mardi 4 février 2014

Hommage à ma grand-mère bretonne : Elise

Cavanna n'a probablement trouvé que très peu d'amour dans la religion catholique. Et effectivement la religion en soi n'apporte que très peu d'amour. Tout dépend des gens que l'on a rencontré et qui ont incarné la religion ou la raison sous la forme de l'amour. L'amour permet de relier et la haine divise, fait éclater le lien (Lucrèce?). Les deux principes qui fondent l'existence sont l'amour et la haine (Empédocle?). Tout dépend des gens que l'on rencontre et qui incarnent un de ces deux principes. Rien n'est bon ni mauvais en soi, tout est relatif. C'est la relation duelle qui permet la création. Rien n'est un (Parménide?), tout est au moins duel. Je ne suis pas non plus un catholique fanatique, mais un catholique de circonstance (ma relation à ma grand-mère).

Contre l'immortalité

Je ne suis absolument pas d'accord pour l'immortalité. L'immortalité n'est pas une affaire de raison, c'est affaire de foi, on y croit ou non. Je pense que si nous devons être jugé c'est sur le bien et le mal que nous aurons fait sur cette planète. L'immortalité permettrait aux nuisibles de s'en sortir à trop bon compte. Et tu sembles totalement ignorer ou feindre d’ignorer (un déni?), l'existence des nuisibles. De même que l'injustice et le mal ici-bas. Or la mort est le seul élément de justice en ce bas-monde, qui vient punir les riches et les puissants de leur triomphe injuste (nous ne pouvons pas être au-delà) et soulager les humbles de leur souffrance. Jusqu'à nouvel ordre la gauche, héritière de Victor Hugo n'a pas réussi à améliorer le sort des démunis à l'échelle mondiale. LA situation je le pense, s'est même aggravée. Donc le projet de la gauche est un échec. Les sciences et techniques ne résolvent rien. Notre intelligence est dans l'impasse. Il faut être un égoïste ou idéaliste incurable pour le nier.

Pour ma part je suis plus catholique, que protestant, plus français qu'anglais, plus de gauche que de droite, je ne pense pas que nous serons sauvés par la réussite sociale qui est effectivement un reflet de l'intelligence. J'admire beaucoup Nietzsche, mais je ne suis absolument pas nietzschéen. Je crois en effet que si nous devons être sauvés c'est par nos actions, et que nous serons jugés par le bien et le mal que nous avons fait aux autres. Si il en est autrement, si une majorité d'hommes pensent qu'il en est autrement, alors nous sommes tous perdus. Pour ce qui est du bien, je l'appréhende confusément, je n'en ai pas bien conscience; mais le mal j'en ai pleinement conscience, j'en ai été frappé de plein fouet par mes parents inconscients, mauvais et égoïstes. C'est pour cette raison que je refuse d'admettre que le mal est une affaire privée. 

Le pervers et "l'honnête homme"

Tout ce que tu dis fait preuve d'une grande intelligence et de beaucoup de bon sens. Mais tu oublies un paramètre, un nouveau type humain apparaît dans nos société, un type humain adapté à la forme de société où nous vivons, c'est le pervers. Ce type humain pratique la mauvaise foi comme une seconde nature. Pour ce type humain il n'y a ni bien ni mal. Or ton discours est totalement empreint des notions de bien et de mal, comme si elles allaient de soi pour un être raisonnable. Pourquoi n'y aurait-il pas des profs pervers, qui ne ressentent rien à la souffrance des autres, y compris à celle des Juifs ? Une instrumentalisation de la Shoah comme il peut y avoir une instrumentalisation de l'esclavagisme ? De plus va dire aux descendants d'Indiens d'Amérique du Nord et du Sud que leur génocide n'a pas la même spécificité que la Shoah, et donc vaut moins. Effectivement il n'y avait plus d'Indiens pour en faire un monument de leur génocide. La maîtrise de la représentation est aussi une spécificité occidentale, jusqu'à une certaine époque, une spécificité judéo-chrétienne pourrait-on dire. Tu as un don pour la maîtrise de la représentation et pour embrasser des idées, et cela sans perversion, apparemment. Mais la Shoah est aussi une affaire de compassion et de sentiment. On peut avoir beaucoup de raison et ni compassion, ni sentiment, ne pas avoir conscience de l'altérité dans l'autre homme : c'est cela la définition du pervers. Et crois-moi ils sont nombreux, car notre type de société basé sur l'envie, la jalousie de ce qu'ont les autres, les encourage. Finalement le type de société que tu ne cesses de défendre aveuglément. Tu fais du mal et de la perversion une affaire privée, car tu es fasciné par l'aspect brillant, étincelant de la même personne dans le domaine public. Au fond tu nies la question du mal au profit de la raison. C'est ta principale faiblesse, car toi-même tu n'as pas ce côté étincelant des personnes perverses, et tu les admires.

