jeudi 9 juin 2016

Une discipline sans morale

Si, si une " discipline sans morale " a une existence dans les sociétés humaines, à l'école pour commencer. L'école est devenu un camp disciplinaire sans morale, je suis d'accord avec ça. Morale cela sous-entend l'idée d'une communauté, d'une modèle. Or il n'y en a plus, puisque nous n'avons plus de mœurs en commun en France, par rejet de l'idée d'assimilation, au nom du " droit à la différence ". Ce qui sauve encore certains gosses du naufrage, c'est éventuellement la " foi ", le charisme et l'esprit de responsabilité de certains enseignants. Personne n'est dupe ni le parents, ni les profs, ni les élèves, c'est la compétition dès la maternelle, et la guerre de tous contre tous.
Les nazis étaient des kantiens sadiques. Kant c'est la solitude du sujet autonome et libre, et l'individualisation absolue de l'être au monde, basée sur l'autosuffisance de la conscience et le salut par soi-même. Avec le kantisme, qui est toujours le dogme officiel de pratiquement toute l'éducation nationale en France, en gros nous ne sommes plus catholiques (universels), mais des monades coupées les unes des autres, au lieu de dépendre aussi des autres. Rajoutez à ça une bonne dose de sadisme et de jouissance perverse au spectacle de la torture d'autrui et vous obtenez le nazisme. Notre société sous ses airs bonasses, n'est en réalité pas si loin de ça : c'est mon ressenti, qui est tordu je sais.
Je change un peu de sujet, pour revenir à mes obsessions : rien dans mes prises de position ne permet de m'inculper d'antisémitisme. C'est à mon sens le défaut d'Emmanuel Mousset de lire chaque critique adressée à une personnalité juive sous cet angle calomniateur. Il s'acharne sur moi, toujours sur le même thème : " Oligarchie anglo-saxonne aujourd'hui, ploutocratie juive autrefois : mêmes slogans antirépublicains, sous couvert de radicalité sociale " ou encore " Aucun chantage à l'antisémitisme, juste une remarque, avec laquelle on est d'accord ou pas. Comme cette remarque-là : tout antisémite a son juif comme caution, alibi, prétexte ". Je sais que le fait d'avoir une fille juive ne fait rien à l'affaire. Cependant Monsieur Emmanuel Mousset, si le fait de se sentir exaspéré par Minc (qui a sorti un livre qui appelle à la suspension de la loi de 1905 pour mieux intégrer les musulmans !), Attali (l'homme qui vit dans les aéroports, dixit Zemmour) et BHL fait de vous un antisémite, il va falloir instruire un procès de Nuremberg géant où 95% de la population française est amenée à comparaitre ! Enfin  c'est vrai que je prône une alliance des souverainistes de gauche à droite, contre les partis du " système ", que monsieur Mousset appelle les partis républicains. Sans être dogmatique comme E.Mousset, j'essaie d'être à moi-même un laboratoire d'idées, pour l'instant je n'ai pas de convictions définitives. J'ai écouté Philippot sur i Télé cet après midi, je le trouve malheureusement tellement plus pertinent que toutes les personnalités du PS, qui essaient toujours de trouver des alibis et des excuses à la politique ultralibérale qu'il mènent. Sans parler de LR qui assume sans complexe son option ultralibérale. Non les deux personnalités que je trouve les plus pertinentes sont effectivement Mélenchon et Philippot, pourquoi n'arrivent ils pas à s'entendre ?
Nous sommes là en cœur du sujet : est-ce ma faute si mon corps finit toujours par réagir par la dépression comme résultat de tout conflit ? Ce n'est pas ma volonté qui est décadente, c'est l'ensemble de mon corps, qui me trahit depuis que je suis adulte. J'ai une explication matérialiste à ça : la construction du psychisme est purement matérielle, on ne contrôle pas les affects et les émotions qui viennent vous détruire ou non, à la suite d'un conflit. Absurdité et hasard président à la construction matérielle d'un caractère, qui ensuite tout au long de votre vie va vous accompagner pour vous aider ou vous détruire. Ce qui me console, c'est que le caractère de Nietzsche, ton mentor, a finit par le détruire lui-même. Bien fait pour ce méchant homme !
Et puis quand je rentre dans le jeu du conflit, j'ai envie de détruire mon adversaire, le détruire au point d'en avoir des " pulsions de meurtre ", une telle intensité des émotions finit toujours par avoir raison de mon corps, et provoquer un genre de dépression plus ou moins intense. C'est là que l'on voit la différence entre un corps décadent et un corps sain : tout dans cette existence terrestre n'est que pure matière, combinaison plus ou moins heureuse d'atomes, en fonction de l'amour ou de la haine que l'on a reçu en partage au moment de la constitution du caractère, sachant que la haine sépare et que l'amour réunit. Visiblement Nietzsche et moi avons un corps décadent, marqué par la haine et le ressentiment, visiblement malgré les apparences, tu as un corps aristocratique, marqué par l'amour et l'adhésion au monde réel, dans le grand "oui " nietzschéen.

