samedi 3 juin 2023

Conservateur oui, mais anarchiste conservateur

Conservateur oui, mais anarchiste conservateur

Moi j'ai connu de vrais chrétiens en Bretagne dans un coin assez reculé du Morbihan, ils étaient croyants et pratiquants et parlaient breton d'ailleurs, ils votaient à droite par tradition. Ils n'étaient pas encore corrompus par l'école et l'idéologie kantienne sur la démocratie laïque et le devoir républicain. C'étaient mes grands-parents. Tout le contraire de mes enc... de parents qui votaient à gauche, petits jouisseurs baby-boomers soixante-huitards ayant refusé que je me fasse baptiser. Mes grands-parents de droite donc, gaullistes mais pas pétainistes, étaient sociaux, au sens où ils ont toujours tout fait pour aider leurs deux filles, et les enfants de ces deux filles, dont moi donc. Mes deux parents d'abord libertaires puis libéraux-libertaires à partir des années 80, libéraux-wokistes dans leurs vieux jours, ne m'ont jamais rien donné, il fallait que ce soient mes grands-parents qui me donnent de l'affection, m'habillent, me fournissent mes fournitures scolaires, m'accueillent systématiquement pour les vacances. Ensuite mon père s'est barré en Martinique, puis au Costa-Rica, et enfin au Portugal pour profiter de sa retraite. À vrai dire je n'ai plus eu de ses nouvelles à partir de mes 19 ans, j'ai seulement eu vent de loin de ses pérégrinations. Il m'a littéralement abandonné sans que cela ne choque véritablement personne au sein de ma famille, ni n'émeuve d'un iota la société et les pouvoirs publics. Il a profité à fond du système pour travailler très peu tout en gagnant très bien sa vie et obtenir une très bonne retraite anticipée avec sans doute un certain degré d'invalidité.

Pendant ce temps-là ma mère de gauche qui était censée s'occuper de moi s'en foutait en réalité royalement, me négligeait, et demandait à ses parents qui travaillaient dur dans leur petit commerce de tailleurs, du fric pour soi-disant m'élever. Ne me parlez pas de cette gauche libertaire, qui a viré libérale-libertaire, et qui n'a jamais eu le sens de la collectivité, ayant même fini par détruire l'État Providence et tous les acquis du CNR comme "cadeau" en héritage laissé à ses enfants, toutes ces générations sacrifiées pour l'égoïsme d'une seule : celle des baby-boomers. Mes parents donc ont des moyens mais ils ne partagent pas, même pas et j'ajouterais surtout pas avec leur progéniture qu'ils méprisent. Est-ce généralisable ou ne s'agit-il que d'une très sévère pathologie intrafamiliale ? Je ne sais pas. Tout est fait aujourd'hui pour que la famille se dissolve, ça n'émeut plus personne sa destruction, c'est devenu la norme et c'est le contraire qui constitue désormais l'exception : les couples qui durent et arrivent à sécuriser leurs enfants dans le temps long. Il n'y a plus que l'islam qui protège la famille et qui propose des valeurs collectives dépassant l'individu.

L'Occident s'est complètement déchristianisé en 60 ans, et la nature a horreur du vide. Désormais ce sont de jeunes blancs d'origine européenne qui se convertissent à l'islam, ça commence dans les quartiers les plus défavorisés, mais nul doute que ça va se répandre peu à peu dans des couches plus favorisées de la population. Ce processus inéluctable est très bien décrit par Houellebecq dans Soumission que j'ai lu deux fois.

Pour que la démocratie et la neutralité de la laïcité fonctionnent, il faut un très fort soutien familial pour pouvoir rivaliser dans la sélection assez impitoyable qu'impose le système scolaire, la notion de mérite républicain et toute vie en société en général. Finkielkraut est comme le kantisme, il a les mains pures mais il n'a pas de mains. Or nos institutions démocratiques aujourd'hui très fortement influencées par l'idéologie néolibérale ne défendent pas la famille ni la collectivité, elles défendent l'individu. Et sans une chaîne de solidarité et sans la collectivité l'individu n'est rien. C'est le libéralisme qui a placé l'individu au centre de institutions de la démocratie, du système juridique, de la fabrication des lois, sans se soucier du fait que si l'on détruit la collectivité l'individu n'est rien. En démocratie le droit est libéral, c'est-à-dire qu'il ne défend que l'individu. Tout cela découle d'une idéologie bourgeoise, d'un préjugé bourgeois. Or un individu coupé de la collectivité est un malade mental qui souffre de troubles schizoaffectifs.