Ta morale exempte de toute faute tout être qui a su se sauver, grâce aux qualités de son intelligence. Mais cela ne suffit pas à faire un "honnête homme".

mercredi 15 janvier 2014

Le paradigme hitlérien et le bouffon Dieudonné

Ce que l'on évalue avant tout chez un élève, c'est la santé. La santé au sens des psychologues, au sens de Nietzsche. L'intelligence est un signe de bonne santé. La bêtise est un signe de mauvaise santé. Même quand on croit juger quelqu'un au nom du bien et du mal, on le juge en réalité du point de vue de la santé. La santé a toujours raison. Souvent on ne sait pas que l'on est en mauvaise santé. C'est par le fait d'avoir été en bonne santé que l'on peut se rendre compte que l'on est malade. Dieudonné par exemple s'en rend-il compte ? On l'attaque au nom du bien et du mal, alors qu'on devrait faire preuve à son égard de compassion, comme à l'égard d'Hitler, difficile toutefois de faire preuve de compassion pour un homme responsable plus ou moins directement de 60 millions de morts. Mais cessons de rêver à de vaines utopies. L'Histoire juge et elle juge durement du point de vue du monde des adultes, à un instant t.  Cet instant t n'a rien d'absolu, il est relatif. Il dépend de chaque époque qui est gouverné par des "forts", c'est-à-dire par des gens en grande santé. Mais même la vision du bien et du mal des hommes en bonne santé est relative. Ce qui compte c'est d'appartenir au groupe et d'adhérer aux valeurs qu'il s'est choisi. Dans un régime aristocratique, les valeurs ne sont pas les mêmes que dans un régime démocratique. Le temps de la démocratie nominale ou de l'oligarchie réelle, n'est pas forcément éternel. Il n'est pas dit que l'on puisse faire mieux, ni faire pire. Des gens psychologiquement malades, comme Jésus, peuvent aussi être repris par des forts, pour orienter l'époque vers des millénaires de conception  du monde. L'Histoire se nourrit de martyrs, de héros, c'est-à-dire de gens souvent en mauvaise santé, qui ne font pas passer leur volonté de persévérer dans l'existence, avant celle des autres, ou comme un absolu. C'est un signe de bonne santé de s'accrocher à l'existence comme un ténia, comme une moule à son rocher ; mais cela ne fait pas de vous un martyr. Hitler a le profil d'un martyr, bien qu'il soit criminel. Et toute sa gestuelle et son discours sont aujourd'hui repris par certains humoristes ou penseurs complotistes. Preuve que Hitler est toujours vivant, ne serait-ce que dans la gestuelle, dans le geste de la quenelle par exemple. Cette survivance est en plus le déclencheur d'un guerre civile larvée. Quelquefois aussi dans les cours de recréation, c'est l'élève malade, d'un point de vue psychologique, qui se retrouve en état de bouc-émissaire, et taxer de ressemblance au laid, c'est-à-dire au vaincu, c'est-à-dire à Hitler. Quelquefois on a besoin d'un plus petit que soi, pour en faire son petit Hitler intime. Autrement dit tout le monde, et pas seulement les gens en mauvaise santé, est responsable de la propagation d'une forme de délire de persécution post-hitlérien. Le problème c'est qu'à l'heure actuelle on ne sait toujours pas sortir du paradigme hitlérien.
Conclusion : c'est un signe de faiblesse de l'époque que nous ne soyons pas sorti du paradigme hitlérien. La censure est la preuve que nous ne sommes pas sorti de ce paradigme. Si nous étions forts, il n'y aurait pas de censure et nous ne ririons non pas des spectacles de Dieudonné, mais du bouffon Dieudonné.

mercredi 11 décembre 2013

La pensée est-elle binaire ?