lundi 6 juin 2016

Pour un vrai clivage gauche/droite

Enfin Kant aura-t-il réussi à imposer au moins à l'échelle de la France et de son école, l'idée centrale du protestantisme, celle de l'autonomie de la conscience, donc à accentuer l'individualisme et l'individualisation qui sont la norme en régime économique libéral, contre l'idée de communauté du catholicisme et contre bien sûr, l'idée de collectivisme propre au marxisme, contre enfin l'idée de Cosmos grec.
Je pense que nous nous sommes coupés du milieu que représentait la nature, et que nous vivons dans un milieu artificiel dominé par l'économie de marché libérale, qui influence nos comportements dans la vie de tous les jours
Nous nous sommes coupés de la vision idéale et préférable d'un cosmos grec, pour une vision kantienne et individualisée de l'être au monde, basée sur l'autonomie de la conscience et le salut par soi-même et pour soi-même exclusivement, en gros nous ne sommes plus catholiques (universels), mais des monades coupées les unes des autres, nous sommes devenus des protestants, à notre insu. Le libéralisme économique est le cheval de Troie de cette métamorphose.
Seul le FN serait-il peut-être capable d'effectuer une contre révolution salutaire de cette idéologie 68 du chacun pour soi et du tous contre tous, espérant que le FN apporte l'électrochoc nécessaire et que le débat politique se polarise sur une véritable opposition gauche/droite, droite des valeurs traditionnelles, catholiques et françaises, représentée par le FN, gauche des valeurs de solidarité et de partage, matérialisme marxiste, représenté par Mélenchon. Et qu'enfin tombent dans l'oubli, et les oubliettes de l'Histoire le funeste PS " réformiste " libéral, et son pendant de droite LR et son fanatisme libéral dénué de toute valeur traditionnelle, désormais. Conflit stérile de deux partis, deux faces d'un même Janus libéral et " chevaux de Troie " protestants et kantiens accessoirement.
Je ne suis pas complètement naïf, et je sais bien que la limite de mon raisonnement est qu'un parti marxiste n'accepterait pas le clivage gauche/droite, et a des pulsions totalitaires. Et que le FN sans doute non plus n'accepterait ce clivage. " Ni droite ni gauche " dit-on de tout parti d'extrême droite, aux pulsions forcément totalitaires, comme le marxisme-léninisme fut totalitaire d'ailleurs. Mais je prône un clivage gauche/droite, avec une droite dans son rôle de protectrice des valeurs traditionnelles et une gauche défendant des valeurs de partage et de solidarité Or aujourd'hui cela ne veut plus rien dire : le clivage actuel est complètement phagocyté par l'idéologie libérale, c'est un Janus libéral à deux visages qui sont strictement les mêmes PS et LR bonnet blanc, blanc bonnet, le peuple le sent et envoie des œufs sur Macron à Montreuil. Il faut repenser tout le paysage politique en France, avec les forces en présence. Je préfère prendre le risque d'une contre-révolution réactionnaire emmenée par le FN, et tempérée par un parti authentiquement de gauche représenté par Mélenchon, que continuer dans la voie du libéralisme fou, et de la mondialisation destructrice de l'espèce humaine à plus ou moins long terme. Il y a plusieurs hypothèses possibles, effectivement l'idéal serait un clivage souverainistes/libéraux. Ainsi pourrait-on dépasser l'aspect totalitaire potentiel du FN et du front de gauche, qui se sublimeraient dans le souverainisme, et l'idée de l'héritage de la nation, contre le nihilisme des libéraux inféodés à la mondialisation et tout ce que cela comporte : Europe de Bruxelles ultralibérale, et de façon plus éloignée Amérique ultralibérale, mais même là-bas des mouvements sociaux se font sentir, et le mécontentement gronde avec Sanders et Trump, qui sonnent la révolte des Américains contre l'oligarchie.


Sur la prédestination des prénoms

On m'a rapporté des propos de Zemmour, sensés une fois de plus, comme quoi la quasi totalité des parents musulmans donnent des prénoms musulmans à leurs enfants. Adultes, pour la plupart, ils voudront garder leur identité musulmane, peu compatible avec une identité française, fondée sur l'assimilation. Et même les parents juifs dit-il de plus en plus, donnent à leurs enfants des prénoms juifs, ce qui prophétise-t-il à juste titre, provoquera pour beaucoup leur Alya. Personnellement, on m'a appelé Erwan, et ce prénom fut un obstacle à mon intégration, je me retrouvais plus breton que français, sans l'avoir demandé. Sans compter que mes parents ne m'ont même pas fait baptiser, ni donné aucune éducation religieuse, je suis un fruit de la rupture due à l'idéologie de 68.

