mercredi 17 juin 2015

Faut-il transformer certaines églises en mosquées ?

Le cynique : "Tu soulèves un vrai problème : la population des "Français de souche", semble être tordue et dégénérée, comme tu le soulignes de façon un peu caricaturale. Ne penses-tu pas qu'il faudrait remplacer cette population indigne par une population musulmane digne, en réservant exclusivement les allocations familiales à cette population afin de l'encourager à faire plus d'enfants, ne faudrait-il pas augmenter les flux migratoires en provenance des pays musulmans, les inciter à venir en France beaucoup plus nombreux. Enfin ne faudrait-il pas pousser la part de la population indigne "de souche", toujours tentée de voter pour ce parti ignominieux appelé FN, à ne plus faire d'enfants et à quitter la France ? Les "de souche" ne sont pas digne de faire de bons républicains, remplaçons-les par une population musulmane digne et qui vote majoritairement à gauche, comme tout citoyen républicain digne, normalement constitué, devrait le faire."
L'angoissé : "Leurs pays sont pour la plupart en guerre, ou en semi guerre, en ruines. C'est peut-être la faute à la colonisation, à l'humiliation qu'ils ont enduré. J'ai peur qu'ils apportent avec eux, pour certains, une minorité, les extrémistes sont toujours une minorité, ce chaos et cette ruine qui sévit dans ces pays incapables de se développer ; qui sont libres pourtant depuis cinquante cinq ans ; mais que font-ils de cette liberté, et que croient-ils venir trouver dans un pays qu'ils ont rejeté ? Après l'indépendance, ce n'était pas suffisant !, alors on vient chercher des droits dans le pays qui nous a colonisé. Mais jusqu'où ira-t-elle cette quête de droit ? L'installation des mosquée dans des églises, si elle se fait, me choque profondément. Est-ce qu'on a mérité une telle humiliation, nos grand-mères qui priaient encore dans ces églises il y a cinquante ans, ont-elles mérité de voir ça ? C'est absolument dégueulasse !"
Le pragmatique : "Les Français n'ont pas besoin des musulmans pour aller très mal. Mais comme les musulmans viennent les provoquer, comme chez les musulmans la provocation semble être un rite qui précède tout acte de guerre, mais sans aller jusqu'à la guerre. Les musulmans sont en train de se transformer en bouc émissaire idéal, de toutes les frustrations des Français, les musulmans viennent à point nommé pour être l'ennemi dont avaient besoin les Français pour se reconstruire et s'unir enfin."
L'idéaliste : "Moi je suis français, et je ne fais aucune distinction entre Français-athée, Français-catholique, Français-juif, Français-protestant ou Français-musulman, tous sont français. J'ajouterais un bémol : un Français-musulman républicain est selon moi plus français dans l'esprit, qu'un Français qui vote FN, voilà le vrai ennemi, le FN  : un parti de dégénérés et de tordus qui mettent le feu à leurs propres voitures pour prouver que la délinquance augmente. Ce sont les antirépublicains qui sont indignes, pas les musulmans. Enfin je me définirais avant même ma qualité de Français, de citoyen du monde cosmopolite, cessons de tracer des frontières entre les Français, il n'y a qu'un seul Français qui est multiple, bigarré, métis, républicain et citoyen du monde. Le Français antirépublicain s'exclut lui-même de la communauté ; c'est ce dernier qu'il faut combattre, au lieu de chercher un quelconque bouc-émissaire chimérique musulman."

Synthèse : "Notre qualité de Français, transcende nos différences, il n'y a pas nous et eux ; il n'y a que nous et les fascistes qu'il faut combattre" : j'ai beau me répéter cette maxime comme un mantra, je n'arrive pas à y adhérer pleinement (moi Erwan Blesbois, humain de chair et d'os qui quoiqu'il fasse avait une grand-mère catholique qui l'aimait, et qui trouvait dans cet amour de quoi survivre contre le dérèglement violent de ses parents, gâtés par l'idéologie de 68)

mardi 16 juin 2015

Le sexe est-il propre ?

