mercredi 16 mars 2016

La dimension asymétrique de l'autorité

Quand est-ce que la gauche prendra en considération la question de l'autorité, et ne laissera-t-elle plus l'extrême droite s'emparer de ce thème, pour gagner des voix  ? Les enseignants français en "acceptant" de gagner si peu ne rendent pas service à leurs élèves, car ils ne représentent pour eux aucun modèle mais de plus en plus un repoussoir, comme le sont déjà les curés par leur statut. Il faut savoir qu'un prof des écoles allemand gagne plus qu'un agrégé français.
C'est l'avenir de la nation, et la question capitale de l'éducation des enfants qui est en jeu. La perte de l'autorité dans les classes, révèle un phénomène nouveau, le suicide des collégiens ou des enfants. Cela vient d'arriver dans le collège de ma femme, où une môme de quatrième s'est donnée la mort à Redon, hier. Avant cela n'arrivait pas. Je pense que si les enseignants étaient mieux respectés, cela ne serait pas arrivé. Ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est avant tout une question d'autorité, les enfants sont laissés entres pairs, sans autorité asymétrique. Ce qu'est par définition toute autorité, asymétrique, notion rejetée aujourd'hui par toute la société, au nom de l'"épanouissement de l'enfant". Il n'y a pas en réalité de réciprocité entre ce que représente le maître et le statut d'élève, dans une conception du rétablissement de l'autorité à l'école, or les parents et les élèves n'acceptent plus ça : l'autorité, qui n'est pas l'autoritarisme (cf Entre les murs, Laurent Cantet)
Il ne s'agit pas que de moi et de ma petite personne, il s'agit de la question de l'autorité, et là je ne rigole plus . Ma femme connaissait un peu cette élève, elle était pleine de vie, gentille et bonne élève. Elle s'est donnée la mort certainement pour un motif futile. Comment une société peut-elle accepter ça, en faisant de ses enseignants des bouffons qui font rire tout le monde par leur statut social dérisoire ?
L'autorité que représente la médecine n'est pas encore remise en cause, mais elle est remise en cause pour l'enseignement, particulièrement en France. Sans autorité un gamin a moins de repères (cf Hannah Arendt, La crise de la culture), et cela laisse la place à des actes extrêmes comme le suicide, phénomène nouveau que le suicide des gamins. Tous les psys constatent l'apparition de ce phénomène nouveau, lié à la crise de la culture et de l'autorité.
Ma femme m'a dit mais je ne sais pas si elle me baratine ou non, que sa principale l'a appelé pour lui dire de retirer mon dernier article de mon blog sur le suicide d'une adolescente. Si c'est vrai les choses commencent vraiment à prendre une tournure tragique, où je joue le rôle du héros grec seul contre tous.
J'ai même ajouté ça sur mon blog, dans le dernier article : "Apparemment les gens ont peur, même ma femme a peur de ce que j'écris sur ce blog. La plupart des gens ont un intérêt tellement grand à ce que la société continue de fonctionner comme elle fonctionne, qu'ils mettent une pression extraordinaire pour que rien ne bouge. La perversion sous toutes ses formes, ils ne la voient pas, ne la ressentent pas... ou alors autre hypothèse, cela les arrange. Cela arrange leurs pulsions mauvaises en toute impunité... car selon la doxa officielle (ensemble des opinions communes aux membres d'une société et qui sont relatives à un comportement social), nous vivons dans la meilleure des sociétés démocratiques possibles : donc les opposants sont forcément des malades qui relèvent de la psychiatrie."



samedi 12 mars 2016

Mea culpa

Moi : "C'est toi qui m'a dit que tu appréciais Céline, l'écrivain ? Si oui, nous avons au moins un point commun."

Mon collègue : "Salut Erwan, effectivement pour moi Céline est Le plus grand écrivain français. Après si je rajoute Houellebecq, Maupassant et Dostoïevski... je fais le pli et le dix de der ?"