Un individualisme paroxystique, d'origine protestante

Je perçois de l'ironie dans tes propos, destinés à tourner en dérision le pessimisme contemporain, l'état de panique généralisée, et l'hypersensibilité au malheur, dès que se produit la moindre intempérie. Dans le cas des inondations citées, événement somme tout banale, ton ironie est justifiée, mais ne prends pas le thème de la fin du monde à la légère.
7 milliard d'humains à l'heure actuelle, auront réussi à épuiser (en un siècle) les ressources fossiles que la planète avait mis des centaines de milliers d’années à “économiser”. Au milieu ou à la fin de ce siècle, toutes ces énergies se seront volatilisées en pourrissant au passage le climat terrestre.
Concernant les autres espèces vivantes, nous laissons derrière nous un gigantesque cimetière.
Certes, la population peut encore augmenter, il “suffit” de procréer, mais alors dans quelques siècles, nous disparaîtront faute de ressources. On peut sauver la vie sur Terre, mais en sacrifiant l'espèce humaine néfaste pour son milieu : la seule espèce animale néfaste pour son milieu.
Toute espèce “intelligente” finit-elle par s’autodétruire ? C'est une hypothèse développée par certains scientifiques, c'est pour cela que nous ne trouvons trace, et selon ces scientifiques ne trouverons jamais trace, de vies extra-terrestres intelligentes dans l'univers, car si il y en a eu, elles se sont autodétruites. Les scientifiques en question l'ont formulé en loi : toute civilisation intelligente est fatalement condamnée à s'autodétruire dès qu'elle atteint un certain niveau de développement, il n'y a pas d'alternative.
Il ne s'agit que d'une hypothèse et beaucoup d'autres hypothèses circulent sur le fait que nous ne trouvions pas trace d'une vie extra-terrestre intelligente, ni de vie extra-terrestre tout court, ailleurs que sur Terre.
Je perçois encore une grande ironie dans tes propos, pour toi le monde est simple : il y a les cons et il y a toi, tu as réussi à te construire ainsi, et je respecte ce mode fonctionnement, car ça marche, beaucoup mieux que pour moi, qui éprouve de l'empathie même pour les cons - mais je psychologie, pardon. Mais identifions-nous même aux cons, que pèse de toute façon l'intelligence de l'individu, face à la puissance du système qui le broie ? C'est le système qui désormais a sa propre logique, son propre caractère, qui a créé un nouveau milieu, et auquel on arrive à s'adapter ou pas, la nature est de plus en plus éloignée des préoccupations de l'humanité. L'humanité a quitté un milieu naturel pour un milieu artificiel : d'où les réactions de panique et de plainte, quand la nature reprend ses droits, comme l'épisode des inondations L'humanité a créé un nouveau milieu donc, dont le paradigme économique est le libéralisme, sans contestation possible, et dont le moteur est le progrès techno-scientifique. Je ne remets pas en question le progrès techno-scientifique, peut-être je dis bien peut-être, le salut viendra-t-il de là. Mais le paradigme économique est à remettre en question, car même si nous allons tous collectivement vers l'abîme, à cause précisément du progrès, qu'au moins les conditions de vie de la majorité, ne s'apparentent pas à celles d'un système disciplinaire concentrationnaire, dont les DRH et les cadres seraient les kapos. Je te parle encore une fois de réalité ressentie, et non pas de réalité formulée, car cette réalité ressentie, tout le monde la ressent confusément, mais très peu de gens osent ou n'ont le temps ou le loisir, de se la formuler à eux-mêmes. Tu ne sauveras pas le monde, ça c'est évident, mais tu as réussi à te sauver toi-même, n'est-ce pas ce que toute philosophie kantienne digne de ce nom, exige.

dimanche 5 juin 2016

Libéralisme et propagande

Inégalités : 1% de la population mondiale possède plus que les 99% restants.
" Sont-ce là les prémisses d'une nouvelle révolution à la soviétique ? " Sous-entendu que pour un libéral il n'y a pas d'autre alternative à ces deux modèles : libéral ou soviétique. Car cela lui permet d'organiser sa propagande pro-libérale, en mettant en avant les massacres du communisme.
" La réussite contrarie, elle crée des envieux, des morts de jalousie, normal " : autre élément de propagande
" L'intelligence, les capacités, les aptitudes n'ont pas été distribué équitablement par dame nature, c'est tout " : encore un élément de la propagande libérale.
Hypothèse par l'absurde : les inégalités sont légitimes, dans un régime libéral, donc je suis tout à fait d'accord avec Emmanuel Mousset dans son soutien inconditionnel au PS de gouvernement et à Macron en particulier.
De toute façon, pour rester " républicains ", les Français seront poussés par la propagande de bientôt voter à droite à toutes les élections. Car entre l'original libéral (LR) et la copie libérale (PS), les gens choisiront toujours l'original et c'est normal. Dernière chose, je ne veux pas stigmatiser outre mesure les Anglo-saxons, mais si ils peuvent se permettre de soutenir un idéologie libérale forte, et préconisent un Etat non-interventionniste en matière économique, c'est parce que dans leur histoire, qu'elle soit celle de la Grande-Bretagne ou celle des Etats-Unis, l'ethnie anglo-saxonne d'origine germanique, a toujours gardé l'hégémonie sur les autres communautés.
Autre chose, on accuse souvent les juifs d'être ploutocrates, mais qu'est-ce qu'être juif ? Shlomo Sand, avance l'hypothèse que l'idée d'une ethnie juive ou d'un peuple juif fait partie d'un récit fondateur mythique. Il met en avant l'importance des conversions et du prosélytisme pendant des siècles dans la constitution des populations de confession juive. Avant d'être même une ethnie, sans parler de " race " bien sûr, l'identité juive est avant tout un religion, une culture et une façon éthique et originale de se positionner face à l'altérité, cela peut même être une mode pour certains, quand les conditions socio-économiques, mais surtout politiques, sont favorables.
Donc si les Anglo-Saxons  constituent une ethnie - à la différence des juifs - qui a énormément de mal à se mélanger, cela pourrait constituer sa particularité et l'explication mais pas la seule, du génocide des Indiens d'Amérique et du racisme institutionnalisé par la société américaine pendant de nombreuses années, et dont il reste des traces. A la différence des Espagnols et des Portugais qui se sont mélangés aux populations autochtones, non sans les avoir massacrées en partie. Mais enfin il y a bien deux Amérique, une Amérique riche et fortement blanche et anglo-saxonne du nord, et une Amérique pauvre, et fortement métissée du sud. Autre forme de discrimination dans les mots quand on parle de l'" Amérique ", on ne parle généralement que de l'Amérique riche, celle du nord, et exclusivement même des Etats Unis, à l'exclusion du Canada, riche mais peu peuplé en comparaison. Mais bon, si les Anglo-Saxons donc constituent une ethnie fortement soudée, cela explique le fait qu'ils n'aient pas besoin d'un Etat fort et interventionniste sur le plan économique, au contraire des Français, qui ne constituent pas une ethnie et se sont toujours construits à partir d'un Etat souverain, capable de les fédérer entre eux. Paradoxalement un Etat souverain, pourrait davantage faire le bonheur des immigrés en France à long terme, que l'Etat libéral sous influence anglo-saxonne, que nous connaissons actuellement, toujours susceptible de déboucher sur la guerre civile, car non conforme à l'identité française.

