mardi 2 novembre 2021

Zemmour underground, Sainte Blandine livrée aux lions



Tautisme : « Autisme tautologique par lequel on répète interminablement la même cérémonie abstraite. Autisme totalisant par lequel nous sommes dilués dans l’absolu du monde, faute de nous être séparés de lui pour le comprendre. »

Dans notre monde on ne peut être que tautiste : « Principe qui consiste à prendre la représentation de la réalité pour son expression. Par ce biais les médias se copient les uns les autres et cette répétition tend à nous faire croire qu'elle vaut preuve.  Le terme est à la fois un néologisme et un mot-valise, forgé à partir des mots tautologie et autisme (maladie de l’auto-enfermement communicationnel dans laquelle le patient n’éprouve pas le besoin de communiquer) » Lucien Sfez (Cf. Critique de la communication. Seuil, 1988)

Tous tautistes donc, puisque le monde est totalement désenchanté des religions qui l'avaient enchanté. Pourtant il existe toujours de la création artistique, ou plutôt des choses bizarres, des phénomènes étranges comme l’art contemporain, le rap et les smartphones. Oui on ne peut être que tautiste puisque le monde ne nous parle plus, alors on se raccroche à des images, à des discours, qui nous font prendre la représentation de la réalité pour son expression. En général on se raccroche à la doxa dominante, et comme la nature a horreur du vide, il y a toujours un discours transgressif. La grosse ironie est qu'aujourd'hui la transgression vient des milieux catholiques les plus conservateurs et traditionnalistes, alors qu'au départ la transgression se définissait par rapport à ces milieux catholiques conservateurs et traditionnalistes, étant aujourd'hui complètement marginalisés et quasiment underground, totalement ridiculisés et traînés quotidiennement dans la boue dans tous les médias, faisant l'objet des caricatures les plus grotesques comme celles qui représentent Zemmour en réincarnation d'Adolf Hitler.

Désormais c'est le dogme religieux catholique qui est transgressif et underground en France, tandis que la censure est imposée par ceux qui se prétendaient hier les transgressifs et subversifs de mai 68. Nous voici revenus 2000 ans en arrière en une seule génération, celles des baby-boomers, où ils jouent le rôle des Romains persécuteurs et Zemmour le rôle de Sainte-Blandine livrée aux lions, persécuté pour ses idées par la doxa tautiste ; et plus globalement tous les conservateurs et les réacs le rôle des premiers chrétiens.

Entre parenthèses Zemmour a permis d'ouvrir la boîte de Pandore de toute la frustration catho tradi, parce qu'il a la légitimité pour ça, et qu'est ce qui lui donne cette légitimité ? C'est le fait d'être juif, c'est à dire d'appartenir à ce peuple que nul ne peut suspecter d'entrer en collusion avec le fascisme, qui jouit d'une pureté virginale en ce domaine, comme Jeanne qui était pucelle. Un homme blanc c'est toujours 100 % coupable, un homme blanc juif non, pas tout-à-fait, car il peut toujours brandir la Shoah qui lui permet de se refaire une virginité morale.

Le Génocide des Juifs était la part maudite du nazisme au sens de Georges Bataille, il y a quelque chose là-dedans qui a à voir avec le sacrifice. Peut-être un sacrifice collectif aux dieux païens germaniques pour obtenir la victoire.

Zemmour est comme Jeanne d’Arc, il décuple les forces de ses sympathisants, non parce qu’il est une femme comme Jeanne au milieu de guerriers mâles, mais presque de la même façon, parce qu’il est un Juif et qu’il représente l’altérité au sein de ces milieux catho tradi ; désormais le camp de la subversion et de la transgression. Il est évident que pour les conservateurs et réacs de tous bords, Zemmour représente la DIVINE SURPRISE. D'un point de vue freudien c'est aussi le retour du trop longtemps et trop brutalement refoulé.

NIETZSCHE A DIT DIEU EST MORT, RESSUSCITONS DIEU !

Je suis matérialisme car je pense avec mon corps, paradoxalement je pense que l'homme n'est rien sans transcendance. Quand je regarde le monde autour de moi avec mon corps, je ne vois que violence, laideur, rapports de force pour obtenir le moindre travail salarié ; les seules choses belles que je vois sont des œuvres du passé quand les hommes avaient encore de l'esprit : églises, cathédrales, grands monuments, châteaux, toute l’architecture jusqu’aux débuts du XXème siècle...

Alors bien sûr on fait vivre un maximum de gens dans un bien-être relatif, avec un consumérisme qui leur sert de religion, mais le prix à payer est-ce la disparition de l'esprit ? Dans ces conditions le soi-disant recul de la misère n'a aucun sens.

Quant à la littérature un des derniers bastions préservés, elle est contaminée comme tout par le wokisme et la déconstruction ; Finkielkraut et Houellebecq prédisent sa disparition. Que restera-t-il ? Quel sera le moteur de nos actions ? La pure spéculation scientifique (la science spéculative), qui ne pense pas selon Heidegger ? Non ce moteur ne sera vraisemblablement que l’expression de la médiocrité la plus crasse lorsqu’elle n’est dirigée que par la vanité et l’orgueil sans nulle transcendance, c’est-à-dire sans ressentir aucune présence.

Nietzsche disait que l'homme avait besoin d'illusions pour penser et créer, si Dieu doit être cette illusion, ressuscitons Dieu ! On ne voit plus que la vanité et l’orgueil des hommes, donc leur médiocrité, qui s’affichent partout en gros caractères, c’est cela l’émancipation ? Les droits de l’homme je veux bien, mais un peu d’humilité quand même.

Misère de l’homme sans Dieu, comme le disait Pascal. Sans cette présence qui est à ressentir avec son corps, et qui est de l'ordre de l'expérience mystique que bien des hommes pouvaient ressentir tout naturellement quand les époques étaient encore religieuses, même la famille et la nation disparaîtrons. Et ce n'est pas par décret que vous pourrez lutter contre les dérives du wokisme, qui n'est que l'effet de la fragmentation de la société depuis 1789. Cette fragmentation, cette dissolution, dans les rapports humains, nul besoin d'être un grand clerc pour la ressentir dans son corps ; tout le monde à sa propre échelle peut la ressentir et c'est faire preuve de mauvaise foi que de prétendre le contraire.

Nietzsche avait sans doute raison de dire que le nihilisme est dans la volonté des philosophes à vouloir changer le monde à partir d'arrières-mondes. Mais plus encore aujourd'hui comme le dit Heidegger qui prônait le retrait dans la fin de sa vie, ce nihilisme est dans la volonté de puissance de nos contemporains qui tournent complètement à vide, absurdement.

lundi 1 novembre 2021

Les mystères du mal

 


"Le travail est le premier outil du pouvoir puisqu'il distribue ou pas le travail, donc un salaire, à ceux qui louent leurs bras pour survivre. Dans le même temps, ceux qui distribuent ce travail - et assurent la survie de leurs obligés - s'enrichissent et créent des inégalités sociales. L'armée, la religion, la police, la dépendance à la consommation et aux crédits ... existent uniquement pour protéger les nantis, détenteurs du pouvoir." Philippe Decloux


Socrate semble quand même bien naïf en affirmant que le mal n'existe pas et que nul n'est méchant volontairement. Ils ne le font pas exprès, s'ils le font c'est qu'ils sont dans l'erreur. C’est un motif d’explication qui ne prend pas en compte la jouissance qu’il y a à faire le mal, et c’est considérer alors que les croisades furent une erreur, l’esclavagisme une erreur, le colonialisme une erreur, l’exploitation des ouvriers par la bourgeoisie une erreur, les deux guerres mondiales une erreur, le fascisme une erreur, le nazisme une erreur, la Shoah une erreur etc. Socrate n’avait pas assez d’Histoire chargée de crimes comme la nôtre derrière lui pour pouvoir concevoir le mal, comme nous modernes pouvons le concevoir ; il n’avait peut-être qu’une conception tragique du mal où effectivement les héros grecs le font bien souvent à leur insu comme Œdipe de tuer son père et de coucher avec sa mère, sans le savoir. Nous pouvons nous autres modernes concevoir que le mal n’est pas toujours une simple erreur, qu'il ne se définit pas comme une absence de bien, mais comme une présence d'une toute autre nature que le bien. La Shoah semble avoir atteint le point culminant du mal que l’on peut difficilement tenter de relativiser en déclarant que c’était une simple erreur, une bévue oups ! qu’Hitler n’aurait pas fait exprès. Ce que l’on fait parfois, en expliquant qu’Hitler avait été un enfant battu, qu’il avait subi une violence inouïe de la part de son père, que pour la préservation de sa santé mentale il avait dû s’identifier à cette forme d’agression paternelle n’ayant pas la capacité de la rejeter, qu’il était donc une victime avant d’être un coupable.

Mais devant la dimension absolue du désastre il est difficile de relativiser. Il est difficile de dire aujourd’hui que les nazis ne l’avaient pas fait exprès, qu’ils n’avaient pas été méchant volontairement.

Cependant vous avez raison d'insister sur le mal qui procèderait en fin de compte de l'ignorance, mais ce n'est pas la thèse de la "banalité du mal" définit par A. Arendt. Le mal absolu ne serait pas le fait d’un pervers, d’un criminel extraordinaire et rare, mais proviendrait de l’abandon par l’individu de sa responsabilité de penser. Ce serait donc plutôt le refus de se sentir responsable, la trop lourde charge que cela représente, la médiocrité et la veulerie, que l'ignorance selon A. Arendt et son concept de "banalité du mal", qui serait la cause du mal. Des hommes peuvent être très savants et cultivés, comme l'étaient d'ailleurs la plupart des Allemands et non des néopaganistes teutons revenus à une sorte de transe hystérique, primitive et collective, et pourtant délaisser leur responsabilité de penser à d'autres voire un seul autre, se contentant alors d'obéir. Les nazis ont été kantiens jusqu'au bout donc trop obéissants, pensant que cela pouvait les dispenser de penser et laissant cette prérogative à leur guide suprême : Adolf Hitler. Il ont été médiocres et c'est ce qui explique pour Annah Arendt la "banalité du mal", débouchant sur le mal absolu.

