lundi 5 février 2018

L'affaire Tariq Ramadan


Moi : « Dieu sait que je condamne l'islamisation de la société, mais justice à deux vitesses !
Prison illico presto pour Tariq Ramadan, et les « copains » DSK, Woody Allen, Polansky, Haziza, Darmanin... en liberté, comme si le viol ou l'acte de pédophilie commis par un musulman était par nature plus bestial et odieux, que celui commis par un membre de l'establishment. Ces derniers ils trouveront toujours pour les défendre bec et ongle, la plupart des libéraux qui ont voté pour Macron. Les libéraux veulent bien des musulmans mais à condition qu'ils se plient aux règles du libéralisme, ils veulent bien remplacer la population de souche par des musulmans, et même remplacer les églises par des mosquées, mais pourvu que ça rapporte du pognon aux copains de l'oligarchie, car leurs compatriotes ils s'en tamponnent le coquillard...
Si vraiment le libéral de base qui a voté Macron n'a pas conscience de tout ça, c'est qu'il est réellement leur idiot utile...
D'ailleurs les Américains avaient eu la probité de mettre DSK en prison, comme tout citoyen lambda y serait allé, ce qui n'aurait jamais pu arriver en France, ce pays de fausse vertu.
La France, et tout particulièrement celle de Macron est à l'avant garde de la malhonnêteté intellectuelle et de la mauvaise foi.
Je le répète Macron dans le monde occidental est l'épiphanie, c'est-à-dire la dernière pièce du puzzle qui va révéler peu à peu le projet libéral-libertaire dans toute son horreur. C'est par l'intermédiaire de mai 68 que ce projet libéral fut finalement le mieux implanté et légitimé, et à travers la France dans tout le monde occidental. Bien sûr on ne pouvait pas s'en rendre compte sur le coup, cette implantation fut progressive et alla crescendo à partir des années 80, où les anciens maoïstes ou staliniens virèrent leur cuti pour se convertir aux bienfaits de l'économie de marché. On peut désormais s'en rendre compte avec le recul du temps, où même les pays anglo-saxons révèlent des fissures concernant les valeurs libérales, alors que la France fonctionne comme un phare du libéralisme, qui n'en présente pas.
La France cette grande traîtresse désormais à ses propres valeurs et racines spirituelles.
Ce que j'aimerais vous montrer c'est la faiblesse du raisonnement des libéraux. La plupart des gens qui condamnent aujourd'hui l'islamisation de la société et tout particulièrement les crimes antisémites, sont exactement les mêmes qui quelques années plus tôt, particulièrement durant mai 68 et les 50 ans qui suivirent, ont combattu les valeurs qui ont structuré la France durant 1500 ans et lui permettaient de se défendre des agressions extérieures. On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le bisou de la crémière. Mai 68, comme le souligne Zemmour a provoqué le suicide de la France sur tous les plans (sociétaux, économiques et politiques), avec la complicité de beaucoup de ceux qui aujourd'hui dénoncent en geignant, les crimes antisémites commis par des islamistes en France. »

L'Israélien : « Il y a 2000 ans la "civilisation" européenne a été christianisée. C'est à dire qu'elle a (re)construit ses fondations sur les principes d'une religion venue d'ailleurs, du Moyen-Orient. Aujourd'hui, elle va reconstruire sa base à nouveau, sur un avatar de l'original, encore une fois. Mais cette fois ça va être un peu plus dur pour tout le monde. »

Moi : « Expliquez-vous, on dirait un peu un prophète qui s'exprime. Pourquoi dites-vous un "avatar", pourquoi pas l'original tout court ! Pourquoi cela va-t-il être dur ? Est-ce parce que cela sera imposé du haut vers le bas comme une dictature ? En quoi cette construction sera-t-elle différente du christianisme qui était une universalisation du message judaïque plus exclusif ? Et alors pourquoi le besoin de vouloir remplacer le christianisme alors qu'il avait fonctionné durant 1500 ans ?
Moi je n'ai rien contre, à condition que cette reconstruction se fasse de façon impartiale, avec une égalité de droit pour tous les citoyens (dans le respect de leurs différences). Je n'accepterai pas qu'une oligarchie, parce qu'elle a des racines religieuses exclusives basées sur le principe d'élection (la dichotomie des purs et des impurs), règne sur tout le reste du genre humain, soumis plus ou moins en esclavage.
Je comprends la virulence du peuple juif et qui a été réactivé par un épisode tragique comme la Shoah, mais cela ne rend-il pas un peu mégalomanes beaucoup de membres de votre communauté ? Ne prenez-vous pas un peu vos désirs pour la réalité et ne nous faites-nous pas prendre des vessies pour des lanternes en pensant que votre communauté avec ses petits bras musclés va réformer le monde ? Voire être à la base de la création d'une nouvelle religion universelle, dont vous seriez évidemment les grands prêtres, les guides, et les intermédiaires entre Dieu et les pauvres mortels et pécheurs que nous sommes ?

L'Israélien : « Nous sommes un peuple, pas une communauté. Mais qui vous a fait croire ça ? Nous ne voulons réformer rien du tout. Nous voulons juste consolider Israël de façon que personne ne puisse remettre en cause sa légitimité. Nous voulons sécuriser et assurer ses frontières pour qu'il reste pour chaque juif, dont votre fille, un refuge solide. C'est notre devoir. La relation de l'Europe avec l'Islam n'est pas notre problème, mais le vôtre.

Moi : « Vous évoquez quand même l'idée de reconstruire sur l'avatar de l'original, l'original c'est bien le judaïsme non ? Et pourquoi cela va-t-il être dur ? Et cette reconstruction ne touchera pas que le peuple juif ? Si ? »

L'Israélien : « Vous vous êtes mépris : le premier avatar c'est le christianisme, le second l'Islam.

Moi : « Donc vous faisiez référence à l'islam et à la reconstruction possible de l'Europe sous son égide. Vous n'avez aucune solution à apporter, et vous vous abritez derrière votre neutralité israélienne ? »

L'Israélien : « En gros, c'est ça. »

Moi : « Autre élément d'explication de la longévité du peuple juif et qui peut sembler paradoxal, tant il fut persécuté par les deux monothéismes chrétiens et musulmans. Le judaïsme n'a-t-il pas survécu à l'Antiquité, précisément parce qu'il était la racine spirituelle surtout du christianisme, qui ne pouvait pas s'en débarrasser sous peine de parricide, formellement condamné par la religion chrétienne ou même musulmane ? Le passage à l'acte de l'extermination fut le fait d'un néo-païen nommé Adolf Hitler qui rejetait son catholicisme originaire, et pas du tout le fait de religieux ou de croyants, non ? Aujourd'hui je veux bien croire que la principale menace pour les Juifs d'Israël et du monde entier provienne de l'islamisme, mais je crois et suis même sûr que vous n'avez plus rien à craindre des chrétiens qui ont fait leur aggiornamento. »

L'israélien : « "fut le fait d'un néo-païen nommé Adolf Hitler qui rejetait son catholicisme originaire", cela me fait bien rire. Moi j'y vois la trace du dieu des chrétiens, d'ailleurs sur le ceinturon des nazis était inscrit "Gott mit uns" ! »

Moi : « Le dieu auquel il fait référence n'est pas celui des catholiques, mais celui (ou ceux !) issu des peuples germaniques qui peuplaient les forêts profondes au temps des Romains. Tout le monde est d'accord ici pour faire d'Hitler l'héritier d'une idéologie romantique mâtinée de nietzschéisme qui n'a rien à voir avec le christianisme. »

Moi : « Sinon, et excusez-moi pour l'agression, mais pourquoi ces caractères hébraïques sur votre pseudo ? On a fait renoncer à mes ancêtres leur particularisme breton au nom de la laïcité, et dieu sait que ma famille en a beaucoup souffert. J'appartiens à la première génération qui ne parle plus le breton, avec tous les désastres anthropologiques, au niveau notamment de la culture et même de la morale que cela peut entraîner... La question qui se pose est la France doit-elle devenir un pays multiculturel et renoncer à son modèle ? Et en accepter le prix, c'est-à-dire la virulence de la communauté musulmane à travers ses éléments les plus radicalisés ? Ou alors tout le monde ne doit-il pas accepter le jeu de l'intégration, y compris la communauté juive ? »

L'israélien : « Ces caractères parce que je suis israélien et que c'est mon nom. Internet, ça veut dire "international network", et je vous répète que les Juifs ne sont pas une communauté, mais un peuple.»

Le rieur : « Un peuple, c'est une terre, une langue, une loi, une Histoire, une architecture, une gastronomie, des arts, une tradition de transmission, une religion etc. et des gens. Comme le peuple breton, peut-être. Et tout ce beau monde a "des petits bras musclés". Ah, ah, ah, ah ! »

Moi : « Michelet définissait la France comme une nation (faite de peuples disparates), l'Allemagne comme un peuple (plus homogène ethniquement), et la Grande Bretagne comme un empire. »

Le rieur : « Michelet est d'accord avec moi, c'est bien. »

Le comparse du rieur : « Les Bretons sont assujettis à la loi française. »

Le rieur : « Vous croyez ? »

Le comparse du rieur : « Ah, ah, ah, ah ! »

Le rieur : « Je reprends, les Bretons ne sont pas assujettis à la loi française, ils l'ont votée, ainsi que tous ceux des autres provinces, et la respectent. »

Moi : « Shlomo Sand se pose la question de savoir si les Juifs forment un peuple ? »

