"Ce qui est la fin
aujourd'hui c'est l'objet manufacturé, et l'homme n'est qu'un moyen au service
de cette fin. C'est aussi ce que les sociologues des années 70 ont appelé la
société de consommation ; mais aujourd'hui ce n'est plus société de consommation,
un moindre mal (politique de la demande), mais société de compétition, une
calamité (politique de l'offre). C'est un cercle sans fin où pour survivre il
faut toujours être plus compétitif. Il n'y aura donc pas de fin à la crise, car
au nom du "toujours plus", on demandera toujours à la société d'être
plus compétitive : c'est-à-dire que les riches (le capital) soient toujours
plus riches pour pouvoir investir, et que les classes moyennes, braves petits
soldats du profit, soient toujours plus en compétition, les uns avec les
autres, pour des salaires bloqués ou en baisse. Quant aux classes populaires
elles continueront toujours à être assistées : gage de la paix sociale, pour
éviter la guerre civile." : Est-ce pour un tel type de société dont on ne
voit pas l'issue que l'on doit faire l'Europe? L'Europe politique
permettra-t-elle de sortir de ce système, ou bien au nom de la sacro-sainte
compétitivité nous y enfoncera-t-elle toujours plus? Mais où vois-tu
l'humanisme dans un tel système? Il n'y a aucun projet commun, l'homme n'y est
pas une fin mais un moyen. Ceux qui s'en sortent sont soit ceux qui détiennent
le capital, soit des petits malins. Je suis pour un catholicisme social de type
gaullien, et suis lucide sur l'hypocrisie d'une certaine frange du catholicisme
qui s'est enrichi sur le dos des pauvres, et qui a fait de la misère des
pauvres son fonds de commerce. Cela a abouti à la Renaissance à la
corruption de l'église catholique, et par réaction à la naissance du
protestantisme. Mais le protestantisme a abouti à la marchandisation du monde,
ce qui est encore pire. Tu prévois l'Europe sociale au bout du tunnel, comme un
salut : finalement tu as une vision eschatologique de la construction
européenne, c'est-à-dire une vision religieuse de type catholique. Mais
auparavant tu prévois qu'il faudra avaler la pilule au goût amère. Pour arriver
au salut, tu justifies le sacrifice : pas d'Europe sociale avant l'Europe
politique, et pas d'Europe politique sans renforcement économique ; qui passe
par une plus grande compétitivité, par une politique de l'offre renforcée, par
une stagnation, voire une baisse des salaires. Souffrez ici-bas, les lendemains
seront meilleurs : on nous a toujours dit ça, sur les champs de bataille hier,
dans les entreprises aujourd'hui.
mardi 13 mai 2014
lundi 12 mai 2014
Zuckerberg contre Kant
Kant et sa notion de responsabilité
morale individuelle est l'abomination suprême. Il n' y a pas de responsabilité
morale individuelle, il n'y a que des responsabilités collective. Chacun est
otage et responsable de l'autre avant d'être responsable de soi : la société
est un corps. Le corps se construit par des émotions qui ne nous appartiennent
pas, qui sont collectives. La seule responsabilité individuelle qui nous
incombe n'est pas de faire notre devoir, mais d'essayer d'être humain c'est à
dire bon : la mémoire se construit par des représentations collectives ; or la notion de devoir kantien a tendance au nom de la morale, à vouloir casser les représentations collectives. Si le principe de réalité est autre : c'est à dire le prof qui casse,
ennemi de ses élèves. Et tout le reste qui suit comme modèle de société : cela
est un modèle propre à la
France , pauvre petite province qui méritait mieux, incapable
de fournir des créateurs notamment dans le domaine informatique, qui rapporte
pourtant des milliards. Même les Allemands ont abandonné Kant, et sont choqués
maintenant par la rigidité éducative du système français. Système français
éducatif cassant, basé sur la morale de Kant. République française qui se
réclame depuis 150 ans de la notion du devoir kantien, alors que nous avons des
génies comme Rousseau qui prônent l'épanouissement de l'enfant, alors que nous
savons quel genre d'imbéciles comme Eichman, avait produit le système allemand,
des imbéciles faisant leur devoir sans réfléchir, ce qui est peut-être au fond un
contresens de Kant, mais rigidité kantienne qui fut une spécificité du système
éducatif allemand, et qui a conduit les Allemands devant la monstruosité du
résultat à réformer leur école vers plus de tolérance dès 1945, de toute
urgence. Alors ne me dit pas que je suis l'ennemi de moi-même, je réfléchis à
contre courant, c'est tout.