Moi : "Oui Céline parle plus à un lecteur contemporain que Victor Hugo, Flaubert, Balzac, Molière ou Montaigne. Mais Céline est-il plus grand objectivement que Victor Hugo, Flaubert, Balzac, Molière ou Montaigne ? Je pense que la grandeur de Céline est relative à la subjectivité de nos esprits modernes."

Mon collègue : "Tu as sans doute raison, mais je n'ai pas la finesse d'analyse qui est la tienne, n'étant pas un intellectuel. De plus tout n'est pas d'égale qualité dans l'œuvre de Céline."

Moi : "Je n'ai pas la prétention non plus d'être un intellectuel, je suis juste un gars qui a fait des études de philo, qui a un copain prof de philo, et qui a un blog, rien de plus
Mon copain Emmanuel Mousset, prof de philo a un blog lui aussi, il réfléchit je pense un cran au-dessus de moi, et je m'amuse à avoir des joutes intellectuelles avec lui, le résultat se trouve dans mon blog. Je me définirais plus avec un caractère d'artiste, sans être d'ailleurs un artiste accompli, que comme un intellectuel. Je pars souvent dans des délires qui n'ont rien à voir avec la rigueur que requière (sic) la qualité d'intellectuel, et j'assume ces délires car ils font partie de ma personnalité, donc de mon caractère, et comme le dit Schopenhauer, le caractère c'est le destin de chacun. Tiens j'ai fait une faute, c'est "requiert" au lieu de "requière", un intellectuel n'aurait pas fait cette faute grossière."

Mon collègue : "T'es tu jamais amusé à compter le nombre de fois où tu utilises les termes "pervers" et "perversion" dans tes publications?"

Moi : "Oui je vois la perversion partout, c'est un de mes traits de caractère, mais comme le dit un autre copain à moi, je suis à cinquante ans des couilles de mon père. Donc il m'invite à changer de disque dur, ce que j’essaie de faire peu à peu."

Mon collègue : "Essaie de rebooter en mode sans échec..."

Moi : "Ceci dit j'estime globalement qu'un monde où 10% de la population mondiale, qui ne travaille pas mais détient le capital, possède 86% des richesses, où 40% de la population qui est la classe moyenne internationale, à laquelle nous appartenons tous les deux, et qui fait tenir le système et travaille, et possède 14% des richesses mondiales, et où 50% de la population mondiale ne possède rien, nada, 0% , et vit dans une situation d'esclavage économique ; est un monde pervers."

Mon collègue : "T'as fait caca ce matin?"

Moi : "Tu ressembles un peu à un copain à moi, dans tes réflexions humoristiques."

Mon collègue : "Oui je ne suis pas très fin..."

Moi : "Non c'est pas ça, tu fais preuve de bon sens, quand moi j'ai la tête qui enfle en pensant spéculer sur l'avenir du monde."

Mon collègue : "Pas faux... moi j'ai fait une très belle crotte ce matin..."

Moi : "Et depuis deux semaines je me donne un peu plus à fond au boulot, ça porte peu à peu ses fruits. Je vous voyais au début, un peu comme une équipe de pervers. La réalité est que vous êtes tout à fait normaux, et que c'est moi qui ai l'esprit dérangé avec le prisme de ma relation à mon père."

Mon collègue : "Très juste."

Moi : "Mais j'ai tendance à voir des pervers partout, partout où j'arrive, d'où le malaise que ma présence crée au sein des équipes. Le "loup blanc", comme tu dis, qui est en réalité bien inoffensif. Bien que j'ai un côté docteur Jekyll et mister Hyde. Effectivement, il m'arrive assez souvent de péter les plombs et de faire preuve d'une certaine agressivité intellectuelle ad hominem, mais cela n'a en réalité rien de personnel.
Je te le dis j'ai déjà la chance d'avoir un boulot, de gagner ma vie, et de ne pas être en HP, comme ont terminé certains de mes amis en études de philosophie. Non que la philosophie les ait rendu fous, même qu'ils ont fait de la philosophie parce qu'ils étaient déjà fous.
Je suis capable d'être cool aussi, mais plutôt en vacances.
J'arrive à mettre de côté mon prisme déformant qui voit des pervers partout, en vacances quand les relations humaines sont moins tendues qu'au travail. Effectivement le monde du travail contrairement à une idée répandue par les psys, n'est pas un monde épanouissant. Le travail, du latin tripalium, c'est avant tout une torture, le travail, c'est l'effort, la fatigue, la dureté, parfois l'aliénation, dont on se passerait volontiers si on le pouvait."

