mardi 9 janvier 2018

On nous cache tout, on nous dit rien


Moi : « Certes on se souvient que l'exploitation de la pensée complotiste dans la population allemande, permis de justifier la persécution de certaines catégories de la population, principalement les Juifs, cependant je crois que l'on a quand même le droit de faire preuve d'ironie face à cette campagne anti-complotiste qui semble un peu sortie de nulle part, non ? »

Moi : « C'est pas bien de croire qu'il y a des complots. Il n'y a jamais eu aucun complot de personne à l'égard de personne. Les riches par exemple n’accaparent pas les richesses, c'est faire preuve de complotisme que de penser cela... C'est mal (même si l'enrichissement des riches ne cesse de creuser un fossé plus profond entre différentes catégories de population, ouh là là là, mais je fais preuve de complotisme, ce n'est pas politiquement correct...)

le philosophe : « Un complot est quelque chose de caché, à partir de quoi on peut lui faire dire n'importe quoi. L'exploitation de l'homme par l'homme, par l'argent, le pouvoir ou tout ce que tu voudras, est une réalité millénaire, au regard de tous et acceptée par beaucoup. »

Moi : « Nos hommes politiques nous disent toujours la vérité, il n'y a jamais eu aucune volonté de manipulations chez eux. Personne dans toute l'histoire de l'humanité n'a jamais cherché à manipuler personne, puisqu'on vous le dit. Ouh là là là, si vous pensez le contraire c'est que vous êtes complotiste, il faut vous faire soigner mon gars ! Ne me dites pas qu'en plus vous regardez des séries comme « Mister Robot »...
D'ailleurs cette subite campagne médiatique à l'égard du complotisme, elle sort d'où ? Est-ce qu'il ne s'agirait pas d'un complot ? Ouh là là là, mais je vois des complots partout, il faut que je me fasse soigner... Dans l'Empire du Bien de Monsieur Macron, il ne peut y avoir de complots, car le mal n'y existe pas, et nous sommes tous égaux, féministes et antiracistes. Nous sommes tous bons. Que certains soient beaucoup plus riches que d'autres, qu'il y ait des disparités matérielles criantes entre les gens, n'est pas un problème... car ce sont les « premiers de cordée » qui créent les richesses, et ils sont profondément bienveillants à l'égard du reste de la population, puisqu'on vous le dit... Si vous pensez le contraire, c'est que vous êtes complotiste, il faut vous faire soigner mon gars, il faut consulter, je connais un très bon cabinet dans mon quartier... »

Moi : « Voilà le mot « Paranoïa ». Il est évident qu'en société libérale-libertaire, il n'y a pas d'injustices. Pensez le contraire est faire preuve de « paranoïa ». Oui Monsieur Bill Gates et consorts possèdent plusieurs dizaines de milliards d'euros à eux tous seuls... Mais ce sont des « premiers de cordée », ils s'enrichissent non pas pour leur pomme, mais dans l'intérêt de l'humanité entière, ils créent des richesses avec bienveillance. Vous pensez que l'environnement coure un grave danger ? Que l'idée d'une croissance infinie dans un monde fini nous mène à une catastrophe écologique ? Vous êtes un peu parano mon gars ! Vous devriez consulter... »

Moi : « Il ne peut pas y avoir d'injustices et de mensonges, car nous vivons dans l'Empire du Bien de Monsieur Macron. Penser le contraire est faire preuve de paranoïa. Les journalistes ne nous cachent rien, ils ne pratiquent pas l'entre-soi, encore une fois, si vous n'êtes pas d'accord, il faut consulter... Jamais un journaliste n'a menti et cherché à manipuler ses lecteurs, ce serait être un complotiste paranoïaque que de penser une telle énormité. Nous vivons dans un monde transparent et politiquement correct : c'est l'Empire du Bien de Monsieur Macron. »

Moi : « Nous sommes des héritiers directs de l'Eden sans passer par la chute, nous sommes tous des libéraux-libertaires. La faute n'existe plus sous l'ère Macron. Ne dirait on pas un dieu issu de l'Olympe ? Jupiter... Tous les possibles, toutes les virtualités peuvent désormais se réaliser dans un monde post chrétien délivré de la faute et de la culpabilité. Macron est un demi-dieu, voire un dieu, parmi les simples mortels. Il est beau, séduisant c'est une icône du progressisme sociétal, nous n’avons plus besoin du progrès social. Nous pouvons être heureux effectivement avec la pensée en chacun de nous de l'icône qu'il représente, pour nous autres pauvres mortels et des droits de l'Homme qu'il défend si bien, dans l'Empire du Bien et du politiquement correct. La peine, l'effort, la difficulté de gagner sa vie, toutes ces obsessions futiles du commun des mortels sont effacées au profit de l'impératif absolu d'être bon, gentil, bienveillant avec son prochain, surtout lorsqu'il... et même exclusivement quand il est différent, et mieux encore quand c'est une victime, une femme battue ou harcelée, un réfugié ou un migrant. Mais plus encore, bien plus encore il s'agit d'admirer notre divin souverain, afin de se donner du courage. On dirait un jeune empereur romain, non pas dévoré par l'ambition mais le souci de nous insuffler son optimisme et sa bienveillance débordants. »

Le philosophe : « Cesse d'avoir recours à l'ironie, parle franchement, beaucoup de personnes ne comprennent pas le second degré. »

Moi : « Tout le monde parle de la violence faite aux femmes, de la violence faite aux minorités ethniques, musulmans, juifs, noirs et que pourrait aggraver la pensée complotiste et les « fake news » (on se souvient que l'exploitation de la pensée complotiste dans la population allemande, permit de justifier la persécution de certaines catégories de la population, principalement les Juifs), dans un Etat de droit c'est normal. Mais personne ne parle de la violence de l'économie, et pour faire l'éloge d'une personne on souligne le fait qu'elle est riche, voire très riche. Or nous devrions aussi lutter contre le modèle de société productiviste et l'ubérisation qui s'amplifie et pour une meilleure répartition des richesses, voire une redistribution des richesses en direction des plus modestes. En outre le modèle productiviste de société, fait courir à la planète le danger d'une destruction progressive, sous l'effet d'une croissance économique aggravant sans cesse les problèmes de pollution, car l'équation d'une croissance infinie (postulée par la soi-disant « science exacte » que constitue l'orthodoxie libérale) dans un monde fini, en est une d'impossible à résoudre... Alors d'accord pour dénoncer le mode de pensée complotiste et les « fake news », car ils mettent en danger l'Etat de droit. Mais si l'Etat de droit ne sert qu'à finalement enrichir les riches et précariser les classes moyennes et les modestes, alors sa légitimité trouve là ses limites... Si l'Etat de droit est en réalité au service de l'économie, comme c'est totalement le cas aujourd'hui, alors il n'est pas tout à fait légitime, ce n'est pas ainsi selon moi que l'avaient pensé les premiers théoriciens du libéralisme politique. »

Moi : « En gros si l'Etat de droit que l'on peut caricaturer ironiquement, plaisamment et pertinemment en Empire du Bien ou en Empire du politiquement correct, est totalement au service d'un modèle productiviste d'économie et d'une ubérisation des conditions de travail, la campagne anti-complotiste pourrait ainsi être elle-même une manipulation dans le cadre d'une campagne plus vaste et qui n'avoue pas son nom de détricotage du monde du travail, même si voir le lien entre les deux problèmes, n'est pas évident pour tout le monde. Il s'agit d'ouvrir constamment des contre-feux pour faire oublier le problème principal : celui du détricotage du monde du travail. »

Le journaliste médiatisé : « Vous m'avez l'air sérieusement atteint. Mais je préfère vous laisser pérorer en toute liberté afin de faire comprendre le processus complotiste fonctionne. La défiance (en partie justifiée) envers les institutions, les médias en particulier, aboutit chez une partie de la population au sentiment qu'on lui cache des vérités terrifiantes, que nos braves démocraties, hyper-contrôlées par leurs Parlements et leurs médias ont la volonté et les moyens d'agir à la manière des dictatures. Tel n'est pas le cas. »

L'écrivain belge : « Mon objectif n'est pas d'entrer dans de tels débats : je n'ai pas affirmé souscrire à ces "théories" ou hypothèses, je tiens seulement à dénoncer les manoeuvres visant à les réduire au silence... L'ouvrage de Lentz, au sujet de l'assassinat de JFK pose par exemple bien des questions... Les complots ont toujours existé, ils jalonnent l'histoire, de l'assassinat de César à la Seconde Guerre mondiale, qualifiée à Nuremberg de "complot" par le Tribunal militaire international. Comment différencier les "vrais", les "bons'" complots des complots imaginaires - car il y en a également, bien entendu -, disposez-vous des critères ad hoc ? Pour le dire autrement, puisque cette campagne de presse s'articule autour d'une entreprise européenne visant à dénoncer les "fake news" : pourquoi une information provenant de Fox News serait-elle valable tandis qu'une information provenant de Russia Today ne le serait pas ? »

Moi : « La genèse de nos sociétés libérales-libertaires se situe en pleine époque féodale, il s'agissait de remplacer un ordre reposant sur la religion et la guerre, dont on peut bien penser aujourd'hui ce que l'on veut, par un ordre reposant sur le « doux commerce ». Nos théoriciens libéraux ont réussi au delà de toutes leur espérances, et le monde globalisé repose sur le libre marché, la concurrence et le commerce. Seulement voilà... sans avoir l'esprit de polémique sur l'état d'esprit bassement matérialiste que cela engendre chez chacun d'entre nous à une échelle intime, l'idée d'un croissance illimitée dans un monde fini, est tout simplement un oxymoron, une impossibilité logique, car nous scions la branche sur laquelle nous avons notre précieux nid, sans lequel nous ne pourrions respirer. Réfléchissez juste à ça, non seulement les richesses sont de plus en plus mal réparties, non seulement, les richissimes en dizaines de milliards ne cessent de s'enrichir impunément, mais en plus nous faisons courir à la planète le danger d'une disparition pure et simple. Mélenchon qui a réfléchi à la question a une réponse à tout ça, il faute sortir du Monde globalisé, il faut s'affranchir du modèle productiviste de société et de son ubérisation qui détricote le monde du travail, et retrouver un modèle de croissance plus respectueux de justice sociale et de protection de l'environnement. Quand je dis croissance, c'est parce que que je suis progressiste, et socialiste et que je ne nie pas l'idée de progrès, mais pas dans le cadre d'une mondialisation globale d'inspiration libérale-libertaire, mais celui d'un modèle d'inspiration socialiste s'appuyant sur la cohésion sociale et le renforcement des solidarités corporatistes. Tout simplement afin de sauver à terme la planète victime de notre rapacité et de notre égoïsme, avant qu'il ne soit trop tard... Et de sauver aussi ce qu'il reste d'âme à l'humanité. »