"Lutter et donner sa vie pour
Le ton général de notre société française est beaucoup trop inflexible et intolérant, ce ton est l'ennemi des représentation collectives de notre propre jeunesse, c'est un ton kantien, un ton trop scolaire. Nous avons les moyens d'avoir un monde plus cool et tolérant. Toi qui admire tant l'efficacité : les boîtes jeunes qui marchent et qui font des milliards de dollars de profit, ce qui manque tant à
de façon absurde, notamment en 14-18 et
maintenant sur le marché du travail au nom de la rentabilité et de la
compétitivité. Les boîtes jeunes qui marchent, toutes situées hors de
l'hexagone, notamment aux Etats-Unis, ont adopté une ambiance cool, club mède. Mais
cela peux-tu le comprendre? Je ne suis pas en guerre contre moi-même, je suis
en guerre contre ceux qui condamnent à mort leur prochain au nom d'une idée.
Aucune idée ne vaut la peine qu'on tue ne serait-ce qu'un chien. Le monde
devrait simplement être plus gentil, les gens devraient s'aimer. Si certains
veulent être méchants, qu'on les envoie sur la lune pour se faire la guerre.
Ici-bas nous voulons des Jésus, des Gandhis, des artistes pour modèle. Napoléon
sur la lune, et ne me parle pas de principe de réalité. La bonté et la
compassion pour tout ce qui est vivant doit être le seul principe de réalité. A
force d'être méchant par frustration, la France est un pays de losers.
Le monde protestant plus que le monde catholique, est un univers de marchandisation globale, où toute représentation est monnayable, n'est plus à partager, car elle devient payante, certes mais n'oublions pas les abus de l'église catholique : la corruption. L'opulence sur le dos des pauvres, leur fond de commerce : les pauvres, et en même temps ceux que les papes et cardinaux trompaient. Qui a conduit par réaction, face à tant d'hypocrisie, à la création de l'église protestante.
Zuckerberg contre Kant, la
logique du divertissement mais de l'efficacité contre celle de la rigueur mais
de l'ennui, j'aurais dû dire l'Amérique contre l'Europe. Pour finir et pour
être honnête : Zuckerberg est certainement plus proche de Kant et de sa notion
de morale individuelle, que de toute conception catholique, qui se fonde sur
une vision collective des représentations individuelles. Pour ma part, étant catholique,
je ne crois pas à la responsabilité individuelle, et je ne crois qu'aux
représentations collectives à partager, donc je ne crois qu'aux responsabilités
collectives. Ce n'est pas Hitler qui est responsable du fascisme, c'est
malheureusement une responsabilité de l'Allemagne entière (figée dans son
corset prussien dont Kant est une forme d'expression philosophique). Ce ne sont
pas les idées françaises, ni Kant, qui sont responsables du fascisme, ce sont
ceux qui les ont transformées en actes : on a le droit d'avoir les idées qu'on
veut, on ne doit censurer aucune littérature. C'est le passage à l'acte qui est
répréhensible, je suis évidemment ennemi de toute forme de censure ou
d'interdiction que ce soit pour la littérature , le divertissement (on pense à
Dieudonné) ou même pour les drogues. C'est aux peuples de faire preuve de bon
sens et pas aux individus. Si la notion de responsabilité individuelle doit
aboutir à la mort des peuples, alors je préfère sacrifier la notion de morale
individuelle plutôt que les peuples. Le monde protestant plus que le monde
catholique, est un univers de marchandisation globale, où toute représentation
est monnayable, n'est plus à partager, car elle devient payante ; c'est un
mensonge, les mots ne sont pas des choses, les représentation sont gratuites,
elles appartiennent aux peuples, c'est aux peuples de faire preuve de bon sens
et sauver leurs jeunesses. Or aujourd'hui on veut la mort des peuples. Au nom
de la responsabilité individuelle bourgeoise, on a créé la mort des peuples.
