dimanche 21 mai 2017

L'argent mettra tout le monde d'accord



La gôche est immorale, ceux qui votent très majoritairement à gauche libérale-libertaire dans les grands métropoles, sont les baby boomers devenus retraités qui se sont enrichis profitant de la conjoncture des trente glorieuses, et leurs enfants bobos : je crois que Macron est un bobo typique et très doué, "héritier" de ce monde construit par les baby boomers dans les années 80, et dans une ambiance festive. J'ai dis immorale : car la plupart des baby boomers n'ont rien transmis à leurs enfants. "Héritier" entre guillemets, parce que Macron est une exception.
L'héritage est effectivement une valeur de droite, ainsi que la famille et les valeurs qu'elle véhicule, la plupart des baby boomers de gauche libérale-libertaire méprisent la famille et les contraintes qu'elle entraîne, lui préférant la jouissance ("jouir sans entrave").
Moralement la droite est supérieure à la gauche libérale-libertaire, qui restera toujours un genre de chienlit sans avenir, et surtout sans volonté de transmettre un héritage à ses enfants.
Maintenant il conviendra de distinguer la gauche, d'un véritable mouvement de solidarité en direction des plus fragiles de nos concitoyens, ceux que l'on dit de la "France périphérique", et qui vivent dans un genre d'invisibilité médiatique. Ils ne sont effectivement pas représentés notamment dans le showbiz et à travers les médias (sauf pour s'en moquer comme de "Deschiens"), où les minorités multiculturelles qui vivent à proximité des métropoles sont elles représentées : cela aussi peut nourrir un certain ressentiment, une xénophobie.
Les classes moyennes ont en réalité disparu. Il reste les très riches (1%), c'est-à-dire l'oligarchie qui donne le la en matière d'orientations économiques : elle penche pour toujours plus de flexibilité et de dérégulations. Les classes aisées qui vivent dans les grands centres urbains (les bobos qui votent à gauche), mais aussi la vieille bourgeoisie traditionnelle qui vote encore à droite ; et le reste des gens, ceux que l'on appelle les "petits blancs", parfois xénophobes, mais ne faisons pas de généralités, qui se sentent déclassés et invisibles. Disons que par son mépris cette gauche est encore plus cruelle avec les "petits blancs" remplis de ressentiment désormais (il suffit de se souvenir de la campagne culpabilisante d'entre-deux tours menée de main de maître par Macron), que la vieille bourgeoisie traditionnelle de droite ne le fut, qui elle ne fait pas preuve de mépris mais de paternalisme.
Baroin n'a pas compris que les bobos l'ont emporté peut-être définitivement contre la bourgeoisie traditionnelle, mais certains ont compris au sein des LR, qu'au fond les intérêts des bourgeois historiques et des bobos pouvaient être convergents, d'où le grand nombre de ralliements de bourgeois historiques sur la gauche bobo de Macron : l'argent au fond permet de réconcilier tout le monde, à l'exception des "petits blancs" obtus qui restent à la marge...


lundi 15 mai 2017

Lettre à un fils d'ouvrier qui vote Macron


Tu n'es sensible qu'à toi-même et à "tes conditions de vie à l'époque", pauvre petite victime annoncée et qui a forcé son destin à la force du poignet ! Mais songe un peu aux conditions de vie de ceux qui ont exprimé un vote de désespoir au second tour et qui sont 11 millions. Ce n'est pas l'arrogance de ceux qui nous gouvernent et de ceux qui les commentent, qui résoudra le problème. C'est peut-être la compassion de certains profs pour le spectacle pitoyable et pathétique que constituait ta vie selon tes dires ("tes conditions de vie à l'époque"), qui explique le succès de ta trajectoire. Succès inespéré qui explique ta volonté de défendre désormais coûte que coûte tes privilèges acquis, sans l'expression de la moindre empathie (mot que tu détestes), ni compassion (autre mot honni, sauf quand elle s'exprime pour protéger le pauvre petit être blessé et désavantagé par sa naissance que tu fus), ni compréhension pour tes ennemis, les électeurs qui exprimèrent un vote de protestation au premier tour des présidentielles, soit en comptant Le Pen et Mélenchon, 14,5 millions d'électeurs qui ne se reconnaissent plus dans le système. Puisque tes ennemis se situent dans l'extrémisme "antirépublicain" selon toi, et que tes adversaires se situaient - jusqu'à l'élection de Macron, qui veut rassembler les deux camps unis contre "la France qui perd" - dans la droite républicaine.
Tout cela sans exprimer pour tes ennemis vaincus la moindre miséricorde, en les traitant par le mépris au mieux, généralement de "cons" sans autre argument, et en enfonçant avec morgue le clou de la victoire, encore et encore, dans le plus pur esprit de partialité, entre "le camp du bien" et les autres, ceux qui n'ont rien compris au projet européen.
Il faudra un jour que tu nous explique ce projet, et aussi, comme disent les politiques lorsqu'ils veulent faire passer une réforme, que tu fasses preuve de pédagogie, par delà le motif psychologique qui te pousse à admirer les puissants, admiration intéressée, selon moi destinée à recueillir leur compassion.
Les classes sociales ne sont plus ce qu'elles étaient, regarde toi, moi instit et toi prof de philo, hiérarchiquement tu m'es socialement supérieur. Je sais que tu t'en fous, que tu ne te détermines pas en fonction du regard des autres, mais par rapport à toi-même, comme tu ne cesses de le répéter. Détrompe-toi c'est grâce au regard bienveillant de certaines personnes que tu t'es épanoui et développé, sans doute des gens qui aujourd'hui votent pour Macron, donc on peut comprendre que tu leur sois reconnaissant, on peut le comprendre mais ne pas être d'accord.
Tu t'es arraché à ta condition de prolétaire, mais tu es aussi le fruit d'une certaine époque où "l'ascenseur social" n'était pas en panne, et où les "prolétaires" dans les années 70 étaient vachement à la mode, ça faisait tellement classe de mépriser les bourges à cette époque ! Ce n'est malheureusement plus le cas : c'est là que réside ta mésinterprétation de l'époque contemporaine. Les types nés comme toi aujourd'hui ne s'arrachent plus à leur condition, car ils ne sont plus du tout à la mode, et ceux qui ont entre 20 et 30 ans issus d'un milieu ouvrier, votent majoritairement FN. En les traitant de cons c'est un peu toi-même que tu traites de con si tu étais né 20 ans plus tard.
Toujours est-il que ce serait moi qui aurait un préjugé bourgeois et pas toi ! C'est l'hôpital qui se fout de la charité !
Les classes sociales ne furent plus ce qu'elles étaient, il faut le dire au passé, grâce aux "trente glorieuses" et leur générosité matérielle et redistributive, et aussi leur lot d'intellectuels contestataires tels Deleuze, Sartre, Foucault... favorables au renversement des hiérarchie traditionnelles.
Mais tout cela n'est plus du tout dans l'air du temps et on assiste avec le néolibéralisme qui suit sa trajectoire ascendante depuis 1983, à une Restauration de classes, dont Macron constitue un modèle emblématique, et un fervent militant de l'accroissement des inégalités. C'est pour cela que je pense que tu te trompes énormément en le soutenant aveuglément.