Le sexe est dégoûtant en tant qu'il exprime la partie le plus primitive de l'esprit humain, son côté bestial. Une sexualité égalitaire ne peut pas exister, est n'est même pas à inventer, car la sexualité est affaire de pulsion, elle n'exprime que des logiques de domination. Les dominés n'ont pas de sexualité, donc pas de vie psychique, ils sont condamnés à vivre castrés, dans l'ombre (lire Houellebecq, son premier roman). Toute la structure inégalitaire de notre société, n'est même pas consciente, elle n'est que le reflet de cette infrastructure subconsciente qui est le sexe ; et dont en plus notre société a fait une divinité, sous l'influence de la psychanalyse. On constate que la psychanalyse ne peut pas aider ceux qui sont exclus du système du désir, puisqu'ils n'ont même pas les moyens de s'en payer une. La psychanalyse ne peut constituer qu'un réconfort narcissique pour ceux qui partagent le système de domination par le sexe. Toutes les sociétés des grands mammifères fonctionnent ainsi : la domination par le sexe, la société humaine n'y échappe pas.
En principe tout ce qui doit suivre d'une domination par le sexe suivra : argent, reconnaissance sociale ... Pour ce qui est des prolétaires de la pornographie, il s'agit d'un simulacre, d'une dégénérescence de la sexualité, ils ne sont pas inclus dans le système de domination. Leur sexualité n'est pas opérante, elle n'agit que pour stimuler les frustrés de la sexualité, c'est à dire les "pas beaux".
Ceux qui trouvent leur compte dans la sodomie ou l'amour vache, très vache dans le cas de Sade, sont des pervers (étymologie : "renversé"), ils jouissent de ce dont le commun des mortels ne jouit pas : comme manger de la merde. Par contre le pervers narcissique utilise une sexualité normale, mais de préférence en grande quantité pour asseoir sa domination.
Pas moi en tout cas, ma sexualité est celle d'un hétérosexuel moyen et fidèle, elle est donc assez pauvre. La jouissance réelle vient du déchaînement des pulsions : pour la plupart des gens multiplication des conquêtes, logique de séduction qui arrive à son terme, pour moi comme pour la plupart des mammifères, cela constitue la plus belle gratification narcissique lorsque la compagne est désirable et désirée par l'ensemble du groupe, je suis un mammifère avec des pulsions de mammifère. En société de compétition comme la nôtre, il faut être performant, donc il vaut mieux être un pervers narcissique qui multiplie les conquêtes au détriment de l'équilibre de la société et des enfants.
Tout système crée ses propres déchets, en système de performance sexuelle et de perversion narcissique, la pornographie est ce déchet.
A force de s'être attaqué à l'idéalisme depuis pas mal d'années, pour le remplacer par un matérialisme pur et dur, on a tué ou presque tué cette idée qu'on appelait amour, pour la remplacer par la performance sexuelle ou la domination par le sexe : Ah l'immanence de la nature !

Michel Onfray et Sade

Voilà Onfray n'aime pas Sade, parce que c'était réellement le même homme que ce qu'il décrit dans ses livres, Sade a violé torturé et même peut être tué profitant de ses privilèges de noble qui avait tous les droits dans la France de l'ancien régime, Sade est quand même allé en prison avant la Révolution puis sous la Révolution et après la Révolution ; essentiellement pour ses frasques. C'était un vrai salaud, un monstre. Ensuite un poète, Apollinaire s'est chargé de le réhabiliter, pour des raisons de snobisme intellectuel, essentiellement. Dans sa lignée les surréalistes, puis Bataille, puis Lacan, Barthes, Foucault et Marcuse ont théorisé et réhabilité la pensée de Sade, passant sous silence ses exactions, pour des raisons idéologiques. 
Or ce qui fait le plus penser à la vision de Sade, comme Les 120 journées de Sodome, c'est bien un camp de concentration ou d'extermination nazie, qui en constitue le passage à l'acte. La plupart des intellectuels ne se sont pas posés cette question, on peut quand même évoquer Pasolini qui fait le rapprochement.
Quoiqu'il en soit mai 68 s'est réclamé de l'œuvre de Sade, pour ce qui concerne le droit à la jouissance sans entrave, même quand elle est sadique dixit Marcuse.
Donc Onfray fait quand même une petite critique de mai 68 quand ce mouvement se réclame du droit au sadisme dans la sexualité.
C'est la seule limite qu'il met à ce mouvement qu'il considère par ailleurs nécessaire pour abattre le dogme judéo-chrétien, au moins aussi dégoûtant pour Onfray que le sadisme. Onfray se réclame d'une éthique libertaire et hédoniste dans la lignée de 68, mais n'accepte pas sa dérive sadienne.
Personnellement je pense qu'heureusement qu'il y a eu Sade, pour penser la perversion, que sans Sade on n'aurait pas cette grille de lecture. Sade n'est absolument pas responsable du nazisme, il fait réfléchir sur la nature du nazisme, et sa perversion constitutive. Et puis sans Sade il n'y aurait pas eu ce magnifique film de Pasolini, son dernier de 1975, le plus fort, juste avant son assassinat sur une plage d'Ostie à Rome. Ce film constitue moins selon moi une critique du nazisme par la vision de Sade, que d'une critique de nos sociétés contemporaines et modernes, destructrices des cultures ancestrales, par la vision de Sade. De plus Pasolini avait en horreur le mouvement de mai 68, qu'il qualifiait de profondément bourgeois ou plutôt d'enfants de bourgeois, donc profondément pervers.
Onfray dis que Sade est le chaînon manquant entre Kant et le nazisme, mais même sans Sade il y aurait eu le nazisme, alors que sans Kant ce n'est pas sûr. La société est de plus en plus perverse, mais ce n'est pas la faute à Sade, c'est la faute à la politique et aux cadences infernales imposées par la modernité : donc c'est plutôt un des effets non voulu par son auteur, de la philosophie de Kant. C'est plus précisément la responsabilité du calcul égoïste à l'oeuvre dans la technique, qui se fait derrière le dos des hommes en chair et en os.