Onfray dit aussi que Sade est le chaînon manquant entre Kant (culte de l'obéissance et de l'impératif catégorique) et le nazisme. Le nazisme entendu dans ce sens constituant une perversion du kantisme. Le chaînon manquant entre l’obéissance absolue d'origine kantienne (qui fait totalement l'impasse sur les pulsions humaines) et les camps de la mort, c’était le sadisme, comme a tenté de le montrer Michael Haneke dans son film : Le ruban blanc. Un sadisme peut-être généré par une répression trop forte, toute kantienne, des instincts humains. Bref selon A. Arendt, le kantisme serait sans doute à l'origine du nazisme à lui tout seul sans avoir besoin de Sade, la répression des pulsions se chargeant de générer le sadisme qui de l'obéissance mène directement aux camps de la mort. Donc non, le nazisme ne serait pas une perversion du kantisme, mais constituerait un de ses héritages possible.

Aujourd’hui le mal semble plutôt se trouver du côté des élites qui assument de façon festive leur perversion. Et l’on demande aux peuples d’être honteux. En ce sens Zemmour est populiste car il se met du côté du peuple contre les élites.

J’ai l’intuition que la majorité de nos contemporains modernes, ou postmodernes peu importe, jouissent de faire le mal par mimétisme de ce qui se dégage des élites en matière de comportement malsain, en en étant parfaitement conscients et qu'ils y trouvent le moteur de leurs actions, car c'est bien plus efficace et plus rentable que la vertu - Kant avait évoqué l'hypothèse d'un peuple de démons au sein d'une constitution qui n'était pas impossible à résoudre pourvu que ce peuple soit doué d'entendement ; la modernité par le biais de Mandeville et de Freud, avec toutes les leçons que nous offre l'Histoire en matières de crimes contre l'humanité, a pris conscience qu’il n’y avait aucune inclination naturelle au bien mais bien plutôt une inclination naturelle au mal, c'est une vision pessimiste de l'humanité. Puisque l'on ne peut se passer d'actions, le néolibéralisme postule qu’il ne s’agit plus de réfréner ce mal qui est en chacun de nous mais de l'encourager, car il constitue notre vraie nature et tous ceux qui prétendent le contraire ne seraient que des Tartuffes. Toutes les autres époques ont tenté de réfréner le mal, et les Grecs étaient les seuls à être suffisamment optimistes pour penser que l’inclination naturelle de l’homme était le bien. Il y avait la notion de culpabilité et de péché chez les chrétiens, celle d'hybris chez les Grecs, celle de Loi contraignante chez les Juifs.

Dans une société qui encourage le vice comme la nôtre par le biais de la consumation consumériste notamment, il n'y aura plus que des pervers narcissiques si l'on n'y prend pas garde. Mes parents en furent et je lutte contre, j'ai choisi des femmes qui n'en étaient pas. Mais je suis un peu comme le docteur Jekyll et mister Hyde comme le disait la mère de ma première fille étant psychologue de profession, et trop de sautes d'humeur, de violence, de colères, comme le disait mon ex-épouse.

Vous avez lu les livres de Dany-Robert Dufour sur Mandeville ? Mandeville est à l'origine de la conception du néolibéralisme moderne. Il semblerait que dans ses prémices même, le vice y soit encouragé pour se soigner d'une société trop moralement étriquée. On a surtout retenu de Mandeville la célèbre formule qui caractérise la société du "doux commerce" selon l’expression de Montesquieu : "vices privés, vertu publique" ; alors que le commerce était surtout chez les autres penseurs libéraux destiné à tempérer la violence de l'espèce. Il n’en est rien aujourd’hui, il ne s’agit plus de tempérer mais d’exacerber le vice, d'accepter enfin notre vraie nature pour qu'à l'échelle de la société la prospérité vienne à bout de la violence mimétique. Autre chose, Mandeville disait explicitement que les pires d'entre les hommes, the worst of them c'est à dire les pervers, ceux qui se complaisent dans le vice et en tirent leur jouissance c'est-à-dire nos milliardaires, devaient régner sur tous les autres. Les autres ? C'est-à-dire tous ceux qui respectent encore les lois pour en obtenir d'ailleurs une forme de gratification narcissique, de récompense (ce que Kant aurait réfuté), alors que les pires d'entre les hommes reconnaissent l'utilité des lois pour les autres hommes mais ne les respectent pas pour eux-mêmes, se distinguant ainsi de la racaille qui ne les respecte pas et se fiche bien que les autres les respectent ou non. 

On voit bien tout l'intérêt qu'il y a pour les milliardaires à ce que la majorité des hommes respecte la loi, alors qu'eux ne la respecte pas, ils s'efforcent de gratifier narcissiquement, de récompenser, ceux qui respectent les lois en les distinguant de la racaille, et font tenir les institutions démocratiques traditionnelles issues de l'héritage de 1789.

Mandeville avait tout anticipé et tout théorisé. Il paraît que Hayek et l'École de Chicago qui ont inspiré Thatcher et Reagan étaient imprégnés de sa théorie, que l'on trouve dans La fable des abeilles qui fut aussi le livre de chevet d'Adam Smith. Et l'on connait le rôle d'Adam Smith comme théoricien classique du capitalisme. Il y a d’ailleurs un bon livre de JC Michéa consacré au libéralisme des origines qui s'intitule Impasse Adam Smith.

Bref le vice semble aujourd’hui de façon très clair le moteur de l'action dans nos sociétés capitalistes chez les pires d’entre nous - et par mimétisme à peu près chez tout le monde ; ceux appelés à devenir nos dirigeants, et chacun à son échelle avec son petit business vicieux. Le pauvre Kant, transposé à notre époque se taperait la tête contre les murs, tout y est fait par intérêt même la vertu et le vice est le moteur de l'action et non le désintéressement. C'est peut-être parce que l'homme n'y a plus l'ambition d'être vertueux qu'il est enfin en accord avec sa vraie nature, étant le moteur de son action ; comme le dit Michéa c'est une vision très pessimiste de la nature humaine mais peut-être réaliste compte tenu de toutes les leçons tragiques de l'Histoire.

Le scandale de la pédophilie de l'Église sert à masquer le scandale de la perversion des élites

 


La science ne pense pas, la technique est autonome, les hommes semblent comme damnés dans un monde dont le rythme n'a plus rien d'humain.

L'orgueil des personnes malsaines est selon moi aujourd'hui celui des élites qui nous dirigent dont la propagande sur la pédophilie de l'Église catholique cherche à masquer la perversion.

Je ne partage pas votre thèse du rationalisme qui permettrait de former des esprits libres davantage que la religion, regardez tous ces esprits libres formés par le catholicisme comme Bernanos ou Pascal par exemple. Vous parlez de fondement épistémologique, eh bien comme Heidegger je dis que la science ne pense pas, et ne permet pas à elle seule de former des esprits libres. Alors que la religion si, le projet du catholicisme a toujours été de former des esprits libres capables de distinguer le bien du mal, ce que la science est incapable de faire car ce n'est pas son domaine de compétence. La raison cartésienne débouche sur la technique et la technique déshumanise, cette dernière est un mode de dévoilement de la vérité dont la manifestation est l'arraisonnement du monde ; il s'agit d'un cercle assez vicieux selon moi où les progrès techniques favorisent les progrès des sciences et vice versa, on pourrait appeler l'ensemble des deux qui progressent mutuellement de façon d'ailleurs exponentielle, le domaine des technosciences. La nature y est sommée de livrer toutes ses richesses jusqu'à l'épuisement complet des ressources, ce qui signera fatalement l'extinction de l'espèce humaine si l’on continue ainsi, mais les scientifiques n'en ont cure, ce n'est pas leur problème, obsédés qu'ils sont par leurs recherches scientifiques qui sont aussi leur gagne-pain. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

Entre temps on risque d'assister à l'apparition de tout un tas de phénomènes très désagréables, le peu de temps qu'il reste à vivre à l'espèce risque d'être tout simplement cauchemardesque. Espérons simplement que ces temps apocalyptiques servent à l’homme de révélation, puisque c’est son étymologie, au sens religieux du terme, afin de sortir d'une telle métaphysique prédatrice du cogito  amorcée par Descartes où il s'agissait de se rendre comme maître et possesseur de la nature.

Il n'y avait pas un projet d'exploitation du monde dans l'hellénisme, qui était pourtant plus rationnel et esthétique que religieux dans son âge d’or éphémère que l’on a appelé le miracle grec, n'ayant pas conçu l'arraisonnement du monde et la technique comme manifestations de la vérité. C'est pour cela que Heidegger tout au long de son œuvre préconise un retour aux présocratique seul susceptible de nous sauver, allant encore plus loin en disant que seul un dieu pourrait nous sauver et prônant le retrait après la catastrophe que constitua pour lui la seconde guerre mondiale et l'échec de l'Allemagne à pouvoir imposer sa culture contre les menaces libérales et collectivistes des États-Unis et de l'URSS. Chez les Grecs la vérité était un dévoilement (alètheia) impliquant une certaine pudeur et un grand respect pour son objet, la nature n'y était pas honteusement exploitée et défigurée, comme nous en avons pris l'habitude, les Grecs auraient vu dans notre rationalité cartésienne une forme d'hybris qu'ils auraient aussitôt condamné.

Dans la dimension religieuse, dont vous signalez le critère de fausseté épistémologique parce qu'il s'agit selon vous d’une croyance que l'on peut facilement démonter en qualifiant les objets de cette croyance de déités inexistantes, il y a une célébration de la nature. Les réalisations humaines qui rendent grâce au divin ne sont cependant pas de simples préjugés que l’on pourrait invalider scientifiquement, essayez d'invalider les cathédrales et les églises ! elles témoignent d'une certaine conception de la vérité (dont vous réfutez la validité) prenant en compte la dimension esthétique, en plus de la dimension morale. Alors que notre conception épistémologique de la vérité a comme conséquence parmi tant d'autres ces affreuses réalisations architecturales postmodernes témoignant d'une perte du goût esthétique et d'affects, ces zones commerciales périurbaines dépourvues de toute grâce, ces éoliennes qui défigurent nos paysage, ces axes routiers qui ne cessent d'y creuser des entailles et sont comme autant de plaies à vif qui le blessent, sans parler de la pollution qu’elle soit visuelle, sonore ou chimique ; ainsi que l'apparition d'un art contemporain qui semble privé de sens, donc absurde… la dernière innovation étant l’art wokiste !