Pourquoi le monde est-il binaire? C'est une bonne question. Peut-être parce que le cerveau est divisé en deux, ou qu'il y a deux sexes. Que notre corps forme deux parties symétriques par rapport à un axe. Que tout est double : les yeux, les oreilles, les narines, les bras, les jambes etc... En tout cas dans chaque pays démocratique il semble toujours y avoir à peu près 50 % pour et 50 % contre dans chaque élection. C'est peut-être une condition de possibilité de la connaissance, en plus de l'espace et du temps, que la pensée soit binaire, pas simpliste, mais binaire. On pourrait dire aussi dialectique.

La pensée binaire, voilà pourquoi aucune unité ne se fait jamais en démocratie, parce que pour la plupart nous avons par exemple un papa et une maman, qui sont deux êtres différents. C'est une hypothèse d'explication. L'unité ne se fait que par la dictature, mais l'expérience nous montre qu'elle ne tient jamais longtemps. Alors un projet commun est-il possible pour réunir les hommes et éviter les guerres ? Tant qu'il y aura les pour et les contre, aucun consensus n'est possible, et le statu quo continuera qui consiste dans le libéralisme économique, le laisser-faire si cher aux philosophes anglo-saxons et "leur" main invisible. La politique du moindre mal qui finalement risque par la surpopulation et la famine et la destruction de la nature de nous entraîner tous vers l'abîme. Je ne fais pas ici l'apologie de la dictature, puisqu'au fond la notion de dictature est opposée à la logique de la pensée qui est d'être binaire. Je ne fais que souligner une aporie : la démocratie qui nous paraît bonne individuellement peut aussi collectivement nous mener à notre perte, mais ici je confonds peut-être démocratie avec libéralisme économique, les deux ne sont peut-être pas synonymes, après il y a toutes les nuances qui peuvent exister entre Anglo-saxons et Français, entre gauche et droite. En tout cas, la somme des égoïsmes particuliers ne débouche pas sur le bien, à mon sens.

Je n'ai pas de haine, je ne suis qu'amour.

Je n'ai de haine pour personne en particulier, même pas pour l'espèce humaine en général. Nous sommes malheureusement tous les victimes d'un système qui se nomme la vie, dont jamais personne ne parviendra à percer le sens. Tous les efforts des philosophes occidentaux semblent avoir contribué à rendre possible les conditions d'une science épurée de tout affect, de tout sentiment. Maintenant la philosophie s'en mord les doigts et tente de revenir à l'affect. Mais entre temps nous constatons les ravages des sciences et techniques qui semblent conduire à toujours plus de souffrances, sans parvenir à faire advenir un quelconque sens à la vie. Les progrès de la science conduisent effectivement à la multiplication de la vie humaine sur Terre, provoquant la destruction de la nature. Franchement combien de temps tiendrons-nous encore? A cela rajoute que les guerres modernes conduisent à des massacres inédits, à des souffrances sans nom. Tout cela ne fait qu'augmenter la méfiance et le ressentiment généralisé. Méfiance et haine qui conduisent à toujours plus de génocides. On a cru trouver la solution par une sorte de statu quo généralisé, qui se nomme mondialisation économique, où au fond il n'y a peut-être plus de nationalisme, donc plus de guerres entre nations, mais où chacun se trouve livré en guerre contre tous, sans projet commun, et avec pour seul bagage un reader digest freudien et pour seule arme sa petite libido. En réalité plus augmente l'espèce humaine en nombre, plus augmente la souffrance. Des centaines de millions de personnes sont en état de mort psychique, dans l'anonymat le plus complet, dans l'indifférence généralisée. C'est un réel problème, un avenir viable passera par une régulation du nombre de personnes sur Terre et par un projet commun. 

samedi 19 octobre 2013

Des fables pour les enfants

Je pense qu'aujourd'hui le racisme est discrédité, non parce qu'on le juge mauvais, par rapport à des valeurs bonnes. Mais parce qu'on l'assimile à une maladie. Le raciste est un malade, un pervers, c'est pour cela qu'il fait peur. Le racisme et l'antisémitisme sont des taches. On ne les juge plus par rapport à la morale, mais d'après la santé.

On ne dit pas de Dieudonné, que cet homme est mauvais, on dit qu'il est devenu malade. C'est toujours par rapport aux notions de normalité ou d'anormalité que l'on juge que les choses sont bonnes ou mauvaises. Car ce qui fait le plus peur c'est l'exclusion du groupe.

Mais n'oublions pas que ce qui est reconnu comme"vrai" aujourd'hui, le "normal", pourrait être reconnu comme "faux" demain.