samedi 4 juin 2016

Poser la question du malheur et de l'aliénation au travail

Le conflit et les malheurs, on n'en a pas fini avec ça, ni avec le problème des réfugiés, qui est un problème parmi d'autres posé par la mondialisation, le FN focalise dessus et il fait bingo électoralement. Je suis sur un plan politique favorable à l'union des souverainistes de droite et de gauche, je me sens plus proche du FN politiquement et idéologiquement que du PS. Mais je préfère Mélenchon au FN, car j'ai une sensibilité de gauche. A moins comme le pensent certains, que Mélenchon ne soit qu'un écran de fumée manipulé en réalité par le PS pour siphonner des voix FN. Il est venu le temps que la France se réapproprie sa propre identité " éternelle " : c'est-à-dire l'unité de la France contre la guerre civile. La France a toujours été de tout temps dans son Histoire, la seule alternative au modèle anglo-saxon. Aujourd'hui on est complètement dans les choux. Après on verra si le modèle français, si il s'impose à nouveau en Europe et fait tâche d'huile à l'échelle du globe, sera capable ou non, d'éviter l'extinction de l'espèce humaine - car il ne s'agit de rien de moins que de ça - programmée par la cupidité et l'égoïsme, du libéralisme depuis ses origines anglo-saxonnes, il y a 300 ans. Rajoutons la responsabilité écrasante du kantisme, dans la situation où nous sommes actuellement, et malheureusement celle de Descartes aussi. Je prône un idéal de la Renaissance, dont Montaigne pourrait servir de vecteur et de modèle, de renouveau de l'idéal cosmologique gréco-latin, réhabilitant la notion de destin, de fatalité. Contre l'idéal des Lumières d'un sujet libre et autonome, constructeur de ses propres vérités, sous l'égide de l'intention pure, et complètement affranchi -illusion funeste - de tout destin, de toute fatalité, de tout caractère pour parler comme Schopenhauer. Alors que précisément la fatalité de notre civilisation mondialisée est d'aller vers sa propre destruction. Ce que commencent à voir et dont prennent conscience, de plus en plus d'intellectuels et artistes, à travers le monde.
L'école ne nous sauvera pas, à moins d'une grande réforme des mentalités, car la plupart des enseignants plaident pour une école amorale plutôt que morale, admettons. Mais pour ce qui est de la pure discipline sans affects, dans son développement le plus extrême, les nazis avaient écrit "le travail rend libre " sur le fronton du camp d’Auschwitz, non que je cherche à discréditer les enseignants - dont je fais partie - en atteignant le point Godwin, et en les comparant à des nazis. Je sous-entend que ce n'est pas la faute des enseignants, ils sont globalement imprégnés d'idéologie kantienne, c'est donc, en étant un peu simpliste, directement la faute de Kant, entre autres : puisque selon Onfray, ou plutôt Adorno le premier, repris par Onfray et il a raison, " Sade est le chaînon manquant entre Kant et le nazisme ". Mais comme je l'ai déjà expliqué, la mondialisation en détruisant toutes les formes d'altérité et de différences a déjà commencé, je dis bien seulement commencé, mais par une logique qui va suivre son cours comme un destin, à transformer la planète en un vaste camp de discipline concentrationnaire, représenté par le monde du travail, comme le montre le chef d'œuvre cinématographique La loi du marché de Stéphane Brizé, et sans " lignes de fuite " deleuziennes possibles. Je ne ferai ni la morale, ni de psychologie à Emmanuel Mousset, car de toute façon je sais qu'il ne changera jamais en quoique ce soit, en bon kantien qu'il est, persuadé d'être libre de toute détermination, se fiant uniquement à son intention et à sa bonne volonté pour toutes les actions qu'il effectue.

Droit à la différence ou assimilation ?