En démocratie le droit est libéral et bourgeois, c'est-à-dire qu'il ne défend que l'individu. Tout cela par d'un postulat faux : l'individu souverain et les droits de l'homme qui en découlent. Or l'individu ne peut être souverain que s'il est intégré dans une collectivité, que s'il a des liens avec une communauté dont il est partie intégrante. L'individu n'est qu'un élément constituant essentiel d'un tout qui le dépasse et qui le fonde : la collectivité. Le nier c'est être aliéné et ne jamais parvenir à trouver sa liberté. La loi en démocratie a tendance à défaire tout ce qui résulte des liens que la collectivité a tissé, pour soi-disant protéger l'individu. La loi détruit la collectivité au nom des droits de l'individu.

Oui mes grands-parents avaient le sens de la collectivité, le sens de la solidarité, le sens du partage, mais aussi du devoir, qui se sont complètement perdus dans ma famille avec la génération des baby-boomers, au point qu'un de mes cousins germains a dû se suicider parce qu'on ne lui a pas laissé le choix et qu'une de mes demi-sœurs est autiste sans doute par négligence de mon père. Oui la loi morale s'est diluée dans le libertarisme de gauche post68ard, puis complètement perdue avec le libéralisme. Alors je préférerais vraiment le monde chrétien de mes grands-parents ayant un grand sens du devoir et de la loi morale, de la solidarité, de la collectivité, et je vomis la déchristianisation libérale-libertaire, faussement cool, bobo, post68arde, qui aujourd'hui aboutit au moralisme wokiste. Les soixante-huitards baby-boomers ont laissé un monde déchristianisé en ruine à leurs enfants, qui se caractérise désormais par un repli identitaire caractérisé notamment par le discours de Zemmour et la montée inexorable de l'extrême droite, une loi morale tournant exclusivement autour de la culpabilité vis-à-vis de la Shoah dont découle la Loi et le blasphème sous la forme du négationnisme. C'est un blasphème car qu'on le veuille ou non, elle a un caractère sacré dans une société paradoxalement pratiquement complètement déchristianisée et laïque, mais au sein de gens chez qui le sens du sacré n'a pas complètement disparu car il ne peut en réalité disparaître. L'accusation très grave de négationnisme, quelquefois pour un oui pour un non, est donc une nouvelle forme de superstition comme jadis on se protégeait du mauvais œil par des rituels ancestraux de purification de l'âme. Le négationnisme est le produit des âmes impures que l'on refoule dans les marges obscures de la société, comme jadis on faisait la chasse aux sorcières.  

J'hésite encore un peu entre blasphème et crime de lèse-majesté, dans les deux cas c'est un rapport au sacré où l'on surjoue l'indignation - je ne parle pas des réelles victimes.

Les Juifs ou la communauté juive n'y sont pour rien dans ma pathologie mentale, ce sont effectivement mes parents qui ont entièrement détruit ma vie, et sans aucune culpabilité puisque c'est effectivement une notion chrétienne donc qu'il fallait absolument détruire. Ils ont l'entière responsabilité du mal qu'ils m'ont fait. Où était la loi pour freiner ces malfaisants dans leur quête de jouissance ? Si on ne met pas de lois pour abandon caractérisé d'enfant(s), alors on peut dire que la société ne tourne pas rond. Dans mon vécu existentiel, la société chrétienne avec toutes ses chaînes de solidarités me paraît préférable à la neutralité glacée et sans âme de la laïcité. L'attitude de mes parents qui n'est sans doute pas généralisable, me fait penser à une chose : les eaux glacées du calcul égoïste dont parle Marx. Les chaînes de solidarité du parti communiste en France n'étaient pas si mal, elles ont donné lieu aux acquis du CNR que désormais Macron détricote en toute impunité et sans aucun complexe, lui le pervers manipulateur dissimulateur.