Mon collègue : " Pas d'accord avec toi concernant le travail. même s'il fut une torture pour moi aussi pendant 15 ans. Je pense que ce peut être également un vecteur d'épanouissement personnel car basé avant tout sur les relations humaines (encore que le gars qui travaille à la chaîne...)."

Moi : "Pardon je ne t'ai même pas demandé l'autorisation de publier ça, mais je suis avec mon blog, comme avec les femmes, je les prends d'abord, je réfléchis ensuite aux conséquences. Sinon j'essaie de faire le point, mon blog m'aide à me recentrer, j'y interviens souvent avec passion, encore sous l'effet d'émotions fortes !"

Mon collègue : " Pas de problème j'ai des tarifs de droit à l'image assez abordables y compris pour un petit fonctionnaire comme toi... Et puis en me citant mes paroles de "merde" tu les transcendes et me fait croire que moi aussi je suis un intellectuel... J'ai la métaphore anale assez facile, tu as pu t'en apercevoir..."


Moi : "Je te le répète, je ne suis pas à proprement parler un intellectuel. Tout est faux dans l'art, je peux donner l'illusion d'être un intellectuel, comme BHL d'ailleurs, qui est plus artiste qu'intellectuel, mais un artiste qui fait des flops avec ses films, pas avec ses livres qui se vendent bien."


vendredi 11 mars 2016

Le magnifique

BHL est magnifique, il fait penser à Solal, le personnage d'Albert Cohen, et il a fait la démonstration de toute sa "compétence" en Lybie, en toute impunité bien sûr ! il faut dire que BHL est l'un des derniers intellectuels "progressiste" sur lequel le gouvernement peut compter, il ne sera jamais accusé de "trahison réactionnaire", par Laurent Joffrin par exemple. Tout ceci est une rien pervers et de toute façon BHL a toujours défendu idéologiquement une certaine forme de perversion, ou tout au moins le droit de détourner les règles de la morale commune (il aimait se livrer au vol dans les magasins quand il était jeune, et semble avoir un goût pour la drogue, cf Ennemis public, BHL, Houellebecq), en dénonçant en outre ce qu'il nomme la "pureté". Il me semble que BHL aime nager en eau trouble, difficile de démêler ce qui a pour lui le plus d'importance, l'intérêt d'Israël ou l'intérêt de la France ? Je laisse aux intervenants du blog exprimer leur opinion sur ce débat. Quant à l'admiration d' Emmanuel Mousset, qui n'est pourtant pas pervers pour un sou, pour la perversion, à travers des figures récurrentes comme Matzneff ou DSK, je l'ai toujours aussi dénoncée, en vain !
Je disais à une autre personne qu'Emmanuel Mousset qui lui aussi est fasciné par l'intelligence : "Quant à ton expérience personnelle elle est faussée par tes préjugés sur l'intelligence, toutes les études sociologiques montrent la surdétermination du milieu dans la formation et la construction de l'individu, sa réussite ou son échec éventuel. Tu es un cas à part, car sans vouloir t'offenser, les pervers ont toujours une intelligence supérieure à la moyenne, ce qui n'empêche pas qu'ils sont eux aussi déterminés par le milieu. Or un pervers est souvent attiré par d'autres pervers, et tu as l'impression que vous faites parti d'une caste de sur-intelligents, non vous êtes tout simplement une petite tribu où les individus inclus sont un peu imbus de leur personne, sans vouloir t'offenser, et coupés de toute responsabilité envers le reste de la société.", je crois que cette analyse peut aussi s'appliquer au caractère de BHL.