Je crois me souvenir que Michelet définissait la Grande-Bretagne comme un empire, l'Allemagne comme un peuple, et le France comme une nation. A la différence de l'Allemagne, la France dès l'origine est composée de plusieurs peuples hétérogènes, Basques, Bretons, Corses pour ne citer que les plus " activistes ", virulents et caractéristiques, mais il y en a bien d'autres, comme les Berrichons par exemple. La France est une mosaïque. Ces peuples se sont unis peu à peu par l'Histoire de la nation française. Cette nation fut appelé " la grande nation ", il en a fallut du temps et de la patience, de la ruse et de l'astuce, à nos rois puis nos dirigeants républicains pour fédérer tous ces peuples. Il a fallu notamment une Révolution, un nombre incroyables de guerres civiles, rien ne fut jamais acquis. Le nouveau défi que s'est fixé le pays, ou plutôt que la mondialisation lui a peu à peu imposé, et encore avant, que lui a imposé la décolonisation, est d'accueillir une population massive venue d'Afrique de nord et du Moyen-Orient principalement. On le voit la greffe a tellement de mal à prendre, que les autochtones sont en mal d'identité, perdent peu à peu des pans entiers de leur culture, et que les populations nouvelles venues et allogènes, se replient sur leurs identités multiples, particulièrement l'islam. Le tableau n'est guère réjouissant : le modèle républicain d'assimilation est en panne. Emmanuel Mousset se propose de le remplacer par un multiculturalisme ou communautarisme à l'anglo-saxonne, il rompt avec le modèle français et une fois de plus se tourne vers le modèle de ses amis (?) américains. Sachant que dans le modèle anglo-saxon, il est hors de question de valoriser outre mesure les autres communautés : la communauté anglo-saxonne a toujours su garder l'hégémonie sur les autres communautés, dans un premier temps en Grande-Bretagne, avec les Gallois, les Écossais et les Irlandais sous la férule des Anglais, et dans un second temps reproduisant le même modèle aux Etats-Unis, sous la suprématies des WASP. Or précisément il n'y a pas de groupe ethnique français, comme il y a un groupe ethnique anglo-saxon. Le modèle français ne peut fonctionner qu'avec l'assimilation, c'est-à-dire au respect par les nouveaux arrivants, des coutumes et valeurs des autochtones, qui sont les valeurs de la république. C'est peut-être triste, mais c'est comme, ça. Et le contraire de ce modèle, qui est en train de se produire, est un des multiples facteurs du " suicide français " en cours, mais pas le seul loin de là, du nom d'un ouvrage d'un de nos polémistes en vogue. A trop se focaliser sur la question d'ailleurs, on fait grimper un parti dit populiste et souverainiste, qui n'a selon moi plus rien de fasciste d'ailleurs, comportant cependant des caractéristiques inquiétantes, mais cela me semble d'une logique implacable et absolument irrémédiable. Il ne suffit pas de clamer " il faut ", " il faut ", et faire preuve de bonnes intentions, il s'agit aussi accepter la réalité historique d'une nation et respecter sa logique.

jeudi 2 juin 2016

Faut-il changer de paradigme ?

Je suis plutôt réfractaires à ces idoles issues de l'immigration que l'on ne cesse de nous vendre, même si certains sont doués d'un grand talent comme Abdel Malik, mais comme ils sont là, ils faut bien qu'ils vivent et qu'ils créent, et que ceux qui sont là y restent, et y vivent bien, dans le meilleur des cas. Je suis globalement d'accord avec Max, pour une fois, et opposé comme lui au multiculturalisme. Effectivement je serais pour l'épanouissement de tous les autochtones de la planète, dans leur milieu. Pour cela il faut imaginer le développement économique et la valorisation de tous les milieux et cultures qui composent la planète, l'éradication des guerres causées le plus souvent par les pays occidentaux en vue de leur propre intérêt, et la régulation des dérèglements climatiques causés principalement par les pays riches, par la pollution qu'ils dégagent, et qui vont nous apporter des flux de migrants climatiques. A ce niveau de réflexion je rejette l'idée que l'immigration soit " une chance pour la France ", idée d'ailleurs que Mélenchon rejette lui aussi dans le contexte actuel. Enfin je pense comme Zemmour et Finkielkraut, que l'identité française constitue un équilibre fragile à protéger du multiculturalisme abusif de la société en cours.
Absurdité du système créé de toute pièce par un sujet moral kantien, libre (laissez moi rire !) ; absurdité des constructions humaine lorsqu'elles ne se définissent plus par rapport à un Cosmos et une commune mesure, elles débouchent sur l'" ubris " à l'œuvre dans notre système capitaliste. J'oppose une philosophie basée sur le Cosmos, une philosophie grecque, où il y a des limites à ne pas dépasser, comme le destruction de la planète, et où la quête de la vérité consiste en un dévoilement, et une philosophie post kantienne basée sur la liberté du sujet autonome, capable et libre de toutes les constructions, sans aucune restriction, où seule compte l'intention, et où la vérité est conçue comme construction humaine. On voit le résultat, dans un premier temps la destruction des pays qui composent l'Europe, notamment par l'immigration et la destruction de leurs identités - mais ce n'est qu'un aspect sur lequel il ne faut pas se focaliser comme le FN, qui emporte ainsi l'adhésion d'environ 30 % des électeurs - et dans un second temps l'extinction de l'espèce humaine.
J'en appelle aux lecteurs de ce blog qui majoritairement semblent rejeter le libéralisme en particulier, et Macron comme un de ses représentants les plus emblématiques, en général. Il faut voter Mélenchon, quoiqu'on en pense, j'ai lu son programme c'est très cohérent et c'est le seul qui a un certain poids électoral. Il est crédité de 14 % dans les sondages juste derrière Hollande, on peut faire monter la dynamique, chacun à son petit niveau local, pour qu'il se retrouve devant Le Pen, et arrive au second tour face à Juppé et là tout est possible, même un réveil populaire inespéré. 28% pour Le Pen pour l'instant et 41 % pour Juppé. En espérant qu'au second tour par rejet de l'oligarchie et de l'Europe telle qu'elle s'est construite de renforcement de cette oligarchie, les électeur de Marine Le Pen se tournent massivement sur Mélenchon. Tout est possible, chers lecteurs de ce blog, haut les cœurs, on peut y arriver, et nous n'avons plus le choix, car le temps est désormais compté. Si tout le monde acceptait l'idée, pourtant la seule valide, que la formation des idées est un processus matériel, si nous étions cohérents avec nous même et nous réclamions d'un modèle de justice et d'équité, nous vivrions plus sous un modèle socialiste que libéral. Qui a intérêt à ce que le processus matériel de formation des idées soit reconnus, plutôt que de l'envelopper dans une brume idéaliste, spiritualiste comme le fait Emmanuel Mousset, ou pire encore religieuse, comme le fait BHL ? Ce sont les hommes épris de liberté et de justice, oui mais liberté dans un cosmos, pas liberté de détruire la planète, comme vont le faire à leur insu peut-être, les oligarques. Dernière chose, Mélenchon a une véritable formation philosophique, au contraire de Macron qui est un faussaire, Balibar ne le connait même pas : " Plusieurs éléments de sa biographie ont fait l'objet d'incertitudes et de contradictions. Ainsi, il a prétendu avoir réalisé un mémoire sur l'intérêt général, en rapport avec la philosophie du droit de Hegel, sous la direction d'Etienne Balibar, mais ce dernier indique ne pas avoir de souvenir ni de trace de cet épisode. De même, plusieurs articles biographiques indiquaient sa condition de normalien, qui s'est avérée inexistante. "
https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Macron
Il ne faut pas viser la guerre civile, car cette pensée est clivante, avec des types clivants (le vieux conflit Staline/Hitler) on est foutu, je vous le dis unité et non violence, la violence a discrédité l'hypothèse socialiste, il faut la réhabiliter. Il faut réhabiliter l'hypothèse socialiste et bannir toute forme de violence.


