jeudi 31 mars 2016

L'inégale répartition mondiale des richesses

On dirait que tu n'as pas compris le mouvement de l'histoire. Non seulement on ne retrouvera jamais le chemin de la classe ouvrière, puisque de toute façon les tâches effectuées par des ouvriers, sont déjà et seront de plus en plus dans l'avenir effectuées par des robots, avantageusement en terme de coût et d'aliénation pour les hommes, qui accomplissaient ces tâches répétitives. En outre, la classe moyenne que tu évoques, sera de plus en plus en voie de disparition, contrairement à ta conviction profonde selon laquelle les classes moyennes sont les maîtresses du monde, alors que selon toutes les analyses, elles représentent environ 40 % de la population mondiale et seulement 14 % des richesses mondiales.
Ce à quoi il faut s'attendre pour l'avenir c'est à la création d'une hyper-classe, qui constitue déjà 10 % de la population mondiale et possède 86 % des richesses mondiales. Tous ces chiffres sont consultables sur internet, alors je ne sais pas à quoi rime cette propagande anti-classes moyennes. On sait bien maintenant que l'épanouissement de la majorité des hommes n'est plus une priorité, ni même un projet ; puisque désormais le projet c'est l'enrichissement exponentiel d'une infime minorité. Il est vrai que pendant que les classes moyennes possèdent 14 % de la richesse mondiale, 50 %, que l'on pourrait qualifier "les damnés de la terre" ne possèdent rien, ou alors seulement 0,5 % des richesses. Mais qu'est-ce qui est le plus scandaleux, que 40 % des gens possèdent 14 % des biens, ou alors que 10 % en possèdent 86 % ? Pour Emmanuel Mousset il est clair que la situation la plus scandaleuse est celle des classes moyennes, parce qu'ils sont "moyens", ils ne "méritent" certainement même pas le peu qu'ils ont, à ses yeux. Il y a aujourd'hui une alliance désormais objective, entre le parti socialiste - représenté anecdotiquement par Emmanuel Mousset - et le grand capital, qui représente 10 % de la population mondiale. J'attends de l'auteur du blog J'ai tant de choses à vous dire, qu'il nous explique en quoi consiste la vertu des riches, qui leur donne le droit légitime de s'enrichir toujours plus, au point de posséder maintenant 86 % de la richesse mondiale ?
Mes chiffres sont consultables partout sur internet et notamment ici:
http://www.inegalites.fr/spip.php?article1393
ou encore Alain Badiou : file:///C:/Users/Utilisateur/Downloads/alain_badiou_penser_les_meurtres_de_masse_du_13_novembre_-_la_-bas_si_j_y_suis.pdf

Je reconnais cependant bien volontiers qu'éthiquement aujourd'hui, la classe moyenne est souvent indigne du projet qui consisterait à vouloir partager de façon mondiale, l'ensemble des richesses mondiales. Mais qu'en est-il éthiquement des riches, valent-ils mieux ? J'en doute, et de plus leur enrichissement exponentiel fait courir un danger pour l'équilibre écologique de la planète. Pour se faire une autre idée, je vous conseille la lecture de cet article sur le blog de mon ami Emmanuel Mousset, sur la classe ouvrière :
http://jaitantdechosesavousdire.blogspot.fr/2016/03/ou-sont-passes-les-ouvriers.html

lundi 28 mars 2016

Le destin de notre époque

Vu la monstruosité du système actuel, qui repose sur le progrès techno-scientifiques, et dont l'économie est le libéralisme dérégulé, il me semble que la philosophie est désormais totalement inopérante pour modifier le cours des choses. Elle n'en a d'ailleurs plus je crois ni même l'ambition ou la prétention, elle est devenue une discipline scolaire destinée à former à une certaine esthétique du langage ; l'argumentation ; la synthèse ; l'esprit critique... Dans le cas des cafés philos, c'est un hobby généralement réservé à quelques vieilles personnes désœuvrées et bavardes, ou à de jeunes gens en quête d'affirmation de soi par le langage (pourquoi pas pour séduire les femmes). Le caractère de notre époque presque exclusivement d'origine européenne et pas exclusivement d'origine anglo-saxonne au fond, loin de là, - plutôt mélange bigarré des apports philosophiques, littéraires, scientifiques, techniques... de tous les pays d'Europe, mais porté par un pays, les Etats-Unis, dont la communauté dominante est d'origine ethnique et idéologique anglo-saxonne - a abouti à la constitution d'un système qui suit désormais son cours, suivant sa propre volonté d'essence techno-scientifique et économiquement libérale. Même la politique, activité humaine au départ, est désormais dépassée et rendue obsolète par le destin de l'époque, destin déshumanisé et déshumanisant, poursuivant sa propre quête d'amélioration de ses propres moyens, de ses propres conditions d'amélioration de lui-même - détachée de toute finalité d'épanouissement personnel de l'individu, au contraire encourageant la perversion dans les rapports humains par aliénation ressentie - désormais comme finalité de l'humanité occidentale ou occidentalisée, vers le but ultime qui semble, comme décrit dans 2001, l'odyssée de l'espace (de Stanley Kubrick) la constitution d'une IA, comme une fatalité découlant de la découverte métaphysique de l'outil par un singe aux traits vaguement humanoïdes, il y a quelques millions d'années de cela. Restent quelques poches de réaction, qui se font souvent par le biais de religions radicalisées. Le djihadisme n'est rien d'autre qu'un petit grippage de l'énorme machine semblant nous entraîner tous massivement vers peut-être un genre d'aliénation généralisée, ou alors miracle... une libération grâce à l' IA.

samedi 26 mars 2016

Le temps semble devenir menaçant

Lui : " Comprends tu l'anglais petit scarabée ? Si tu as envie de te faire peur, je te conseil ce truc, Google et la NSA sont le diable, il prépare l'IA, la vraie, quantique. Plus de liberté et des robots tueurs, la majorité des cadres de Google sont fous.... Tu devrais mater, il est fait état de l'art de l'informatique quantique et de ses possibilités démiurgiques... plus aucunes données en sécurité... "