Si le critère esthétique (sans parler du critère moral) était un mode de validation de la vérité, alors on pourrait dire que la vérité des chrétiens était supérieure à celle de nos contemporains, lorsque je vois Notre-Dame, elle me semble plus vraie, au sens de plus réelle et également bien plus belle que la pyramide du Louvre. Et je pense que l’homo religiosus était considérablement plus moral que l’homo oeconomicus, donc beaucoup moins destructeur dans les rapports humains et que tout le reste n’est que propagande.

Vous aurez beau dire vous aurez beau faire, malgré toute l’épistémologie du monde qui vous sert à réfuter toutes les religions qui reposent selon vous sur des déités inexistantes, la science ne pense pas, alors que la religion si. C'est pour ça que tant de scientifiques brillants ressentent le besoin de trouver une forme de spiritualité ailleurs que dans la science, qui en est totalement dépourvue. Par ailleurs vous parlez de déités inexistantes comme si c'était un acquis scientifiquement prouvé, or rien dans l'état actuel de la science ne permet de prouver davantage l'inexistence de Dieu que son existence. La seule attitude probe à adopter même de la part du scientifique le plus scientiste est de s'en tenir à une forme d'agnosticisme.

Dieu, nous n’en savons rien mais nous pouvons en ressentir beaucoup en étant à l’écoute de notre corps.

Pour ce qui est de la formule provocatrice de Heidegger concernant la science ; "elle ne pense pas !" Les nazis n'ont jamais rien compris à l'œuvre de Heidegger, c'est ce qu'ils lui reprochaient. Car effectivement la critique de la technique est incompatible avec le nazisme, elle réfute le nazisme, Heidegger avait adhéré au parti nazi parce qu'il voulait préserver un héritage européen contre la menace capitaliste, libéraliste, individualiste du côté des États-Unis, et contre la menace collectiviste du côté de l'URSS ; c'est parce que l'Allemagne et sa grande culture philosophique et artistique était prise en étau entre ces deux périls qu'il a adhéré au parti nazi en souhaitant que cela soit un moindre mal, mais pas par conviction antisémite selon moi, et surtout sans envisager que l’on puisse en arriver à exterminer les Juifs un jour.

Annah Arendt qui fut sa maîtresse était juive, Levinas et Derrida qui s'en sont très largement inspirés dans toute leur œuvre étaient juifs inspirés par la culture allemande. Toute sa philosophie réfute l'idéologie occulte scientifiste et techniciste du nazisme.

Le scandale de la pédophilie de l'Église sert à masquer le scandale de la perversion des élites

En parlant de mystique je pense que la très majorité des prêtres ne sont que des humains médiocres qui n'ont pas su trouver la grâce, sinon ils ne seraient pas pédophiles et il n'y aurait pas tout ce scandale de la pédophilie au sein de l'Église catholique. Pour ce qui est de la maturité sexuelle, c'est un concept très flou, sinon pourquoi tant d'hommes et tant de femmes éprouveraient-ils le besoin de tromper leur conjoint(e) ? Je pense que la sexualité, même s'il y a de l'amour c'est toujours insuffisant et ne suffit pas pour trouver une certaine forme de maturité et de sérénité. Je prends un exemple encore dans ma famille, mon père avait en plus de sa sexualité avec ma mère de nombreuses maîtresses, eh bien cela ne l'empêchait d'éprouver qui passaient parfois à l'acte et d'avoir des pulsions pédophiles incestueuses à mon égard et d'être exhibitionniste à la maison. Cela plus globalement n'a pas empêché mes deux parents d'avoir une pulsion d'emprise à mon égard, d'être deux pervers dont malheureusement je n'ai jamais réussi à échapper à la pulsion d'emprise.

Si une fois j'avais réussi à 25 ans, grâce à l'influence d'une prof de philo très bienveillante, et ça m'avait donné une pêche extraordinaire, une forme de grâce, et une capacité de travail et un esprit dans mon travail, décuplés, eh bien figurez-vous que j'ai tout gâché en fumant un seul joint ; la grâce et tout le reste se sont envolés et je n'ai jamais réussi à les retrouver à cet état si pur ; ce joint c'était un retour du refoulé, c'est à dire de toute la haine qu'ont toujours ressenti mes deux parents à mon égard. C'était sans doute une expérience mystique avant que je fume ce joint fatidique, dont sont incapables malheureusement la majorité des prêtres, et plus généralement la grande majorité des humains. Le cannabis a toujours été pour moi un grand ennemi pendant les deux ans où je m’y suis adonné intensément entre 17 et 19 ans, surtout en ce qui concerne la possibilité d'éprouver une forme de grâce et de ressentir l'expérience mystique ; pourtant je le savais bien à 25 ans, alors pourquoi ai-je replongé ? C’est un mystère au sens religieux du terme, d’autant plus que c’était un joint que j’avais trouvé par terre dans la rue, et que je ressentais que c’était la providence voire Dieu qui le mettait sur mon chemin, que cela constituait un genre de test. Je crois surtout que le cannabis provoquait chez moi le retour du refoulé, c'est à dire dans mon esprit le retour de la présence malveillante de mon père et peut être même dans une moindre mesure de ma mère tout aussi malveillante.

Je n’ai pas été gâté par mes parents. Ma quête est toujours aujourd'hui de me détacher de l'enfant que j'étais sous leur emprise, mais j'ai beaucoup de mal à me détacher de cet enfant martyrisé. Je n'y arrive pas comme j'avais réussi une seule fois à le faire sous l'influence de cette prof de philo bienveillante, malgré mes deux compagnes successives et mes trois filles qui m’ont pourtant comblé d’amour, et ma situation professionnelle d’enseignant dans laquelle je suis incapable de m’épanouir.

Un pervers, ce qu'était mon père, c'est un être immature qui le reste toute sa vie. On ne devient pas pervers, on le reste. Et je crois que c'est aussi le cas de ma mère. Ce n'était pas le cas de mes grands-parents, heureusement pour moi car ce sont eux qui ont essayé de m'éduquer malgré la résistance de mes parents qui en étaient incapables ; non seulement c'étaient des enfants mais en plus ils refusaient au nom de fausses valeurs issues de mai 68 que des adultes comme mes grands-parents fassent mon éducation. 

Le symptôme de mes parents, la perversion, est malheureusement assez globalement généralisable à une grande partie de la génération des boomers qui ont fait mai 68. Cette génération de pervers qui sont resté des enfants et n’ont jamais grandi sont aujourd’hui aux manettes du pouvoir, leur projet depuis les années 80 : détruire la France et stigmatiser les Français en raison de leur héritage. Le projet de Zemmour qui n’est pas resté un enfant à la différence de Macron : rétablir la souveraineté de la France et la fierté d'être français en raison de son héritage. Pour les uns l'héritage est tellement méprisable qu'il convient de le détruire - le projet d'un BHL à travers toute son œuvre ; pour l'autre qui nous paraît bien fragile et isolé, sur qui il est bon ton de cracher, qui est soutenu par Bolloré, l'héritage est tellement estimable qu'il convient de la réhabiliter. Les uns sont nihilistes, l'autre est humaniste.

Mais que cherche Bolloré à travers Zemmour ? Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un pur produit de fabrication médiatique, mais qu'à travers Zemmour Bolloré cherche à développer des idées dont il a l'intuition mais qu'il serait incapable lui-même de formuler, à chacun son métier ! Bolloré est un homme d'affaire très puissant et riche, c'est le mécène de Zemmour qui est un penseur. Tous les deux cherchent à réhabiliter une certaine idée de la France afin qu'elle retrouve une partie de son lustre passé. On remarquera aussi derrière Bolloré et la famille Le Pen une certaine idiosyncrasie bretonne qui trouve à s’exprimer, cette idiosyncrasie bretonne c’est que Michelet appelait l’esprit de résistance de la France, qui dans son histoire lui a permis de contrer bien des périls souvent d’origine étrangère. Ce n’est pas un jugement, juste une constatation. Bolloré a remarqué que Zemmour avait bien plus de talent et de crédibilité que l’héritière de la famille Le Pen.

dimanche 31 octobre 2021

Chacun sa vie, chacun sa merde !

 


Ce que j'observe c'est que les valeurs de droite et même d'extrême droite tendance Zemmour arrivent à instruire et éduquer des enfants pour qu'ils deviennent adultes et autonomes. Alors que les valeurs de gauche qui se prétendent beaucoup plus généreuses aboutissent souvent comme résultat à produire toutes sortes de ratés de l'existence qui resteront assistés toute leur vie, à moins qu'ils ne se suicident bien avant comme mon cousin germain à 23 ans.

Mes parents se prétendaient de gauche en tout cas, rejetant tout leur héritage chrétien et cela leur permettait de camoufler des instincts atroces car ils ne se sentaient plus coupables de rien du tout, innocents dans leurs vices coupables et émancipés, il y avait de la perversion chez les deux, comme la pulsion pédophile incestueuse et l'exhibitionnisme chez mon père, et la pulsion d'emprise dénuée de toute empathie pour son enfant chez ma mère : elle voulait juste que je fasse des études permettant d'avoir un métier qui rapporte de l'argent, pourquoi voulait-elle que je gagne du fric ? Pourquoi ne voulait-elle pas que je fasse des études de philo et a tout fait pour saboter ces études ? Pourquoi ne voulait-elle pas tout simplement comme c'est le désir d'une mère normale que je sois heureux et que je m'épanouisse ? Pour combler son confort narcissique ou bien pour que je lui reverse du fric - son fantasme secret ?

