vendredi 10 août 2018

Marx était-il réellement socialiste ?



En réponse à une critique de Marx que me faisait un interlocuteur sur un forum politique : « le marxisme a un impensé : le fait religieux, spectre qui hante le communisme et rend tout marxiste incapable de considérer la religion autrement que comme un épiphénomène (une fois la société transformée, l'opium disparaît, devenu inutile). Que d'erreurs. »

À quoi répondait un marxiste contemporain : « Ce n'est pas la religion supprimée qui supprime le besoin illusoire d'un monde plus réel que l'existence, c'est la réforme de la conscience qui supprime le besoin d'opium. »

Et pour justifier son propos il se lançait dans une vaste citation de Marx lui-même : « L'avantage de la nouvelle tendance, c'est justement que nous ne voulons pas anticiper le monde dogmatiquement, mais découvrir le monde nouveau, en commençant par la critique du monde ancien. Jusqu'ici les philosophes détenaient la solution de toutes les énigmes dans leur pupitre, et ce monde bêtement exotérique n'avait qu'à ouvrir le bec pour que les alouettes de la science absolue lui tombent toutes rôties dans la bouche. La philosophie s'est sécularisée, et la preuve la plus frappante en est que la conscience philosophique elle-même se trouve entraînée dans le tourment du combat de manière non seulement extérieure [dans la pratique], mais aussi intérieure [dans la théorie]. Si la construction de l'avenir et l'achèvement pour tous les temps n'est pas notre affaire, ce qu'il nous faut accomplir dans le présent n'en est que plus certain, je veux dire la critique impitoyable de tout l'ordre établi, impitoyable en ce sens que la critique ne craint ni ses propres conséquences ni le conflit avec les puissances existantes. [...]. Voilà pourquoi je ne tiens nullement à ce que nous arborions un drapeau dogmatique, bien au contraire. Notre tâche, c'est d'aider les dogmatiques à bien comprendre leurs propres thèses. [...]. C'est pourquoi, en partant de ce conflit de l'État politique avec lui-même [qui se manifeste par des troubles sociaux], on peut dégager partout la vérité sociale. De même que la religion est le sommaire des luttes théoriques de l'humanité, de même l'État politique est le sommaire de ses luttes pratiques. L'État politique exprime donc dans sa propre forme, sub specie rei publicae, comme République [la chose publique, l'intérêt général], toutes les luttes, tous les besoins, toutes les vérités de la société. [...]. Par conséquent, rien ne nous empêche de relier notre critique à la critique de la politique, à la prise de parti en la politique, donc à des luttes réelles [plutôt qu'à des luttes dogmatiques], et de nous identifier à ces luttes. Nous ne nous présentons pas alors au monde en doctrinaires armés d'un nouveau principe : voici la vérité, agenouille-toi ! Nous développons pour le monde des principes nouveaux que nous tirons des principes mêmes du monde. Nous ne lui disons pas : « renonce à tes luttes, ce sont des enfantillages ; c'est à nous de te faire entendre la vraie devise du combat ». Tout ce que nous faisons, c'est montrer au monde pourquoi il lutte en réalité, et la conscience est une chose qu'il doit faire sienne, même contre son gré. La réforme de la conscience consiste uniquement à rendre le monde conscient de lui-même, à le réveiller du sommeil où il rêve de lui-même, à lui expliquer ses propres actions. [...]. Notre devise sera donc : réforme de la conscience, non par des dogmes, mais par l'analyse de la conscience mystique, obscure à elle-même, qu'elle se manifeste dans la religion ou dans la politique. On verra alors que, depuis longtemps, le monde possède le rêve d'une chose dont il lui suffirait de prendre conscience pour la posséder réellement. On s'apercevra qu'il ne s'agit pas de tirer un grand trait suspensif entre le passé et l'avenir, mais d'accomplir les idées du passé. On verra enfin que l'humanité ne commence pas une œuvre nouvelle, mais qu'elle réalise son œuvre ancienne avec conscience. » - Lettre à Arnold Ruge, sept. 1843 »



Bon, bilan des courses, Marx était sans doute un mégalomane qui avait « les yeux plus gros que le ventre », il s'est proposé de transformer le monde plutôt que de l’interpréter, ou autrement dit il n'a fait preuve d'aucune finesse. Dans ses doigts trop grossiers, dans son très fort appétit de tout posséder, dans son désir de maîtrise et d'Absolu d'inspiration hégélienne, en réalité il a enfermé tous ceux à qui il a servi de modèle monolithique, dans les geôles de sa vision du monde qui était aussi une interprétation, même si il s'en défend puisqu'il pensait détenir la vérité ultime.
En gros il s'est pris pour Dieu, ou tout du moins un messie, pour un créateur de religion, celle du matérialisme historique, une doctrine messianique. Ce que je ne lui reproche pas totalement, car il y a un tel vide de transcendance dans notre société qu'il est probable que bientôt on n'enterrera même plus les morts, car quand le monde aura basculé dans le nihilisme, on aura oublié la signification de ce rituel devenu soudain vide de sens... et on n'aura plus le temps dans un souci d'efficacité, et on trouvera ça trop cher dans un souci de rentabilité.
Le monde désormais est effectivement vide de ce qui faisait le propre de l'homme, sa part maudite au sein du règne animal, ce qui est toujours en excès de ce qu'un animal est censé être : la capacité de l'homme à faire preuve de transcendance, et donc sa condition de créateur de religions en voie d'oubli. Ce que précisément n'avait pas oublié Marx, et sur ce point on peut le louer pour son ambition, proprement humaine finalement, et Nietzsche aurait ajouté aussitôt humaine trop humaine !

Cependant pour modérer mon propos sur l'estime que je peux avoir pour Marx, il est tout aussi évident que la religion du bonheur des peuples que Marx s'est efforcé de créer, n'était pas une belle religion, même si c'était celle qu'il croyait devoir nécessairement découler des rapports de productions entre les classes sociales bourgeoises et prolétariennes. On l'a vu dans ce que les communistes ont fait des pays où ils ont exercé le pouvoir, en mettant toute l'énergie disponible au service du développement des moyens de production.
Ils ont soigneusement « oublié » en outre, de redistribuer les richesses au peuple et ont favorisé la création d'une nomenklatura de privilégiés. Ils ont été tout aussi dissimulateurs, fourbes et vénaux que ceux qu'ils condamnaient : les bourgeois.
La fourberie, la dissimulation, encore un comportement typique de ceux qui se targuent de vertu, c'est-à-dire tous les tartufes que furent globalement les communistes, et que continuent d'être aujourd'hui les bourgeois dans un pays comme la France, depuis un peu plus de 200 ans. Tout cela nous ferait presque regretter l'aristocratie, qui avait des valeurs, les exhibait, et ne se dissimulait pas derrière le mensonge permanent.
D'autre part, encore plus qu'en régime capitaliste de l'époque, les communistes ont saccagé les écosystèmes, pollués immodérément, fait disparaître des mers ancestrales, des forêts entières etc. Pour mettre toute l'énergie des ressources naturelles ainsi immodérément exploitées, toujours au service du développement des moyens de production, afin de soi-disant rattraper leur retard économique sur les pays occidentaux. Mais cela justifiait-il de sacrifier le peuple et le monde sensible ? Non je ne le pense pas, et c'est pourtant ce qu'ils ont fait !

On peut toujours gloser sur le fait de savoir si les communistes avaient mal interprété Marx ou non ? Je ne le pense pas qu'ils l'aient si mal interprété au fond. Marx avait vocation malheureusement à susciter une forme de religion matérialiste historiquement ultra monothéiste et monolithique, avec culte de la personnalité, sans remise en question possible de la vision du monde du gourou qu'il constituait aux yeux de ses lecteurs et disciples souvent fanatisés.
Au passage, aujourd'hui le monde crève de ce même dogmatisme mais dans l'autre camp, à travers l'idéologie néolibérale ultra-monolithique, qui a pris son plein essor sous l'impulsion de Thatcher et Reagan au tournant des années 80, et qui profite aujourd'hui de la chute du communisme pour montrer son vrai visage dogmatique voué à susciter des vocations de fanatiques. Le culte de la personnalité profite aujourd'hui plutôt au multi-milliardaires, essentiellement des GAFA et de la Silicon Valley, qui sont aux yeux de beaucoup de nos contemporains, les masses fanatisées à la propagande publicitaire et politico-médiatique, comme les héros de la modernité

Je sais qu'il ne faut pas dire ce genre de chose sous peine de désespérer les classes populaires, comme le pensait Sartre, « il ne faut pas désespérer Billancourt ! » ; mais de toute façon en France en tout cas -  je ne sais pas en Belgique - le communisme et même l'œuvre de Marx, je persiste à le dire parce que je l'ai observé lors de mes études de philo, sont complètement discrédités et taxés du mal ultime d'antisémitisme. Évidemment ils sont discrédités au sein des élites, qui au passage ne se rendent pas compte qu'elles adhèrent à une nouvelle forme de dogmatisme néolibéral tout aussi destructeur des équilibres anthropologiques et environnementaux que le communisme ; mais également au sein des couches populaires qui n'ont plus aucun espoir en rien, et votent massivement pour Mélenchon ou Marine Le Pen, en désespoir de cause et sans réelle adhésion à une idéologie ou même un vague programme, ce que tous les observateurs caractérisent à raison comme étant l'expression d'un vote de rejet.