Moi : « Quant aux journalistes ils ne devraient pas cautionner un tel système libéral-libertaire qui mène à notre perte, j'ai expliqué pourquoi plus haut. »

Moi : « Voilà la vérité que vous connaissez certainement et que vous voulez cacher au peuple : notre monde a pour principe la rapacité et l'égoïsme et nous voulons qu'il dure comme ça. Or il ne pourra pas durer comme ça, et toutes les études scientifiques le prouvent, L'Humanité disparaîtra, bon débarras !, Yves Paccalet... entre autres ! »



L'artiste bobo : « "Mélenchon qui a réfléchi à la question a une réponse à tout ça", ça me fait bien rire ! »

Moi : « Mélenchon est celui qui d'un point de vue politique apporte les meilleurs réponses aux défis que soulèvent notre époque. »

L'artiste bobo : « Ça me fait bien rire ! »

Moi : « Votre ironie bobo me laisse de marbre... »

L'artiste bobo : « Ça me fait bien rire ! »

Moi : « Vous avez raison il n'y a peut-être aucune réponse à tout ça, ce que je peux être naïf et con ! Continuons dans la direction du libéral-libertarisme qui nous fait tant de bien, dans l'Empire du Bien. »

L'artiste bobo : « Ça me fait bien rire ! »

Moi : « Est-ce que vous êtes en train de tester sur moi une nouvelle technique de sport de combat ? »

L'artiste bobo : « A priori, pour faire le marbre, il va vous falloir de l’entraînement. »

Moi : « Je ne dis pas que l'on peut changer le monde, je dis que l'on peut juste infléchir sa direction... Si Mélenchon est celui qui semble le plus apte à cette tâche, je ne demande pas que l'on adhère béatement à toutes ses idées. Mais au moins il a le mérite d'apporter une alternative à la politique libérale-libertaire. J'apprécie les utopies car elles nous font réfléchir et espérer, mais si je crois en la nécessité des utopies, je suis certain aussi qu'une utopie réalisée mène toujours à une forme de totalitarisme. Si Mélenchon parvenait au pouvoir, il faudrait des forces d'opposition puissantes pour l'empêcher de tomber dans une dérive autoritaire voire totalitaire, j'en ai conscience. Il y a une part de risque à voter Mélenchon, mais si nous ne prenons pas le moindre risque, alors nous n'avons aucune chance d'infléchir le cours des choses, non ? »

Le philosophe : « En matière d'exploitation des peuples, l'antiquité c'était pas mal non plus. Mais c'est si loin et si peu prompt à alimenter notre ressentiment... »

L'artiste bobo : « Là, on est un peu plus raccord. Ma méthode de combat fonctionne finalement ! »

Moi : « Regardez les théoriciens libéraux, en pleine époque féodale ils ont réfléchi à l'instauration d'une société qui ne reposerait plus sur la religion et le guerre. Qui aurait misé un kopeck sur leurs chances de réussite en pleins XVIIème puis XVIIIème siècles ? Personne ! Pourtant 300 ans environ plus tard, ils ont réussi au delà de leurs espérances à infléchir le cours des choses... Adam Smith est le plus fameux de ces théoriciens, et aujourd'hui on s'aperçoit qu'il nous a mené dans une impasse ( « impasse Adam Smith », Jean-Claude Michéa). À nous maintenant, hommes politiques, journalistes, intellectuels, salariés, chômeurs, hommes, femmes, noirs, musulmans... d'infléchir le cours de choses, pour changer la direction que le monde globalisé a pris. Le « doux commerce » a par ailleurs généré des guerres bien plus meurtrières entre des peuples fratricides, que celles circonscrites et limitées de l'ancien régime, paradoxalement. »

Moi : « Nous vivons dans des sociétés de plus en plus complexes et opaques, qui permettent selon moi plus facilement la manipulation à grande échelle et de cacher des choses aux citoyens lambdas effectivement. Si la manipulation et les fausses rumeurs existent à une échelle individuelle, notamment dans le monde du travail, pourquoi cela n'existerait-il pas à plus grande échelle ? Sinon pour revenir à notre sujet, pour toute théorie du complot, les gens pensent qu' « il n'y a pas de fumée sans feu », dans l'énorme majorité des cas ils ont tort de penser ça et ceux qui ont émis des rumeurs fausses auront atteint leur objectif : provoquer la suspicion et le doute chez la majorité des indécis. Cependant dans un petit nombre de cas il y a bien complot, il est aujourd'hui admis que ce sont les nazis qui sont responsables de l'incendie du Reichstag et qu'ils en ont attribué la responsabilité aux communistes. Cependant je ne suis pas sûr que seuls les nazis fussent capables de monter des complots, et qu'il peut aussi en exister aujourd'hui. Bref que même en régime libéral-libertaire tout n'est pas transparent, que « l'Empire du Bien » peut aussi être à l'origine de bassesses et de traîtrises vis à vis de ses adversaires russes ou chinois notamment, et réciproquement bien entendu... »

L'écrivain belge : « Merci pour vos nuances bienvenues, Erwan Blesbois. Une précision cependant : les historiens débattent toujours de la responsabilité des nazis dans l'incendie du Reichstag. On ne dispose pas, là encore, de "preuve décisive". Il s'agit d'un exemple d'autant plus intéressant qu'il peut entrer en résonance avec le 11.9.2001 : on ne peut en effet absolument exclure que Hitler et Goering aient laissé agir le communiste hollandais van der Lubbe, car l'attentat contre le Reichstag servait à merveille leurs desseins, de même que le 11 septembre, commis par des Saoudiens, a permis à Bush et Blair de faire la guerre... à l'Irak. »

Moi : « Dans l'Empire du Bien ou à tout le moins « du moindre mal », le 11 septembre et les armes de « destruction massive » font un peu tâche... Un type comme Bernard Maris disait aussi beaucoup de choses très dérangeantes sur l'Empire du Bien, je ne sous-entends aucun complot, mais drôle de coïncidence quand même la veille d'une campagne médiatique consacrée au dernier livre de Houellebecq, Soumission.
Agrégé d’économie, Bernard Maris signait Onc’ Bernard dans Charlie Hebdo des chroniques pédagogiques et vibrantes où il ciblait l’économie de marché et essayait de faire comprendre comment réussir à retrouver une latitude face à la soi-disant absence d’alternatives. Onc' Bernard venait de faire paraître en septembre 2014 un essai sur Houellebecq économiste où il vantait la capacité critique de l’écrivain qui a fait paraître une fiction qui voit un musulman modéré arriver au pouvoir en France. Maris écrivait : « Houellebecq parle de compétition, de travail parasitaire et utile, d’argent, et il en parle mieux que les économistes, car il est écrivain. » Ajoutons que Maris, lui, n’était pas du genre à se résigner à un état des lieux dont il savait parfaitement démonter les fausses évidences.
L’économiste alter, le chroniqueur antilibéral de Charlie Hebdo et de France Inter, le flingueur pédago de la bêtise monétariste, celui qui pense qu’il faut que la France et l’Europe fassent défaut pour engager l’épreuve de force avec les marchés...
Bernard Maris était un homme libre, en tous lieux. Pas seulement dans la case de l'Oncle Bernard, le pseudo sous lequel il signait ses chroniques éconoclastes dans Charlie Hebdo. Le documentaire intimiste que lui consacrent deux journalistes, Hélène Fresnel, sa dernière compagne, et Hélène Risser, son amie, explore les mille et une hardiesses de l'universitaire toulousain tombé sous les balles des frères Kouachi le 7 janvier 2015.
Pourfendeur inlassable de l'orthodoxie libérale, une « élucubration autoentretenue » qu'il dénonça dès les années 90, il accepta vingt ans plus tard de siéger au conseil général de la Banque de France. Membre fondateur d'Attac et candidat écolo aux législatives de 2002, ce golfeur distingué goûtait le confort douillet du XVIe arrondissement de Paris où il s'était installé avec sa deuxième épouse, Sylvie Genevoix, la fille du célèbre écrivain, entouré de toiles de Monet, Manet ou Pissarro. « Bernard était la contradiction incarnée », raconte Henri Sztulman, psychiatre et prof à Toulouse. « Ça le faisait marrer, de faire chier le monde », abonde le dessinateur Riss, rescapé de l'attentat et directeur de Charlie Hebdo.
Au fil des images d'archives et des témoignages de ses proches - le romancier Emmanuel Carrère, l'ancien patron de la Tribune Philippe Labarde, l'ex-président du Sénat Jean-Pierre Bel -, on découvre un économiste qui se rêvait d'abord écrivain. Un amateur de bonne chère qui nourrissait les plus grandes craintes sur l'être humain, et son penchant irrépressible pour la guerre. En avril 2015, Marianne avait publié plusieurs extraits de son livre posthume, Et si on aimait la France. « La nation la moins homogène a dû penser le plus impensable, l'homme qui naît libre et égal », écrivait-il avec fierté. »

L'écrivain belge : « J'ai lu avec le plus grand intérêt certains textes de Maris, ceux en particulier où il décrit Marx comme le meilleur analyste du capitalisme et un idéaliste qui s'est lourdement trompé au sujet de la nature humaine, d'où l'échec du communisme. Un pessimiste de grand talent. Il manque cruellement. »

Le journaliste médiatisé : « Je vous conseille de demander l'asile politique en Corée du Nord. Je pense que c'est le seul endroit où vous pourriez être à l'abri du complot libéral-libertaire. »

Moi : « Merci j'avais oublié la Corée du Nord, je n'ai je crois jamais évoqué l'idée d'un complot à proprement parler, concernant le libéral-libertarisme, ou alors il faudrait parler d'un complot d'Adam Smith, mais ce dernier pouvait-il imaginer le monde à bien des égards terrifiant qu'il a contribué à bâtir ? Simplement en infléchissant le cours de choses à une époque où les modes de pensée étaient bien différents des nôtres, plus proches de la féodalité, des guerres de religions, que dieu merci nous ne connaissons plus, un peu grâce à lui, car c'était bien son objectif initial. »

lundi 8 janvier 2018

Qu'est-ce que la « forclusion du nom du père » ?