Moi : " Tu sais bien que je fais un rejet de la langue anglo-saxonne, la langue de l'idéologie du capitalisme qui domine le monde et asservit les peuples. Les Anglo-Saxons sont parmi les peuples, ce que les hommes sont aux autres créatures terrestres, des déments au carré dans un monde de déments. Je ne sais pas ce qui fait des Anglo-Saxons un peuple aussi à part, aussi différent, peut-être parce qu'ils ne veulent pas se mélanger aux autres peuples et conserver leur pureté, à la différence des Espagnols et des Français qui se mélangeaient bien davantage aux peuples indigènes. Les Anglo-Saxons ont instauré le communautarisme, où chaque peuple conserve sa "pureté" ethnique. "

Lui : " Je ne sais pas comment sont tous les Anglo-Saxons, mais tu as vraiment raison sur un point, les mecs de Google sont fous et vont tout faire pour entraîner le monde dans leur folie.

Moi : " Le pire est qu'ils ont gagné à l'échelle de la planète. "

Lui : " La vraie puissance aujourd'hui Erwan c'est le calcul et dans ce domaine, si le quantique en est où le dis la vidéo, il viennent de nous mettre à 50 ans... "

Moi : " Le non mélange des "races" finit par entraîner des anomalies génétiques, ma fille aînée est intelligente, elle est le produit de gènes bretons avec des gènes juifs, le mélange, il n'y a que ça de vrai ! "

Lui : " C'est clair, que pourrais je dire d'autre... "

Moi : " Les Américains ont mis le reste du monde à 50 ans, même les Chinois ?
Mais la communauté anglo-saxonne même aux Etats Unis finira submergée par les autres communautés, qui reprendront cependant le flambeau impérialiste et communautariste, malheureusement. Quid de la communauté française aux Etats Unis ? Mais elle est puissante pas trop loin au Québec, qui est au fond une province des Etats-Unis. Nous Français, avons mis notre petit grain de sable dans la machine à opprimer le reste du monde. "

Lui : " Les chinois on peut pas savoir, et en France et en Europe on a un savoir faire expérimental avancé, mais rien de concret pour le moment, les canadiens vendent à Google et à la Nasa D-Wave2 premier calculateur 512 bit quantiques (puissance phénoménale) fonctionnel (ils ont publié dans Nature). Si ça marche vraiment et qu'ils y collent de l'apprentissage ça va faire très mal..."

Moi : " Les canadiens français ou anglophones ? "

Lui : " La vidéo se conclu par une vraie fin à la Terminator, anglophones je pense. "

Moi : " Et les canadiens français, ils assurent un peu ? Fin à la Terminator ? Ils veulent "terminer" le reste du monde ? "

Lui : " J'en sais rien moi, qu'est ce que tu me demandes là, on sait juste qu'ils sont très attachés à leur culture francophone... Quasi, avec une bandes de fous mystiques qui veulent réellement uploader leur esprit dans une "matrix"...intelligence hybride mais gangrainée par la machine..."

Moi : " J'aime bien le cinéaste Denis Arcand, et aussi celui qui a réalisé "Mommy", de Xavier Nolan je crois. "

Lui : " Et les projections militaires en terme d'équipements et de troupe annoncent une robotisation quasi complète de l'armée US avant 2050....couplé à un cerveau quantique qui devient fou. Tout l'arsenal automatique sur mer, sur terre, dans les airs et sur internet se met en branle pour éliminer la race humaine... "

Moi : " Tu te fais des montées d'adrénaline pour rien, le vrai danger comme le dit Paul Jorion, ce sont les grands patrons qui veulent se faire du fric sans aucune limite et qui menacent l'équilibre de la planète. La planète sera détruite avant que tes fous mystiques aient eu le temps de se faire "uploader" dans une machine.

Lui : " Les dangers sont multiples, mais la montée en puissance technologique (et donc militaire) est un vrai danger. Daesh pourrait bien mener des cyberattaques contre des sites nucléaires européens. "

Moi : " Tu te disperses, l'objectif politique clair est de mettre fin au dogme de la croissance et au libéralisme dérégulé, de mettre un frein à la démesure de nos grands prédateurs que constituent les patrons, ou sinon "game over" pour tous. Daesh semble en pleine déconfiture sur le théâtre des opérations en Syrie. "

Lui : " Oui mais Daesh se renforce en Libye et ses filières sont florissantes en Afrique... C'est une hydre qui ne vas pas se laisser flinguer comme ça... Sans parler des cellules dormantes européennes qui vont nous péter à la gueule... "

Moi : " Et c'est moi le catastrophiste, je crois que tu est bien pire que moi au fond. "

Lui : " Juste réaliste à la géopolitique... Mais on a la force de résister... "

Moi : " Est-ce que cette force n'est pas le produit de ton imagination ? "

Lui : " Les cellules dormantes? La Libye? L’Afrique? tu suis l'actu un peu? "

Moi : " Non pas trop en fait, mais je subodore que la situation est grave. "

Lui : " Tu subodores bien, en 2015 il y a eu un attentat tous les 4 jours dans le monde, 2016 est parti pour être pire... Les service de renseignements sont complètement débordés... "

Moi : " J'imagine..."

