vendredi 29 avril 2022

La France a-t-elle un avenir ?


 

Et si, malheureusement si, je persiste et signe, les baby-boomers ont détruit la France et même l'ensemble du monde occidental, regardez le résultat ! Il est édifiant et incontestable ! Aujourd'hui ils votent massivement pour Macron pour préserver leurs acquis et privilèges comme jadis ils ont voté Mitterrand pour les obtenir. Leur slogan est "après moi le déluge !", tel Attila l'herbe ne repousse pas après leur passage. Leur égoïsme, vénalité, appétit de jouissance ("jouir sans entraves"), leur absence totale de toute forme de culpabilité vis-à-vis de la génération de leurs enfants qu'ils n'ont pas hésité à sacrifier en ne leur transmettant absolument rien, fait que l'Occident est totalement ruiné spirituellement sans doute avant de l'être matériellement. Je ne dis pas qu’ils sont responsables, ni même encore moins coupables, car je ne crois pas au libre-arbitre, mais ils ont poussé le vice jusqu’à s’interdire les sentiments vus comme niais et réactionnaires qu’ils auraient pu éprouver pour leurs enfants, au profit d’une quête de jouissance militante et soi-disant révolutionnaire. Or ce "nouveau monde", fait de jouissance sexuelle enfin libérée afin d’anéantir la frustration et la culpabilité soi-disant d’origine chrétienne évidemment, accusée de tous les maux, n’est jamais advenu. Et aujourd’hui Macron voudrait le faire advenir par le règne de l’argent. Toute une cohorte de victimes éparses, multiples, nombreuses, souvent jeunes ou moins jeunes (tous ceux nés à partir de la fin des années 60), jonche le parcours macabre de cette génération qui avait cru s’émanciper d’abord par la politique (années 60/70), puis par le sexe (années 70), enfin par l’argent (années 80/90). On peut dire qu’à peu près tous les phénomènes, politiques, sociologiques, médiatiques, migratoires, géostratégiques, de mode… des années 60 jusqu’à aujourd’hui, suivent l’ontogenèse de cette génération dorée, et en même temps fatale pour l’avenir de l’humanité occidentale.

Les médias sont la voix de cette génération dont jadis ils avaient exalté la "révolution", alors qu’aujourd’hui ils fustigent la révolte des gilets jaunes, des complotistes, des gueux ! S'il y a un complot c'est bien celui des baby-boomers, mais il est inconscient, ou alors, il est même peut-être une construction de la psychanalyse que l'on a bien trop largement surévaluée par rapport à ses très maigres, voire paradoxaux résultats - en aggravant le mal initial.

La guerre est aux portes de l'Europe, tandis qu'à l'intérieur une forme de guerre civile larvée fait rage. Je suis désolé de vous dire que Pasolini l'avait prédit dès Mai 68, dont il avait anticipé les abus : "Doucement, le temps d’Hitler revient", ou encore "Je vous hais chers étudiants", ou encore "Lorsque hier, […] vous vous êtes battus avec les policiers, moi je sympathisais avec les policiers. Car les policiers sont fils de pauvres. Ils viennent de sous-utopies, paysannes ou urbaines.", quoiqu'aujourd'hui la majorité des policiers ne soient plus fils de pauvres, que personnellement je ne sympathiserais pas avec cette sinistre engeance dont la motivation est souvent d’exercer la violence légitime (donc en toute impunité et même récompensée), et que ces sous-utopies n’existent plus.

À peu près toutes les prophéties de mauvais augure de Pasolini et même de Heidegger, aujourd’hui se réalisent.

Je ne parle pas des sans-voix, des humbles et des miséreux, je parle de ceux qui avaient une voix pour la faire entendre, qui se sont fait entendre au-delà de toute commune mesure et de toute décence commune, étant effectivement issus de la bourgeoisie à laquelle s'est agrégée toute une classe moyenne alors en voie de construction, aujourd'hui en voie de destruction. La notion de classe moyenne (on pense à tous les films de la troupe du Splendid emblématiques de ce phénomène) est une singularité typiquement baby-boomer, qui ne lui survivra peut-être pas.

Cette génération, en participant à la réalisation culturelle de cette classe atypique, ni vraiment populaire ni non plus entièrement bourgeoise et encore moins aristocratique, qu'est la classe moyenne prospère étant aussi matériellement le fruit des Trente Glorieuses, avait presque réussi l'émancipation, donc le dépassement de la lutte des classes par un excès structurel de générosité lié à la reconstruction de l’après-guerre. Sauf que cette construction culturelle, ce mieux-disant matériel, les baby-boomers l'emporteront dans la tombe par égoïsme, vénalité, appétit de jouissance ("jouir sans entraves"), absence totale de toute forme de culpabilité vis-à-vis de la génération de leurs enfants qu'ils n'ont pas hésité à sacrifier en ne lui transmettant absolument rien.

Cela aurait pu se faire sans violence, je veux dire le changement, l’émancipation et le dépassement de la lutte des classes. Désormais la violence et un genre de guerre civile larvée semblent inévitables, d'autant plus que les Russes se mêlent à la bataille idéologique. Quant à la classe dominante, elle a même perdu le verni aristocratique qui pouvait la rendre désirable, elle est devenue vulgaire et people de manière abjecte.

Les baby-boumeuses n'avaient surtout qu'un seul souhait : avorter en masse pour ne pas s'encombrer de ces entraves à la jouissance, ces peines à jouir, ces "paquets" (de merde) comme le dit Angot, que sont les enfants. Il y a beaucoup d'"avortés vivants" parmi ceux qui appartiennent aux générations qui viennent après. Beaucoup de sacrifiés, ce que ne fut pas structurellement la génération des baby-boomers, car alors il s'agissait de reconstruire et non de jouir (sans entraves). Donc "stérilisation des baby-boomers" ? Au sein d'un monde devenu à peu près stérile, finalement c'est presque ça ! Spirituellement ils ont globalement été totalement stériles alors qu'ils avaient toutes les cartes en main, dommage ! Quelle occasion manquée d'émanciper, non pas seulement une génération bénie par les circonstances, mais l'humanité entière, tous âges, races, et sexes, confondus. Résultat, même un pays comme la France ne s'est pas émancipé, mais juste une génération au sein de ce pays, une génération qui vote massivement pour Macron ! Nous vivons un véritable retour en arrière social avec des avancées sociétales phénoménales, ça ne mange pas de pain ! Maintenant ce qui est marrant (c'est une expression car personnellement je ris jaune !), alors que désormais tout est sur le point de s'achever pour cette génération qui ne veut cependant pas en démordre, c'est sa susceptibilité à fleur de peau. Vraiment, eux qui réclamaient le droit de ne plus jamais culpabiliser pour rien auraient-ils l'ombre d'un remords ?