Le jouisseur (libéral-libertaire de deuxième génération, la première étant celle des baby-boomers) : « Chaos d'une assignation au tribunal comme cadeau de Noël, espoir de partir vivre à la campagne au printemps et oui c'est Catherine qui m'assigne. Parait qu'un obus ne tombe jamais deux fois dans le même trou, ça dépend de la taille du trou... »

Moi : « Les poilus se mettaient dans les trous d'obus, en pensant que statistiquement un autre obus aurait moins de chance après de tomber dans le même trou, c'est exact. Enfin tu as l'amour de ta maman, non ? C'est le principal ! »

Le jouisseur : « Et celui de mes enfants, faut que je m'agite, j'ai une jolie nana qui vient manger ce midi...;-) »

Moi : « Le refuge le plus sûr est le cœur de sa maman. Je n'ai pas ce refuge, je suis donc condamné à l'aliénation, sauf cas de résilience assez improbable. Petit à petit mon ascendante grignote tout, ne nous aidera jamais, ne lèvera jamais le petit doigt pour nous. En fait si j'avais voulu survivre j'aurais dû rester avec mon ex, que ma génitrice respectait quand même un peu parce qu'elle avait une religion politiquement correcte tout simplement, et que ma mère ne fonctionne pas par amour mais uniquement par intérêt et conformisme. Comprenne qui pourra. Toi tu es comme les chats tu retombes toujours sur tes pattes, mais dis-moi, tu n'es pas un peu « dégoûté » des femmes. T'as intérêt à avoir de l'argent mon ami pour les rassurer et faire durer votre relation... »

Le jouisseur : « Ça et un gros chibre... Bon à la douche et aux courses pour un petit parmentier de canard qui devrait la mener dans mon padoc... »

Moi : « Elles se foutent du chibre au fond, ce qui compte pour elles, c'est l'image que votre couple renverra aux autres selon moi. Il est vrai aussi que tu aimes les femmes décalées, comme toi, et il y en a. Tu me racontera si tu l'as mise dans ton padoc. Au mieux tu lui fera un môme, et elle te fera un procès... »

Le jouisseur : « C'est que risque Cathy si on part au « fight », c'est de ne pas pouvoir se payer un avocat, c'est pourquoi je lui propose une sortie financière par le haut... »

Moi : « La vie peut-être assez belle, je n'ai sans doute fait que des mauvais choix, j'aurais pu finir ma vie en proscrit.
« Une sortie financière par le haut »... combien lui proposes tu ?
Tu es vraiment une corne d'abondance pour tes ex... un homme providentiel, elles doivent se passer le mot, fais gaffe !
Tu as tant de fric que ça ? »

Le jouisseur : « Dans mon cas c'est une queue d'abondance... »

Moi : « Non ça je n'y crois pas trop, je ne suis pas naïf à ce point. Et je te le répète l'épaisseur de ton porte monnaie compte bien plus que celle de ton chibre, arrête tes vantardises puériles. Mais tu as dû faire un énorme héritage, non ?
La liberté c'est aujourd'hui le fric. Les femmes aiment les hommes libres. La liberté ça fait rêver et les femmes ont besoin qu'on les fasse rêver

Le jouisseur : « Tout le monde a besoin de rêver, bon aux courses... »

Moi : « À très court terme, mais quand même l'échelle de quelques générations peut-être, le pognon va continuer à sauver. Mais on sait très bien tous les deux que le pognon ne continuera même pas à sauver à un peu plus long terme, puisque l'idée d'une croissance infinie dans un monde fini constitue un oxymoron.
Profite, profite, si tu en as, mais ne claque pas tout trop vite.
Tu es peut-être un salaud, mais tu trouves finalement toujours plus salope que toi (je parles des femmes que tu mets dans ton lit). »

Le jouisseur : « Ce que tu peux être con et réducteur... je ne suis en aucun cas un salaud. »

Moi : « Je ne disais pas ça péjorativement, c'est plutôt flatteur d'être un salaud. En tout cas tu tombes sur des salopes, non ?
Mieux vaut être un salaud qu'un con, non ?
Peut on être autre chose qu'un con ou un salaud ? Question de dissertation...
« trop bon, trop con » ? »

Le jouisseur : « Ça je sais, oui... »

Moi : « En régime libéral libertaire qui nous transforme tous individuellement et intimement en survivalistes de notre propre petite existence, je le répète peut-on être autre chose qu'un con ou un salaud, je m'interroge...
On a pas le choix, on doit sauver notre peau, c'est peut-être ça le nouvel impératif moral. Si tu étais con, tu n'aurais pas réussi à sauver tes enfants...
On peut avoir des principes, mais dans le domaine de l'idéal, quand des jours meilleurs reviendront. Mais dans la Réalité, « noir c'est noir », et il faut faire preuve d'esprit d'initiative même si ça fait des victimes... donc tu es peut-être un salaud.
Je prends conscience que l'espèce humaine en est une d'absolument incurable, nous avons la capacité d'élaborer des utopies, de belles utopies. Mais la réalité et les leçons du passé nous montrent qu'une utopie réalisée est toujours un régime totalitaire, le communisme notamment, et bien d'autres. Les religions sont effectivement critiquables, car on y vit plutôt bien avec de beaux principes, mais avec tous ceux qui ne pensent pas comme nous on est intolérant : je suis d'accord avec toi sur ce point précis. Aussi l'époque actuelle libérale-libertaire nous propose-t-elle chacun individuellement de nous en sortir par nos propres moyens sans l'aide d'aucune utopie, ni morale d'origine religieuse propre à relier les gens entre eux. Le libéral-libertarisme n'est pas un humanisme, mais un survivalisme reposant sur les principes de l'orthodoxie économique, à l'échelle intime : il crée des fractures entre les gens. L'« homo œconomicus » moderne ne peut pas être autre chose qu'un être fracturé intimement, car l'économie mondiale globalisé, crée plus de conflits qu'elle n'en résout en réalité, les apparences sont trompeuses, et l'on ne pourra pas faire l'Europe juste sur des prédicats relevant de l'économie, c'est une illusion. Il en va de même pour l'ensemble du monde. On ne pourra pas faire le monde par l'économie, le « doux commerce » pensé par les premiers théoriciens libéraux et destiné à empêcher les guerres, en crée en réalité de bien plus conflictuelles à l'échelle intime d'un individu et celle plus générale du rapport des nations entre elles, que le système féodal reposant sur la religion et les guerres, qui sévissait à l'époque de l'ancien régime. Les guerres y étaient effectivement plus circonscrites et moins meurtrières qu'à l'époque actuelle, c'est-à-dire celle qui prévaut depuis la Révolution française de 1789. À l'échelle intime d'un individu, il était moins déchiré, et les relations humaines étaient bien plus paisibles à l'époque de l'ancien régime qu'actuellement où prévaut une « guerre des sexes » sans merci, au nom de l'égalité hommes/femmes. C'est ce que montre tout l'art de l'ancien régime, calme et paisible, parfois sublime et toujours habité par une transcendance, en comparaison du nôtre, de plus en plus tourmenté, dénué de tout sens, ultra violent et privé de toute transcendance, donc plutôt médiocre globalement.
On pense tous avec les catégories du libéral-libertarisme, on échafaude même sa survie sur le long terme, on prévoit par exemple l'assainissement des caisses de retraites en France, d'ici 2070, comme si on était sûr que le régime allait tenir aussi longtemps, sans exploser, ni même montrer des signes de fatigue. L'économiste orthodoxe est roi. L'économie orthodoxe est devenue la plus sûre des sciences, la science la plus exacte. En prenant un peu de recul on prend conscience que tout ceci est absurde, non ?
L'économie est devenue notre nouvel opium, elle a totalement remplacé les religions, nous vivons, pensons, rêvons suivant les catégories de l'économie... orthodoxe. Nous ne vivons donc plus avec un certain confort spirituel, mais nous pouvons survivre grâce au confort matériel, non ? »

Le jouisseur : « Mais tu décroches des fois ? Qu'est ce qu'elle a une voix sexy... putain 6 mois que je n'ai pas baisé... »

Moi : « Les hérétiques dans notre société mondialisée sont ceux qui ne pensent pas suivant les catégories de l'orthodoxie économique. Ils sont proscrits de la société, et souvent vivent dans le plus grand inconfort matériel. Aujourd'hui avoir une foi religieuse quelconque est un genre de marginalité, qui vous place au ban de la société. Les derniers cathos sont de véritables résistants qui vivent dans des condition effroyables, je crois même que les musulmans finiront par se plier aux lois de l'économie
Je sens en toi un ton tellement relaxant que je pense que tu vis dans le plus grand confort matériel, je me trompe ?
Elle peut avoir une voix sexy et une tronche d'éléphant... Elephant Woman !
Tu vis dans un tel confort matériel que tu ne penses même plus à Mélenchon. Mais parle-moi plutôt de ton héritage pas de ta future petite amie, fais moi rêver ! »

Le jouisseur... : « Tous tes rêves finissent en cauchemar, pas la peine ! Bon en plus elle est jolie et bien roulée... Et super cool ! »

Moi : « Tu as hérité de combien ? Ce qui a provoqué le départ de Cathy pour toucher une pension ?
Tous les rêves de tout le monde finissent toujours en cauchemar, car toute utopie réalisée est un enfer. Ta future copine eusse-t-elle 20 ans ne me fait pas du tout rêver.
Les hérétiques dans notre société mondialisée sont ceux qui ne pensent pas suivant les catégories de l'orthodoxie économique, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes. Ils sont proscrits de la société, et souvent vivent dans le plus grand inconfort matériel. Aujourd'hui avoir une foi religieuse quelconque est un genre de marginalité, qui vous place au ban de la société. Les derniers catholiques sont de véritables résistants qui vivent dans des conditions effroyables, je crois même que les musulmans finiront finalement par se plier aux lois de l'économie, quand d'autres pensent que leur foi spirituel l'emportera sur le matérialisme : gros point d'interrogation sur l'avenir... Bon mais tout cela il est possible que je l'aie déjà dit mot pour mot, à moins qu'il ne s'agisse d'une hallucination ?
Parmi les penseurs actuels, Onfray et Houellebecq notamment semblent pencher pour une victoire de la spiritualité musulmane sur le matérialisme, quand un penseur comme Régis Debray, penche pour une victoire de la religion à la base du matérialisme en France, le protestantisme, et donc un mode de pensée protestant pour les Français, en remplacement du catholicisme. Il s'agirait d'un mode de pensée intime reposant sur les principes de l'économie, plus que d'un mode de pensée d'origine religieuse. »