Le philosophe : "Erwan, tu vois de la perversion partout, sauf en moi, ce dont je te remercie."

Moi : "Pour citer quelques grandes figures, je ne vois pas la perversion chez Finkielkraut, Onfray, Zemmour, de Fontenay, Gilles Châtelet... par exemple. Je la vois chez Céline, BHL, Minc et même un peu Attali, et chez Bruckner, Houellebecq, et même Pasolini, mais ces trois derniers en sont atteints au même titre que moi... comme victimes, ce qui est peut-être encore pire, et qui donne comme le dit Julia Kristeva, un pouvoir cher payé de voir l'horreur là où elle se trouve. Céline est la figure la plus complexe de toutes car il est à la fois victime... et bourreau dans ses prises de position antisémites !
Avec la loi El Khomri, au moins les gens auront un boulot même si il est sous payé, précaire et sans droits sociaux, les gens travailleront, ils auront leur fierté, comme au XIX ème siècle ; mais ce seront des esclaves. Quant au salaire universel une douce utopie que n'accepteront jamais les possédants, ce serait partager leur part du gâteau qui est de 86 % pour 10 % de la population mondiale. C'est comme ça Emmanuel, le monde est pervers, il faut l'accepter et composer avec cette perversité intrinsèque. La perversion comme le montre Céline, c'est le principe de réalité."

Le philosophe : "J'aime beaucoup Céline, l'écrivain et le personnage, mais pas le politique, évidemment. On voit bien que tu n'as jamais été esclave !"

Moi : "Et toi l'as-tu été ?"

Le philosophe : "Les esclaves n'existent plus depuis longtemps dans notre pays. Le terme est donc faux, mais c'est toi qui l'a utilisé, comme beaucoup d'adversaires bien peu éclairés de la loi El Khomri. Si je n'ai pas été esclave, j'ai été smicard, travaillant de nuit, de longues années, dans les conditions que tu sais. Je ne m'en suis jamais plaint et je ne le mets pas en avant. 
J'essaie de garder de la mesure dans mes propos, et d'être soucieux du sens des mots. La loi El Khomri a le sens inverse que tu lui donnes : elle a pour but de lutter contre la précarité, de faciliter l'emploi et d'améliorer les droits. Mais qu'importe : la perversion est aussi une inversion. Là, tu as réussi ton coup."

Moi : "C'est comme ça, le système se rit de nous. Et je te le dis même les riches ne sont pas heureux, ils sont angoissés, et s'enrichissent toujours plus pour lutter contre cette angoisse ; angoisse de la mort, angoisse du temps qui passe. Si tu savais qui tu es vraiment tu saurais que le monde est pervers, depuis toujours, toujours, même pour nos cousins les animaux. Rien à faire pour contrarier cette tendance, certainement pas les sciences et techniques, qui augmentent encore cette logique perverse ; alors que la politique l'accompagne. Il suffirait juste d'un peu de bonne volonté, que les riches consentent à l'échelle mondiale à partager leur richesses, et encore ce serait une condition nécessaire mais pas suffisante pour peut-être, je dis bien peut-être inverser notre destin qui nous mène droit dans le mur."


Le philosophe : "Pitié pour les riches, bonjour à tes cousins !"

Moi :"Personnellement je récuse toute assimilation à un quelconque antisémitisme, d'ailleurs une de mes filles est juive, et j'en suis assez fier de ma fille et de la culture de sa mère (qui ne pratique pas cependant), même si je critique un peu férocement, BHL ou Sarah Kokfman (cf mon billet Les temps changent), de toute façon mon point de vue a-t-il une quelconque importance, et quoiqu'il arrive ? Je ne voudrais pas que la société deviennent plus antisémite qu'elle ne l'est déjà, et ne nous voilons pas la face, elle l'est (cf Soumission, Houellebecq); car cela ferait du mal à ma fille. Et je pense aussi que l'approche du judaïsme par Finkielkraut, de Fontenay, Levinas ou Lyotard est plus constructive et moins polémique que celle de BHL, trop guerrier à mon goût, et qui provoque ce qu'il croit être l'ennemi, parfois dans ses fantasmes."

mardi 8 mars 2016

Réflexions sur l'intelligence, et ses rapports avec la morale et la culture, à travers un entretien avec un "moderne"

Moi : "L'intelligence c'est le milieu (99,5%) pas les gènes du cerveau (0,5%)"

Lui : "Si tu avais croisé mon scout cotorep ce Week-end tu ne dirais pas des conneries pareilles..."