J'aurais envie de dire : "peuple d'Europe retrouve ta fierté dans
l'Europe, construit ton eschatologie, qu'elle soit technologique ou autre, mais
n'abandonne jamais l'idée de peuple." Car il faut aussi du lyrisme pour
construire un peuple, pas seulement du politique et de l'économique, ni même
seulement du social. Mais est-ce que tout cela ne sonne pas un peu faux?
Lyrisme pour le peuple de France peut s'entendre, mais pour l'Europe c'est une
autre histoire : les pays d'Europe sont comme de vieilles bonne femmes aigries
ennemies les unes des autres, de vieilles sorcières qui se haïssent. Et puis il
y a tant de morts dans les guerres qui sont autant d'obstacles au rapprochement
des peuples, comme dans des familles ennemies de parrains italiens, c'est la
loi du talion, "tu as tué mon fils, je tuerai ta fille, etc..." Combien
encore de générations pour oublier, pardonner? Comment leur faire entendre la
voix de l'amitié, de la fraternité ( ne parlons même pas d'amour)? Les Etats-Unis sont un peuple, et c'est en tant qu'appartenant à ce peuple que Zuckerberg est un créateur. L'Europe n'est pas encore un peuple, en espérant qu'elle le sera un jour.
Le monde protestant plus que le monde catholique, est un univers de marchandisation globale, où toute représentation est monnayable, n'est plus à partager, car elle devient payante, certes mais n'oublions pas les abus de l'église catholique : la corruption. L'opulence sur le dos des pauvres, leur fond de commerce : les pauvres, et en même temps ceux que les papes et cardinaux trompaient. Qui a conduit par réaction, face à tant d'hypocrisie, à la création de l'église protestante.
Marine Le Pen : totalitarisme ou autoritarisme?
Il est indéniable que ton
adversaire c'est le fascisme. Quand tu parles du fascisme, tu prends des
accents fanatiques. Penser que la
France est le berceau du fascisme comme tu le dis, c'est
quand même dur à avaler et selon moi injuste. Hitler était allemand, ce qui
explique la dureté du fascisme allemand, c'est la dureté de l'éducation
prussienne, qui sera au fond reprise comme modèle par Kant : avec son combat
contre les inclinations naturelles. A force d'avoir une éducation inhumaine, on
a des fascistes : et cela est propre à l'Allemagne et à Kant, et à l'éducation
prussienne; ce n'est pas le problème des Français, qui feraient bien de se
méfier de Kant comme modèle éducatif. Kant dit des choses très intéressantes,
mais sa morale est inhumaine et ne peut déboucher que sur la monstruosité. Cela
dit je ne voterai pas Le Pen, et ne le conseille à personne. Je préfère rester
sobre sur le sujet.
Je vais te dire : mes
grands-parents paternels et maternels ont fait la guerre. Comme beaucoup ils
ont été faits prisonniers en 1940, libérés en 1945. Ma grand-mère paternelle
s'est remariée à un grand résistant, décoré de l'ordre national du mérite sous
Mitterrand, qui a fait toute la guerre de 39 à 45, dans les forces françaises
libres sous l'autorité de de Gaulle, d'Afrique du Nord jusqu'en Allemagne ( que mon père et ma tante détestent, qui sont-ils eux deux pour détester un grand résistant ?). Mes
grands oncles bretons étaient farouchement "anti-boches", se sont
engagés dans la résistance, et ont même tué assez sauvagement un collabo à
mains nus. Je constate que la
France a bien marché sous de Gaulle qui était un rassembleur.
La guerre est terminée depuis 70 ans, tout un tas d'hypocrites dont les parents
ou grands-parents étaient collabos, sont farouchement anti-français. Cela
suffit de remuer la merde, de faire culpabiliser tout le monde. Nous vivons dans
un monde terrorisant où tout le monde est suspecté de racisme et
d'antisémitisme avant même de savoir penser. C'est trop facile
et inefficace. Résultat : 20% de gens qui votent Le Pen. Il faut changer
de méthode. Mais je n'ai pas de réponses.
L'idéologie dominante actuelle
est heureux les très riches et les élites, vous n'avez pas à partager, ni à
culpabiliser, continuez à vous enrichir. Heureuses les classes populaires, vous
avez des circonstances atténuantes, on va vous aider, on vous aime. Quant aux
classes moyennes, 70% de la population, vous êtes vraiment de la merde, vous ne
ressemblez à rien, vous êtes suspectes à la naissance de fascisme en puissance.