Il n’y a plus un excès structurel de générosité, mais un déficit. Et ce déficit implique la recherche de boucs émissaires, de futurs sacrifiés. De même comparée à l’effervescence culturelle, intellectuelle, artistique des années 60/70/début des années 80, la scène contemporaine ressemble à un vaste champ de ruine stérile qui augure très mal de l’avenir. Onfray, Finkielkraut, Houellebecq, Michéa, Dufour… sont les arbres qui cachent la forêt du grand vide, du néant. L’excès s’est transformé en déficit, car n’y a eu aucune continuité, transmission. L’École a failli, la responsabilité des élites de gauche ou de droite, encore plus que celle des baby-boomers que l’on ne peut pas globaliser en une seule entité, est énorme. C'est désormais un jeu d'échecs entre le peuple et les élites, où ces dernières qui ne veulent rien céder sur leurs privilèges et sentant bien que la situation peut basculer à tout moment, ont consenti à la destruction des grands partis traditionnels ayant successivement trahi leurs électeurs pour imposer Macron, cet OVNI idéologique fait de bric et de broc.

dimanche 24 avril 2022

L'héritage de Freud

Freud disait de la philosophie qu'elle constituait une paranoïa réussie, en ceci qu'elle s'érige en système tentant de comporter le moins de failles possibles, voire se voulant exempt de toute faille. Le point ultime de cette "paranoïa" réussie, a je pense été atteint par Kant : c'est le système "parfait" tout comme un surfeur peut parler de la vague parfaite. En même temps Freud entre exactement dans le même travers, sa "science" ou pseudo science, voulait absolument tout expliquer et englober tout ce qui l'avait précédée. Il se voulait scientifique, alors qu'il n'était qu'un scientiste avec une vision philosophique du monde, axée sur son expérience personnelle, son être-là, qu'il s'est finalement contenté d'universaliser. D'ailleurs s'il avait été un pur scientifique, comme le dit Heidegger il n'aurait tout simplement pas pensé. Cependant je considère que toute la pensée de Freud se trouve discréditée par cette revendication de la caution scientifique, il s'est fourvoyé et d'une certaine façon il nous trompe sur sa marchandise. Oui comme Onfray je n'aime pas beaucoup Freud, et encore moins ce que nos contemporains ont fait de l'héritage de Freud.

Je n'ai pas dit que Freud était un charlatan, mais selon sa définition il est lui-même un paranoïaque avec une conception sans failles du monde, voire un rien totalisante. Il voulait tout contrôler. De toute façon on ne peut rien dire car il y a des intérêts financiers énormes en jeu, et pas seulement des intérêts qui font vivre des dizaines de milliers de gens qui ne crachent pas dans la soupe, mais aussi une certaine conception de l'ordre social qui doit régner dans le monde grâce au rôle régulateur des psys. Mais bon, globalement, la discipline psy étant une vaste pompe à fric permettant de vivre très grassement, qui fonctionne plutôt bien, en remplacement de la religion, mieux vaut s'écraser piteusement. Quant à savoir si cela peut faire plus de bien que l'ordre ancien reposant sur la coutume et la croyance, pour ma part je préfère laisser mon jugement en suspens ; même si je ne me fais aucune illusion sur la science et le progrès, n'idéalisons pas le passé comme on dit - ça fait le lit de l'extrême-droite.

Même s'il était un charlatan, il y a désormais trop d'intérêts en jeu pour qu'on puisse s'en prendre à cette discipline. On l'a vu avec la polémique Onfray. L'héritage de Freud est exorbitant et irrévocable.

"Une femme tombée entre les mains des psychanalystes devient définitivement impropre à tout usage, je l’ai maintes fois constaté. Ce phénomène ne doit pas être considéré comme un effet secondaire de la psychanalyse, mais bel et bien comme son but principal. Sous couvert de reconstruction du moi, les psychanalystes procèdent en réalité à une scandaleuse destruction de l’être humain. Innocence, générosité, pureté… tout cela est rapidement broyé entre leurs mains grossières. Les psychanalystes, grassement rémunérés, prétentieux et stupides, anéantissent définitivement chez leurs soi-disant patientes toute aptitude à l’amour, aussi bien mental que physique ; ils se comportent en fait en véritables ennemis de l’humanité. Impitoyable école d’égoïsme, la psychanalyse s’attaque avec le plus grand cynisme à de braves filles un peu paumées pour les transformer en d’ignobles pétasses, d’un égocentrisme délirant, qui ne peuvent plus susciter qu’un légitime dégoût. Il ne faut accorder aucune confiance, en aucun cas, à une femme passée entre les mains des psychanalystes. Mesquinerie, égoïsme, sottise arrogante, absence complète de sens moral, incapacité chronique d’aimer : voilà le portrait exhaustif d’une femme analysée." Houellebecq, Extension du domaine de la lutte.


Nous sommes tous en danger !

 


Mais n'oublions pas ces deux grands philosophes du soupçon que sont Schopenhauer et Nietzsche, penseurs de l'absurde, le premier en en tirant une philosophie pessimiste, figée dans son absence d'issue, comme le personnage misanthrope qu'il était, préférant à la compagnie des Hommes celle des chiens plus nobles. Le second en faisant la source d'une philosophie du foisonnement interprétatif aux mille lignes de fuite deleuziennes, en tout cas reprises par ce dernier. Ces deux-là, les deux premiers évoqués, ont grandement influencé Freud qui en a tiré un business lucratif, indémodable, comme le montre la série actuellement en vogue sur Arte. Et n'oublions pas non plus le plus grand penseur de la technique qu'est Heidegger, qui nous éclaire tant sur le temps présent qu'il a défini en concepts, mais qui est là, ce monde de la technique, devant nous comme le nez au milieu de la figure, d'une effroyable évidence dans toute sa laideur esthétique et sa violence intrinsèque, inévitable comme un destin ! Comme le disait Arendt, le progrès se fait derrière le dos des Hommes en chair et en os.

Quant à la matière et l'esprit, nulle prééminence de l'un(e) sur l'autre. L’Occident avance par destruction créatrice, là où les sagesses orientales sont soucieuses de respecter l'équilibre entre les contraires : jeunes/vieux, femmes/hommes, riches/pauvres, modernité/traditions, beau/laid, famille/individu, matière/esprit... La culture de l'Occident en est une du conflit permanent, du remplacement sans fin de l'ancien par la nouveauté. Celle de l'Orient qui va heureusement nous supplanter, en est une du compromis, de l'accumulation des couches successives sans en détruire une seule. Car seulement le conflit résolu permet d'accéder à la sérénité... Tout le contraire du néolibéralisme et de la modernité occidentale... et de toute sa philosophie depuis ses origines grecques en général !