Lui : " Submergés d'infos à traiter et pas assez d’analystes... Ils vont y collé vite fait de l'IA dessus... "


Moi : " Tu ne fais que confirmer ce que je dis, la technologie a son caractère propre, sa volonté propre qui échappe de plus en plus au contrôle des hommes, à mesure que cette technologie croît de façon exponentielle. "


Lui : " Pas de caractère, juste l'inconscience des hommes... "

Moi : " Tu finiras bien par comprendre. Les Américains, quelles que soient leurs origines, ne font qu'accélérer un processus qui était inéluctable avec l'invention du premier outil par un singe vaguement humanoïde. Revois 2001, l'odyssée de l'espace , il y est fait état du destin de l'humanité de l'invention du premier outil à l'apparition d'un intelligence artificielle autonome et consciente. "

Lui : " Le destin n'existe pas, et on peut considérer que cette technologie a une conscience. Mais une conscience froide et opérationnelle, on ne lui a pas codé en dur les lois de la robotique... "

Moi : " Le destin de la technique était d'arriver à l'IA, nous y arrivons. "


Lui : " Nous y arrivons. "

Moi : " Mais comme tu le disais on a la force de résister. De ton côté, j'ai l'impression que quand tu te drogues tu deviens plus clairvoyant, plus intelligent, oui sur toi et toi seulement, pas moi ; la drogue augmente l'intelligence et la lucidité, phénomène étrange. Carlos Castaneda décrivait ce phénomène dans L'herbe du diable et la petite fumée, avec la mescaline. Chez moi je t'assure ça ne marche pas, quoique je n'ai jamais essayé la mescaline, ni les champignons hallucinogènes que l'on trouve en Bretagne, dans la bouse de vache, et qui ont peut-être influencé nos "chamans" bretons, les druides, et la création de La légende du roi Arthur ; mais finalement presque exclusivement le cannabis.
De mon côté, je m'inspire de résistants comme Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, Michel Onfray maintenant ou même Michel Houellebecq, et il y en a plein d'autres. Mais Elisabeth de Fontenay reste la matrice de la résistance, en tant que femme, fanatiquement française, juive par sa mère et de choix, avec une enfance catholique, et fille d'un grand résistant gaulliste aux cousins pétainistes. Sous son influence bigarrée, je reste attaché à la culture et à la langue et au génie français ou breton, comme une drogue, cela me rend un peu borné je sais."

Je ne voterai plus socialiste

De toute façon, tant que la France paiera ses enseignants aux rémunérations d'un ouvrier qualifié, il y aura un gros problème d'éducation et de formation, nous sommes au même rang que la Slovaquie ou l'Estonie, un peu devant la Grèce. Il est évident que face au mépris collectif de la société française pour ses enseignants (à qui l'on reproche sans cesse d'avoir trop de vacances), en terme de salaire et de reconnaissance sociale : le problème de l'éducation, de l'autorité face aux élèves, de la formation, ne permettra pas de résoudre le problème du chômage. Les Allemands ont pris le problème à l'endroit en rémunérant bien leurs enseignants, car l'emploi commence par l'éducation et la formation ; la France prend le problème à l'envers, avec la loi El Khomri, en voulant libéraliser plus le marché du travail, en méprisant l'autorité, l'éducation et la formation. En donnant toujours plus aux puissances de l'argent, et en enlevant toujours plus aux puissances de l'esprit. Car l'esprit qui pourrait éventuellement jaillir de la société française, viendra de l'éducation et non de l'argent. L'argent c'est le nihilisme, la France écoute les sirènes américaines et court à sa propre perte. Comme le dit Emmanuel Mousset, si la société française n'est pas capable de s'adapter à ses enseignants, c'est-à-dire à la puissance de l'esprit, "qu'elle crève !", ce qui risque effectivement d'arriver. 
Pour être cohérent avec moi-même, je voterai donc peut-être Juppé si il se présente, qui est le seul à proposer une revalorisation de la carrière des enseignants, et un rétablissement de l'autorité à l'école. La chienlit socialo, depuis 1983, vendue au libéralisme dérégulé, ça suffit ! La droite hormis Juppé, méprise encore plus l'enseignement que la gauche, à l'instar de Xavier Bertrand, qui veut établir 3 jours de carence non payés, pour les enseignants malades, soit environ 250 euros de manque à gagner pour chaque arrêt maladie. Xavier Bertrand fait les gros yeux en direction des enseignants avec un gros bâton, mais sans carotte !
Et je ferai grève et j'irai manifester le 31 mars contre la loi El Khomri, et j'espère que nous serons nombreux. Je souhaite que tous mes collègues fassent grève. Stop, ça suffit, la chienlit "socialo" qui depuis 1983 accepte et accompagne le libéralisme dérégulé.

Il y a la puissance de l'argent représenté par les entreprises, ces dernières ne sont pas inutiles au contraire. Mais la loi El Khomri va leur donner la toute puissance, la toute puissance au grand patronat, où les écarts de rémunération entre un salarié et son patron, sont déjà exorbitants, alors qu'ils devraient être encadrés. Il n'y aura pas de limite à la rapacité du grand patronat si le peuple ne se bouge pas pour dire NON... Stop ! La rapacité des riches, qui cherchent à faire du profit, n'importe où, n'importe comment, risque d'entraîner rien de moins, que la destruction de la planète, selon Paul Jorion, chercheur en sciences sociales, si le dogme de la croissance n'est pas rapidement remis en cause, ainsi que le libéralisme dérégulé et le boulevard laissé aux puissances de l'argent. Il ne s'agit donc pas seulement de mon ego, de ma petite personne d'enseignant, mais il en va maintenant de l'avenir de la planète dans la lutte contre le grand patronat.
Le seul problème maintenant est que nous vivons dans une société non pas d'égaux, mais d'egos, et que personne n'est plus prêt à prendre le risque d'une initiative populaire et collective pour lutter contre le système. Qui si il perdure tel qu'il est actuellement, conduira effectivement à la destruction de la planète, conséquence de la rapacité des riches, qui trouve son origine historique dans l'éthique du protestantisme. Non pour accabler ces pauvre Anglo-Saxons, mais pour leur faire une petite piqûre de rappel. 

Pour l'instant les failles du système nous laissent quelques petites libertés, bientôt tout cela sera contrôlé grâce à des fichiers centraux, tous nos faits et gestes seront épluchés par un grand ordinateur central à la puissance de calcul bien plus développée que celle d'un être humain normal, l'IA. Et alors nous entrerons dans l'âge de l'aliénation totale. Je ne vois pas d'autre alternative, étant donné ce que la nature humaine est. Etant donné ce que je vois dans mon entourage : la majorité des gens, préfèrent le repos à la liberté. Dans une hypothèse optimiste, la surveillance généralisée mettrait un terme à la rapacité du grand patronat, si l'IA qui nous contrôle était programmée pour tenir compte des intérêts de l'espèce humaine toute entière et pas seulement d'une catégorie d'entre eux.

jeudi 24 mars 2016

Destin, démon ou caractère ?