Si espoir il devait y avoir il faudrait s'aider de l'œuvre de Marx, mais sans la considérer comme le chef d'œuvre indépassable et absolu de celui qui a tout compris. Autrement dit il y a d'autres auteurs socialistes que Marx, dont il conviendrait de s'inspirer tout autant que de lui. Un parmi les autres, mais pas un plus que les autres, sans contester le fait que Marx constitua sans doute le plus brillant d'entre eux. Sinon cela ne s'appelle plus du socialisme mais du dogmatisme (ce que furent les communistes : des dogmatiques de leur idéologie). Talent de Marx gâché donc malheureusement par sa mégalomanie d'inspiration hégélienne.
Hegel pensait lui aussi que sa philosophie constituait le chef d'œuvre ultime, l'aboutissement de toute la philosophie occidentale.

Ce sont de tels comportement de surestime de soi qui sont en totale contradiction avec un idéal d'inspiration populaire de décence commune (Common decency, George Orwell), que devrait bannir tout socialiste digne de ce nom.



mercredi 8 août 2018

Est-ce que Marx peut réellement nous sauver ?



Je crois avoir trouvé la cause de tous nos problèmes, tout en étant incapable d'en trouver la solution ou autrement dit, est-ce que Marx peut réellement nous sauver ? Ou sommes-nous condamnés à faire éternellement les mêmes erreurs ?

C'est rien du tout mon cas particulier, ma maladie endogène est évidemment due à ma relation à papa/maman, pas au libéralisme ou alors très marginalement, et à une volonté consciente ou inconsciente et infanticide à mon égard. Mais bon il faut s'ouvrir des perspectives, sinon on est condamné à végéter, et l'on ne peut en outre se satisfaire du monde « tel qu'il est », car il est vraiment trop mal foutu.
Mais bon je respecte toutes les opinions de personnes dites « saines ». Si cela vous permet de vivre plus heureux et surtout avec BONNE CONSCIENCE, il n'y a que ça qui compte. Bon ! L'idée également que l'idéologie libérale sans alternative possible soit devenue une saloperie, c'est aussi selon moi, une réalité, pas seulement «  ma » réalité.

Mais c'est vrai aussi que l'on peut ouvrir des perspectives encore plus larges, en faisant remonter la chaîne de causalité au sein d'une tradition philosophique occidentale, qui commence sérieusement avec la métaphysique du sujet, telle qu'énoncée par Descartes.
Métaphysique du sujet, qui nous a finalement conduit à l'aporie où nous nous trouvons à la fois collectivement, mais aussi et c'est bien ce qui fait problème ; en même temps comme atomes isolés. 

Nous éprouvons désormais, en l'absence de monde commun (puisque c'était le vertu des religions, de relier les hommes entre eux), des difficultés de communication entre nous, pour précisément se faire part les uns les autres du grand danger que nous courons. « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve », je ne souscris plus à cette formule du poète Hölderlin.

Et à force de creuser cette idée du grand danger que nous courons, j'en suis arrivé à rencontrer tout un tas de gens qui sont dans un état, mais alors infiniment pire que le mien, croyez-moi.
Alors qu'ils partaient avec toutes les billes pour avoir une belle vie. De grands propriétaires parfois, de grands bourgeois qui se sont retrouvés broyés par le système, qui ont chopé un cancer, d'autres qui se sont vus poussés au suicide pur et simple parce qu'on leur en demandait trop dans leur boulot etc.

Et j'en arrive ainsi à la conclusion que tous ces accidentés de notre société libérale, petits comme grands, qui en sont les victimes, n'ont même plus cette consolation d'avoir accès au tragique de leur condition par l'art, mais sont seulement renvoyés à son absurdité, brutalement et cyniquement.
Petits prédateurs ironiques et cyniques, ils ont été broyés par de plus gros prédateurs, mais ils ne valaient pas mieux « moralement » que leurs bourreaux, vous me suivez ?
Ou autrement dit, mon père avait sans doute raison quand il me disait quand j'étais petit garçon que, « tous les hommes sont des salauds. », cette vérité, cyniquement et brutalement exprimée, j'ai longtemps refusé de l'entendre. 

Car les victimes du système capitaliste ne disparaissent plus avec les « honneurs de la scène », grâce à des artistes qui étaient encore là pour raconter toutes leurs histoires particulières, singulièrement tragiques, mais juste dans une rubrique nécrologique, catégorie : « chiens écrasés ».

Houellebecq est précisément un poète de notre temps, car il décrit notre condition avec un langage cru rempli de lassitude, empreint d'une monotone mélancolie banale, et en souligne l'absurdité féroce plus que l'aspect tragique.

Il y a un tel vide de transcendance dans notre société, qu'il est probable que bientôt on n'enterrera même plus les morts, car tout le monde aura oublié la signification de ce rituel devenu soudain vide de sens.
Le monde désormais est vide de ce qui faisait le propre de l'homme, sa « part maudite » au sein du règne animal, ce qui est toujours en excès de ce qu'un animal est censé être : la capacité de l'homme à effectivement faire preuve de transcendance, et donc sa condition de créateur de religions en voie d'oubli.

mardi 7 août 2018

Le réchauffement climatique et le burn out



Il y en a qui nient la réalité de cette maladie professionnelle, tout comme ils nient le réchauffement climatique.

Mais bon je me pose la question de l'efficacité d'une discipline comme la psychiatrie et plus précisément de la psychanalyse, pour soigner les maladies mentales comme le « burn out » au XXIème siècle.
Certes les médicaments soulagent, et la psychanalyse pense tout régler par la relation papa/maman, alors que la névrose ou la psychose sous-jacentes que le « burn out » peut révéler, questionnent en réalité tout le fonctionnement de la société, et pas seulement le très réducteur rapport papa/maman.
C'est aussi une des fonctions (de contrôle) de la psychanalyse d'enfermer le malade dans sa maladie, alors que le malade pourrait un peu mieux s'en sortit en questionnant le fonctionnement du monde et ses effets dans l'apparition de sa maladie, comme le « burn out ».
Bien souvent en réduisant le malade à sa maladie, et à son rapport papa/maman, le thérapeute en réalité ne fait que culpabiliser le malade, lui fait éprouver un sentiment de honte vis à vis de l'origine de sa maladie, qu'elle soit génétique (un élément d'explication de plus en plus fréquent), ou qu'elle soit psycho-affective. 
Je pense réellement que de nos jours la psychanalyse est devenue davantage un instrument de contrôle finalement que d'émancipation, comme elle a pu l'être peut-être à une époque. Car la psychanalyse de nos jours, tout comme mai 68, a été récupéré par le pouvoir dominant au service de l'idéologie libérale.

Le « burn out » semble bien être une maladie spécifique au libéralisme selon moi, tout comme le réchauffement climatique est une « maladie » de la planète face aux effets délétères du capitalisme. Et si le libéralisme est bien capable de détruire à ce point la planète, pourquoi ne serait-il pas tout aussi légitime de dire qu'il abîme considérablement le fonctionnement psychique de l'être humain ? L'idéologie libérale n'émancipe pas, elle aliène, abîme la planète, et crée de la pathologie mentale, alors que faut-il penser du libéralisme ? 
Doit-on laisser cette idéologie continuer à faire ses ravages en toute impunité ? 
N'est-il pas venu le temps de dire NON à cette idéologie, qui déjà en pousse beaucoup au suicide ? 
Est-ce que l'on va continuer de se laisser abuser par le bonheur artificiel qu'on nous présente comme un modèle, dans tous les spots publicitaires à longueur de journée ? 
Et si nous ne nous soulevons pas tous massivement et le plus tôt possible, il sera trop tard. Bon je dis ça, je dis rien...

En outre comme le souligne Houellebecq dans un texte qui peut paraître misogyne et non politiquement correct comme à son habitude, outre sa fonction de contrôle social, la psychanalyse encourage les comportements néo-libéraux, c'est-à-dire privés de toute morale et de toute décence commune (common decency, George Orwell) : « Une femme tombée entre les mains des psychanalystes devient définitivement impropre à tout usage, je l’ai maintes fois constaté. Ce phénomène ne doit pas être considéré comme un effet secondaire de la psychanalyse, mais bel et bien comme son but principal. Sous couvert de reconstruction du moi, les psychanalystes procèdent en réalité à une scandaleuse destruction de l’être humain. Innocence, générosité, pureté… tout cela est rapidement broyé entre leurs mains grossières. Les psychanalystes, grassement rémunérés, prétentieux et stupides, anéantissent définitivement chez leurs soi-disant patientes toute aptitude à l’amour, aussi bien mental que physique ; ils se comportent en fait en véritables ennemis de l’humanité. Impitoyable école d’égoïsme, la psychanalyse s’attaque avec le plus grand cynisme à de braves filles un peu paumées pour les transformer en d’ignobles pétasses, d’un égocentrisme délirant, qui ne peuvent plus susciter qu’un légitime dégoût. Il ne faut accorder aucune confiance, en aucun cas, à une femme passé entre les mains des psychanalystes. Mesquinerie, égoïsme, sottise arrogante, absence complète de sens moral, incapacité chronique d’aimer : voilà le portrait exhaustif d’une femme analysée. »

lundi 6 août 2018

Attali, ce faiseur de Rois


Pendant ce temps là en France, la logique libérale bat son plein, créant toujours plus de misère dans l'indifférence générale, car les intellectuels français ont cette tendance lourde que dénonçait déjà Rousseau en son temps : « Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d'aimer ses voisins ».

La tendance lourde, trop lourde, des intellectuels français contemporains, quasi exclusivement libéraux sous peine d'excommunication de toute vie mondaine et/ou parisienne, le fameux parisianisme des salon éclairés, pfff... foutaises !!!