Alors s'il vous plaît ne me parlez pas de tartuferie, concernant la morale chrétienne que les 68ards auraient eu raison de détruire pour imposer leurs valeurs libertaires puis complètement libérales décomplexées. Les baby-boomers ont détruit la France, les terroirs, la joie de vivre, la simplicité, l'amour du pays et de la patrie. Mes parents sont des malfaisants, des pourris égoïstes abandonnants, j'aurais encore préféré qu'ils me placent dans une famille d'accueil ou encore beaucoup mieux qu'ils laissent complètement mes grands-parents s'occuper de moi chez eux. Pour mes parents je n'étais qu'un alibi pour obtenir du fric de mes grands-parents en faisant semblant de m'élever, c'étaient des Thénardier, mon cas est-il généralisable ? J'en conclus que la gauche en France n'est pas du tout socialiste, mais libérale-libertaire et complètement pourrie, cf. Les mystères de la gauche, Michéa. Tout cela pour dire que je me sens absolument anarchiste conservateur face aux institutions corrompues de notre république bananière et répressive. Je suis fondamentalement socialiste, un socialiste chrétien non baptisé mais pas de gauche…

Parce que le monde est de plus en plus divisé en psychotiques et en psychopathes, et qu'il vaut mieux être un psychopathe qu'un psychotique, comme le disait ma mère qui ne pouvait s'empêcher au fond d'elle-même d'admirer mon père pervers malgré tout le mal qu'il pouvait faire à son entourage - essentiellement elle-même et moi-même.

J'ai été officiellement déclaré psychotique par le médecin psychiatre en charge de mon dossier dans le cadre de l'Éducation Nationale, donc déclaré inapte définitivement à toute fonction en son sein. À 55 ans seulement je suis donc mis en retraite anticipée, j'attends mon degré d'invalidité dont va dépendre ma pension pour le reste de ma vie. Plus le degré d'invalidité sera élevé plus j'aurai des chances de m'en sortir !

J'ai quand même l'impression d'être un déchet, je me sens humilié. J'ai absolument tout raté dans ma vie : travail, famille... patrie (hi hi hi !).
La plus grosse bêtise c'est de faire table rase du passé, on pourrait assimiler cela à une démarche philosophique de type cartésien, alors que le plus souvent c'est le fruit d'un traumatisme qui vous fait perdre la mémoire de tout ce que vous avez acquis, ou de la répétition d'un traumatisme que vous avez connu enfant et qui conduit au même résultat. La vie s'est chargée pour moi de me faire indéfiniment revivre le même traumatisme originel et d'abolir ma mémoire des choses acquises. Donc je n'ai rien acquis, je suis plus misérable à 55 ans que je ne l'étais à 30, quand j'avais encore un semblant d'espoir.

"Deviens ce que tu es !" affirmait Nietzsche, je suis effectivement devenu ce que je suis depuis le début sous l'action mortifère de mes parents, dont je peux situer au moins une ou plusieurs origines traumatiques et qui sont un obstacle à toute action de résilience... Je suis enfin devenu officiellement un psychotique incurable.

C'est ambivalent. Évidemment qu'ils n'étaient pas tout noirs, j'ai partagé avec eux des choses positives que je ne peux pas non plus oublier. Ma fille aînée est désormais plus proche de ma mère que de moi, c'est un sac de nœuds inextricable. J'aurais personnellement préféré conserver des liens chaleureux avec mes parents, mais de leur point de vue ce n'était pas possible car j'étais pour chacun des deux le fils de l'autre. Apparemment mon père a été un bon père pour ses trois autres enfants que j'ai à peine connus.
Il aurait sans doute mieux valu que je sois réellement orphelin et placé dans une famille d'accueil.

Comment ne pas y penser quand je sais que ma mère paie les études de ma fille aînée (fruit d'un premier lit), et invite régulièrement les deux autres ainsi que mon ex-épouse à Noël chez elle, et aux Antilles durant l'été dans sa villa au bord de la plage. Évidemment qu'elles lui manifestent de la gratitude, alors qu'auparavant elle avait tout fait pour faire exploser mes deux couples - consciemment ou inconsciemment, je n'en sais rien. Elle est en train de m'exproprier de la propre famille que j'avais construite. Bientôt il est probable que mes filles penseront toujours à leur grand-mère et auront totalement oublié leur père. Expulser et ostraciser pour mieux capter, il s'agit d'une forme élaborée de spoliation.