Il n'y a jamais eu de sagesse en Occident, le terme de "philosophie" est lui-même une forme d'escroquerie intellectuelle, il y a juste de l'intellectualisme, c'est-à-dire de la spéculation intellectuelle. À cet égard la pensée de Comte-Sponville, qui tente de faire le lien entre sa pensée avec une forme de sagesse zen, voire l'expérience mystique, présente un certain intérêt, pour y trouver une forme de consolation par temps de crise perpétuelle, à la manière d'un Schopenhauer qui lui la trouvait exclusivement dans l'art. On pourrait juste rajouter que la crise actuelle, perpétuelle et exacerbée, est causée par le capitalisme, générateur depuis ses origines de soubresauts en cascades. Le capitalisme est l'anti-sagesse par excellence, une machine à produire du malheur, de la misère, des guerres en séries, du conflit entre les contraires. Quand on pense que des libéraux (souvent d'origine anglo-saxonne et obsédés par l'argent) qui s'autoproclamaient au sens propre, "philosophes", donc amoureux de la sagesse, sont à l'origine de ce merdier sans fond ! Ce qu'il y a eu de plus mauvais dans toute l'histoire de la philosophie (surtout Mandeville et Smith !), semble malheureusement l'avoir emporté haut la main pour régenter notre présent...

Ça me fait penser à Salamé demandant à Macron, "croyez-vous en les forces de l'esprit ?", et ce dernier après avoir affirmé qu'il préférait Hugo à Céline (évidemment enfin !) dans un bel esprit de consensus... de répondre "oui". Cela m'a laissé rêveur ! Il coche vraiment toutes les cases du politiquement correct le plus caricatural. Tout dans sa manière d'être suinte la bobo attitude la plus triviale. Le choix par Salamé de ces deux écrivains emblématiques ne devait évidemment rien au hasard, elle lui servait sur un plateau l'occasion d'exprimer son progressisme. Mais s'était-il seulement imprégné d'Hugo et de Céline suffisamment pour les sentir, en avait-il eu le temps et les moyens, voire l'intérêt, et fallait-il les opposer comme deux conceptions diamétralement antagonistes, l'une noble et l'autre crapuleuse ? Personnellement je ne le pense pas. C'est peut-être la même vision, le même esprit, mais à deux moments diamétralement opposés de notre Histoire, l'un empli d'espoir dans le progrès, l'autre désenchanté par son résultat... La guerre, bref toute l'horreur décuplée par l'action de la technique (donc du progrès) dont peut être capable l'humanité, étant passée par là... Macron indécrottable progressiste ? Non vraiment il n'a rien compris au film !

Seulement voilà, le progressisme de Macron est de nature violente et intrusive, autoritaire, et le personnage est bien plus inquiétant que Le Pen, comme l'a montré d'ailleurs le débat. C'est certain que ça a de quoi déboussoler sérieusement... Surtout la génération des baby-boomers, sympa au demeurant, pour qui tout fut bien plus facile et qui vote très massivement Macron !

La plupart des petits villages ne sont surtout plus que l'ombre d'eux-mêmes, ils ont perdu leur âme, ce qui faisait qu'ils étaient vivants. Les gens y formaient une communauté qui a disparu. Chacun désormais chez soi dans son petit confort. Plus du tout ou alors très peu de valeurs pour réunir. Je crois vraiment que c'est ce que Heidegger appelle oubli de l'être. Pour moi cela se ressent de manière intuitive, c'est comme le nez au milieu de la figure, il n'y a même pas besoin de culture livresque pour l'éprouver dans sa chair, pour avoir vécu ses derniers soubresauts de vie à travers mes grands-parents ruraux qui parlaient breton, dans un village que d'aucuns traiteraient de trou du cul du monde et qui m'apparaissait comme le centre du monde. Comme le disait Pasolini dans sa dernière interview de mémoire : "Nous sommes en grand danger !"

Et encore ! Le pauvre Pasolini n'avait pas connu la fibre et le smartphone ! qui font que même devant sa télé on est désormais pollué par Facebook et autres réseaux sociaux, car le smartphone, une extension de notre psyché puisque la fonction crée l'organe, est une drogue encore bien plus addictive que l'écran TV, se superposant à lui...

"Ne vous faites pas d’illusions. Et vous, avec vos écoles, avec votre télévision, avec vos journaux bien tranquilles, vous êtes les grands conservateurs d’un ordre horrible fondé sur la possession et sur la destruction. Soyez heureux, vous qui n’êtes contents que lorsque vous pouvez coller une étiquette sur un crime. À mes yeux, ce n’est là qu’une des nombreuses opérations de la culture de masse : ne pouvant empêcher certains événements, on trouve la paix en fabricant des tiroirs sur mesure que l’on referme aussitôt." P. P. Pasolini. Autrement dit difficile d'adhérer à l'indignation lorsqu'elle est collective, hallucinatoire et quasi sur commande ? On notera que l'École elle-même selon Pasolini, loin d'être un outil d'émancipation (la geste hugolienne) est devenue un moyen qui participe de la grande aliénation collective. La guerre est universellement laide au-delà de tout esprit partial des bons et des méchants (image renvoyée par la télévision mainstream et la philosophie de comptoir dispensée par des professionnels patentés), et par-delà toutes les raisons et les processus complexes qui l'ont déclenchée pouvant l'expliquer sans nullement jamais pouvoir la justifier - tout comme toute forme de violence gratuite ou de terrorisme aveugle.

Mais que dire des "Petits prêtres, bourgeois imbéciles" manichéens qui nous enjoignent à condamner inconditionnellement sans comprendre ? Car expliquer ce serait un début de commencement de justification, donc d'excuse, ce serait mettre sur le même plan le bourreau et la victime en faisant du bourreau une victime. In fine rendant impossible la distinction du bien et du mal, ce dont ont tant besoin les "Petits prêtres, bourgeois imbéciles" pour avoir une emprise sur leurs ouailles.


mardi 29 mars 2022

La « raison » a-t-elle raison ?

 


La "raison" c'est une création humaine, trop humaine... Oui pour vous certainement l'action de l'Homme est infiniment moins dangereuse pour la planète, que la nature elle-même, ce qui vous rend certainement climato-sceptique.

Je pense exactement le contraire, je pense que la seule forme de nocivité, de toxicité, de négativité, la seule forme d'action qui ne se régule pas d'elle-même sur la planète, est exclusivement l'action de l'Homme qui laisse des traces irréversibles ; alors que tout le reste dans la nature se régule de soi-même, dans la plus parfaite harmonie.

Comme il était dit dans le film Matrix (comme quoi même l'industrie d'Hollywood nous livre quelques pépites), l'Homme est un virus dans un organisme sain, et cet organisme sain est la nature. Donc non, jamais les médicaments, jamais la camisole chimique, je ne veux pas ajouter de l'artificiel à l'artificiel, l'artificiel que constitue notre société mue par la subjectivité prédatrice d'origine cartésienne ou "raison", dixit Heidegger ; ou matrice dixit Matrix.

