samedi 25 juin 2016

Encore un sacrifice humain pour du fric !

Hypothèse crédible où Thomas Mair est un déséquilibré manipulé pour tuer (de toute façon on ne le saura jamais, ou au mieux 20 ans après), et même si ce n'est pas le cas, en admettant qu'il ait agit "librement" (si tant est qu'un esprit aliéné puisse être "libre" de ses actes) : donc du point de vue de l'Histoire, l'assassinat de Jo Cox est légitime car il sert une "grande chose" : le maintient de la Grande-Bretagne dans l'UE. Je trouve ce genre de logique sacrificielle au XXIème siècle, absolument barbare et indigne d'une société qui se prétend un modèle de civilisation : mais c'est une logique hégélienne ! C'est mon hypothèse, conforme à ce que j'observe dans la vie de tous les jours : la société se barbarise, par absence de morale. Idéalement, ce sont les "grands" qui devraient servir de modèle aux "petits ", par leur comportement exemplaire : le dernier à avoir su le faire en France fut effectivement De Gaulle, que des circonstances exceptionnelles avaient permis de développer une immensité éthique, et une réelle dimension morale. En opposition totale avec son négatif : François Mitterrand le machiavélique, qui a laissé un héritage déplorable d'un point de vue moral, dont nous payons encore le prix aujourd'hui.
Autre chose : Napoléon a précipité le déclin inexorable de la France sur le plan européen, finalement supplantée par l'Allemagne, qui elle-même n'arrivera finalement jamais à la complète hégémonie sur le plan européen. Même si aujourd'hui elle nous domine largement sur le terrain économique, je tiens à rappeler que ce n'était pas le cas du temps de De Gaulle. Et que ce sont mai 68, la "chienlit" (en réalité les "sales gosses" de la bourgeoisie, qui n'avaient pas du tout envie que le peuple soit décisionnaire), puis Mitterrand et Chirac qui ont précipité la ruine du pays. Sarkozy et Hollande ne sont plus que des nains politiques.
Emmanuel Mousset ne croit pas au réveil populaire français pour accomplir de grandes choses. Il ne croit qu'aux décisions verticales prises dans les alcôves du pouvoir, et à la méthode du "coup de pied au cul" et de l'autoritarisme, pour faire bouger les choses : dont Manuel Valls est le représentant emblématique et caricatural. Je pense au contraire que l'esprit décisionnaire devrait venir du peuple - projet que mai 68 a très vite abandonné, car ce fut finalement une "révolution" de sales gosses de la bourgeoisie, qui en avaient assez des contraintes imposées par le père symbolique de la nation - à condition qu'on lui fasse confiance : c'est d'ailleurs la véritable définition de la démocratie.

mercredi 22 juin 2016

Brexit or not Brexit ?

Pour le Brexit, l'assassinat de la jeune députée favorable au maintien vient à point nommé pour faire pencher la balance du côté du maintien. C'est soi-disant un déséquilibré + néo-nazi, le top pour faire voter le maintien. Au moment où dans les sondages le Brexit passait devant... De là à penser que c'est fait exprès... C'est toujours bizarre ces assassinats qui arrivent à point nommé pour satisfaire la caste financière en place ... Mais bon, je n'ai rien dit, n'est-ce pas ? Si pour faire passer leurs idées tes amis oligarques ont besoin de faire tuer une des leurs (simple hypothèse, mais très crédible, comme l'assassinat d'Henri IV), c'est que vraiment la situation est bien plus grave que tu veux bien le laisser croire sur ton blog qui paraît anodin. L'Europe n'a apporté qu'une baisse énorme du niveau de vie du Français moyen (que tu n'aimes pas), une explosion des inégalités sociales, et une explosion du chômage. Ce n'est pas l'Europe qui est mauvaise en soi, c'est même une bonne idée au départ (éviter les guerres), mais qui est devenue une machine à générer du fric pour une minorité. Pour en revenir à mon commentaire précédent où je disais que Pasolini c'était seulement de l'art, non ce n'est pas tout à fait ça, Pasolini c'est un peu plus, Fellini avait d'ailleurs refusé de produire ses films considérant que ce n'était pas de l'art mais autre chose. Effectivement Pasolini c'est un peu plus que de l'art, ou autre chose, c'est tout simplement du religieux : ce type était en ligne directe avec dieu, avec le sacré. C'est pour cela qu'il dérangeait tant l'oligarchie, qu'Emmanuel Mousset admire tant, et c'est pour cela que l'oligarchie l'a fait assassiner, par un déséquilibré, sur une plage d'Ostie, cela ne fait pratiquement aucun doute. Assassinat de Jo Cox, assassinat de Pasolini, même combat ?
Conversations d'hégéliens entre Max et son maître, ou plus prosaïquement son simple prof. Fascination pour les grands hommes, fascination pour le pouvoir, fascination pour l'Europe et ses oligarques, en gros fascination pour le crime. C'est pour cela que le rétablissement d'une petite dose de catholicisme dans l'éducation des enfants ne serait pas du luxe, comme l'affirmation d'un impératif : "tu ne tueras point." Je ne suis pas plus propre qu'un autre, je suis assez "gris", je n'ai aucune propreté intrinsèque pour être légitime à faire la morale à qui que ce soit. C'est pour cela que la religion devrait être là pour ça, puisque l'école n'est plus selon moi qu'un camp disciplinaire, sans morale, sans modèle.