Mes grands-parents catholiques qui votaient à droite et étaient sans doute favorables, hélas, à la peine de mort étaient dans la vie de tous les jours très propres moralement, beaucoup plus humains et empathiques avec moi et ont essayé de me transmettre un héritage de valeurs malgré la résistance de mes parents en réalité nihilistes concernant toute forme d'instruction et d'éducation. On était juste après mai 68, l'École était dans un état lamentable et avait renoncé à exercer toute forme d'autorité et à transmettre un quelconque genre d'instruction aux enfants. Il faut dire que j'étais à Vitruve, une école expérimentale située à Paris et totalement idéologisée par des théories d'extrême gauche militant pour l'abolition de l'autorité, je n'ai pas souvenir d'avoir eu un seul maître ou maîtresse à cet âge de la vie où l'apprentissage de la lecture et de l'écriture est crucial, les enfants étaient livrés à eux-mêmes et à leur violence. Mes parents, véritables Rastignac de l'ascension sociale profitant du contexte très favorable des Trente Glorieuses pour réussir relativement assez bien professionnellement, et même accumuler un petit capital confortable destiné à épater leurs amis et se payer des vacances de rêve, se désintéressaient totalement de mon sort sinon pour m'exploiter et abuser sexuellement de moi du côté de mon père, parce qu'à l'époque il y avait quand même tout un courant de pensée de gauche voulant légaliser la pédophilie.

Il n'y a pas que dans l'Église catholique qu'il y a des abus sexuels. Le premier lieu d'abus est la famille surtout lorsqu'elle est influencée par des intellectuels de gauche qui donnent une certaine légitimité à ces abus, les proclamant innocents. Il y a des paradoxes qui sont assez difficiles à expliquer dans ma vie, qui font que désormais je me reconnais davantage dans les valeurs de droite voire d'extrême droite tendance Zemmour au moins en ce qui concerne l'éducation des enfants, que dans les valeurs de gauche responsables selon Zemmour à juste titre du suicide français, qui déconstruisent tout et dont le symptôme actuel très inquiétant est le wokisme.

Je rêve aussi d'un retour à la tradition catholique et à l'Eucharistie pour apaiser la violence mimétique qui fait des ravages dans notre société. Avant le mal était circonscrit dans sa sphère par la religion, il y avait bien l'aristocratie qui profitait de sa condition, mais elle n'a jamais fait autant de mal au peuple que la bourgeoisie capitaliste qui l'a exploité jusqu'à l'os pour accumuler un capital. Je suis persuadé que l'aristocratie qui avait des valeurs, a toujours été au fond plus proche du peuple et beaucoup moins hypocrite et manipulatrice que la bourgeoisie qui n'a d'autre valeur que l'accumulation d'argent. Bourgeoisie impitoyable requalifiée de bobo dans les beaux quartiers haussmanniens, à laquelle elle s'est totalement intégrée, n'hésitant pas à me sacrifier pour ça comme elle m'a toujours sacrifié pour tout.

Depuis 1789 le mal se déchaîne crescendo et contrairement à ce que vous pouvez bien penser, cela ira en s'amplifiant car les exploiteurs capitalistes n'ont pas renoncé à accumuler du capital en exploitant désormais toute la population mondiale, sans parler des dégâts occasionnés sur l'environnement.

Je sais que ça ne donne pas envie, qu'il ne faut pas dire de telles choses et que si des circonstances traumatiques m'ont dégoûté à ce point de la vie dans une période qui paraissait cependant prometteuse, ce n'est pas une raison pour en dégoûter les autres ; aussi je préfère vous laisser à votre optimisme béat et à vos illusions sur les droits de l'homme qui vous permettent de vivre normalement, c'est-à-dire en aimant et travaillant. Bref il y aurait encore beaucoup de choses à dire mais je préfère m'arrêter là.

PS : La réalité est aussi que j’ai été sacrifié par mes parents, j’ai été la part maudite de leur relation conflictuelle qui exigeait le sacrifice d’un tiers. Ce tiers c’était moi qui ai été programmé pour le suicide dès son plus jeune âge. Ma vie n'est qu'une longue résistance contre le suicide dont l'idée ne me quitte jamais. Mon père qui a toujours rêvé que j'ai une vie de merde doit être heureux, oui j'ai eu une globalement une vie de chien jusqu'à 54 ans avec quelques éclaircies de bonheur comme mes deux compagnes et mes trois filles m'en ont apportées. Papa si tu me lis sois heureux j'ai été très malheureux, ma vie a été et sera jusqu'au bout un calvaire, un chemin de croix, absurde. Pour ne plus que des enfants comme moi soient sacrifié par leurs parents je rêve d'un retour à l'eucharistie catholique où le tiers sacrifié était le Christ, et permettait la réconciliation de la communauté et familiale dans mon cas. Mon cousin germain s'est suicidé à 23 ans, il s'est lui aussi sans doute senti sacrifié et ne l'a pas supporté, et j'ai une demi-sœur autiste.

Peut-être effectivement que je ne pourrais trouver le salut que dans la religion catholique, j'avais déjà fait une approche, j'ai même fait baptiser mes filles, mais me concernant elle ne fut pas concluante, je n'arrivais pas à trouver en moi même la plus petite parcelle de foi et d'espérance.


vendredi 29 octobre 2021

Le wokisme nous conduira à la guerre civile

 

« Je préférais la culpabilité bienveillante de mes grands-parents à l'innocence coupable de mes parents, car on était passé en une génération dans ma famille des catholiques archaïques et ruraux aux bobos urbains avec leurs codes ostracisants qu'il faut maîtriser pour en faire partie, la sexualité n'y est jamais gratuite et innocente. Quant au mysticisme ce fut pour moi une expérience de béatitude que j'ai éprouvé plusieurs fois vers l'âge de 16 ans. Tout le paysage et moi-même semblaient soudain relié au Tout, englobés dans un sentiment de joie et d'harmonie, dans une rue de Paris, les arbres, les branches, les oiseaux, la rue déserte, les façades des immeubles, tout semblait vivre intensément dans un enchantement extatique et bigarré. Je souriais au monde et il me souriait, je ressentais quand même un malaise malgré ma joie ce qui la rendait impure, une présence malveillante qui voulait ma perte par rivalité mimétique avec son propre fils, c'était celle de mon propre père. »

C'est vrai que je pense surtout avec trois auteurs que vous devez détester, ou qui ne sont pas votre tasse de thé : Marx, Heidegger, René Girard. Il n'y a pas besoin des Chinois pour expliquer les grandes fractures qui divisent nos sociétés occidentales, elles s'expliquent par une interprétation dévoyée des valeurs des Lumières et leur association dès l'origine avec celles du capitalisme. C'est une telle association qu'il faudrait déconstruire. Or les wokistes déconstruisent tout sauf ça !

Ah c'est sûr que l'on peut réciter tout le catéchisme républicain et des droits de l'homme pour s'en féliciter en comparaison des piètres conditions de vie de nos ancêtres sous l'ancien régime s'ils n'avaient pas la chance d'appartenir à l'aristocratie ou au clergé. Sauf qu'entre temps il y a quand même eu la colonisation, deux guerres mondiales, les crimes du communisme (qui fut une interprétation dévoyée de Marx, car le système qui en découla entra tout de suite en rivalité avec le capitalisme), le fascisme, le nazisme, le génocide des Juifs et des Tziganes. J'ai peut-être la naïveté de penser que la Révolution française a enclenché une chaîne de causalité qui si elle ne constitue pas une explication définitive de tous ces phénomènes, y a quand même sa part non négligeable de responsabilité.

Le capitalisme a cessé d'être féroce pour le peuple que durant une brève accalmie, les Trente Glorieuses, afin d'offrir une belle vitrine face au modèle communiste menaçant. Mais aujourd'hui, à nouveau après une courte pause on voit depuis un peu plus de 40 ans le vrai visage du capitalisme qui s'est associé à une idéologie néolibérale destructrice du lien social sous l'impulsion de Reagan et Thatcher : « there is no society, there is no alternative ». Heureux ceux qui profitant des Trente Glorieuses ont pu bénéficier de l'ascenseur social et ont pu en faire profiter leurs enfants et les enfants de leurs enfants – je n’ai pas eu cette chance car mes parents ont gaspillé tout l’héritage et je parle plus d’un point de vue spirituel que matériel. Mais aujourd'hui "les valeurs de la République" constituent surtout une formule qui sonne creux plutôt destinée à nous faire accepter la servitude volontaire dans l'esclavage salarié, par fabrication du consentement par les médias inféodés à l'oligarchie. Il faut quand même être bien naïf pour gober de telles "valeurs" ; nous sommes à des années-lumière (Lumières c'est le cas de le dire) de la générosité qui nous semble aujourd'hui presque naïve dans son expression, d'un Diderot ou d'un Rousseau (on pense à la "naïveté" de Rousseau, que met en exergue MC Solaar dans une de ses chansons), Voltaire je ne dis pas car il s'est enrichi sur le dos de l'esclavagisme.

Vous savez moi je sais que ma mère me déteste depuis que je suis tout petit, nourrisson, je sais bien qu’elle ne m’a jamais désiré, ni jamais aimé, et elle continue dès qu'elle me voit à être incapable de réprimer une moue de dégoût sur son visage sans doute la même que celle qu’elle devait avoir en changeant mes couches. J'ignore absolument pourquoi à ce point-là ? La toute dernière fois que je l'ai vue j'allais pour lui faire la bise, elle a refusé, ne m'a pas dit bonjour, et m'a juste dit que je sentais mauvais ; odeur qui devait lui rappeler le temps où elle était obligée de changer mes couches pleines de caca avec dégoût. À un tel degré d'intensité la haine de la part de ma mère ; qui a contribué à atomiser mes deux couples successifs ; qui fait que ma fille aînée me considère comme un fou et refuse de me voir ; en attendant d'arriver à manipuler mes deux plus jeunes filles avec la pulsion d'emprise la caractérisant, demeure pour moi une énigme incompréhensible qui a sans doute rapport à sa relation à mon père. Je me dis quand même que c'est totalement pathologique, c'est sans doute la psychanalyse qui l'a confortée dans sa "psychose" haineuse à mon égard qui est son désir qu'il ne faut surtout pas contrarier dans la voie de la guérison, au lieu de l'aider à en sortir.