Moi : "Et le caractère il existe oui ou non ?"
Lui : "50% milieu, 50% gènes."
Moi : "Le caractère il existe oui ou non ?"
Lui : "Je viens de te répondre..."
Moi : "Bon alors je te le dis, ton caractère c'est ton destin ! C'est ça le destin : le caractère."
Lui : "Le destin n'existe pas c'est une croyance..."
Moi : "Si le caractère existe alors le destin existe CQFD."
Lui : "Le destin c'est ce qu'on constate à posteriori... Tes CQFD valent ceux du coran... Tu es un putain de croyant, ça m'épate ça..."
Moi : "Ton caractère t'ouvre des portes t'en ferme d'autres : toujours les mêmes ! C'est l'éternel retour nietzschéen. Si tu n'es même pas capable de constater ça dans ta vie, alors tu comprends vraiment peu de choses !"
Lui : "Mes choix sont limités par le système pas par mon caractère... venant d'un mec qui croit au destin ça me fais rire."
Moi : "Pôv victime du système ! Les autres c'est toujours la faute aux autres !"
Lui : "Le système est un obstacle, qui se contourne ou se franchi, voire se rejette, mais il existe et à part ceux qui le dirige nous en sommes tous plus ou moins victimes, trublion chétif... Tu passes ton temps à te victimiser, tu élabores des théories bidon sur la perversité basées sur ta propre victimisation."
Moi : "Et ton sale caractère il n'y est pour rien dans tout ça, il est complètement neutre ?"
Lui : "Je suis râleur, mais je n'ai pas mauvais caractère, faut pas me faire chier c'est tout... Et il faut me dire des choses intelligentes sinon ça m'énerve, l'injustice m'énerve énormément ! Et quand ce sont des personnes intelligentes qui me sortent des conneries alors là ça m'exaspère, je respecte l'ignorance des sots mais je ne supporte pas la connerie intellectuelle... Et tu es un champion !"

La question du milieu, et que faire de la technologie ?

Le milieu toujours le milieu, la stratégie dans un monde hostile, et notre monde est hostile, comme jamais, est de se préserver du mieux qu'on peut, sinon l'esprit dégénère, malgré toutes les qualités génétiques prétendues du cerveau.
La perversion, c'est le mal du siècle avec la chute des grandes idéologies, religions ou communisme, croyances collectives dans le bonheur et le progrès pour le communisme, le positivisme, ou l'idéologie des lumières qui ont disparu. Reste le djihadisme qui pour ces raisons évoqués ne va cesser de monter notamment en France, c'est inexorable.
Le jeu du miroir est en réalité la "rivalité mimétique" chère à René Girard : je désire ce que l'autre a, ce que l'autre fait, je suis en rivalité perverse avec l'autre parce qu'il est le même que moi, et dans tout groupe on recherche d'autant plus un bouc émissaire que les croyances collectives ont disparu.
Comme les musulmans ne veulent pas être les boucs émissaires de cette société perverse qui se dit démocratique, ils se radicalisent et ne cesseront de se radicaliser. Le terrorisme est donc un chancre qui va s'installer durablement très durablement dans la société française, c'est évident comme 2+2 font 4
Si notre société était réellement bonne et démocratique comme elle le prétend, les musulmans ne se radicaliseraient pas, ils vivraient leur différence et leur foi en toute quiétude.
C'est donc que notre société est hostile sous des allures de neutralité et de bienveillance, elle est en réalité possédé par un démon, et ce démon c'est le démon de la technique, j'emploie le terme "démon" au sens socratique, quelque chose qui nous possède, dans le cas de Socrate c'était l'intelligence, dans le cas de nos contemporains, c'est la technologie.
La technologie est effectivement un caractère propre à notre société, donc un destin qui se joue à notre insu, et malheureusement ce destin est hostile, CQFD. Mais cela peu de gens arrivent à le comprendre, comme ils ne veulent plus comprendre, comme ils comprenaient encore au temps des grandes religions, que l'intelligence c'est le milieu et non pas, ou de façon très subalterne, le caractère génétique du cerveau.
On me reproche de faire preuve d'obscurantisme, d'être un croyant. Mais je dis que tous les hommes ont besoin d'être des croyants, sinon ils s'effondrent. Un ami me dit : " Je ne crois qu'en moi et mes proches autant que possible, à l'extraordinaire intelligence humaine, à l'empathie, à tout ce qu'il peut y avoir de beau et de noble dans l'humain contre toutes les folies et les égoïsmes... "
Moi : " Tout cela va inexorablement dégénérer si l'homme ne prend pas en compte la question du milieu, qui est la question fondamentale. "
Lui : " L'éducation ! "
Moi : " C'est une condition nécessaire mais pas suffisante. "
Lui : " Alors il faut raser les banlieues, plan Marshall pour de vrai, mixité sociale obligatoire sans passe droit... "
Moi : " Non il ne faut pas contraindre car c'est une atteinte aux libertés donc une aliénation."
Lui : " Alors on demande aux gentils bourgeois du 16ème gentiment, d'accueillir gentiment des gentils apprentis jihadistes du 93 à hauteur de 50% des effectifs ? Il n'y a que la contrainte qui permettra la mixité, le bon vouloir ne marche pas la preuve... "
Moi : " Non il ne faut pas contraindre car c'est une atteinte aux libertés donc une aliénation qui ajoute encore à la noirceur du monde. "
Lui : " Et le laisser faire de la jungle, ça marche ? Punaise tu deviens libéral, mais de la pire manière... Nos problèmes complexe imposent une forme de dictature mondiale (je préférerais qu'elle soit gérée rationnellement par l'"IA") sinon on va tous se crasher... "
Moi : " Il faut s'attaquer à la malignité du monde et réhabiliter le milieu, condition nécessaire et suffisante au développement de l'intelligence. Que faire de la technologie ? C'est effectivement une question cruciale. On ne peut pas aller contre de toute façon ; mais comment la réguler afin de l'empêcher de nuire et d'agir sur nos consciences, et comment retrouver foi dans le bonheur et le progrès, notamment par l'art ? "
Lui : " La perversité est ton concept abstrait de "je ne sais pas quoi", atterris ! mets un vrai nom sur la perversité ; oligarchie ; multinationales ; 1% ; mais arrête avec ta perversité. "
Moi : " Méchanceté du destin technologique qui se joue à notre insu, derrière le dos des hommes "en chair et en os". "
Lui : " Tu es fou Erwan, c'est un vrai problème pour communiquer avec toi et te comprendre, changé ton traitement... Le destin n'existe pas. Il n'y a que le chaos et l'entropie. "