Pour aller dans le sens d'Arnaud, un intellectuel belge c'est-à-dire faisant partie d'un cercle de pensée non complètement contaminé par le « parisianisme », qui est aussi un genre d'idéologie qui vise à l'intimidation de l'adversaire par l'excommunication et le bannissement de toute vie sociale, Attali ce « faiseur » de Présidents français a lui-même consacré un ouvrage à Marx, que j'ai retrouvé dans ma bibliothèque et que j'avais lu il y a pas mal de temps. Karl Marx ou l'esprit du monde, et qui selon lui a fait l'apologie du libre échange et de la mondialisation... Bref les communistes l'auraient mal lu, mal interprété, et seuls les démocrates libéraux en auraient fait une bonne lecture.

Reste à savoir si oui ou non, il y aura dépassement d'un capitalisme devenu universel ? On en prend franchement pas le chemin selon moi, alors que pour un libéral comme Attali, tout semble aller simplement pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais qu'est-ce que c'est que ce fameux « dépassement », le partage des richesses, la concorde universelle entre les hommes ?
En tout cas Attali fait selon moi une interprétation très libérale de Marx, qui en constitue aussi une forme de récupération, tout comme on voit très bien comment un mouvement avec des composantes anarchistes comme mai 68, a totalement été récupéré par le pouvoir dominant en France, avec la complicité de la plupart des baby boomers, vénaux et intéressés...

Un tel comportement de récupération d'idéaux au départ désintéressés fait se poser des questions sur la nature humaine, particulièrement quand elle vieilli, quand elle passe de l'enthousiasme et l'idéalisme de la jeunesse, au froid réalisme de l'âge mûr et du calcul (« les eaux glacées du calcul égoïste »).

Outre qu'elle a du mal a supporter comme vous le dites la jouissance d'autrui, et ne s'en réjouit pas du tout, bien au contraire par jalousie, la nature humaine en vieillissant semble aussi avoir du mal à accepter son propre bonheur. Mais cette jalousie peut aussi se transformer en saine émulation, si les inégalités ne sont pas trop criantes entre les hommes, vectrice d'émancipation : il s'agit de fournir à chacun l'occasion de pouvoir saisir sa chance à un moment ou à un autre de sa vie, par saine émulation, par cette rivalité sans jalousie mais pacifique et rieuse, que vantaient déjà les Grecs pour atteindre l'excellence.

C'est pour cela que Michéa me paraît plus sage et cohérent que Marx, trop orgueilleux et dictatorial dans sa vie privée et dans son oeuvre, avec l'idée centrale du philosophe contemporain inspiré par Orwell, de « décence commune », plutôt même que de songer au « grand soir », et tout ce que cette idée peut avoir d'une utopie irréalisable, et pouvant s'avérant meurtrière lorsqu'on souhaite la réaliser.
Avec l'idée très morale au fond de « décence commune », il convient aussi de ne pas susciter la jalousie des autres hommes, par une exhibition outrancière de ses richesses, de ses conquêtes féminines (ou masculines lorsqu'on est une femme), voire de son capital culturel, hormis le fait qu'il s'agit aussi et surtout du vœu que des hommes n'en oppriment pas d'autres au nom d'une logique de profit. Or cette conception de « décence commune », on la trouve surtout dans des morales héritées du passé, que le libre échange et la mondialisation tant vantés par Marx, antiréactionnaire devant l'éternel, ont contribué à détruire.

Donc ma conclusion est, que face au désert moral, face au « peuple de démons » même qu'évoque Michéa, qui se pose parfois effectivement plus la question de savoir quels enfants nous allons laisser à la planète (par le biais d'un formatage et d'un conditionnement de merde), plutôt que de savoir quelle planète nous allons laisser à nos enfants, qu'aura laissé l'exacerbation du libre échange et de la mondialisation, aucun dépassement vers plus de solidarités, de fraternité et de concorde universelle ne sera possible, car non seulement la planète mais les êtres humains eux-mêmes, seront totalement ruinés et « pourris »... écologiquement pour la planète, sur le plan moral, c'est-à-dire celui de l'éthique pour l'être humain. Et alors c'est bien « un monde à la Mad Max » que nous prédit comme avenir possible, voire probable, Michéa, si rien n'est fait pour infléchir l'avidité et l'immoralité de l'homme et tout particulièrement de nos élites, vers plus de « décence commune ».

Reste à savoir comment susciter de la « décence commune » (idée orwellienne reprise par Michéa), puisque le passé porteur de morale traditionnelle est révolu ? Et que libéraux, comme lecteurs progressistes de Marx, ne souhaitent pas le voir resurgir. L'enseignement de l'ignorance dont parle Michéa, c'est aussi cette ignorance là : l'ignorance de la décence, héritée jusqu'à il y a peu de temps, d'une morale commune.

Michéa parle d'une école de plus en plus au service d'une idéologie de la performance et de la réussite, machine à fabriquer des « démons » vénaux. à l'ego démesuré, ayant remplacé dans leur mode de fonctionnement, la raison pratique (l'éducation civique notamment : il y a des choses à faire d'autres à ne pas faire), par une raison hypothétique (pour atteindre un objectif je dois faire ceci ou cela, ou encore la légitimation de l'adage : « la fin justifie les moyens »).
Une école qui a surtout oublié sa vocation initiale de transmission d'un héritage commun. Même si ce fut un héritage très controversé et bourgeois, qu'un Bourdieu n'a cessé de pourfendre, favorisant l'installation en lieu et place de l'héritage bourgeois pourfendu, d'une pédagogie vide et stérile qui ne transmet que de la vacuité, et qui ne permet plus de susciter des vocations intellectuelles susceptibles d'émettre une critique construite et cohérente du système capitaliste, dont Michéa semble être un des derniers, si ce n'est le dernier, à le faire.

Bon je sais mon raisonnement s'avère plus long que prévu, mais il a moins vocation à vous convaincre de quoique ce soit que de m'aider à rassembler mes idées, qui souvent sont dispersées et s'expriment dans une pulsion, d'inspiration anarchiste par ma filiation, d'éclatement.




dimanche 5 août 2018

Le monde contemporain « tel qu'il est », est absurde plutôt que tragique


Je vous cite (un interlocuteur sur un forum politique) : « Grâce à lui Hollande et à son successeur Macron, la classe dite « moyenne » n’existera bientôt plus, remplacée par les très riches et les pauvres, plus facile à contrôler, etc. »

Pensez-vous réellement que nos dirigeants aient un iota de marge de manœuvre, par rapport à une époque dont ils sont le fruit, est qui est le monde tel qu'il est, une construction idéologique, et pas une philosophie en réalité, qu'on appelle aujourd'hui ultralibéralisme ou néolibéralisme, et qui les dépasse très largement au sein d'une chaîne de causalité qui a proclamé que l'homme est « maître et possesseur de la nature » ?

L'idéologie libérale n'est qu'un des multiples fruits, mais qui a pris racine et s'est transformé aujourd'hui en arbre gigantesque de la mondialisation libérale et capitaliste, de la métaphysique du sujet, telle qu'énoncée par Descartes, se proposant comme projet la maîtrise et la possession de la nature qui nous entoure.
Au passage d'ailleurs où les animaux étaient réduits au rang de machines insensibles, et donc exploitables à merci, ainsi que tout le reste du monde sensible (désensibilisé donc par la métaphysique du sujet).

Une telle conception métaphysique découle d'ailleurs d'une conception religieuse qui remonte à l'Ancien Testament, qui est une théorie anthropocentriste, où toute la création, flore et faune, est au service de l'homme, ceci est expliqué dans la Genèse.
Genès
e 1 contient l'ordre du Créateur à l'homme créé à l'image de Dieu : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre » (v. 28).

Mais je voudrais ajouter que le libéralisme n'est pas une philosophie mais une idéologie, et que nos deux derniers dirigeants Hollande et Macron, mais aussi tous les autres, surtout depuis Mitterrand, sont avant tous des idéologues avant même d'être des hommes d'État, dont le dernier en date fut de Gaulle, qui lui seul fut un bon exemple pour les riches et les pauvres, et les classes moyennes aujourd'hui effectivement en voie de disparition.

Le monde « tel qu'il » est aujourd'hui une construction idéologique que l'on doit en grande partie aux premiers théoriciens du libéralisme (Locke, Boisguilbert, Mandeville, Montesquieu, Hume, Smith, Condorcet...), puisque c'est finalement cette doctrine, cette conception de l'homme qui l'a emporté sur toutes les autres. Ce n'est pas du tout un état naturel du comportement humain et du monde sensible qui l'entoure, mais c'est aujourd'hui la réalité. On a tendance aujourd'hui à considérer que tous les philosophes des Lumières étaient des libéraux, mais d'abord considérons qu'ils ont écrit leurs œuvres dans un autre contexte que le nôtre. Il est évident que si des caractères tels que Rousseau, Diderot ou dans une moindre mesure Voltaire étaient de retour, ils lutteraient avec la même énergie contre l'absence de tolérance et de liberté impliquée par l'idéologie libérale, le dogme du libre marché capitaliste et la monarchie présidentielle absolutiste de la Macronie, et seraient des antilibéraux.
Car ils étaient des hommes de liberté prônant l'esprit de tolérance, des rebelles finalement, contre toutes les formes d'asservissement que ce soit hier par l'église et la monarchie, aujourd'hui par l'argent, et tout ce que ne sont pas les libéraux d'aujourd'hui.