Ne suis-je qu'un ectoplasme protéiforme ?

Qui me dit que j'adhère à ce que je dis ? Je ne suis peut être qu'un ectoplasme protéiforme... ou un hologramme sensible. Je préfère ectoplasme protéiforme, hologramme sensible ça fait trop nouvelles technologies et science fiction. C'est pourtant beaucoup plus crédible. Et envisagé par des physiciens très sérieux. Des physiciens émettent l'hypothèse (je crois me souvenir qu'une expérience de physique qui doit durer plusieurs dizaines d'années est en cours) que notre univers est une simulation. Et nous des petites IA apeurées.
On peut absolument tout imaginer puisque nous n'avons aucune certitude d'un principe qui donnerait sens à notre existence
La seule chose que l'on peut affirmer c'est que la réalité absurde à laquelle nous avons accès obéit a des lois purement matérielles, que la pensée, les idées, peuvent renvoyer par hypothèse à un monde idéal, mais que dans la réalité même elles sont le résultat d'un processus matériel, celui de notre confrontation d'une conscience a un milieu, milieu qui est matériel. Ce milieu dans le cas de l'homme moyen est presque exclusivement le monde du travail et dans une moindre mesure le monde des loisirs et de la famille, il faudrait ajouter que le monde des loisirs est aliénant, abrutissant de bêtise, et souvent surexposé à la publicité, qui est un surgissement dans l'intimité du monde capitaliste qui vient vous réclamer des sous, comme si ils n'en avaient pas assez comme ça !
Si tout le monde acceptait l'idée que la formation des idées est un processus matériel, si nous étions cohérents avec nous même et nous réclamions d'un modèle de justice et d'équité, nous vivrions plus sous un modèle socialiste que libéral. Qui a intérêt à ce que le processus matériel de formation des idées soit reconnus, plutôt que de l'envelopper dans une brume idéaliste, spiritualiste comme le fait Emmanuel Mousset, ou pire encore religieuse, comme le fait BHL ?
Le système libéral aboutit à la constitution d'une réalité, ou précisément l'homme moyen se vit comme aliéné, coupé de la réalité, et où il imagine des scénarios à la Matrix .
Car seule une micro élite a accès à la réalité, à une conscience qui embrasse l'ensemble du monde. Pour la majorité la réalité apparaît comme fragmentaire, aliénante. L'homme moyen a seulement l'intuition de son aliénation mais il n'ose se la formuler, ou n'en a pas les moyens. Il n'en demeure pas moins que l'on peut tout imaginer comme hypothèse de principe du monde purement matériel et absurde dans lequel nous vivons
Le film Matrix est basé sur cette intuition de son aliénation par l'homme moyen, sans qu'il puisse aucunement en embrasser les causes. Or les causes c'est la structure capitaliste des rapports de production. Rapport de production où la majorité des travailleurs accomplissent des tâches absurdes liés à la valeur d'échange et non à la valeur d'usage. Mes grands parents étaient beaucoup moins aliénés que moi, car ils accomplissaient un travail basé sur la valeur d'usage, dans un paradigme catholique, donc rassurant.
Il y a aussi l'excellent film de Woody Allen, Match point, qui montre le fossé abyssal en terme d'être au monde, entre l'oligarchie et un homme moyen, qui finalement ne peut rejoindre l'oligarchie que par le crime et ce crime est aveugle, et cyniquement l'homme moyen y arrive dans le film. Le film de Woody Allen est pratiquement communiste dans sa dénonciation du caractère pervers du capitalisme, car il montre que le régime oligarchique, et ses conditions de maintien au pouvoir, reposent sur le crime, ou encore que l'amour des forts - l'amour au sein de l'oligarchie, que je ne nie pas - repose sur le crime des faibles - les faibles sont aliénés et manquent d'amour donc ils tuent aveuglément dans le cadre de la rivalité mimétique. Il montre aussi que finalement les seuls qui ne soient pas pervers mais sains finalement, ce sont les oligarques eux-mêmes, car leur pensée n'est pas aliénée, mais elle embrasse l'ensemble de la réalité du monde de façon globale. Bien sûr il doit y avoir quelques oligarques qui sont pervers, pour qui compte dominer pour dominer, exploiter pour exploiter.