Moi : "Le milieu toujours le milieu."

Lui : "50/50, la science va dans ce sens, ton exagération habituelle nuit à tes propos..."

Moi : "Bon on va pas reprendre cette conversation à la noix où tu fais preuve d'obscurantisme, lis donc Cyrulnik, éthologue, spécialiste de l'intelligence et de son lien avec la résilience. L'article que tu m'avait envoyé faisait état d'une variation de 0,5% en fonction de la qualité génétique du cerveau. Le cerveau et l'intelligence qui en découle n'est pas innée, elle est acquise."

Lui : "Le cerveau est un processeur de puissance variable selon les individus, optimisé ou ralenti selon les programmes que la vie lui soumet...
Tu ne me feras jamais changer d'avis car la variabilité de l'intelligence que je peux croiser dans la vie n'est pas qu'une question de milieu..."

Moi : "Tu as une vision techno scientifique de l'espèce humaine, tu te coupes de beaucoup de richesses, c'est dommage. Et en même temps ce caractère fait que tu es toi-même victime de la volonté propre de la technique qui te trahira un jour ou l'autre derrière ton dos, on meurt toujours de ce que l'on a le plus aimé. Je le répète l'homme n'est pas une machine, et l'homme ne fera jamais aussi bien que la nature, ce péché d'orgueil mènera l'humanité occidentale à sa perte, pendant que ceux qui ont une identité inclusive et exclusive comme les musulmans par exemple, peuvent nous soumettre, et se repaîtront des restes de notre civilisation exsangue et nihiliste."

Lui : "Amen"

Moi : "Quant à ton expérience personnelle elle est faussée par tes préjugés sur l'intelligence, toutes les études sociologiques montrent la surdétermination du milieu dans la formation et la construction de l'individu, sa réussite ou son échec éventuel . Tu es un cas à part, car sans vouloir t'offenser, les pervers ont toujours une intelligence supérieure à la moyenne, ce qui n'empêche pas qu'ils sont eux aussi déterminés par le milieu. Or un pervers est souvent attiré par d'autres pervers, et tu as l'impression que vous faites parti d'une caste de surintelligents, non vous êtes tout simplement une petite tribu où les individus inclus sont un peu imbus de leur personne, sans vouloir t'offenser ; et coupés de toute responsabilité envers le reste de la société."

Lui : "Ce que tu peux déblatérer c'est incroyable !"
Ma petite bande de potes (tous très différents) et moi, nous sommes une secte de pervers. C'est ça, faut que tu songes aux soins Erwan..."

Moi : "Pervers dans ma bouche n'est pas péjoratif, ni un jugement moral, évidemment la perversion est répréhensible éthiquement, car la perversion fait du mal... aux autres. Mais la perversion est aussi ce qui permet d'accéder à un haut degré d'intelligence. Donc du point de vue du fonctionnement de la société la perversion peut donner l'illusion de l'efficacité, mais c'est une vision à court terme. Car pendant que notre société occidentale minée par la perversion s'effondrera, les musulmans inclusifs et exclusifs, feront des émules parmi toutes les victimes de la société de plus en plus nombreuses, et finiront par renverser nos idoles.

Lui : "On les boufferas en méchoui oui..."

Moi : "Je ne fais pas une attaque ad hominem, tu es un exemple parmi d'autres c'est un fait que les pervers ont de plus en plus tendance à occuper tous les postes clefs, en l'absence d'une morale commune qui reconnait aussi d'autres qualités que l'intelligence perverse, comme la solidarité, le beau, le bien."