Tant qu'à faire, soyons totalement libertariens, laissons les enfants être libres. L'École est certainement la forme la plus vicieuse d'arbitraire et d'autoritarisme, la culture aussi c'est de l'arbitraire, laissez-nous bouffer du Mac Do, boire du Coca et regarder du Disney, consommer à outrance des produits dont l'obsolescence est programmée, c'est ça notre liberté chèrement acquise ; la lecture est aussi une forme tout à fait arbitraire de contrainte, préférons la facilité, la niaiserie, le manichéisme à toute forme de contrainte, l'écran à l'écrit, la sous-culture à la culture classique, laissez-nous "être comme nous sommes".

Laissons-les être libres, les enfants, comme dans Sa majesté des mouches. Nous préférons être brutaux, sans culture, frustes, sans la moindre forme de pitié les uns envers les autres, et même manipulés au sein d'un monde néolibéral, plutôt que de faire le moindre effort pour nous extraire de notre fange au sein d'un monde civilisé.

Je n'ai jamais digéré le génocide des Amérindiens par les colons d'origine européenne. Quand je regardais les films de cow-boys et d'Indiens lorsque j'étais petit, j'en avais les larmes aux yeux de voir ces masses d'Indiens se faire massacrer par une poignée de cow-boys endurcis et brutaux. Un génocide que l'industrie d'Hollywood a rendu sympathique et légitime, au nom du camp du bien, qui a justifié ensuite tout un tas d'autres formes de massacres de masse - Rambo II est à cet égard un film effarant de niaiserie criminelle. Et aujourd'hui l'histoire continue... et je crains que ce soit toujours la même, qui prend quand même ses racines dans un génocide !

Ce n'est pas une question de psychanalyse. La seule différence entre Hitler et les États-Unis, c'est que l'un a perdu, que les autres ont gagné. La nature du génocide reste exactement la même. Un génocide est un génocide, c'est une extinction de masse d'un peuple pour tout un tas de "bonnes causes" théoriques et idéologiques - à la différence des Juifs, les Amérindiens n'ont pas survécu... aux États-Unis, ou alors de façon tellement dérisoire à l’état de légumes parqués qu'il vaut mieux ne même pas en parler. Pire avec les Américains nous sommes embrigadés dans un manichéisme du camp du bien d'essence religieuse, qui dans la tête des plus abrutis des Américains est d'origine quasi-surnaturelle : Dieu leur donne la victoire car ils sont bons, car ils sont dans le camp du bien ; et leurs dirigeants tous plus abrutis les uns que les autres les entretiennent dans cette illusion perverse. Je crains que l'industrie d'Hollywood, la publicité, l'information... tout un tas d'autres choses, des petites choses de tous les jours, soient en réalité des conditionnements qui formatent les esprits.

J'aurais préféré un monde plus adulte et cultivé surtout, de l'Atlantique à Vladivostok, pour faire concurrence au manichéisme enfantin, niais et criminel, de l'oncle Sam.

L'extrême-droite d'aujourd'hui est-elle un danger ?

 


Il faut arrêter de s'attacher aux étiquettes, le terme d'extrême-droite rattaché au souvenir désastreux de la Shoah pour décrédibiliser le mouvement populaire actuel, en le rattachant au nazisme ou au moins au pétainisme, ne veut plus rien dire dans le contexte d'aujourd'hui comme le souligne à juste titre ses dirigeants comme Marion Maréchal, et c'est un Juif nommé Zemmour qui doit mener la contre-offensive en raison de ses origines contre l'intimidation mémorielle paralysant toute action et nous plongeant dans les bras de l'impérialisme néolibéral américain consumériste, à la fois culturel (ou sous-culturel) et économique.

Pourquoi même Alexandre Douguine, intellectuel pro-Poutine, se trompe-t-il (certainement pas parce que BHL a raison) ?

Les dinosaures ont disparu, engloutis par la nature dont ils étaient issus, mais ils n'étaient pas "raisonnables". Nous sommes arrivés au point de non-retour (sauf catastrophe civilisationnelle et déclin technologique probables qui feraient le bonheur des survivalistes), où l'action de l'Homme par sa technologie de pointe sur la nature est devenue plus dangereuse pour la nature, que l'action de la nature sur l'Homme ne l'est encore pour l'Homme.

L'Homme s'est complètement extrait de la nature, il n'en fait plus partie, ils sont devenus deux entités complètement séparées qui sont en guerre l'un contre l'autre. Le combat est complètement dissymétrique puisque l'un exploite l'autre à outrance, la provoque, pour lui faire cracher toutes ses ressources ; mais quelquefois l'autre se venge à travers des maux inédits comme le Sida ou la Covid.

Autrefois on pouvait dire que ce qui était culturel était également naturel, comme la culture classique, où l'on trouve bien des vestiges de cette crainte qu'occasionnait la nature sur la frêle et pâle créature appelée Homme ; mais ce n'est plus le cas, nous sommes désormais des affranchis, nous n'avons plus aucune crainte, sauf des virus et autres micro-organismes bactériens seuls susceptibles de venir à bout de nous. C'est pour cette raison, à savoir que ce qui est culturel n'a plus rien de naturel au sein de nos sociétés de très haute technologie, que nous sommes aussi des affranchis des religions et autres croyances archaïques qui étaient là pour rassurer la frêle et pâle petite créature au sein de la grande nature hostile, sombre, violente. Les vœux de Lucrèce ont été exaucés, mais bien au-delà de ses attentes car occasionnant un nouveau déséquilibre bien plus périlleux que celui que recélait le paradigme religieux, certes porteur de superstitions délétères et de servitude volontaire, mais aussi de communauté politique structurante.

Au sein des traditions et de la culture classique, l’Homme restait un être de nature, c’est peut-être la petite voix que veut faire entendre Alexandre Douguine, qui distingue la civilisation occidentale complètement aliénée vis-à-vis de ses origines naturelles, coupées de sa culture classique au profit d'une sous-culture made in USA et la civilisation russe encore fidèle à la nature humaine.

Mais même cette distinction est selon moi artificielle, car les Russes eux aussi ont en réalité fondamentalement renoncé à leurs traditions et à leur culture pour faire confiance à la subjectivité prédatrice d'origine cartésienne ou "raison", dixit Heidegger, à travers la très haute technologie. Idem pour les Chinois ou tout autre pôle civilisationnel. Car il a toujours s’agit en réalité de retourner les armes de l’Occident contre lui-même pour le combattre et éventuellement le vaincre, et se faisant on ne peut que se perdre, ce que Heidegger appelle à juste titre oubli de l’Étre, volonté de puissance ou volonté de volonté...

lundi 28 mars 2022

Pourquoi on n'entend plus Finkielkraut et pourquoi il aurait mieux fait de se taire ?