Je vais plus loin, d'accord ils ont tous promu la liberté et stigmatisé le dogme religieux et la monarchie de droit divin, mais cela suffit-il à faire une philosophie globale, où l'on pourrait amalgamer tout le monde pèle-mêle, et tirer de cette origine, de quoi justifier et légitimer le libéralisme tel qu'il s'affiche aujourd'hui à travers la mondialisation, en affirmant qu'il ne s'agit pas d'une idéologie, mais d'une philosophie ?

Je persiste à dire et à penser que le libéralisme aujourd'hui, tel qu'il s'affirme et se déploie, s'apparente plus à une idéologie, avec ses militants, ses sectateurs, voire ses fanatiques, qu'à une quelconque philosophie. Et dont le libertarianisme ou anarcho-capitalisme dont se réclame le patron d'Amazon qui a amassé environ 140 milliards de dollars, forcément au détriment de ses petits copains, c'est-à-dire vous et moi, constitue la forme en même temps la plus caricaturale et la plus dangereuse pour l'avenir de l'humanité, avec l'ubérisation programmée de la société mondialisée, sans droits sociaux pour les travailleurs, et sans tenir compte de l'écologie.
Oui vous avez raison d'affirmer qu'une telle doctrine justifiera certainement un jour (sans doute pas très lointain), l'euthanasie pour tous ceux, qui ne sont pas forcément les « faibles », qui ne peuvent ou ne veulent s'adapter à un tel genre de totalitarisme qui ne dit pas son nom (cf. 1984, Orwell) , aujourd'hui encore soft, faute d'alternative politique,.

Alors Sophie Flamand, journaliste à Causeur, me répond, pour justifier l'opinion contraire que le libéralisme est une philosophie (Erasme, Diderot, Bastiat, etc), et que contrairement à une idéologie qui dit « Je sais ce qui est bon pour vous ! », elle affirme « J'ignore ce qui est bon pour vous, donc je veux que vous puissiez faire ce que vous pensez être bon pour vous. »
Pour commencer j'ai du mal à voir Diderot que j'ai étudié à la Fac avec d'Elisabeth de Fontenay comme prof de philo, comme un libéral pur jus de la trempe d'Adam Smith !
Et puis bien sûr on prend bien soin d'oublier totalement Rousseau dans cette « philosophie », qui est à l'origine de la pensée de gauche au sein des démocraties, et son idéal d'égalité et de fraternité et sa critique de la proptiété privée, même si il a aussi influencé des barbares qui s'en revendiquaient au nom de la pureté de leur vertu, comme Pol Pot pour ne citer que lui.
De notre devise républicaine affichée sur le frontispice des mairies, on n'a gardé que la liberté, en oubliant les deux autres principes, est c'est cela qu'on appelle le libéralisme aujourd'hui, qui est en réalité la liberté de quelques uns au détriment des plus nombreux, et sans les limites qu'imposait Kant, en reprenant une idée de Rousseau qui disait ; « La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d’autrui à la nôtre ». Tout ce que notre époque de néolibéralisme triomphant et impudique a totalement oublié, faisant bon marché de tout son héritage philosophique et complexe au profit d'un prêt à penser simplificateur voire même cynique, je le répète, avant tout idéologique.
La solidarité, elle devrait commencer dans la famille, or l'idéologie libérale, je persiste et signe, a tellement corrompu le comportement de nos contemporains que même la famille ne constitue plus ce lieu privilégié de solidarité, la mienne en tout cas, totalement corrompue  par l'idéal de jouissance des parents baby boomers, et leur indifférence totale au malheur d'autrui, qu'ils ont voulu transmettre à leurs enfants, quand ils ne les avaient pas tout simplement détruits, vous devriez lire Houellebecq, mais pas que...

L'époque moderne a remplacé la raison pratique ou morale (il y a des choses que l'on peut faire et d'autres non, au nom de principes supérieurs et transcendants), par une raison hypothétique (on fait les choses en vue d'un objectif, ou encore la fin justifie les moyens), une telle conception est contrainte par l'idéologie libérale qui conçoit tout en termes d'efficacité, de performance, et de rentabilité.
Dans un tel contexte que n'avaient pas prévu les premiers penseurs libéraux, ou pas à ce point d'hybris, il est devenu impossible pour le commun des mortels, de faire une pause salutaire, pour souffler un peu et réfléchir à sa condition de mortel, bref pour faire ce qu'on appelait jadis de la philosophie.
Les acteurs qui ne sont pas assez performants ou rentables, sont effectivement souvent poussés au suicide, notamment dans le monde du travail en voie de déshumanisation. On demande aussi aux acteurs du monde du travail, de devoir constamment s'adapter aux nouvelles exigences de rentabilité et de profit du « nouveau monde » (dixit Macron).

Les notions d'adaptation, de sélection et de réussite jouent un rôle primordial, sur le soi-disant modèle du règne animal, dont on a fait un principe universel. C'est ce qu'on appelle le darwinisme social : dont le principe est « s'adapter ou mourir ».
Je le répète dans un tel contexte de barbarie diffuse, qui fait de l'homme un animal comme les autres, nous ne parvenons plus à penser avec détachement et sereinement, comme pouvaient le faire les premiers philosophes libéraux et/ou des Lumières, qui avaient une pensée complexe ; alors que les idées des « philosophes » libéraux contemporains, dont les emblématiques Attali et Minc font partie, sont très simplificatrices et ont vocation avant tout à persuader leurs futurs adhérents et militants voire fanatique, et à impressionner voire intimider leurs adversaires, avant toute autre considération. Et si il n'y avait que ces deux là ! Les militants de l’idéologie de droits de l'homme surtout, se trouvent dans tous les rouages de la société, de la simple assistante sociale au Président de la République.

Comme le remarquait fort justement Finkielkraut dans les années 80, il y a une « défaite de la pensée », défaite qui fait des ravages et dont les plus fragiles sont les victimes, car nos principes démocratiques et humanistes ne sont jamais réinterrogés au regard de ce que la modernité en a fait, mais ils sont constamment instrumentalisés pour justifier tous nos excès dans les domaines économiques et géopolitiques.

N'idéalisez pas le monde des fonctionnaires et des enseignants, c'est un monde où désormais se jouent les mêmes logiques de performance, d'efficacité et de rentabilité que dans le privé.
C'est encore une stratégie, globalement des possédants et des dirigeants, que de faire s'affronter ces deux mondes privé et public, afin de « diviser pour mieux régner » ! Et surtout inciter le commun des mortels à ne pas réfléchir et à accepter le monde tel qu'il est, c'est-à-dire si l'on gratte un peu derrière les apparences qui sont celles des beaux mots de démocratie, d'humanisme, des droits de l'hommes,  dont on se paie pour se donner BONNE CONSCIENCE, est en réalité profondément corrompu moralement, laid esthétiquement, mauvais politiquement.
Et c'est ce monde, qui est je le répète une construction purement idéologique que malheureusement Sophie Flamand, malgré toute sa sensibilité d'humaniste éclairée et ses bonnes intentions qui ne font aucun doute, est payée pour défendre...

Le monde « tel qu'il est » ne nous laisse pas d'autre choix que d'être armé et féroce. C'est bien dommage car c'est la part la plus noble de l'humanité, sa capacité à éprouver de la compassion, sa générosité, son altruisme, qui s'en trouvent totalement niées, néantisées même, au sens où l'on a oublié que cela faisait partie aussi de la nature humaine. Ce rappel vous condamne généralement dans le monde du travail à une mise à l'écart, et des remarques comme « mais tu prends tes désirs pour la réalité ! » ou encore « faut pas rêver ! », « faut être réaliste », « on n'est pas au club mèd. » etc.
On se retrouve tous peu ou prou obligé de faire preuve de férocité, de méchanceté voire de cruauté gratuite pour les pires qui peuvent s'épanouir sans contraintes morales au sein d'un tel système, et sans avoir conscience qu'il ne s'agit pas de la « réalité » de la nature humaine, mais d'un oubli de ce qu'elle peut aussi être.
Déjà Schopenhauer en son temps, était navré et révolté de la « méchanceté » (c'est un terme qu'il emploie fréquemment) qui s'exerçait à son époque (il avait peut-être à l'esprit l'épisode sanglant et napoléonien qu'il avait connu dans sa jeunesse), et prônait la compassion dans les rapports entre les gens. Depuis Schopenhauer, cela ne s'est pas arrangé, cela n'a fait que s'aggraver...
Et si par malheur vous êtes incapable de vous adapter à la méchanceté du troupeau qui lui sert aussi de point de repère et de reconnaissance mutuelle, alors vous êtes désocialisé, et au pire poussé, comme vous l'avez fort bien remarqué, au suicide pur et simple. Il est beaucoup plus facile d'être féroce que d'être compatissant, surtout dans le monde « tel qu'il est ».

Aujourd'hui un écrivain comme Houellebecq qui déplore aussi la méchanceté de ses contemporains dans le monde moderne, est navré que l'on ait fait de Nietzsche une idole indépassable et que l'on ait totalement oublié l'héritage spirituel de Schopenhauer, qui nous rapprochait plus d'une philosophie s'inspirant du bouddhisme, prônant le détachement et la sérénité.

Oui la philosophie de Nietzsche est exaltante et stimulante, mais elle prône l'adhésion au monde « tel qu'il est » et la volonté de puissance, qui pourraient bien finalement être à l'origine (je parle de la volonté de puissance qui débouche sur le nihilisme), du déclin définitif de l'Occident ! Mais Nietzsche n'a pas eu non plus la même histoire que Schopenhauer...

vendredi 3 août 2018

« La France où la pression fiscale atteint presque 50 % du PIB sous prétexte de solidarité »



« La France où la pression fiscale atteint presque 50 % du PIB sous prétexte de solidarité » oui mais...