Etre féministe est-il revendiquer pour la femme autant de droits sexuels que pour l'homme ? Donc n'est-ce pas revendiquer pour la femme d'être aussi sale que l'homme ? La fuite en avant dans la sexualité est comme le disait Gainsbourg sans issue. Les œuvres de Sade apparaissent aujourd'hui comme une gentille bluette à côté de l'industrie du porno, de l'industrie du sexe tout court, et même du tourisme sexuel, qui exploite la misère du tiers-monde, donc qui est abject. Le sexe est-il propre ? Non assurément, c'est moins le sexe qui est dégoûtant que ses dérives ; mais c'est un passage obligé si l'on ne veut pas sombrer dans la folie comme Nietzsche.

dimanche 14 juin 2015

La république : un régime historiquement belliciste

Ce que beaucoup de gens ne savent pas, c'est que la grande Révolution française de 1789, avec son héritage napoléonien a mis fin à 200 ans d'hégémonie française sur le monde. Que la catastrophique aventure napoléonienne, a mis en orbite pour plus de 100 ans, l'empire britannique comme première puissance mondiale, a préparé l'avènement de l'Allemagne qui s'est finalement soldé par un échec (Hitler faisant les mêmes erreurs militaires que Napoléon). C'est sur le plan démographique que tout s'est joué, les Françaises écœurées par les massacres de la Révolution et des guerres napoléoniennes, n'ont plus fait d'enfants, les populations anglaises et allemandes explosaient et dépassaient finalement rapidement celle de la France au cours du XIXème siècle. La France était condamnée à jouer un rôle de second plan à cause de Napoléon, ce "grand homme" si friand de chair à canon. Aujourd'hui les Allemandes ne font plus d'enfants, traumatisées par ce que le IIIème Reich a fait du dynamisme démographique allemand. Il faudrait un peu plus de mesure et de sérénité au plus haut sommet de l'Etat, et un peu moins de fanfaronnades républicaines. Regardez votre passé messieurs, il n'est pas reluisant. 
La république fut plutôt dans l'histoire un régime belliciste ou générateur de régimes bellicistes (l'Allemagne). Donc que les républicains devraient être plus modestes, que leur régime n'est pas la panacée, qu'il faut considérer que c'est faute de mieux, en attendant de trouver mieux. Que les républicains arrêtent de faire des moulinets avec leurs bras comme Sarkozy et Valls.

Tout ce qui conduit à une accélération de l'Histoire, comme la Révolution, la république, sont plutôt de mauvaises choses. Aujourd'hui c'est sur le plan économique que se joue la guerre, historiquement c'est plutôt un héritage anglo-saxon qu'européen, l'Angleterre puissance maritime, a toujours cherché la guerre virtuelle par le biais de l'économie pour asseoir son hégémonie : d'où la doctrine du libéralisme économique, dont l'Angleterre est le berceau avec Adam Smith, le théoricien de la rapacité humaine. Au lieu de chercher la croissance et l'accélération, il faudrait plutôt chercher une décroissance et une décélération, ceci dans l'intérêt de l'espèce humaine. Le modèle de natalité allemand est aujourd'hui un bon modèle, car il y a trop de gens sur Terre. Il faut un régime politique mondial capable de réguler l'espèce humaine sur tous les plans, démographique, économique et génétique. Je pense sérieusement que le système du meilleur des mondes ou de bienvenu à Gattaca est le seul modèle viable, même si il semble aujourd'hui à nos esprits éprits de ce préjugé qu'on appelle liberté, effrayant. Ceci dit l'accélération sur le plan scientifique et technologique peut être une bonne chose, si elle aboutit à terme à une régulation des excès démographiques et économiques, et à l'établissement d'un gouvernement mondial et régulateur.

samedi 13 juin 2015

Retour à DSK

Tu as un don indéniable : celui de te tromper dans tous tes pronostics politiques. DSK ne reviendra jamais au tout premier plan politique. En plus les Français ont-ils vraiment confiance en la justice comme c'est ton cas ? On sait qu'à Manhattan, DSK a acheté le silence de Nafissatou Diallo, lui versant 1 (ou plus) millions de dollars pour qu'elle retire sa plainte au civil. Si tu appelles ça la justice ! Quant à la France nous savons bien que les puissants sont très rarement éclaboussés par des scandales avérés, et que la justice classe le plus souvent l'affaire en non lieu ou en relaxe. Si la justice française était impartiale cela se saurait. La justice ce n'est jamais qu'une affaire de compromis entre les puissants, les faibles sont hors jeu, dixit Nietzsche.
DSK a-t-il oui ou non acheté le silence de Nafissatou Diallo pour 1,5 million de dollars ? Ce fait l'accable et prouve qu'il avait quelque chose à se reprocher. Si DSK avait été pauvre il n'aurait pas pu payer. Que serait-il arrivé ?
Pour la justice française, force est de constater qu'elle est toujours très timide lorsqu'il s'agit de condamner des puissants. Marx aurait parlé de justice de classe, Nietzsche parle de compromis entre les puissants.
Après en démocratie libre à chacun de se mettre du côté des puissants, et de ne jamais faire preuve de faiblesse. Mais a-t-on vraiment le choix ? La justice des hommes accompagne la logique de dichotomie entre misère et richesse. Oh mais je sais bien que les faibles ont aussi des armes pour se défendre : la violence ! Dans l'affaire de la justice des hommes personne n'est innocent. Personnellement je crois plus en l'interprétation des faits (l'art), que dans les faits eux-mêmes, qui sont toujours l'objet d'une interprétation même dans la justice qui se prétend objective, alors qu'elle est toujours subjective. L'art se réclame de la subjectivité, il a donc raison contre la justice. Je fais donc plus confiance à Ferrara lui-même admirateur de Pasolini, pour me faire une opinion sur DSK, que sur la justice française et républicaine.  