dimanche 14 mai 2017

Le projet libéral de Macron


Laisse agir ton mentor, après on pourra établir un jugement sur une éventuelle supériorité légitime ou non de sa part, pour l'instant Macron est une image que l'on nous a vendu. Il aura une réalité avec les répercussions de sa politique sur les Français. Et non, on ne peut pas dire selon moi, que les classes moyennes sont la cause de tous les maux et de la distorsion du langage. La classe moyenne a une dignité et un sens de la mesure que le élites pipolisées n'ont plus. Quant à la prestation de Madame Le Pen, elle a eu le mérite de rendre parfois très drôle un débat qui normalement est très ennuyeux, sa prestation fut trop avant-gardiste et surréaliste pour être comprise immédiatement. Peut-être qu'en visionnant à nouveau la séquence d'ici 3 ou 4 ans, les gens diront devant leur écran : "finalement elle n'était pas si sotte que ça !"
Mais en réalité je n'en sais rien, je n'ai aucune certitude, mais l'on ne peut pas blâmer les gens d'être rétifs à un esprit de manipulation de moins en moins discret de la part du pouvoir, que toi tu légitimes constamment par la supériorité supposée de ceux qui nous dirigent et manipulent parfois au nom de leur intelligence qui serait supérieure à la nôtre, donc admirable. En réalité l'intelligence est juste une puissance de calcul supérieure, elle ne rend pas meilleur ni plus humain.
Je me souviens que tu as cette volonté de fer depuis Maastricht, référendum pour lequel tu me poussas à voter, et pour lequel je votai "oui" à Maastricht sans en comprendre réellement le sens ni la signification. On en voit aujourd'hui effectivement les conséquences de dire oui à ce que des gens plus intelligents que nous ont décidé pour nous, "pour notre bien, car "ils" sont le bien."
En réalité "ils" ne sont pas le bien, "ils" ont juste une puissance de calcul supérieure, et je ne suis pas sûr qu'"ils" agissent pour l'intérêt commun, mais bien plutôt pour le leur propre, qui consiste en leur propre enrichissement personnel et sans limite.
Comment expliquer une telle perversion du système ? Tout simplement par la chute des religions et des grandes idéologies collectives, qui mettaient de l'humanité, du cœur et de l'espérance comme conditions de possibilité d'épanouissement et d'accès éventuellement comme une cerise sur le gâteau, à l'intelligence ; mais dans leur grande sagesse, elles ne faisaient pas de l'intelligence, c'est-à-dire d'une puissance supérieure de calcul, le but suprême de la vie... à la différence de l'idéologie libérale qui préconise des acteurs rentables, c'est-à-dire dotés d'une puissance raisonnable de calcul.
Tout cela est désormais remplacé par un individualisme implacable et mortifère, qui fait de chacun l'ennemi de son voisin, au nom du calcul. Là oui on peut parler d'un narcissisme de chacun, auquel d'ailleurs n'échappe pas Macron. Là oui on pourrait dire qu'avant de vouloir changer le monde, il faudrait d'abord commencer par se remettre en question soi-même, mais n'est-il pas trop tard ?
La machine que constitue notre civilisation semble être prise par un emballement qui échappe à tout contrôle, nous menant droit à l'abîme, sans possibilité de la stopper avant l'instant fatal.
Le coût du travail est tout simplement trop élevé dans les pays développés occidentaux selon la doxa libérale, et nous sommes concurrencés par des pays émergents où le coût du travail est bien plus bas : d'où cette fameuse expression de "concurrence déloyale" qui n'est pas tout à fait stupide.
C'est vrai que dans un environnement mondial de libéralisation de l'économie, l'adaptation préconisée est le nivellement par le bas des droits des travailleurs. C'est en réalité l'environnement mondial qu'il faudrait changer : il s'agirait de changer les règles du jeu économiques à l'échelle européenne, puis mondiale.
Pour lutter contre la concurrence déloyale des pays émergents, plutôt que de se protéger et de se replier sur la nation, on devrait agir dans le cadre d'une coopération internationale pour valoriser les droits sociaux des travailleurs de ces pays, donc augmenter en fait le coût du travail dans tous les pays du monde : car les droits sociaux, c'est-à-dire le coût du travail, sont une richesse et non une entrave à l'innovation et à la libre entreprise, malgré les idées reçues.
Mais le monde, et le projet européen tel qu'il fut conçu et continue à se construire, vont dans l'autre direction : l'alignement vers le bas des droits des travailleurs des pays développés sur les pays émergents. Un nivellement par le bas, un genre d'"esclavage" généralisé pour les populations au service de l'oligarchie, alors que le projet des lumières réellement progressiste visait l'émancipation du genre humain.
L'abandon progressif des droits sociaux et du droit du travail programmé par Macron dans son projet d'assouplissement des règles, qui n'est peut-être qu'un euphémisme pour désigner une destruction méthodique, s'accompagne en outre d'une baisse des exigences scolaires, faute de moyens, et même d'un modèle scolaire à deux vitesses : l'éducation des privilégiés dans les beaux quartiers des centres urbains boboïsés, et le reste du territoire...
Le constat du monde tel qu'il se construit sous couvert d'idéologie libérale, est très loin du projet d'émancipation des lumières. C'est un fait que toute personne qui fait l'effort de réfléchir un peu et d'observer son environnement ne peut pas réfuter, sauf à faire preuve de dogmatisme ou d'hypocrisie ou encore de cynisme ou d'égoïsme.