La philanthropie pour les riches est même une institution aux États-Unis où quasiment tous les riches reversent énormément à la société civile, puisque la tradition dans ces pays là est d'avoir un système social de redistribution beaucoup moins développé qu'en France et que dans tous les pays européens généralement. C'est aussi pour cette raison que les milliardaires français, qui se plaignent constamment d'être trop taxés, sont généralement moins philanthropes que les milliardaires anglo-saxons du nouveau monde. Ce n'est pas parce que ces derniers sont meilleurs que les autres ou qu'ils sont bons en soi, mais c'est par construction idéologique, qui en fin de compte découle toujours d'une morale, qui fut en son temps influencée par une religion. Aux États-Unis il s'agissait surtout du calvinisme qui a favorisé l'émergence de mœurs puritaines, où la notion de philanthropie joue un rôle primordial.

Il semblerait que la tradition en France, qui découle sans doute de la religion catholique où l'argent fut longtemps un tabou, ait favorisé l’apparition d'un type humain qui se plaint constamment d'être trop taxé et qui s'exprime très abondamment sur les forums du magazine Causeur, et aussi où la pression fiscale atteint des sommet sous prétexte de solidarité.
Le tabou a entraîné de la frustration vis-à-vis de l'argent, à cause de la pression fiscale et surtout si l'on se compare aux pays anglo-saxons du nouveau monde où l'argent ne constitua jamais un tabou et où les riches sont beaucoup moins taxés et vivent globalement beaucoup mieux leur rapport à l'argent. Au point qu'ils trouvent légitime et naturel de le reverser aux pauvres, sans contraintes, et que cela leur apporte même de la satisfaction.
Là où il y a de la gène, il n'y a pas de plaisir ? Comme en France où il y a trop de gène ?

Est-ce à dire que leur système est meilleur, que le nôtre contraignant de redistribution sociale, sans le désir de redistribuer ?
Quel système engendre-t-il le plus de misère, le nôtre ou celui des anglo-saxons du nouveau monde ?

Je crois quand même que c'est le modèle anglo-saxon qui se déploie actuellement dans la Silicon Valley, et qui nous attend, qui engendre le plus de misère et de loin. Je le sais, n'en déplaise au confort et au désir des riches de France. Hier, aux alentours des années 1968, on disait « Cours camarade le vieux monde est derrière toi ! », aujourd'hui il faudrait plutôt s'inquiéter du « nouveau monde » promis par Macron, et s'écrier « Ralentis mon ami, le nouveau monde, celui de la Silicon Valley est devant toi ! »

Je dis ça, mais pas par conviction idéologique, qui ferait de moi un affilié d'une quelconque idéologie d'extrême-gauche, dont je me méfie comme de la peste, avec leur idéalisation des musulmans comme devant constituer la nouvelle figure du damné de la terre, nouvelle figure du prolétaire mondialisé c'est-à-dire international, à qui tout devrait revenir en dernier ressort. Mais je dis ça par idéal de « décence commune », inspiré en cela par quelques socialistes authentiques tels que George Orwell, qui lui même a inspiré un philosophe contemporain : JC Michéa.
Je ne suis pas d'extrême-droite non plus, ni raciste, enfin je ne crois pas, mais notre « tolérance » à l'égard des migrants n'en est pas une en réalité, mais un parti pris idéologique qui fait courir un grave péril à la pérennité de notre culture et de notre civilisation européenne, et il faudrait quand même que nos concitoyens ouvrent un peu les yeux, alors qu'ils se laissent aveugler par l'idéologie avec leur fonds commun de culpabilité catholique majoritairement en France.
Fonds commun de culpabilité, qui en fait malheureusement des « moutons » facilement manipulables par une quelconque idéologie qui utiliserait cette corde sensible, l'idéologie d'extrême-gauche pour ne pas la nommer.

Je souscris donc à tout le reste parce que je me définis moi-même comme un socialiste, mais peut-être avant tout conservateur. Difficile d'adhérer au « nouveau monde » de Macron : « où certains débats de sociétés fondamentaux sont quasiment interdits sous prétexte d'anti-racisme, où le législateur se mêle plus en plus de réguler les comportements et rapports amoureux sous prétexte d'émancipation féminine, et où la liberté d'expression est mise sous contrôle sous prétexte de lutte contre les "fake news" (Ils pouvaient pas trouver un mot français, non ? Mais c'est vrai que "fake news" ça fait tellement plus branché !!) eh bien, je trouve que ce pays n'est plus vraiment un pays libre et démocratique. »

Du reste Je n' « angélise » pas les pauvres non plus. Mais il faut bien avouer que la conception de l'homme suivant le libéralisme a bien contribué à le corrompre.

Le monde « tel qu'il » est aujourd'hui une construction idéologique que l'on doit en grande partie aux premiers théoriciens du libéralisme (Locke, Boisguilbert, Mandeville, Montesquieu, Hume, Smith, Condorcet...), puisque c'est finalement cette doctrine, cette conception de l'homme qui l'a emporté sur toutes les autres. Ce n'est pas du tout un état naturel du comportement humain et du monde sensible qui l'entoure, mais c'est aujourd'hui la réalité. On a tendance aujourd'hui à considérer que tous les philosophes des Lumières étaient des libéraux, mais d'abord considérons qu'ils ont écrit leurs œuvres dans un autre contexte que le nôtre.
D'accord ils tous ont promu la liberté et stigmatisé le dogme et la monarchie de droit divin, mais cela suffit-il à faire une philosophie globale, où l'on pourrait amalgamer tout le monde pèle-mêle, et tirer de cette origine, de quoi justifier et légitimer le libéralisme tel qu'il s'affiche aujourd'hui à travers la mondialisation, en affirmant qu'il ne s'agit pas d'une idéologie, mais d'une philosophie ?
Je persiste à dire et à penser que le libéralisme aujourd'hui, tel qu'il s'affirme et se déploie, s'apparente plus à une idéologie, avec ses militants, ses sectateurs, voire ses fanatiques, qu'à une quelconque philosophie.

Alors on me répond, pour justifier l'opinion contraire que le libéralisme est une philosophie (Erasme, Diderot, Bastiat, etc), que contrairement à une idéologie qui dit "Je sais ce qui est bon pour vous !", elle affirme "J'ignore ce qui est bon pour vous, donc je veux que vous puissiez faire ce que vous pensez être bon pour vous." 
Pour commencer j'ai du mal à voir Diderot comme un libéral pur jus de la trempe d'Adam Smith !

Et puis je voudrais montrer ce qu'est une idéologie pour moi en partant d'une définition du réel, au sens où la réalité ou le réel, c'est la même chose selon moi, c'est ce que l'on perçoit, ce que chacun perçoit. Donc chaque réalité est singulière à un individu, et même une huître a une perception du monde qui l'entoure, et cela constitue sa réalité.
Eh bien le réel lui-même est une construction idéologique, c'est-à-dire que ce que je perçois n'est pas neutre, d'une part parce que comme tout le monde j'ai été embrigadé (école et instruction), formaté (notamment dans le monde du travail), et conditionné (par la publicité et la propagande médiatique libérale), cela a une incidence sur la façon dont j'interprète et appréhende le monde sensible. Et ensuite parce que ce monde sensible lui-même que je perçois a été façonné et transformé en 400 ans de métaphysique du sujet, c'est-à-dire modernisé et industrialisé, et parfois défiguré totalement, abîmé, pollué...

Donc les pauvres ne sont pas plus purs ou naturellement désintéressés que les riches, car ils vivent dans le même monde qui façonne les riches comme les pauvres, peu ou prou suivant le même moule.
Cependant les riches sont plus immoraux que les pauvres, car désormais la fin justifie les moyens. Il n'y a plus aucune morale en société libérale, morale qui avait pour origine une conception religieuse du monde, or précisément les riches disposent de plus de moyens pour arriver à leurs fins, donc ils sont plus cyniques, réalistes, et cruels, ils peuvent se le permettre, ce que ne peut pas se permettre un pauvre, car il a peu de moyens...

Et le doute qui peut légitimement nous assaillir est que si un pauvre avait subitement les mêmes moyens qu'un riche, ne se comporterait-il pas immédiatement comme lui, de façon cynique ?

Et oui « nous sommes nos propres geôliers », car :
Le réel c'est ce que je perçois, et comme chaque individu est singulier, la réalité de chacun est singulière.

La réalité est peut-être mon interprétation du réel ?

Il y a des gens dont on dit qu'ils « ne vivent pas dans le monde réel », et c'est péjoratif, cela veut dire souvent qu'ils ne sont pas réalistes, qu'ils sont idéalistes ou malades mentalement comme on le dit parfois des artistes, parce qu'ils sont incapables de s'adapter aux contrainte du monde réel. Mais les contraintes du monde réel, sont elles-mêmes une construction idéologique, non ?
La réalité c'est peut-être aussi la façon dont je vais essayer de m'armer pour affronter le réel, pour le supporter en fin de compte, c'est ce qu'on appelle aussi le principe de réalité, qui nous rappelle à l'ordre pour assurer notre survie en faisant preuve de réalisme.
Le réel est un donné « objectif », même si en fin de compte il constitue une construction, car le donné objectif n'est en réalité jamais neutre, au sens où le monde sensible a lui-même déjà été largement transformé sous l'action humaine, c'est-à-dire sous l'action de la métaphysique du sujet.
La réalité serait donc une interprétation subjective et singulière du monde sensible, comme la philosophie ou la « métaphysique du sujet » depuis Descartes, qui est une constructions philosophique, parfois idéologique, dont chacun s'arme en fonction de ses moyens pour affronter le réel, pour s'y adapter en fin de compte. Et la philosophie ne se caricature-elle pas toujours en idéologie, lorsqu'elle a vocation à s'adresser aux masses ?