C'est à la condition d'appartenir au groupe que l'on est normal, et les valeurs du groupe peuvent changer du jour au lendemain. Ce qui est "normal" aujourd’hui sera peut-être "anormal" demain. On n' est pas "normal" par l'opération des valeurs que l'on a choisi, on est "normal" par le fait d'appartenir au groupe et d'avoir choisi les valeurs de ce groupe.

Ceux qui croient encore au bien et au mal du point de vue des valeurs sont des fanatiques, des militants. Nous savons bien que ce sont des fables pour enfants.

J'avoue...



J'avoue, je pense être plus malade qu'artiste.

L'espèce humaine est une espèce grégaire. Je n'arrive pas vraiment à comprendre comment j'ai disjoncté, mais je sais que j'ai disjoncté. Je n'appartiens plus vraiment à cette espèce, je suis puni. Cela me fait plaisir quand je suis reconnu par mes pairs, mais je ne m'investis pas vraiment assez pour obtenir cette reconnaissance.

Des gens objectivement plus laids d'un pur point de vue plastique, se sentiront plus beau, car ils sont mieux intégrés dans l'espèce humaine. La beauté à soi-même dépend du degré d'intégration dans l'espèce humaine. Paradoxe : pour dire la vérité, il faut être plus ou moins exclu de l'espèce, donc se sentir laid, et ce sont ensuite ces "laids", ces héros, qui sont reconnus comme des beaux par la postérité. Tout ce que je dis est relatif, il est possible que les "vrais" artistes disparaissent et soient remplacés par des "bobos", c'est à dire des intégrés, qui revendiquent cette intégration à la bourgeoisie, et n'ont plus le courage ou la force ou la volonté de supporter la "solitude" de l'artiste.

Mais n'oublions jamais que ce qui est reconnu aujourd'hui comme le vrai pourrait être reconnu demain comme le faux et réciproquement. Les militants ne sont que les bergers des vérités établis. Ils forcent le trait, pour faire comprendre au troupeau ce qui est vrai et ce qui est faux. 

Toutefois lorsqu’on est trop sorti de l’espèce, cela prend un aspect pathologique. Les grands exclus sont « marqués », ils prennent l’apparence du malade. L’artiste est un équilibriste qui marche sur le fil de la « normalité », au dessus du gouffre de la maladie.

mercredi 9 octobre 2013

Le 93

Moi qui ai enseigné dans le 93 pendant 15 ans, je peux témoigner qu'il y a un rejet de l’éducation républicaine de la part de ces populations défavorisées. Un certain Tobie Nathan affirme que l'on ne peut plaquer les valeurs de la République sur les populations d'origine africaine. Non en raison d'une infériorité de leur part, mais en raison d'une différence culturelle. Tout comme les Bretons ont eu du mal à s'adapter aux valeurs de la République.
De même que Nathan revendique la nécessité d'une ethno psychiatrie pour soulager ces populations, ne faudrait-il pas une ethno école?
Il faut beaucoup de recul pour bien parler de ces questions là. Quand on est dans la mêlée, on ne voit que la violence, la haine, la laideur, la misère.
Je pense qu'il faudrait attribuer aux enseignants du 93, une prime d'au moins 20 % de leur salaire.
La république ne veut pas ouvrir les yeux sur la pluralité de sa population, sur la pluralité de ses territoires. Elle ne consent à aucune différenciation, à aucune excuse. Il est bien évident qu'une telle brutalité républicaine qui nous ramène aux plus mauvais jours de la révolution, avec ses Chouans et sa terrible année, précisément "93"; fait le jeu du FN.

Par delà bien et mal

Nous sommes désormais par delà bien et mal, non pas grâce à Nietzsche mais plutôt grâce à Freud. Effectivement nous sommes par delà bien et mal y compris en politique. Il n'y a désormais que les normaux et les anormaux. La seule façon de discréditer le FN ne serait pas de prouver que c'est un parti qui représente le mal, mais serait plutôt de démontrer que ses représentants sont des anormaux, des pervers ou des malades. Il faudrait discréditer sa chef, d'un point de vue psychanalytique, tout comme Hitler a finalement été reconnu comme un minable, un impuissant, un malade. Plus personne ne croit au bien et au mal, par contre tout le monde veut être du côté des bien-portants contre les anormaux. Ceux qu'au service militaire on appelait, ou dans les clubs de sport on appelle encore les "psychos" ou les "schizos".