Pour ce qui est de mon
humanisme mou, eh bien je ne suis même pas humaniste : ce qu'il y a de meilleur
en l'homme c'est le chien, comme le pensent Schopenhauer et Houellebecq. Un
chien ne vous trahit jamais, il sera toujours fidèle, il vous aime sans
condition. Un chien est plus kantien que l'homme. L'amour d'un chien est
inconditionné.
Mais ai-je répondu à la question initiale ? Pour avoir la réponse on pourra se référer au lieu suivant : http://jaitantdechosesavousdire.blogspot.fr/2014/05/hitler-mussolini-le-pen.html
L'Europe : avachissement, compromission et perte d'idéal.
"Avachissement,
compromission et perte d'idéal." Qu'est-ce que l'idéal ? L'humanisme ? Si
on est lucide, on s' aperçoit que l'humanisme a culminé avec une guerre atroce
: la deuxième. Forts de ce constat , les Allemands nous dépassent car ils ne se
rattachent plus à des valeurs idéales et humanistes, mais cherchent
concrètement leur bien-être ici-bas. Ecoeurés par la monstruosité du résultat ,
les maîtres de l'idéalisme sont devenus foncièrement matérialistes. Il n'y a
que ces crétins de Français pour croire que l'école est une fin (toujours en
retard d' une guerre!). Ce qui est la fin aujourd'hui c'est l'objet
manufacturé, et l'homme n'est qu'un moyen au service de cette fin. C'est aussi
ce que les sociologues des années 70 ont appelé la société de consommation ; mais aujourd'hui ce n'est plus société de consommation, un moindre mal (politique de la demande), mais société de compétition, une calamité (politique de l'offre).
C'est un cercle sans fin où pour survivre il faut toujours être plus
compétitif. Il n'y aura donc pas de fin à la crise, car au nom du
"toujours plus", on demandera toujours à la société d'être plus
compétitive : c'est-à-dire que les riches soient toujours plus riches pour pouvoir investir, et que les classes moyennes, braves petits soldats du profit, soient toujours plus en compétition, les uns avec les autres, pour des salaires bloqués ou en baisse. Quant aux classes populaires elles continueront toujours à être assistées : gage de la paix sociale, pour éviter la guerre civile. Il n'y aura pas de fins aux sacrifices demandés, jusqu'à ce que le
système se dévore lui-même, comme Midas qui changeait tout en or a fini par se
dévorer lui-même. Les Américains sont aujourd'hui à la pointe du combat
économique et de la compétitivité, cela ne les empêchera de se dévorer eux-mêmes.
Au final nos sociétés sont atteintes du complexe
de Midas, avec des conséquences tragiques sur la nature : forcément
surexploitée pour faire du profit. Quand à l'idéal et à Manuel Valls comme
sauveur, cela me fait doucement rigoler : que les Français sont naïfs et grégaires.
On peut se réclamer de
valeurs aristocratiques. Mais si la cause est absurde comme l'économie de
marché qui transforme tout en or au point de rendre le monde invivable, à quoi
sert le mousquetaire?
La sagesse moderne dans un
environnement aussi hostile, ou au fond la question du bien être individuel est
passé derrière celle de la compétitivité, c'est de sauver sa peau. Mais au lieu
de clamer la devise des mousquetaires, tout un chacun devrait hurler : "Sauve
qui peut, chacun pour soi !"
Ce que nous dit ton texte sur
les mousquetaires, c'est que la sagesse ne se transmet pas comme un savoir. Que
la sagesse est précisément le combat pour parvenir à la sagesse. D'où une
certaine intransigeance, une dureté indéniable mais indispensable, car elles participent
de l'art du combat.
Je veux pour preuve de ce que
j'avance sur la sagesse du combat, est que la plupart de nos penseurs pour la
plupart acquis à l'idéologie ultra libérale de la compétitivité et de la
croissance, étaient dans les années 70 classés à l'extrême gauche. Conclusion :
il n'y a aucune vérité transcendante, il n'y a que le combat pour exister et se
conserver qui compte.