mardi 21 juin 2016

Argent, sexe et estime de soi sont les ingrédients du pouvoir

Je ne trouve pas notre société si mollassonne que ça ! Ceux qui ont saisi l'opportunité matérielle de 68, s'en sortent plutôt bien et occupent tous les postes de pouvoir et de domination : ce sont le sexe, l'argent et l'estime de soi qui sont les ingrédients du pouvoir. Ceux qui ont su saisir l'opportunité en 68, sont aujourd'hui les rois du monde, et en France ils constituent ce que l'on pourrait appeler la nouvelle " idéologie française" : eux disent qu'ils ont remis la vérité sur ses pieds, et qu'avant eux elle était sur la tête, ils s'estiment dépositaire de la vérité et dans le camp du bien, et sont prêts à toutes les guerres "légitimes", toutes les oppressions "légitimes" pour conserver leur pouvoir. La jeunesse dans sa globalité, à part des exceptions, est faible, parce que désunie, parce que dans la compétition et dans la guerre du tous contre tous : c'est pour cela qu'un peu de solidarité et de partage lui ferait le plus grand bien. Les quelques petits malins, dans la jeunesse, qui s'en sortiront, demeureront idéologiquement les esclaves de la génération de leurs parents ; et aussi bien du point de vue culturel, que du point de vue politique, il me semble qu'ils seront dans l'incapacité d'être les créateurs de quoique ce soit. Malgré les apparences, la société n'est pas du tout nietzschéenne mais basée sur la tyrannie et l'oppression. Est-ce mieux ou pire qu'une société traditionnelle fondée sur le catholicisme ? Je n'en sais rien : de tout temps la vie semble un sale moment à passer avec des instants d'éclaircie dans l'Histoire, comme entre 1945 et 1975, parenthèse enchantée qui a suivi un grand traumatisme. Sans doute nous faudra-t-il maintenant connaître à nouveau un grand traumatisme, certainement plus meurtrier encore que l'épisode hitlérien, puisque les moyens techniques se sont développés, pour qu'en sorte peut-être, je dis bien peut-être, à nouveau une brève éclaircie. L'Histoire est faite de cycles, où se succèdent de longues phases de purgatoire, de brefs instants d'enfer, et de très rares moments de grâce et de fraternité, que l'on pourrait appeler de brèves éclaircies. Pour l'instant nous sommes très clairement engagés dans un mauvais cycle, que Pasolini appelait le "cercle de la merde", où l'hyper consumérisme plonge l'individu lambda dans la plus grande passivité, isolement social, pathologie sociale où il en arrive à consommer ses propres excréments de matière métaphorique. Pasolini avait prévu qu'après viendrait le "cercle du sang", où là viendront les grands massacres, et où l'oligarchie éprouvera une jouissance sadique-anale, à assouvir aussi une pulsion de voyeurisme, à voir périr la majorité du peuple, les gens innocents, dans les plus atroces souffrances et tortures : mais bon ce n'est que de l'art. Il y en a aussi pas mal aujourd'hui qui ont un certain don de prophétie : Houellebecq, Onfray, Finkielkraut, Zemmour... On les appelle nos Cassandres déclinistes.

