lundi 18 mai 2015

Les civilisations sont mortelles

Comment expliquer que le génie du christianisme, le christ, un quasi anarchiste, ennemi de toute forme d'autorité et de hiérarchie, qu'il dénonçait par le terme d'hypocrisie, ait pu enfanter une des religions les plus dogmatiques qui soit : le catholicisme, justifiant la hiérarchie et donc l'hypocrisie pour le monde temporel, rejetant le génie du christianisme dans une "vie après la mort", sans grande imagination d'ailleurs. C'est donc que le génie du christianisme était totalitaire avant l'heure et que la religion catholique fut son principe de réalité. Car l'hypocrisie est l'hommage du vice à la vertu, et vaut mieux que toute revendication de pureté de l'âme et de la société, qui de la pureté mène au cynisme, qui de Rousseau mène à Staline.

Le catholicisme dans le cas d'un vieux pays comme la France est plus prégnant que la jeune république arrogante. Autrement dit tous les chemins mènent à Rome, c'est-à-dire au Vatican, C'est-à-dire au père, au pape, à la notion la plus haute de la hiérarchie temporelle. Cependant les voies de dieu sont impénétrables : c'est le mystère de la religion; le plus vil rejeton de l'humanité peut être touché par la grâce et dépasser spirituellement le pape lui-même, la religion catholique le reconnait, quand elle a encore conscience que son vrai génie est effectivement le christ, faiseur de miracles. Ce qui nous amène à nous demander si la religion musulmane est vraiment compatible avec ce vieux mode de penser européen, si l'autre n'est pas parfois trop "autre" pour s'acclimater à une vieille civilisation. C'est alors que la civilisation "la plus jeune" demande que l'on s'acclimate à elle, renversant les données du problème, qu'on lui fasse bon accueil avant tout, qu'on s'adapte à elle plutôt que l'inverse. Et vu le passif de la vieille civilisation, il y a toujours moyen d'appuyer là où ça fait mal : la culpabilité.

mardi 28 avril 2015

En quoi je suis l'ennemi de moi-même ?

Je ne sais pas si la génération de 68 est pire ou meilleure qu'une autre. Dans mon cas c'est la génération qui a introduit une rupture radicale entre la tradition des ancêtres et la génération suivante, en ne transmettant pas sa langue maternelle, le breton, dans l'exemple de ma mère. Est-ce mieux est-ce pire, est-ce ça la modernité ? Vivre de jouissances, "rollers", "windsurf" (que je pratique), et autres voyages exotiques, voire tourisme sexuel. Pourquoi pas ? La rupture s'est faite aussi avec une certaine conception de l'éducation, avec la conception traditionnelle. Pour ma part je vois plus de ravages dans cette rupture que d'avantages, et c'est pour cela que je dis que la génération de 68 est unique en son genre, dans le cas de la langue bretonne elle rompt avec une tradition vieille de plusieurs siècles : 68 fut ainsi une vraie révolution, une révolution de la ruine, voire de l'apocalypse. Je parle évidemment comme un petit-bourgeois incapable de prendre de la hauteur, de se hisser au niveau des responsabilités, je reste coincé au niveau de la jouissance, de ma jouissance propre, de mon bien-être, pas celui de la collectivité. Effectivement parce que je suis l'ennemi de moi-même, je dis que la collectivité était régie par des contraintes traditionnelles, que le "laissez-faire" propre à l'économie de marché et au libéralisme, a fait voler en éclat. Je suis moi-même un pur produit de l'hédonisme contemporain mais plus encore du "laissez-faire" donc de la négligence comme ultime conséquence d'une vision économique du monde, et qui le déplore (en cela je suis l'ennemi de moi-même) ; je n'ai pas été "contraint" par un ensemble de règles et de traditions qui formaient le "cosmos" de nos ancêtres.

lundi 6 avril 2015

Droit de réponse

Mon père a envoyé le message suivant sur la toile au printemps 2015 par le biais de l'un de ses blogs, alors qu’il avait déjà porté plainte une première fois contre moi auprès du Procureur de la République de Vannes :

"Je suis mis en cause en permanence dans un blog intitulé "Rester vivant". Je tiens à affirmer que tous les propos, diffamatoires, énoncés à mon encontre et celui de ma famille sont inventés, mensongers, et participent, je ne sais pourquoi, à une entreprise de harcèlement, de dénigrement et d'injures, à notre détriment, procédés qui sont interdits par la loi.

Je déments fermement les accusations absurdes portées contre moi et ma famille, ainsi que toutes les allusions formulées dans la même optique ...!