Lui : "La solidarité, le beau, le bien dépend de l'intelligence, ton rapport au pervers est pervers, c'est toi le gros pervers pour qui tout ne tourne autour de ça et du déclin, j'aimerais pas habiter dans ta tête..."

Moi : "Tu es un petit cas parmi d'autres, dans beaucoup de métiers ce sont aussi les pervers qui occupent le haut de l'affiche, au niveau de leur charisme et de l'influence néfaste qu'ils ont sur le reste du groupe. C'est comme ça ! c'est un fait que l'on ne peut nier et qui est induit par un tas de facteurs propres à notre modernité, je ne fais pas de morale, je me base sur l'observation et l'expérimentation, et en général le résultat des expériences psychologiques que je mène sur mon entourage me donnent raison C'est en termes de résultats que je parle, je ne donne pas cher de la peau d'une société ou morale, solidarité, bonté, beauté, bien, ne veulent plus rien dire."

Lui : "Bien sûr que si, l'"alter"(?) s'est emparé de ces valeurs, elles sont toujours présentes, encore faut-il ne pas être aveuglé par la peur du déclin pour les voir..."
Et concernant ma supposée perversité, qui selon toi s'exprime particulièrement au boulot, j'ai toujours refusé d'évoluer vers le management car je considère ça comme pervers, préférant rester un bon technicien qui fait chier personne et que personne ne fait chier. Ton obsession pour la perversité te brouille les sens, je maintiens que vivre dans ta tête doit être d'une tristesse à mourir..."

Moi : "Je ne t'ai jamais connu porté sur le beau, le bien, la morale, la solidarité, mais tu as peut-être changé. Vu ta photo de profil de facebook, j'en doute, elle est très révélatrice, tu affiches la couleur d'entrée de jeu. Tu n'as aucune foi en l'éducation, en la formation, tu crois que l'intelligence est un donné, et tu te reposes sur tes lauriers, alors que l'intelligence est un acquis, acquis de toutes les merveilles de notre civilisation, dont tu te refuses l'accès par paresse intellectuelle, et préjugé techno-scientifique sur l'intelligence."

Lui : "Tu confonds intelligence et culture d'une part et finalement tu ne me connais pas du tout et c'est peut être pas si mal.
Tu préfères tes fantasmes sur les autres à leur réalité car cela t'arrange dans ta caboche de psychopathe..."

Moi : "Je sais que pour toi l'intelligence n'a rien à voir avec la culture, comme tu te trompes, la culture c'est l'humanité, et sans humanité, l'intelligence est stérile. Tu méprises la culture en bon pervers, comme mon père (cf mon blog Robert Blesbois dit "bob")

Lui : "T'es vraiment un malade, l'intelligence est le processeur, le logiciel est la culture, quand un processeur d'exception rencontre un logiciel d'exception (amour, culture) ça fait des miracles... Et bien sûr que j'aime la culture
Tu as une agressivité intellectuelle que peut de personnes peuvent supporter, ceci explique sûrement tes problèmes avec "le groupe", mais ce qui est flagrant c'est que ce n'est jamais de ta faute..."

Moi : "Tu parles déjà comme si on était des machines, on atteint le point où tes fantasmes sexuels rencontrent ta réalité psychique, ton inconscient remonte parfois à ta conscience et s'impose à elle, tu n'as pas tant que ça de surmoi. Pour ce qui est de ma faute, si elle est flagrante, elle consiste dans une certain faiblesse, donc à une amoralité, due à la problématique de la perversion, induite par mes parents sur ma personne. Le milieu, toujours le milieu !"

Lui : "Blablabla, et boire des coups avec des potes en parlant de tout de rien, ça te parle ?
C'est toi la machine perdue dans une boucle infinie (énorme bug en informatique)."

Moi : "Encore une fois je ne fais pas une attaque ad hominem, il n'y a rien de personnel dans ce que tu qualifies être mon agressivité intellectuelle."