Le jouisseur : « T'es vraiment une âme sombre, peut être mérites-tu ce qui t'arrive... »

Moi : « En termes lacaniens je souffre effectivement d'une forme de « forclusion du nom du père » modérée, je suis donc moins que ce que j'ai été à une certaine époque de ma vie où j'étais totalement libéral-libertaire comme toi (à supposer que tu le sois réellement, à défaut de l'être consciemment). Je dois faire avec un amoindrissement de moi-même imposé par le reniement de mon père, qu'il a voulu et que j'ai fait l'erreur d'accepter symboliquement par la castration et réellement par le fait de me droguer, à une certaine époque de ma vie, et avec du cannabis. Peut-être « cannabis » parce que la terminaison est la même que dans « pénis », et que je me suis imposé une castration symbolique du pénis, pour faire plaisir à mon père qui se situe toujours dans la toute puissance.
La « forclusion du nom du père » est une souffrance qui est imposée de l'extérieur, on n'est pas prédisposé par nature à être jaloux, envieux et frustré. Personne ne l'est par nature. C'est sans doute un vieux fond de christianisme refoulé, qui fait ainsi interpréter les choses dans cet ordre là : la jalousie engendrant la souffrance, alors que c'est la souffrance qui entraîne la jalousie. Comme si il y avait une culpabilité, une faute qui expliquerait un état de souffrance. Or non, il n'y a absolument aucune faute, il s'agit d'une situation toujours absurde, comme l'est toute souffrance, qui est par nature précisément anti-naturelle.
Comme certains pensent à tort qu'on mérite peut-être la situation dans laquelle on est. Or non, je le répète. Les notions de mérite et de culpabilité sont des notions religieuses issues de la bible judéo-chrétienne. Et « eux » qui condamnent et qui disent rejeter toute transcendance... Quelle ironie ! Quand je dis « eux », il s'agit de la plupart des gens, y compris et surtout au sein de sa propre famille. D'ailleurs je souffre de moins en moins, la compréhension des choses est une réelle jouissance, et observer les gens qui se débattent dans leurs contradictions et répètent toujours les mêmes erreurs, provoque une certaine forme de jubilation. Non que je me réjouisse en soi du malheur des autres, mais je me réjouis de l'aspect logique qui les pousse à répéter toujours les mêmes erreurs. Absurde je te dis ! »


vendredi 5 janvier 2018

Les idiots utiles du macronisme sont les optimistes de la classe moyenne


Je suis absolument déterministe et assez fataliste, je ne crois pas énormément en la puissance du libre arbitre. On peut tenter, il faut toujours essayer de tenter... c'est ce qui donne du goût à la vie... de dévier de son sillon originel, d'échapper à son déterminisme, à son destin... et puis boum ! Il vous retombe toujours au coin de la gueule... Il y en a même très certainement dont le déterminisme est d'avoir un libre arbitre, c'est heureusement sans doute le cas d'une majorité de gens, puisque le régime libéral-libertaire fonctionne au fond si bien et depuis si longtemps, au moins depuis 50 ans en France. Mais on n'a jamais le libre arbitre d'échapper à son déterminisme, même quand ce dernier vous conditionne à croire à la réalité de votre libre arbitre. Le régime libéral-libertaire postule effectivement la liberté comme principe de tout ce qui s'ensuit, c'est-à-dire tout le reste... Les géniteurs baby boomers ataviquement libéraux libertaires n'ont pas su transmettre efficacement cet esprit de liberté, même si je conçois que pour eux cet esprit fasse partie de leur mode de vie. C'est précisément parce que l'on est déterminé et non libre, que ce sont ceux qui ont reçu l'éducation la plus rigoureuse, qui généralement une fois adultes se sentirons les plus « libres » et les plus légers. La liberté est effectivement un principe qui ne peut valoir entièrement en ce qui concerne l'éducation des enfants, puisque cette dernière requiert un minimum de rigueur et de contraintes. D'une certaine façon le régime libéral-libertaire et tout régime bourgeois en général, met donc la vérité sur la tête. Des enfants trop « libres », c'est-à-dire souvent, négligés, donneront des adultes asservis, et des enfants soumis et obéissant à une autorité bienveillante donneront des adultes libres et légers, ce que sont généralement les adultes bourgeois, tout heureux du charme discret de leur existence.
Cette génération des baby boomers est arrivée à une certaine forme de liberté et à la conscience claire et distincte du concept de régime libéral-libertaire, qu'elle a mis en place de façon bien plus tangible qu'après la Révolution de 1789. Cette génération en réalité manipulée par les valeurs de la bourgeoisie alors qu'elle croyait dans sa majorité s'en émanciper, a réussi à accéder à une certaine forme de liberté. Mais quid de la transmission aux générations d'après ? Parmi ces dernières, ce sont ceux qui étaient le mieux armés, c'est-à-dire dans leur majorité les enfants de la réelle bourgeoisie, qui profitent encore d'une certaine forme de liberté, alors que les autres vivent dans l'aliénation. En réalité la révolte des jeunesses occidentales à la fin des années 60 a répété le même schéma que la bourgeoisie a appliqué avec le peuple instrumentalisé en 1789. Une fois ce peuple ou cette jeunesse utilisés, c'est en réalité la seule bourgeoisie qui en recueille le fruit de la Liberté, à son seul profit. Car qu'est-ce qui rend libre en régime libéral libertaire, aujourd'hui macronien ? C'est l'argent. La liberté étant le principe de ce régime, et l'argent son moteur, ce sont en réalité les gens les plus fortunés et accessoirement leurs complices, que l'on pourrait appeler les nantis, ceux à qui la bourgeoisie a donné un beau « nonos » à ronger, et une grande partie de naïfs issus de la classe moyenne peu fortunée, qui servent de soutien à ce régime que l'on pourrait aussi qualifier d'oligarchique, tant les notions de gauche et de droite y sont dissoutes, mélangées, obscurcies au profit de la seule pensée unique, pratiquement totalitaire de l'empire du Bien. Les valeurs du catholicisme qui elles aussi postulent l'existence du libre arbitre, c'est-à-dire le libre choix entre le bien et le mal, ont été arasées par l'œuvre de plus de 200 ans de Révolution bourgeoise, désormais parachevées par 50 ans de libéral libertarisme, instauré par les révolutions étudiantes occidentales de la fin des années 60, qui trouvèrent cependant leur inspiration dans la gauche de la gauche la plus bouillonnante et extrémiste. Chassez le naturel bourgeois et il revient au galop ! Ainsi l'égalité, le politiquement correct, l'empire du Bien, sont des traits dominants de l'époque, mais ils ne servent qu'à mieux justifier l'inégalité en acte créée par les disparités de fortune. Ce qui crée la liberté étant l'argent, jamais certains ne se sont sentis aussi libres qu'aujourd'hui, et jamais l'inégalité de fait derrière l'égalité postulée formellement, n'a été aussi criante. L'empire du Bien se situe effectivement par delà bien et mal, et les apparences sont trompeuses car la bourgeoisie ne s'est jamais déterminée par rapport au bien et au mal mais uniquement en relation au degré plus ou moins grand d'enrichissement, surtout matériel, de plus en plus : les élites pipolisées en ont de moins en moins dans la cervelle. Mais le capital peut aussi être symbolique, en général il sert à cautionner et défendre l'enrichissement matériel. La justice par exemple défend avant tout les intérêts des riches, la police défend avant tout la propriété privée, et l'éducation a pour rôle de formater chacun selon son origine sociale. Pour certains profs bien particuliers, les profs de philo, certains les évoquent comme les « chiens de garde » de la bourgeoisie, bien loin de l'idée qu'on s'en fait d'aider à penser par soi-même.
On ne peut pas faire confiance à la gauche aujourd'hui moribonde pour changer le cours des choses. Hormis Mélenchon qui n'est pas historiquement un héritier des valeurs de gauche, mais plutôt de celles du véritable socialisme. Sa personnalité peut déplaire, tant elle semble couver un culte de la personnalité potentiel et sous-jacent qui inquiète beaucoup d'observateurs, mais surtout qui fait le jeu de ses détracteurs, nombreux, surtout au sein de la gauche, plus encore que de la droite.
Les « socialistes » qui portèrent le nom de PS n'ont jamais appliqué les idéaux du socialisme une fois au pouvoir, exception faite d'un très court épisode soi-disant infructueux et « catastrophique » entre mai 1981 et 1983... (ne s'agissait-il pas en réalité d'un coup monté destiné à discréditer l'idée de socialisme dans les consciences de gauche ?) Mais Mitterrand s'est rapidement couché face aux exigences du marché roi et de Thatcher et Reagan qui faisaient la loi en ce temps là. Alors que le marché roi fait plus que jamais sa loi aujourd'hui et qu'il sera chaque jour plus dur de l'infléchir et de le réguler, et alors que les disparités de fortunes ne cessent de s'accroître, tandis que l'environnement court le danger d'une destruction pure et simple, puisque le principe d'une croissance infinie dans un monde fini, est une contradiction dans les termes, comme le soulignent beaucoup d'observateurs. D'ailleurs il faut bien distinguer entre gauche et socialisme, la gauche étant effectivement libérale et progressiste depuis ses origines à l'époque de 1789, alors que le socialisme est progressiste mais pas libéral, et que les forces de réaction ne sont ni progressistes ni libérales, mais souvent religieuses et aristocratiques, ces dernières étant globalement hors jeu aujourd'hui...
Le véritable socialisme s'est construit au cours du XIXème siècle face aux méfaits du libéralisme et du progressisme quand ils s'accompagnaient de la destruction des modes de vie traditionnels, des solidarités traditionnelles et corporatistes pour l'instauration de modes de vie aliénants, tout entiers dévolus à l'enrichissement de la seule bourgeoisie. Dans cet état de fait, la gauche libérale est complice, certainement encore bien plus que la droite, de la bourgeoisie soi-disant progressiste et éclairée. La bourgeoisie en France est donc historiquement plus à gauche qu'à droite, cette dernière étant pour sa part historiquement liée aux valeurs de l'ancien régime, même si depuis elle a rompu avec sa vocation originelle, et que globalement les forces de réaction issues du catholicisme et de l'aristocratie ont disparu du paysage politique, après plus de 150 ans de luttes acharnées qui culmineront dans la séparation de l'église et de l'Etat.




jeudi 30 novembre 2017

Faut-il aimer les bêtes ?