dimanche 7 mai 2017

Faut-il faire un triomphe à Macron ?


"Bon puisque le FN est effectivement la cuve des chiottes remplie de haine et de ressentiment, pour avoir un peu plus d'estime de moi, je vais voter Macron avec conviction sur le dos de ces salauds de pauvres. Après tout ils n'avaient qu'à bien travailler à l'école, ils sont trop bêtes et méchants, on ne peut plus les sauver. Mais comment les faire travailler sans qu'ils nous fassent chier ?
En votant j'aurai l'impression de tirer la chasse d'eau afin que ce cauchemar prenne fin, et j'aurai en plus d'une meilleure estime de moi, la conscience soulagée. Le bonheur c'est si simple au fond, il suffit d'écouter les médias et de faire ce qu'ils nous disent de faire, il suffit d'obéir et on sera toujours dans le camp des vainqueurs : mais est-ce que ce n'est pas ce qu'on appelle une forme de totalitarisme soft d'inspiration libérale-libertaire ?
Le combat était gagné d'avance, il n'y a aucun héroïsme que l'on attend de moi, juste obéir. L'ennemi est désigné, il est vaincu d'avance, ce sont des gens de mon pays mais qui ne font plus partie du pays, ils sont les ennemis de l'intérieur, ceux que l'on dit de la "France périphérique", une zone de relégation sans aucunes perspectives, remplie de haine et de désespoir.
En obéissant, en faisant mon devoir civique, je vais éprouver l'exaltation d'une victoire, au terme d'un combat truqué, arrangé, non démocratique et partial pour que je gagne. En me sentant dans le camp du bien qui remporte une victoire sur le mal, à très peu de frais, je vais me faire une virginité morale et pouvoir me regarder dans la glace avec fierté. Avec un peu de chance, on fera la fête dans les rues, comme lors de la Libération de Paris en 1944. Après tout en faisant gagner Macron c'est une répétition d'Oradour-sur-Glane et de la Shoah qu'on a évité, et même la guerre atomique selon Hollande. Ouf, on l'a échappé belle, un peu grâce à moi ! Finalement en obéissant aux médias et en votant bien, je suis un peu un héros, un résistant, un Jean Moulin, vive moi, vive Macron, Macron nous a sauvé d'un péril affreux, Macron président !!! Vive l'optimisme !!!", voilà pour le délire personnel...
La majorité des gens ont encore des valeurs morales qui leur permettent de voter en conscience contre Marine Le Pen, sans adhérer au projet de Macron. Mais pour combien de temps aurons-nous encore des valeurs morales dans la société du règne de l'argent-roi, où les inégalités ne cessent de s'accroître, et où le sort des immigrés est instrumentalisé pour diviser les Français entre eux ? Car enfin nous sommes tous français, quelle que soit notre origine. Je doute que le projet de Macron soit de rassembler les Français, mais bien plutôt de les diviser entre gagnants de la mondialisation et perdants (la "France périphérique"). C'est pour cela que personnellement je m'abstiens par delà toutes les injonctions morales qui font l'unanimité dans les médias.
On nous dit que la politique n'a rien à voir avec la morale. Effectivement pour moi Macron n'a aucune morale, c'est un Machiavel qui fait une instrumentalisation cynique de la conscience des électeurs pour être élu dans un fauteuil, car il sera élu dans un fauteuil et c'est ce qu'il cherche pour accroître sa légitimité politique, légitimité qu'il ne manquera pas de nous rappeler lorsque sa politique augmentera la fracture entre les Français. Son projet est ultra libéral, il veut donner les pleins pouvoirs aux patrons dans la négociation avec les salariés. Comme si la négociation était une affaire de bonne volonté, et non un rapport de force où les salariés ont besoin de syndicats pour les épauler. Après avoir bouffé les classes populaires, je prédis que sous Macron le monde de l'argent va achever les classes moyennes.
De toute façon Macron sera élu avec plus de 60% des voix.