vendredi 17 juin 2016

La République devrait reprendre ses droits sur la finance

La République est devenu un squelette sans âme et sans chair qui ne génère plus de valeurs, mais provoque les injustice de la reproduction dénoncée par Bourdieu, de façon d'autant plus criante que l'ascenseur social est en panne. Les valeurs de la république ont vocation à être enseignées, au moment où un individu est le plus perméable, c'est-à-dire au moment de l'enfance. Mais qui peut croire aujourd'hui aux valeurs de la République, quand dans la réalité chacun constate que ce sont les valeurs marchandes qui dominent complètement tout l'espace visible ? Y compris dans un endoctrinement au consumérisme dès le plus jeune âge. Le "doux commerce", censé éviter les guerres, vanté par les premiers doctrinaires libéraux majoritairement anglo-saxons, est devenu un conditionnement totalitaire, à moins de couper l'enfant dès son plus jeune âge de la société et des valeurs qu'elle véhicule, par la télé, internet, et autres moyens de communication. A la naissance il y a ce qui est déjà là : la hiérarchie sociale, les meilleures places et les autres. C'est notre désir qui découle d'un vouloir sourd et aveugle selon Schopenhauer et que Freud a rationalisé, qui va déterminer notre place dans la hiérarchie sociale, en France il s'agit d'une hiérarchie républicaine. Or cette hiérarchie manque de plus en plus de légitimité, car elle ne repose plus sur l'école républicaine en voie de disparition selon Finkielkraut. Elle repose sur les combines, sur le piston, sur l'entre soi dans les beaux quartiers qui bénéficient encore d'une école valable, à peu près républicaine, partout ailleurs c'est de la garderie. Quand à la République, on peut parler de morale républicaine, car le bien et le mal sont la condition de possibilité de développement d'une intelligence. Le problème est qu'aujourd'hui cette morale ne profite qu'à une élite "intelligente", une oligarchie "intelligente", totalement coupé du "peuple" et même des classes moyennes abruties.
La morale en France contemporaine, va servir souvent à justifier tel comportement républicain et à disqualifier tel comportement anti républicain. La morale vient dans le temps de l'après-coup, après les actes de l'Histoire les plus ignobles, comme par exemple les génocides, et aujourd'hui les attentats " ignobles " des islamistes français, nés en France et éduqués en France, ou l'attaque de l'hôpital Necker à Paris par les "casseurs" nés et éduqués également en France. La morale vient après la pulsion sinon aucun acte ignoble ne serait commis ce qui prouve que nous ne somme pas des êtres moraux, mais des êtres avant tout pulsionnels. On peut s'amuser comme Freud, à essayer de rationaliser le pulsionnel, mais rien n'y fait : la pulsion a toujours un temps d'avance sur la raison. Moins l'éducation aux valeurs républicaines sera forte, plus il y aura des débordements et du pulsionnel. La balle est dans le camp des gouvernants, qui doivent eux se réformer d'urgence, plutôt que de chercher à réformer le monde du travail déjà complètement phagocyté, aliéné et exploité par le capital et les actionnaires. L'abrutissement généralisé qui est largement diffusé par le consumérisme imposé et totalitaire de l'ultralibéralisme, n'empêche pas les plus victimes d'entre nous, de retourner leur ressentiment contre les valeurs de la République, qu'elles tiennent pour responsables de leurs maux.
Une des solutions serait une séparation de l'ultralibéralisme et de l'Etat, sur le modèle de la séparation de l'église et de l'Etat de 1905. Il faut étatiser une bonne partie de l'économie, et que l'Etat républicain reprenne ses droits et légifère sur la trop grand puissance de l'argent, ce que Hollande avait promis, en se déclarant l'adversaire de la finance : promesse non tenue ! D'où la colère actuelle contre la loi El Khomri, car de plus il n'y a aucune alternative politique républicaine qui se propose de lutter contre l'ultralibéralisme. Ce sont les conséquences néfastes de l'ultralibéralisme sur les individus, qui provoquent leur colère et leur passion contre la République, incapable de les protéger des abus de la finance.

La société d'aujourd'hui est-elle perverse ou morale ?