Le Veilleur : « Barrez-vous au Canada ou en Nouvelle-Calédonie, et recommencez une nouvelle vie au lieu de pleurer et de vous lamenter ! »

Moi : « Je subodore Le Veilleur que pour vous toutes les destructions que subissent le genre humain et la planète ont une finalité occulte qui est la volonté d'un Dieu Un et monothéiste (pléonasme !), et pourquoi pas que l'idéologie libérale-libertaire et son corollaire de destructions  « créatrices », obéit en réalité à un projet qui la dépasse : établir à l'ensemble du globe un genre de théocratie monothéiste planétaire avec un retour aux véritables valeurs religieuses que l'on trouve dans l'Ancien Testament. C'est selon moi une vision hégélienne de l'Histoire avec tout ce que cela implique en sacrifices humains. À moins que vous ne croyiez réellement en Dieu, mais ça je n'arrive pas encore à comprendre, bien que je fasse des efforts pour accéder à un genre de spiritualité et de transcendance... »

Anonyme : « Erwan ne faites pas le naïf, vous saviez bien que vous alliez vous faire moucher un jour ou l'autre que ce soit par Le Veilleur ou un autre, vos longues interventions à visage découvert sont touchantes et authentiques et de mon coté je trouve ça plutôt sympa voire rigolo (je ne parle pas du contenu), ceci dit votre raccourci de mauvais catho, mauvais chrétien concernent « Lui (sur un réseau social ) », dans votre précédent billet : bof ! vous faites une projection et de la surenchère, on est tous des minuscules certains plus minuscules que d'autres sans doute, hélas ! Le Veilleur est libre de vous lire ou pas, Nicolas (http://les-minuscules.blogspot.fr/) ou Emmanuel Mousset (http://jaitantdechosesavousdire.blogspot.fr/) de vous publier ou pas, vous de vous imposer ou pas, à chacun de se laisser envahir par l'autre ou pas... mais toujours avec bienveillance si possible. Vous témoignez avec votre sensibilité votre propre style, comme Nicolas, sur ce monde désenchanté c'est votre choix et il y a de la matière ! À mon humble avis la seule façon de changer son regard sur ce monde débile est de faire confiance en la vie, en Dieu, transcender sans nier non plus et suivre sa bonne étoile, celle qui brille ! »

Moi : « D'autant plus Anonyme, que le régime sera libéral-libertaire que j'aille au Canada, en Nouvelle-Calédonie ou à pétaouchnok ! »

Le Veilleur : « Si j'ai bien compris, vous êtes un prof en retraite. Votre pension vous garantit une vie sympathique en Nouvelle Calédonie. J'y ai vécu. Je sais de quoi je parle. »

Moi : « Je n'en suis pas encore là Le Veilleur... Et même très loin... Ce qui me menace en raison de l'absurdité totale de mon existence, rendue absurde par des géniteurs irresponsables et inconscients, pour qui je fus entre autre et surtout un moyen d'obtenir de l'argent de leurs parents en se construisant une image de famille « respectable » en faisant l'enfant que je fus et non une fin, est en réalité une faillite totale et une ruine tant spirituelle que matérielle. Je sais que cela peut sembler absurde vue de l'extérieur : cette incapacité de se détacher de ses parents ! Mais en réalité un abandon affectif précoce de la part de sa mère, rend ensuite presque impossible toute forme d'autonomie professionnelle, donc matérielle. Lien qui est pour tout mammifère le nerf de la guerre (lire Cyrulnik et ses travaux d'éthologie), y compris en vue d'une vie spirituelle riche pour un membre du genre humain. Même si étant pour ma part anti-spéciste, je n'admets pas une différence de nature entre l'homme et l'animal, mais seulement une différence de degré concernant notamment l'accession à la conscience, autrement dit je revendique l'existence d'une forme de conscience pour tous les animaux, et même l'existence d'une forme de vie spirituelle, par exemple concernant les grands singes, les éléphants et les dauphins ou les baleines... notamment, qui ont une conscience assez aigüe de la mort de leurs congénères.
Je suis également fasciné par le sens que savaient donner à la vie mes grands-parents tant maternels que paternels, alors que mes ascendants directs ont eu le don de me la rendre invivable. Le contraste est saisissant entre les deux, et je survie beaucoup grâce à leurs valeurs qui pouvaient déboucher sur la grâce quand j'étais enfant (état de grâce que je ne retrouve plus, dont je suis désormais privé), d'où chez moi un attrait pour les valeurs du catholicisme qui étaient leurs valeurs. Comme si les valeurs du libéral-libertarisme appliquées par mes parents pouvaient déboucher sur une forme de perte de conscience et de nihilisme, qui les rendraient inférieurs sur le plan spirituel à certains animaux évolués.
C'est peut-être un état d'esprit à changer, j'en ai conscience... Je suis peut-être plus proche d'une certaine forme de salut que je ne le crois, ou alors plus proche de l'abîme, je n'en sais foutrement rien, on verra bien, je tâtonne, je cherche, tente en ce moment une conversion au catholicisme. A priori il me reste 17 ans à tirer dans l'EducNat, je ne sais pas trop comment je vais m'y prendre. Ce milieu est désormais trop imprégné d'idéologie au détriment des contenus à transmettre, je n'y crois plus. Le monde du travail et plus encore celui des médias est assez généralement contaminé par des rapports de force, que structure désormais l'idéologie progressiste, c'est-à-dire antiraciste, antifasciste et féministe, au détriment de tout bon sens ou de tout esprit de communauté et de corporation.
Au moins une idéologie comme le communisme (tant que l'on fut hélas aveugle sur les crimes qu'il a malheureusement engendré, par sa volonté de rééducation du genre humain, et malgré tous les bons sentiments dont il semblait porteur), très présente dans l'éducation nationale jusqu'à la fin des années 90, permettait de fédérer des personnes aux horizons, genres et origines différents. Alors qu'aujourd'hui l'idéologie dite progressiste, très largement majoritaire au sein des nouvelles générations d'enseignants a pour seule vertu de les diviser entre hommes/femmes, blancs/non-blancs, progressistes/conservateurs...
Mais en réalité l'idéologie progressiste a aussi une volonté sous-jacente de rééducation des enfants et des jeunes au détriment de la transmission. Pour ma part j'avais voulu faire ce métier dans l'espoir de pouvoir transmettre. Mais en avais-je la capacité puisqu'au fond on m'avait peu transmis à travers l'école et mes parents, mais seulement par l'intermédiaire de mes grands-parents ? Ma volonté n'a visiblement pas suffit à ce que je dégage un caractère cohérent et solide que j'aurais désiré avoir hérité de mes grands-parents, donc rassurant pour les enfants.
Je me trouve donc assigné au rôle de devoir constamment montrer patte blanche vis-à-vis d'une l'idéologie progressiste, qu'au fond mes parents ne m'ont pas transmise et à laquelle je ne peux adhérer, puisqu'eux-mêmes tenaient un discours paradoxal, un double discours concernant ces valeurs, qu'ils s'appliquaient généreusement à eux-mêmes, alors qu'en réalité ils m'interdisaient tout, puisque je n'étais pour eux qu'un moyen (en vue d'obtenir de l'argent), et non une fin (dans le sens de la dignité de la personne humaine). Comme on pourrait le dire pour eux, cyniquement la fin qui était d'obtenir de l'argent justifiait les moyens : faire un enfant dont l'existence n'aurait d'autre sens que d'obtenir de l'argent.
Le paradoxe est que mes grands-parents soi-disant porteurs de valeurs archaïques, conservatrices, voire réactionnaires, mais pour qui le respect de la dignité était primordial m'autorisaient tout, puisque pour eux j'étais une fin, et que mes parents porteurs d'une idéologie progressistes m'interdisaient tout ! Je crois que mon exemple peut aussi s'appliquer aux populations exploitées ou aux animaux. Tant qu'on les considère comme un moyen, on les exploite, les opprime ou les massacre, ils dépérissent... et lorsque l'on prend en compte le respect de leur dignité d'êtres vivants, c'est-à-dire qu'on les respecte, ils s'épanouissent.
Et je ne crois pas du tout en l'idéologie pour remédier à cette absence de respect de la dignité de l'être humain (surtout quand c'est une femme ou un étranger) ou de l'animal, mais je crois en la transmission donnée avec du cœur pour y parvenir ou de la bonté pour un animal, puisqu'on ne peut à proprement parler de transmission pour un animal comme un chat ou un chien, qui est plus conforme à sa nature qu'un être humain, qui pour sa part est perfectible, et dont la nature est de ne pas en avoir.
Vous voyez, vous m'avez parlé comme un être humain s'adresse à un être humain, avec une certaine forme de générosité, donc je vous réponds comme un être humain avec je l'espère une certaine forme de générosité, c'est ce qu'on appelle la théorie du don et du contre-don, qui seule pourrait faire obstacle à l'idéologie libérale-libertaire vectrice d'un égoïsme intrinsèque, dans laquelle nous nous trouvons enfoncé jusqu'au cou, et qui fait de nous collectivement des êtres dont la nature est désormais inférieure en conscience à celle de certains animaux évolués. Nous nous rapprochons des insectes dans nos sociétés régis par l'égoïsme et l'appât du gain, la nature de l'homme est de ne pas en avoir et nous pourrions déchoir de notre statut de mammifère mû par la pitié et la compassion pour tout ce qui est vivant (bouddhisme), ou même humain (judéo-christianisme). »


mardi 28 novembre 2017

Je ne prétends pas avoir plus de talent que je n'en ai réellement


Lui (sur un réseau social) : « Erwan, si nous voulions vous lire, nous irions sur VOTRE blog ! Ou alors va falloir rebaptiser celui-ci pour qu'il devienne : LE minuscule ! »