dimanche 30 avril 2017

Quand tout bascule à l'imparfait


Macron instrumentalise la Shoah contre la "vieille bête immonde". Mais ce ne sont pas les jeunes militants du FN qui rendent impossible l'enseignement de la Shoah, ou qui vont chercher sur internet des faits alternatifs à l'existence des camps de la mort, mais bien plutôt nommons-les, les jeunes de banlieue, issus de la "diversité culturelle", fruits du communautarisme, du multiculturalisme des "cultures en France" contre la culture française, voulus par le libéralisme afin d'exploiter une main d'œuvre à bon marché, peu revendicatrice, de créer du dumping social en défaveur de la population dite de souche, historiquement implantée depuis plus de temps, et qui semble être devenue un obstacle à l'ubérisation de la société, et donc in fine un obstacle à l'enrichissement indécent de ceux qui détiennent les capitaux. Projet d'enrichissement indécent purement matérialiste et vecteur d'aucune valeur morale porté par Emmanuel Macron, sauf quand il s'agit de stigmatiser l'adversaire nourri au mépris que lui voue la caste des heureux de la mondialisation, caste peu nombreuse par définition, mais qui a recourt à l'argument moral pour retourner les foules contre un parti dont les racines plongent dans le pétainisme, même si il se prétend aujourd'hui gaulliste. On traite ce parti comme un adversaire lorsqu'il s'agit d'éliminer les rivaux dangereux tels Mélenchon ou la droite conservatrice de Fillon, puis on le traite en ennemi (du genre humain), lorsque les choses sérieuses commencent, comme l'échéance électorale du second tour : nul doute que la majorité des Français effrayés tombera dans le panneau, pour ma part je prône l'abstention. Ni Macron, ni Le Pen, et tout chantage moral glisse sur moi comme de l'eau sur une plume. 
Globalement lors de ces élections, on pourra dire que la finance internationale déterritorialisée globalement libérale-libertaire a instrumentalisé le FN et la colère populaire pour éliminer au premier tour la vieille droite libérale-conservatrice jugée trop rigide et clivante pour être véritablement efficace afin de mener les réformes qui conduiront à l'ubérisation de la société, et engendrer aussi l'élimination de la gauche de rupture sociale-libertaire de Mélenchon qui remet en cause le pouvoir de l'argent, encore bien plus dangereux pour le pouvoir médiatico-financier que le FN, tout comme dans les années 30 le monde de la finance finit par tout céder à Hitler pour contrer le communisme. Là il s'agit d'un coup de maître, car un quasi plébiscite en faveur de Macron lui faciliterait la tâche, se présentant comme le rassembleur qui a terrassé la bête immonde, rendant impossible toute contestation à son projet d'ubérisation de la société.
On pourrait retourner l'argument de la bête immonde contre Macron, "il est toujours fécond le ventre d'où a surgi la bête immonde". Mais ce n'est pas aujourd'hui le ventre que l'on croit. Ce n'est peut-être pas celui que dénonce Macron qui voit la paille dans l'œil du voisin et ne voit pas la poutre dans le sien. Dans les années 30, c'est la finance internationale qui a cherché à instrumentaliser le nazisme contre le communisme, car les nazis n'ont jamais été favorables au partage des richesses, puis la créature a échappé à son maître. Entre les deux tours la question de l'islamo-fascisme qui recrute dans les banlieues française les aspirants au djihadisme et qui nie la réalité de la Shoah, est passé à la trappe et l'on nous ressort les années 30, mais nous ne sommes plus dans les années 30, la situation est inédite. Cependant comme dans les années 30, c'est toujours l'oligarchie qui a un coup d'avance pour instrumentaliser tout et n'importe quoi contre ses adversaires, jusqu'à ce qu'effectivement une créature immonde sorte de tout ça, et se retourne à nouveau contre son maître, car on ne peut pas impunément chercher à manipuler tout le monde indéfiniment, un jour ou l'autre il y aura un retour du bâton, d'où qu'il vienne. Les salauds ne sont pas ceux qu'on croit quand tout bascule à l'imparfait !