mercredi 23 mars 2016

Le GAFA

Bourdieu est en ce moment revu par ce que l'on fait de plus libéral et capitaliste dans le monde, Facebook. Google, Amazon, Facebook, avec Apple : on les appelle le GAFA. Ils ne sont pas autre chose que des capitalistes pingres, ces types là haïssent l'éducation traditionnelle, et la France en particulier, car elle est un berceau de culture. Sur ce point Marc Desmeuzes voit juste (cf son commentaire dans mon blog, article "la "singularité technologique", croyance ou réalité ?"). Il y a une malveillance américaine envers la France et sa culture et son école, qui pourraient faire penser les gens ; or les capitalistes libéraux radins ne veulent pas que les gens pensent mais veulent qu'ils surfent sur internet, et ce n'est pas la même chose.
Toute l'école française, les Bourdieu, les Deleuze, les Derrida, les Lyotard et j'en passe, ont fait très peur aux Américains, aux plus capitalistes d'entre eux. Aujourd'hui ils sont rassurés, la France est en plein déclin, sans grande cohérence intellectuelle, c'était le but recherché par l'effondrement programmé de l'école en France, qui a commencé avec mai 68, dont le sens originel a été dévoyé, puisque son sens originel était une libération, pas un aliénation par le libéralisme économique dérégulé, ce qui pourtant est, ce à quoi mai 68 a abouti. Au fond les Anglo-saxons nous ont toujours considéré comme leurs pires ennemis, nous les Français. La fuite des cerveaux vers les pays anglo-saxons est un désastre pas une opportunité. C'est pour cela que je lis Zemmour et Finkielkraut, qui comprennent bien ce qui est en train de se passer : Eric Zemmour et Alain Finkielkraut sont des résistants, des héros. Mais Elisabeth de Fontenay est la matrice, en tant que femme, fanatiquement française, juive, et fille d'un grand résistant. Sous son influence, je reste attaché à la culture et à la langue et au génie français ou breton, comme une drogue, cela me rend un peu borné je sais.

La France c'est bel et bien (presque) fini, terminé, les Anglo-saxons nous ont terminé ! Et non pas du tout les islamistes, qui réagissent par la violence. 

mardi 22 mars 2016

La loi El Khomri

J'ai écrit ceci à un responsable politique PS de l'Aisne : "Combien de temps encore, vas-tu t'en tenir à la toute petite politique politicienne locale, où le PS n'a pas d'avenir. Tu vas te rendre malade, c'est une voie sans issue pour le PS, qui a tout faux dans sa politique au plan national avec la "loi El Khomri", même si dans son intitulé, elle porte la marque de la diversité ethnique française contemporaine, moderne et sociétale. La diversité suffit-elle à légitimer un loi, qui dans ses fondements n'est qu'un succédané du capitalisme mondialisé, automatisé, sans régulation, et qui automatiquement aboutit à la destruction des emplois. Comme l'automatisation va continuer à détruire des emplois, il faudrait désormais se poser la question d'un autre modèle économique, que le modèle du libéralisme dérégulé et du dogme de la croissance.
Nos politiques en tout cas semblent vivre encore en l'an 1983, avec l'acceptation du libéralisme, et sa dérégulation selon eux nécessaire, et dans cette logique libérale, désormais en 2016, par la destruction du code du travail, et le dogme de la croissance, sans aucunement tenir compte des avancées de la technologie et de la robotique qui suppriment des emplois humains, sans parler de l'"intelligence artificielle". Ils n'en parlent jamais, ils sont totalement largués.
Mais les avancées technologiques ne sont elles pas telles, qu'elles pourraient dès maintenant aboutir à un changement de paradigme politique et économique, mettre fin au libéralisme économique dérégulé, au dogme de la croissance et l'instauration d'un salaire universel ?
Non ces questions, le gouvernement ne se les pose pas, il préfère réfléchir dans une logique post1983, qui a établi pour les deux grands partis français de gauche et de droite, le dogme libéral comme un incontournable.

Dans ces conditions, ou bien tu continues dans ta région à t'enfoncer avec ton parti dans un marasme inquantifiable, ou bien tu quittes ta région et viens t'installer dans une région où le PS a encore un peu d'avenir, ou dernière solution tu cesses de t'intéresser à la petite politique politicienne dérisoire de ta ville."

samedi 19 mars 2016

La "singularité technologique", croyance ou réalité ?

Un ami à moi me dit qu'il existe comme solution, et cela lui paraît simple, bien que son avis me paraisse peu argumenté : " La solution en laquelle je crois, taxe sur les transactions financières et les machines/IA pour financer le revenu universel, sinon la société capitaliste s'écroule faute de travailleurs/consommateur, c'est pourtant pas compliqué. Par contre seule la volonté politique prévaut."

Je lui demande à cet ami : "Pourrais-tu développer un peu plus. Que veut dire "taxe sur les machines/IA", l'IA commence tout juste à exister, et l'"IA" est un terme trop général, s'agit-il de machine passive, non vivante, non consciente, mais pourquoi parler alors d'"intelligence" et non pas de "calcul" ?

Il ajoute que le terme d'IA "C'est la terminologie utilisée, les IA actuelles sont des IA dites faibles, dédiée à un périmètre bien défini, l'IA que tu fantasmes est l'IA forte où IAG (IA généraliste), la conscience artificielle n'est absolument pas à notre porté pour le moment.
La puissance de calcul est le hardware, l'IA le software et elle est nommée "intelligence" car basée sur une technique de réseau de neurone (ça dépasse mes compétences informatiques) capable d'apprendre."