Moi : « Je n'ai effectivement aucune excuse d'être une victime, de m'être laissé « dévorer » par des parents soixante-huitards, et in fine par une génération issue de 68, mais j'en suis une dans les faits. Bien vu mon cher ! Mes « écrits » n'ont aucune vocation à être brillants, ni même à prétendre être un jour publiables, mais ils constituent un témoignage du marasme ambiant dont au moins j'ai conscience, faute de pouvoir y remédier d'une quelconque manière, en l'absence malgré moi d'une quelconque spiritualité. Qui comme vous le notez, à la différence de notre Maître « Nicolas », me fait cruellement défaut. 
Témoignage, rien de plus... « Le cœur donne et l'esprit reçoit » comme le disait Victor Hugo. Globalement notre génération post-mai 68 n'a rien reçu en héritage de ses parents, hormis ce que l'on peut appeler des « valeurs de merde » axées sur la prédation. Par manque d'Amour elle ne s'est donc pas développée spirituellement. Je ne dis pas ça pour faire pleurer dans les chaumières ou pour que l'on s'apitoie sur mon sort particulier, mais parce que cela constitue un drame collectif, dont toutes les générations pêle-mêle, y compris la vôtre ou celle de « Nicolas », en faisant l'hypothèse très vraisemblable que vous soyez pré soixante-huitards tous deux, sont responsables collectivement, et qui aboutit au drame suivant : il n'y a plus aucune création, or seule la création est susceptible d'assurer un relai et donc une transmission entre générations. Nous assistons donc « en direct », au déclin qui culminera forcément dans l'effondrement de notre civilisation, et je n'ai effectivement aucun talent, ni génie, à la différence de Houellebecq, pour donner un style et un relief, à cette chute irrémédiable. Je ne peux donc que conseiller la lecture de Houellebecq, de Michéa ou même d'Onfray, pour étayer mes propos, car ils le disent effectivement beaucoup mieux que moi. Cependant, par delà les préjugés et les apparences qui sont en ma défaveur, je vous soupçonne de ne pas tendre la main vers vos enfants ou petits-enfants, et même de les mépriser secrètement ou ouvertement en raison de leur manque d'éducation et tout le reste qui suit forcément, et de ce fait vous n'êtes pas un bon chrétien. Donc non, ce n'est pas parce que je suis réellement et effectivement peu ou prou un « minuscule » dévoré par le ressentiment, mais c'est bien parce que vous faites preuve d'une indifférence à l'Autre et d'un égoïsme contemporain si fréquent sur les réseaux sociaux et incompatible avec le catholicisme, que je vous méprise profondément. »

Moi : « "Les Byzantins, assiégés par les Ottomans dans Constantinople" : juste un dernier petit mot sur cette phrase car elle semble faire écho à un phénomène contemporain. C'est le visage de la France qui est en train de changer de nature. Cette dénaturalisation est préjudiciable je crois à ceux qui avaient des origines catholiques que souvent ils ont rejeté violemment (comme mes ascendants directs soixante-huitards !), ou tout simplement oublié par négligence, j'menfoutisme ou bien adhésion aux valeurs du consumérisme. J'ai dit « dénaturalisation » au lieu de dire « dénaturation », mais c'est un lapsus révélateur, car après avoir perdu leur nature propre, la majorité des Français dénaturés pourraient à terme perdre leur naturalité de Français, puisque les musulmans au pouvoir leur donneraient un statut de sous-citoyens avec des droits spoliés, comme ils le font toujours dans toute forme d'Etat appliquant la charia. Non, je me trompe ?
Les Français ne seraient plus français, seuls les musulmans pourraient l'être avec des droits pleins et entiers, seuls les musulmans seraient français finalement. Mais bon, ce scénario catastrophe houellebecquien est encore de la science-fiction, cependant il doit germer dans la tête de tout bon musulman français contemporain, et ils ont les statistiques de la natalité et du repeuplement par la migration, très largement en leur faveur.
Sachant que le travail de sape de dénaturation n'aura pas été fait ou si peu par des musulmans français, mais par les Français eux-mêmes reniant par idéologie tout ce qui faisait leur identité, leur « chez soi ». Déjà beaucoup se plaignent de ne pas se sentir « chez eux » en France, votent pour 11 millions d'entre eux pour un parti extrémiste qui ne résoudrait aucun problème et même les aggraverait. Non le travail de sape n'est pas non plus seulement le fait d'une idéologie d'extrême gauche. Le travail de sape est le fait essentiellement de l'idéologie libérale libertaire de plus en plus oppressante, qui fait sa loi en France depuis les années 80, avec une dénaturation des valeurs du catholicisme et dans le sens des valeurs du libéralisme, qui lui-même a des origines protestantes, et même calvinistes pour être plus précis. Seul une certaine idée du Socialisme théorisée par Orwell et diffusée en France par Michéa pourrait sauver la France du marasme, avec conservation de ce qui constituait son identité : sa religion majoritairement catholique et ses traditions aux origines souvent païennes. Il y aurait beaucoup de points communs entre les valeurs de solidarité et de fraternité prônées par le Socialisme et celles prônées par le catholicisme, il n'y aurait pas contradiction entre les deux, mais complémentarité. La véritable gauche n'est pas libérale libertaire strauss kahnienne ou macronienne, la véritable gauche est socialiste et compatible avec tout ce qui fait l'identité d'un pays, alors que le libéralisme la détruit.
Catholicisme ne rime pas forcément avec droite conservatrice et réac, mais peut rimer aussi comme l'a montré l'exemple de Pasolini, avec valeurs de fraternité et de partage... Je sais très bien que de telles idées doivent déplaire à notre Maître Nicolas et à la majorité de ses lecteurs, mais il y a au fond dans l'histoire tant de convergences entre partisans de l'ordre ancien et pourfendeurs socialistes de l'ordre nouveau libéral libertaire. Ma sympathie va bien plus vers un réactionnaire « pur jus » du style de Joseph de Maistre, qu'à un théoricien attalien de l'ordre nouveau. »

Lui (sur un réseau social) : « Par anticipation, ô minuscule Erwan, un immense mathématicien écrivait à votre intention : "Quand les bons esprits font un ouvrage excellent, ils sont justement récompensés par les louanges publiques. Mais quand un pauvre esprit travaille beaucoup pour ne rien faire qui vaille, et qu'il ne peut ainsi obtenir de louanges publiques, afin que son travail ne demeure pas sans récompense, Dieu lui en donne une satisfaction personnelle qu'on ne peut lui envier sans une injustice plus que barbare. C'est ainsi que Dieu, qui est juste, donne aux grenouilles de la satisfaction de leur chant."
Quant à votre mépris satisfait : Sutor Erwane, ne ultra crepidam !
On ne vient pas ici pour être obligé de vous lire ou plus exactement de faire défiler vos commentaires en craignant de rater des interventions plus intéressantes : encore une fois, si on souhaitait connaître VOS "pensées", on irait sur VOTRE blog ! Allez donc sur agoravox ! :D »

Moi : « Que d'esprit, que d'esprit Anonyme ! C'est trop pour moi, c'est plus que ma vanité ne peut endurer. J'espère que vous n'avez pas dépensé trop d'énergie intellectuelle pour cette réplique magistrale, car je n'en vaux que médiocrement le labeur, et non pas brillamment comme vous vous en êtes donné la peine.
Il faut bien comprendre Anonyme que tout ce que vous avez acquis est le fruit de l'amour et des soins de vos parents, ensuite que matériellement ou au moins affectivement vous n'avez cessé tout au long de votre vie de pouvoir compter sur eux, sans même que vous en ayez forcément conscience. Seulement voilà, vous voudriez que l'histoire de la transmission de générations en générations s'arrête à vous. Vous êtes prêt à sacrifier vos enfants et petits-enfants, parce que dans votre tête vous vous vivez comme une fin, de tout les efforts accumulés par les générations qui vous ont précédé. Vous pensez avoir encore 20 ans, et même quand vous aurez 90 ans (si vous ne les avez pas déjà !), vous penserez avoir 20 ans. Vous ne céderez jamais la place, ni même ne laisserez un petit bout de place. Vous n'aurez jamais l'élégance de vous effacer un peu pour laisser passer votre propre progéniture (en faisant l'hypothèse que vous en ayez une), que certainement vous n'avez jamais désirée mais que vous avez peut-être conçue, dans un genre d'inconscience qui pourrait constituer un petit motif d'excuse (ou alors qui aggrave votre cas). Vous voudriez que toute l'histoire de vos ancêtres s'arrête à vous, car vous constatez avec "lucidité" que vos descendants n'en valent pas la peine.
Bref tout ça pour dire que la vraie médiocrité est l'absence de cœur et non l'absence d'esprit, car comme "l'esprit s'enrichit de ce qu'il reçoit, le cœur de ce qu'il donne", manquer d'esprit ne dépend pas de notre volonté, alors que manquer de cœur est notre pleine et entière responsabilité, ou encore donner dépend de soi alors que recevoir dépend d'autrui. Pour conclure, vous êtes bien à l'image de notre époque ridicule si pleine d'esprit (encore qu'il s'agisse souvent d'un esprit vulgaire), mais qui manque cruellement de cœur... pour ses propres enfants ! L'absence de transmission étant un élément d'explication du déclin de notre civilisation ! »




samedi 18 novembre 2017

Filoche menacé d'exclusion du PS après un tweet jugé antisémite


Moi : "Gérard Filoche aurait atteint le point Godwin pour discréditer ses adversaires et l'argument se serait retourné contre lui, c'est un peu l'histoire de l'arroseur arrosé, c'est pour cela qu'il faut prendre de la hauteur vis-à-vis de ce débat qui se joue sur un terrain qui attise toujours les passions tristes, le vrai enjeu n'est plus selon moi sur l'opposition qui arrange bien nos adversaires libéraux entre nazisme et démocratie, mais sur l'opposition entre socialisme et libéralisme. Tout cela est de la politique politicienne, il faut prendre de la distance Monsieur Maisonneuve et réfléchir aux causes qui produisent toujours les mêmes conséquences. Gauche et droite depuis 40 ans produisent pratiquement la même politique libérale-libertaire. La vraie dichotomie ne serait plus aujourd'hui entre gauche et droite de gouvernement qui font effectivement la même politique sociale et économique, mais entre libéralisme de droite ou de gauche confondues et un socialisme qui en réalité n'a jamais été mis en œuvre par aucune force de gauche une fois au pouvoir, alors qu'il pourrait correspondre à la véritable nature de la gauche telle que se la représente l'imaginaire collectif populaire. Mais le peuple est en réalité toujours bafoué aussi bien sous un régime démocratique que féodal.
Socialisme politique et économique de redistribution qu'un philosophe comme Michéa théorise le mieux, car il ne s'agit pas d'un extrémiste et qu'il se réfère à l'héritage intellectuel de George Orwell notamment, mais pas seulement, ce dernier prônant la tolérance pour toute forme de courant spirituel renforçant la cohésion sociale comme les religions et pouvant se juxtaposer à la mise en oeuvre d'un socialisme de redistribution économique. Juxtaposition des traditions et du socialisme, du passé et du présent moderne et innovateur, plutôt que table rase du passé et cynisme brutal des élites comme c'est bien le cas aujourd'hui sous l'impulsion du tournant néolibéral à l'aube des années 80. Nous vivons toujours sous cette trajectoire néolibérale, plutôt que sous celle impulsée à la fin de la deuxième guerre mondiale de redistribution keynésienne des richesses et d'acquisition de droits sociaux. Nous avons oublié que c'est l'injustice qui crée les conflits qui peuvent toujours aboutir sur de grandes tragédies collectives, puisque l'islamisme n'est qu'un mécanisme de retrait sur soi, lorsque la société n'est plus en mesure de proposer de la justice sociale pour tous, musulmans inclus."