vendredi 28 avril 2017

Catholicisme contre puritanisme anglo-saxon


Les puritains ce sont les libéraux prédateurs, qui veulent toujours se goinfrer plus et n'envisagent aucun partage. Il y a un lien entre l'éthique du protestantisme, l'éthique du capitalisme, le libéralisme économique et le puritanisme. Effectivement au même titre que la discipline philosophique telle qu'elle se pratique aujourd'hui par le biais de maîtres comme Emmanuel Mousset, l'enrichissement personnel est une ascèse qui va à l'encontre de la spontanéité naturelle de l'être humain. Ce qui est tragique n'est pas un problème de fric, Arthur, ce à quoi les gens de votre trempe ramènent tout, ce qui est tragique aujourd'hui c'est le comportement humain au sein de la société, qui n'a plus rien d'humain. Ce que ne cesse dénoncer à juste titre Mélenchon, qui fait ainsi preuve d'humanisme. On a les maîtres qu'on mérite, pour Emmanuel Mousset c'est désormais Xavier Bertrand, pour lequel il a depuis toujours une admiration secrète, pour moi ce serait plutôt les idées de Mélenchon, qui vont dans la bonne direction, par delà la personne. Utopie contre froid réalisme et calcul de son intérêt, je sais je suis un naïf !
Rien à foutre du matérialisme. La renaissance sera spirituelle ou ne sera pas et demande impérativement que l'on pense moins au fric, sinon l'humanité s'éteindra dans cent ans sous le poids des catastrophes écologiques. A mon modeste échelon je suis favorable à une renaissance spirituelle du catholicisme, au moins à l'échelle de la Bretagne. Il faut rétablir de la gratuité dans les rapports humains en lieu et place du calcul égoïste, ce qui aujourd'hui nous tue.
Je sais que mes idées sur la religion sont certainement peu compatibles avec celles de l'extrême gauche de Mélenchon, mais il est le seul dans l'échiquier politique à rétablir de l'utopie dans le débat en lieu et place du calcul. De plus il y a un lien spirituel très fort entre ces deux types de messianisme que constituent le communisme et le catholicisme, alors qu'ils semblent en tout point opposés : ils rétablissent de l'utopie, de l'espérance et de la gratuité dans les rapports humains. Maintenant d'un point de vue réaliste et suivant les prédictions du "mage" Houellebecq, cette renaissance spirituelle se fera certainement en France par le biais de la religion musulmane : l'idéologie ne peut rien contre la réalité. La terre de France ne fut que relativement récemment convertie au christianisme, elle peut très bien changer de sensibilité religieuse : de toute façon, nos gouvernants libéraux s'en foutent royalement, car ils sont dans le calcul et ne pensent qu'au fric. Que la spiritualité dominante soit chrétienne ou musulmane, ils s'en fichent comme d'une guigne, du moment qu'ils se fassent du fric et aident leurs soutiens à en gagner toujours plus. Ils sont déterritorialisés, et vivent dans le monde virtuel que confère l'argent, dans un vœu de toute puissance matérielle et d'immortalité.
D'un point de vue religieux aujourd'hui il n'y a plus une religion qui ait l'hégémonie en France, et comme la religion vient du cœur et non de la raison, on ne peut pas obliger les gens à conserver leurs traditions, si ils ne sont motivés que par des considération purement matérielles, pour ce qui est des Occidentaux d'origine chrétienne. Et on ne peut pas obliger ceux qui veulent les conserver comme les musulmans, à ne pas les conserver.                                         



Il reste une chance aux législatives


On peut aussi remonter plus loin dans l'histoire, lorsque les républicains progressistes de la Révolution françaises ont massacré les Vendéens barbares et catholiques. Non, soyons sérieux, nous ne sommes plus à l'époque de la Révolution française ni dans les années 30. La situation qui se présente est absolument inédite, avec d'un côté le représentant du libéralisme dérégulé, et de l'autre la représentante de sa conséquence, la misère qui appelle la haine. Il est évident que Macron est plus du côté de la raison, mais une raison froide et prédatrice, un simple calcul, ce qu'est devenue la "raison" avec le progrès, et qui n'a plus rien à voir avec la raison généreuse des philosophes des lumières, tels que Rousseau ou Diderot. Et d'un autre côté, Le Pen est du côté de la passion : colère, lyrisme et peut-être surtout chez ses admirateurs, haine sous-jacente.
Devant cette absence de choix entre un désastre annoncé et la cause de ce désastre, cette cause étant le libéralisme dérégulé, sauvage et mondialisé, il n'y a qu'un seul choix comme le laisse entendre à juste titre Mélenchon, sans d'ailleurs le spécifier explicitement : l'abstention. Et il s'agira de récupérer les voix pour Mélenchon au moment des législatives, pour faire pression sur la politique annoncée de casse sociale du président Macron, en vue nous dit ce dernier de libérer le marché de ses entraves, et de s'adapter à la mondialisation.
Quant à Hamon ce n'est qu'un benêt ou un idiot utile instrumentalisé par le PS pour faire barrage à Mélenchon. Car entre le nazisme et le partage des richesses, pour en revenir aux années 30, le grand capital a toujours fait le choix du nazisme, ne serait-ce qu'aujourd'hui pour le brandir comme un épouvantail au deuxième tour, pour étouffer dans l'œuf toute alternative humaniste à la logique froide, implacable et calculatrice du libéralisme dérégulé représenté par Macron, et qui se joue du sort des Hommes en chair et en os. Le grand capital n'a cédé et consenti au partage qu'au moment des trente glorieuses, car après qu'il se fut compromis avec l'occupant nazi, il y eu pression sur lui et cela déboucha sur une parenthèse enchantée qui culmina avec mai 68. Une période de bonheur rarement atteinte dans l'histoire humaine, mais le libéralisme est retombé dans ses excès : le calcul, l'appât du gain et rien d'autre. D'autant plus qu'avec la chute de la religion catholique, le plus pur matérialisme a désormais étouffé toute spiritualité en France et dans les pays occidentaux en général, et qu'une nouvelle spiritualité venue d'Islam, semble éclore dans la violence notamment mais pas seulement, sur des terres jusqu'ici chrétiennes. Mais chrétiennes juste depuis un peu plus de 1500 ans finalement, car avant en Europe il y eu les paganisme celtes, germains et gréco-latins pendant des siècles. Et là il s'agit de bien comprendre l'œuvre de Houellebecq, Soumission, comme une œuvre magistrale, qui semble dans son timing absolument impeccable, avoir tout déclenché, alors que les œuvres d'art ne sont pour rien dans la folie des hommes.
Quant à ton cas, on a bien compris que pour toi l'autoritaire et calculateur Xavier Bertrand est devenu un objet d'admiration, et sans doute un allié objectif dans tes luttes futures.