Lui : "C'est pas le tout de l'affirmer, faudrait que t'arrêtes de déblatérer sur moi alors que tu ne me connais moi et mes potes que très peu, et ton obsession est ad hominem..."

Moi : "Les groupes sont généralement exclusifs, surtout lorsqu'ils sont tribaux et fondent leur cohésion sur le rejet d'un bouc émissaire, j'ai l'impression de souvent jouer ce rôle pour toi."

Lui : "C'est à la fois prétentieux et totalement bidon penses tu vraiment que la cohésions de personnes qui ne te connaissent pas se fait contre toi, ta parano est en train de devenir pathologique, fais gaffe..
Notre cohésion se fait parce que nous nous sommes choisis, rien de plus, c'est une cohésion pour et non contre..."

Moi : "C'est une cohésion inclusive alors et non exclusive, basée sur la différence plus que sur l'identité. Oui cela peut sembler beau dans ton esprit ; mais moi j'y vois une organisation tribale qui annonce des temps sombres, car énormément de gens aujourd'hui fonctionnent comme toi, et ne se sentent  aucune responsabilité envers le reste de la société.
Tout ce que je te demande c'est de changer ta photo de profil de facebook, et de mettre quelque chose de plus positif et de moins satanique, Satan c'est la perversion faite homme (ou entité à caractère humain)."

Lui : "C'est exactement l'inverse, Satan était un ange de lumière puni par ce psychopathe de dieu, nul mort à son compteur face aux millions de morts génocidaires des religions, je maintiendrai mon avatar, il est suffisamment expressif comme ça...
Ma responsabilité c'est payer mes impôt sans râler, prendre soin de l'environnement dans la mesure de mes capacités, élever mes enfants dans une optique ouverte sur le monde et sur les autres, la bande de potes n'implique pas une coupure avec le monde, reprends la drogue vraiment, tu diras peut être des choses perspicaces...
50/50, milieu/gènes, le reste c'est de l'idéologie..."

Moi : "Donc tu es de droite tu es du côté de Sarkozy qui surévalue le rôle de la génétique, et moi du côté d'Onfray qui surévalue le rôle de l'environnement, oh mais tu as raison Sarkozy est certainement plus intelligent qu' Onfray !"

Lui : "50/50 c'est la réalité scientifique, pas idéologique, donc ni l'un ni l'autre puisqu'ils se trompent tous les deux, tout comme toi, qui est un idéologue bizarre avec des influences d'extrême droite et d'extrême gauche... Chevènementistes..."

Moi : "Je ne nie pas l'existence d'anomalie génétiques qui handicapent, et empêchent d'accéder à une intelligence normale, d'avoir un QI dans la moyenne. Mais pour le commun des mortels, normal génétiquement, il n'y a pas des différences de processeurs énormes comme tu le penses. Tu as une vision machiniste de l'âme humaine, (comme Descartes d'ailleurs), et cette vision rejoint ta perversion sexuelle. Que veut dire 50/50, que 50% de l'intelligence est due à des facteurs génétiques, mais c'est absurde, c'est de la paresse intellectuelle, tu te comportes en aristocrate et idolâtre du QI."

Lui : "Oui, oui Erwan et le Blue brain project financé à auteur de milliards par l'Europe consistant au reverse ingeenering du cerveau pour en faire une simulation est un conte de fée, c'est ça ? Je ne me permet pas de critiquer ou très peu dans les domaines que je connais peu, mais toi ne rien y connaître ne t'empêche pas d'ouvrir ta gueule et d'avoir un avis tranché..."