Le libéral : « Le Monde diplomatique est en train de découvrir l'Amérique et semble ignorer que des travaux historiques ont précédé ceux de M Sand, qui n' a jamais entendu parler de Clément Simon ( 17 ème siècle ) ni d' exégèse ni de Wellhausen Harnack Loisy Guignebert Lods et quelques autres , ni de rien .
Le peuple juif, comme presque tous les peuples non insulaires, résultent de mélanges inextricables depuis trois millénaires. Les israélites de la fin du deuxième millénaires (peut être une subdivision des edomites), dont les origines lointaines le type physique sont parfaitement inconnus, ont conquis en deux siècles et demi le pays de Canaan, où l'on trouvait des gens de toutes sortes de peuples. Il s'est produit une fusion et l'apparition d'un peuple nouveau. Par la suite la religion nationale a évolué vers une religion universaliste et le prosélytisme a semé des communautés juives dans tout le monde antique. Plusieurs personnages célèbres du deuxième siècle (Meir Abtalion Akiba) passaient pour être des descendants de prosélytes et un il y en avait un qui passait pour descendre de Néron et en descendait peut être. Quand Saint Paul rappelle qu'il descend des Benjaminites, c'est une façon discrète de signaler l'ancienneté de son lignage, contrairement à beaucoup d'autres. En descendait-il vraiment ? ça intéresse le généalogiste et non l'historien.
La population juive n'a nullement disparu du pays d'Israel après la destruction du Temple, ni après la révolte du deuxième siècle, et la preuve est qu'au septième siècle juifs et chrétiens s'entre exterminaient (règnes de Maurice et de Heraclius).
Les juifs actuels descendent des juifs d'il y a mille ans fortement mêlés de germains de baltes et surtout de slaves. À propos les khazars sont une blague, les sémites aussi, et Abraham appartient comme Enée, à la mythologie.
Mais l'existence d'un peuple n'est pas une affaire de chromosomes. Les juifs ont gardé l'héritage du passé et continuent de le garder et de le transmettre.
De même les Grecs modernes, qui descendent plus d'Anatoliens et de Slaves que des anciens Hellènes, sont les héritiers légitimes de l'Hellade : ils ont gardé son héritage et sa langue.
Le Diplo ne m'apprend rien et semble ignorer qu'il y a en Israël et ailleurs des gens qui ont quelques connaissances en histoire. Suffit avec ces sottises. Le peuple juif existe, bien qu'il ne descende ni d'Israël Isaac Abraham, personnages mythologiques, ni des Sémites, peuple d'existence douteuse, ni des Khazars. Il descend de ses ancêtres, ça suffit. »

Moi : « Je ne suis pas d'accord pour les Grecs modernes, ils n'ont pas conservé l'héritage spirituel de la Grèce antique, les uns sont orthodoxes, les autres furent polythéistes. Un Grec moderne n'a rien à voir avec un Grec ancien, ils sont aussi différents l'un de l'autre qu'un Italien contemporain et un Romain antique. Et je suis bien d'accord pour dire que les Juifs d'aujourd'hui ont conservé le leur depuis 3000 ou 4000 ans ou entre les deux. Tout cela parce que le judaïsme fut la racine spirituelle des deux monothéismes qui en découlent que sont le christianisme et l'islam, qui ne pouvaient se débarrasser de leur père spirituel (le judaïsme) sous peine de parricide. Je pense que la religion chrétienne a fait son aggiornamento et que les persécutions ne se répéteront plus en Occident. C'est l'aggiornamento de l'islam qu'il faut viser désormais, par l'éducation certainement, mais pas par la force ou la manipulation, comme cet emprisonnement grotesque d'une de leur figure tutélaire comme Tariq Ramadan. Ce n'est pas en en faisant un martyr de la campagne #balancetonporc, que l'on fera avancer le problème, alors que d'autres violeurs avérés comme Weinstein courent toujours. Le deux poids deux mesures est trop flagrant, pour que cela ne choque pas les esprits les plus faibles et les plus crédules à la théorie du complot. Mettons cartes sur table sans esprit de partialité... »

L'Israélien : « Pour l'instant je mets une grande partie de mes espoirs en Mohamed ben Salman. Si j'osais j'écrirais מוהמד בן-שלמן. Et non, le rapport de l'islam au judaïsme est différent. Contrairement au christianisme, l'Islam n'est pas fondé sur le judaïsme. Il est clairement inspiré du judaïsme mais n'y réclame pas sa source. »

Le libéral : « Tous ceux qui se rassemblent sous la même bannière et votent puis acceptent les mêmes lois et prêts à mourir pour les défendre forment un peuple, non ? »

L'Israélien : « La france n'est pas une ethnie non plus mais le peuple français ça existe non ? Ou alors on a oublié de m'avertir de sa dissolution. »

Moi : « On est en pleine dissolution, avec l'immigration massive de musulmans. La France en renonçant à son identité, en devenant multiculturaliste et en renonçant à son modèle intégrateur, est en train de perdre son âme et se suicide elle-même. L'islamisme fera certainement la peau du "peuple" français, ou tout du moins le remplacera peu à peu, espérons-le avec le moins de souffrances possibles. Mais est-ce que je pourrai venir me réfugier dans votre pays avec ma fille, puisque je ne suis pas juif ? J'ai aussi une autre option : l'Australie. »

L'Israélien : « L'australie, c'est pas mal. Dans les années 60 mes parents avaient envisagé la possibilité d'y emmigrer. Malheureusement, et brisant mon rêve d'enfant, ils y ont renoncé. »

Le libéral : « Moi j'ai un premier problème : je trouve ça bien le libéralisme. L'espérance de vie par exemple n'a jamais été aussi haute. Mais mon second problème c'est que je ne suis pas aveugle, et je vois bien que ce système cause aujourd'hui des dégâts considérables : écologiques et sociaux en particulier. Mais quelle est l'autre option ? Et comment la mettre en oeuvre ? »

Moi ; « Pas d'autre option, mais davantage de régulations. Favoriser l'autogestion, les circuits courts, les communautés éclairées et empathiques... Jouer le jeu de la solidarité et d'une meilleure répartition des richesses... »

Le polémiste : « Frère Tariq représente-il l'islam ? »

Moi : « Même dans l'éducation nationale, les enseignants musulmans en étaient très fiers, il était le seul à pouvoir faire pendant à la pléiade d'intellectuels d'origine juive dans les médias. »

Le polémiste : « Ce n'est pas la question que j'ai posée. »

Moi : « Je ne pense pas que l'islam soit une religion de paix et d'amour. C'est une religion de conquête qui doit faire son aggiornamento pour être soluble dans la République. Mais nous n'en prenons pas le chemin, hélas ! Par notre attitude, nous les braquons encore plus et les poussons vers la radicalisation. »

Le polémiste : « Encore une fois, ma question est: est-ce que Tariq Ramadan représente l'islam ? »

Moi : « Je n'en sais rien, il en représente certainement une mouvance. Tout comme BHL représente une mouvance du judaïsme moderne, hélas, trois fois hélas ! »

Le polémiste : « BHL ne représente que lui même, à moins que vous ayez des preuves concrètes d'une formation politique ou religieuse sous sa présidence.
Tariq Ramadan est, lui, des dirigeants de la fratrie musulmane, qui est une formation islamique. »

Moi : « BHL ne représente peut-être que lui-même mais il a beaucoup plus d'influence sur la diplomatie française que Tariq Ramadan, comme l'a montré l'intervention en Lybie, sous sa tutelle directe. À se demander si ce qu'il reste de la France a encore une quelconque autonomie en matière de politique étrangère ! »

Le polémiste : « Si vous vous fiez à des sources telles que médiapart et le Monde diplo, difficile de faire un autre constat. Or la fratrie ramadanesque a mis la main sur une bonne partie des institutions islamiques françaises. »

Moi : « Et quand le magazine "causeur" fournit des allégations comparables ? »

Le polémiste : « Même tonneau. Mais même là, rien n'est dit à propos d'une formation ou organisation BHLienne. »

Le fêtard mondain : « BHL est comme un "poux" il se colle sur celui qui est en action... Puis il fait croire qu'il influence quelque chose... À mon avis dans l'affaire Libyenne il n'a fait que tourbillonner comme a son habitude... Car son influence est nulle, à part sans doute dans les boites de nuits parisienne. »

Moi : « Ah pour le coup c'est vous qui êtes complotiste, cher polémiste. Des formations ou organisations souterraines et occultes pervertiraient la jeunesse ! C'est fort possible et même très probable. Moi je vous dis simplement que l'islam a besoin de faire son aggiornamento, car ce n'est pas une religion de paix et d'amour. La question est effectivement, faudra-t-il une Catastrophe de l'ampleur de la Shoah pour qu'il le fasse ? Pour l'instant l'attitude globale en France a pour effet de braquer encore plus et de radicaliser cette communauté. On voit bien que l'immigration massive est une impasse impulsée par le libéralisme, qui en devient paradoxal avec lui-même. Pour ma part je souhaiterais que la France renoue avec sa souveraineté et mette un frein à l'immigration massive, sans que pour autant je sois suspecté de me situer sur l'extrême droite de l'échiquier politique. Mais toute régulation des flux est incompatible avec le libéralisme. Encore une fois on ne peut avoir le beurre, l'argent du beurre et le bisou de la crémière. C'est ça l'aporie du libéralisme avec la complicité de beaucoup d'intellectuels, qui tout en dénonçant les méfaits antisémites de l’islamisme, nous mène dans le mur ! Encore une fois je comprends que la communauté juive dans sa majorité paie ses dettes au libéralisme qui historiquement par le biais de la Grande Bretagne et des Etats Unis l'a sauvé avec l'URSS quand même, d'une extermination totale en Europe. Mais les contradictions internes propres au libéralisme, devrait faire réfléchir cette communauté, aux moyens de sortir de l'impasse dans laquelle il nous a conduit : comme de favoriser la résurgence d'un phénomène, comme l'antisémitisme en Europe, que l'on croyait disparu depuis longtemps.
L'Europe ce n'est pas l'islam, et pour le contrer il faut favoriser la France dans ce qu'elle a de plus profond dans son identité, son catholicisme qui remonte à 1500 ans. Je crois même que la figure tutélaire de ce magazine dans lequel vous commentez abondamment souscrirait à ma définition de l'Europe, j'ai nommé Alain Finkielkraut. »

Le polémiste : « Quel complot? La fratrie musulmane est une organisation bien connue, ainsi que sa mainmise. Je ne comprends pas "encore une fois je comprends que la communauté juive paie ses dettes au libéralisme qui historiquement par le biais de la Grande Bretagne et des Etats Unis l'a sauvé avec l'URSS quand même, d'une extermination totale en Europe." »

Le polémiste : « De plus Erwan, Pourquoi vous sentez-vous obligé de mêler les juifs dans vos griefs ? »

Moi : « Parce que la spiritualité en France n'est plus catholique mais majoritairement juive, à travers tous les médias officiels, ou alors disons pour modérer un peu mon propos qu'ils sont la spiritualité la plus à la mode, la plus en vogue. Aucun grief de ma part, une constatation c'est tout. Les autorités tutélaires de la France ont totalement baissé la garde depuis mai 68. Et cette autorité tutélaire en France fut issue du catholicisme jusqu'en mai 68. C'est un fait, une constatation, qu'on le déplore ou bien s'en réjouisse. »

Le polémiste : « Ah bon? Qu'est-ce qui étaye vos "constatations" ? »