lundi 24 avril 2017

Le triomphe de Macron


Il est évident que la victoire de Macron est une ruse de la gauche libérale-libertaire pour se maintenir au pouvoir, mais ce n'est pas une victoire du socialisme historique qui s'est construit en rupture avec l'idéologie du libéralisme au XIXème siècle, devant les ravages du progressisme et de l'individualisme bourgeois hérité des lumières. Individualisme bourgeois qui constitue d'ailleurs un héritage dévoyé par rapport à l'esprit de Rousseau ou de Diderot. Enfin ce n'est pas non plus loin de là une victoire des classes populaires. Je suis beau joueur avec Emmanuel Mousset, et je reconnais sa victoire dans cette manche et pour cinq ans, dans la défense des intérêts de la classe qui l'a porté là où il est, au terme d'une partie où la gauche libérale-libertaire a magistralement joué de ruse auprès des naïfs (des "veaux" français), pour porter au pouvoir son poulain.
Le système hérité de mai 68 et d'essence libérale-libertaire au fond, dont Cohn Bendit l’égérie de 68, constitue parmi tant d'autres une figure de proue, a violemment rejeté Fillon le conservateur. On constate qu'une campagne très organisée de "dézinguage" de ce personnage a eu lieu, et tout être sensé doit se demander quels sont les bénéficiaires et les objectifs de cette campagne. Je vous rappelle que tout ce qui fut reproché à M. Fillon était connu tant des journalistes que du monde politique depuis des lustres. L'urgence n'est pas de défendre qui que ce soit, mais de ne pas rester dupe de ce qui se fait et des buts qui sont recherchés. Si le but était la défense de la morale et de l'honnêteté, alors la bataille est venu bien tardivement et elle a ignoré bien des secteurs où elle aurait pu utilement se livrer. Mais nous ne sommes pas naïfs, on sait bien que dans cette histoire, la morale et l'honnêteté sont le cadet des soucis de ceux qui ont lancé cette démolition du candidat Fillon.
Belle question, quel est donc ce "système" ? Une source fantasmagorique pour adepte de complot ? Non, je vous rassure. La réponse est dans les faits mais elle ne vous a pas troublé : le système c'est le pouvoir. Quel pouvoir ? le vrai ! donc celui de l'argent. 1% de la population a entre ses mains 99% de la richesse planétaire et dans ces 1% une fraction infime possède la quasi totalité des richesses. Vous croyez sincèrement que ces possédants veulent être dépossédés du pouvoir que procure ces richesses et être commandés par les "pauvres" ? La réponse est non. Le système est donc ce réseau de pouvoir organisé au sein d'un microcosme qui détient les leviers d'action et le principal levier d'action : le fric. C'est triste mais c'est ainsi et pas besoin de faire référence à des complotistes et autres. La réalité des chiffres est implacable : 8 personnes au monde possèdent même en patrimoine ce que possède la moitié de la population planétaire la plus pauvre cela donne le vertige et permet de comprendre que nos démocraties sont aujourd’hui des simulacres.
Depuis 1989 et la chute du mur de Berlin, les oligarques occidentaux ne sont plus tenus de redistribuer les richesses, pour donner le change, et mettre en avant l'attrait de la démocratie occidentale contre la dictature communiste. Comme il n'y a plus de rival à combattre et de populations à convaincre du bien-fondé de la démocratie, car il n'y a plus d'autres alternatives selon notamment tous les médias aux ordres de la puissance de l'argent, le projet libéral peut s'accomplir dans toute sa particularité totalisante. C'est pour cela qu'en forçant le trait, l'aspect libertaire et non pas du tout conservateur (ce dernier étant porteur de valeurs patriarcales) étant devenu le visage caractéristique du projet libéral, l'exacerbation de la notion des droits de l'Homme dans nos démocratie se fait sous la forme de chasses aux sorcières, dans le plus pur esprit d'intolérance, chasse aux sorcières dont l'essentiel des journalistes y compris artistiques (eux qui se veulent en dehors de la mêlée), sont les agents de police de la pensée. Pourquoi ne pas remettre en cause ce pouvoir des riches ? Car comme l'a dit Yann Moix avec des airs de vierge effarouchée en face de Nathalie Arthaud dans ONPC, "ce serait d'une extrême violence !"
Tout ce que compte de pouvoir (médiatique, politique, intellectuel, culturel...), dans nos démocraties occidentales semble effectivement coalisé contre le reste de la population : ce sont les crocodiles en petit nombre, contre les gnous en très grand nombre. 
Mais peut-être qu'il faut aller plus loin, ce n'est pas notre société qui est injuste, mais c'est bien la Nature qui s'exprime à travers elle, qui est fondamentalement absurde. Ce ne sont pas les prédateurs médiatiques, politiques, sociaux, culturels qui ont voulu être ce qu'ils sont, mais c'est la Nature qui s'exprime de façon sous-jacente à la base de l'organisation sociale, qui les a voulu ainsi. Pour parler comme Schopenhauer, c'est la vouloir-vivre absurde et aveugle de la nature humaine, absolument irrationnel et injuste quant à ses origines, qui s'exprime à travers l'élection de Macron. Le Droit dont s'enorgueillit tant notre monde occidental, est donc fondamentalement de nature absurde, car on n'a pas le droit en réalité de penser autrement : surtout il constitue un héritage dévoyé de la Révolution française, dont l'esprit se voulait celui de Rousseau et de Diderot, plutôt que le caractère individualiste et de rapacité de la bourgeoisie occidentale, au détriment de toute intersubjectivité. Et les ruses de la gauche libérale-libertaire parviennent toujours à désarmer le sens commun, ou la commune mesure, propre au peuple.
En conclusion, et pour modérer mon propos, toute Révolution violente et de rupture risquerait d'aboutir à l'instauration d'un nouveau règne d'injustice, puisque c'est le vouloir-vivre sauvage, ou l'esprit de Dionysos, qui s'exprimerait à nouveau derrière toute nouvelle forme d'organisation sociale d'apparence apollinienne, comme ce fut le cas pour toutes les tentatives d'instaurer des régimes communistes. Ce vouloir-vivre est d'essence absurde et injuste, car il vise le plus souvent la domination et la globalité, c'est-à-dire l'hégémonie idéologique ou l'intolérance. Le seul remède à l'intolérance, serait le pluralisme, la diversité des idées à condition qu'elles trouvent à s'exprimer, et le règne de l'intersubjectivité pour étouffer l'individualisme rapace du libéralisme ; mais en matière de vouloir-vivre absurde, l'intolérance est la norme et la tolérance l'exception : comme le montre la tonalité globalement malveillante des dialogues entre internautes sur la toile. Le chute du mur de Berlin fut quelque part un désastre, en supprimant l'alternative à ce qui constitue désormais le projet libéral globalisant à l'échelle planétaire, et qui divise les Hommes entre eux.
Pour ce qui est de la France, dont Nietzsche définissait le caractère comme étant celui d'une femme, tout le monde l'a toujours trahi d'une façon ou d'une autre, c'est même devenu un sport national, dès le plus jeune âge par l'éducation à la haine de soi et de son identité. Macron ne sera pas le premier ni le dernier à s'adonner à ce sport, la France est par excellence le pays de la guerre civile, des coups bas et de la trahison. Qui est français en France ? On s'y définit d'abord par ses origines : basques, bretonnes, juives, corses, musulmanes, italiennes, polonaises, espagnoles, portugaises, berrichonnes etc., avant de se définir comme français. Cela permet en outre de se dédouaner de toute la culpabilité liée au fait d'être français : croisades, esclavagisme, génocide vendéen, colonialisme, collaboration, idéologie française à la base de l'idéologie nazie etc. On est français quand tout va bien, mais dès qu'une grosse crise pointe le bout de son nez, chacun veut reprendre ses billes et ne veut plus faire preuve d'aucune solidarité, ni assumer un héritage souillé de tant de sang et de crimes. C'est pour cela que Macron préfère botter en touche et parler de "cultures en France", plutôt que de culture française : Macron ne veut pas assumer l'héritage collectif de la France et préfère jouer "perso", c'est un microbe comparé à de Gaulle, qu'on se le dise...