Je suis allé plusieurs fois à l’Espace du Possible avec mon père, ce camping hédoniste et libertaire appartenant à Yves Donnars dont parle Houellebecq dans Les Particules élémentaires. Les adultes y laissaient leur progéniture livrée à elle-même et s’adonnaient à des jeux érotiques, généralement ils se promenaient nus et n’hésitaient pas quelquefois à copuler en public. À ma quasi-sœur Catherine M. qui avait des talents de masseuse on demandait de caresser des adultes, voire ce qui était dans son regard d'enfant de "vieux" messieurs nus (mais c'était des boomers), l’un d’eux voulait qu’elle lui masse son pénis. Elle vit aujourd'hui du RSA, seule, isolée, loin de la société « éclairée » alors qu'elle en provenait ; qui est victime de mort sociale dans cette affaire ? Les victimes ou les bourreaux comme O. Duhamel, R. Berry, Cohn Bendit, Jack Lang, Frédéric Mitterrand, Matzneff, Polanski etc. ? À mon quasi-frère Stéphane M. sa belle-mère avait pris son sexe d’enfant de 7 ans dans les mains et jouant avec avait réussi à obtenir une érection pour qu’il la pénètre. Et leur père et leur belle-mère exigeaient d'eux deux qu’ils viennent dans leur lit nus quand ils faisaient l’amour. Quant à mon père, Robert B. il avait un jour obtenu que je me mette nu sans mon consentement pour me masser toutes les parties du corps dont les plus intimes. Je ne dis pas que mon géniteur était un authentique pédophile incestueux mais qu'il en a éprouvé des pulsions qui ont pu passer à l'acte grâce au contexte de cette époque. « Un homme ça s'empêche » comme le disait le père d'Albert Camus, mon père ne s'est pas empêché d'exhiber son sexe nu partout dans la maison durant toute mon enfance et mon adolescence, ni de faire jouir ostensiblement ses maîtresses sans pudeur vis-à-vis de moi, en ne fermant pas la porte ou en le faisant dans la pièce à côté. Plusieurs fois je suis allé tout nu dans le lit parental composé de ma belle-mère Martine D., mon père, ainsi que mon quasi-frère Stéphane et ma quasi-soeur Catherine, on se faisait des papouilles d'adulte à enfant, d'enfant à adulte, d'enfant à enfant ; vraiment innocemment ? N’était-ce pas là le signe d’une conduite pédophile et incestueuse ? D’autant plus que ma mémoire a peut-être refoulé certains de ces souvenirs traumatisants, je ne me souviens donc certainement pas de tout. Tout ce que je peux dire c’est que ces pratiques étaient assez largement répandues dans les milieux libertaires et éclairés vers la fin des années 70 et au début des années 80. Ma mère Colette B. était parfaitement au courant de tout ce qui se tramait mais elle a toujours eu du dégoût pour tout ce qui représente des signes de faiblesse (elle ne respecte que le pouvoir, et surtout celui de l'argent !), comme l'enfance abusée sexuellement, elle a donc sciemment fermé les yeux, elle était complice.

Vous pensez vraiment qu'une analyse ou une thérapie pourrait me guérir du traumatisme de la pédophilie et de l’inceste ? J'ai fait environ 20 ans sur le divan des thérapeutes, que voulez-vous qu'ils fassent face à l’indicible ? Ils sont impuissants.

Je suis allé à l'Espace du Possible 4 ou 5 fois, la première fois en 76 je crois, puis en 79, 80 et 82. Ce que j'ai vu de mes yeux, je l'ai vu ; ce que m'a fait subir mon père je l'ai enduré. Les témoignages de mon quasi-frère et de ma quasi-sœur je ne peux pas les mettre en doute, à l'époque les parents boomers ne se cachaient pas car ils croyaient en une révolution libertaire à venir. Mon père était ami avec Yves Donnars, le propriétaire de ce camping à Meschers en Charente-Maritime, et Houellebecq en parle comme je l'ai déjà évoqué dans son roman Les Particules élémentaires.