Je lui réponds :" "réseau de neurone", tu veux dire que les ordinateurs ont des neurones, c'est un scoop exceptionnel qui mérite au moins le prix nobel."

Il répond : "Simple hypothèse mais la conscience (que l'on soupçonne basée sur des phénomènes quantiques du cerveau) ne sera "virtualisable" que lorsque l'on maîtrisera l'ordinateur quantique. Pour l'instant l'informatique quantique n'en est qu'a ses balbutiement, mais Alphabet commence à montrer les muscles avec le calculateur (et pas ordinateur) quantique DWave capable de résoudre certains calculs des million de fois plus rapidement qu'un ordinateur classique. Alphago basé sur ces techniques n'a pas vaincu par la puissance mais par la ruse, de l'avis même du maître qui a été battu. On lui a d’ailleurs décerné le titre de grand maître, qui est un titre honorifique qui confine au divin pour le jeu de Go."

Je lui réponds : "Oui mais il s'agit bien d'un programme qui intègre éventuellement la ruse et l'intuition. Il n'y a rien de spontané dans cette ruse et cette intuition, elles ont été programmées."

Il me répond dans un style héraclitéen et obscur : "Elle se sont forgées (la ruse et l'intuition) au fil de l'apprentissage profond..."

Pause : il y a quelque chose d'un peu mystique chez ceux qui croient en l'IA, et ils se moquent je le pense de la destruction des emplois. Ils sont tout à leur quête fanatique de l'"intelligence artificielle", quelles qu'en soient les conséquences néfastes derrière le dos des hommes "en chair et en os".

Lui : "La recherche fondamentale est amorale Erwan, Il faut des instances extérieures à elle pour encadrer..."

Moi : "Non elle est immorale, car elle a sa volonté propre."

Lui : "Et la quête de la connaissance fait partie de l'homme."

Moi : "La "morale" ne peut pas suivre les progrès technologiques, c'est pour cela que les progrès technologiques deviennent immoraux

Lui : "Non, ça c'est toi qui est naturellement drogué qui pense ça. C'est en plus complètement contradictoire avec ce que tu affirmais précédemment. D'un coté tu aimerais te moquer de l'IA qui n'a pas de conscience et qui n'en n'aura jamais et de l'autre tu prêtes une volonté propre à la science... tu racontes vraiment n’importe quoi..."

Moi : "Volonté propre aux sciences et techniques, le progrès comme finalité du progrès et non plus le bonheur humain comme finalité, ce n'est pas de moi mais de Heidegger. Oh bien sûr un vieux con !"

Lui : "Si la morale, ne suit pas la science, ce n'est pas de la faute de la science, mais des hommes en charge de la morale (philosophe, politiciens, intellectuels...) qui sous estiment largement la vitesse actuelle du progrès technoscientifique..
Bien sur un vieux con même si un grand penseur, mais un grand penseur de son temps qui n'a absolument plus rien à voir avec l'accélération actuelle. Cette accélération est du fait de la volonté des hommes et non de la science elle même, t'es complètement mystique mon pauvre...
Les progrès moraux vont lentement et sont même remis en question par ces putains de religions..."

Moi : "Nous avons deux genres de "mysticismes" différents, je privilégie la morale et tu privilégie les progrès technoscientifiques, qui comme le libéralisme, malheureusement ne se régulent pas par eux-mêmes."

Lui : "Je n'ai aucun mysticisme, le pragmatisme est ma religion. Et la régulation morale et éthique du progrès et des avancées techno scientifiques m’intéressent particulièrement. Cela ne veut pas dire que le combat est gagné d'avance, le libéralisme n'à la volonté propre que celle qu'on lui laisse, les politiques ont baissés les bras c'est tout..."

Moi : "Libéralisme et progrès technoscientifiques ne sont absolument pas régulés pour l'instant. Quelles solutions proposes-tu ?
Tu as raison de t'en tenir à une objectivité purement scientifique "au dessus de la folie des hommes", c'est l'attitude de la plupart des scientifiques qui vivent dans un monisme tranquille, mais sans soucis des conséquences de leurs actes sur la majorité des hommes, comme l'invention de la bombe atomique."

Lui : "On appelle l'IA la bombe I (comme intelligence), ce n'est pas pour rien, elle pourra rapidement être une arme très bon marché entre les mains de n’importe, contrairement à la bombe A qui nécessite énorme moyen financier et technologique.
Ce qui est marrant c'est qu’un pays comme le Japon particulièrement robotisé et animiste a intégré un dérivé des lois de la robotique d'Asimov dans ses lois...(sic)"

Moi : . Je ne comprends pas ce que signifie la singularité technologique pour toi

Lui : "la singularité technologique par analogie avec la singularité mathématique ou plus particulièrement des trous noirs (on peut voir jusqu'au trou noir, mais pas au delà car même l'information ne ressort pas d'un trou noir - horizon des événements) est un point hypothétique du futur (celui de l'avènement de l'IA consciente et capable de s'améliorer elle même à la vitesse de la loi de Moore c'est à dire doubler de puissance tous les 18 mois) au delà duquel nous sommes incapable de nous projeter car inimaginable par définition. Autrement dit l'invention de l'IA forte sera la dernière invention humaine."

Moi : "Cela sonne comme une prophétie sans aucun fondement rationnel."

Lui : "Le transhumanisme n'est pas lié à la singularité, il profite juste de l'accélération qui la précède. Nous vivrons un monde transhumanisme bien avant la singularité."

Moi : "Tout le problème est arriverons nous à faire vivre, à rendre vivante quelque chose qui est de l'ordre de la puissance de calcul ?"

Lui : "Avec tous les fondements les plus rationnels du monde, c'est une des caractéristiques de ce qui arrive, il suffit d'avoir des yeux et un cerveau, que te manque-t-il des deux ?"
Absolument, l'univers est computationnel..."