Moi : « L'Europe ce n'est pas l'islam, et pour le contrer il faut favoriser la France dans ce qu'elle a de plus profond dans son identité, son catholicisme qui remonte à 1500 ans. Je crois même que la figure tutélaire de ce magazine dans lequel vous commentez abondamment souscrirait à ma définition de l'Europe, j'ai nommé Alain Finkielkraut. Comme autres sources on peut aussi citer Eric Zemmour, qui abonde dans mon sens. Jamais la spiritualité juive à elle seule ne pourra contrer la menace que représente l'islamisme, constatation qui est aussi celle faite par un écrivain comme Houellebecq, ou un autre comme Onfray. Comme la nature a horreur du vide, la spiritualité laïque qui en réalité n'existe pas sera remplacée par une réelle spiritualité : celle de l'islam. Pendant que des imbéciles comme BHL ou autres nouveaux philosophes s'échinent à détruire le peu qu'il reste de spiritualité catholique en France, sous prétexte qu'elle aurait engendré la Shoah, par des chemins sinueux certes, mais quand même, l'islamisme prospère. C'est un fait, c'est une constatation. »

Le polémiste : « Ni l'un ni l'autre ne prétend porter une spiritualité juive. »

Moi : « De toute façon ce n'est de la faute à personne, nous sommes responsables mais pas coupables voudraient nous faire croire les libéraux, alors qu'en réalité nous sommes foncièrement coupables tous autant que nous sommes, et bien peu responsables. « L'histoire » comme on dit « est faite de plus de morts que de vivants », nous portons sur nous le poids des péchés commis par nos ancêtres morts depuis longtemps, le plus abominable d'entre eux étant la Shoah. »

Le mécontent : « "nous portons sur nous le poids des péchés commis par nos ancêtres" de nada, nous ne portons rien du tout, la seule responsabilité que nous ayons, est de n'avoir toujours rien appris du passé : on est toujours des barbares... »

Le polémiste : « Mais où voulez-vous en venir Erwan ? »

Moi : « Nulle part, si ce n'est que je défends l'esprit gaullien que la France n'aurait jamais dû abandonner, avec le libéralisme dans le tournant des années 80, et la non maîtrise des flux migratoires, nous avons ouvert une boîte de Pandore. J'aboutis à peu près aux mêmes constatations pessimistes qu'un Houellebecq, un Onfray, un Finkielkraut ou un Zemmour. Je constate au déclin irrémédiable de la France depuis mai 68, parce que depuis cette date elle a renoncé à sa vocation gaullienne, et parce que ce déclin est inscrit dans ma chair, par mon histoire familiale (voir ici). Je ne jette la pierre à personne. Mais je constate comme Élisabeth de Fontenay que la France n'est plus une grande nation, et qu'à l'instar d'Israël d'ailleurs, c'est devenu une petite nation. L'avenir du monde c'est l'Asie, aux facultés d'adaptation remarquable et à la spiritualité majoritairement bouddhiste bien moins conflictuelle que la nôtre, qui entre chrétiens, juifs et musulmans ne cessons de nous entredéchirer. Il est évident que nous n'iront pas très loin, en Europe, dans les développements de la Technique sur des bases aussi fragiles et malsaines. »

Moi : « L'affaire Tariq Ramadan va encore alimenter la pensée complotiste... »

L'intransigeant : « De toutes les manières, la pensée complotiste battra son plein. À cause de la pensée complotiste, il faudrait laisser faire ? Raisonner ainsi, c'est de la soumission.  La faiblesse, ça suffit. Que justice soit faite, que sa main ne tremble pas. »

La femme choquée : « Surtout grâce à vous Erwan. »

Moi : « On est bien d'accord que Weinstein à ce compte là devrait être depuis longtemps derrière les barreaux, non ? »

La femme choquée : « Et toujours pas question de considérer que Ramadan est allé jusqu'à frapper lourdement ces femmes ! Là ça devient du parti-pris ! »

Moi : « Si la pédophilie de Woody Allen, de Polanski ou de Cohn Bendit étaient avérées, cela entraîne des dommages et des traumatismes bien plus graves que sur des personnes adultes, même si il n'y a pas eu de coups portés. Mais encore faut-il que cette pédophilie soit avérée. Il y a quand même de très fortes suscpicions. »

La femme choquée : « Il y a plus que des suspicions pour Ramadan et je ne vois pas très bien comment vous pouvez dire que les femmes qui ont subi ces violences, ne sont pas au moins aussi traumatisées que les plus jeunes !
Peut être pourrez-vous considérer que le prévenu est accusé en plus du viol d'avoir tabassé lourdement ces femmes et que c'est prouvé par des certificats médicaux et des photos !
Ce n'est pas le cas de ceux que vous citez ! »

Moi : « On est bien d'accord que Weinstein à ce compte là devrait être depuis longtemps derrière les barreaux, non ? Même Cohn Bendit ne fait pas un secret de ses attouchements de nature pédophile, Polanski a bien abusé d'une jeune fille de 13 ans, et Woody Allen aurait abusé de la fille de Mia Farrow. Et pourtant dieu sait que j'apprécie ces deux cinéastes ! Mais le talent ou même le génie ne peuvent servir de passe droit à une grave faute morale. Il faudrait au moins que les deux cinéastes s'expliquent sur la nature de leurs pulsions, sans forcément qu'ils fassent de la prison. »

La femme choquée : « Je ne connais rien au droit américain. Donc, non, on n’est pas d’accord. Je ne suis d’ailleurs d’accord sur rien de ce que vous écrivez. »

Moi : « C'est normal car vous avez peut-être un esprit de partialité très en vogue de nos jours. Montaigne devrait être notre maître à tous, mais nous pensons tous comme des fanatiques d'une secte, qu'elle soit islamiste, néolibérale ou autre. Il n'y a plus beaucoup de penseurs libres et impartiaux. À ce sujet je vous recommande la lecture de Simone Veil, pas l'icône de la République, l'autre, la philosophe. »

Moi : « Il faut faire confiance à la France, la France transcende nos particularismes et nos différences régionales ou ethniques.Nous aurions besoin d'un De Gaulle et nous avons un Macron. L'idéal de la France transcende même nos appartenances religieuses. Si le fonds commun est historiquement catholique avec le baptême de Clovis, la France peut aussi s'enrichir de ses apports protestants, juifs ou musulmans. La France depuis la Révolution a dépassé son enracinement catholique, elle s'en est émancipée. Mais aujourd'hui nous trahisons cet idéal en reniant notre principe d'intégration par l'école et par l'enseignement du roman national au nom du politiquement correct, et en le remplaçant peu à peu par un modèle multiculturaliste et communautariste à l'anglo-saxonne.
Nous réduisons drastiquement nos ambitions, sous le coup du principe de réalité. Et de naguère "grande nation", comme le remarque pertinemment Zemmour, nous sommes en train de nous transformer en province de l'empire que constitue les Etats-Unis.
Bah, de toute façon nous ne pouvons y échapper. Mais quel déclin vertigineux pour le statut du peuple français depuis la Révolution qui était pourtant censée le sublimer ! Nous sommes devenue une puissance moyenne et très certainement une petite nation en comparaison de ces géants que sont les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde et quelques autres qui tous nous dépasseront dans les années qui viennent. »

L'Israélien : « Je n'ai fait que répondre à l'affirmation erronée "Hitler était païen". »

Moi : « Hitler vomissait les religions monothéistes, qu'il s'agisse du judaïsme ou du christianisme, le problème de l'islam ne se posait pas encore en Europe, et se revendiquait d'un paganisme d'origine germanique, d'inspiration romantique wagnérienne, et d'un nietzschéisme mal interprété selon les spécialistes actuels de Nietzsche, qui cherchent à défendre sa mémoire. Oui mais seulement le propre de Nietzsche est qu'il peut être interprété de toutes les façons possibles, puisqu'il a tout dit... et son contraire ! Certes Hitler a sans doute été aussi influencé par un vieux fond d'antisémitisme propre au christianisme, mais ce fut à la marge, il y a un fond de compassion dans le christianisme incompatible avec l'idéologie du nazisme. »

L'Israélien : Je vous laisse responsable de vos affirmations. Hitler a dit texto (Discours du 12 Avril 1922 à Munich) :
« En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant. Il m'indique l'homme qui autrefois dans la solitude, entouré de quelques disciples, a reconnu ces juifs pour ce qu'ils étaient, et sommé les hommes de se battre contre eux, et qui, vérité de Dieu !, était le plus grand, pas en tant que souffrant, mais comme combattant. Dans un amour sans limite en tant que chrétien et en tant qu'homme, je lis dans le passage qui nous dit comment enfin le seigneur s'est levé dans Sa puissance et s'est emparé du fouet pour chasser du Temple l'engeance de vipères et de calculateurs. Comme il était terrible, Son combat pour le monde contre le poison juif ! Aujourd'hui, deux mille ans plus tard, c'est avec la plus grande émotion que je reconnais plus profondément que jamais auparavant que c'était pour cela qu'Il a dû verser son sang sur la Croix. En tant que chrétien, je n'ai pas le droit de me laisser berner, mais j'ai le devoir d'être un combattant pour la vérité et la justice. [...] Et s'il est une chose qui pourrait montrer que nous faisons bien, c'est la détresse qui grandit chaque jour. Car en tant que chrétien, j'ai aussi un devoir envers mon peuple. »