Je ne vais pas rentrer dans ce mauvais procès qui est fait à Finkielkraut, c'est un philosophe appréciable et qui manquera cruellement quand il disparaîtra. Cependant j'ai un témoignage assez fort sur mon expérience de la pédophilie et de l'inceste et je trouve que sur cet aspect-là des choses l'attitude d'Élisabeth Lévy et de Finkielkraut est tout à fait symptomatique de leur génération : absence de compassion voire dégoût pour les victimes, bonne conscience et déni. Moi je vous parle d'un camping où tout le monde dans les années 70/80 s'adonnait aux joies de la libre sexualité, baisait devant des enfants. Où les parents avaient des pratiques pédophiles et incestueuses comme si c'était tout à fait normal. Et personne n'a rien vu ? E. Lévy et Finkielkraut, les ravis de la crèche, n'étaient au courant de rien sur les pratiques qui avaient cours durant cette période ? J'ai du mal à le croire ! Je pense qu'ils pratiquent sur eux-mêmes une forme d'autocensure et de déni et cherchent coûte que coûte à protéger leurs amis (puissants) qui ont eu le malheur de se compromettre avec leur époque libertaire, où le libre accès à la pédophilie était quand même une revendication officielle : la pétition pour la légalisation de la pédophilie (Libération, janvier 1977) dont les signataires étaient majoritairement issus de Mai.

Je suis un représentant emblématique des victimes du siècle après-guerre, oui. Il y a un déni total de notre époque par rapport à cette période. J'aurais même préféré que notre époque assume sa pédophilie constitutive de 68 à 83, comme celles des Grecs anciens ou de la Renaissance par exemple. Les adultes ont rejeté leurs propres enfants victimes dans les oubliettes de l'Histoire au lieu d'assumer leurs actes en en faisant des victimes monstrueuses plutôt que des initiés, des exceptions alors que c'était la règle. Je me souviens de la joie mauvaise qu’a éprouvé mon père lorsque le battage médiatique s’est orchestré autour de la Shoah, avec le film éponyme de Claude Lanzmann : « Ouf je suis sauvé, le crime (qui aurait pu peut-être ne pas en être un s'il avait été assumé comme un processus d'initiation et de transmission) de mon époque va passer sous silence ! » En raison de son faible degré d'évolution et son manque de spiritualité mon père a ressenti de la honte pour son attitude et du dégoût pour sa victime qu'il a rejeté - c'est ça le pire : ce sentiment de rejet une fois avoir été consommé, digéré et évacué comme un déchet ; au lieu de chercher à l'élever comme le faisaient les Grecs anciens à travers un processus d'initiation passant par l'érotisme. Notre président Macron lui-même ne s'est-il pas élevé grâce à l'attitude pédophile de celle qui est devenue sa femme ?

Le vrai choc pour moi fut d'être abandonné par mon père à 19 ans parce que j'étais devenu par ses soins une victime digne de mépris, un déchet réifié parce que consommé. Cette réification donc cette aliénation fut aussi le motif de ma répudiation aussi bien du côté de mes géniteurs que de ma femme aujourd'hui ; je n'avais plus droit à l'existence pour mes géniteurs parce que j'étais devenu aliéné, le père parce qu'il en avait été l'acteur m'ayant réduit à l'état de chose, la mère parce qu'elle avait fermé les yeux et avait été la complice... du crime parfait ! Ils se lavaient les mains de m'avoir « tué » et en plus c'était moi le fautif en raison de mon comportement aliéné de leur désinvestissement affectif absolu à mon égard. Ma femme ne pouvait pas deviner quel monstre j'étais en réalité, elle m'a donc rejeté après 17 ans de vie commune et deux enfants ; mais elle, n'a aucune responsabilité.

Moi-même en tant que représentant emblématique des générations qui viennent après celle des boomers, je suis imprégné d'idéologie prédatrice ou justifiant la prédation par mes parents boomers qui ont retourné leur veste hippie pour adopter un costume néolibéral au début des années 80. Je préférais largement les hippies de paix et d'amour aux néolibéraux pervers et obsédés par l'argent. Pour mes parents ce ne fut qu'un changement de mode, pour moi ce fut un cataclysme. Ce sont généralement les enfants qui paient pour les "errements" de leurs parents surtout si ces errements ne sont pas assumés, quant aux parents boomers ils estiment qu'ils n'ont de comptes à rendre à personne puisqu'ils avaient "tués" leurs propres parents !

Le mouvement de Mai 68 a voulu apporter l'amour libre, le pouvoir néolibéral a perverti ce mouvement et lui a substitué la pornographie presque imposée à tous (par misère sexuelle) pour faire du profit. Le néolibéralisme prédateur et pervers a sali une idée assez innocente au départ, et en même temps ce régime est plutôt conservateur, pudibond et hypocrite sur le plan des mœurs.