L'aporie capitaliste
Oui par contre les jeunes
n'ont pas mémoire. Effectivement comment adhérer à un monde qui propose
d'emblée : il va falloir que tu te sacrifies. Au nom de quelles valeurs ? Au
nom du bien manufacturé, produit par des très riches (par leur capital, et le
biais de salariés esclaves comme toujours et terrorisés de perdre leur job) qui
ne redistribueront plus, pour être plus compétitifs (politique de l'offre). Les
logiques de vie riches chères à Deleuze, antihumaniste, il n'y en aura pas, il
y aura quelques survivants. C'est peut-être constatant l'échec total de 68 à
amener une vie meilleure, mais plutôt une vie bien pire ( non plus société de
consommation mais de compétition), que Deleuze s'est suicidé. Dans un monde où
la compétition est vouée en culte, il ne peut y avoir de solidarité entre les
jeunes, donc pas de représentations communes, pas de création , donc pas de
mémoire. On ne peut pas imposer une mémoire à une génération. Une mémoire doit
se construire elle-même, c'est une nécessité. Or la jeunesse va dans l'impasse
et ne construit rien. Oui c'est beau la vie. Mais la vie sans mémoire c'est la
barbarie. Les responsables devront porter une forme de culpabilité.
Pour faire un peu plus
absurde, on devrait rebaptiser la droite : les démocrates-sociaux. Ainsi on
aurait les sociaux-démocrates (politique de l'offre) contre les
démocrates-sociaux (politique de l'offre). Pour ma part je suis pour une classe
moyenne forte que doit soutenir une politique de la demande ( hausse des
salaire, contrôle des licenciements). Il faudrait mondialiser ce système. Mieux
en encore, il faudrait mondialiser la décroissance, en finir avec le complexe
de Midas ( où l'or finit par se transformer en merde), où la nature
surexploitée n'aura plus rien à nous offrir, qu'un vaste désert de cris et de
larmes. Pour cela il faut de la bonne volonté : contrôler et réguler les
marché, c'est-à-dire l'hybris du capitalisme.
Le déclin européen
L'humanité a sans doute connu
pire que ce petit désenchantement, mais la France certainement pas, et je ne suis pas sûr
qu'elle s'en relève. Personnellement je suis un homme moyen, je suis le dernier
homme que décrit Nietzsche replié sur sa famille, son petit confort, sans idéal
et sans valeurs et autour de moi je ne vois que des gens comme moi. Alors quand
on me parle des surhommes Valls et Hollande, cela me fait doucement rigoler,
ils ne sauveront pas la civilisation en France et en Europe. Le destin de l'Europe
fut scellé avec la défaite de l'Allemagne en 1918 puis 1945, qui marqua le
déclin inexorable de l'Europe. Il est dommage que la grandeur de l'idéal
européen fut portée par un personnage aussi malade, pervers et risible que
Hitler, mais c'est comme ça. La mort de l'Europe fera le bonheur d'autres
civilisation comme la Chine
ou l'Inde, là-bas espérons le s'éveilleront des surhommes. Et puis il y a nos
héritiers de l'idéal humaniste : Etats-Unis, Canada, Australie : ce sont de
jeunes nations qui ont encore beaucoup à vivre. Ici en Europe, je ne vois que
des gens très contents d'eux, mais désabusés , cyniques et sans aucun projet
pour l'avenir. Des gens qui en plus sont méchants pour la plupart ( méchant
voulant dire jouisseurs et pervers et destructeurs de la jeunesse). La pitié et
la compassion devraient être les vertus d'une nation en voie de décomposition
avancée comme la nôtre. Nous pouvons encore être les Grecs de l'empire romain
(Etats-Unis, Canada et Australie). Abandonne tous tes idéaux de grandeur mon
garçon, la France
est malade.