Moi : « Oui cela fait écho à ce que dit Onfray du christianisme, c'est loin de n'être qu'une religion de paix et d'amour. Lorsque Jésus chasse les marchands du Temple, c'est en réalité un geste d'une extrême violence. Mais par delà les religions et toutes les horreurs qu'elles ont engendrées, ne pensez-vous pas que le mal et la violence sont au cœur de l'homme ? Et aujourd'hui il met une même violence dans les échanges commerciaux, alors qu'au départ dans l'optique des premiers libéraux, ces échanges qu'ils appelaient "le doux commerce", étaient destinés à pacifier l'humanité.
La violence des échanges commerciaux, c'est aujourd'hui la violence du libéralisme avec tous les maux qu'il entraîne (par pour tout le monde heureusement) : des écarts abyssaux de richesse, des relations sociales fondées sur la compétition et la concurrence que d'aucuns nomment "la guerre de tous contre tous", donc la destruction du tissu social qui faisait notamment l'identité d'un pays comme la France, et aussi il faut bien le constater des déséquilibres démographiques et environnementaux que nos descendants auront de plus en plus de mal à résoudre, sans parler de l'absence de contrôle des flux migratoires, qui entraîne en Europe l'émergence d'un phénomène comme l'islamisme virulent et sanglant.
Bref des excès qui viennent directement bousculer l'idéal des Lumières dans ce qu'il avait de plus généreux : l'Egalité de droit entre les hommes, même si l'on sait de facto qu'ils sont tous différents, une méfiance pour la propriété privée lorsqu'elle sert à l'exploitation d'hommes par d'autres hommes (chez Rousseau). L'idéal des Lumières ce n'était pas seulement l'idéal du commerce tel qu'énoncé dans le libéralisme, c'était beaucoup plus vaste et utopique que ça, mais on ne semble avoir gardé de la Révolution française que l'idéal du libre échangisme, c'est selon moi très réducteur. Les philosophes des Lumières avaient certainement un excès de confiance dans la Raison, et les 230 ans qui nous séparent de la Révolution nous montrent par toutes les crises par lesquelles nous sommes passés, que nous payons d'un prix très cher notre émancipation du joug de la religion catholique en France.
Je sais bien que les alternatives au libéralisme telles que le communisme ou même le fascisme ont entraîné des maux encore pires que le mal qu'ils prétendaient combattre. Alors si il n'y a pas d'alternative comment maîtriser la démesure de la Technique à l'œuvre dans le libéralisme ? Comment contrôler, comment réguler une économie qui fait confiance à "une main invisible" (Adam Smith), c'est-à-dire échappant par définition à tout contrôle dans la conception même qu'en avaient les premiers théoriciens libéraux historiques. Au niveau de la doctrine libérale, nous sommes revenus à la conception d'origine qu'en avaient ses premiers créateurs (Adam Smith encore, en particulier), surtout laisser faire le marché libre de la concurrence sans aucune entrave.
Personnellement je crois que nous sommes dans une drôle d'aporie.
Bref tout ça pour dire que la violence qui s'exprimait dans les religions et qui aujourd'hui s'exprime plutôt dans le commerce, est en réalité dans le coeur de l'homme, plus que dans les religions en elles mêmes ou encore le commerce... »

L'Israélien : « Le Judaïsme est moins une religion que vous ne le croyez. Ce que le juif pense, le judaïsme s'en fout royalement. Ce qui est important ce sont les règles, les 613 commandements de Maïmonide recensés dans la Torah, la loi des juifs. Le judaïsme est une orthopraxie et non une orthodoxie comme le christianisme ou l'islam. Le judaïsme a réduit la foule des dieux du Levant et de l'Olympe à un seul parce qu'on ne passe pas de je ne sais combien à zéro d'un seul coup. Il faut comprendre le judaïsme comme l'asymptote religieuse à un athéïsme moral. C'est pour cette raison que je n'aime pas quand on dit "les religions". Il y a une subtilité qui est écrasée dans cette expression. »

Moi : « Bah je ne suis pas doué pour les débats théologiques subtils. Moi ce qui me désespère c'est qu'en 50 ans, de mai 68 à aujourd'hui la France ait totalement perdu son âme, et ce faisant son unité et sa force derrière un idéal commun, celui de la grandeur de la France. Un idéal si bien compris par De Gaulle et si bien trahi par tous ses successeurs, au point qu'une formule comme "impossible n'est pas français" ait aujourd'hui perdu toute sa richesse, et même toute signification pour la plupart des Français, désormais divisés, et réduits à l'état de monades atomisées en guerre de tous contre tous. De grands écrivains juifs français notamment, comme Romain Gary et d'autres sans doute, furent très sensibles à cet idéal de grandeur, commun, et incarné par une figure tutélaire comme De Gaulle. Nous ne reviendrons pas en arrière et ce qui est passé est passé, l'idéal de grandeur de la France, est désormais révolu. Passons à autre chose, contemplons nous le nombril ou agissons pour nous enrichir matériellement. À part s'enrichir individuellement chacun pour sa pomme, je ne vois pas très bien quel rôle pourraient tenir les Français dans le monde actuel ? »

Un mondain : « Hum, eh bien "la foule des dieux" dont vous parlez, mon cher Israélien, avait un peu plus de subtilité que votre expression ne lui attribue. Il y a autant chez les grecs et phéniciens que les romains ou égyptiens, un dieu "père" qui supervisent les autres divinités qui sont des métaphores (Chronos pour le temps, par exemple, qui donne naissance à Zeus qui domine l'Olympe).
Faudrait pas oublier non plus ce que doivent Yahveh à Enki voire même Moïse à Enlil... en somme, mets au pot ami ! »

Moi : « Moi je dis juste que la France doit être forte pour défendre ses "communautés" (je ne devrais pas employer ce mot puisque je ne suis pas communautariste au sens anglo-saxon, mais défend un modèle d'intégration à la française). Je ne nie pas que les Juifs soient un peuple, mais en France ils forment un peuple parmi les autres peuples (Bretons, Basques, Corses, etc.), que la France doit précisément défendre contre le péril que pourrait constituer un peuple et une religion refusant de s'intégrer, concernant ses éléments les plus virulents (islamistes pour ne pas les nommer). »

samedi 3 février 2018

Le préraphaélite Waterhouse



L'historien des idées : « LA "PERFORMANCE"... consistant à retirer le tableau du préraphaélite Waterhouse des cimaises du musée afin de "provoquer un débat", ne ressortit pas seulement à la censure puritaine ; le geste est également symptomatique de la démarche dominante dans l'art contemporain, visant à substituer la réflexion à la médiation.
L'art contemporain, depuis 101 ans exactement, baigne dans l'urinoir à Duchamp, l'impasse conceptuelle. »

L'enseignante : « Un art qu'il faut expliquer, commenter, ratiociner, intellectualiser ...un art décharné, aseptisé, mais bavard ! Bref, 101 ans de non-art. »

L'historien des idées : « Je ne me lancerai pas dans ce pont aux ânes qui consisterait à définir l'art : je souscris lâchement à la définition de l'anthropologue Mauss, « un objet d'art, par définition, est l'objet reconnu comme tel par un groupe ». Seulement voilà, je ne suis pas un groupe et ne reconnais pas un objet d'art dans un objet purement réflexif. La performance en cause dans ce statut ne représente pas de l'art à mes yeux, mais un symptôme. »

La photographe : « Bien d'accord avec : "La performance en cause dans ce statut ne représente pas de l'art à mes yeux, mais un symptôme." »

L'historien des idées : « Pour le reste, je ne suis moi-même qu'à moitié d'accord, bien d'accord là-dessus... »

Moi : « C'est peut-être un symptôme d'une perte de sens, phénomène purement contemporain, en opposition à l'art issu d'une religion/traditions/coutumes/mœurs en commun, qui générait des œuvres plus intemporelles que "contemporaines"... »

L'historien des idées : « Ceci dit, toute la "civilisation" contemporaine ne produit que des objets éphémères, obsolescents, aussi vite apparus que disparus : cette "civilisation" ne met-elle pas continuellement en scène, au fond, l'extinction pressentie de l'espèce ? »

Moi : « Le mot "performance" est intéressant, car le monde du travail recherche des acteurs rentables, donc performants. Bien sûr c'est la même chose pour le sport, et même la vie intime, puisque les femmes et les hommes recherchent de plus en plus un "bon coup", pour accomplir une performance sexuelle (sur le modèle de l'industrie du porno). »

L'historien des idées : « J'ai toujours trouvé le concept assez louche, qui aligne l'art sur le processus qui préside à la production/consommation : Résultat obtenu dans une compétition.
1. Les performances d'un champion.
2. Rendement, résultat, le meilleur. Les performances d'une machine. »

L'intellectuel socialiste : « N'as-tu pas donné la définition d'un objet d'art, Arnaud ? Il me semble que sans règles il n'y a plus d'art mais seulement des faits. Et si l'art contemporain se repaît de l'éphémère, il n'est alors que le reflet de la société marchande d'où il sort. L'art contemporain ne serait donc pas un symptôme mais un caractère distinctif de la société marchande contemporaine. L'antiquité produisait pour durer (pyramides), l'art contemporain produit en vue d'une consommation à l'infini comme l'accumulation infinie de la plus-value. »

Moi : « Le mot obsolescence peut aussi renvoyer à l'opposition entre valeur d'usage et valeur d'échange. Aujourd'hui la valeur d'échange supplante dans tous les domaines celle d'usage. Celle d'usage c'est bien l'utilisation que l'on peut en faire, comme d'une maison pour y vivre, en jouir de l'usage et s'y reposer. Cette valeur est mise à mal depuis 20 ans en France, par l'explosion des prix de l'immobilier par exemple. Autrement dit la spéculation sur les maisons, mais également sur les objets de la vie quotidienne prend le pas sur le plaisir que l'on pourrait en retirer en les utilisant, c'est-à-dire en en profitant sans considération pour leur valeur marchande. Evidemment dans le cadre de cette spéculation sur les objets de la vie quotidienne, l'obsolescence des biens de consommation, est programmée.
Je crois que l'on peut appliquer le même raisonnement concernant l’obsolescence et l'opposition valeur d'échange/valeur d'usage à l'ensemble de l'art contemporain, dont les œuvres de ceux qui y réussissent sont soumises à la spéculation, et font même l'objet de bulles spéculatives, dont un artiste comme Jeff Koons pourrait être le représentant emblématique. »

L'historien des idées : « Définition pertinente cher intellectuel socialiste, en effet, pour ce qui est de la société contemporaine, mais pas définition de ce qu'est l'art "pour moi", comme disait Nietzsche. »

Moi : « Ce qui est inquiétant c'est votre expression "l'extinction pressentie de l'espèce". J'avoue que je partage la même inquiétude, et ce n'est pas facile à vivre tous les jours. La question est me semble-t-il, n'y a-t-il pas un moyen d'infléchir le cours des choses dans une autre direction que l'extinction de l'espèce humaine ? C'est-à-dire que comme tout le monde j'ai quelques intérêts dans cette société mortifère, et je voudrais bien que ma descendance s'en sorte sur plusieurs générations au moins. »

L'intellectuel socialiste : « Je sais bien que définir l'art est un exercice difficile d'autant que l'art échappe à la nécessité de la démonstration puisque, s'il dit quelque chose, il ne dit pas le vrai ou alors pas de manière déductive par une suite de démonstrations rationnelles.
Ce sont précisément les artistes contemporains qui devraient s'efforcer de lever l'embarras sur la nature de leur art en lui donnant une définition même relative, si un artiste ne sait pas donner une définition même relative de son art c'est qu'il ne sait pas ce qu'il fait. L'art contemporain sans définition, même relative, est une éternelle question. »