Nos convictions morales sont-elles fondées sur l'expérience ? A la naissance il y a ce qui est déjà là ; la hiérarchie sociale, les meilleures places et les autres. C'est notre désir qui découle d'un vouloir sourd et aveugle selon Schopenhauer et que Freud a rationalisé, qui va déterminer notre place dans la hiérarchie sociale, en France il s'agit d'une hiérarchie républicaine. La morale en France contemporaine, va servir souvent à justifier tel comportement républicain et à disqualifier tel comportement anti républicain. La morale vient dans le temps de l'après-coup, après les actes de l' Histoire les plus ignobles comme par exemple les génocides, et aujourd'hui les attentats "ignobles" des islamistes français, nés en France et éduqués en France, ou l'attaque de l'hôpital Necker à Paris par les "casseurs". La morale vient après la pulsion sinon aucun acte ignoble ne serait commis ce qui prouve que nous ne somme pas des êtres moraux, mais des êtres avant tout pulsionnels. On peut s'amuser comme Freud a essayer de rationaliser le pulsionnel, mais rien n'y fait : la pulsion a toujours un temps d'avance sur la raison. Quant à l'expérience elle est peut juste essayer de moraliser le pulsionnel à une échelle historique, ou une plus courte échelle qui est celle des médias, c'est-à-dire moraliser l'Histoire dans le temps de l'après coup. Le journal télévisé de 20h00 est souvent une tentative certes de rapporter des événements, mais aussi de les moraliser un minimum, selon une échelle de valeur républicaine.
L'expression du vouloir absurde à l'âge adulte est le fruit d'une détermination dans l'enfance. D'où l'importance pour un enfant de recevoir de bonnes valeurs morales, de croire même, d'avoir des parents aimants et de suivre un bon cursus scolaire. Plus chez l'enfant encore que chez l'adulte, c'est le pulsionnel qui l'emporte sur la raison, ou la morale. Par contre un enfants est plus crédule qu'un adulte, on peut lui faire croire ce que l'on veut, d'où l'importance de la croyance pour l'éducation, donc l'importance du bon exemple, du bon modèle A l'échelle de l'éducation d'un enfant, l'expérience, c'est-à-dire la prise de conscience dans le temps de l'après coup, peut avoir pour rôle de moraliser la croyance. Chez un enfant les convictions morales sont donc davantage fondées sur la croyance, mais à partir d'une expérience qui sert à la moraliser, et c'est ici que l'expérience représentée par l'enseignant de l'école républicaine doit jouer un rôle déterminant. L'éducation de l'enfant basée sur la croyance, et l'expérience de l'enseignant, va ensuite fonder son caractère.
A l'échelle d'un individu, l'expérience ne peut pas grand chose, on répète toujours les mêmes erreurs malgré toute notre expérience, parce que nos actes sont bien plus déterminés par notre caractère que par de quelconques convictions morales. La construction des valeurs morales se fait donc dans le temps de l'après-coup, on peut parler d'une expérience que l'on tire de l'Histoire, et des événements tragiques qui arrivent tous les jours et que nous lisons aujourd'hui à travers un prisme moral républicain. La croyance morale que l'on va inculquer à l'enfant est donc le fruit de l'expérience. Et les convictions morales qu'un adulte aura ou n'aura pas, découleront de la croyance morale qu'un enfant aura eu ou n'aura pas eu, donc de son éducation, bonne ou mauvaise : le bien et le mal sont donc des déterminations pas des convictions. Donc au final dans le cas d'un adulte bien éduqué et non pervers, ce que l'adulte prendra pour ses conviction morales, et qui seront en fait des déterminations seront bien fondées sur l'expérience, mais une expérience de la société, de l'école et de l'Histoire, plus une culture donc, qu'une expérience personnelle. Individuellement on ne peut strictement rien contre le pulsionnel, je pense qu'on ne tire aucune leçon de ses échecs, et que notre caractère est beaucoup plus fort que toute tentative d'agir selon la raison : chez un individu qui aura été mal éduqué. Par contre un individu bien éduqué tirera toujours leçon de ses échecs, il tirera leçon de son expérience dans le temps de l'immédiat après coup, même si ce sont toujours au final ses pulsions qui motiveront ses actes. On peut parler de bonnes ou mauvaises pulsions, en fonction des individus, déterminées par l'éducation. Donc au final, chez un être sain, les convictions morales sont davantage le fruit de l'éducation que de l'expérience directe, mais d'une éducation qui tient compte de l'expérience de l'Histoire - On pourrait dire aussi que l'expérience c'est l'Histoire que l'on aura moralisée, en fonction du prisme du présent, or notre présent est laïc et républicain - et l'être sain tire de ses échecs des leçons pour s'améliorer. Chez un pervers, et notre société est remplie de plus en plus de pervers, tout ce travail n'est pas possible : car les valeurs mauvaises acquises dès l'enfance, la croyance mauvaise, orienteront l'adulte dans de mauvaises directions, qui répétera toujours les mêmes erreurs, sans pouvoir tenir compte de l'expérience, ni tenir compte de convictions morales qu'il n'a pas. Bien sûr si la société est globalement perverse c'est finalement l'être pervers qui s'épanouira, et l'être sain et moral qui périra. Conclusion : la société aujourd'hui est-elle perverse ou morale ? 

jeudi 16 juin 2016

Un contre révolution est-elle possible ?