Monsieur Maisonneuve : "Ce phénomène ne vise pas que la politique, demain ce peut-être un artiste…"

Moi : "Nos adversaires nous attirent sur le terrain idéologique de la violence qu'ils prétendent condamner. Macron a fait la preuve, particulièrement dans l'entre deux tours qu'il est un grand manipulateur des médias et qu'il les utilise à merveille pour influencer l'opinion. Il a instrumentalisé Oradour-sur-Glane et la Shoah notamment et un crime raciste pour se faire élire, ne l'oublions pas. Rien par contre sur le terrain social et économique, sinon une grande régression annoncée, mais juste comme stratégie de remuer les peurs comme celle de la "résurgence toujours possible de la bête immonde", alors que le danger principal aujourd'hui ne vient pas du nazisme mais bien des courants les plus radicaux de l'islamisme. Si j'ai bien compris Filoche a représenté Macron et ses conseillers de l'ombre avec des brassards ressemblant à ceux des nazis, évidemment très rapidement le bâton du point Godwin s'est retourné contre celui qui en premier l'a brandi, car ce n'est pas sur le terrain de la provocation idéologique faisant référence au nazisme qu'il faut combattre. Sur ce terrain là, Macron et ses conseillers seront toujours gagnants, et en réalité ils n'ont pas d'autres arguments que de brandir toujours ceux du complotisme et du nazisme, alors qu'ils nous entraînent dans une voie globalisée, sous domination américaine et allemande, que l'on pourrait qualifier idéologiquement de libérale-libertaire, et qui sous des aspects cool et tolérants, est en réalité d'une extrême violence pour tous les équilibres anthropologiques et environnementaux sur la planète. Nous courons un très grand danger, d'une nature toute autre que le nazisme (alors pourquoi vouloir toujours atteindre ce fameux point Godwin pour remporter la victoire de l'opinion ? Parce qu'il touche l'imagination très fortement de par notre éducation qui est aussi toujours une forme de conditionnement), mais pas moins délétère à long terme, je pense. Il ne faudrait plus penser selon les catégories de l'opposition entre démocratie et nazisme, mais selon les catégories de l'opposition entre libéralisme et socialisme. Sachant je le répète que le libéralisme est délétère à long terme, et que nous en avons tous les signes sous les yeux, que nous refusons de voir par aveuglement idéologique. Quand il sera trop tard, alors comme pour le nazisme tout le monde s'exclamera en cœur, "je ne savais pas", d'autant plus que sous l'action du libéralisme plus rien ne fait lien entre les gens et qu'il n'y a plus de monde commun, les gens ne pourront même plus dire "nous ne savions pas", mais chacun individuellement et égoïstement ne pourra dire que "je ne savais pas, désolé !", car nous ne sommes plus capables de penser en commun, et que bientôt plus rien ne rattachera un Français à un autre Français sur le plan des idées. Nous devons faire le pari de la véritable gauche, celle qui n'est pas idéologiquement libérale, c'est-à-dire du socialisme, qui n'est pas la collectivisation forcée des moyens de production, mais l'application par les populations de la théorie du don et du contre-don, formulée par Marcel Mauss, forme naturelle d'altruisme conforme à la nature humaine, bien plus en réalité pour son épanouissement que l'égoïsme formulé par Adam Smith, qui finalement ne l'est pas du tout à long terme..."

Moi : "Monsieur Maisonneuve, je dis qu'il faut prendre de la distance et ne pas céder aux passions tristes que nos adversaires libéraux voudraient nous imposer.
Le libéralisme n'a pas encore fait les preuves de ses effets délétères à long terme, et pour contrer ses adversaires il brandit constamment la menace du communisme à gauche et du nazisme à droite, bien que les frontières soient très floues et que l'accusation de nazisme ou d'antisémitisme se fasse de plus en plus sur des personnalités de gauche, accusées aussi pêle-mêle, pourquoi pas, d'antisionisme. Je le répète, les libéraux agitent les passions tristes de l'opinion pour démolir leurs adversaires. Quand il sera trop tard, car je pense qu'un jour il sera trop tard, et ce sera le jour où le libéralisme mondialisé aura détruit la planète, sa faune et sa flore et ses habitants, alors on pourra brandir l'épouvantail du libéralisme. On se rendra compte alors qu'il était aussi néfaste que le nazisme et le communisme, et qu'il n'était même pas démocratique, car reposant sur le chantage, la manipulation, le conditionnement et la démagogie, concernant notamment ce fameux "Camp du Bien", appelé aussi le politiquement correct. Le politiquement correct est aussi une nouvelle forme de totalitarisme très bien décrite par George Orwell dans 1984 et sa définition de la novlangue destinée à soumettre les populations aux élites, qui font toujours preuve d'un cynisme brutal et dont Macron est l'incarnation emblématique en France."

Monsieur Maisonneuve : "Monsieur Blesbois, non le « Camp du bien » est autoproclamé par le système médiatique dominant. C’est tout. Il est la bien-pensance du moment. C’est un des éléments du retour au XIXe siècle."

Moi : "Monsieur Maisonneuve, notons au passage d'ailleurs que beaucoup d'intellectuels de confession juive dénoncent cette tendance, soutenue par d'autres intellectuels de confession juive, tels Attali, Minc ou même BHL. Citons dans le camp qui leur est opposé, Finkielkraut, Elisabeth Lévy ou même Zemmour. Le système médiatique dominant n'est que l'incarnation d'une volonté politique d'hégémonie libérale, il ne sort pas de nulle part, il y a une causalité qui explique ses manœuvres destinées à étourdir les populations, et à allumer sans arrêt des contre feux pour contenir sa fureur."

Monsieur Maisonneuve : "Monsieur Blesbois, l’origine ethnique des personnes est sans rapport avec les idées."

Moi : "Monsieur Maisonneuve, notez quand même que les accusations portées par les libéraux sur leurs contradicteurs, font souvent référence au préjugé ethnique dont seraient porteurs leurs adversaires. Vous me faites donc le même procès que nos adversaires libéraux. Souvenons nous de Nietzsche qui disait toujours "les Français", les Anglais", les Allemands", ou même "les Juifs", pour caractériser une manière de penser et une idiosyncrasie. Il ne faut certes pas sombrer dans le racisme, mais ni non plus tomber dans le piège de l'antiracisme militant qui voudrait séparer l'idée de son origine culturelle, voire ethnique. Afin d'éviter tout amalgame, je ne parlerais pas de race, mais plutôt de type pour caractériser un individu. Le type c'est ce qui le caractérise culturellement et spirituellement beaucoup plus encore selon moi que génétiquement. D'autre part vouloir à tout prix séparer l'idée de son origine culturelle et ethnique n'est-elle pas un forme de bien-pensance, que par ailleurs vous dénoncez ?

Moi : "De plus bien des chercheurs ont montré que les Juifs, encore eux ! formaient beaucoup moins une ethnie qu'une communauté d'esprit, à l'instar des protestants ou des catholiques. Mais communauté d'esprit qui a su se moderniser et accepter des influences laïques très fortes, à la différence des Français précisément qui ne savent que différencier et opposer la pensée laïque et la pensée religieuse. Or comme le montre l'exemple des Juifs et non des juifs, les deux pensées sont complémentaires et ne s'opposent pas, sous peine de mutilation de l'esprit. Or nous autres Français sommes bien mutilés spirituellement, c'est ce qui explique notre décadence aussi bien morale que matérielle.

Monsieur Gérard : "Monsieur Blesbois, c'est donc que vous faites la distinction entre juifs et Français ?"

Moi : "Comme le dit Onfray, que beaucoup de professionnels de la philosophie considèrent comme un bouffon mais qui dit quand même des choses intéressantes, le terme "Français" aujourd'hui ne veut plus dire grand chose tant nous nous sommes auto mutilés depuis plus de 200 ans et ce qui nous a conduit sur le chemin de la décadence spirituelle. Alors qu'effectivement les Juifs, tout comme les musulmans d'ailleurs, font preuve d'une grande Santé. Pas besoin d'idéologie pour voir les choses réelles, l'idéologie antiraciste en France fait des ravages et aveugle tout le monde. Des Juifs français comme Finkielkraut ou Zemmour voudraient essayer de nous sauver par reconnaissance de ce qu'ils ont reçu en héritage de leur pays, mais ils parlent dans le vide et sont évidemment accusés de racisme voire de fascisme. Il est déjà trop tard pour nous autres Français non-Juifs, et comme le prophétise, selon moi à juste titre Houellebecq, les Juifs n'auront d'autre choix que d'abandonner le navire à son triste sort pour rejoindre leur terre promise, où à la différence des Français, ils ne font pas n'importe quoi en matière d'immigration. Au moins sur la question de l'origine ethnique les protestants d'outre-Atlantique, multiculturalistes et libéraux, sont-ils moins hypocrites que les Français soi-disants "intégrateurs", en autorisant eux, les statistiques ethniques. En France tel Tartuffe c'est "cacher ce sein que je ne saurais voir", et en l’occurrence aujourd'hui, le sein islamiste."