Moi : « Car le même raisonnement pourrait aussi être appliqué aux individus dont on programmerait génétiquement l'obsolescence ou non, en fonction des services qu'on voudrait qu'ils rendent à la société, sur le modèle du Meilleur des Mondes ou de Bienvenu à Gattaca. Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait empêcher un raisonnement qui désormais s'applique aux modes de vie et à l'art, de s'appliquer ensuite aux individus eux-mêmes, et où seule compterait leur valeur marchande.
Jusqu'ici nous n'étions que des êtres éphémères dont l'obsolescence avait été programmé par Dieu et nous acceptions notre condition en lui rendant hommage par des œuvres d'art intemporelles et impérissables, or nous devenons peu à peu des êtres éphémères dont l’obsolescence est programmée par la Technique. Il se dit en catimini que l'humanité pourrait être divisée entre une fraction infime de riches qui jouirait de tous les bienfaits de la Technique, dont l'augmentation biologique des facultés humaines et la vie quasi immortelle, alors que l'immense majorité de la population pourrait lui servir de marché aux organes. Mais peut-être ne s'agit-il que d'une rumeur dans le cadre du projet transhumaniste ? Cependant les écarts vertigineux de richesse déjà à l'œuvre aujourd'hui même devraient nous mettre la puce à l'oreille, ils préfigurent sans doute un monde bien plus cauchemardesque... »

La prof d'arts plastiques : « Arnaud a donné une définition a minima, d'emblée, celle de Mauss, « un objet d'art, par définition, est l'objet reconnu comme tel par un groupe ».
Cette définition fut longtemps utile puisque les œuvres avaient une fonction sociale : souvent témoigner du prestige de celui qui l'offrait à sa communauté.
Elles devaient alors être "lisibles" immédiatement par tous ou au moins "épater" ceux qui ne les comprenaient pas toujours.
Avec l'individualisme et le matérialisme bourgeois d'abord, se généralisant ensuite, l'art se simplifie et devient même souvent simpliste, sans intention intellectuelle sous-jacente.
L'art moderne, puis contemporain, est une rupture totale avec ces deux précédentes fonctions.
Il est intellectuel (parfois même elliptique) et n'a pas forcément de fonction, sauf quand il est protestataire.
Il va du "regard" original à une pure recherche d'émotion dont la lecture repose sur le vécu du spectateur.
Un artiste n'a pas besoin d'expliquer ce qu'est son art si le spectateur en éprouve un ressenti particulier, c'est lui qui expliquera au besoin.
Pour moi, la "valeur" d'une œuvre contemporaine repose sur son "effet" sur un grand nombre.
Si aucun spectateur n'éprouve rien... ce n'est pas de l'art.
Le marchandage des oeuvres, le fric, les modes, le snobisme qui s'y attache, c'est encore tout autre chose. »

Moi : « L'art est devenu banalement contemporain alors qu'il était autrefois glorieusement intemporel, car nous sommes devenus collectivement des êtres éphémères qui ne ressentons plus notre besoin de rendre grâce, par des œuvres impérissables et intemporelles, à une entité qui nous dépasserait en tout, comme le fut l'idée de Dieu dans l'esprit des hommes, durant 1500 ans en Europe. Ce à quoi nous assistons est un passage de témoin entre une civilisation qui reposait sur l'idée de Dieu et une civilisation qui repose sur la fascination de la Technique. C'est pour cela qu'Arnaud a raison de dire qu'il s'agit d'un symptôme, un symptôme selon moi de ce passage de témoin. L'aspect réflexif de cette forme d'art ne vient qu'accréditer le constat de son impuissance à parvenir à une quelconque forme de transcendance, il s'agit d'une réflexion vaine qui médite sur sa propre impuissance. »

L'intellectuel socialiste : « Vous n'avez certainement pas tort Madame la prof d'arts plastiques. Mais, sans du tout vouloir critiquer la définition d'Arnaud mais uniquement pour approfondir le sujet, un objet d'art n'est pas l'art. L'art a toujours eu une dimension sociale, en effet, et même religieuse. L'individualisme prime dans l'art contemporain, c'est certain. Mais, blague à part, je trouve que cette question de la définition de l'art contemporain est représentative du statut de la connaissance en général dans la société contemporaine. Il n'y a pas que le statut de l'art contemporain qui baigne dans l'inconnu. La politique aussi est une grande auberge espagnole où chacun y met souvent ce qu'il veut, même la notion de droits humains ne fait pas consensus dès qu'elle est étendue à la dignité. La classe moyenne a l'art de vivre avec un minimum de certitudes. »

Moi : « L'aspect réflexif de cette forme d'art ne vient qu'accréditer le constat de son impuissance à parvenir à une quelconque forme de transcendance, il s'agit d'une réflexion vaine qui médite sur sa propre impuissance, ou "l'urinoir à Duchamp, l'impasse conceptuelle", comme le note ironiquement Arnaud. »

La prof d'arts plastiques : « Erwan, Il y a bien longtemps que l'art a cessé d'être le glorificateur de/des dieux, puis d'hommes particuliers. Et les œuvres postérieures à ces fonctionnalités sont tout aussi intemporelles que les précédentes.
On peut dire que, dès qu'il est sorti dans la nature, l'art a changé de centre d'intérêt.
L'art moderne ou contemporain ensuite, ne se limite pas à une démarche "dadaïste", tel Duchamp !
Vous le voyez peut être comme imbécile et éphémère car vous êtes "en plein dedans" mais le temps y fera son tri. N'oublions pas les "salons des refusés"... qui se sont bien inscrits dans l'histoire de l'art ensuite.
Maintenant, impossible de dire si c'est 10% de la production qui restera ou ?
Avec une société qui a pris de la vitesse dans tous ses aspects, il est normal que l'art devienne véloce. »

L'historien des idées : « Un peu de soleil dans l'eau froide, merci ! Il est en effet indécidable de subodorer aujourd'hui ce qui va "rester" demain... Un simple coup d’œil dans le rétroviseur de l'histoire nous apprend que tous les cas de figure sont imaginables : œuvres saluées par les contemporains et perdurant, œuvres ignorées progressivement découvertes, œuvres saluées puis enterrées puis redécouvertes... Par contre, il y a des siècles plus riches ou pauvres dans tel ou tel domaine : le XIXe et le romantisme laissent romans, peintures, poèmes et compositions musicales, le XVIIIe voué à la raison est plus fort en legs philosophique (Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Kant) qu'en matière artistique au sens strict... Le XXe est sans doute le siècle du cinéma et celui de la bande dessinée, deux formes d'art à présent un peu en baisse de régime... »

Moi : « N'oublions pas aussi l'art qui nous vient tout simplement d'Hollywood, dont je suis moi-même un fervent consommateur ainsi que beaucoup de nos contemporains, un art qu'il soit mainstream ou underground, qui nous formate plus qu'il nous enrichit, et dont les "créateurs" puisent leur source d'inspiration dans l'argent facile, la drogue ou le sexe tarifé ou les trois en même temps. Le véritable cinéma d'auteur fut une denrée largement partagée durant les années 70, et qui depuis se fait de plus en plus rare pour être remplacée par une industrie. Dans tous les domaines de l'art, n'assistons nous pas à une industrialisation progressive, destinée à formater plus qu'à enrichir les spectateurs, suivant le principe du temps de cerveau disponible à consacrer à la publicité ? Je ne dis pas qu'il s'agit d'un complot, mais d'un projet au cœur de l'idéologie libérale, telle que conçue par son maître spirituel, Adam Smith et tous ses épigones au fil du temps. »

L'historien des idées : « J'ai officié près de 30 ans dans l'édition et vu de très près comment la BD, longtemps éditée de façon semi-artisanale, est devenue une véritable industrie. La baisse de qualité accompagne irrémédiablement ce type d'évolution, où les critères de rentabilité s'opposent toujours plus frontalement à la créativité comme à l'originalité. Ce qui n'empêche pas quelques irréductibles d'officier, mais désormais "pour l'amour de l'art", n'est-ce pas... Je pense que le rock a suivi une évolution analogue, mais connaîs moins ce secteur (sinon comme auditeur). Pour ce qui est de la BD, l'évolution s'explique clairement par l'intérêt progressivement développé par un certain nombre d'investisseurs pour un secteur jusque-là perçu comme "fantaisiste" (au plan financier, bien entendu)... L'art en général a sans doute pâti du même type d'intéressement : l'investisseur se f... complètement de la qualité, seul l'intéresse le retour sur investissement. »

La prof d'arts plastiques : « Angle de réflexion intéressant Erwan ! Je pense néanmoins qu'il faut distinguer "art" et entertainment et ce n'est pas toujours facile.
Je ne sais même pas si le "cinéma d'auteur" est de l'art ? Pour moi, c'est surtout un style particulier et original mais cela ne suffit pas pour le qualifier in-extenso d'artistique dans une majorité de cas.
Sa mise en avant européenne devait aussi avoir un but "politique", celui de ne pas se laisser déborder par la machine Hollywoodienne. Pour moi, on l'a "sur-vendu".
Je ris à l'idée de la démarche inverse actuelle : nous fourguer n'importe quoi sous prétexte de "multiculturalisme"...
Par ailleurs, le syndrome "tout est consommable" s'applique évidemment à l'art aussi.
On faisait combien de copies d'un Vinci (qu'il supervisait d'autorité) avant d'imprimer sa Joconde sur des calendriers.
Est-ce triste ? Pas toujours car des milliards de gens le connaissent un peu de cette façon.
Évidemment cela dénature l’œuvre et la "grande distribution" de l'art foule ses producteurs aux pieds, çà c'est triste. »

Moi : « Le seul doute affreux qui me vient, mais vous l'aurez compris je suis un grand pessimiste, est peut-être que l'art dit underground à bien des égards plus intéressant que le mainstream, pour ce qui concerne le cinéma, la littérature ou la BD, participe du même projet uniformisateur de toutes les cultures singulières/plurielles du globe en vue d'un formatage des esprits. L'underground serait la ruse du libéralisme et d'Hollywood son instrument de propagande, pour faire accepter sa culture à ceux qui se sentent réfractaires, à travers une série comme Mister Robot par exemple, qui prétend dénoncer le système, alors que les créateurs/acteurs de la série sont peut-être au cœur du système et partie prenante. »

L'historien des idées : « Ah ah, je pense que mon essai à paraître le 20 février va beaucoup vous plaire (voir ici)... »

La prof d'arts plastique : « Je ne pense pas que l'underground soit une ruse. Les créateurs sont souvent honnêtes et même parfois un peu fous. Mais qu'ils soient récupérés, certainement. »

L'historien des idées : « Ah Ceci dit, n'y a-t-il pas place, dans l'industrie du "divertissement", pour un faux underground également ? On peut le soupçonner, comme il existe une forme de rock instrumentalisée par l'extrême droite... »

La prof d'arts plastique : « Assurément. Comme il y a aussi sur-consommation (1 film par jour, 1 concert par... etc), il faut produire des ersatz. »