La perversion est causée par une pensée tordue. Zuckerberg n'est pas pervers apparemment, cela se voit à son visage ouvert. Si Zuckerberg est valorisé c'est que désormais chaque pensée est individualisée, dans un cadre kantien, et on se fie à l'apparence des choses, à l'intention : peut-être que les intentions de Zuckerberg sont pures, mais est-ce là le problème ? Cadre kantien donc, plutôt que de chercher l'origine ou le fondement dans une perspective métaphysique plus gréco-latine ou encore heideggérienne - pensée totalement discréditée par le nazisme -, pensée conçue comme " alètheia ", dévoilement,  et non comme construction individuelle dans le cadre d'un idéalisme kantien qui suppose l'idée de liberté. Oui mais voila la liberté n'existe pas ou peu ou pas lorsque les rapports de production entre les hommes le fruit de leur travail ne leur revient pas ; encore une fois "le kantisme a les mains pures, mais il n'a pas de mains ". L'homme moyen a une conscience de lui, chosifiée, réifiée, par les rapports de production pervers, donc les idées et la pensée qui en résultent sont pervers. Dans des rapports de production qui reposent sur le dualisme, création/destruction, où les travailleurs sont constamment menacés d'être " détruits", car leurs emplois sont menacés par l'innovation inhérente au capitalisme, et où les salariés sont pensés en terme de coût, donc se retrouvent les ennemis du capital, au lieu d'être pensés en termes de bénéfices pour le capital : où donc l'oligarchie envisage les salariés comme des hors-la-loi, c'est-à-dire comme ennemis des bénéfices, des ennemis pour qui ils n'ont aucune pitié, car l'oligarchie est mue par l'égoïsme, la cupidité. Émotions qui par rivalité mimétique se transmettent aux salariés qui se font la guerre sur leur lieu de travail. Comme pour être compétitif il faut réduire les coûts, il est évident que l'on est pris dans une spirale, où il faudra toujours réduire les salaires, si on ne change pas de paradigme.
L'approche réformiste socialiste est une approche de fluidification du système capitaliste, de dégrippage de la machine, dans la perspective de réduire le chômage mais pas du tout dans une perspective de changer le système pourtant cause de tant de misère et d'aliénation, l'approche réformiste est exclusivement libérale, elle n'a plus rien de socialiste.
En système capitaliste il y a une petite élite qui a conscience de soi, tout le reste de la population pratiquement - sauf quelques profs reconnus, chercheurs et scientifiques, artistes ou écrivains - est aliéné et en réalité, effectivement, réduit en esclavage. Les cadres et les DRH sont un peu les kapos d'un tel système finalement concentrationnaire, dans son système de répartition des tâches. C'est pour cela que je dis toujours que c'était mieux avant mieux du temps des aristocrates, et encore mieux du temps des Grecs, le système n'était pas concentrationnaire, il y avait pour parler comme Deleuze toujours des " lignes de fuite ", or aujourd'hui nous sommes enfermés par la mondialisation, il n'y a plus de " lignes de fuite ", car il n'y a plus de différence, d'altérité.
On est victime de la propagande scolaire. Les gens ont fait l'Histoire jusqu'à maintenant, or nous sommes tellement aliénés que l'homme moyen sort de l'Histoire. Je dis que les hommes autrefois faisaient l'Histoire, qu'aujourd'hui ils sont trop nombreux pour avoir la moindre valeur autre qu'une valeur d'échange et non une valeur d'usage. Valeur d'usage voulant dire que l'homme s'accomplit dans son travail alors que dans le cadre de la valeur d'échange il est aliéné : il ne s'accomplit plus dans son travail car il n'en connait plus ni les finalités ni les causes. Le travailleur est pris dans un système ou il ne peut même plus s'accomplir dans son travail, où il est constamment surveillé, harcelé, instrumentalisé, réifié et chosifié, comme le montre l'excellent film La loi du marché. Comme il ne s'accomplit plus, sa conscience est aliénée. Conscience de soi dont de toute façon l'obsolescence est programmée, tout comme l'obsolescence des biens de consommation qu'il fabrique est programmée : absurdité du système créé de toute pièce par un sujet moral kantien, libre ; absurdité des construction humaine lorsqu'elles ne se définissent plus par rapport à un cosmos et une commune mesure, elles débouchent sur l'ubris à l'oeuvre dans notre système capitaliste.
Il valait mieux être esclave dans l'antiquité que salarié aujourd'hui, malgré la propagande officielle.
Des esclaves grecs furent de grands philosophes qui ont traversé l'histoire comme Epictète, beaucoup aujourd'hui sont juste sensibles à la propagande officielle, pense qu'autrefois il y avait de l'esclavage et plus maintenant ; en réalité c'est de pire en pire.
La propagande du capitalisme, de l'oligarchie libérale, propagande dont je subodore l'existence dans la réalité, la publicité par exemple est le surgissement du capitalisme dans l'intimité des gens pour leur réclamer encore plus de sous, comme si les capitalistes n'avaient pas assez d'argent comme ça ! 