Moi : "Comment rendre vivante une puissance de calcul ?"

Lui : "C'est la définition du vivant qu'il faut que tu révises, nous sommes à l'aire de la biologie de synthèse... Les premiers calculateurs biologiques donnent des résultats hallucinants...
Des machines nanoscopiques à base de briques du vivant sont déjà fonctionnelles... Fermer les yeux n’empêchent pas les choses d'arriver."

Moi : " Je ne suis pas convaincu que l'on pourra donner la vie à une machine."

Lui : "On pourra alors si ça te rassure créer une "vie" consciente à partir des briques du vivant, ça change quoi, le substrat ? Il est très anthropomorphique et prétentieux d'affirmer que le seul substrat de la vie est celui qui nous a vu naître. Les exobiologistes par exemple, imaginent afin de les rechercher des formes de vie absolument différentes de la nôtre..."

Moi : "Tu affirmes quand même des hypothèses non vérifiées par l'expérience, comme des évidences qui vont se vérifier, cela s'appelle de la prophétie, ce n'est plus de la science."

Lui : "Mais tu ne vas pas m'apprendre comment fonctionne la science. Hypothèse, vérification, protocole, reproduction, publication, confrontation."

Moi : "Alors tiens toi en aux faits vérifiés. Pas aux élucubrations que l'on peut trouver sur le net, la singularité est une légende urbaine."

Lui : "Que tu considère la singularité comme un mythe - et cela en est un - est une chose, mais c'est sans importance, ce qui important et grave c'est que le GAFA (Google Amazone Facebook Apple) et une grosse partie de la silicone vallée croit en la singularité et surtout ont racheté tous les cerveaux de la planète et ont des moyens financiers supérieurs à des états pour y parvenir, remets toi au cyberpunk, ça t'expliquera le présent... Ce dont je te parle sont de faits et des ambitions, non des fantasmes... Sans parler des puissances plus ou moins impénétrables que sont la chine, la Russie, Israël et j'en passe qui bossent sur le sujet avec beaucoup de détermination, l'IA est un instrument de pouvoir... supposé ou réel...
Sans parler de la France, beaucoup de cerveaux de l'IA viennent de l'école française, avec par exemple Le Cun qui a fait un discours inaugurale au collège de France (qu'il faut que je vois) sur l'IA particulièrement intéressant."