Vous avez raison Max, peut-être vaut-il mieux ne pas trop forcer le trait sur le termes "oligarchie" ou "ploutocratie", termes utilisés dans les années 30 et qui ont donné les dérives que l'on connaît. Qui ont abouti à ce qu'un immense écrivain comme Céline, se laisse séduire par la "bête immonde", et n'ait plus droit à aucune reconnaissance de la société, sinon de façon marginale, de même pour Heidegger, philosophe en voie d'effacement du panthéon des penseurs (ça tombe bien, il était trop compliqué à enseigner). Parlons alors de valeurs mercantiles qui s'introduisent partout dans l'intimité des gens, parlons d'une école qui ne joue plus son rôle d'instruction du peuple, mais se réduit à être juste une machine à trier entre le bon grain et l'ivraie, et à formater les esprits en vue de leur adaptation à des valeurs mercantiles.
Réfléchir c'est bon pour la santé quand c'est accompagné d'une vie sexuelle épanoui, visant la réalisation de soi. Les valeurs étant aujourd'hui ce qu'elles sont, même la sexualité en est salie, car elle est mercantilisée à outrance, via notamment la pornographie qui suinte de partout, et je comprends que ça ne vous donne pas envie. Je suis personnellement pour une contre révolution catholique, afin de rétablir un certain nombre de valeurs fondamentales, ce serait selon moi une revanche de la nature sur l'artifice. J'ai été élevé dans le militantisme anti FN, j'en reviens, car à part ce parti, je ne vois pas lequel serait susceptible d'accomplir cette contre révolution, et la nécessité de refonder une identité française stable et forte. La France n'a pas vocation à être l'hôpital ou l'hôtel du monde, la France n'est pas un lieu de passage, c'est un milieu qui s'est façonné sur plus de 1000 ans et qu'on a détruit en 40 ans, il faut le faire quand même ! Instruction d'un côté et rétablissement d'un dogme catholique de l'autre, en accord avec la nature profonde de la France. Il ne s'agit plus maintenant de réparer, car tout est détruit, mais de refonder, avec des figures charismatiques nous aidant dans cette tâche, si c'est possible. Evidemment je ne crois pas une seconde à la possibilité de réalisation d'un tel programme pour un pays comme la France, nous allons continuer plus probablement à nous enfoncer tous les jours un peu plus, jusqu'à finalement toucher le fond. L'empire romain s'est bien effondré en 476, à cette échelle nous sommes un peu en 460 environ, à mon avis.
Entre la mercantilisation insensée du monde et artificielle, et l'anti-nature que constituerait selon vous la religion catholique par exemple, je choisis l'anti-nature catholique, en sachant bien que selon moi, ce dogme est bien plus fidèle à la nature profonde de la France, que les valeurs mercantiles qu'on nous impose. Si une économie libérale et un régime politique libéral, étaient possibles sans la mercantilisation des valeurs, jusqu'à la sexualité qui s'en retrouve totalement salie, j'abonderais dans votre sens, mais ce n'est pas le cas. Seule une contre révolution catholique pourrait stopper l'hémorragie mercantile, à mon avis, mais cela n'aura probablement pas lieu, et les valeurs mercantiles ne sont pas régulables. L'homme ira jusqu'au bout de sa folie mercantile, jusqu'à tarifer tout ce qui est tarifable, c'est-à-dire à peu près tout, avec l'"ubérisation" de la société. Il est évident qu'on va vers l'abîme.

mercredi 15 juin 2016

Ma réponse aux questions du bac philo

Bien sur que nos convictions morales sont fondées sur l'expérience, car en dehors de l'expérience il n'y a rien. La spiritualité elle-même est une construction matérielle : jusqu'ici c'était l'expérience des anciens, lorsqu'on les laissait transmettre l'héritage. Aujourd'hui les anciens sont appelés "vieux" ils sont méprisés, et ne représentent plus aucune spiritualité, mais un coût social. Tout est matière ici-bas, la spiritualité c'est éventuellement l'au-delà, auquel plus personne ne croit.
Le désir par nature est limité par le cosmos. Un désir illimité est une perversion kantienne, lorsqu'il définit le sujet comme construction de la vérité dans un univers infini : or non la vérité n'est pas une construction, mais un dévoilement de quelque chose qui etait déjà là depuis la nuit des temps.
Nous ne savons absolument pas ce que nous désirons, seul le rêve peut dévoiler à notre insu nos désirs les plus intimes et les plus honteux, éventuellement.
Nous avons intérêt à étudier notre Histoire, car elle nous dévoile la vérité de notre identité, et de notre caractère présents.
Bien sûr que travailler moins c'est vivre mieux, il n'y a que dans le loisir, au sens noble du terme ("skolé", proprement "arrêt de travail"), que l'on peut apprendre quelque chose et évoluer. Pour la majorité des salariés qui subissent le travail au lieu d'en jouir, et n'en tirent pas tous les fruits mais des miettes, le travail est exploitation et aliénation.
Enfin il ne faut pas démontrer pour savoir, savoir c'est montrer la bonne direction, le bon chemin. La sagesse, c'est-à-dire l'expérience prime sur le savoir théorique. Dans le cadre d'une cosmologie gréco-latine, la vérité est la réconciliation de soi avec soi-même au mieux, la vérité est quête, et l'existence est globalement errance. La démonstration théorique ne mène nulle part si ce n'est remonter plus loin dans la chaîne des causes, sans espoir d'explication ultime, sans espoir de réconciliation, la science est donc d'un point de vue spirituel, un chemin qui ne mène nulle part.