Alain FINKIELKRAUT : « À la suite d’une bénigne opération, j’ai contracté ce qu’on appelle une maladie nosocomiale : trois vertèbres infectées, un long séjour à l’hôpital, deux interventions chirurgicales très périlleuses qui auraient pu me laisser paraplégique. Après bientôt trois mois de douleur et d’effroi, je sors de l’enfer et je fais le trajet inverse à celui de la grande vieillesse : je me réapproprie peu à peu les gestes élémentaires de la vie quotidienne, je marche avec un déambulateur, j’utilise aussi des cannes. Une kinésithérapeute, ferme et douce, remuscle mes jambes et fait patiemment de moi un homme comme les autres.

Mais je ne veux pas verser dans le mélodrame : mes progrès sont rapides et, n’était un mal au cœur irréductible, j’aurais retrouvé la joie de vivre. Je suis très sensible à la fidélité de la directrice de France Culture, Sandrine Treiner, qui diffuse d’anciennes émissions de Répliques, et, si la nausée me laisse tranquille, j’espère revenir bientôt dialoguer sur l’antenne. C’est aujourd’hui le but de mon existence.

Les souffrances que j’ai connues ne m’ont pas recroquevillé sur moi-même au point de me rendre sourd et aveugle à ce qui se passe autour de nous. « Siphonné, dérangé, cinglé, malade mental, psychopathe, paranoïaque » : toutes les épithètes cliniques qui pleuvent aujourd’hui sur Vladimir Poutine traduisent notre désarroi. Il est vrai que nul ne s’attendait à voir l’autocrate du Kremlin lancer son armée à l’assaut de l’Ukraine et menacer de riposte nucléaire tous ceux qui voudraient lui mettre des bâtons dans les roues.

Mais Poutine ne procède pas que de lui-même. Sa voracité vient de loin. On a cru qu’avec la chute du mur de Berlin le Vieux Continent renonçait une fois pour toutes à la forme de l’empire. Ce qui est le plus frappant dans cette guerre, ce n’est pas la folie d’un homme seul, devenu étranger à la réalité, ce n’est pas non plus le retour de l’histoire, c’est la persistance de la fatalité russe. Tsarisme, communisme, poutinisme : la continuité impériale l’emporte sur toutes les ruptures.

Certains esprits fiers de leur impartialité et de leur réalisme soutiennent que l’Occident a sa part de responsabilité dans la situation actuelle. L’Otan aurait provoqué la Russie amoindrie en venant la narguer jusqu’à ses nouvelles frontières. Cet argument ne tient pas : les pays Baltes, la Pologne, et tous les pays de l’Europe centrale, ont choisi la protection de l’Otan contre ce qu’ils savaient être l’expansionnisme russe. Dans un magnifique entretien avec Philip Roth publié au milieu des années 1980, Milan Kundera affirme qu’« après l’invasion russe en 1968 tout tchèque a dû faire face à l’idée que sa nation pouvait être effacée de l’Europe sans faire plus de vagues que les 40 millions d’Ukrainiens qui ont disparu dans les cinq dernières décennies dans l’indifférence générale ». C’est le refus d’un nouvel effacement que les réalistes considèrent comme une offense faite à l’effaceur. Ils appellent cela « humiliation de la Russie ».

Lviv est une ville qui a beaucoup voyagé dans l’histoire. Située à la périphérie de l’empire austro-hongrois, cette capitale de la Galicie portait au XIXe siècle le nom de Lemberg. Après la Première Guerre mondiale, elle fut incorporée dans la Pologne indépendante et devint Lwow. Occupée par les Soviétiques en 1945, elle est aujourd’hui ukrainienne et s’appelle donc Lviv.

J’avoue que j’ai du mal à m’habituer à ce nom. Ma mère est née et a grandi à Lwow, et elle a gardé de sa jeunesse dans ce joyau architectural un souvenir… disons, mitigé. Comme beaucoup de Juifs ashkénazes, j’ai été élevé dans la méfiance, pour ne pas dire pire, des Polonais et des Ukrainiens. « Pires que les Allemands ! », disaient mes parents, comme tous les rescapés, qui, pour la plupart, ont toujours refusé de remettre les pieds en Ukraine et en Pologne. J’ai toujours voulu leur être fidèle, mais l’héritier d’une victime manque à la fidélité lorsqu’il se prend lui-même pour une victime.

Qu’il s’agisse de la Pologne de Solidarnosc ou de la Croatie assiégée, j’ai même mis un point d’honneur à transgresser l’interdit parental. J’ai protesté contre l’invasion et la destruction de Vukovar (ville défendue par les Croates et assiégée par les Serbes pendant 87 jours en 1991 pendant la guerre de Croatie, NDLR) quand la Serbie de Milosevic présentait cette ville - avec un certain succès, hélas - comme un bastion oustachi, c’est-à-dire hitlérien. Poutine a voulu rééditer la même opération avec Kiev et Marioupol.

Mais il a échoué. La ficelle était trop grosse. À l’idée d’un procès de Nuremberg contre les dirigeants ukrainiens dans Kiev dévastée par l’armée russe, la décence commune a réagi par le dégoût. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’antinazisme ment, et c’est toujours au nom du « plus jamais ça » que quelque chose comme « ça » se prépare. »

Alain Finkielkraut : « Cette guerre nous rappelle que les nations doivent être défendues » / V.Trémolet de Villers et E.Bastié (Fig)

En commentaire je dirais que si c'était pour dire ça à propos de la guerre en Ukraine, il aurait mieux fait de se taire plutôt que d'utiliser ses contorsions et arguties sémantiques habituelles. Lui qui se targue de défendre la grande culture européenne élitiste, il fait directement le jeu de l'impérialisme sous-culturel américain décérébrant (via Mac Do, Coca, Disney etc.) en Europe via l'Otan notamment, et ne réfléchit pas une seconde à la possibilité qui nous était éventuellement offerte de faire une grande Europe économique et culturelle de l'Atlantique à Vladivostok dès la chute du mur, pour contrecarrer les plans américains d'expansionnisme sous-culturel et néolibéral. On aurait pu au moins essayer, comme l'avait esquissé de Gaulle, tout le monde se revendique de lui mais tout le monde l'a trahi, spécialement au sein de "sa propre famille politique"...

BHL qui est notre plus grand philosophe français encore en vie, suggère implicitement qu'il faudrait faire la guerre à Poutine jusqu'à le chasser du pouvoir comme l'a sous-entendu Biden - car sinon comme le chasser du pouvoir ? Je crains que la stratégie occidentale soit désormais de mettre la main sur les énormes richesses du sous-sol russe. Pour cela ils ont attiré Poutine dans le piège ukrainien afin d'accélérer sa chute, par de multiples provocations en amont au moins depuis 2014. Même type de piège que le piège afghan dans les années 80, qui avait amené l'effondrement de l'empire soviétique quelques années plus tard. L’Occident, il faudrait dire plutôt ici (comme presque partout ailleurs) les États-Unis, chercherait désormais à ce que s'installe en Russie d'ici quelques années, le même genre de situation d'anarchie et de chaos qu'au Moyen-Orient, afin d'y installer un État fantoche sous sa botte.

