, les petits Chinois pourraient bien botter les fesses des Anglo-Saxons puritains et arrogants.

La conception raciale des Anglo-Saxons puritains en est une de sacrificielle, mais pour toutes les autres « races » : il n'y a qu'à voir n'importe quel film de série B hollywoodien des années 80 jusqu’au début des années 2010, pour comprendre une telle conception manichéenne du rapport entre les « races » chez l'Anglo-Saxon moyen. Certes les minorités ethniques font désormais de la résistance mais en pratiquant la même forme de racialisme aux aspects si dangereux que le racisme blanc qu'ils prétendent combattre (une forme de rivalité mimétique en miroir par imitation des armes de l'oppresseur blanc)... Ce qu'on appelle la woke et la cancel cultures qui nous viennent d'outre-Atlantique et qui font la totale confusion sur le territoire français entre le communautarisme anglo-saxon vecteur de racisme et d'exclusion et les principes de laïcité à la française, vecteurs d'intégration (que désormais la plupart des musulmans refusent en France). Racialisme donc, des minorités opprimées, si peu conformes aux principes de la laïcité à la française (qui reposent sur l’intégration culturelle et non communautaire), mais alors même qu’eux-mêmes (ces principes abstraits) ne peuvent selon moi servir de fondement civilisationnel, car reposant sur l’idée trop générale, abstraite et surtout utopique dans le sens péjoratif du terme, des droits de l’homme. Tandis que le néotène appelé homme, animal inachevé gardant des caractères larvaires tout au long de sa vie, est beaucoup trop fragile pour assumer de tels principes d’autonomie morale d'origine essentiellement kantienne (ce puceau peine à jouir et obsessionnel), certes généreux du point de vue du narcissisme et de l'estime de soi, mais mégalomaniaques et inhumains (comme l'impératif catégorique kantien !) ; et réclame de toutes ses forces même s’il n’en a pas encore pleinement conscience, face à la barbarie du XXème siècle, le retour du tabou de l’interdit que constitue le sacré de la religion pour être en accord avec sa nature profonde d'être pacifique et bon par nature comme le pensait Rousseau : même si ce dernier ne faisait pas une telle interprétation de l'origine de sa « bonté » (qui est en réalité une construction purement religieuse et pas du tout laïque).

La laïcité et l'École rendent les gens pervers et méchants, même et surtout en France le pays de Sade qui voyait la Révolution comme une aubaine contre la religion catholique, et l'occasion de pouvoir faire le mal en toute impunité et de façon légale avec le concours des magistrats et de la police (« Français encore un effort si vous voulez être républicains ! ») ; car leurs principes sont bien trop exigeants et très peu conformes à la nature humaine, à l'âme humaine, qui est selon moi spirituelle et légère, avant toute autre chose comme la chute dans la matière que constitue la perversion narcissique (une conséquence des Lumières) désormais (la laïcité étant la sécularisation des idées religieuses sans aucune intercession l'homme se prend désormais pour dieu, pour le grand juge de son semblable, le résultat effroyable étant la perversion narcissique généralisée) : ces deux notions négatives conjuguées et si pesantes sont le nouveau mal sociétal du XXIème siècle naissant, essentiellement dans le monde du travail qui est devenu un vaste système concentrationnaire (pouvant aboutir à un génocide d'un type nouveau : celui des improductifs, des malades de burn out ; les nazis ne disaient-ils pas que « le travail rend libre » pour mieux exterminer les « parasites » ?), ce mal sociétal étant finalement une conséquence des Lumières, tout comme le furent le nazisme et le communisme.