vendredi 17 novembre 2017

L'apocalypse pourrait être une renaissance selon les plus optimistes


Autre symptôme du nihilisme contemporain, le cynisme brutal des élites et la civilisation des loisirs, où la vie culturelle et artistique n'a plus pour pôle directeur la recherche du beau, mais la recherche du loisir et de la jouissance, quand ce n'est pas tout simplement de recouvrir toute forme beauté du masque hideux de l'idéologie, qu'il s'agisse aujourd'hui d'antiracisme ou de féminisme.
C'est probablement Jean-Claude Michéa qui parle le mieux des conséquences de l'idéologie libérale théorisée par Adam Smith (mais qui avait des fondement religieux protestants et plus précisément calvinistes) sur l'économie mondiale, et plus spécialement depuis les années 80 et le tournant néolibéral initié par Thatcher et Reagan, que Mitterrand a aveuglément suivi en 1983 malgré son étiquette "socialiste".
Michéa a l'avantage de ne pas proposer des solutions pires que le mal, tel que c'est le cas de Badiou. "Solutions" dont on a vu les effets délétères sur le type anthropologique lorsque le communisme se proposa de créer un "Homme nouveau" partout où il fut au pouvoir, ayant recours pour cela à toutes formes de rééducation, donc de déracinement forcé, incompatibles au fond avec la nature humaine, qui comme une plante ou un arbre a besoin de racines et d'une certaine forme de stabilité et de permanence pour s'épanouir un peu durablement. Tenir compte de la nature humaine par delà toutes les idéologies ou religions, afin de ne pas seulement constituer une sorte d'épave errante à la surface des flots, soumise à tous les vents et tempêtes que sont toutes les modes, innovations et nouveautés que notre société en perpétuelle mutation, propose à ses "acteurs"... malheureusement passifs en réalité ! Passivité encouragée par le mode de culture de notre société, non plus basée sur la recherche de la beauté, mais sur la recherche du loisir et de la jouissance.
Le néolibéralisme tout comme les tentatives d'instauration du communisme sur des populations, est déjà une tentative de rééducation de l'humanité par l'innovation et le progrès, dont on ne mesure pas encore tous les effets délétères, dans le sens du déracinement vis-à-vis de traditions et de religions qui structuraient la société, mais aussi dans le sens de l'égoïsme et du vice privé qui favoriseraient la vertu publique. Comme si sous l'action d'une main invisible, nos plus mauvais penchants juxtaposés pouvaient avoir la vertu d'aboutir à un genre d'harmonie collective. Or non, tout individu un peu lucide se rend bien compte que nous allons à l'abîme, non seulement parce que les richesses sont très mal réparties et exacerbent le sentiment d'injustice, mais aussi parce que le postulat capitaliste et néolibéral d'une croissance illimitée dans un monde fini, constitue une absurdité aporétique donc sans issue. 
Michéa ne se contente pas de pourfendre l'idéologie libérale, mais il tente aussi d'apporter de vraies solutions qui ont pour base des idéaux socialistes, en rupture totale avec une gauche de gouvernement qui pour l'instant s'est toujours appuyée politiquement et économiquement sur des principes libéraux hérités certes de l'idéologie des Lumières, mais aussi importés aujourd'hui évidemment directement d'outre-Atlantique et clefs en main, souvent sans mode d'emploi. Sachant aussi que le Socialisme de Michéa inspiré de celui de George Orwell est compatible avec le catholicisme, et toute autre forme traditionnelle de cohésion sociale, susceptible de raffermir la notion de moralité et de monde commun dans l'esprit de tout un chacun afin de favoriser l'émergence d'une forme de conscience.
Importation du modèle américain, comme c'est aussi le cas pour l'ensemble des pays du monde plus ou moins développés, dans le cadre de la mondialisation économique, qui globalement se fait au sein d'une politique libérale-libertaire dans les pays les plus développés d'entre eux, c'est-à-dire occidentaux. Et alors que les pays asiatiques aux facultés d'adaptation extraordinaires sont en voie de dépasser le modèle américain sur le plan économique, sans forcément s’embarrasser politiquement des scrupules humanistes de l'idéologie libérale héritée des Lumières. Mais tandis qu'en réalité l'Occident s’embarrasse de moins en moins de ces scrupules dans les faits, même si elle le proclame dans l'idéal, comme on le voit dans la répartition de plus en plus injuste des richesses, qui est bien un symptôme au fond du cynisme du modèle occidental. Cynisme brutal essentiellement des élites se comportant comme des prédateurs méprisants, qui a des répercussions directes sur l'état d'esprit des habitants de la planète, dans le sens d'une perte de conscience et d'humanité généralisée, par valorisation implicite des plus mauvais penchants encouragés et récompensés, comme l'égoïsme intrinsèque de la nature humaine, qui mériterait d'être combattu plutôt que favorisé et reconnu.
Nous sommes en réalité en guerre, et la logique dans le monde du travail en est une de guerre, d'où toute insouciance est bannie, et où règne la peur et la délation, ce qui explique un phénomène contemporain mis en exergue par l'actualité, comme le burn out. C'est ce qu'on appelle communément la Guerre économique, un peu moins violente physiquement qu'une guerre sur un champ de bataille, mais avec un grand nombre de victimes aussi, dont la sanction morale pour manque de rentabilité et de performances, est d'être réduites au chômage et à la misère ou d'être acculées au suicide. La moralité en société libérale-libertaire est l'extrême contraire de ce qu'elle était dans des sociétés traditionnelles régies par des principes spirituels, le vice et l'égoïsme y sont favorisés, tandis que la vertu et l'altruisme y sont sanctionnés implicitement
Donc non ! Le libéral-libertarisme dans les pays occidentaux, et les extraordinaires facultés d'adaptation économiques des pays asiatiques ne sont pas portées par une forme d'élan spirituel qui serait l'héritier de l'esprit des Lumières, mais par un pur matérialisme qui consiste en un appât du gain dépourvu de toute forme de conscience. Car dans l'esprit des philosophes des Lumières, même le matérialisme en rupture avec le dogme religieux, ne pouvait pas être privé de toute spiritualité, comme il en est réduit à l'être aujourd'hui dans les faits, et dans ce qui constitue pour tout un chacun la vie de tous les jours, le monde du travail, ainsi même que celui des loisirs.
Pour toutes ces raisons la mondialisation n'a pas d'âme, et tous les observateurs un peu lucides s'accordent à penser qu'elle aboutira forcément à une forme de désastre apocalyptique, qui pour les plus optimistes s'appuyant sur l'étymologie même du mot Apocalypse ("action de découvrir"), pourrait déboucher sur une forme de Renaissance. Car c'est lorsque l'on touche le fond de la piscine que l'on peut remonter à la surface... On se console comme on peut, et surtout pour survivre dans un monde forcément hostile depuis les origines de la vie sur Terre, l'homme comme l'animal ont besoin du rêve et de s'illusionner.



vendredi 3 novembre 2017

#balancetatruie


Les femmes ont-elles une âme aujourd'hui ? Beaucoup de femmes jouent aujourd'hui le rôle de la bourgeoise sur le modèle bobo de leurs copines parisiennes ou des grandes métropoles de province, et pour les avoir côtoyées, ce fut sympa jusqu'à ce que les années 80 arrivent, la bourgeoisie a pris alors au pied de la lettre la doctrine d'Adam Smith « vice privé, vertu publique »...

Beaucoup de femmes issues du baby-boom furent comme des paysannes très récemment converties à la bourgeoisie par les bienfaits d'une école qui remplissait alors son rôle émancipateur et d'ascenseur social, mais pourquoi ? Pour que ces femmes appliquent la doctrine cupide de la bourgeoisie de façon brutale et inhumaine à l'égard de leurs enfants qui devinrent les boucs émissaires de leur mode de sexualité dépravé, car reposant pour beaucoup d'entre elles sur l'exploitation sexuelle de jeunes noirs des Caraïbes ou d'Afrique, ce qu'on appelle le tourisme sexuel. Abolissant chez elles toute forme de morale, alors que leurs mères, les grand-mères de leurs enfants, avaient généralement une morale catholique qui étouffait soi-disant leur "épanouissement sexuel", du moins selon les psychologues contemporains, qui balaient d'un revers de main toute forme de spiritualité et considèrent la religion avec mépris, tel leur maître (gourou ?) Freud, qui la considère comme une illusion néfaste et pathogène, génératrice de névroses.

Les enfants de ces femmes sont devenus leurs boucs émissaires, car leur forme de sexualité dépravée chez certaines d'entres elles, de Romaines décadentes, a engendré une forme de sadisme reposant sur le sacrifice d'un tiers. Leurs enfants sont devenus leurs petits Jésus Christ, leurs petits sacrifiés de substitution, elles qui avaient reçu une éducation catholique assez poussée qu'elles ont totalement rejetée à l'âge adulte, elles ne pouvaient pas se passer au fond de Jésus Christ, mais qui revêtit alors une autre fonction que dans la religion catholique, où il était là pour supporter le poids de nos péchés. Dans la sexualité dépravée, le tiers est là pour faire office de Jésus Christ, c'est-à-dire de sacrifié, mais dans le Réel, alors que dans la religion catholique il s'agit d'un sacrifice spirituel et donc virtuel.
Les Romaines décadentes avaient besoin des jeux du cirque comme catharsis à leurs pulsions sadiques, nous sommes revenus 2000 ans en arrière concernant l'état d'esprit de beaucoup de femmes occidentales.

Aujourd'hui la campagne #balancetonporc bat son plein. Dans l'imaginaire collectif les hommes sont forcément les bourreaux, à tout point de vue (pas forcément sexuel), et les femmes forcément les victimes... Quelle caricature ! Je serais favorable au lancement d'une campagne #balancetatruie concernant toutes celles qui pratiquent assidûment le tourisme sexuel, notamment dans les pays anciennement colonisés par l'homme blanc ; aujourd'hui ces pays le sont encore, mais sexuellement par les femmes blanches pas moins que par les hommes blancs (au nom de l'égalité hommes/femmes ?), en recherche de sensations fortes.

Jeunes hommes ou jeunes filles si vous reconnaissez votre mère, votre tante ou votre cousine dans le portrait que je viens de faire, ne le diffusez jamais publiquement, car c'est vous qui seriez condamnés pour diffamation et harcèlement et elle qui aurait comme toujours le beau rôle de la victime (victime, forcément victime comme toute femme) et qui empocherait l'argent de l'amende, en fonction du préjudice moral estimé, exercé sur sa réputation. Et ne pensez pas que c'est parce que votre mère, tante ou cousine, aurait atteint un âge très avancé qu'elle aurait renoncé à son mode de sexualité dépravé, non car quand le pli d'une sexualité dépravée est pris cela dure jusqu'au dernier souffle.

Au nom de l'égalité homme/femme, les femmes blanches réclament le même droit au vice que leurs hommes, mais est-ce à dire qu'elles ont une âme ? Au nom de l'égalité homme/femme, elles n'ont pas plus d'âme que leurs contemporains masculins.