mercredi 10 juin 2015

La fausse vertu

Deux attaques contre l'hypocrisie dans tes derniers billets. Alors que l'hypocrisie étant l'hommage du vice à la vertu est le contraire du cynisme. Je déteste l'hypocrisie plus encore que le cynisme ; mais j'ai appris que si j'ai raté  c'est que me croyant pur ou élu, j'étais en fait cynique et barbare comme mon père. Et que j'ai eu le choix entre cynisme ou barbarie et hypocrisie, et que j'ai fait le mauvais choix, le choix qui rend laid aux yeux des petit-bourgeois. Je ne vois pas d'autre choix qu'entre cynisme (qui part de la pureté pour culminer dans la barbarie) et hypocrisie. Il faut quand même beaucoup d'hypocrisie pour réussir en politique, et quand on se complaît dans le cynisme comme DSK, on chute lourdement. Il faut aussi beaucoup d'hypocrisie pour simplement vivre comme un petit-bourgeois et éviter les coups durs, alors que le cynique au départ plus généreux, plus vrai, plus franc, plus humain, sombre souvent dans l'alcoolisme ou autres tares sociales, et chute lourdement. Au fond le film de Ferrara sur DSK le montre comme un ange déchu, c'est la définition du cynisme.


Enfin il est vrai que le cynisme a des accointances avec la philosophie, puisque c'était même une école de philosophie antique, alors que l'hypocrisie en a aucune ; et que Nietzsche quelque part a fait l'éloge du cynisme, qui nous apprend beaucoup plus sur la nature humaine que la fausse vertu de l'hypocrite. Mais puisque les petit-bourgeois n'ont aucune qualité positive, ils ont fait de l'hypocrisie leur vertu.

lundi 18 mai 2015

Les civilisations sont mortelles

Comment expliquer que le génie du christianisme, le christ, un quasi anarchiste, ennemi de toute forme d'autorité et de hiérarchie, qu'il dénonçait par le terme d'hypocrisie, ait pu enfanter une des religions les plus dogmatiques qui soit : le catholicisme, justifiant la hiérarchie et donc l'hypocrisie pour le monde temporel, rejetant le génie du christianisme dans une "vie après la mort", sans grande imagination d'ailleurs. C'est donc que le génie du christianisme était totalitaire avant l'heure et que la religion catholique fut son principe de réalité. Car l'hypocrisie est l'hommage du vice à la vertu, et vaut mieux que toute revendication de pureté de l'âme et de la société, qui de la pureté mène au cynisme, qui de Rousseau mène à Staline.

Le catholicisme dans le cas d'un vieux pays comme la France est plus prégnant que la jeune république arrogante. Autrement dit tous les chemins mènent à Rome, c'est-à-dire au Vatican, C'est-à-dire au père, au pape, à la notion la plus haute de la hiérarchie temporelle. Cependant les voies de dieu sont impénétrables : c'est le mystère de la religion; le plus vil rejeton de l'humanité peut être touché par la grâce et dépasser spirituellement le pape lui-même, la religion catholique le reconnait, quand elle a encore conscience que son vrai génie est effectivement le christ, faiseur de miracles. Ce qui nous amène à nous demander si la religion musulmane est vraiment compatible avec ce vieux mode de penser européen, si l'autre n'est pas parfois trop "autre" pour s'acclimater à une vieille civilisation. C'est alors que la civilisation "la plus jeune" demande que l'on s'acclimate à elle, renversant les données du problème, qu'on lui fasse bon accueil avant tout, qu'on s'adapte à elle plutôt que l'inverse. Et vu le passif de la vieille civilisation, il y a toujours moyen d'appuyer là où ça fait mal : la culpabilité.

mardi 28 avril 2015

En quoi je suis l'ennemi de moi-même ?