jeudi 17 mars 2016

Petites pérégrinations en pays breton

J'ai eu récemment des problème au travail, j'ai d'abord été convoqué par la directrice pour un conflit avec une collègue devant les élèves, ensuite j'ai qualifié un collègue de "psychorigide" en pleine réunion de professeurs, il y a eu des "oh" et des "ah" d'indignation, enfin j'ai dit à toute l'équipe de lire René Girard, son livre Le bouc émissaire. Le collègue que j'ai qualifié de "psychorigide" a quitté la salle de prof, en colère, sous entendant que si il restait une minute de plus, il allait s'énerver. Voilà où en est l'éducation nationale aujourd'hui mon pauvre Emmanuel, mais cela fait un peu de bien, je m'exprime, d'une drôle de façon, j'en ai conscience.
La suite de cet épisode calamiteux, est que j'ai fait un petit théâtre hystérique, en disant que c'était moi le bouc émissaire de l'équipe, que c'était un besoin dans toute société humaine de rechercher un bouc émissaire, surtout dans des moments de tension très fortes, comme c'est le cas dans l'établissement où je travaille, je me suis posé en victime de la fameuse rivalité mimétique chère à René Girard. Enfin un collègue est venu me voir pour essayer d'apaiser les choses, me disant qu'autrefois les grands conflits permettaient une régulation, les éléments dégénérés de la société étant envoyés à la guerre. Je ne pouvais m'empêcher de me dire que sa pensée avait quelque chose d'un peu nauséabond. Ceci dit j'aime bien ce collègue, il est "réglo".
Je ne suis pas particulièrement fier de cet épisode, je n'en tire aucune gloire, j'en ai même un peu honte. Mais c'est un passage obligé pour ma "renaissance". Je me choisis des ennemis comme dit Nietzsche, et j'utilise comme en aïkido, la force de l'adversaire contre lui-même, et en même temps je m'approprie sa propre force pour sortir de ma dépression récurrente.
Ma stratégie est d'utiliser la force de l'adversaire, ou plutôt son agressivité et sa volonté de nuire. Ma technique vise non pas à vaincre l'adversaire, mais à réduire sa tentative d'agression à néant. Mon état d'esprit peut être considéré comme la concrétisation du concept de légitime défense : une réaction proportionnée et immédiate à une agression, or mes collègues m'avaient peut-être pris pour un faible, ou un type bizarre sur qui on peut "cogner" en toute impunité, je voulais leur prouver le contraire. Mon collègue que j'ai qualifié de "psychorigide" avait commencé les hostilités, et était en même temps dans son bon droit d'un point de vue strictement légal, me faisant un reproche institutionnalisé devant l'équipe pour une peccadille, or je lui avait avoué ma difficulté à gérer un groupe classe très difficile, et qu'il aurait mieux fait de me donner des conseils plutôt que de m'enfoncer : or il n'avait rien voulu entendre et avait continuer de m'enfoncer, c'est alors que j'avais réagi. En fait, dans mon esprit, il n'y a pas de combat, puisque celui-ci se termine au moment même où il commence.
Environ une à deux semaines plus tôt, j'avais envoyé un mail à mes collègues :
"Chers collègues,
On a le droit de faire des erreurs, de se tromper, cela ne dénote pas forcément un manque de professionnalisme mais une difficulté à gérer des jeunes en manque de repères et qui n'hésitent pas à nous rentrer dedans. Alors si au lieu de se serrer les coudes on se fait insulter, mépriser par les collègues, cela ne facilite pas la tâche. Je sais que l'individualisme, le narcissisme, le libéralisme, la logique prédatrice du chacun pour soi sont dans l'air du temps, mais là par écrit, ça dépasse un peu les bornes. Personne n'est "chez soi" dans l'institution, même pas la directrice, ni a fortiori encore moins "x" ou "y", on travaille pour l'Etat, et l'Etat est le fruit de la souveraineté populaire, non le fruit du caprice de quelques uns, qui parce qu'ils ont un certain charisme ou une "grande gueule", se permettent de mépriser, et de remettre en cause le professionnalisme des collègues. C'est ce comportement, n'en déplaise à "x" notamment qui nous conseille "gentiment" de nous casser en "participant au mouvement", ou d'observer passivement sans responsabilités, qui dénote un manque de professionnalisme, et plus grave un manque de tolérance et d'humanité."
Que veux-tu que je te dise Emmanuel, nous vivons le règne de la génération narcissique à tous les échelons du plus bas au plus haut, le mot fidélité ne veut plus rien dire, tu fais déjà partie du monde du passé, et tu risques malheureusement d'aller de désillusions en désillusions car la situation n'est pas prête de s'arranger ; nous vivons la logique prédatrice du chacun pour soi poussée par la mentalité collective des enfants des baby-boomers, bien plus intolérants et bien moins enthousiastes que leurs aînés, tristes et méchants contrairement aux boomers qui au moins étaient enthousiastes, optimistes et gais et étaient bien plus heureux que leurs enfants flicards et divisés. D'ailleurs ce qui est rigolo c'est que le dernier Star Wars qui est un mauvais film, a au moins le mérite de montrer ce drôle de phénomène, les enfants des boomers sont plus ridicules que méchants à l'instar de Kylo Ren, emblématique de cette génération.
Je crois que mes collègue ont décidé de faire front contre moi, ce sont les femmes les plus virulentes. Au nom de la sacro-sainte cohésion de groupe et du fait qu'il ne faut pas heurter les "âmes sensibles" (nourries de jeux vidéos ultra violents et de musique rap au langage fleuri) que constituent nos élèves Tous mes collègues ont connaissance de mon blog et le lisent régulièrement. Je suis allé chez un collègue pour qu'il m'explique : ils me trouvent "bizarre" et me considèrent comme le "loup blanc", ils ne "comprennent" pas (comment comprendre que la société est perverse, quand on n'a pas eu un père pervers ?) ce que j'écris mais le lisent quand même. Enfin ils ont parlé de mon blog à la directrice, et auraient peut-être envoyé une lettre à notre supérieur hiérarchique, à l'inspecteur ou au recteur, demandant à ce que je sois sanctionné pour faute professionnelle. Dois je tirer fierté de tout cela ou en pleurer ?
Les jours qui suivirent furent  paradoxalement les journées les plus agréables depuis ma rentrée dans l'établissement, les gens étaient affables, souriants, comme si soudain il me trouvait un quelconque intérêt. Pour ce qui est des courriers à l'inspection, des démarches faites par certains collègues à mon encontre, la ligne que va suivre la directrice, cela demeure une inconnue.
Je crois sincèrement que mon coup de gueule y était pour quelque chose, et c'est aussi que ce coup de gueule a eu un point positif, il m'a sorti d'une prison psychique de méfiance à l'égard de tout le monde, là j'ai eu l'impression de maîtriser un peu plus mon destin, en imposant mon caractère, "impénétrable" au commun des mortels, j'en ai conscience. Je leur ai signifié : "De toute façon quoique vous fassiez je n'ai pas peur de vous". Alors que j'avais un peu peur d'eux, mais c'est aussi un groupe très soudé qui rejette assez violemment ceux qu'ils considèrent être comme "les autres", comme dans tout groupe avec ses mâles et ses femelles dominants.
Je ne ferais de toute façon plus jamais passer le groupe, et l'adaptation nécessaire à ce groupe avant la revendication de ma propre singularité. Or le groupe dans le cadre du travail a toujours été très dépersonnalisant pour moi. Et toute société humaine a de toute façon vocation à être dépersonnalisante. Le fameux troupeau des "moutons" plein de ressentiment, dont parle Nietzsche et qui empêche les "forts" (dont je ne suis pas) ou les "différents" (dont je suis plus) de s'épanouir.
L'adaptation est nécessaire, mais elle sera pour moi une ruse afin de ne pas être anéanti par le harcèlement professionnel et le toujours possible burn out.
Oui, il faut se protéger de ce qui nous fragilise, mais les autres ne sont pas nécessairement nos ennemis non plus.
Mais les vrais amis se comptent sur les doigts d'une main, les autres sont des compagnons de circonstance, avec qui il faut composer, dans une sorte de paix armé, "la paix, prépare la guerre". Bien sûr qu'il y a du positif à prendre, pour moi l'observation de la société humaine est quelque chose de très intéressant. Et cela suffit à ma joie.
Et ce que les gens me renvoient est source d'enrichissement, même quand ce qu'ils me renvoient est éventuellement négatif. Mais alors il faut tout un travail pour imposer sa personnalité et son caractère.
Oui il faut prendre le positif et en même temps rester très prudent. Le principal danger qui me pend au nez serait de favoriser une éventuelle levée de bouclier de l'ensemble des collègues... ce qui conduirait possiblement à un isolement professionnel... terrain idéal qui permettrait à un esprit pervers (il y en a toujours) de monter sur la durée un processus de harcèlement professionnel.
Tu vois tout cela je n'ai normalement plus le droit de l'écrire sur mon blog, car je suis "surveillé". J'avais pour stratégie de devoir employer un langage détourné, déguisé, pour parler en fait de ma vie professionnelle, et de devoir faire semblant de parler du général, pour en fait parler du particulier. Mais au fond à quoi bon ! Après tout je ne cite aucun nom de mes collègues, ni le nom de l'établissement où je travaille, si ce n'est qu'il se trouve en Bretagne, la terre de mes ancêtres.

Malheureusement la perversion généralisée qui agit sur la société entière agit aussi sur chaque individu en particulier, on assiste à une contagion de la perversité avec la chute des religions et des idéologies messianiques comme le communisme, qui pouvaient cimenter et fédérer le corps social dans la recherche du bonheur et du progrès.