Adaptation : principe de réalité et/ou darwinisme social ?

Même si de nos jours la notion d'adaptation est largement surestimée et sert même de principe de validation sur le terrain de l'idéologie libérale. Est-ce que l'on mérite de vivre ? Est-ce qu'autrement dit on est adapté, c'est-à-dire utile ?
Effectivement sur le modèle du règne animal, l'idéologie libérale a fait de l'adaptation un critère de sélection. Notions de sélection ou pour le dire autrement de réussite, qui a son tour joue un rôle déterminant de légitimation de l'idéologie libérale, puisque la « morale » de l'efficacité qui en découle, s'articule autour de la notions de sélection et de réussite.
On va effectivement juger « moralement » les gens en régime libéral, sur le critère de l'efficacité, en fonction de leur plus ou moins haut degré de réussite, pour ensuite les sélectionner.
L'échec vous condamnera à un genre d'invisibilité sociale, qui est aussi un peu un genre de relégation. Dans les cas les plus extrêmes, cela équivaut presque à un genre de « condamnation à mort » psychique et sociale, et les plus violents des reclus du système passent quelquefois à l'acte. Surtout aux Etats-Unis, avec une arme à feu et tirent dans le tas...
Je pense réellement aussi que beaucoup d'islamistes qui passent à l'acte le font certes par fanatisme, mais aussi parce qu'intérieurement ils se sentent morts socialement donc psychiquement, puisque l'homme est un « animal » social (entre guillemets car il est la « part maudite » du règne animal, toujours en excès de ce qu'un animal est censé être), dont l'équilibre dépend de son intégration ou non dans le reste de la société humaine.

Mais alors ce qui est marrant c'est que la réalité de chacun va ensuite contribuer à modifier, transformer le réel, le donné objectif (monde extérieur).
La subjectivité de l'homme a un pouvoir de transformation sur le monde sensible que constitue le réel : aujourd'hui sous l'action de la Technique.

Le monde n'est pas permanent, ni immuable, ni éternel, il a un commencement et une fin qui dépendent de ma durée de vie.
En fin de compte, même la notion d'objectivité du monde sensible est relative car elle va dépendre toujours en dernier ressort de la perception unique que j'ai du monde (monde intérieur), et hormis la perception que chacun a du monde, rien n'existe.
Si je n'existais pas en tant que sujet, le réel cesserait aussitôt d'exister. Autrement dit, si le monde intérieur qui sert de support à ma perception disparaissait subitement, le monde extérieur cesserait aussitôt d'exister.

Pour modérer le propos de la toute puissance humaine en matière de perception du réel, et outre le fait que l'Occidental ait imposé sa subjectivité à tout le reste de l'humanité, on peut faire intervenir Dieu, comme le fait Berkeley le philosophe.
Je dirais que c'est ma perception qui fait l'être d'une chose, et c'est aussi ajoute le philosophe Berkeley, le fait d'être perçu par Dieu qui fait l'être d'un individu qui perçoit.
Selon Berkeley mes perceptions sont des idées qui découlent de Dieu qui perçoit le monde. Perception divine qui est antérieure à la nôtre, immuable, éternelle, et qui fait que les hommes et les animaux perçoivent un monde commun, qui en fin de compte n'est qu'une idée de Dieu qui perçoit le monde. C'est pour cela que le monde ne cesse pas aussitôt d'exister quand nous disparaissons. Dieu  qui perçoit le monde éternellement sans commencement, ni fin, garantit sa permanence. Nous ne percevons que des idées (monde extérieur) qui sont d'essence divine selon Berkeley, qui met en doute l'existence même de la matière.
Son idéalisme absolu arrive à totalement amalgamer le monde extérieur et le monde intérieur. Aujourd'hui comme nous sommes tous globalement formatés pour être des consommateurs matérialistes, affirmer que les objets que nous consommons frénétiquement avec avidité pour en tirer du plaisir et augmenter notre volonté de puissance (ou volonté de volonté), sont des idées, nous fait éclater de rire. Et donc une conception comme celle de Berkeley est la plus dure à concevoir et à appréhender.

Bref, nous sommes les propres prisonniers de notre perception, qui constitue notre réalité (monde intérieur), et qui est un conditionnement, un formatage, un embrigadement, sur fond de monde « objectif » ou monde sensible, globalement transformé, pour ne pas dire abîmé et pollué par l'action des hommes.
Il n'y a pas deux réalités identiques, chacune est singulière et unique et dépend de l'histoire de chacun, par contre le réel est Un, même pour un idéaliste comme Berkeley, pour qui le monde est Un, c'est l'action de Dieu qui perçoit. Pour un matérialiste formaté pour être un consommateur aussi, le monde est Un, ce sont tous les objets dont l'obsolescence est programmée qu'il met à notre disposition.

Et d'autre part en Occident, ce sont en réalité des philosophes comme Descartes qui sont arrivés à imposer leur subjectivité, c'est-à-dire leur histoire propre et singulière, leur vécu pour ainsi dire, sous prétexte d'objectivité au reste du monde entier finalement de nos jours. C'est ce qu'on appelle « la métaphysique du sujet. », que d'aucuns nomment aussi la subjectivité prédatrice de l'homme blanc, péjorativement.

Voilà je m'arrête là, c'est juste une ébauche, ça vaut ce que ça vaut.
Il faut bien se dire que chaque correcteur, tout philosophe soit-il ou qu'il se prétend être (et extrêmement souvent un prof de philo n'est pas un philosophe), a sa réalité qui découle elle-même d'un embrigadement, d'un formatage, d'un conditionnement, et que son interprétation de ma « copie » ou de la vôtre (une interlocutrice d'un réseau social) n'a que peu de valeur objective, et qu'elle ne constitue pas un principe d'universalité, mais juste un reflet de son histoire singulière.

Pour ce qui est du « messie » qui pourrait nous sauver de notre modernité délétère ?
Heidegger après son engagement nazi qui prônait la « volonté de volonté », et une vision romantique du monde pour sortir de l'aporie où il pensait que les hommes se trouvaient, s'est mis subitement dans l'après-guerre, à prôner l'absence de volonté, le détachement et la sérénité à la manière un peu d'un moine bouddhiste, en disant que « seul un dieu pourrait encore nous sauver », ou encore, « car l’état du poète ne s’en tient pas à la visitation du dieu, il réside bien plutôt dans l’embrassement par le sacré »... à méditer.
Mais bon son engagement aux côtés des nazis le rend désormais peu crédible.

Pour conclure, il y a des personnes de haute valeur morale parmi les pauvres et les riches, ou du moins des personnes qui ont une conscience universelle, et si l'on mettait l'opprimé à la place de l’oppresseur, il serait certainement bien plus sanguinaire et destructeur. C'est ce que les idéologies totalitaires issues du communisme ont montré.
Mais cela ne m'empêche pas de critiquer le libéralisme.  

jeudi 2 août 2018

La question de la mystérieuse « cause musulmane » au sujet de l'affaire Benalla


La « part maudite » de l'islam, « ce qui est toujours en excès de ce qu’il est censé être », c'est effectivement la conquête.

Cependant la « part maudite » de l'homme moyen, c'est son formatage idéologique et sa rentabilité ou utilité pour la société (c'est pour cela que Houellebecq a raison de dire qu'aujourd'hui l'artiste authentique est un parasite sacré de la société), ce qui l'éloigne de toute idée de « décence commune » dont parle Orwell.

Enfin la « part maudite » de nos sociétés occidentales, c'est le profit.

La question que pose Houellebecq dans son livre prophétique intitulé Soumission, n'est pas seulement de savoir si l’islam va nous soumettre ou non dans un horizon très bref de temps ? Mais aussi la suivante : est-ce que le petit-bourgeois occidental moyen veule et conformiste, qui est aussi le héros du livre (il vaudrait peut-être mieux dire antihéros), vaut la peine d'être sauvé ? Ou encore est-ce que nos sociétés occidentales profondément corrompues et nihilistes et bonnes qu'à produire un type humain dégénéré moralement et spirituellement, valent la peine d'être sauvées d'une conquête de l'islam ou non ?

La question qu'il faut se poser est pourquoi les femmes blanches ne font plus d'enfants ? Est-ce la faute des musulmans ? Est-ce la faute du coran et les hadiths ? Et sommes-nous aptes nous, rejetons décadents d'une métaphysique du sujet qui nous a épuisé spirituellement et moralement en 400 ans depuis Descartes, à juger du bien fondé spirituel ou non du message du Coran à ses croyants ?

Nous nous sommes en réalité « suicidés », et nous n'avions pas besoin du Coran pour cela, la métaphysique du sujet a très bien accompli son œuvre toute seule. Mais comme la nature a horreur du vide, il faut bien que des populations moins épuisées moralement et spirituellement occupent la place laissée vacante de notre propre chef.

Comment expliquer ce lent suicide ? C'est surtout que nous nous sommes éloignés de nos racines populaires, de son bon sens et de sa « décence commune ».

Voilà comment j'explique son lent déclin à l'Occident :

La « décence commune » n'est pas du tout une idée des communistes.

Les riches sont plus immoraux que les pauvres et n'ont aucune décence.