Qu’est-ce que l’idéologie prédatrice ? Il y avait sans doute des prédateurs comme mon père qui utilisaient l’esprit de Mai 68 comme un moyen pour assouvir leurs pulsions, un peu comme des renards dans le poulailler ; mais l’idéologie prédatrice ce n’est pas du tout ça. C’est le néolibéralisme qui a mis la perversion au centre des rapports humains. Et cela mon père qui a tout d'un pervers narcissique en plus de tout le reste, mais pas d'un pervers sexuel (ou alors vraiment à la marge), l'a bien compris... Dans les années 70 on pouvait abuser de ses enfants sans être un pervers sexuel. Je ne dis pas que la liberté sexuelle était quelque chose de mauvais en soi mais que mon père a perverti cette liberté pour en faire un instrument d'emprise sur moi, bref pour me détruire ou ma mère à travers moi, afin pour lui de ne pas sombrer dans la psychose. De l'autre côté ma mère a perverti son savoir psy et celui de ses amants juifs pour avoir une emprise sur moi, voire pour me détruire ou mon père à travers moi, afin de ne pas sombrer dans la psychose.

La fascination pour la force et le pouvoir, le mépris pour les humbles est une caractéristique de l’intelligentsia bobo des grandes métropoles. Le peuple est forcément antisémite et complotiste (comme l'a montré la propagande journalistique anti-gilets jaunes), les riches, les puissants et les représentants de la « haute-culture » sont forcément des alliés. On comprend décidément l’amitié qui lie BHL à Claude Lanzmann avec qui il partage ce trait de caractère. Comme Lanzman, il veut nettoyer la responsabilité des élites dans l’antisémitisme génocidaire et faire porter cette responsabilité sur les peuples.

Il y a un culte du néolibéralisme depuis environ 1983 en France, une propagande et un conditionnement des citoyens. Réactivation par l'école de Chicago et Hayek des thèses les plus sulfureuses de Mandeville à l'attention d'un cercle d'élus, d'affranchis (de la décence commune). Une sorte de "secte" en somme qui a cherché à promouvoir une "utopie", selon le mot de Hayek, et qui a si bien réussi qu'elle a inventé la religion qui s'est mondialement imposée, celle du divin Marché, "ordre spontané" si parfait qu'il doit absolument être tenu à l'abri de toute tentative humaine de régulation ; il faut donc briser les peuples et leur tentation de souveraineté.

Ces affranchis ont souterrainement diffusé l'idée néolibérale avant que celle-ci ne s'empare officiellement du monde pour le reconfigurer entièrement à partir des années 1980. C'est ainsi que deux think tanks, parmi les nombreux issus de cette Société, ont joué un rôle décisif dans les arrivées au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne (1979) et de Ronald Reagan aux États-Unis (1980) : respectivement l'Institute of Economic Affairs (créé en 1955) et l'Heritage Foundation (créé en 1973). Macron s’inscrit évidemment dans cette lignée néolibérale, ainsi que tous les pays occidentaux sous influence américaine même lorsqu'ils se disent européens pour faire concurrence à l'hégémonie des États-Unis. On assiste en réalité aujourd'hui à la mondialisation de l'idée néolibérale jusqu'en Asie qui fait preuve d'une rare discipline, c’est d’ailleurs une nouvelle forme de guerre par l’économie de marché.

Nous sommes en plein dans cette "utopie" ; vouloir réguler par exemple les flux migratoires ou les échanges commerciaux entre les pays ce serait vouloir être souverain, et ce devrait alors être un contrat moral engageant l'État ainsi que chaque citoyen et garantissant la liberté de ce dernier (comme du temps de la création de la Vème République sous de Gaulle). Or non il n'en est rien, nous sommes en pleine manipulation caractérisée ; la façon de gérer la Covid en entretenant la psychose est un énième avatar de la privation de sens critique en régime néolibéral. Macron et sa clique visent l'abrutissement et l'aliénation des masses (éventuellement par la peur), pour priver chacun de son sens critique donc de sa capacité à remettre en question le régime et sa tentation liberticide. Or les régimes néolibéraux jouent une course contre la montre à l'égard de leurs propres peuples ; le tout est de tenir assez longtemps pour les isoler et les diviser afin de les anéantir de toutes les façons possibles (télévision, propagande journalistique, publicité, flux migratoires incontrôlés, lois liberticides, Covid, guerre des sexes, guerre des "races", terrorisme, hyper-violence de la jeunesse, rivalité mimétique meurtrière, perversion narcissique généralisée dans les hautes sphères décisionnaires, logique victimaire à outrance, néoféminisme exacerbé, cancel culture, culture woke, intersectionnalité etc...) pour pouvoir établir à l'échelle mondiale cette "utopie".