mardi 14 juin 2016

Discours à la jeunesse

De toute façon c'est fou l'effet des hormones sur la jeunesse. C'est pour cela que c'est seulement à partir d'un certain âge que le soupçon peut naître : la nature joue bien son rôle sur la jeunesse et la rend généralement enthousiaste, totalement inconsciente, sans esprit critique, sans le désir de dévoiler le voile que constitue l'apparence : apparence qui est attrayante pleine de charmes, pleines de pièges aussi, car en réalité les dés sont pipés dès le départ et certainement de plus en plus pipés, avec le règne de l'oligarchie qui resserre son emprise : je le dis, par la propagande publicitaire et le matraquage consumériste imposés, elle reprend de l'autre main, le peu qu'elle a donné d'une main. Sachez-le jeunes gens, les gens qui nous gouvernent ne vous aiment pas, ils n'aiment pas vos parents, et ils sont les fidèles serviteurs d'une toute petit élite pleine d'arrogance, de narcissisme, de perversion et de manichéisme. Que votre professeur admiré, admire lui-même, ce qui lui a permis d'être aujourd'hui devant vous et d'être payé pour ça : pour vous vendre l'acceptation d'un système qui débloque de plus en plus et de façon exponentielle, depuis la décision prise par un autre gouvernement socialiste d'accompagner le mouvement libéral, depuis 1983, mouvement qui a désormais sa propre logique et... mais bon vous êtes trop jeunes pour comprendre, regardez juste la souffrance de vos parents et vous comprendrez un peu !
Le monde d'aujourd'hui est un énorme piège pour la jeunesse, sans sens du sacré, sans valeurs supérieures, justes celles que véhiculent les médias, "liberté", "démocratie" disent-ils, "menteurs", "hypocrites", leur réponds-je. A traiter la jeunesse comme nous la traitons, ce que nous appelons "barbarie" n'est qu'un juste et logique retour des choses. Tout est désormais dans les mains des parents qui ne peuvent qu'essayer de protéger leurs enfants d'une société globalement malveillante. Oui notre belle démocratie, nos "valeurs", tout cela que par propagande nous cessons de vanter, est plutôt destructeur et méchant.
Plus tard on se rend compte qu'effectivement tout cela était absurde et que généralement, pour la plupart d'entres nous, la vie ressemble à une mauvaise blague absurde, voire un mauvais moment à passer. C'est pour cela que je conseille à la jeunesse de façon bienveillante, d'en profiter au maximum, avec modération cependant, car les excès sont destructeurs, cela fera de beaux souvenirs pour plus tard.
Il est évident que si j'appartenais à l'oligarchie, à l'élite bobo-chic parisienne ou des grandes villes de province, avec un salaire confortable qui me permette de jeter un regard de mépris et de dégoût sur mes semblables, je ne tiendrais pas le même discours. Je suis d'autant plus virulent que j'ai côtoyé ce monde durant toute ma jeunesse, donc c'est un monde que je connais bien. Pour des raisons de perversion propre à ma famille je n'ai pas pu y accéder, ce qui explique aujourd'hui, je l'admets, mon ressentiment démultiplié. Je le sais, les jeunes n'aiment pas les losers.