Alors vous savez le monde peut bien s'effondrer, je suis damné pour cette société, je regarde juste les choses avec un regard amusé et détaché, je pressens juste l'effondrement qui se profile et qui va arriver d'une façon ou d'une autre car notre système n'est pas viable. Le capitalisme associé au néolibéralisme constitue un cocktail explosif pour la planète à moins qu'il ne soit très radicalement remis en question. La seule peine que j'éprouve c'est pour mes trois filles, ce sont des êtres innocents qui me sont chers et que j'aime de tout mon cœur, je m'en veux de les avoir fait naître dans un monde si cruel ce qu'il a d'ailleurs sans doute toujours été, et comble d'injustice je me sens totalement démuni pour les protéger. Mais vous, vous ne pouvez pas comprendre parce que vous n'avez pas de cœur, ni aucune intuition de ce qui se profile ; pour vous le monde paraît parfaitement normal et sain et ceux qui en ont une autre vision et voudrait le changer souffrent de troubles pathologiques. C'est ainsi que les communistes traitaient leurs opposants en les enfermant dans des hôpitaux psychiatriques plutôt que de chercher à débattre avec eux.

Le camp du bien contre tous les méchants. Mais que de bons sentiments dont l'enfer est pavé et aucune politique sociale en vue. C'est la spéculation sur la valeur d'usage et le déclassement des classes moyennes qui expliquent la montée de la "haine" populiste.

Il faudrait une politique sociale volontariste comme sous l'impulsion du CNR durant les Trente Glorieuses, mais à l'échelle du monde et la "haine" populiste baisserait automatiquement. Il faut bien voir dans toute cette affaire que les plus acharnés à ne rien céder sur leurs privilèges sont les actionnaires et les grands patrons. Pas question de s'en prendre à eux ni aux évasions fiscales. Cependant je n'en démords pas Zemmour est un philosophe qui démasque beaucoup d'impostures de notre époque, celle de la technocratie qui ne pense pas mais se contente de calculer. Il rétablit aussi le réel là où la plupart de nos contemporains sont aveuglés par l'idéologie.

Les élites ont reconfiguré le langage. Le langage devait remplacer la réalité. Celle-ci devait se soumettre à lui ou disparaître. Cette dissolution de la réalité dans le langage est la condition de possibilité de toutes les réformes anthropologiques en cours : PMA, GPA, et celles exigées par les associations LGBT. Le néo-antiracisme, le néo-féminisme, l’antifascisme de confort et ses réflexes, les clichés issus des philosophies de la déconstruction, les revendications extravagantes de certains militants ; donc toutes les expressions du wokisme exacerbé peuplent ce langage-obstacle. Excluant la réalité - celle par exemple des inégalités abyssales de fortune entre les travailleurs et les actionnaires, celle du retour à un esclavage salarié féroce après la parenthèse enchantée que constituèrent les Trente Glorieuses, celle de la panne de l’ascenseur social pour les classes populaires, celle aussi c’est vrai des flux migratoires massifs et dérégulés ; le langage a été transformé en une prison verbale dans laquelle on a enfermé les esprits et dans laquelle vous êtes peut-être enfermés.

Moi c’est vrai je fais le pari peut-être bien naïf d’un Zemmour humaniste social et gaulliste, dont la synthèse a d’ailleurs été le gaullisme social durant les Trente Glorieuses, apportant tant d’espoir et de prospérité à notre pays mais très égoïstement puisque le reste du monde non-occidental n'en profitait pas ; cela constitue pour moi un espoir qui n'a malheureusement sans doute rien à voir avec la réalité j'en ai conscience. Gaulliste, c’est-à-dire en tenant compte d’un héritage qui va bien au-delà dans l’histoire de France de notre seul héritage républicain. Le rétablissement de valeurs donc qui excèdent les simples valeurs de la République, un héritage qui, il ne faut pas l’oublier est aussi judéo-chrétien et gréco-romain sans non plus occulter le fait que les populations plurielles dominantes furent toujours en France de race blanche que nous le voulions ou non - il n'y a pas historiquement en France un peuple blanc mais des peuples blancs ; ce sont de telles évidences que les déconstructeurs du réel, les wokistes, veulent abolir pour toujours : mort à l’homme blanc ! Mort au catholique ! Mort à l’art classique d’origine gréco-romaine - l'art contemporain est une forme de déconstruction, donc de wokisme de l'art classique ! Zemmour loin d’être un simplificateur populiste et démagogue voulant abuser de la crédulité des mécontents péjorativement qualifiés de populistes complexifie les choses en les replaçant dans leur contexte historique ; il élargit les perspectives alors que ses détracteurs disent qu'il les réduit en pratiquant une forme de simplisme non rationnel propre à épater les gogos. Bref là où les autres se contentent de bureaucratie et de technocratie il fait de la politique. Et la politique c’est toujours de l’émotion ! Réduite et désincarnée donc privée d'émotion, c'est de la technocratie de bureaucrates, ce que sont devenus l'immense majorité de nos hommes politiques actuels.

"Je dis simplement que les droits de l'homme sont devant nous et pas derrière, qu'ils n'ont jamais été pleinement appliqués et que cette application serait presque une panacée pour les diverses sortes de maux qui assaillent une planète assez en panne." François Delpla.

Non je ne crois pas du tout aux droits de l'homme car il s'agit d'une logique de l'INDIVIDU qu'il faudrait selon moi plutôt remplacer par une logique communautaire, au sens de communauté.

Il y a deux modèles qui s’offrent à nous, soit le modèle de la NOSTALGIE proposée par Zemmour avec en toile de fond celui de la communauté religieuse spirituelle et catholique.

Soit le choix de l’avenir innovant avec le modèle SOCIALISTE que propose un philosophe comme JC Michéa. Mais d'un socialisme inspiré d'Orwell et de l'idée de décence commune, ne faisant pas table rase du passé.

Entre les deux mon cœur balance, je n’ai pas fait réellement de choix.

Le capitalisme a su s'adapter, il n'a plus rien de patriarcal, il est woke et en même temps encore plus féroce et inégalitaire.

C'est quand même bien la République et non le second empire de Napoléon III, par le biais d'ailleurs de la gauche républicaine qui a réprimé dans le sang la Commune se voulant d'inspiration socialiste - lire JC Michéa à cet égard ; Les mystères de la gauche. La République française n'a jamais été dirigée par des socialistes et ne le sera sans doute jamais car c'est la grande phobie des grands patrons et des actionnaires qui possèdent les moyens de propagande à travers les médias qui feront toujours tout pour l'empêcher jusqu'au bout. Mitterrand a usurpé le nom de socialiste via le PS et a très vite fait une politique néolibérale inspirée des modèles outre-atlantique et outre-manche.

Il est vrai que l'on imagine difficilement Zemmour faire une politique socialiste mais on peut toujours rêver, et ce serait un moindre mal que le néolibéralisme qu'il s'inspire au moins du modèle économique que constituât le gaullisme social sous l'impulsion du CNR.

On a remplacé la messe par le sexe, merci docteur Freud qui manifestement n'avait pas lu René Girard. Et il ne le pouvait pas puisque ce dernier lui est postérieur !

« La vanité d'autrui ne nous offense que lorsqu'elle choque notre propre vanité » ; Nietzsche : je crois que c'est un modèle de rivalité mimétique dont parle René Girard. D'autant plus que personnellement je n'ai plus de propriété privée, je ne peux plus défendre le modèle de l'INDIVIDU. Alors je défends le modèle de la communauté. 

Le problème de la logique de l'INDIVIDU construction philosophique des Lumières c'est que cela engendre la rivalité mimétique donc la violence. La logique de la communauté religieuse se proposait d'abolir cette violence inhérente à l'INDIVIDU lorsqu'il se compare aux autres. La communauté devait abolir la violence et la rivalité mimétique puisqu'il y avait un monde commun. Mais cela ne suffisait pas car il y fallait toujours un sacrifice étant sa part maudite, la violence exercée sur un tiers qui s'est transformée après la Révolution française en logique du bouc-émissaire, expliquant plus tard le racisme voire les génocides.

La communauté catholique au sein de petits villages a très bien fonctionné dans les terroirs pendant des siècles, il n'y avait pas de violence du tout dans le village breton de mes grands-parents donc sans doute très peu de rivalité mimétique. Certainement parce que toutes ces communautés à travers la France étaient unies par le sacrifice d’un tiers parvenant à apaiser la rivalité mimétique et la violence qu’elle génère. Ce sacrifice symbolique était celui du Christ par l'eucharistie, c’est-à-dire la communion dans la messe des fidèles constituant la communauté catholique. La violence était générée par la rivalité des seigneurs entre eux et ne regardait pas le petit peuple. C'est un modèle à méditer.

Le capitalisme engendre et décuple la rivalité mimétique, donc la violence. L'INDIVIDU et les droits de l'homme sont une construction de la philosophie des Lumières, INDIVIDU qu'il s'agit de rendre libre par son travail. Les valeurs de la République dès l'origine sont intimement liées à celles du capitalisme qui est le jouet des bourgeois pour faire du profit, originellement dans la pensée de Rousseau et de Diderot les valeurs des Lumières ne devaient pas être associées à celle du capitalisme. Il y a eu une trahison et cette trahison est celle des bourgeois. Rousseau avait même subodoré l'éclosion d'un capitalisme financier pouvant être fatal pour la démocratie. La République n'est pas une et indivisible et le peuple n'est pas souverain, en faits, puisqu'il existe des classes sociales et aujourd'hui des replis communautaires dont les intérêts divergent même si théoriquement ils le sont, sinon la République perdrait sa légitimité fondée en droit. Les victimes principales furent d'abord les prolétaires qui étymologiquement ne possèdent que leurs enfants comme seule richesse et en faisaient donc beaucoup, souvent d'anciens paysans qui avaient dû quitter leurs champs, leurs fermes, pour monter en ville afin d'échapper à la famine et la misère souvent provoquées par leurs exploiteurs, les bourgeois, notamment en Grande-Bretagne par le mouvement des enclosures, mais ne profitant pas du tout de la création de richesses et leur force de travail étant très abusivement exploitée. Les valeurs de la République sont donc historiquement liées aux intérêts de la seule bourgeoisie au détriment des prolétaires et dans une moindre mesure des paysans qui ont pu rester à la campagne ; au détriment aussi de l'Église et de l'aristocratie.