Je suis stupéfait que des accusations aussi graves aient pu être proférées de manière aussi systématique contre moi-même, ma femme, mes enfants, parfois mes parents, et même ma sœur, allant même dans un des écrits de ce blog, jusqu'à justifier le handicap d'un de mes enfants (Comment s'en étonner puisque cet enfant est de Robert Blesbois), et induire dans un autre l'idée que je serais l'assassin de mon filleul. Pour ne parler que de ça ...!

Enfin, je regrette qu'il suffise de taper mon nom dans une barre de recherche Google ou autre, pour faire apparaître une liste de sujets destinés à jeter le discrédit sur ma personne et sur les miens ..."

Comme si je ne faisais pas partie des « siens » et de « sa famille » par la force des choses ! Comme si on pouvait à ce point faire preuve de négationnisme concernant les lois de la nature, et s'y opposer selon son esprit et ses nombreux dires par la seule force du désir. Il ne suffit pas d'affirmer : « je ne désire plus que tu sois mon fils » pour que cela devienne réel. Hélas mon père est persuadé du contraire ! Par mes blogs je lui rappelle une notion très simple qui est celle du principe de réalité. Par exemple on peut très bien avoir pour désir d'être considéré comme un type bien par son entourage, alors que dans la réalité on se comporte toujours comme une véritable ordure digne du plus profond mépris : c'est l'un des paradoxes qui a pour nom perversion narcissique.

Voici le texte d’introduction à l’un des blogs qui lui était consacré, à lui et ses voyages plus précisément, et qui avait été modifié par mon géniteur juste avant qu’il ne le supprime. Avait-il quelque chose à se reprocher ? Craignait-il une mauvaise publicité ? Bref, peu importe au fond :

« On peut être quelqu’un de bien, et (de ce fait), ne pas avoir de désir de revanche…

Dans un site qui porte mon nom, je suis harcelé.
J’espère que ceux qui liront ces propos sauront faire la part des choses… Voilà ce que j’ai à dire:

Quand on a été habitué aux mensonges, aux petits mensonges systématiques, comme il l’a été, auprès des parents, puis des grands parents, pour en tirer des petits bénéfices secondaires, une petite faveur, un petit billet, un regard apitoyé, la victimisation devient une seconde nature… Mon amie Elsa Cayat en parlait très bien, de cette addiction, qui n’offre aucune perspective, avant qu’elle ne soit assassinée, avec ses camarades …

Pour garder son statut de victime, « il » va faire beaucoup de mal … Et pour y parvenir, « il » va passer de petits mensonges à de gros mensonges, et même de très gros mensonges … Internet, c’est génial, pour un esprit faible, c’est le sentiment de s’adresser du haut d’une tribune à toute l’humanité … Tous les pauvres types vaguement cinglés peuvent y avoir recours sans retenue, sans aucun sens moral, sans aucune limite …
Voilà comment « il » s’y prend. « Il » va trouver des trucs énormes, c’est ce qui se gobe le mieux, « il » va le (ou les) traiter de pervers narcissique, de psychopathe, de pédophile, d’antisémite, pourquoi pas, « il » va lui (ou leur) faire dire des phrases horribles, des vulgarités, des insanités, « il » va lui (ou leur) prêter des actes abominables, des intentions abominables, « il » va raconter des histoires déformées, trafiquées, inventées, avec cette obligation de frapper toujours plus et toujours plus fort, là où « il » sait que ça fera bien mal, sans même se préoccuper du caractère parfois absurde de ses propos … Et pour bien se « survictimiser », alors qu’« il » a rendu toute relation impossible, « il » se dira « abandonné »…
J’ai modifié le titre en réponse à tous les amis qui me demandent ce que j’attends pour déposer plainte, pour l’instant, ce n’est pas au programme …

Robert Blesbois » écrivait-il au printemps 2018… et alors qu’il avait porté plainte auprès du Procureur de la République en 2015, ce qui prouve que tout ce qu’il raconte n’est toujours comme à son habitude (je le connais bien le bougre !) qu’un tissu de mensonges, c'est une seconde nature chez lui. Effectivement, l'argument qu'il avance pour s'estimer et qu'on l'estime comme un type bien est qu'il n'a pas le désir de revanche, alors qu'il avait déjà en réalité porté plainte, c'est donc une fourberie à destination de ceux qui le connaissent mal et croient en sa sincérité. D'ailleurs cela ne l’a pas empêché de porter plainte une seconde fois en 2018 sans doute peu après avoir écrit ce texte, ou en même temps ! Tout est en réalité mensonge pour préserver son image, l'apparence, et se persuader soi-même que l'on est un type bien, même si cela doit être en contradiction totale avec le principe de réalité et les lois de la nature.