Max me répond : "La vie serait un mauvais moment à passer, même dans votre société démocratique idéale Erwan. Schopenhauer n'était pas vraiment de gauche et il disait bien que le bonheur cela n'existe pas. La vie d'ailleurs n'a aucun sens scientifique. Alors que tout a une raison dans ce monde, la vie n'en n'a pas d'autre que l'absurde hasard. A méditer."
Je lui répond que je suis schopenhauerien, Max, parce que c'est le premier grand philosophe du soupçon, des temps modernes bien sûr, disons de l'ère Descartes, car avant il y avait eu Montaigne qui était empreint d'un fort scepticisme, mais passons. Toujours est-il que j'apprécie beaucoup la misanthropie du personnage, dans laquelle je me reconnais. Et de plus du constat qu'il a émis, de la totale absurdité de la vie, il n'en a pas tiré toutes les délirantes et folles interprétations de Nietzsche, qui quoiqu'on en dise, ont influencé les nazis. Même si il s'agissait soi-disant, de mauvais lecteurs et de mauvais élèves de Nietzsche. La doxa officielle veut faire de Hitler un crétin congénital et impuissant, un quasi-illettré et artiste raté, afin qu'aucun jeune ne succombe à son charme sulfureux, comme ils peuvent succomber au charme de Napoléon ou de De Gaulle. Personnellement je pense qu'il n'y a pas beaucoup de différences entre Hitler et Napoléon.
Napoléon n'aurait jamais dû attaquer la Russie, et essayer de gérer son empire en bon père de famille, à la façon d'un De Gaulle. Voilà pourquoi la volonté de puissance est absurde, elle ne se situe pas dans un cosmos limité, ne vise pas la réconciliation avec soi-même, comme Ulysse lorsqu'il rejoint enfin Ithaque, mais est animée par l'ubris et vise le dépassement de soi permanent, la performance et la compétitivité. On le voit bien aujourd'hui, une telle conception de l'individu nous mène droit à l'extinction de l'espèce humaine. Nous nous sommes détachés de façon funeste et peut-être fatale, d'une conception gréco-latine du cosmos, du destin, du caractère, pour une conception de la démesure en tout : que vous Max appelez notamment "l'esprit de débauche". Quand on pense qu'une telle conception moderne de l'individu, basée sur l'autonomie de la conscience et la liberté, qui débouche finalement sur la démesure, part de l'austère Kant : c'est sûr qu'il n'aurait pas reconnu ses enfants ! Nous sommes tous un peu aujourd'hui les enfants ingrats du roi Lear, que représentait Kant.
Je réponds maintenant à Max sur le "sens scientifique". Si tout est explicable dans l’ordre des raisons, si tout semble obéir à une implacable nécessité, en réalité si l'on prend un peu de recul on s'aperçoit que la science elle-même n'a pas de sens puisqu’elle n'arrive pas à remonter à la cause première de l'explication ultime du monde : malgré la science, le monde demeure absurde, et peut très bien être la création d'un ou de plusieurs dieux, rien ne permet scientifiquement de l'infirmer. Dans une hypothèse absurde : ce sont peut-être les plus obscurantistes partisans de Daesh qui sont davantage proches de la vérité ultime, que nos fragiles sociétés matérialistes.