Je ne sais pas si la génération de 68 est pire ou meilleure qu'une autre. Dans mon cas c'est la génération qui a introduit une rupture radicale entre la tradition des ancêtres et la génération suivante, en ne transmettant pas sa langue maternelle, le breton, dans l'exemple de ma mère. Est-ce mieux est-ce pire, est-ce ça la modernité ? Vivre de jouissances, "rollers", "windsurf" (que je pratique), et autres voyages exotiques, voire tourisme sexuel. Pourquoi pas ? La rupture s'est faite aussi avec une certaine conception de l'éducation, avec la conception traditionnelle. Pour ma part je vois plus de ravages dans cette rupture que d'avantages, et c'est pour cela que je dis que la génération de 68 est unique en son genre, dans le cas de la langue bretonne elle rompt avec une tradition vieille de plusieurs siècles : 68 fut ainsi une vraie révolution, une révolution de la ruine, voire de l'apocalypse. Je parle évidemment comme un petit-bourgeois incapable de prendre de la hauteur, de se hisser au niveau des responsabilités, je reste coincé au niveau de la jouissance, de ma jouissance propre, de mon bien-être, pas celui de la collectivité. Effectivement parce que je suis l'ennemi de moi-même, je dis que la collectivité était régie par des contraintes traditionnelles, que le "laissez-faire" propre à l'économie de marché et au libéralisme, a fait voler en éclat. Je suis moi-même un pur produit de l'hédonisme contemporain mais plus encore du "laissez-faire" donc de la négligence comme ultime conséquence d'une vision économique du monde, et qui le déplore (en cela je suis l'ennemi de moi-même) ; je n'ai pas été "contraint" par un ensemble de règles et de traditions qui formaient le "cosmos" de nos ancêtres.

lundi 6 avril 2015

Droit de réponse

Mon père a envoyé le message suivant sur la toile au printemps 2015 par le biais de l'un de ses blogs, alors qu’il avait déjà porté plainte une première fois contre moi auprès du Procureur de la République de Vannes :

"Je suis mis en cause en permanence dans un blog intitulé "Rester vivant". Je tiens à affirmer que tous les propos, diffamatoires, énoncés à mon encontre et celui de ma famille sont inventés, mensongers, et participent, je ne sais pourquoi, à une entreprise de harcèlement, de dénigrement et d'injures, à notre détriment, procédés qui sont interdits par la loi.

Je déments fermement les accusations absurdes portées contre moi et ma famille, ainsi que toutes les allusions formulées dans la même optique ...!

Je suis stupéfait que des accusations aussi graves aient pu être proférées de manière aussi systématique contre moi-même, ma femme, mes enfants, parfois mes parents, et même ma sœur, allant même dans un des écrits de ce blog, jusqu'à justifier le handicap d'un de mes enfants (Comment s'en étonner puisque cet enfant est de Robert Blesbois), et induire dans un autre l'idée que je serais l'assassin de mon filleul. Pour ne parler que de ça ...!

Enfin, je regrette qu'il suffise de taper mon nom dans une barre de recherche Google ou autre, pour faire apparaître une liste de sujets destinés à jeter le discrédit sur ma personne et sur les miens ..."

Comme si je ne faisais pas partie des « siens » et de « sa famille » par la force des choses ! Comme si on pouvait à ce point faire preuve de négationnisme concernant les lois de la nature, et s'y opposer selon son esprit et ses nombreux dires par la seule force du désir. Il ne suffit pas d'affirmer : « je ne désire plus que tu sois mon fils » pour que cela devienne réel. Hélas mon père est persuadé du contraire ! Par mes blogs je lui rappelle une notion très simple qui est celle du principe de réalité. Par exemple on peut très bien avoir pour désir d'être considéré comme un type bien par son entourage, alors que dans la réalité on se comporte toujours comme une véritable ordure digne du plus profond mépris : c'est l'un des paradoxes qui a pour nom perversion narcissique.

Voici le texte d’introduction à l’un des blogs qui lui était consacré, à lui et ses voyages plus précisément, et qui avait été modifié par mon géniteur juste avant qu’il ne le supprime. Avait-il quelque chose à se reprocher ? Craignait-il une mauvaise publicité ? Bref, peu importe au fond :

« On peut être quelqu’un de bien, et (de ce fait), ne pas avoir de désir de revanche…

Dans un site qui porte mon nom, je suis harcelé.
J’espère que ceux qui liront ces propos sauront faire la part des choses… Voilà ce que j’ai à dire:

Quand on a été habitué aux mensonges, aux petits mensonges systématiques, comme il l’a été, auprès des parents, puis des grands parents, pour en tirer des petits bénéfices secondaires, une petite faveur, un petit billet, un regard apitoyé, la victimisation devient une seconde nature… Mon amie Elsa Cayat en parlait très bien, de cette addiction, qui n’offre aucune perspective, avant qu’elle ne soit assassinée, avec ses camarades …

Pour garder son statut de victime, « il » va faire beaucoup de mal … Et pour y parvenir, « il » va passer de petits mensonges à de gros mensonges, et même de très gros mensonges … Internet, c’est génial, pour un esprit faible, c’est le sentiment de s’adresser du haut d’une tribune à toute l’humanité … Tous les pauvres types vaguement cinglés peuvent y avoir recours sans retenue, sans aucun sens moral, sans aucune limite …
Voilà comment « il » s’y prend. « Il » va trouver des trucs énormes, c’est ce qui se gobe le mieux, « il » va le (ou les) traiter de pervers narcissique, de psychopathe, de pédophile, d’antisémite, pourquoi pas, « il » va lui (ou leur) faire dire des phrases horribles, des vulgarités, des insanités, « il » va lui (ou leur) prêter des actes abominables, des intentions abominables, « il » va raconter des histoires déformées, trafiquées, inventées, avec cette obligation de frapper toujours plus et toujours plus fort, là où « il » sait que ça fera bien mal, sans même se préoccuper du caractère parfois absurde de ses propos … Et pour bien se « survictimiser », alors qu’« il » a rendu toute relation impossible, « il » se dira « abandonné »…
J’ai modifié le titre en réponse à tous les amis qui me demandent ce que j’attends pour déposer plainte, pour l’instant, ce n’est pas au programme …