lundi 30 mai 2016

La bataille de Verdun et les pauvres

En ce moment, on commémore le centenaire de la bataille de Verdun. La plupart des morts avaient un niveau culturel bas... des gens de peu, éventuellement morts à Verdun... qu'aurait dit Macron de ces gens là, les aurait-il méprisés ? Les pauvres de tout temps c'est juste bon à faire de la chair à canon, là on les honore. Sinon en paradigme capitaliste, les pauvres et plus généralement les salariés et les chômeurs sont estimés en termes de coût. Ce sont les ennemis des bénéfices redistribués entre dirigeants et actionnaires, ce sont donc les ennemis de la croissance et donc du capital et donc de l'oligarchie qui se trouve derrière, qui voudrait bien les remplacer par des machines, moins coûteuses et surtout moins remuantes et revendicatrices. Plus les coût seront bas (le travail), plus les bénéfices hauts (la plus-value qui résulte de ce travail), plus il y aura de la croissance. Mais croissance qui ne signifiera plus forcément emplois, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire : ou alors emplois précaires, intérim, et surtout remplacement du salarié par la machine. Les bénéfices sont de moins en moins redistribués dans les coûts, c'est-à-dire pour les travailleurs. On peut aujourd'hui à nouveau reparler d'exploitation en ce qui concerne les travailleurs. Les " 30 glorieuses " auront été l'exception, et l'exploitation des travailleurs la norme du capitalisme, qui a maintenant plus de 300 ans. Comme il n'y a plus de communistes à combattre, plus besoin de montrer aux populations une bonne image, et c'est à coups de schlague que seront désormais à nouveau traités les salariés et les chômeurs. Il est tout à fait légitime de dire aujourd'hui, " salaud de pauvres " ; c'est entré dans les mentalités, puisque la norme aujourd'hui est le libéralisme, et qu'il est devenu normal donc de considérer son prochaine avec malveillance, d'autant plus si il montre des signes de faiblesse : c'est ce que j'appelle la perversion. Et pire encore les pauvres sont souvent criminalisés : on a vu une chômeuse en Angleterre être condamnée à trois ans de prison ferme, pour avoir utilisé ses allocations pour partir en vacances. Pourra-t-on en dire autant de Cahuzac qui a commis des actes beaucoup plus graves : on peut le dire, justice de classe.
La question qui se pose est : le capitalisme est-il le système le plus conforme à la nature humaine, puisqu'il dure depuis plus de 300 ans ? Si la réponse est oui, cela veut dire que le vice, la compétition, l'égoïsme, la perversion même sont absolument constitutifs de la nature humaine, et sont seuls aptes à faire ciment dans la société, c'est-à-dire à unir les gens autour des conséquences de ces idées : la réalité socio-économique de la société. Notre société est le strict reflet d'une telle idéologie. Mais on peut avoir un doute ? Et si c'étaient le hasard et la contingence qui avaient permis le triomphe d'une telle idéologie. Et si l'entraide, la coopération pouvaient servir de principe à l'économie, et nous faire sortir du paradigme capitaliste ? C'est ce genre de question que devrait se poser le PS, qui ne se les pose plus depuis longtemps. Même les plus ultralibéraux, applaudissent des deux mains aux  "réformes " du PS, pourtant dans sa tradition réformiste y compris, censé atténuer les effets délétères du capitalisme. La loi travail ne les atténue pas, elle les aggrave. Donc le PS est mort, il n'a plus de légitimité, CQFD.
Autre conséquence, si la réponse est oui, à la question que j'ai posé au début. Alors la nature humaine n'est pas conforme aux conditions de sa survie sur Terre : qui impliquent coopération entraide et respect du milieu qui nous a vu naître. Et l'espèce est condamnée effectivement à disparaître.
Montebourg, je ne connais pas trop ses idées. Mélenchon a pu exposer récemment un programme cohérent sur France 2, auquel j'adhère. Mais derrière ce beau programme il y a malheureusement l'homme Mélenchon. Il a débuté comme trotskiste puis comme beaucoup a adhéré au PS de Mitterrand, et est devenu le plus jeune sénateur (le truc le plus réactionnaire à faire en politique) puis a voté Maastricht, il essaie de le faire oublier. Il a été ministre de Jospin et à ce titre a approuvé toutes les privatisations (le gouvernement Jospin est celui qui a fait le plus de privatisation). Et après 2002, où Le Pen est arrivé devant Jospin pour 300 000 voix, il s'est éloigné du PS. Difficile de faire confiance à un type comme ça. Mais il faut balancer aux traîtres socialos, le marxisme-léninisme à leur figure, car ils trahissent toujours les classes populaires, toujours, toujours. Comme on le voit de manière paroxystique avec Macron. Montebourg n'est peut-être qu'un écran de fumée pour nous faire oublier que d'un point de vue idéologique les socialistes sont toujours des " sociaux-traîtres". Je serais pour le communisme marxiste-léniniste si nous étions des hommes parfaits ou des dieux. Les paysans en Union soviétique ne foutaient plus rien, car ils étaient payés de la même manière. Ou alors, hypothèse par l'absurde, il faudrait un régime tellement dur à la Staline où on donnait des médailles aux meilleurs travailleurs, où Staline était comme un dieu pour son peuple, et où les Russes qui sont des gens très collectifs acceptaient d'avoir une salle de bain par pallier. Imaginons cela en France ! Le communisme est un messianisme, sauf que Staline qui incarnait ce messianisme est mort, et que les vers de terre le bouffent ! Il n'y a que Lénine, le pauvre, qui voulait être enterré auprès de sa mère, qui continue à faire la momie. La seule chose que l'on peut envisager c'est de proposer une union des souverainistes de Mélenchon au FN. Car seuls, aucun des deux, sauf événement exceptionnel, ne peut arriver au pouvoir et renverser ce système. Or l'urgence aujourd'hui, si l'on veut sauver la planète, c'est de renverser coûte que coûte le paradigme capitaliste, dont les bases sont l'égoïsme, le vice, la compétition et la perversion, par un paradigme basé sur l'entraide et la coopération, à l'échelle du globe. En espérant qu'un changement de paradigme en France fasse tâche d'huile sur l'Europe entière dans un premier temps, comme aux plus beaux temps de la Révolution française. De plus pour que les personnes se sentent concernées par ce qu'ils font, il est impératif qu'ils aient leur propriété privée.