On assiste à la disparition progressive de la classe ouvrière après-guerre et à la constitution d'une classe moyenne très nombreuse et forte socialement et économiquement éprise de loisirs et de vacances dans des pays exotiques toujours plus lointains, faisant de moins en moins d'enfants hormis dans les milieux traditionnels, cherchant son épanouissement ailleurs que dans le travail salarié et la famille - je pense à mes parents pour l'explosion de la famille. On constate en même temps la disparition progressive du PCF et le déclin des syndicats qui ont de moins en moins d'ouvriers à disposition dont ils doivent défendre les intérêts, à mesure que le pays se désindustrialise et mise sur les services. 

C'est alors que survient la reprolétarisation au sens étymologique du terme d'une partie de la classe moyenne sous l'action du néolibéralisme à partir du début des années 80, expliquant l'apparition progressive d'un populisme d'extrême-droite de plus en plus puissant recrutant parmi les déclassés et les recalés de la mondialisation, conséquence d'une crise qui dure aujourd'hui depuis plus de 40 ans. Enfin on assiste à l'apparition d'une nouvelle forme de prolétaire : le migrant d'Afrique subsaharienne dont les partis d'extrême-gauche se sont fait les défenseurs inconditionnels. 

Le capitalisme encourageant la compétition, et la République la méritocratie, c'est-à-dire la rivalité mimétique comme moteur, la culture de la société démocratique est la violence. Les valeurs de la République sont toujours un jouet aux mains d'une classe dominante dont certains membres se sont faits une spécialité de faire accepter au reste de la population sa propre aliénation, à travers les médias inféodés selon la formule. La lutte contre toutes les formes de violences (dont notamment les violences conjugales) qu'entend poursuivre la République est donc une hypocrisie d'État puisque sa culture est la violence, et que toutes ses valeurs de compétition et de méritocratie y tendent en exaltant la violence mimétique plutôt que de la réfréner. Cependant le militantisme partial et idéologique, donc aveugle, souvent d'extrême-gauche parfois d'extrême-droite, est une forme de mimétisme de la violence exercée contre soi dans son intimité qui ne trouve pas à s'extérioriser autrement que par une forme de violence exercée contre la violence subie.

Enfin les forces de l'ordre qui ont le monopole de la violence légitime, l'exercent très généralement pour défendre les seuls intérêts des bourgeois ; même si je sais que ce terme de bourgeois est totalement tombé en désuétude et a été discrédité depuis la chute du communisme en URSS comme si nous étions enfin parvenu à l'égalité réelle alors qu'elle n'est que formelle, et aujourd'hui plus que jamais comme le montre le mouvement des gilets jaunes très durement réprimé par ces mêmes FDO aux ordres d'intérêts qui ne sont pas ceux du peuple souverain et de la République une et indivisible, mais particuliers et privés étant ceux d'une oligarchie qui instrumentalise les valeurs de la République et les droits de l'homme pour son seul profit. 

Ainsi le terme de bourgeois a-t-il été remplacé par celui de bobo, un peu péjoratif mais quand même plus sympa et festif, beaucoup moins connoté en terme d'exploitation donc moins révoltant, qui couvre cependant à peu près la même réalité sociologique. C'est alors que survient aussi une nouvelle forme de contestation moins révolutionnaire qu'auparavant et sans idéologie politique comme le marxisme qui la sous-tend, sous la forme du complotisme ! Mouvement de mode selon moi quand même plus inoffensif qu'une réelle contestation politique des institution républicaines par le marxisme.

D'après moi la société d'ancien régime était donc beaucoup moins violente et bien plus douce que la société libérale étant intimement liée au capitalisme et à ses valeurs de compétition, donc de violence mimétique, il n'y a pour s'en faire une idée qu'à lire quelques pages de Rousseau ou de Diderot, empreintes d'une douceur qui nous paraît aujourd'hui suspecte, efféminée, presque incompréhensible. Pas assez dures comme le dirait mon ami Emmanuel Mousset.

Le wokisme est en réalité un épiphénomène lié à ce phénomène plus général que constitue le libéralisme intimement lié au capitalisme aboutissant à la logique de l'INDIVIDU qui n'est qu'une construction métaphysique des Lumière, permettant certes idéalement, en théorie, l'instruction et la culture mais dont le symptôme plus général et concret est d'aboutir à une culture de la violence. Une telle culture de la violence explique selon moi des phénomènes sous-jacents comme le colonialisme, les deux guerres mondiales, l'apparition du communisme, du fascisme et du nazisme, enfin le génocide des Juifs et des Tziganes. La plupart des gens adhèrent naturellement à cette culture de la violence et quelqu'un qui aurait été élevé durant toute son enfance dans une communauté religieuse traditionnelle archaïque et rurale aurait beaucoup plus de mal à y adhérer et se trouverait inadapté, voire se trouverait transformé en cas social, car incapable de s'y épanouir et donc d'y travailler et d'y aimer.

Ma crise de violence contre un gendarme qui m’a conduit en prison et privé de ma maison pour toujours est peut-être due à la rivalité mimétique, je me suis peut-être comparé aux voisins qui avaient une plus belle maison, ou voiture, que moi.

Zemmour fait un premier pas, il rétablit l'idée de communauté de destin par l'apprentissage de l'histoire à l'école, le roman national que l'on a oublié par wokisme et déconstruction du savoir dominant d'origine blanche et patriarcale. Mais même le patriarcat dominant était un modèle de communauté, la famille sous l'autorité symbolique du père.

Ma femme peut-être influencée par des amies intellectuelles n'acceptait sans doute plus mon autorité symbolique qu’elle assimilait à de l’autoritarisme, par wokisme plus ou moins intuitif et inconscient de sa part.

J'aurais dû réfléchir à tout ça avant de faire toutes mes conneries qui m'ont prolétarisé.

La communauté sous l'autorité symbolique du père c'était la famille, le wokisme déconstruit même la famille. Cette autorité même symbolique les néoféministes n'en veulent plus.

Le wokisme s’il continue à se développer aura pour effet de provoquer une explosion de violence par rivalité mimétique des INDIVIDUS entre eux, genrés et racisés sur le point d'être déconstruits. Après la déconstruction il n’y aura plus que des INDIVIDUS biologiquement indifférenciés puisque le biologique aura été totalement nivelé par l'idéologie, absolument isolés, atomisés, et en lutte tous contre tous. Et puis même plus d'individu du tout, tout aura été atomisé. 

Contre le wokisme il y a aussi l'assimilation et la messe en latin, peut-être notre dernière chance !

mardi 19 octobre 2021

Retour à l'art classique

 


Je fais l'apologie de la Renaissance italienne et française, ainsi que de la Grèce antique et de Rome. Ce dont j'ai le plus souffert n'est pas de l'abus - peut-être que mon père n'en avait même pas conscience, pris dans un mouvement libertaire et hippie issu de mai 68 qui le dépassait ; mais de l'abandon et du mépris pour sa victime. Oui effectivement globalement je conchie la société des droits de l'homme, de l'individualisme et de l'égoïsme, parce qu'elle est profondément merdique ; puisque je pense que la société ne doit pas être au service de l'épanouissement de l'individu, d'autant plus qu'il ne s'y épanouit que très mal - droits de l'homme, égoïsme, laideur de l'art contemporain ; mais l'individu au service de l'épanouissement de la société - don de soi, générosité, altruisme, beauté de l'art classique. Les droits de l'homme sont un idéal estimable issu de 1789 et de la philosophie des Lumières, mais hautement critiquable quand on voit le résultat à l'échelle de la société. La critique doit donc être radicale car dans les faits une telle idéologie encourage la culture du narcissisme et la pathologie mentale - perversion narcissique. Le narcissisme qui s'est généralisé jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir (Macron en est un beau spécimen) est en totale contradiction avec les valeurs judéo-chrétiennes, donc avec la morale ; il constitue le renversement des valeurs dont avait rêvé Nietzsche, mais je ne sais pas si ce dernier l'avait envisagé ainsi... Car en réalité cela n'a pas débouché sur un retour à un idéal aristocratique, mais sur une généralisation de la pathologie mentale que constitue le narcissisme, handicapant la création artistique et contribuant à l'enlaidissement du monde par la perversion propre au capitalisme - recouvrir la pénurie du monde par une abondance factice d'objets obsolescents et par l'argent, et ce faisant le couvrir d'immondices.

Or l'artiste se sent quand même mieux dans un environnement harmonieux et cohérent pour créer, sentiment de bien-être très visible dans l'art gréco-romain et celui de la Renaissance, ce que rendent pratiquement impossible la dénaturation physique et la pollution morale qui défigurent le monde, dont au mieux il peut essayer de rendre compte à la manière d'un Houellebecq, qui ne sacrifie pas, bien heureusement, à la laideur esthétique propre à l'art contemporain.