Robert Blesbois » écrivait-il au printemps 2018… et alors qu’il avait porté plainte auprès du Procureur de la République en 2015, ce qui prouve que tout ce qu’il raconte n’est toujours comme à son habitude (je le connais bien le bougre !) qu’un tissu de mensonges, c'est une seconde nature chez lui. Effectivement, l'argument qu'il avance pour s'estimer et qu'on l'estime comme un type bien est qu'il n'a pas le désir de revanche, alors qu'il avait déjà en réalité porté plainte, c'est donc une fourberie à destination de ceux qui le connaissent mal et croient en sa sincérité. D'ailleurs cela ne l’a pas empêché de porter plainte une seconde fois en 2018 sans doute peu après avoir écrit ce texte, ou en même temps ! Tout est en réalité mensonge pour préserver son image, l'apparence, et se persuader soi-même que l'on est un type bien, même si cela doit être en contradiction totale avec le principe de réalité et les lois de la nature.

Quelle drôle de façon de s’adresser à son fils aîné comme si il s’agissait d’un étranger en le désignant par un « il » impersonnel entouré de guillemets, et alors qu’« il » a trois petites-filles et une belle-fille qu’« il » refuse de voir, comme si c’était lui la victime d’un harcèlement, alors qu’« il » l’a renié au terme d’une période de harcèlement moral qui a duré de la naissance de son deuxième fils en décembre 1982, à juillet 1987. Soit un peu moins de cinq ans.

Enfin Robert Blesbois a réussi à obtenir la fermeture de trois de mes blogs le 30 décembre 2019, « Robert Blesbois » à l’adresse boblesbois.blogspot.com, « Colette Blesbois née Le Pabic », et « Robert Blesbois dit bob ». Il a ensuite porté plainte une troisième fois contre son propre fils, c'est-à-dire moi-même, totalement délégitimé du point de vue filial depuis en réalité décembre 1982. Les propos incriminés ayant été jugés diffamatoires par mon père alors qu’ils ne relatent que des faits réels.

Il est possible qu’il parvienne à obtenir la fermeture de celui-ci, voire de tous les autres… Je sais qu’il a porté plainte trois fois contre moi et que sa première plainte remonte à 2015, alors que la prescription pour des faits de pédocriminalité est de 30 ans après la majorité de la victime, soit en 2015 pour moi ! Coïncidence ou froid calcul ? Connaissant la personnalité de mon père je pencherais plutôt pour la deuxième hypothèse.

Je ne peux pas être catégoriquement sûr à 100% que mon père ait essayé de me noyer bien que de multiples indices aillent dans ce sens, et j’ai du reste toujours ressenti une malveillance de sa part à mon égard, quand ce n’était pas des pulsions mortifères s’exprimant par une violence souvent gratuite, ou bien par un exhibitionnisme autoritaire et intrusif de son sexe et des attouchements à caractère pédophile. Pour se dédouaner il pourra dire qu’il obéissait à une mode très en vogue dans les années 70, car il est aussi très fort pour s’innocenter et se décharger sur les circonstances ou à l’aide de complices de toute culpabilité, mais le problème est qu’il n’a toujours pris dans les différentes époques que ce qu’elles ont de pire, c’est-à-dire de profondément pervers. On le verra aussi pour les années 80, les années fric…

Il y a un problème en effet. Il porte même un nom : l’amnésie post-traumatique. C’est un syndrome qui pousse la victime mineure au moment des faits à rejeter ses horribles souvenirs dans un petit coin de son cerveau que l’on appelle "la mémoire traumatique".

"Oui mais quand même, 20 ans après la majorité, on devrait être capable d’affronter en justice son agresseur et parler sans retenue de ses viols." Ce n’est pas si simple. J’aurais aimé vous y voir, à l’âge de 6, 8, 10 ou 13 ans. Je me demande comment est-ce que vous auriez réagi après une "petite" sodomie. Attention, une sodomie douce, sans violence, sans cri. Une petite fellation, une petite masturbation face à un adulte qui dit : "Chut mon cœur, c’est notre secret. Et puis, c’est pour te faire du bien." Tout était fait de manière insidieuse, comme s’il avait voulu constamment cacher ses crimes. Quant au viol c'était avant tout celui de l'intimité, celle de ma chambre qui n'était jamais la mienne tant qu'il était là, ou comme de jeter mes doudous à la poubelle et de me gifler parce que je pleurais.
Les traces physiques disparaissent très vite. En revanche, les dégâts psychologiques sont éternels et la médecine découvre maintenant que nombre de pathologies somatiques sont des conséquences tardives de ces violences. Ensuite, il y a un phénomène intéressant en ce qui concerne la mémoire traumatique : quand elle décide de revenir, elle revient avec moult détails sordides qu’on aurait préféré laisser enfouis dans la petite boîte verrouillée au fond du cerveau. On peut alors témoigner très précisément des actes, des lieux, des mots proférés par l’agresseur, des rituels…