Quelle drôle de façon de s’adresser à son fils aîné comme si il s’agissait d’un étranger en le désignant par un « il » impersonnel entouré de guillemets, et alors qu’« il » a trois petites-filles et une belle-fille qu’« il » refuse de voir, comme si c’était lui la victime d’un harcèlement, alors qu’« il » l’a renié au terme d’une période de harcèlement moral qui a duré de la naissance de son deuxième fils en décembre 1982, à juillet 1987. Soit un peu moins de cinq ans.

Enfin Robert Blesbois a réussi à obtenir la fermeture de trois de mes blogs le 30 décembre 2019, « Robert Blesbois » à l’adresse boblesbois.blogspot.com, « Colette Blesbois née Le Pabic », et « Robert Blesbois dit bob ». Il a ensuite porté plainte une troisième fois contre son propre fils, c'est-à-dire moi-même, totalement délégitimé du point de vue filial depuis en réalité décembre 1982. Les propos incriminés ayant été jugés diffamatoires par mon père alors qu’ils ne relatent que des faits réels.

Il est possible qu’il parvienne à obtenir la fermeture de celui-ci, voire de tous les autres… Je sais qu’il a porté plainte trois fois contre moi et que sa première plainte remonte à 2015, alors que la prescription pour des faits de pédocriminalité est de 30 ans après la majorité de la victime, soit en 2015 pour moi ! Coïncidence ou froid calcul ? Connaissant la personnalité de mon père je pencherais plutôt pour la deuxième hypothèse.

Je ne peux pas être catégoriquement sûr à 100% que mon père ait essayé de me noyer bien que de multiples indices aillent dans ce sens, et j’ai du reste toujours ressenti une malveillance de sa part à mon égard, quand ce n’était pas des pulsions mortifères s’exprimant par une violence souvent gratuite, ou bien par un exhibitionnisme autoritaire et intrusif de son sexe et des attouchements à caractère pédophile. Pour se dédouaner il pourra dire qu’il obéissait à une mode très en vogue dans les années 70, car il est aussi très fort pour s’innocenter et se décharger sur les circonstances ou à l’aide de complices de toute culpabilité, mais le problème est qu’il n’a toujours pris dans les différentes époques que ce qu’elles ont de pire, c’est-à-dire de profondément pervers. On le verra aussi pour les années 80, les années fric…

Il y a un problème en effet. Il porte même un nom : l’amnésie post-traumatique. C’est un syndrome qui pousse la victime mineure au moment des faits à rejeter ses horribles souvenirs dans un petit coin de son cerveau que l’on appelle "la mémoire traumatique".

"Oui mais quand même, 20 ans après la majorité, on devrait être capable d’affronter en justice son agresseur et parler sans retenue de ses viols." Ce n’est pas si simple. J’aurais aimé vous y voir, à l’âge de 6, 8, 10 ou 13 ans. Je me demande comment est-ce que vous auriez réagi après une "petite" sodomie. Attention, une sodomie douce, sans violence, sans cri. Une petite fellation, une petite masturbation face à un adulte qui dit : "Chut mon cœur, c’est notre secret. Et puis, c’est pour te faire du bien." Tout était fait de manière insidieuse, comme s’il avait voulu constamment cacher ses crimes. Quant au viol c'était avant tout celui de l'intimité, celle de ma chambre qui n'était jamais la mienne tant qu'il était là, ou comme de jeter mes doudous à la poubelle et de me gifler parce que je pleurais.
Les traces physiques disparaissent très vite. En revanche, les dégâts psychologiques sont éternels et la médecine découvre maintenant que nombre de pathologies somatiques sont des conséquences tardives de ces violences. Ensuite, il y a un phénomène intéressant en ce qui concerne la mémoire traumatique : quand elle décide de revenir, elle revient avec moult détails sordides qu’on aurait préféré laisser enfouis dans la petite boîte verrouillée au fond du cerveau. On peut alors témoigner très précisément des actes, des lieux, des mots proférés par l’agresseur, des rituels…

Mais personnellement la petite boîte est restée verrouillée au fond de mon cerveau, je ne me souviens d’aucun des faits si ce n’est la mémoire récurrente d’un sexe en érection exhibé à l’intérieur d’une petite tente.