"Notre plus grand philosophe français" : il est bon de rire de temps en temps. Disons le philosophe le plus visible médiatiquement, et cela haut la main - avec également beaucoup de sang notamment libyen sur ces mains. Quand tous les autres sont quasiment systématiquement traités de polémistes par les médias, lui est toujours qualifié de philosophe avec une oreille très attentive et une forme de déférence craintive - car il pèse très lourd financièrement et donc en termes d'influence.

Autres éléments de langage occidentaux, outre ceux qui distinguent entre polémistes et philosophes, nos milliardaires sont appelés libres entrepreneurs, les leurs péjorativement traités d'oligarques à la solde de Poutine ; nos informations qualifiées de libres, objectives et pluralistes, les leurs traitées de propagande forcément biaisée. Enfin les opposants dans nos régimes occidentaux qui reposent sur la domination exclusive et sans réciprocité des États-Unis et des élites financières qui font l'opinion au sein des "démocraties" (qui pour cette raison ne le seraient pas, démocratiques, selon Rousseau), sont traités de complotistes...

Doux rêveur ce Victor Hugo, lui qui projetait devant l’Assemblée nationale en 1849 de détruire la misère. Non seulement la misère n'a pas été détruite, mais elle a explosé dans le monde avec l'explosion démographique hors de contrôle ; jamais il n'y a eu autant de souffrance dans le monde qui est directement proportionnelle au nombre d'habitants. En Occident même, les inégalités sociales explosent, la classe moyenne est en voie d'anéantissement, les riches s'enrichissent comme jamais et leurs profits sont exponentiels. La crise qui se profile en Europe liée à la guerre en Ukraine va faire le jeu des milliardaires et des profiteurs de guerre. De plus la misère est raciste mais pas antisémite bien au contraire, car aux États-Unis elle est directement corrélée à l'origine ethnique, ce que mettent en évidence les statistiques ethniques qui y sont autorisées contrairement en France.

Mais seule note d'espoir, Hugo a raison de distinguer entre misère et souffrance, car in fine, l'argent ne fait pas le bonheur, pas toujours... C'est très rare mais on peut être riche et trop malade pour pouvoir en profiter. On peut parier que la guerre en Ukraine va considérablement enrichir les États-Unis, appauvrir l'Europe, et sans doute ruiner la Russie de façon irrémédiable. C'est tout bénef pour les Américains par Européens interposés ! Je le répète, je pense que les Russes ont été attiré dans un piège en Ukraine ourdi de longue date par les Américains qui jouent toujours à un jeu de billard à plusieurs bandes et ont souvent un temps d'avance sur leurs ennemis qu'ils acculent au désespoir, et que le projet global des États-Unis est de démanteler la Russie pour avoir accès à ses énormes ressources naturelles.

vendredi 18 mars 2022

Ode à Macron sauveur des peuples

  « Merci Vlad d'avoir permis ma réélection les doigts dans l'nez ! »
                            

Macron contre Poutine, et tous les dictateurs à travers le monde.

La République est une et indivisible, les lois de la République sont irréfragables. Donc forcément les éborgnés et les amputés avaient fauté ; ils ont donc été justement et proportionnellement châtié, CQFD. En régime républicain français tout est juste et légitime, notre Constitution qui s'appuie sur la déclaration des Droits de l'Homme de 1789, est un joyau, son application par les FDO est irréprochable, sinon ce serait mettre en cause les fondements de la République, ce serait être un ennemi de la République, un anti-Républicain, donc un dangereux extrémiste, un séditieux. On peut tout critiquer, tout tourner en dérision, rire de tout, mais pas de la République française, car elle est la condition de la liberté d'expression partout dans le monde. Macron a éborgné, amputé, mais il l'a fait par amour de son peuple, pour l'intérêt général qui doit primer sur les égoïsmes particuliers - qui aime bien châtie bien.

Diriger la France ce n'est diriger un pays comme un autre, c'est être le garant des droits de l'Homme partout dans le monde ; ce n'est pas régenter les autres, c'est au contraire leur permettre d'accéder aux droits qui leur permettront de s'épanouir tout en restant dans le respect des droits d'autrui (deal républicain que les gilets jaunes n'avaient pas respecté !).

Macron n'est pas un régent, c'est un tuteur de résilience dans des temps difficiles, il consent au sacrifice suprême, celui de son bonheur privé, pour se mettre entièrement au service de l'État et de ses lois si respectueuses des droits de l'Homme, pour le bonheur et l'épanouissement des citoyens, et des peuples qui aspirent à la liberté partout à travers le monde. Macron est notre sauveur ! Le sauveur de l'Ukraine contre Poutine, d'ailleurs les Français ne s'y sont pas trompés qui vont le réélire soit directement au premier tour, soit à 70 % au second tour, selon tous les sondages. Alléluia !!! Macron notre sauveur a atomisé la concurrence !

PS : bien sûr tout cela est à prendre au second degré, c’est la propagande qu’on nous sert à longueur de JT. La carrière posthume d'Adolf Hitler, c'est d'avoir rendu le monde totalement manichéen et sans nuances. Poutine = Hitler = très méchant voire le diable. Inutile d'aller chercher plus loin. Donc Macron = très gentil. Camp du bien vs camp du mal... Les gens ont peur, ou n'ont pas le temps de se prendre la tête, et voteront à 70% au second tour pour ce qu'il apparaît comme appartenant au camp du bien. D’ailleurs le wokisme, cette théorie du camp du bien, me paraît bien plus proche du puritanisme protestant anglo-saxon que de la French Theory.

dimanche 13 mars 2022

Les présupposés religieux du "camp du bien"



Je ne crois plus du tout au lien entre science et religion ou science et philosophie, depuis Kant et son travail épistémologique. La science poursuit sa propre route, de façon autonome, comme la technique que décrit Heidegger - il s'agit des technosciences. Einstein avait même une très haute conscience de pacifiste en totale contradiction avec les applications militaires que l'on a pu tirer de sa théorie, je crois que ce souvenir du bombardement d'Hiroshima et Nagasaki l'a hanté tout le reste de sa vie. Einstein a été instrumentalisé par le "camp du bien" dans cette histoire. Ce que nous démontre cet exemple désolant, c'est comme le dit Heidegger, que la science ne pense pas. Sinon un inventeur ne se trouverait pas à regretter ce qu'il a "lui-même" inventé... Les technosciences provoquent les forces qui sont contenues dans la nature de façon tout à fait aveugle et incontrôlable, et Einstein dont on a fait une icône moderne du "camp du bien", malgré lui et toutes ses convictions de pacifiste, a participé de cet aveuglement.