C'est avant 14-18 que la France aurait dû faire le
choix de s'allier à l'Allemagne, alors les deux puissances continentales
alliées auraient pu construire une grande Europe. Mais non toujours le petit
narcissisme des Français : résultat une guerre absurde (14-18), qui aboutit sur
un conflit qui va achever l'Europe continentale(39-45). Si la France avait alors un peu
rabaissé de sa superbe et reconnu la supériorité de l'Allemagne, si l'Allemagne
de son côté avait consenti à faire de la France son alliée privilégiée. Si à ce moment là,
au début du XXème siècle, le couple franco-allemand s'était fait, alors nous
aurions eu une Europe formidable, immense. Mais ce n'est pas le cas.
vendredi 25 avril 2014
La société du libéralisme économique et les jeunes
Le smic, comme tous les droits
sociaux, sont un héritage ringard d'un vieux monde catholique. Dans une société
progressiste, il ne doit pas y avoir de tabous, à chacun selon sa faculté
d'adaptation, disparaîtront les parasites et les imposteurs. La fin du smic, le
smic jeune ? Ainsi la fracture entre jeunes et vieux va-t-elle s’accroître.
Entre riches et pauvres n'en parlons même plus. Mais qui se soucie encore de
ces vieilles lunes ! Plus le droit de regarder ailleurs que son petit nombril.
Et beaucoup de jeunes seront bien content de gagner 700 euros par mois, de
bouffer de la merde, pendant que leurs grands-parents soixante-huitards
s'engraissent au soleil. Ils sont tellement cons les jeunes, qu'ils ne savent
même pas imaginer qu'un monde égalitaire fut pendant longtemps une utopie
réalisée, notamment sous de Gaulle, ce qu'on appelle aujourd'hui les trente
glorieuses, une époque bénie, post catholique, mais encore catholique. Alors
qu'eux les jeunes ne savent pas qu'ils vivent dans un monde injuste et figé
comme jamais, avec comme seul critère la rentabilité, la réussite individuelle,
le libéralisme économique, l'hyper compétitivité, le "struggle for life" si cher aux Anglo-saxons, mais ils sont
contents comme ça les jeunes, ils ont été formatés pour ça, alors ils font
leurs besoins les uns sur les autres, comme dans une porcherie. Et ça les fait
rire les vieux de voir ce spectacle. Car leurs enfants sont des moutons qui
disent merci quand on les gifle.
jeudi 24 avril 2014
Faut-il avoir peur de la classe moyenne ?
Ce qui devrait te faire peur et qui nous pend au nez, c'est plutôt la disparition de la classe moyenne. Effectivement ce qui stabilise une économie c'est une classe moyenne forte. Or aujourd'hui toute une partie de la classe moyenne est menacé de déclassement, et ce n'est pas un fantasme. Plutôt que de faire l'éloge de la classe populaire (qu'est ce que cela veut dire les immigrés, le quart-monde ?), on ferait bien de réfléchir au moyens de faire accéder la classe populaire à la classe moyenne. Mais non toujours ton narcissisme : la classe populaire dans son mode de pensée serait plus "pure" que la classe moyenne (évidemment toute personne a tendance à se considérer comme plus pure que son voisin, et cela vaut pour un peuple ou une religion). Arrête ce narcissisme qui n'est qu'un misérabilisme déguisé. Il n'y a aucun salut à attendre d'une classe populaire minoritaire, et qui depuis longtemps a perdu ses traditions qui faisaient sa noblesse (les seules traditions qui lui restent, c'est partout une sous-culture à base de rap, de mots grossiers, de comportements à risque, d'origine banlieusarde, et qui s'étend partout dans les campagnes). Ce ne sont pas les classes moyennes qui posent problème, ce sont les très riches, qui accaparent des fortunes de plus en plus considérables, ainsi les 400 personnes les plus riches des Etats-Unis possèdent autant de richesses que les 150 millions d'Américains les plus pauvres (parmi lesquels beaucoup de gens de la classe moyenne, en voie de déclassement). 1% des Américains les plus fortunés ont raflé 23% du revenu national. La même tendance s'observe en Europe depuis le début des années 80. Il faut arrêter de s'aveugler sur le terme de "petit-bourgeois". Le petit-bourgeois c'est maintenant toi, prof de philo, et militant politique. Le terme de petit-bourgeois veut dire quelque chose dans la bouche d'un artiste comme Pasolini. Mais chez toi ou chez moi cela ne veut rien dire. Car il faut beaucoup de talent, voire du génie pour se dénigrer soi-même.
mercredi 16 avril 2014
Réactionnaire et marxiste
On ne se sent pas écouté, ni par
la médecine, ni par rien, parce que nous vivons sous le règne du libéralisme,
c'est-à-dire de l'égoïsme. Quelle est la seule façon de combattre l'égoïsme ? Se rattacher à des valeurs archaïques. Tout ce qui est moderne est un reflet de
notre narcissisme et de notre égoïsme contemporain.