Mon esprit n’a conservé que la mémoire d’une tentative de meurtre par noyade, alors qu'il s'agissait peut-être uniquement d'un crime pédophile : une quasi tentative de meurtre par négation de l'Autre dans son intégrité. C’est pour cela que l’on parle de pédocriminalité.
Plus tard j’ai bien vu que mon père avait une attirance pour l’exhibition de son sexe et de ses coïts avec ses maîtresses, devant les jeunes enfants, moi la plupart du temps mais quelquefois d’autres comme les enfants de ses maîtresses.

Il me massait parfois et exigeait que je me mette nu. Il aimait surtout porter les mains sur mes fesses. Je n'y ressentais aucune tendresse de sa part et éprouvait un sentiment de honte.

Il ne fermait jamais la porte et faisait l’amour à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Il était très fier d’exhiber ainsi sa puissance de mâle en rut devant des enfants innocents, et il faisait tout ça comme si de rien n'était, comme si c'était parfaitement naturel et admis par la société. À sa décharge je dirais que c'était juste très en vogue à cette époque, les années 70, effectivement.

Toutefois je ne veux pas être catégorique au seul détriment de mon père, je crois qu'à cette époque mes parents étaient complices au moins sur un point : me détruire ! J'ai entendu parler d'un désir d'avortement très fort de la part de ma mère, alors que mon père désirait que je naisse.
Il est évident que mon père à l'origine m'a plus désiré que ma mère. Cette dernière n'a eu de cesse de me faire éprouver tout au long de ma vie qu'elle ne m'avait jamais désiré. Quelle intelligence et surtout quelle ironie pour quelqu'un qui a fait de sa vie une vocation, celle de guérir les enfants de leurs traumatismes ! Ce sentiment mortifère et borné à mon égard faisait d'ailleurs penser à mon père qu'elle était folle, tellement elle me refusait tout soin. En tout cas ma mère ne m'a jamais pardonné qu'« on » l'ait forcée à m'avoir. Elle n'a jamais eu d'autre enfant, ni refait sa vie avec quelqu'un d'autre. Elle a juste eu de nombreux amants, en évitant les mâles blancs d'origine chrétienne. Elle crache en réalité sur ce que représente son père alors que toute sa vie il s'est mis à genoux devant elle en exécutant absolument tous ses caprices.

Il semblerait en réalité que mes deux parents soient deux personnalités perverses narcissique, c'est-à-dire toxiques. L'une en raison de la relation à son père qui la mettait dans un état de toute puissance auquel mon père a apporté un démenti cinglant, et l'autre en considération de la relation à sa mère pour la même cause ! Petits, on les a mis tous les deux sur un piédestal de perfection.

Il y a aussi l’hypothèse toujours possible que dans la part de responsabilité que j’attribue à mon père il y ait un élément de reconstruction dont je fasse preuve, car les souvenirs sont flous mais empreints d’une sensation de traumatisme quasi permanente. Je me souviens tout petit garçon, m’être réellement fait la réflexion suivante – ce n’est pas un mirage -, alors que nous partions et que je jetais un dernier regard sur le terrain de camping où il m'avait emmené pour me noyer ou abuser de moi sexuellement : « Tiens j’ai énormément souffert de ce séjour seul avec mon père, il y a là quelque chose d’absolument anormal ! »
Peu après ce séjour il y a une période où je me suis réellement demandé si mes deux parents n'étaient pas des monstres déguisés en père et mère, tellement je ne pouvais plus leur faire confiance. Mon père étant abusif, ma mère totalement abandonnante.

Cette possible reconstruction et peut-être excessive exagération de mes souvenirs (ou non !), étant due aussi à son désinvestissement total, voire totalitaire, affectif, moral et symbolique soudain et extrêmement brutal, dès la naissance de son deuxième fils qu’il a reconnu, lui, comme étant son vrai et légitime fils, Vincent B..

Enfin dans la réalité si triste qui est la mienne : l’homme était peut-être globalement prédateur de la femme laquelle était de son côté prédatrice de l’enfant mâle. Car ma mère ne m’a pas raté non plus, de façon plus insidieuse mais tout aussi efficace, car abandonner un enfant ou un animal c'est le tuer !