Einstein était un génie scientifique hors-norme, mais je ne crois pas que ses origines religieuses impliquant "une liberté de pensée considérable" aient influencé ses découvertes, car selon moi il n'y a pas de lien entre sciences et religion, et que "la science ne pense pas" selon Heidegger : la science c'est juste traduire en langage mathématique le grand livre de la nature. Ce qui est paradoxal, c'est qu'avec ses convictions pacifistes, sa pensée propres, Einstein se soit trouvé en contradiction avec les applications militaires que l'on a pu tirer de sa propre théorie. Sa pensée propre, car il en avait une, pacifiste, là pour le coup sans doute influencée par sa religion, n'était pas d'accord avec ce qu'il avait lui-même inventé, les forces de la nature qu'il avait lui-même déchaînées par sa découverte scientifique géniale.

S'il y a une chose qui peut expliquer sa très grande liberté de penser c'est l'amour et les soins qu'il a reçus étant enfant, sa force de résilience (suivant un terme désormais utilisé à tort et à travers !) comme le dirait Cyrulnik, et non pas un quelconque enseignement religieux. La religion reste dans le champ du religieux, la science dans le champ de la science, il n'y a que la philosophie qui réellement pense. Il n'y a rien de mystique ni de religieux dans la science, le penser c'est être dans la pensée magique. Ce que certains sous-entendent c'est que la pensée religieuse juive est supérieure à la pensée philosophique grecque et c'est ce qui explique la possibilité pour Einstein d'avoir découvert la théorie de la relativité avant tous les autres, or cela me paraît sans lien de cause à effet.

La philosophie occidentale de Descartes à Kant a permis d'ouvrir un boulevard à la science, et justement de la débarrasser de tous ses présupposés religieux et même aristotéliciens.

Le judaïsme n'est pas une "philosophie" de la nature, même entre guillemets, c'est une religion, tout comme la mythologie grecque, les deux sont des cosmogonies, naïves, simplistes, créationnistes ; on ne peut pas mettre sur le même plan que la religion, la mécanique aristotélicienne qui est une cosmogonie construite à partir des découvertes scientifiques et philosophiques des Grecs sur fond de mythologie païenne. En tant que religion on peut tout aussi bien taxer le judaïsme d'obscurantisme (ce que ne s'est pas privé de faire Spinoza vis-à-vis de sa communauté d'origine dont il a été excommunié), tout comme le christianisme ou l'islam ; certes il y a sans doute des religions plus obscurantistes et barbares que d'autres, et encore - cela dépend de leur degré d'évolution, de leur capacité d'aggiornamento ! La religion juive est sans doute celle qui a fait son aggiornamento le plus complet, donc celle qui est la plus "évoluée", la mieux adaptée au monde moderne, la moins dogmatique, celle qui se renouvelle le plus... mais cela reste une religion !

Donc faire d'une religion un principe de découvertes scientifiques, un principe des Lumières, cela me paraît un contresens absolu. À partir du moment où l'on commence à faire de la philosophie on s'éloigne de la religion, c'est le cas pour Maïmonide, même si la philosophie à la différence de la science peut avoir des présupposés religieux. Quant à la science moderne elle n'a plus aucun présupposé religieux (sinon c'est mettre de la croyance là où il n'y en a pas), ni même métaphysique (grâce ou à cause de Kant), elle "pense" (ou "ne pense pas" selon Heidegger), de façon tout à fait autonome. Aujourd'hui les progrès des technosciences sont parfaitement autonomes, au point même qu'ils échappent au libre-arbitre humain hérité du judéo-christianisme.

Je n'ai jamais vu une nation depuis le traumatisme post1945 pouvoir s'approprier une création, une invention, qui appartient aux Juifs. C'est peut-être un phénomène nouveau dont n'avait pas eu vent Einstein à son époque ! Certains Juifs aujourd'hui et pas des moindres, réclament l'exclusivité de toutes leurs créations, inventions, depuis la nuit de temps ; et ils vont même parfois jusqu'à pinailler sur les ascendants de quelque illustre personnage plus ou moins oublié, pour montrer qu'il avait bien des origines juives. C'est à se demander si un non-Juif en ce monde a pu un jour inventer quoique ce soit tout seul ? L’arrogance de certains Juifs, et pas des moindres, est aujourd’hui tout à fait insupportable et dangereuse pour les nations, notamment à travers un Zelensky ou un BHL, ce sont eux les va-t-en-guerre, mais elle a des causes pour l’expliquer, elle a des circonstances atténuantes : la Shoah...


samedi 12 mars 2022

Le souvenir qui hantait Einstein



"Non, je ne veux pas devenir président d'Israël : je devrais parfois dire aux Israéliens des choses inaudibles pour eux."

Einstein

Je ne crois pas au "camp du bien"

Comme le disait Einstein ou on a fait dire à Einstein, "tout est relatif", il n'y pas d'absolu même dans le crime. C'est sur cette notion d'absolu (dans le crime) que se fonde le "camp du bien" pour à son tour justifier d'autres crimes : regardez donc ce qui se passe en Israël, et sur ce point je rejoins donc Einstein dans sa citation sur l'État hébreu.

Sans doute un pacifiste convaincu, effaré par l'usage que l'on a pu faire de son invention. Bon si ce n'avait pas été lui, la bombe aurait été inventée quand même, et utilisée. Comme on dit on n'arrête pas le progrès !

"Il ne faut pas laisser l’exclusivité de l’arme nucléaire aux Nazis" ; Einstein est hanté par la question : jusqu’où les Etats-Unis laisseront-ils faire l’Allemagne d’Hitler ? C’est ainsi que le 2 août 1939, Einstein envoie une lettre au président des Etats-Unis, Roosevelt, afin de le persuader de mettre en œuvre un programme de développement d’une bombe nucléaire avant que les Allemands ne construisent la leur. Ce n’est que le 3 octobre que Roosevelt reçoit la lettre d’Einstein. Devant le peu de réaction, Einstein envoie une nouvelle lettre alarmante au président Roosevelt le 7 mars 1940. Ce n’est qu’en octobre 1941 – les Etats-Unis ne sont entrés dans la deuxième Guerre mondiale qu’en décembre 1941 – que Roosevelt donne son feu vert pour le lancement du programme nucléaire.

Einstein a été écarté du programme de développement des premières bombes nucléaires un peu parce qu’il était considéré par le FBI et les autorités militaires US comme un anti-fasciste prônant amitié et aide à l’URSS. Mais surtout parce que le FBI et les autorités militaires soupçonnaient, à juste titre, qu’Einstein ne voulait la Bombe US que pour une seule raison : ne pas permettre à Hitler de terroriser le monde entier avec sa Bombe à lui.

Bref Einstein n'aurait sans doute pas été d'accord pour qu'on expérimente "sa" bombe sur le Japon.