Mais personnellement la petite boîte est restée verrouillée au fond de mon cerveau, je ne me souviens d’aucun des faits si ce n’est la mémoire récurrente d’un sexe en érection exhibé à l’intérieur d’une petite tente.

Mon esprit n’a conservé que la mémoire d’une tentative de meurtre par noyade, alors qu'il s'agissait peut-être uniquement d'un crime pédophile : une quasi tentative de meurtre par négation de l'Autre dans son intégrité. C’est pour cela que l’on parle de pédocriminalité.
Plus tard j’ai bien vu que mon père avait une attirance pour l’exhibition de son sexe et de ses coïts avec ses maîtresses, devant les jeunes enfants, moi la plupart du temps mais quelquefois d’autres comme les enfants de ses maîtresses.

Il me massait parfois et exigeait que je me mette nu. Il aimait surtout porter les mains sur mes fesses. Je n'y ressentais aucune tendresse de sa part et éprouvait un sentiment de honte.

Il ne fermait jamais la porte et faisait l’amour à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Il était très fier d’exhiber ainsi sa puissance de mâle en rut devant des enfants innocents, et il faisait tout ça comme si de rien n'était, comme si c'était parfaitement naturel et admis par la société. À sa décharge je dirais que c'était juste très en vogue à cette époque, les années 70, effectivement.

Toutefois je ne veux pas être catégorique au seul détriment de mon père, je crois qu'à cette époque mes parents étaient complices au moins sur un point : me détruire ! J'ai entendu parler d'un désir d'avortement très fort de la part de ma mère, alors que mon père désirait que je naisse.
Il est évident que mon père à l'origine m'a plus désiré que ma mère. Cette dernière n'a eu de cesse de me faire éprouver tout au long de ma vie qu'elle ne m'avait jamais désiré. Quelle intelligence et surtout quelle ironie pour quelqu'un qui a fait de sa vie une vocation, celle de guérir les enfants de leurs traumatismes ! Ce sentiment mortifère et borné à mon égard faisait d'ailleurs penser à mon père qu'elle était folle, tellement elle me refusait tout soin. En tout cas ma mère ne m'a jamais pardonné qu'« on » l'ait forcée à m'avoir. Elle n'a jamais eu d'autre enfant, ni refait sa vie avec quelqu'un d'autre. Elle a juste eu de nombreux amants, en évitant les mâles blancs d'origine chrétienne. Elle crache en réalité sur ce que représente son père alors que toute sa vie il s'est mis à genoux devant elle en exécutant absolument tous ses caprices.

Il semblerait en réalité que mes deux parents soient deux personnalités perverses narcissique, c'est-à-dire toxiques. L'une en raison de la relation à son père qui la mettait dans un état de toute puissance auquel mon père a apporté un démenti cinglant, et l'autre en considération de la relation à sa mère pour la même cause ! Petits, on les a mis tous les deux sur un piédestal de perfection.

Il y a aussi l’hypothèse toujours possible que dans la part de responsabilité que j’attribue à mon père il y ait un élément de reconstruction dont je fasse preuve, car les souvenirs sont flous mais empreints d’une sensation de traumatisme quasi permanente. Je me souviens tout petit garçon, m’être réellement fait la réflexion suivante – ce n’est pas un mirage -, alors que nous partions et que je jetais un dernier regard sur le terrain de camping où il m'avait emmené pour me noyer ou abuser de moi sexuellement : « Tiens j’ai énormément souffert de ce séjour seul avec mon père, il y a là quelque chose d’absolument anormal ! »
Peu après ce séjour il y a une période où je me suis réellement demandé si mes deux parents n'étaient pas des monstres déguisés en père et mère, tellement je ne pouvais plus leur faire confiance. Mon père étant abusif, ma mère totalement abandonnante.

Cette possible reconstruction et peut-être excessive exagération de mes souvenirs (ou non !), étant due aussi à son désinvestissement total, voire totalitaire, affectif, moral et symbolique soudain et extrêmement brutal, dès la naissance de son deuxième fils qu’il a reconnu, lui, comme étant son vrai et légitime fils, Vincent B..

Enfin dans la réalité si triste qui est la mienne : l’homme était peut-être globalement prédateur de la femme laquelle était de son côté prédatrice de l’enfant mâle. Car ma mère ne m’a pas raté non plus, de façon plus insidieuse mais tout aussi efficace, car abandonner un enfant ou un animal c'est le tuer !