J'ai fait état de mon histoire personnel à pas mal de philosophes fameux comme Élisabeth de Fontenay, Florence de Mèredieu (voir les commentaires de cet article ) ou Olivier Chédin. Tous savent exactement qui est Robert B. (ou Robert B.). Je crois même qu'Alain Finkielkraut avait été mis au parfum. C'est important qu'ils le sachent car le type d'Homme que représente mon père, le pervers narcissique, a été annoncé par Mandeville et est en train de gagner la bataille pour l'hégémonie culturelle. Ce phénomène pourrait être à l'origine de la chute de notre civilisation, à moins qu'elle puisse s'acclimater d'un peuple de démons.
Alain Minc notamment a une vision libérale de l’homme, comme étant par essence métaphysiquement une canaille. Pour comprendre une telle conception de l’Homme qui remonte au XVIIIème siècle anglais, il faut se souvenir qu’à cette époque la société anglaise était composée d’une part non négligeable de soudards qui servaient de chair à canon dans les guerres en dentelles, et également de matière première de l’émigration vers les terres conquises par l’empire colonial anglais.
Ce type d’homme est bien décrit dans le film Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Ainsi le libéralisme part d’une vision de l’homme comme étant une canaille qui ne pense qu'à son plaisir, pour fonder sa construction politique d’un marché mondialisé d'influence libérale.
Toute la construction politique du libéralisme dans laquelle nous vivons, est une construction très pessimiste qui n’a pas une bonne image de l’Homme du peuple, et qui considère effectivement que seule une élite éclairée peut avoir accès à la Raison.
On pourrait dire que transposée dans le monde d’aujourd’hui, une telle élite est celle qui profite le mieux du système, il s’agit certes des intellectuels bobos des centres métropolitains, mais aussi de la caste financière oligarchique qui brasse des milliards.
Il semblerait aujourd’hui que les élites comme le peuple soient de plus en plus affectés par ce symptôme, ce qui peut laisser à penser que la société qui repose sur la destruction-créatrice et le darwinisme social s’acclimate fort bien de ce type d’homme perverti, plutôt que de chercher à l’élever et le rendre plus vertueux.
Comme le disait déjà Kant : « Le problème de la formation de l'État, si dur que ce soit à entendre, n'est pourtant pas insoluble, même s'il s'agissait d'un peuple de démons (pourvu qu'ils aient quelque intelligence). »

Bref j'avais créé un petit émoi dans ce milieu et j'avais même eu mon petit moment de gloire grâce à ce texte. Mais tout cela a eu lieu il y a maintenant fort longtemps, en 1993. Devenir un philosophe ou un artiste détaché de son drame familial par un travail sur soi colossal permettant de se tenir à la surface des choses, aurait été la seule façon d'y échapper. Malheureusement je me suis laissé griser et fasciner par mon destin atroce, je me suis complu, plutôt que de chercher à le maîtriser pour pouvoir le dompter et le dépasser.









dimanche 8 mars 2015

Deux poids deux mesures

Alors pourquoi la liberté d'expression d'un Dieudonné par exemple est négociable ? C'est bien que notre république fixe des limites à la liberté d'expression. Abd Al Malik voit une certaine forme de racisme chez Charlie, ou tout du moins un manque de respect ; on ne peut pas le nier, notamment pour des populations qui sont susceptibles au niveau de la religion. Si l'on accepte d'accueillir autant de musulmans en France il faut se réformer et notamment la loi en interdisant le blasphème. Pour ne pas qu'il y ait un deux poids deux mesures en autorisant le blasphème (ce qui se fera toujours au détriment des populations ayant une forte religiosité comme les musulmans) et en interdisant le racisme et surtout l'antisémitisme propre à Dieudonné (ce qui se fait toujours à l'avantage d'une petite portion de la population, celle que l'on estime être la "conscience du monde" et dépositaire de la loi à double titre, de part son héritage spirituel et d'autre part historique à travers essentiellement la Shoah, notre horizon indépassable). Si les citoyens pouvaient relire Montaigne, ils verraient l'absolue relativité de nos lois qui se prétendent universelles par la voix de notre prétentieuse république.On pourrait aller plus loin en disant que Dieudonné ne fait pas à proprement parler preuve d'antisémitisme, mais de blasphème de lèse-Shoah, car son point de vue n'est pas forcément celui qu'on lui a catalogué de polémiste, mais celui qu'il revendique d'humoriste. Tout comme Valls s'est violemment attaqué à Houellebecq, car ce dernier fait preuve d'un esprit de blasphème de lèse-république, pas du tout ironiquement anti petit-bourgeois comme semble le penser Emmanuel Mousset, mais au contraire dans un esprit foncièrement petit-bourgeois, donc un peu méchant, voire mesquin, ce que ne réfuterait pas son auteur. Au fond on pourrait dire que c'est toujours le blasphème qui est interdit. Et que si notre république encourage le blasphème religieux, ceci pour la raison d'une vieille rivalité avec l'église concernant la maîtrise des consciences, elle s'interdit tout blasphème de lèse-république ; sauf que l'histoire a changé avec l'accueil très massif d'une population d'origine musulmane qui ne l'entend pas de cette oreille.

samedi 28 février 2015

Pourquoi j'ai fait des enfants ?