samedi 11 mars 2017

Macron et les gnous


Et si Macron n'était pas du tout un touriste, mais un crocodile parmi les crocodiles. Quant au "peuple" (je sais qu'il ne faut pas employer ce mot, trop connoté populiste), et si c'était le troupeau de gnous. Pourquoi ne faut-il pas employer le mot « peuple » ?
D'une part parce que cela pourrait indiquer une éventuelle solidarité entre ses membres, or ce n'est pas le cas. D'autre part parce que l'« oligarchie » (encore un autre mot connoté populiste) cherche à individualiser le destin de chacun, en le coupant de tout monde commun (si ce n'est à travers les événements sportifs, si piteux généralement pour les Français d'ailleurs), cela fait partie du projet libéral. Tant pis pour les victimes, en général le plus gros du troupeau de gnous parvient à atteindre l'autre bout du gué, seuls quelques uns terminent lacérés puis broyés dans le ventre des crocodiles.

On me répond : "Le crocodile est un animal plus gentil que sa réputation. Simplement, il ne faut pas le chercher." Certes, certes, peut-être.

Je ne sais pas si les crocodiles sont des animaux gentils, mais en tout cas ils sont cannibales entre eux...

De toute façon ce ne sont pas les crocodiles qui ont voulu être ce qu'ils sont, mais la nature qui les a voulu ainsi.
Il en est de même pour tous les membres de l'espèce humaine et tout particulièrement les hommes politiques, qui en sont les prédateurs. Mais eux-mêmes ne sont rien face aux super-prédateurs qui les font et les défont. Et puis la machine libérale surpuissante connaît parfois des ratés, comme Trump ou le Brexit.
Ce sont de petits ratés pour l'instant, facilement rattrapables, car tout a été soigneusement réfléchi, calibré et affiné par nos penseurs libéraux depuis trois cents ans d'idéologie bourgeoise (avec les deux grands ratés historiques que constituèrent tout de même le marxisme-léninisme et le nazisme, qui sont la part de folie que contient tout projet totalisant), dormez braves gens...

On peut vivre et même bien vivre dans ce monde, mais il faut pour cela accepter qu'il obéit à une logique et une nécessité, et donc à une volonté de manipulation qui nous échappe.
D'autre part le destin de chacun y est tellement individualisé, qu'il ne faut pas y être rendu victime par les circonstances, qui trouvent le plus souvent leur origine dans la généalogie familiale.
Cette dernière y est l'exclusive garante de l'équilibre personnel, quand tous les éventuels tuteurs extérieurs, sociaux, collectifs ou religieux, ont été finalement détruits par la logique totalisante et réductrice à l'individu, du libéralisme : ce qu'on appelle les droits de l'homme, qui sont aujourd'hui dans la façon dont ils s'expriment, une nouvelle forme de totalitarisme... soft !


jeudi 9 mars 2017

Le fanatisme est la volonté des faibles et des timides


J'ai trouvé par hasard cette lettre sur internet, qui peut fournir un contrepoids au discours brutal et plein de mépris pour les "faibles", que tient généralement Emmanuel Mousset dans son blog, par avance acquis, et de manière quasi fanatique aux valeurs délétères du néolibéralisme, "pour notre bien à tous" nous dit-il...