J'ai fait état de mon histoire personnel à pas mal de philosophes fameux comme Élisabeth de Fontenay, Florence de Mèredieu (voir les commentaires de cet article ) ou Olivier Chédin. Tous savent exactement qui est Robert B. (ou Robert B.). Je crois même qu'Alain Finkielkraut avait été mis au parfum. C'est important qu'ils le sachent car le type d'Homme que représente mon père, le pervers narcissique, a été annoncé par Mandeville et est en train de gagner la bataille pour l'hégémonie culturelle. Ce phénomène pourrait être à l'origine de la chute de notre civilisation, à moins qu'elle puisse s'acclimater d'un peuple de démons.
Alain Minc notamment a une vision libérale de l’homme, comme étant par essence métaphysiquement une canaille. Pour comprendre une telle conception de l’Homme qui remonte au XVIIIème siècle anglais, il faut se souvenir qu’à cette époque la société anglaise était composée d’une part non négligeable de soudards qui servaient de chair à canon dans les guerres en dentelles, et également de matière première de l’émigration vers les terres conquises par l’empire colonial anglais.
Ce type d’homme est bien décrit dans le film Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Ainsi le libéralisme part d’une vision de l’homme comme étant une canaille qui ne pense qu'à son plaisir, pour fonder sa construction politique d’un marché mondialisé d'influence libérale.
Toute la construction politique du libéralisme dans laquelle nous vivons, est une construction très pessimiste qui n’a pas une bonne image de l’Homme du peuple, et qui considère effectivement que seule une élite éclairée peut avoir accès à la Raison.
On pourrait dire que transposée dans le monde d’aujourd’hui, une telle élite est celle qui profite le mieux du système, il s’agit certes des intellectuels bobos des centres métropolitains, mais aussi de la caste financière oligarchique qui brasse des milliards.
Il semblerait aujourd’hui que les élites comme le peuple soient de plus en plus affectés par ce symptôme, ce qui peut laisser à penser que la société qui repose sur la destruction-créatrice et le darwinisme social s’acclimate fort bien de ce type d’homme perverti, plutôt que de chercher à l’élever et le rendre plus vertueux.
Comme le disait déjà Kant : « Le problème de la formation de l'État, si dur que ce soit à entendre, n'est pourtant pas insoluble, même s'il s'agissait d'un peuple de démons (pourvu qu'ils aient quelque intelligence). »

Bref j'avais créé un petit émoi dans ce milieu et j'avais même eu mon petit moment de gloire grâce à ce texte. Mais tout cela a eu lieu il y a maintenant fort longtemps, en 1993. Devenir un philosophe ou un artiste détaché de son drame familial par un travail sur soi colossal permettant de se tenir à la surface des choses, aurait été la seule façon d'y échapper. Malheureusement je me suis laissé griser et fasciner par mon destin atroce, je me suis complu, plutôt que de chercher à le maîtriser pour pouvoir le dompter et le dépasser.









dimanche 8 mars 2015

Deux poids deux mesures

Alors pourquoi la liberté d'expression d'un Dieudonné par exemple est négociable ? C'est bien que notre république fixe des limites à la liberté d'expression. Abd Al Malik voit une certaine forme de racisme chez Charlie, ou tout du moins un manque de respect ; on ne peut pas le nier, notamment pour des populations qui sont susceptibles au niveau de la religion. Si l'on accepte d'accueillir autant de musulmans en France il faut se réformer et notamment la loi en interdisant le blasphème. Pour ne pas qu'il y ait un deux poids deux mesures en autorisant le blasphème (ce qui se fera toujours au détriment des populations ayant une forte religiosité comme les musulmans) et en interdisant le racisme et surtout l'antisémitisme propre à Dieudonné (ce qui se fait toujours à l'avantage d'une petite portion de la population, celle que l'on estime être la "conscience du monde" et dépositaire de la loi à double titre, de part son héritage spirituel et d'autre part historique à travers essentiellement la Shoah, notre horizon indépassable). Si les citoyens pouvaient relire Montaigne, ils verraient l'absolue relativité de nos lois qui se prétendent universelles par la voix de notre prétentieuse république.On pourrait aller plus loin en disant que Dieudonné ne fait pas à proprement parler preuve d'antisémitisme, mais de blasphème de lèse-Shoah, car son point de vue n'est pas forcément celui qu'on lui a catalogué de polémiste, mais celui qu'il revendique d'humoriste. Tout comme Valls s'est violemment attaqué à Houellebecq, car ce dernier fait preuve d'un esprit de blasphème de lèse-république, pas du tout ironiquement anti petit-bourgeois comme semble le penser Emmanuel Mousset, mais au contraire dans un esprit foncièrement petit-bourgeois, donc un peu méchant, voire mesquin, ce que ne réfuterait pas son auteur. Au fond on pourrait dire que c'est toujours le blasphème qui est interdit. Et que si notre république encourage le blasphème religieux, ceci pour la raison d'une vieille rivalité avec l'église concernant la maîtrise des consciences, elle s'interdit tout blasphème de lèse-république ; sauf que l'histoire a changé avec l'accueil très massif d'une population d'origine musulmane qui ne l'entend pas de cette oreille.