Personnellement je me suis décomposé en un jour, en un instant. Je n'ai même pas eu le temps d'avoir mon heure de gloire. Si j'ai peut-être eu un petit instant de gloire. Ma vie c'est trois semaine de paradis et tout le reste de purgatoire voire d'enfer dans les pires moments. Je ne suis même pas un "artiste people" warhollien qui aurait eu quelques jours de célébrité. Ma vie est triste à en pleurer, comme celle de millions d'anonymes. Je n'ai plus qu'à être un obscur tâcheron qui comme des millions d'anonymes mise tout sur ses enfants, sans leur mettre je l'espère aucune pression à la réussite. Il est vrai que pour moi la réussite fut un enjeu capital, car sans elle je n'ai même pas la reconnaissance de ma mère, et je ne me suis pas vengé de mon père. Echec sur toute la ligne.
Maintenant la seule question qui se pose pour moi est : y a-t-il un sens à une telle déroute ? J'essaie de comprendre, j'espère même quelquefois que la mort sera une forme de salut, de réconciliation, même si plus personne n'y croit, et moi non plus. Je n'ai aucune croyance religieuse et comme tous mes pairs je pense que l'on trouve le salut ici-bas. D'où une angoisse de la vieillesse, un culte de la jeunesse, le sentiment qu'après 40 ans on est vraiment très très vieux, et que tout est très rapidement foutu, pas de sérénité donc. Je vis par procuration avec quelques idoles comme Pasolini ou Houellebecq, ou même Philip K. Dick, quand j'étais plus jeune Céline, qui eux ont vaincu la fatalité et qui s'approchent au plus près de la vérité sans se brûler les ailes ; ou qui si ils se les brûlent ont vécu ou vivent encore avec une telle intensité que leur vie en aura valu la peine.

Mes enfants me vengeront-ils et parviendront-ils à la notoriété ou au moins à la réussite ? Mais pas une réussite par l'argent, mais une réussite par l'argent avec comme cerise sur le gâteau par l'argent et par l'art. Pour que pour eux l'interprétation, la représentation puisse l'emporter sur les seuls faits, sur la seule volonté à l'œuvre dans la nature, pour qu'ils puissent prendre leur envol, en se détachant de la tristesse du réel. Leurs chances de réussite ? Une sur des millions. Finalement j'ai été égoïste en faisant des enfants, je ne pensais encore et toujours qu'à moi-même.

mercredi 11 février 2015

Welcome to DSK

Il y a un excellent film sur DSK : Welcome to New York, d'Abel Ferrara, DSK interprété magistralement par Depardieu, ce film a beaucoup fait pour faire remonter dans mon estime cet acteur, par ailleurs il en dit beaucoup plus sur DSK que tous les discours. Après on aime ou on n'aime pas ce style de personnage, personnellement je le trouve assez abject, mais avec une grande lucidité et une grande intelligence sur ce qu'il est et sur l'état du monde, qu'il vomit en tant que responsable, témoin de l'abjection libérale économique, en première ligne. Ses frasques pourraient être la compensation d'un cynisme qu'il voyait à l'œuvre dans les rapports économiques entre le hommes ; et tout son dégoût il l'a recraché dans ses rapports avec les femmes. Un homme aussi meurtri narcissiquement, et donc aussi cynique, avant même l'affaire Nafissatou Diallo, aurait évidemment fait un très mauvais président de la république, à moins que l'on ne fasse du cynisme et de la perversion sexuelle une vertu morale. Après tout "vice privé, vertu publique", disent les libéraux.