L'historien des idées : « Ah ce qui me passionne d'autant plus, c'est la démarche de l'artiste véritable qui arrive à investir/subvertir l'industrie en question de l'intérieur : cas exceptionnels de Hitchcock, Lynch ou Warhol... »



jeudi 1 février 2018

Le désenchantement du monde


L'anarchiste libertaire : « 7 ans jusqu'au chef d'œuvre... »

Moi : « Ce que j'aime c'est ta façon de t'exprimer de façon énigmatique, c'est assez poétique. Bien entendu seuls les "initiés" peuvent comprendre ! »

L'anarchiste libertaire : « Le chef d'œuvre est l'aboutissement du compagnonnage, un futur franc-maçon en fait, ennemi juré des curretons bas du front, tu sais ceux qui ont construit les cathédrales... »

Moi : « Je ne comprends pas trop ton acharnement à l'égard de la religion catholique, tu voudrais que l'on dynamite toutes les créations de cette religion (cathédrales, églises, architecture, peinture, sculpture, littérature, poésie et même philosophie et sciences...). Ah mais bien sûr l'islam fera beaucoup mieux !
Le mal n'est pas la religion en soi mais l'intolérance qui en découle.
Si l'aspect libertaire du libéralisme suscite autant d'intolérance, une intolérance finalement de même nature que celle découlant des religions alors c'est inquiétant. Tu es peut-être de ceux qui veulent transformer les églises en mosquées ?
Mais en fait je m'en fous un peu, je ne suis pas baptisé comme toi, je connais certainement beaucoup moins bien la religion catholique que toi. Enfin disons que tu en as un mauvais vécu sans doute. Aurais-tu été violé par un prêtre pédophile dans ton enfance ?
Bon je mets cet acharnement sur le compte de ton syndrome de La Tourette, ou alors d'un traumatisme sexuel avec un prêtre pédophile, avoue c'est bien ça, non ? »

L'anarchiste libertaire : « T'es con où tu le fais exprès, il n'y a pas beaucoup d'équivalent à la beauté d'une cathédrale, mais ce sont les compagnons qui les ont édifiées pas les curetons ! »

Moi : « Est-ce que tu ne crois pas que les deux sont liés ? C'est bien la révolution française et la loi Chapelier qui ont aboli le compagnonnage, prétendant par là même abolir l'intérêt commun, car ne devait subsister que l'intérêt particulier de chaque individu, et l'intérêt général. Bref la loi Chapelier est une belle saloperie issue de la pensée libérale. »

L'anarchiste libertaire : « Tu surcomplexifies toujours les choses histoire de noyer le poisson. À l'époque des cathédrales seul le clergé était sensé détenir la connaissance et était corrompu (comme presque toujours) jusqu'à la moelle, seuls les compagnons étaient capables de leur opposer une connaissance laïque et profane qu'ils étaient obligés de dissimuler. Mort au clergé corrompu ! »

Moi : « Résultat, l'intérêt général on voit bien ce que cela donne en réalité, très peu d'égalité de droit entre les hommes, aucune fraternité et une liberté dérégulée sans garde fous qui aboutit à cette absurdité injuste : 10% de la population mondiale possède 86 % de la richesse, enfin bref tu connais les chiffres. Et l'intérêt particulier de chaque individu, on ne voit plus que ça, ce que d'aucuns nomment "la guerre de tous contre tous". Chacun est un traître pour autrui en société libérale.
Y a t il vraiment progrès ?
Aujourd'hui le vrai combat est selon moi, Mort au libéralisme archi corrompu ! même Wauquiez m'était sympathique en face de Minc ! C'est la Révolution et les francs-maçons qui ont aboli le compagnonnage. Historiquement c'est ça ! Les francs-maçons... ils sont issus de la bourgeoisie. C'est une société occulte et exclusive, qui selon moi est corrompue comme l'a pu être le clergé, les francs-maçons se cooptent entre eux. »

L'anarchiste libertaire : « Mais ta gueule espèce de pignouf, fais un peu œuvre d'humanité autour de toi et on en reparlera. Tu es le tartuffe des tartuffes. Bisous.
La fin de la peine de mort, le droit à l'avortement et à la contraception. TA GUEULE ! »

Moi : « Je ne fais que ça œuvre d'humanité autour de moi, mais je ne suis entouré que de traîtres qui ne pensent qu'à leur intérêt particulier. »

L'anarchiste libertaire : « Étron visqueux. Ben voyons, micropenis intellectuel. Vas faire des canards avec des potes, partages, échanges, et tu te sentiras moins merdique. »

Moi : « Jouir du Réel comme nous y incite la propagande libérale je n'appelle pas ça faire oeuvre d'humanité. Je préfère la contemplation, c'est le propre du philosophe. »

L'anarchiste libertaire : « Je viens de me taper une excellente entrecôte de 350g. Mais c'est mes couilles que tu contemples, et au passage ton nombril boursouflé. Ta petite souffrance égoïste... »

Moi : « Tu sais moi aussi je fais des efforts pour rencontrer des gens Il y a une Crise des relations entre les gens, je sais bien que tu clames haut et fort que cette Crise ne t'affecte ni ne te touche, mais tu ne peux la nier, si tu as les yeux ouverts.
Toi aussi tu vis à la marge, tu n'es pas acteur du processus social qui se joue à l'heure actuelle, et hormis les membres de la France insoumise et peut-être quelques autres, je trouve vraiment que les acteurs LREM se comportent comme des criminels, et toi qui parlait d'abolition de la peine de mort, pfff... le libéralisme tue !
Quelquefois j'ai l'impression d'être trop en avance sur mon époque, comme tous les précurseurs je suis sans doute un incompris.
L'islamisme aussi tue, par contre le catholicisme a fait sa réforme, il ne tue plus, peut-être même est-il trop empathique, comme si il y avait une sorte de dérive bouddhiste du catholicisme. Tu me diras qu'il est devenu tolérant parce qu'il est faible, c'est effectivement sans doute un élément d'explication. »

L'anarchiste libertaire : « Putain, à part t'enfoncer un pieu dans la tête je ne vois pas ce que je peux faire... »

Moi : « Regarde le Pape François, ne dirait on pas un dalaï lama plutôt qu'un catholique, dans ses prises de position sur l'accueil des migrants musulmans ? »

L'anarchiste libertaire : « Un réac de merde comme tous les papes et 99% des cathos et autres religieux de merde..
Les papes qui ont fermé les yeux sur la Shoah, les papes à l'origine de l'inquisition, les mères Theresa de merde qui maintiennent les pauvres dans la souffrance car elle sont rédemptrices et se gavent en détournant des fonds. Les religions ne sont que manipulation et asservissement. »

Moi : « L'islamisme se croit encore à l'époque des guerres de religion, mais ce n'est plus le cas des autres religions qui ont fait leur aggiornamento, quant au bouddhisme c'est plus une spiritualité ou même une philosophie qu'une religion. Tu devrais aller dans un pays bouddhiste cela t'apaiserait, moi aussi d'ailleurs je rêve d'y retourner. Le catholicisme est effectivement trop rigide, alors que les bouddhistes sont cool ! "No money, no sex, no drugs, no problems..." »

L'anarchiste libertaire : « Hypocrisie, égoïsme et abus de pouvoir sur les plus faibles d'entre nous, des entrons visqueux. Des gentils bouddhistes de merde dézingues de gentils musulmans de merde à coups de battes. T'as des yeux, des oreilles et un cerveau au milieu bordel ! »

Moi : « Je rêve d'une hégémonie de la spiritualité bouddhiste sur le monde entier, peut-être qu'un jour le rêve deviendra réalité ? Mais une hégémonie par acceptation intime de chacun à son principe qui est la compassion pour tout ce qui est vivant, mais ce n'est pas demain la veille. Il y a acquiescement intime de chacun à l’emprise de la Technique en remplacement de celle des religions, à l'heure actuelle, le reste n'est que propagande libérale destinée à nous faire accepter cette hégémonie de la Technique en remplacement de toute spiritualité.
Mais l'emprise de la Technique n'est pas tout à fait de même nature que la spiritualité qui peut découler de la religion, et la propagande totalisante du libéralisme est encore d'une autre nature, elle conditionne. »

L'anarchiste libertaire : « Le monde est constitué à 80% de connards égoïstes, ça va être problématique. »

Moi : « Bon je crois que je ne convaincrai jamais personne hormis moi-même et quelques dissidents de l'ordre établi, le reste des hommes se complaisent dans un monde ultra-violent et pervers ou chacun jouit au maximum du Réel, chacun à sa façon. »

L'anarchiste libertaire : « Tu parles de toi ? »

Moi : « Mais arrête de croire que tu es différent des autres, ou alors que toi et ton groupe d'amis êtes différents des autres. Ce n'est pas Spinoza qui disait que l'on ne pouvait pas être un empire dans un empire ? »

L'anarchiste libertaire : « Tu ne convaincs jamais personne hormis toi même Erwan. Mais je m'en bats les couilles, je fais ma petite vie, j'essaie de n'emmerder personne et je ne supporte pas qu'on m'emmerde. »

Moi : « Tu as vu La chair et le sang de Verhoeven ? Se convaincre soi-même c'est déjà pas mal, cela veut dire que l'on n'est pas complètement fou ! »

L'anarchiste libertaire : « Oui bien sûr, j'ai vu presque tous les Verhoeven. »

Moi : « C'est bien pour cela que je te parlais du principe d'identité A=A. De toute façon si je parviens à une réelle forme de spiritualité, ce qui est mon objectif, alors je te convaincrai. Si je n'arrive pas à te convaincre c'est en raison de la faiblesse de ma foi. Je ne suis qu'un pauvre pécheur ! »

L'anarchiste libertaire : « T'as raison, je ne me convaincs pas tout le temps, de là à imaginer que je convaincs qui que ce soit il y a un pas que je ne franchis pas. »

Moi : « Eh bien le petit groupe de mercenaires libertaires du film, me fait un peu penser à toi. C'est un film que j'ai bien aimé et que j'ai revu, et que j'aime toujours autant. »

L'anarchiste libertaire : « La spiritualité comme tu la décris et l'envisage c'est du pipeau. »

Moi : « J'en sais rien, mais je suis réellement en quête de spiritualité, d'une façon ou d'une autre, et il faudra bien que ça paie un jour, bordel de merde ! »

L'anarchiste libertaire : « Ça ne marche pas comme ça, j'en suis convaincu, la spiritualité (celle de l'univers) te possède et non l'inverse. »