lundi 13 juin 2016

L'impasse de l'offre politique

Le FN ne fera pas une politique pour l'oligarchie, c'est bien ce qui fait peur à l'oligarchie. De toute façon tout semble perdu, parce que la colère populaire ne s'est pas tournée vers une vraie offre politique socialiste de gauche, mais vers le FN, maintenant le pli est pris. Il n'y aura rien à faire pour retourner en arrière, et ce n'est ni de ma faute, ni la tienne.
Quant aux cadres du FN, si ils sont riches c'est bien la moindre des choses, ne dit on pas que l'argent "est le nerf de la guerre". Il y a énormément plus de fric pour LR et le PS, qui eux représentent l'oligarchie, que pour le FN.
Tu es un sectaire anti-FN, qui tourne le dos à 30 % d'électeurs FN, et ce mouvement ne va faire que s'amplifier, avec tes petits bras musclés, tu penses inverser la tendance ?
Oh mais je ne suis pas naïf, je connais bien les pulsions mauvaises qui animent les électeurs FN. Seulement il ne fallait pas se foutre de la gueule du peuple, pendant maintenant 30 ans, on assiste à un retour du bâton, qui certainement sera violent
Non l'espèce humaine n'a rien à voir avec les bisounours, il n'y a pas lieu de s'en vanter. L'espèce humaine a toujours à voir avec les logiques de bouc émissaire et les génocides. La religion et la culture populaire, je pense, dans l'enfance, si elles sont exercées de façon légitime et non honteuses, sont seules aptes à inverser cette tendance : cela constituerait un retour sociétal en arrière, je crois qu'il faut assumer ce retour en arrière sociétal, une contre-révolution catholique en réaction à l'esprit consumériste de 68, "tout va mieux" ? Non, ouvrons les yeux avant qu'il ne soit trop tard !
L'homme a appris une chose avec Auschwitz, c'est qu'il était loin d'être bon, n'en déplaise à son narcissisme consubstantiel. Si je me méfie du FN c'est à cause d'Auschwitz, pas parce que ce parti représente soi-disant les intérêts de l'oligarchie, ce n'est pas vrai. Ce qui est vrai par contre c'est qu'il risque d'accentuer les logiques de bouc émissaires, et les éventualités de génocides, et le retour des nationalismes les plus obtus.
Je n'ai aucune fascination pour le FN, je sais bien ce qu'il représente : le ressentiment et la colère des petites gens. Le plus grand danger ce n'est même pas l'oligarchie, c'est au final la colère et le ressentiment des petites gens. Mais l'oligarchie provoque cette colère et ce ressentiment. C'était au PS, la soi-disant "gauche", de faire une politique en direction du peuple, pour éteindre ses frustrations, ou au moins les apaiser et les calmer, or le libéralisme effréné ne peut conduire logiquement qu'à de nouvelles formes de fascisme, et rien, ni toi ni moi ne peuvent inverser cette tendance
En tout cas si tu veux combattre le FN, tes arguments sont mauvais, le FN ne représente absolument pas l'oligarchie, mais la colère, la frustration, le ressentiment des petits. Comment combattre ce ressentiment : par une redistribution économique en direction du peuple, par des conditions de travail plus humaines. Une chose est sûre, il faut coûte que coûte stopper la logique libérale, c'est la première chose à faire, avant de combattre un fascisme qui n'est là qu'à l'état de potentialité.
Les plus grands intellectuels français déplorent effectivement qu'il n'y a pas d'offre politique en direction du peuple. La seule solution pour s'en sortir est de rejoindre le camp des intellectuels, donc pour le peuple de s'éduquer : c'est ce que devraient représenter nos métiers d'enseignants, pas fin en soi, mais moyen d'éduquer le peuple. Mais former un peuple d'intellectuels, est malheureusement aussi une illusion : pour un Emmanuel Mousset, combien de supporters abrutis de foot et de publicité, noyant leur chagrin existentiel dans l'alcool, le nationalisme et le violence ?  Mais l'oligarchie entrave toute forme de possibilité d'éducation, d'épanouissement, dans sa soif d'abrutir toujours plus les masses (le fameux temps de cerveau disponible), pour récolter du fric, toujours plus de fric, comme si elle n'en avait pas assez comme ça !
Moi je refuse et je déplore que la seule offre politique républicaine soit PS ou LR qui représentent sinon les intérêts directs de l'oligarchie - ce qui est le cas de LR, un peu moins du PS qui est libéral-réformiste -, au moins le libéralisme le plus effréné, et pour le libéral-réformisme, la fluidification du marché et des échanges commerciaux. La condition humaine se réduit-elle à n'être qu'une fonction dans une logique de fluidification des marchés ?
L'oligarchie donne aux masses à peine de quoi vivre, argent qu'elle récupère immédiatement par le biais de l'abrutissement généralisé, de l'énorme propagande publicitaire, que l'on peut assimiler à une forme de totalitarisme : car elle uniformise les comportements et les modes de vie. Le monde du consumérisme généralisé est déjà une forme de fascisme, sans génocides - encore que si : génocide des cultures particulières et populaires -, que dénonçait Pasolini (cf Salo ).

dimanche 12 juin 2016

L'Euro de foot

Le foot, ce sont des smicards qui paient pour voir des millionnaires jouer au ballon, des millionnaires au passage, de mieux en mieux payés. Mais c'est normal, il faut bien fluidifier les échanges, par des réformes libérales, comme la loi El Khomri, qui provoquera in fine, certainement encore une augmentation de ces salaires. En réalité tout est lié : des salaires faramineux des footballeurs, aux violences à Marseille des smicards - qui n'est que le reflet de la violence libérale qui s'exerce sur les travailleurs -, à l'interdiction donnée aux syndicats par leur chef, de perturber l'euro de foot ; on ne touche pas à certains tabous. Le football, c'est l'espoir éventuel pour un jeune, d'échapper à son destin de futur smicard ou chômeur. Le foot c'est une façon d'acheter la paix sociale, et tous les politiques le savent, même si ils font mine de s'intéresser au foot : le foot c'est la dernière chance pour le gouvernement d'en finir avec la contestation sociale, le tabou aura été plus fort que la révolte légitime.