Quand les Américains font des films sur l'Amérique, et qu'ils dépeignent sans concession la réalité la plus sordide mais pertinente sur leur propre pays, comme ils savent le faire, on crie à juste titre au génie, ce que les Français ne savent pas faire. Les Français ont du mal à montrer au peuple la réalité, seules les élites savent et ne disent rien. Quand un Américain comme Abel Ferrara appuie là où ça fait mal dans un film comme Welcome to New York, on crie au scandale, on l'accuse de bassesse voire bien pire, là où si il avait parlé de l'Amérique on aurait salué sa lucidité.  C'est là tout l'hypocrisie française, notre spécialité ; et là où les Américains auraient des leçons de démocratie à nous donner. N'oublions pas que son film comme toute œuvre d'art ne prétend pas traduire la vérité mais se vante d'en être une interprétation, car il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations ; c'est pour cela que la loi qui ne prétend s'appuyer que sur les faits pour appliquer son jugement est moins puissante que l'art, et surtout objectivement beaucoup plus injuste, mais passons. Les Américains parce que ce peuple est plus "populaire" que le vieux peuple de France, d'origine aristocratique (une origine à proprement parler, non partagée par le peuple, mais qui en tant que faisant partie d'une société aristocratique en a pris les habitudes), malgré son récent pédigrée républicain, ont un côté "fouille-merde" ; qui comme aurait dit Nietzsche des Français, répugne à nos vieilles mœurs aristocratiques. 

mardi 27 janvier 2015

Charlie ou l'échec du modèle d'intégration français

En France nous ne sommes pas encore tout à fait anglo-saxons, protestants ni puritains, ni donc totalement communautaristes. C'est peut-être la tendance de l'Europe d'être dans une logique de vassalisation à l'empire américain anglo-saxon et puritain, en un mot majoritairement WASP. Ce qui montre que la France résiste c'est paradoxalement l'échec de son mode d'intégration républicain gommeur de différences, au lieu de les exalter sur le mode multiculturaliste et communautariste à l'anglo-saxonne, et qui nous a éclaté à la figure de façon spectaculaire avec le massacre de Charlie : avec la création d'ennemis de l'intérieur (les djihadistes) qui refusent toute intégration, qui suppose l'acceptation des valeurs de la république et le gommage de leur foi, derrière le principe de laïcité. Ennemis de l'intérieur (les fanatiques religieux) qui refusent aussi toute reconnaissance qui serait de l'ordre de la composante multiculturaliste de notre société (le côté Jack Lang) ; reconnaissance qui était peut-être le piège hypocrite tendu par les républicains, pour mieux intégrer les populations rebelles au modèle républicain ; notamment par le biais du rap, de la musique hip-hop et de la culture du tag. Or les extrémistes musulmans refusent de tomber dans ce piège, et semble mettre leur foi par dessus tout, et dont le danger est l'effet d'entraînement sur le reste de la population musulmane.

lundi 26 janvier 2015

La condition de la femme moderne


Les femmes sont plus fortes que les hommes, ce n'est un secret pour personne, tout simplement parce que ce sont elles qui donnent la vie. Si les femmes ont vécu pendant des siècles sous la coupe des hommes et éventuellement de la religion qui les abaissait, c'était de leur part une ruse pour ne pas avoir à participer aux guerres meurtrières et ne pas avoir à faire des travaux trop pénibles. Leur « infériorité » était une ruse qui leur permettait de se faire « entretenir » par les hommes. Aujourd'hui les femmes ne veulent plus entrer dans ce jeu là, il est évident qu'elles en paient le prix, puisque les nouvelles formes de guerres frappent autant les civils que les militaires, donc autant les femmes que les hommes. D'autre part, les développements de la technique mettent de plus en plus de gens à la rue, les machines pouvant avantageusement les remplacer. Et cette même technique impose pour les gens qui ont gardé leur emploi des cadences de plus en plus infernales, sous prétexte de compétitivité et qui poussent les plus fragiles au suicide et rend les femmes « hystérisées » (non pas hystériques comme au temps de Freud), une femme « hystérisée », c'est une femme en constant burn out plus ou moins borderline, ce que produit notre modernité. Cette même technique rend le monde plus laid et impose à l’ensemble de la population une cadence infernale qui l’empêche d’être créative. Effectivement la création suppose le temps de la méditation, or ce dernier existe de moins en moins. Donc il y a de moins en moins de création, de penseurs originaux capables de réfléchir sur cette décadence. Comparons les années 60-70, si riches en intellectuels et artistes de tout genre, dénonciateurs du système, encore pleins d’espoir en un monde meilleur, à aujourd’hui ; un désert intellectuel et moral rempli de cynisme et de désespoir, avec tout un tas de penseurs complaisants voire pervers et défenseurs du système. Les femmes en « s'émancipant » ont peut-être plus perdu qu'elles n'ont gagné.