Attention, je ne dis pas que je
suis réactionnaire et fasciste, on connaît assez les ravages du fascisme, je ne
dis pas non plus que je suis réactionnaire pour défendre les droits acquis des
riches. Je suis réactionnaire pour défendre ce qui est fragile, c'est-à-dire
essentiellement des modes de vie ruraux, à la limite de l'analphabétisme. Un
psy dirait que je me défends moi-même, c'est possible ! Je dirais que je suis
réactionnaire et marxiste, car il y a des points communs entre le catholicisme
et le marxisme. Jésus était un marxiste avant l'heure. Marx dans la religion ne
combat pas Jésus, le révolté contre sa propre religion. Il combat le dogme de
la religion chrétienne, comme Jésus avait combattu le dogme de la religion
juive. En tant que révolté, Marx a des points communs avec Jésus. Je suis
réactionnaire pour le domaine de l'éducation, à la manière d'un Finkielkraut.
Mais je n'ai pas les moyens de mon ambition, car je renie ma propre éducation,
qui consiste en un soixante-huitardisme corrompu, dégénéré et dévoyé.
Le problème de toute idéologie,
chrétienne ou communiste, c'est qu'ensuite elle aboutit au dogme. Le
libéralisme est si solide, parce qu'il n'est pas dogmatique, qu'il laisse
chacun crever dans son coin, qu'il est la somme des égoïsmes particuliers,
qu'il ne propose pas de réunir, qu'il n'a aucun projet commun. Et c'est pour
cela qu'il est si dangereux ; risquant de déboucher sur une catastrophe écologique
sans précédent. Parce que le libéralisme, c'est-à-dire l'égoïsme, dont certains
sont allés jusqu'à en faire leur dogme, de leur propre égoïsme, est sans
conscience.
lundi 31 mars 2014
Le père biologique est-il dieu ?
Avec Mai 68 nous avons perdu le témoignage que nous avions
de nos pères, et c'est une immense perte pour l'humanité. Le père a donné, mais
a voulu tout reprendre à l'enfant post soixante-huitard par jalousie. Le père a
effectivement repris les jouets qu'il avait offert. Que cela veut-il dire
symboliquement ? En fait le père qui avait construit une partie de l'identité
du fils post soixante-huitard a voulu reprendre cette identité. Pourquoi
y-a-t-il partiellement réussi. Parce que nous étions dans une relation de type
totale, une relation pratiquement sexuelle de type soixante-huitarde (petit
clin d'œil à Dany le rouge), qu'il exigeait de la part du fils une complète
soumission, pour ensuite apparaître comme le sauveur exclusif, or qui était le
sauveur dans le dogme de la religion ? Jésus. Le père biologique a voulu
remplacer Jésus, il a voulu dans son narcissisme démesuré remplacer Dieu (petit
clin d'oeil à Nietzsche). J'invite ceux qui voudraient connaître plus
précisément la relation qui unissait le fils au père soixante-huitard, à se
plonger dans l'œuvre de Sade, et en images à Salo ou les 120 journées de
Sodome, de Pasolini. Voilà pourquoi je suis catholique, comme Pasolini,
voilà pourquoi je suis réactionnaire. Parce que je prédis qu'en réalité la
pseudo liberté instauré par mai 68 aboutira au fascisme. Pourquoi ? Parce que
sans le poids du dogme et de l'autorité représenté par la religion, les hommes
font n'importe quoi, et que le mal ne peut pas se laisser enfermer dans le seul
dogme de la Shoah ,
voilà pourquoi ! Voilà pourquoi il n'y a aucune raison que le FN ne finisse pas
par l'emporter. Oui je le dis, je l'affirme, Mai 68, la pseudo liberté qui en
découle, l'impunité pour toutes sortes de pervers, et bien sûr l'ultra
libéralisme économique qui en découle sont responsables du triomphe encore
balbutiant mais pourtant peut-être déjà fatal du FN. Mais Mai 68 lui-même a des
causes, il n'est pas un absolu, qui enfermerait à lui seul tout le mal. Qui
alors enferme tout le mal ? La nature humaine sans un dieu pour l'éduquer.
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