Je ne sais pas le degré de responsabilité de cette "utopie" néolibérale dans l'origine de la Covid ; reste que la Covid arrive à point nommé pour restreindre les libertés et la contestation sociale (des gilets jaunes par exemple), et expérimenter de nouvelles formes de confinement des populations ; c'est la discipline, le degré de soumission des populations et l'efficacité de la propagande journalistique et de la police qui sont testés.

En attendant le but du pouvoir néolibéral représenté par Macron est de diviser pour mieux régner, comme entre les hommes et les femmes et même entre les « races » par exemple (parmi de nombreux autres).

Pour finir sur cet aspect, n’oublions pas que c’est moi que la Justice de mon pays a condamné à 6 mois de prison ferme, ni mon père, ni ma mère ; autrement dit comment notre société gère sa logique sacrificielle ? En mettant les victimes en prison et en laissant les bourreaux en liberté. Il n'y a pas de « justice immanente », le monde est injuste c'est comme ça et les chrétiens ont inventé le paradis pour les justes et l'enfer pour les autres après la vie ; avant l'invention des chrétiens il n'y avait jamais eu de dieu juste. Les dieux païens ou le Dieu des juifs étaient odieux et partiaux. Je n'affirme pas que l'hypothèse chrétienne est fausse, il n'y a aucun moyen de le savoir puisque personne n'est revenu d'entre les morts pour nous le dire. Personnellement je suspends mon jugement même si je ne peux m'empêcher d'adhérer en la matière à l'intuition de mes grands-parents bretons (ils étaient peut-être plus païens que catholiques ; mais surtout ils étaient bons).

Sur la question de parents baby-boomers comme les miens qui ont voulu apparaître comme des dieux aux yeux de leurs enfants et petits-enfants ; je pense très fort à la mère abandonnante et égoïste de Houellebecq aussi, genre de précurseuse des mamans baby-boomeuses qui viendront en masse après elle. Sans Dieu, dieux, l'homme n'aurait jamais été aussi grand qu'il ne l'a été, bâtisseur de civilisations. Sans Dieu, dieux, l'homme est aujourd'hui tout petit, insignifiant, s'agitant dans le vide. Avec ou sans Dieu, dieux, personne n'a entendu parler de l'homme, hormis l'homme, mais qui est l'homme ? C'est à dire rien du tout, ça oui, une créature bouffie d'orgueil qui ne cesse de vouloir péter plus haut que son cul ; il disparaîtrait que tout le monde s'en trouverait soulagé dans le règne animal sans parler du règne végétal, et ne laisserait aucun souvenir car les animaux n'ont pas de mémoire écrite, tout serait effacé jusqu'au souvenir de son existence sur Terre. Au moins la conception qu'il avait de Dieu le remettait à sa juste place, et il en avait bien besoin quand on voit le résultat actuel des Lumières : hubris, volonté de puissance, narcissisme, perversion... généralisés. À partir du moment où « Dieu est mort », ce sont des hommes qui veulent apparaître comme des dieux pour d'autres hommes, l'exemple paroxystique de ce comportement prédateur qu'il rapporte de son expérience dans les camps de concentration nazis étant décrit par Robert Antelme dans l'Espèce humaine. Aujourd'hui vous n'en avez pas de ces exemples comme le nez au milieu de la figure dans votre expérience quotidienne ? Avec les baby-boomers indûment enrichis par des circonstances économiques favorables qui souvent veulent passer pour des dieux aux yeux de leurs enfants appauvris, sans parler des petits chefs dans la vie de tous les jours qui se prennent pour de petits dieux, et cela va jusqu'aux énormes milliardaires de la Silicon Valley ou d'ailleurs, qui se prennent pour des dieux omnipotents. Nous ne sommes plus soumis aux caprices d'un créateur tout puissant, mais à ceux de créatures sournoises, violentes et globalement malveillantes.