Il y a des points communs entre le catholicisme breton que j'ai connu dans mon enfance, et un genre de collectivisme communiste faisant passer la communauté avant l'individu, puisqu'il est un animal social et politique, un zoon politikon, avant d'être le produit d'une idéologie des Lumières (libérale) qui l'individualise - que dénonce Marx par le terme de "robinsonnade". Même si je suis matérialiste, je pense que c'est le sens du sacré qui forge toute communauté humaine (BHL l'a aussi bien compris mais seulement pour sa communauté) et je déplore le déclin apparemment irréversible de la religion catholique en France. Le mouvement naturel de l'homme est le partage, le don et la communauté, c'est le fondement de son âme. L'individualisme généré par l'idéologie des Lumières, qui peut certes être le produit d'une pensée généreuse comme chez Diderot et Rousseau, et semble-t-il remplie de bons sentiments (dont l'enfer est pavé), est en même temps le moteur du capitalisme des origines orchestré par la classe bourgeoise, afin de générer une plus-value par l'exploitation des travailleurs coupés de la communauté pour servir de main d'œuvre salariée. L'individualisme c'est-à-dire un travail salarié forcé et donc un quasi esclavage, dont le but fut de constituer un capital initial qui allait aboutir à l'émergence d'un capitalisme triomphant et aujourd'hui un néolibéralisme effréné et néodarwinien (dans les rapports sociaux) ainsi qu'une mondialisation dangereuse, est le produit d'une construction de nature anti-religieuse (religion du latin religare : relier) qui s'oppose à la nature profonde de l'homme en le déliant de la communauté. Nature profonde recélant certes une part d'égoïsme, mais non fondamentalement comme voudrait nous le faire croire le néolibéralisme ; c'est un non-sens anthropologique que de penser ainsi et mettre la vérité sur la tête, cela contribue à la destruction de l'âme humaine et à la déliaison. Le capitalisme est un fondamentalisme de l'égoïsme, et le libéralisme un fondamentalisme de l'individu.

D'où la très grave crise actuelle et le colossal mal être contemporain (burn-out, suicides, antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques...), sans parler des dégâts collatéraux qui n'affectent pas seulement son âme : destruction de la nature, enlaidissement physique et moral du monde, explosion démographique, disparition de l'art classique au profit d'une sous-culture made in US... Non désolé, non seulement je ne peux pas souscrire à la postmodernité, mais je ne puis non plus, y adhérer. Les hommes qui s'y épanouissent et s'y enrichissent, parfois totalement outre mesure, sont des hommes pollués de l'intérieur par de fausses valeurs.

Si Zemmour pouvait nous mettre dans les rails d'une contre-révolution d'origine catholique, avec le rétablissement des coutumes et traditions ancestrales, tout en respectant la tolérance pour les autres religions, alors je signerais des deux mains. Bref je milite pour un rétablissement de la royauté en France ou de quelque chose qui s'y apparente comme un régime de monarchie constitutionnelle, et la réunification de l'Église catholique et de l'État avec un grand degré de tolérance pour les religions minoritaires : islam, judaïsme, protestantisme...

Il est évident que je ne suis pas favorable à un retour des guerres de religion, mais les autres religions devraient rester minoritaires en France. Il faut tout refuser aux Juifs comme communauté et tout accorder aux Juifs comme individus, de même pour les musulmans ? Eh bien non, il faut imaginer autre chose. Au sein d'une nation où l'on devrait s'assimiler, porter un prénom du calendrier, et dont la religion d'État serait le catholicisme ? Il faut aller encore plus loin, l'idéal à terme étant de mettre fin à l'idéologie des Lumières et à son idéologie de l'individu délétère pour l'esprit humain, ainsi qu'au progressisme actuellement ravageur et délirant qui l'accompagne, isolant à outrance l'être humain et le coupant de la communauté, donc en réalité l'aliénant (en le coupant des liens sociaux) plutôt que de le libérer. Il ne derait y avoir qu'une seule communauté hégémonique en France, c'est la communauté catholique ; les autres communautés devraient rester marginales en terme d'influence.

Bien sûr ce beau programme empreint de nostalgie et de tendresse pour le petit village breton de mon enfance soulève d'énormes problèmes, car comment des gens de religions et d'ethnies différentes, les nombreux athées et tous ceux très nombreux revendiquant leur droit à la différence comme les homosexuels et les transgenres, même s'ils ne font in fine que le jeu du capitalisme, accepteraient-ils de se fondre dans une communauté sous hégémonie catholique ? Autre problème et de taille : toute religion est par nature dogmatique et intolérante... Il faut évidemment imaginer une religion catholique en France, différente et beaucoup moins dogmatique, beaucoup plus moderne que celle du XVIIIème siècle qui a abouti à cette catastrophe pour le monde entier que constitua la Révolution française - directement responsable de deux guerres mondiales et du génocide des Juifs. En commençant par réformer le statut des prêtres par l'augmentation considérable de leurs salaires et en leur accordant le droit de se marier et même d'être homosexuels s'ils le souhaitent. Bref il faut que la France retrouve son statut envié de fille aînée de l'Église en se montrant volontariste et imaginative. En tout cas il faut retrouver une Église triomphante comme elle l'était à la Renaissance, le degré de misère où elle est tombée est dégradant pour son image, et elle n'inspire plus guère les artistes depuis pas mal de temps.

L'hégémonie catholique a fonctionné jusqu'en 1789, ensuite elle fut remise en question progressivement et on a cru trouver la parade avec la laïcité. Mais la laïcité en France qui n'est que la sécularisation de la religion catholique - depuis 1905 et la séparation de l'Église et de l'État ; n'est pourtant pas fondamentalement d'une autre nature que la religion, dans la mesure où son autorité doit elle aussi être légitime. Et aujourd'hui la crise de la laïcité est énorme à l'École comme l’a montré notamment la décapitation de Samuel Paty, les communautés et les tribus ne veulent plus s'y fondre ; c'est en réalité une crise de l'autorité, car le savoir n'a pas d'autorité en soi. Il faut donc revenir aux origines de la France, aux origines de la laïcité c'est-à-dire à la religion catholique, revenir à d'où l'on vient si l'on ne veut pas se dissoudre définitivement dans la mondialisation technocratique et ne pas renoncer à ce qui légitime l'autorité du savoir en dernière instance ; l'autorité de l'Église. Et c'est sous l'hégémonie de cette autorité, que devraient se fondre et s'assimiler tous ceux qui le souhaitent issus des communautés ethniques et religieuses différentes, ainsi que toutes les tribus postmodernes - LGBT. Non que l'homosexualité doive redevenir clandestine et interdite, mais plutôt qu'elle doive s'afficher avec moins d'ostentation et d'hystérie ; de même pour le voile islamique. 

Par quel enchantement, quelle divine surprise, cela serait-il possible ? Par un retour de l'autorité consenti par tous à partir du gain de bien-être engendré chez chacun, puisque en effet la communauté hégémoniquement catholique devrait prévaloir sur l'individu, la vie du zoon politikon retrouverait un sens. Va-t-on demander aux musulmans de se convertir ? S'ils le souhaitent ils y seront encouragés, mais quoiqu'il en soit on leur demandera de se fondre dans la communauté de l'École catholique ou alors de financer leurs propres écoles communautaires ; si les Juifs tout en gardant leur identité ont toujours été capables de s'assimiler et de s'adapter à des Églises hégémoniques différentes de leur propre église, pourquoi pas eux ? L'idéal étant que la notion d'individu se dissolve peu à peu au profit de celle de communauté de destin. Et c'est ici que le rétablissement du roman national à l'École devra à nouveau jouer un rôle crucial, comme aux heures les plus glorieuses de la IIIème République. Bien que le modèle que je revendique ne soit plus la république mais la Monarchie. D'un point de vue politique c'est sous l'autorité de cette Monarchie que devraient coexister des communautés différentes, catholiques, juives, musulmanes, mais où la communauté catholique devrait être prédominante ; et où l'École ne devrait plus être républicaine mais catholique. Libre à ceux qui voudraient ne pas se fondre dans cette École catholique, de financer leur propres école communautaires, mais pas avec les deniers de l'État.

Le salut de la France passera par la grâce et le pardon, et non la loi du Talion, ou n’aura pas lieu. Le salut de la France "éternelle" - entre guillemets puisque l'on sait que toutes les civilisations sont mortelles ; passera par le retour à la Monarchie de droit héréditaire sous la forme moderne d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement démocratiquement élu, pour tempérer le pouvoir du Roi de droit héréditaire ; ou n'aura pas lieu. Il est à noter que les Rois de France ont rarement été des tyrans et qu'ils avaient bien plus en tête l'intérêt du pays et du peuple, que nos chefs d’État actuels qui ne se préoccupent plus de tels intérêts et semblent totalement soumis à l'oligarchie mondiale par le biais de la technocratie bruxelloise. Aujourd'hui c'est le pouvoir de et par l'argent qui pervertit tout, c’est-à-dire qui supplante la valeur d’usage par la valeur d’échange, jusqu'aux simples rapports humains qui en deviennent essentiellement intéressés et non plus gratuits. Alors qu'ils l’étaient encore il y a peu dans le village breton de mon enfance, où mes grands-parents étaient croyants et ne supportaient pas que l’on blasphème le nom de Dieu en vain, mais le toléraient quand même, surtout lorsque cela venait bien innocemment de leur propre petit-fils, influencé par leur propre fille freudienne et nihiliste ; avant que la génération gâtée des baby-boomers ayant fait mai 68 ne vienne détruire plus de 1500 d'héritage historique, culturel, et de valeurs chrétienne. 

Alors que le progressisme des baby-boomers et leur esprit d'émancipation avait quelque chose de sympa que je ne nie pas en Mai 68, le wokisme actuel des néo-féministes et plus globalement de toutes les minorités opprimées, a aujourd’hui quelque chose d'effrayant, de castrateur, qui préfigure une société totalitaire ; il constitue aussi pour une part, un héritage de Mai 68.

En raison de mes origines dans ce petit village breton, j’ai donc quelques notions de ce qu’est la foi, et je l’ai eu naturellement de façon non artificielle et non dogmatique, jusqu’à l’âge de 16 ans, ainsi qu’une forme de grâce qui m’habitait. La Vème République fut bien une tentative faite par de Gaulle d'établir une continuité entre la Monarchie de droit héréditaire et les institutions de la République, mais elle a été totalement gâchée par ses successeurs en raison de leur manque d'envergure, voire leur médiocrité crasse et leur servilité aux États-Unis. C'est pour cela qu'il faut être encore plus radical que de Gaulle, car la situation désespérée où nous nous trouvons l'exige.