Moi : « Bien sûr aussi que je préfère les petits groupes mercenaires libertaires aux grandes armées régulières de moutons. Tu es un peu supérieur à la moyenne des gens, précisément parce que tu ne fais pas partie de l'armée régulière, peut-être même réellement supérieur à moi sur ce plan là, qui ne trouve pas un groupe de libertaires dans lequel je puisse m'épanouir. Je suis trop individualiste pour ça, donc effectivement contaminé par la religion du profit, d'une manière ou d'une autre. »

L'anarchiste libertaire : « Tu voudrais t'extirper de toi même par une voie sans issue, change de stratégie. »

Moi : « Mais ce qui est marrant c'est que quand même aussi bien le groupe libertaire et anar de verhoeven que celui de Kounen dans Dobermann, ont leur cureton déjanté ! »

L'anarchiste libertaire : « J'adore les défroqués ce sont les meilleurs. »

Moi : « En parlant de spiritualité qui te possède et non l'inverse, j'ai réellement ressenti lors de mes voyages dans des pays bouddhistes, quelque chose de cet ordre là. Mais je ne vis pas dans un pays bouddhiste, et c'est aussi quelque chose que j'ai ressenti très fort à Saint-Caradec-Trégomel, dans le village de mes grands parents, une réelle bienveillance dans les rapports humains, sans traîtrise sous jacente. Avec ma famille je ressens réellement cette bienveillance et avec quelques amis aussi. Evidemment je ne parle pas de mes deux parents en disant le mot famille.
La plupart des gens cherche juste à se mettre à l'abri en ayant une position sociale dominante, et non en vue de la domination
Mais ceux que l'on remarque le plus sont ceux qui cherchent la domination, comme si l'être humain était fasciné par son propre prédateur qu'il prenait pour son protecteur.
Comme la liberté est un gouffre effrayant, chacun préfère s'en remettre à une icône protectrice, les religions, les seigneurs (plus saigneurs que seigneurs), et aujourd'hui nos oligarques richissimes et manipulateurs, au point que cela ne choque pas grand monde, les écarts astronomiques de richesses. »

L'anarchiste libertaire : « Tu chemines vers la lumière.
Je suis fier de mes enfants et par ruissellement un peu de moi même, ça fait du bien. Même si la fierté est un gros mot pour moi. »

Moi : « Bon définitivement tu pense que la Lumière ne peut pas éclairer l'ensemble du genre humain ? Toutes les religions et autres utopies se sont lamentablement vautrées, mais ne fais tu pas le jeu du libéralisme ? »

L'anarchiste libertaire : « Elle n'est pas allumée chez tout le monde, une raison de plus pour rayonner. Jamais de la vie, je suis pour l'autogestion, les circuits courts, les communautés éclairées et empathiques. »

Moi : « Le libéralisme est un système sans utopie, sans idéal collectif, radicalement pessimiste sur la nature humaine. Et c'est lui qui gagne, et d'une victoire sans aucun compromis. »

L'anarchiste libertaire : « L'empathie est au cœur de l'homme et des mammifères supérieurs, c'est démontré par des expériences sur les bébés, le système actuel corrompt ce don magnifique, nique le système !
Bon y'a aussi des putes qui te foutent au tribunal pour un oui ou pour un non...
Parfois j'ai l'impression que je te ramène vers la lumière, putain de complexe du saint Bernard, personne ne peut être sauvé par autre que lui même...
J'ai suffisamment échoué mais je m'entête encore et encore, ma nouvelle chérie n'a pas besoin d'être sauvée, Peut être un tournant dans ma vie, je le souhaite vraiment...  
Je suis complètement raccord avec Kassovitz, à part son côté complotiste... »

Moi : « Il n'en parle pas dans l'interview de son côté complotiste, si ?
La théorie du libéralisme est en soi même un "complot élaboré par Adam Smith, aujourd'hui peaufiné par ses héritiers, Minc ou Attali par exemple !
La théorie du libéralisme c'est que les rapports humains doivent tourner autour du commerce, sans aucune gratuité, et généralisé à l'ensemble de la société, cela donne la Sainte Trinité de l'orthodoxie financière : croissance, innovation, baisse des dépenses publiques.
On est en plein dedans depuis les années 80.
Tout le reste de la philosophie des Lumières, c'est de l'enrobage destiné à faire passer la pilule amère... Je ne pense pas que notre société était le projet des Lumières, et qu'il y a eu mystification, qu'il y a toujours tromperie sur la marchandise, donc un genre de mensonge organisé, ou... "complot" ! »

L'anarchiste libertaire : « Perroquet ! »

Moi : « Petit coquin, tu reprends l'argument d'un de mes contradicteurs, dans mon dernier billet. C'est toi le perroquet en reprenant le même argument ! »

L'anarchiste libertaire : « Je ne lis plus ton blog... Putain d'embouteillage ! »

Moi : « Mais tu lis encore les contradicteurs. »

L'anarchiste libertaire : « Un par hasard Mais t'es un perroquet Faudrait coller une IA sur ton blog pour compter combien de fois reviennent certains mots, phrases, idées... »

Moi : « Quelle est la différence alors entre une religion dogmatique comme le catholicisme et l'aspect totalisant du système libéral ? C'est que la religion permettait l'émergence de cultures plurielles en son sein, qui n'étaient pas les mêmes d'un pays à l'autre et même d'un terroir à l'autre, c'est que la religion ne nous soumettait pas à son emprise, et qu'elle n'était pas destructrice des particularités locales, mais au contraire leur permettait de s'exprimer. Une religion part de la base pour rejoindre le haut en enrichissant la base, c'est tout le contraire d'un système totalisant, qui globalise le monde en partant du haut pour imposer son modèle au bas, en l'appauvrissant. Ce n'est pas pour rien que beaucoup dans ce cadre là de domination par le haut, sans aucune base spirituelle pour se ressourcer, développent des syndromes complotistes. Dont Kazzovitz, qui n'est pourtant pas n'importe qui ! »

L'anarchiste libertaire : « Ni dieu vengeur, ni maître libéral, les deux dans un sac avec des pierres au fond du lac...
Que penses tu des émeutes du Nutella, préfigurent elles l'état de guerre intérieure qui nous guette si rien n'est fait concernant les inégalités ?
As-tu vu/lu American's Gods ? Le combat entre les dieux endémiques et les nouveaux dieux du libéralisme ?

Moi : « Tu es un maître des séries qui nous viennent d'Outre-Atlantique, tu penses qu'elles vont modifier le monde. Selon moi au contraire tout cela nous vient d'Hollywood et est destiné à uniformiser et galvauder la culture. »

L'anarchiste libertaire : « C'est un roman underground à la base patate... »

Moi : « L'underground et le mainstream, même combat uniformisateur de toutes les cultures singulières/plurielles du globe et formatage des esprits, boycottons Hollywood ! »

L'anarchiste libertaire : « Absolument pas, l'underground est le fruit de la résistance à l'oppression libéral, Zemmour sors de ce corps ! »

Moi : « L'underground est la ruse du libéralisme pour faire accepter sa culture à ceux qui se sentent réfractaires comme toi, nigaud va ! »

L'anarchiste libertaire : « T'es vraiment un trou du cul, l'histoire du monde s'arrête avec De Gaulle avec toi... »

Moi : « On parle de tchernobog dans cette série ? »

L'anarchiste libertaire : « Ça n'est qu'un des personnages secondaires, mon image sur Twitter.. Le personnage principal est Odin, les anciens dieux dépérissent car les humains ont changé de crémerie pour vénérer les nouveaux dieux, argent, média, technologie... Ça devrait te parler, espèce de bigouden ! »

Moi : « Ouai bin ça fait un bout de temps qu'ils déperissent ! »

L'anarchiste libertaire : « Et en tant que breton bretonnisant tu devrais plutôt vénérer les esprits de la forêt plutôt que ce dieu pervers et imaginaire. »

Moi : « Le nouveau Dieu c'est la Technique, le matérialisme dogmatique, c'est le pouvoir de séduction qu'il exerce sur nous, et l'emprise qui en découle, du haut vers le bas en appauvrissant la base, au lieu de monter du bas vers le haut (divin), pour enrichir la base. Mais les puissants étaient jaloux sous l'ancien régime car les gueux étaient plus riches spirituellement qu'eux. Grâce à la conversion des gueux au régime libéral, enfin les riches peuvent se dire plus riches à tous les niveaux, c'est le résultat du remplacement des religions par un système global et totalisant. »

L'anarchiste libertaire : « Perroquet ! »

Moi : « Les esprits de la forêt issus du paganisme ont disparu avec la religion catholique, qui était une religion dogmatique mais qui intégrait en elle les éléments païens propres à chaque terroir.
La religion catholique ne les avait pas fait disparaître, elle les avait métamorphosés, le monde était enchanté à l'époque du catholicisme, le règne de la Technique a fait disparaître toute notion d'enchantement.
Ce n'est pas seulement après la Shoah que la poésie n'est plus possible, mais c'est sous le règne de la Technique car toute forme d'art, demande un minimum d'enchantement. Le trait dominant de l'"art" issu d'Hollywwod est qu'il est foncièrement cynique, à l'image de ses créateurs, qui se nourissent "spirituellement" d'argent, de drogues, et de sexe facile. »

L'anarchiste libertaire : « Tout ce que tu jalouses finalement. »

Moi : « Oui c'est exact, mais c'est aussi terriblement destructeur, sois honnête, tu ne peux pas le nier ! »

L'anarchiste libertaire : « Les monothéismes ont phagocyté les anciens cultes, c'est la même histoire qui se raconte depuis la nuit des temps. Contrairement à toi je ne jalouse pas ce milieu, je le conchie. »

Moi : « Tu ne peux pas conchier les créateurs et admirer en même temps les œuvres. »

L'anarchiste libertaire : « Et au passage ont transformé nombre de sociétés matriarcales et pacifiste en patriarcat guerrier. On ne parle pas de la même chose, dans l'underground tu croules rarement sous le pognon, d'ailleurs le succès et l'argent te rendent mainstream et de fait ce n'est plus l'underground... »

Moi : « "Et au passage ont transformé nombres de sociétés matriarcales et pacifiste en patriarcat guerrier", sous l'influence des religions monothéistes ? »

L'anarchiste libertaire : « Un peu mon neveu. Problème de testostérone ! »

Moi : « Les monothéismes préfigurent l'âge totalisant de la Technique, c'était dans son programme génétique certainement. Mais ça a tenu comme ça longtemps en Occident, 1500 ans... c'est expliqué dans la série underground ?


L'anarchiste libertaire : « Le mot les plus associés à religion sont guerre et persécution. »

Le monde va beaucoup mieux (à condition que chacun y mette un peu de bonne volonté...)