Il ne s'agit pas de contrôler notre vouloir vivre (cf Schopenhauer), notre volonté de puissance (cf Nietzsche) ou nos pulsions sexuelles (cf Freud), puisque déjà nous vivons dans une « société de contrôle » (cf Lippmann et « la fabrique du consentement »)

Les fortunes colossales amassées par quelques milliardaires font courir un danger pour la survie de la planète, car plutôt que de les redistribuer et de les répartir, ils préfèrent les investir, pour accumuler encore plus de richesses en encourageant une surexploitation de toutes les ressources naturelles... Or les ressources sont limitées, alors que l'appétit de nos psychopathes du profit ne l'est pas.

Donc je ne suis absolument pas communiste, et je suis pour toutes les formes de préservation conservatrices de notre héritage du passé, alors que la modernité libérale, tout comme le communisme en son temps, les foule aux pieds.

Pour finir je ne partage pas la conception libérale de la nature humaine, qui l'envisage sous le seul angle de la solitude, comme si elle pouvait se construire comme Robinson crusoé sur une île déserte sans interaction avec des pairs, et au seul nom de son intérêt propre. Conception pauvre, justifiant aussi son vice intrinsèque, et dans le seul cadre de relations intéressées avec autrui, exclusivement par le commerce.

Or non, l'homme est avant tout un « animal » social (entre guillemets car il est la part maudite du règne animal, toujours en excès de ce qu'un animal est censé être), et qui plus est, qui a besoin de s'élever vers un idéal plus haut que lui, ce qu'on appelle transcendance, et cela de tout temps, sauf aujourd'hui. Ce qui fait dire à un philosophe comme Heidegger que le nihilisme est le destin de l'Occident, depuis que Descartes en a posé les fondements philosophiques dans la métaphysique du sujet.

Donc pour conclure l'islam ne partage pas notre destin qui est le nihilisme, et ne le souhaite pas, c'est peut-être pour cela qu'il refuse que ses fidèles se laissent embrigader par notre école pour qu'on leur inculque des valeurs occidentales « mortifères » (je veux dire mortifères au sens où c'est comme ça que l'islam les interprète selon moi, et que c'est pour cela globalement qu'il les rejette) pour la survie de l'islam (particulièrement l'enseignement de la Shoah et l'égalité hommes/femmes), en tant que religion et message à faire passer à des fidèles.


mercredi 1 août 2018

Les racines spirituelles de la mondialisation matérialiste



Oui évidemment que l'on ne pourra pas changer la nature humaine, mais de là à dire que le libéralisme est le système le plus conforme à la nature humaine, je ne pense pas... à moins que la nature humaine souhaite sa propre destruction, ce qui est au passage une des caractéristiques à l'œuvre dans le nihilisme contemporain.
Nous avons été depuis tout petit, endoctrinés, conditionnés, formatés pour servir l'idéologie libérale, effectivement ce n'est pas prêt de changer... Il faudra juste une énorme catastrophe atomique ou écologique, avec un ou deux milliards de morts, pour qu'éventuellement il y ait une volonté politique de changement.
Le mieux aujourd'hui pour se prémunir de l’idéologie libérale et de ses excès insupportables, est sans doute une forme de détachement, éventuellement dans des formes d'anarchisme non-violentes, plutôt que d'avoir la volonté de changer quelque chose, puisque de toute façon c'est pratiquement impossible et a déjà conduit à des formes de violences inacceptables en vue de modifier la nature humaine en la rééduquant, suivant des principes marxistes-léninistes.
L'idéologie libérale est aujourd'hui un mouvement d'une puissance inouïe dans toute l'histoire de l'humanité et qui en outre est vieux de plus de 300 ans, donc qui a eu le temps de se développer très puissamment et de faire racine profondément, au point qu'aujourd'hui il n'y a effectivement aucune alternative, audible en tout cas. Et aussi, tant la chaîne de causalité qui nous a mené où nous en sommes, remonte très loin dans le temps et excède largement les origines du libéralisme.

Je vous cite (un interlocuteur de Facebook) : « Il n'y a aucune projection au delà car nous n'en savons rien et pour cause soit le fait du libéralisme. Il se peut simplement que notre capacité à maîtriser dame nature aura été un cadeau empoisonné. »

Vous ne croyez pas si bien dire, l'idéologie libérale n'est qu'un des multiples fruits, mais qui a pris racine et s'est transformé aujourd'hui en arbre gigantesque, de la métaphysique du sujet, telle qu'énoncée par Descartes, se proposant comme projet la maîtrise et la possession de la nature qui nous entoure.
Au passage d'ailleurs où les animaux étaient réduits au rang de machines insensibles, et donc exploitables à merci, ainsi que tout le reste du monde sensible (désensibilisé donc par la métaphysique du sujet).
Une telle conception métaphysique découle d'ailleurs d'une conception religieuse qui remonte à l'Ancien Testament, qui est une théorie anthropocentriste, où toute la création, flore et faune, est au service de l'homme, ceci est expliqué dans la Genèse.
Genèse 1 contient l'ordre du Créateur à l'homme créé à l'image de Dieu : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre » (v. 28). 
À l'époque moderne et contemporaine marquée par les succès de la science et de la technique, par l'industrialisation et le machinisme, on s'est souvent référé à cet ordre comme constituant le fondement et la justification de l'actuelle civilisation de domination sur, voire d'exploitation de la nature. Les sciences des moyens, essentiellement les sciences économiques, procèdent d'une telle compréhension des choses. Celle-ci est-elle vraiment légitime, l'homme est-il « maître et possesseur de la nature » comme le dit Descartes ? La nature est-elle réductible en moyen ? la conception même des sciences économiques comme sciences des moyens peut-elle se réclamer de la Bible ? 

Tout s'enchaîne logiquement, et la chaîne de causalité a des racines très lointaines et en même temps très profondes donc, qui assure sa solidité dans le temps, et même si le résultat logique d'un tel enchaînement de causes, pourraient bien nous amener à un genre d'autodestruction, puisque les ressources naturelles et énergétiques ne sont pas exploitables à l'infini, et qu'à un moment forcément la nature imposera une limite à notre appétit démesuré.

Je vous cite : « Alors là chapeau ! C'est super bien écrit. Mais au fond qu'est ce que vous voulez dire ? Que l'actuel gouvernement nous manipulant en contrepartie la pensée complotiste serait justifiée ? »

« La Fabrique du Consentement », théorisée par Lippmann fait partie de la panoplie libérale, il s'agit effectivement d'une manœuvre délibérée de la part du pouvoir, en régime libéral, pour contrôler les foules dangereuses et émeutières spontanément. Heureusement pour le pouvoir libéral qu'il existe des instruments de contrôle et de coercition très puissants et persuasifs, sinon il y aurait déjà eu des émeutes, voire des révolutions fatales pour lui. Nous vivons aussi dans ce qu'on appelle une « société de contrôle ».

Le monde peut de moins en moins être « tel qu'il est », car il a déjà été dorénavant trop modifié, tout retour en arrière est donc devenu impossible, et contrairement aux optimistes qui comptent sur l'IA  (l'intelligence artificielle) pour nous sauver de nos excès et de notre corruption spirituelle intrinsèque et acquise en 500 ans de transformation active du monde ou « volonté de volonté », je pense qu'elle ne nous sauvera pas.

Ce n'est sans doute pas la peut-être violente volonté politique de Mélenchon (bien qu'au fond vous ayez sans doute raison quand vous évoquez l'hypothèse qu'il se satisfasse bien davantage de son rôle d'opposant, que d'un éventuel exercice du pouvoir qu'il trouverait bien embarrassant, puisque bien des courants qui animent son mouvement ont des composantes anarchistes qui rejettent toute idée d'autorité ou de pouvoir) qui nous sauvera, ou changera quelque chose, si ce n'est en pire effectivement. Car on ne peut rompre brutalement avec une chaîne de causalité vieille pour ce qui concerne le monde occidental (qui au passage impose désormais son modèle à tout le reste du monde), de plus de 3000 ans, avec l'écriture de l'Iliade et l'Odyssée et de l'Ancien Testament.

mardi 31 juillet 2018

La création artistique en régime libéral


Cela fait penser à une œuvre de Lichtenstein, détournée ou originale ?
Il y a un décalage entre le propos philosophique et le dessin « à l'eau de rose » représenté, entre ce que cela évoque (le corpus philosophique de Spinoza) et ce que l'on nous en donne à voir (un dessin de BD un peu niais). Comme si des personnages aussi superficiels, qui sont aussi le type de l'homme moyen que produit notre modernité, pouvaient avoir des pensées aussi « profondes » ! C'est bien entendu absurde, ce type en est incapable et n'en a d'ailleurs même plus le désir. Et le hiatus abyssal entre homme moyen et pensée philosophique demandant l'introspection nous fait éclater de rire.

Ainsi la vision du monde d'un Lichtenstein, en souligne son absurdité, plutôt que son coté tragique. Nous ne sommes plus des tragiques depuis pas mal de temps, cela a été aussi pensé, ou plutôt calculé par des théoriciens libéraux, pour précisément que ne se reproduisent pas les tragédies du passé. Dans cette optique, la modernité encourage la production d'un type humain futile et dérisoire, jetable et consommable à loisir, dont l'obsolescence est programmée, comme l'époque...

Je sais que ce que je vais dire va paraître un peu naïf, mais je vais quand même le dire : ne nous faisons pas beaucoup d'illusions sur la création artistique en régime libéral, ce n'est pas du tout sa finalité de favoriser les instincts et le type d'homme qui correspondent à la création artistique.
Ce sont même exclusivement les instincts de destruction qui sont favorisés, puisque tout le système repose sur la destruction créatrice qui s'accélère.