Mais il est vrai que vers la fin de sa vie Einstein a essayé de se dédouaner de ce souvenir qui le hantait :

"Vous êtes fier de vous ? Vous avez tué des millions de gens avec votre bombe atomique, et maintenant les Russes en ont une aussi, et je parie qu'ils vont bientôt faire sauter toute la planète... " La personne qui vient de se mettre ainsi en colère est une étudiante de l'université de Princeton. La personne qu'elle vient d'agresser est le professeur Einstein. Il a soixante et onze ans. Il est l'un des hommes les plus célèbres du monde. Et comme tous les hommes les plus célèbres, il l'est pour de mauvaises raisons. Parce qu'il a inventé la très complexe et lumineuse théorie de la relativité, on se contente de dire d'un air entendu : " Tout est relatif, comme dit Einstein ! " Parce que sa formule E = mc2 est à l'origine des recherches nucléaires, on le juge responsable de la destruction d'Hiroshima et de Nagasaki. Parce que la terreur nazie lui a fait abandonner son pacifisme forcené, on lui reproche d'avoir trahi l'humanité. Einstein ne se fâche pas. Il répond d'abord simplement à l'étudiante : " Ce n'est pas ma bombe, mademoiselle. "

Pour se justifier il commence à expliquer ses choix et à raconter sa vie, de la manière la plus honnête et exacte possible. La vie fantasque d'un génie. La vie difficile d'un savant juif apatride. La vie merveilleuse d'un éternel enfant en extase devant la beauté sublime de l'univers... Bref Einstein tente de se justifier en disant que selon lui, il incarne le bien.

C’est malheureusement un peu le conte de fée habituel du "camp du bien", suivant un processus que j’ai déjà expliqué et qui va expliquer la réélection de Macron, qui dans l'entre-deux-tours de sa première élection était allé au mémorial de la Shoah, pour influencer les électeurs et leur signaler qu'il était dans le "camp du bien" et son adversaire un "suppôt de satan". Maintenant on lui sert le "méchant" russe sur un plateau. Tout le boulot a été fait par Poutine. Macron est certainement tout comme Einstein, persuadé d'incarner le bien.

Pour vivre les gens ont besoin de "méchants" et de "gentils", et d’appartenir au camp des "gentils" : ils sont prêts à tuer pour ça, là est le paradoxe du "camp du bien"… Rien ne semble avoir changé depuis les guerres de religion !

Ce qui compte dans la vie c'est d'avoir bonne conscience, et alors on peut accomplir le bien, le mal, indifféremment... Cela n’enlève rien au fait qu’Einstein avait certainement un très haut degré éthique, à la différence de Macron, avant tout banquier et pur fruit du néolibéralisme occidental depuis 40 ans…


jeudi 10 mars 2022

Comment les réseaux sociaux sont devenus une arme contre Poutine


 

Les réseaux sociaux viennent combler un manque, car la nature a horreur du vide. Ce manque se nomme solitude et il est un avant-goût de fin du monde typiquement moderne, causé par la dissolution du lien traditionnel. Les réseaux sociaux donnent l'illusion de combler ce vide, mais la relation y est fondamentalement inauthentique car pauvre en monde. Ce qui donne sens à la relation, c'est d'abord un visage en face de soi, des attitudes, des intonations de voix, quelquefois même plus que ça : de la jouissance à condition qu'elle soit réciproque, sinon c'est de la perversion. Les réseaux sociaux peuvent constituer un complément à condition de ne pas être addictifs, et ne sauraient en aucune manière constituer une fin en soi, sauf à courir le risque de s'y perdre.

« C'est terrible, vous me rappelez tellement tous ces types qui ont fait la philo comme moi, devenus profs ou fonctionnaires ou politiciens ou heureusement décédés (je ne citerai pas de noms mais je n'en pense pas moins)... Dieu - s'il existe - nous garde des donneurs de leçons. »

Je pense effectivement à la différence des optimistes et des progressistes de tous poils que le meilleur n'est pas devant nous. Mais être pessimiste quant au progrès, et plus généralement sur la nature humaine, peut faire de vous un misanthrope mais certainement pas un donneur de leçons. Si j'étais un donneur de leçons je serais engagé pour la « démocratie », le camp du Bien, et contre Poutine. Or moi je ne suis engagé que contre la perversion - la non réciprocité de la jouissance - qui fonde nos sociétés d'abondance depuis la théorisation du libéralisme, puis du néolibéralisme - le précurseur en la matière étant Mandeville ; et où globalement dans toute relation il y a désormais un gagnant et un perdant, alors que traditionnellement elle était réciproque donc authentique. S'il y a bien une chose que je voudrais transgresser, c'est la transgression induite par le libéralisme elle-même.

C'est même ce déséquilibre dans la relation, cette non réciprocité entre riches et pauvres et où le pauvre est globalement chosifié par le riche, induit par le libéralisme, donc par notre folle quête de liberté en rupture avec la tradition, qui explique tous les déséquilibres de plus en plus paroxystiques dans les relations internationales, et notamment en Ukraine.

Les États-Unis de par leur position de force, leur immense richesse, sont selon moi le grand manipulateur dans la tragédie qui se joue en Ukraine, car au fond la Russie en comparaison est un État plutôt pauvre dont le PIB n'est même pas le dixième de celui de leur grand rival sur le plan nucléaire. La doxa contemporaine, et ils ont tous les donneurs de leçon avec elle, c'est plutôt que les pauvres sont coupables et qu'il faut les punir ; mais on ne le dit pas comme ça, on accuse les pauvres d'être des tyrans, des dictateurs, des salauds, des pauvres types, d'être mal dans leur peau, d'être des mauvais coucheurs, qui ne partagent pas l'exaltation collective pour le système CAPITALISTE, alors qu'on a tout fait pour qu'ils n'y parviennent pas. Ce que n'ont cessé de faire les États-Unis pour la Russie, plutôt que de l'aider à régler pacifiquement son développement et ses rapports avec ses voisins.

Encore une fois l'Amérique est perverse au sens où elle chosifie ses partenaire - et Macron s'en accommode très bien car c'est un soumis au fond (à la différence de De Gaulle) -, car il n'y a aucune réciprocité avec les Européens, et où elle cherche même à réduire à néant ses adversaires ou potentiels adversaires en instrumentalisant des petits comme l'Ukraine ou Taïwan contre eux, en les maintenant dans l'illusion qu'ils deviendront aussi prospères que l'Amérique. Or non, c'est l'Amérique qui entend continuer à tirer les ficelles le plus longtemps possible, selon elle pour toujours, grâce au pouvoir de l'argent pour chosifier ses partenaires et donc de la corruption pour les affaiblir.

« Le Plan Marshall a été refusé par l'URSS. »

Parce qu'ils ont leur fierté. Si l'Europe s'était tournée vers la Russie, lui avait tendu la main pour faire une grande Europe de l'Atlantique à l'Oural, voire jusqu'à Vladivostok, pour concurrencer l'impérialisme américain, nous n'en serions pas où nous en sommes aujourd'hui, et nous serions plus puissants que les États-Unis. 30 ans de gabegie, d'erreurs diplomatiques et stratégiques, de vassalité vis-à-vis de l'oncle Sam, depuis la chute du mur ! Et Macron est dans ce droit fil là de gabegie !