"Cher Pierre,

Il n'y a que toi qui puisse me comprendre car nous avons certainement vécu une enfance similaire, carencé affectivement.
J'ai dû pour ma part endurer un père violent et dévalorisant, et un mère sèche affectivement (éteinte par mon père ? Oui mais pas seulement). Bref notre "pathologie" commune nous rend un peu extra lucide, mais nous anticipons peut-être trop rapidement la chute de notre monde.
Notre monde est en voie d'effondrement, nous le percevons. Pour nous je ne sais pas si il vaudrait mieux qu'elle soit rapide ou lente. Avec Macron au pouvoir, il n'y aura aucun changement si ce n'est l'amplification de la chute causée par des mesures toujours plus ultra libérales, toujours plus déterritorialisantes, toujours plus aliénantes pour les gens fragiles. Avec MLP, il y aura peut-être de bonnes mesures, mais les gens violents et identitaires, racistes et antisémites risquent de se croire tout permis, et de faire des ravages : cependant cela mettrait peut-être fin au mépris bobo, donc bourgeois pour le peuple, ceux que tu dis d'origine paysanne.
Tout le peuple est globalement traumatisé par la mondialisation, les relations humaines ne sont plus les mêmes que dans les années 70. Il n'y aura pas de retour en arrière, le monde va se dégrader dans la fuite en avant de l'aventure libérale, qui nous vient en grande partie des Etats-Unis, et même Trump ne renoncera jamais à ce modèle délétère, qui fait globalement plus de victimes que de gagnants. L'effet pervers du système est que les gagnants ont bonne conscience, car en plus ils se sentent investis des valeurs des droits de l'Homme, alors qu'en réalité ils se comportent comme de purs prédateurs : rien n'a changé et rien ne changera jamais, les gagnants auront toujours bonne conscience et les victimes mauvaise conscience.
Je crois que Nietzsche avait conscience de cette fracture et je crois même qu'il encourageait les "forts" à faire preuve de plus de dureté, et les "faibles" à périr. Les forts ou gagnants en système libéral, attribuent leur force à leur mérite, c'est ce qui leur donne bonne conscience. Ils pensent mériter ce qu'ils ont acquis, et les faibles culpabilisent de leur faiblesse, qu'ils attribuent à leur manque de mérite, et en vertu des valeurs du système libéral : double peine donc... Donc les forts méprisent les faibles, car ils pensent que les faibles auraient pu être autre chose que ce qu'ils sont si ils l'avaient voulu. Or en réalité ni les forts ni les faibles n'ont réellement voulu être ce qu'ils sont, c'est la nature qui effectivement les a voulu ainsi.
Au temps du catholicisme la domination temporelle des forts sur les faibles était justifiée, et les relations hiérarchiques encouragées, par le fait que dans la dimension de l'au delà, la dimension spirituelle donc, les faibles étaient censés trouver leur revanche et triompher à leur tour des forts. Or aujourd'hui c'est la science de Darwin notamment et jusqu'à la notion des droits de l'Homme, qui finalement justifient la domination des forts sur les faibles, in fine fondée en droit, en régime méritocratique à forte connotation libérale. Le résultat est le même, dans la nature les forts dominent les faibles, la nature reste la même sous régime catholique ou libéral : injuste. La seule différence est que les faibles n'ont plus de consolation comme dans la religion catholique, mais dans les deux cas la domination des forts est toujours justifiée et fondée en droit, la dimension spirituelle a juste été éclipsée par notre modernité libérale.
Bref le monde va sans doute s'effondrer car il n'y a plus de garde fou au mépris des forts et à l'auto dépréciation des faibles ; mais malheureusement cette chute risque de durer encore longtemps avec des relations intersubjectives toujours plus dégradées, des femmes occidentales qui ne font plus d'enfants, des musulmans pleins de vitalité et bien décidés à submerger notre civilisation. Il faut se dire que notre civilisation l'aura bien mérité, dominée qu'elle est par les valeurs du libéralisme et de l'économie, comme si l'être humain n'était qu'un pur Homo œconomicus ! Ma mère n'est qu'un être méprisable sans compassion, totalement corrompue par les valeurs du système, qui n'a fait qu'un seul enfant, et qui n'a même pas été foutue de s'en occuper convenablement préférant le sacrifier aux valeurs du système, dont l'orientation est purement d'ordre économique. Je ne sais pas quoi faire de ma mère et de la relation pourrie que j'ai avec elle. Elle est à proprement parler une représentante du système, et elle le défendra de toutes ses forces car elle est persuadée qu'il est bon, car elle est persuadé qu'il s'agit d'un Etat de droit qui défend les droits de l'Homme et notamment les droits des femmes. Quant à mon père tu as bien compris qu'il s'agit d'un pervers sadique, qui a choisi délibérément de me détruire, car il ne pouvait pas atteindre ma mère : au fond il a un état d'esprit d'impuissant, qu'il est peut-être...

Paul"