On préfère mourir par orgueil, ou tuer par cupidité, que de partager...

C'est toute une culture du partage qu'il faudrait en réalité enseigner, car des richesses il y en a largement assez, il y en a même trop. Mais on privilégie l'éducation de l'égoïsme, ou pire encore les comportement d'adaptation pour faire du profit.

Pour maintenir le système et la nécessité de produire des acteurs compétitifs, ce sont effectivement les comportements d'adaptation qui sont favorisés dès l'école, puisque l'on va d'ailleurs vers un alignement des valeurs de l'École sur celles de l'Entreprise. Effectivement selon des théoriciens libéraux comme Milton Friedman, la finalité des démocratie est de faire du profit sans autres considérations.

Nous sommes formatés, embrigadés et conditionnés pour devenir des acteurs rentables.

La part maudite de l'homme moyen, « ce qui est toujours en excès de ce qu’il est censé être », c'est son formatage idéologique et sa rentabilité ou utilité pour la société (c'est pour cela que Houellebecq a raison de dire qu'aujourd'hui l'artiste authentique est un parasite sacré de la société), et la part maudite de nos sociétés occidentales, c'est l'accumulation.

C'est une volonté de puissance en réalité absurde qui débouche directement sur le nihilisme contemporain, sans autre issue que la submersion par les migrants économiques et climatiques dans les pays occidentaux, avec la complicité d'ailleurs de l'extrême gauche (souvent l'idiot utile du capitalisme), et à terme la destruction de tous les équilibres anthropologiques et environnementaux.

C'est aussi un défaut de notre génération et encore plus des suivantes, ce manque de partage.

La nôtre, celle qui est née dans ou après les années 60, les enfants des baby boomers donc, dont le défaut est de ne pas avoir su assez partager entre nous, et d'avoir préférer se ranger sous l'autorité de valeurs délétères et nihilistes, découlant de ce qui est en excès de ce que le libéralisme est censé être : sa quête égoïste du profit.
Excès propre au libéralisme, que la génération des baby boomers après un trop court intermède de convivialité et de générosité partagées, la « parenthèse enchantée » que constitua l'épisode de mai 68 et ses répercussions sur la société civile, a finalement pleinement repris à son compte ; en récupérant tous les divers mouvements spontanés et anarchistes dans un objectif de quête du profit. Effectivement, même les slogans de cette époque d'intense créativité, ont été récupérés par la publicité notamment et la propagande médiatique.

Maintenant il est sans doute trop tard !

Les plus cupides, les plus cruels et vénaux s'en sont sortis, et tous les idéalistes, les « désintéressés »
crèvent littéralement, qui correspondaient naguère au type d'homme créateur d'un point de vue artistique. Ils subissent tous globalement le déclassement, voire un genre de bannissement social. Une mise à l'écart qui peut aussi devenir un genre de condamnation à mort (sociale), qui ne dit pas son nom.
Soyons clair, il n'y a tout simplement plus de création digne de ce nom ; au sens où la création fut de tout temps un surpassement de soi-même, un désir de transcendance, d'atteindre quelque chose qui nous dépasse : la divinité !
Il suffit pour s'en rendre compte de comparer les œuvres du passé avec celles de nos contemporains ; comparer par exemple une cathédrale avec une œuvre de Jeff Koons. Mais il est hélas absolument probable que la cathédrale ne nous parle plus du tout !
La part en excès de ce qu'elle est censée être de l'art occidental, c'était tout simplement l'« idée de dieu » jusqu'à une époque très récente. Je ne sais plus très bien ce que c'est aujourd'hui, sinon flatter les bas instincts de prédateurs et la volonté de destruction des riches et des puissants, en accord avec le modèle sous-jacent de destruction créatrice qui opère dans tous les secteurs de la société.

C'est devenu impossible dans un tel contexte, de créer et d'atteindre l'"idée de dieu".
Le nihilisme est bien le destin de l'Occident comme le souligne Heidegger.
Nous sommes tous « au mieux » des petits bourgeois qui « sentons mauvais » (« au pire » de la racaille violente), au ras du caniveau de nos petits désirs mesquins et sales qui reflètent une volonté de domination sur autrui alors qu'il s'agit toujours d'une illusion, et de notre misérable volonté de puissance globalement homicide.

dimanche 29 juillet 2018

Le plan de com. de l'Élysée sur l'affaire Benalla, constitue-t-il un genre de « pollution » idéologique ?



Bien sûr qu'il faut moins polluer, mais les initiatives individuelles de plus ou moins sympathiques chevelus babas, sont dérisoires et vouées à l'échec.
L'idée phare du libéralisme d'une croissance infinie qui ne peut être remise en question, dans un monde fini est un oxymore, une contradiction dans les termes qui ménera fatalement à la destruction de la planète : parce que l'on ne peut pas survivre dans un monde où il n'y a aucune limite à l'exploitation exponentielle des richesses.
C'est donc tout le système libéral qu'il faut remettre en question si nous voulons tout simplement sauver la planète, sans parler de la destruction de tous les équilibres anthropologiques qui constituaient comme des garde-fous à l'hybris constitutive de la nature humaine, qui désormais n'a plus aucun frein à sa volonté de puissance débouchant sur le nihilisme.

Evidemment pour leur petit confort moral et matériel, et surtout parce qu'ils trouvent trop d'avantages matériels dans le système tel qu'il est, pratiquement aucun de nos contemporains n'est prêt sincèrement au sacrifice que constituerait une remise en question radicale du modèle libéral, à part quelques exceptions notables comme Rabhi ; modèle directement inspiré de ses prémisses idéologiques, tels que théorisées par Adam Smith.
Adam Smith qui dans ses prémisses idéologiques, est dans le déni de la socialité naturelle constitutive de la nature humaine, et qui postule abritrairement que l'homme se construit à la manière d'un Robinson sur une île déserte sans avoir besoin d'interractions avec ses pairs, pourvu qu'il s'enrichisse égoïstement, et précise-t-il même vicieusement, puisqu'un des adages matriciels de sa théorie est : "vice privé, vertu publique".
C'est une telle conception libérale et en réalité anti-naturelle de l'homme, c'est-à-dire vraiment éloignée de sa nature profonde faite d'un besoin d'élévation spirituelle au moyen de la transcendance, qu'elle s'exprime par la religion ou l'art, qui nous a conduit à l'aporie dans laquelle nous sommes, que dénonce Shaka Ponk et son collectif.

La soit-disant liberté de conscience pour justifier une telle conception anti-naturelle de l'humanité, constitue un argument absolument fallacieux, car effectivement le pouvoir n'a généralement aucun scrupule, pour orienter et gagner l'opinion à sa cause, à recourir par les médias, la publicité et la propagande, à ce que certains penseurs ont théorisé sous le nom de « fabrique du consentement ». Théorie mise au point par Lippmann au début du XXème siècle aux Etats-Unis dans l'objectif de manipuler les masses, et dont use et abuse tout pouvoir libéral depuis et destinée précisément à abolir toute liberté de conscience chez le citoyen, au moyen d'un embrigadement par une instruction idéologiquement orientée et d'un conditionnement par les médias et la publicité.

La « fabrique du consentement » ou « plan de com de l'Elysée », n'est ni plus ni moins qu'une théorisation et une justification de la volonté de manipulation de la part du pouvoir, il est normal qu'elle trouve en contrepartie et dans un mouvement de réciprocité, un écho complotiste spontané au sein des foules. Même si une des tâches dévolues à l'instruction par les autorités libérales est de combattre les préjugés du complotisme par le « vrai » savoir.

Une telle conception n'est ni plus ni moins qu'une justification idéologique de la manipulation, en considérant que le peuple, les masses ou la foule ne possèdent pas la capacité de penser et de réléchir. Comme si au passage, dans l'intimité de sa conscience, chacun ne pouvait pas faire abstraction de la bêtise constitutive de la foule, dont il est un atome à part entière.
Non ! L'idéologie libérale considère l'homme (elle l'a construit ainsi par sa volonté propre) comme un atome isolé donc aliéné et stupide, faible et manipulable ; et tout peuple comme une foule dangereuse susceptible de débordements révolutionnaires ou émeutiers, qu'il faut contrôler.

Ce qui au passage remet en question la notion même de démocratie et de liberté de conscience, et rend illégitime et de mauvaise foi, toute dénonciation par le pouvoir de la pensée complotiste chez le peuple, les masses ou la foule. Car en réalité puisque précisément le pouvoir libéral se définit par l'esprit de manipulation ; le peuple, les masses ou la foule sont tout à fait légitimes lorsqu'ils dénoncent cette volonté de manipulation.
Cela remet en question l'idée même de démocratie parce que les autorités libérales ne considèrent pas l'homme comme un individu capable de liberté de conscience et de réfexion, mais comme un atome isolé qui vaque à ses occupations pour s'enrichir et facilement manipulable, car coupé de toute interraction avec ses pairs, et le peuple comme une foule dangereuse qu'il faut contrôler par la propagande de masse, publicitaire ou médiatique.

Et c'est alors que le pouvoir toujours de mauvaise foi et de façon illégitime, est tout heureux de pouvoir stigmatiser le peuple très généralement du terme de COMPLOTISME. Surtout lorsque le peuple ou les atomes qui le composent, cherchent individuellement ou collectivement à briser toutes les entraves qu'exerce le pouvoir libéral sur lui (le peuple), ou eux (les atomes qui le composent),