Dans mes convictions je vais bien plus loin que n'ose aller Zemmour, mais il pourrait être un premier pas vers le changement radical que j'appelle de mes vœux. Un tel programme sorti de mon imagination d'enfant issu du terroir breton bretonnant, qui n'est absolument pas raisonnable au sens des Lumières, n’est pas obscurantiste mais empreint de poésie et de nostalgie pour un âge d'or - mais la raison qui s'incarne aujourd'hui dans les technosciences est devenue folle comme le rappelle Heidegger dans ses œuvres consacrées à la Technique et à l'arraisonnement du monde, il faut la tempérer par une foi mystique ; peut paraître aujourd'hui complètement absurde, anachronique, voire totalement délirant aux yeux de nos contemporains désenchantés et nihilistes, et ne sera possible qu'à la condition qu'il y ait un regain généralisé de la foi mystique, objet de toute l'œuvre de Simone Weil, pour la religion catholique qui est géographiquement notre racine spirituelle donc en même temps notre destin que nous avons oublié - l'oubli de l'Être ; c'est-à-dire notre maison commune en France. Les catastrophes causées par la Technique qui se profilent à l'horizon dans beaucoup de domaines, pourraient être le facteur d'un tel regain de ferveur populaire pour de vieilles valeurs qui ne demandent qu'à être redécouvertes et revivifiées. De vieilles valeurs comme le bien est préférable au mal qui semblaient autrefois si évidentes, et qu'il s'agit de réhabiliter en dépit du renversement des valeurs nietzschéen réussi - concrétisé à droite par un phénomène comme le nazisme et à gauche par un phénomène comme mai 68 ; qui sont aujourd'hui totalement oubliées, ou plutôt refoulées pour parler comme Freud. Dans la folie, l'hybris, aujourd'hui bien visible de la Technique devenue autonome, donc échappant à toute mesure humaine, se situe tout l'obscurantisme en réalité contenu dans le projet des Lumières, dès son origine métaphysique.

Mais Malraux n'avait-il pas prophétisé que le XXIème siècle serait religieux ou ne serait pas ? Ce sont de telles paroles prophétiques qui nous permettent de garder espoir et nous encouragent dans cette voie.

Si vraiment ce n’est pas possible, avec le temps qui passe et la fatalité inexorable que constitue la démographie, oui effectivement ce beau programme ou d'ailleurs tout autre chose comme la continuation du néolibéralisme vers la marchandisation du vivant et le transhumanisme, se fera sous hégémonie musulmane comme vous semblez le souhaiter. Et vous, vous pensez que Zemmour n'est pas crédible pour le rétablissement de la religion catholique ou au moins d’une laïcité forte (donc fortement imprégnée en France des valeurs du catholicisme), et qu'il n'est qu'un agent du sionisme ? Vous me faites rire.


lundi 18 octobre 2021

Bientôt une future mosquée ?

 

L'église de mes ancêtres à Saint-Caradec-Trégomel

Il ne faut peut-être pas confondre la métaphysique avec la religion. JC est avant tout un être éminemment spirituel et religieux, mais qu'il ne faut pas confondre avec un philosophe. JC est avant tout selon moi un passionné, son attitude est le contraire d'une attitude emplie de sagesse ou philosophique, il a cherché une forme de salut à travers son propre sacrifice. Je pense qu'il avait dû être un enfant battu.

S'il a cherché à se sacrifier, c'est un acte manqué et c'est je le pense parce qu'il a vécu un traumatisme enfant lié au père (coups ou abandon), qu'il a cherché à reproduire sans le vouloir consciemment, un peu comme un drogué se shoote en recherchant le trip final qui le conduira à la mort dans une overdose orgasmique paroxystique, d'où sa quête du père et ses ultimes mots :"Père, Ô père, pourquoi m’as-tu abandonné." Évidemment c'est une totale projection de ma part, mais ça se tient.

Pour le chemin de croix et la crucifixion finale on parle de "la passion du Christ." Non ce n'était pas un être de raison, ni même de la Loi, celle des juifs qu'il rejetait, mais d'amour et de passion. Son message est relativement tombé dans l'oubli aujourd'hui, dans ma famille du côté de ma mère seulement à partir de cette dernière. Je pense que mes grands-parents étaient encore croyants, dans un petit village breton, l'église était juste à côté et je crois me souvenir qu'ils allaient assez régulièrement à la messe. Ma mère a totalement rejeté un message vieux de plus de 1000 ans chez ses ancêtres, en une seule génération - d'où entre autres le choc civilisationnel de perte et de vide qui s'est répercuté sur moi ; et l'a remplacé par une doxa freudo-lacanienne totalement déracinée et plus ou moins bien digérée, qui explique ma volonté de décrire le comportement de Jésus en des termes freudiens.

C'est pour cela que je dis que les baby-boomers sont pas mal responsables de la destruction de la France. Mais avaient-ils réellement un libre-arbitre ? Certainement plus que leurs enfants ; le libre-arbitre dépend aussi des valeurs que l'on transmet et que l'on reçoit. Or globalement les valeurs des soixante-huitards étaient pourries, ils n'ont pas transmis l'héritage qu'ils avaient reçu de leurs parents et ils ont même pissé dessus.

La partie influente des boomers est responsable, ceux qui trustent tous les rouages du pouvoir, politique, judiciaire, de l'enseignement, des médias... depuis 40 ans.

En tout cas Jésus a existé dans le cœur de mes ancêtres pendant plus de 1000 ans, et le message évangélique avec lui. Vous imaginez un peu la rupture civilisationnelle extrêmement brutale ? La conversion à un freudisme pur et dur dénué de toute compassion par ma mère ? Car elle n'a consenti à payer aucune dette par rapport à ce qu'elle avait reçu, ni de gratitude envers ses ascendants, ni de l'ordre de la transmission vis-à-vis de ses descendants ; elle a renoncé à s'inscrire dans une chaîne de transmission d'"amour" (je sais que l'amour c'est plus compliqué qu'un vœu pieux) et de partage en rejetant totalement le message évangélique. Il y a de quoi rendre fou ! Et pourtant je sais qu'il est de bon ton de ricaner dès que l’on évoque Jésus.

C'est du nihilisme, on ne rompt pas comme ça avec 2000 ans d'héritage chrétien et 3000 ans de judéo-christianisme. Et tout ça pourquoi ? Pour le remplacer par des bites et des vagins, des tags, partout, partout, partout, merci docteur Freud !

Moi je ne fais que généraliser ma propre expérience singulière, je ne dis pas que cette généralisation n'est pas abusive mais elle se fonde sur une expérience vécue d'un point de vue matérialiste. Je ne me fonde même pas sur la doxa ambiante, j'appelle ce comportement des boomers, inconscience et négligence, particulièrement dans mon cas, de façon pathogène. Ce que je vois autour de moi n'est guère plus réjouissant concernant la jeunesse, qui est profondément ébranlée, et il y a de quoi. Maintenant les boomers dans leur majorité et dans leur inconscience de jeunesse ont peut-être été instrumentalisés, mais par qui ? Et dans quel but ?

De toute façon "on" leur a donné tout ce qu'ils voulaient après les avoir laissés rejeter l'autorité de leurs parents, ils les ont laissé mourir comme des chiens, et certains n'ont même pas pris la peine de s'occuper de leurs enfants, car c'était trop contraignant, une entrave à leur jouissance. Voilà c'est tout, elle peut paraître simpliste, elle n'épuise pas tout le champ des possible, mais elles constitue une part de la réalité qui pèse son poids. C'est une génération qui globalement je le répète, a traité par le mépris toute entrave à sa jouissance. Sinon comment expliquer aujourd'hui la montée des extrêmes (extrême gauche et extrême droite) à pratiquement 50% des intentions de vote, voire plus ?

Dans mon cas on est passé du Christ sauveur au Freud providentiel en seulement une génération. 

Ce qui est dangereux avec la psychanalyse c'est que ça se prétend scientifique, donc irréfutable. J'ai lu des œuvres de Freud, c'est riche et intéressant, plus philosophique et littéraire que médical, mais la psychanalyse n'a jamais guéri personne, ou alors seulement par hasard (j'ai fait plus de 15 ans de thérapie sans la moindre évolution). Freud lui-même le reconnaissait. Ce qui crée le malaise c'est sa mégalomanie et son prosélytisme. Ma mère qui est psychologue, psychanalyste, n'a plus aucune humanité, elle fonctionne comme une machine à jouir ; son métier lui a permis de bien gagner sa vie, elle vit très bien. Mais quand je vois le résultat de la psychanalyse freudienne sur elle, sa déshumanisation, son rejet de tout sentiment maternel, son absence d'empathie, je me dis qu'il y a un malaise dans la théorie de Freud, et que le malaise dans la civilisation actuelle est bien pire que celui qu'il dénonçait à son époque. J'irais même jusqu'à affirmer que la religion a certainement sauvé bien davantage de gens que la psychanalyse, qui s'avère bien impuissante à structurer la société. Mais il y a désormais tellement d'intérêts en jeu... 

Les psys sont nos nouveaux prêtres et ils gagnent très grassement leur vie. Je connais même un prêtre qui va voir un psy, c'est dire que les psys ont totalement pris l'ascendant sur les prêtres dans le domaine même que ces derniers représentaient : le spirituel. Ce n'est pas parce que la science s'est substituée à la croyance mais parce que Freud a remplacé une croyance par une autre. Ainsi la psychanalyse est-elle une nouvelle forme de religion, avec ses dogmes et ses prêtres, dont l'éventuelle efficacité auprès des patients dépend avant tout de la foi que l'on est capable de mettre en elle. J'irais jusqu'à assimiler Freud à un gourou, utilisant l'irréfutabilité de la science alors qu'il ne s'agit pas selon moi d'une science mais de ce qui s'apparente à une science ; c'est comme le canada dry avec l'alcool, ça y ressemble mais ce n'en est pas. Il aurait mieux valu qu'il se prétende simple philosophe de l'inconscient et qu'il sépare sa philosophie de la médecine ; mais il a voulu fonder une Église et il a réussi.