mardi 20 janvier 2015

Le sacré en Occident : les faits

Dans nos démocratie occidentales, les faits sont sacrés et le sacré (la religion) est factuel. C'est ce qui explique en France le grand malentendu entre la communauté musulmane et le reste de la population qui a érigé les faits en dogmatisme de la loi, au premier rang desquels la Shoah qui structure dans notre imaginaire toute une grille de compréhension des autres faits subalternes. Ainsi quelqu'un comme Dieudonné s'est-il engouffré dans la brèche de la transgression, alors que la bande à Charlie certes contestataire n'était pas transgressive car parfaitement intégrée à la république. Ainsi aussi le modèle d'intégration républicain ne marche-t-il pas et ne marchera-t-il sans doute jamais pour la communauté musulmane, pour qui la religion est sacrée, et les faits donc la loi de la république ne le sont pas. Ainsi encore les intellectuels juifs sont-ils les plus pertinents, car dépositaires de la loi doublement, selon leur tradition et aussi parce qu'ils ont reçu en héritage le fondement de la loi républicaine, la shoah (un cadeau certes amer je le reconnais), leur propre martyr dans la shoah, qu'ils ont transformé en éclatante victoire. Enfin le modèle d'intégration à la français ne marche-t-il pas car nous sommes attaqués par des ennemis de l'intérieur : des français d'origine musulmane; là où les sociétés communautaristes sur le modèle anglo-saxon, où il y a plus de séparation entre communautés et en même temps plus de respect mutuel (chaque parti s'interdisant de heurter la susceptibilité des autres partis) sont jusqu'ici attaqués par des ennemis de l'extérieur, ce qui est moins traumatisant que d'être attaqué de l'intérieur. Or on sait où se situe la susceptibilité des musulmans, dans la religion, alors que la susceptibilité des juifs au premier chef se trouve dans l'outrage à la loi, le reste de la population française est plutôt dans la passivité que dans l'action avec les armes de la loi, c'est pourquoi les juifs sont en premier lieu une cible pour les islamiste, pour leur côté actif, acteurs de la république, comme le fut et j'espère le sera encore la bande à Charlie  Enfin encore est-il logique que le pape dans une communauté spirituelle avec une autre religion, fut-elle l'Islam, ait condamné le blasphème de Charlie, sous-entendant implicitement qu'il comprenait la réaction des musulmans, sans aller jusqu'à justifier le massacre.

dimanche 18 janvier 2015

Je ne suis qu'un petit bourgeois cynique

Ce qui est intéressant chez Houellebecq c'est qu'il parle de son point de vue, non celui d'un héros, les personnages de Houellebecq sont souvent des antihéros, ce qui les rend si attachants et si proches, ils sont humains. Son point de vue, certainement celui d'un petit bourgeois blanc, masculin, et certainement d'origine chrétienne (catholique ?). Ce qui donne de la force à sa prose c'est le cynisme qu'il y met, dans le sens noble du terme, à la manière d'un Diogène. Pour ma part dans les quartiers du 9-3, je n'ai pas vu y habiter un seul de nos "justiciers" et donneurs de leçon que l'on voit pourtant si souvent à la télé, dans beaucoup de livres et de films pleins de bons sentiments, à en dégouliner : ceux qui ne cessent de fustiger Zemmour et Houellebecq, rangés dans le même sac, et qui par ailleurs vivent dans les quartiers les plus protégés de Paris ou du reste de la France. Si l'on se sent vraiment une âme de justicier et de héros, il faut aller enseigner, ou faire une œuvre de travailleur social, dans les quartiers, il faut montrer l'exemple et venir y habiter, y aimer, y travailler. Dans toute ma carrière je n'ai rencontré qu'une seule personne qui avait cette foi de justicier. C'était une femme, elle était juive je crois et directrice d'école. Je ne citerai pas son nom, elle n'est pas très connue, mais je crois que de Montreuil ( banlieue en voie de boboïsation), elle est venue habiter à Bobigny. Femme très forte, extrêmement dure pour elle-même donc dure avec les autres, personnalité insupportable à bien des égards, car je pense le défi en réalité impossible à tenir : c'est-à-dire se nier soi-même en tant que petit-bourgeois blanc, masculin etc... et se mettre constamment dans la peau de la victime qui est toujours le noir le musulman ou le rom, dans une moindre mesure la femme, et pourquoi pas l'enfant ou l'animal, ou encore le fou, voire le criminel. C'est en face de gens comme ça, les militants, que l'on mesure toutes ses limites, c'est aussi par défi que j'ai décidé d'aller vivre à Sevran, me disant " je peux le faire". En réalité non, je ne pouvais pas le faire.