Le libéral-libertaire : « Depuis trente ans, le monde s’améliore. Plus vite que jamais. Pour la première fois, moins de 10% des individus vivent dans l’extrême pauvreté. Ils étaient 35% à la chute du Mur. En trois décennies, le monde capitaliste contre lequel on casse des vitrines a permis d’arracher 1,7 milliard de personnes à la pauvreté. Ce progrès n’est pas isolé. On s’améliore aussi en termes de sous-nutrition, d’accès à l’eau potable, de réduction des maladies, d’espérance de vie, d’alphabétisation, de mortalité infantile, de conflits. L’humanité ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui.
Et elle continue sur sa lancée... »

Moi : « Et la destruction des cultures/civilisations pluralistes/plurielles/singulières par un système libéral monolithique/globalisant/totalisant ? On peut toujours maintenir en état de survie des personnes de plus en plus nombreuses, par l'explosion démographique, si on les prive de toute spiritualité/religion, quel sens a encore leur vie ? Et comment peut-on dire une obscénité pareille : « L’humanité ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui. Et elle continue sur sa lancée... » ? Survivre n'est pas vivre, et si tel est le programme du libéralisme : maintenir en état de survie une population en croissance exponentielle, particulièrement dans les pays d'Afrique, alors ce programme est bien triste ! Car le grand sacrifié d'un projet comme le libéralisme libertaire que vous ne cessez de congratuler, c'est bien la notion de vie intérieure ou encore de spiritualité, dont il fait radicalement fi...
Mais apparemment cela ne vous parle pas, vous pensez réellement que la majorité des hommes peut se contenter de téloche, de publicités, de propagande médiatique politiquement correcte ? Et d'un autre côté voir son pouvoir d'achat constamment diminuer, avoir du mal à se loger, à boucler ses fins de mois, à pouvoir acheter une bagnole pour aller bosser ou chercher du travail ? Et encore je ne parle là que des plus privilégiés des habitants de cette planète qui vivent dans les pays occidentaux, et qui peuvent à peu près tous se nourrir à leur faim...
Si vous pensez toutes ces âneries vraiment, alors j'ai vraiment l'impression que vous vous payez la tête de vos lecteurs et la mienne en même temps ! Ou alors autre hypothèse que vous êtes un simple d'esprit...

Le libéral-libertaire : « Vous semblez bien spirituel effectivement... Quant à moi, « heureux les simples d’esprit »... comme disait quelqu’un sur la montagne. »

L'ami du libéral : « Belle envolée lyrique à la gloire du spiritualisme… Pour ma part, en athée matérialiste convaincu, je persiste à croire (si j’ose dire) que, conscient de l’issue inéluctable de toute vie, il vaut mieux essayer d’exister le moins mal possible en attendant que les atomes qui nous constituent de manière temporaire retournent à la «Mère Nature» qui se chargera de les recycler de la façon qu’elle jugera la plus opportune pour pérenniser la vie… »

 Le libéral-libertaire : « Bel exemple de spiritualité athée... »

L'ami... : « Tant pis, j'en ai pris mon parti... le "Royaume des cieux" ne sera jamais à moi puisque, paraît-il, pour faire partie du cercle des bienheureux bénéficiaires, il faut être pauvre d'esprit... »

Le libéral-libertaire : « La conscience progresse... »

Moi : « Vous êtes payé par qui pour faire une telle propagande ? Ou alors avez-vous des intérêts matériels immédiats dans l'oligarchie qui nous gouverne ? Qui nous gouverne, voire nous manipule de façon totalement irrationnelle et grossière. En gros, "on" nous prend pour des cons "on" nous fait sans arrêt prendre des vessies pour des lanternes.
L'homme au passage n'est même pas un animal rationnel, mais une machine désirante qui se nourrit non pas de propagande mais de spiritualité.
Or vous ne cessez de faire la propagande d'un dogmatisme absolument vulgaire, celui des libéraux, un dogmatisme de la croissance, de l'innovation et de la baisse de la dépense publique, qui dégoûte tout le monde, qui ne fait rêver personne. L'humanité n'est plus que la juxtaposition de monades atomisées que plus rien ne relie, si ce n'est la concurrence, la compétition et la "guerre de tous contre tous". Le projet théorisé par Adam Smith et ses héritiers arrive à son apogée, il a transformé le monde, et ce dernier s'est métamorphosé en cauchemar pour la majorité des gens, qu'ils soient travailleurs, chômeurs ou migrants affamés.
Ce qui régit les rapports humains est désormais la perversion, où seuls s'en sortent ceux qui s'adaptent à l'Ordre Nouveau, c'est-à-dire ceux qui jouissent du Réel avec le plus d'intensité, c'est-à-dire aujourd'hui les riches, qui méprisent avec dégoût tout le reste de l'humanité. Oui les riches, les 1% qui possèdent 50% des richesses mondiales, et les 10 % qui en possèdent 86%, sont globalement tous des pervers qui jouissent d'un Réel perverti. Notre système n'est pas rationnel, et il ne prend en compte qui plus est, que le désir de domination et de prédation, des riches.
Je connais ça au sein de ma propre famille, chacun est peu ou prou touché dans sa chair, de ce désir de prédation.
Peut-on réellement encore appeler société civilisée, une société qui ne prendrait en compte que les désirs de ses acteurs les plus "rentables" ? L'égalité de droit (même si il y a des différences entre les hommes que l'on ne peut nier) n'est-elle pas au fondement de nos démocraties soi-disant évoluées ? Alors qu'elle est totalement bafouée tous les jours...
Les riches (qui sont le paradigme sociétal et people de nos démocraties) vivent dans une sorte de paradis artificiel, qui leur occulte totalement la vision (ce qu'ils ne veulent pas voir en réalité, mais bien pire encore ce dont ils jouissent) de tout la misère qui les entoure, et dont vous faites certainement partie. Vous ne vous rendez même pas compte que ce dont vous jouissez c'est de comparer votre richesse matérielle à la misère dans laquelle vit la majorité des gens.
J'irais même plus loin, si réellement vous jouissez du Réel tel qu'il est c'est-à-dire de l'ordre établi, alors vous devez aussi jouir de la souffrance du monde entier désormais. « C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches » Victor Hugo. Peut-être que vous ne prenez pas du plaisir à la souffrance des autres, mais vous êtes minoritaire dans votre caste. Une chose est sûre, votre confort matériel vous occulte la Réalité, et malgré tous vos bons sentiments vous n'arrivez pas à la percevoir.
Ce qui est cauchemardesque, c'est que c'est la Perversion qui a gagné ! De façon totalisante à l'ensemble de tout le monde industrialisé, c'est-à-dire l'ensemble de la planète, en voie de perdre toute trace de culture/civilisation singulière et par définition plurielle, et de façon insidieuse, sous la forme d'une emprise qui au plus profond de chacun de nous emporte notre adhésion, sans que l'on puisse y résister : ce qu'on appelle, la fascination de la Technique.
Fascination de la Technique ou encore « volonté de volonté » (Heidegger). Le libéralisme est soumis aux mêmes terribles pressions que les autres idéologies, comme le communisme ou même le nazisme. Alors qu'est-ce qui distingue aujourd'hui le libéralisme, du communisme ou même du nazisme, dans sa volonté d'imposer à tous la même pensée conforme sous l'emprise d'une idéologie totalisante ? Serait-ce simplement d'affirmer que ces régimes antérieurs et finalement vaincu par la démocratie, furent totalitaires et bellicistes (mais qu'il y avait encore moyen de leur résister par les armes ou bien par l'esprit/vie intérieure) et que le notre, actuel et vainqueur, est totalisant (c'est-à-dire que le système mondialisé agit sur ce qu'il y a de plus profond en nous, sur notre intimité et nos comportements), mais paraît bien inoffensif et pacifique, plein de bons sentiments et surtout politiquement correct ?
Quelle est la différence alors entre une religion dogmatique comme le catholicisme et l'aspect totalisant du système libéral ? C'est que la religion permettait l'émergence de cultures plurielles en son sein, qui n'étaient pas les mêmes d'un pays à l'autre et même d'un terroir à l'autre, c'est que la religion ne nous soumettait pas à son emprise, et qu'elle n'était pas destructrice des particularités locales, mais au contraire leur permettait de s'exprimer. Une religion part de la base pour rejoindre le haut en enrichissant la base, c'est tout le contraire d'un système totalisant, qui globalise le monde en partant du haut pour imposer son modèle au bas, en l'appauvrissant. Ce n'est pas pour rien que beaucoup dans ce cadre là de domination par le haut, sans aucune base spirituelle pour se ressourcer, développent des syndromes complotistes.
Et j'irais même plus loin, c’est de spiritualité que nous manquons en premier lieu, et aussi mais de façon moindre d’alternatives politiques crédibles. Le plus grand mouvement romantique en Occident, c’est effectivement aujourd'hui le jihadisme, cela devrait nous interpeller (comme on dit). « La chaîne des causes est sans fin pour essayer de trouver un grand responsable à tous nos malheurs (ou bonheurs, ce qui est bien plus rare), c’est une aporie connue, et c’est justement le vertige qui nous prend quand nous la considérons qui est notre véritable problème, nous qui ne considérons que la raison » me disait un poète quand j'évoquais comme cause de notre malheur, la théorie libérale telle qu'envisagée par Adam Smith.
Mais il y a un autre vertige qui me prend, c'est celui des écarts de richesse, c'est aujourd'hui proprement vertigineux, comment dans ce contexte, peut-on dire une ânerie comme : « la conscience progresse... »
Or je vous le répète l'homme n'est pas un animal rationnel mais avant tout une machine désirante, qu'une vie spirituelle arrive davantage à combler que toute forme de confort matériel et seulement purement matériel.
Et donc cela m'amène à soulever un autre problème que le libéralisme totalisant, mais qui est directement lié à l'aspect totalisant du libéralisme destructeur de la pluralité culturelle (puisque la seule forme de culture pour la plupart des habitants du globe, nous est imposée directement depuis les studios hollywoodiens), sans même évoquer tous les abus qu'entraîne fatalement son aspect libertaire, et qu'un philosophe comme Nietzsche a pu inspirer. Disons aujourd'hui que la philosophie de Nietzsche est totalement galvaudée à travers certains slogans de la propagande publicitaire, destinée elle aussi à nous conditionner.
Ce problème est qu'en l'absence de vie intérieure commune, c'est-à-dire en l'absence de spiritualité en commun, l'avenir de la France c'est l'islam, si nous n'y prenons pas garde... »

Le libéral-libertaire : « N’êtes vous pas vous même la preuve de notre liberté de penser et de nous exprimer ? »