Moi : "Et je cite dans un article que tu m'as envoyé en pièce-jointe pour justifier ta pensée : "Il conviendrait peut-être de se demander pourquoi, bizarrement, la recherche en génétique comportementale sur la variabilité commune des dispositions psychiques qui fait l’objet d’une communication publique indique presque toujours qu’en gros, tout est déterminé à peu près à 50% par les gènes et à 50% par l’environnement. Serait-ce parce que pour faire avaler la pilule d’une certaine part de déterminisme génétique sans faire trop peur, ce chiffrage a l'avantage de suggérer que le second facteur serait assez puissant pour compenser le premier ?" Je traduis et interprète ainsi, le second facteur peut totalement compenser le premier, le réduire à 0, sauf pour les tares génétiques. Effectivement sur ce point là je suis de gauche ; quand à droite on justifie l'homophobie, et l'on s'est opposé au mariage gay (car l'homosexualité serait une tare génétique dans l'idéologie de droite). Et à l'extrême-droite, on a justifié dans les années 40 l'extermination de populations soi-disant inférieurs génétiquement. Ton discours est dangereux. Dès que je te mets face à tes contradiction idéologiques, tu ne réponds plus rien, tu as une idéologie de droite."

Lui : "Je n'ai pas de "discours" je m'en tiens aux faits scientifiquement prouvés, concernant le "gène gay", j'ai vu une émission sur ARTE là-dessus, et les principaux défenseurs et financeurs des recherches sur le sujet est la communauté gay qui veut prouver aux religieux de merde américains que l'homosexualité n'est pas un choix... C'est toi qui es dangereux car tu es un idéologue."

Moi : "Ah donc tu es de ceux qui pensent que l'homosexualité est dû à un gène, c'est absurde et dangereux de penser ça ! Et toi tu fais preuve de dogmatisme scientifique qui te sert à accréditer une idéologie de droite. Si la science te disait que tu as un gène te décrétant de te jeter par la fenêtre, tu te jetterais par la fenêtre ?"

Lui : " La science ne dit rien, elle démontre, rien ne démontrera que je doive sauter par la fenêtre. Cul béni..."

Moi : "Quelquefois il faut un peu réfléchir, comme le disait MC Solaar : "science sans conscience égale science de l'inconscience."

Lui : " La science est une chose, l'éthique de la science en est une autre. Les comités d'éthique dans la science sont absolument nécessaires. La science est amorale."

Moi : "Parfois la science est immorale quand elle sert à accréditer des exterminations, des tarés génétiques par exemple ; sous le régime d'Hitler."

Lui : " Ce sont les tarés de politiciens qui sont immoraux, putain Erwan la science est un outil qui n'a pas de volonté propre..."


Moi : "C'est cela ton erreur fondamentale, lis donc Heidegger, c'est aussi la limite de ta pensée. Quant à la technique, elle n'est pas neutre, elle a sa propre volonté propre, et n'est pas seulement un outil, mais une entité, qui nous instrumentalise de plus en plus. La technique au service de la technique, la science au service de la science, derrière le dos des hommes "en chair et en os", en l'absence de finalité comme le bien  et le bonheur de l'espèce humaine par exemple. Technique et science sont de plus en plus un peu comme la créature de Frankenstein, la créature est de plus en plus vivante, avec sa volonté propre. Et bientôt, qui sait, cela aboutira à cette fameuse IA, que tu attends de tes vœux, comme un petit garçon qui ne sait que faire de sa propre liberté, et préfère s'en remettre à une entité supérieure représentant son père ou dieu ; l'IA est un fantasme d'origine judéo-chrétienne."

Lui : "Ca c'est de la croyance Erwan, et j'entends parfaitement ce que tu me dis même si j'en rejette 80%..."

Moi : "Et précisément ce destin est pervers c'est pour cela qu'il te fascine tant, car toi-même tu le subodores, et cela excite tes pulsions perverses."

Lui : "Je n'ai aucune perversité Erwan. Elle est profondément dans ta tête la perversité que tu vois partout, je suis vraiment triste pour toi...
Ta vision du monde que tu penses extralucide est extra... myope !"

Moi : "Personnellement, je ne suis pas triste pour toi, car tu es mieux adapté à ce monde que moi. Mais d'un point de vue moral, je suis un peu amoral, par faiblesse, alors que toi tu es clairement immoral. Je suis triste pour l'humanité actuelle, qui te ressemble."

Lui : "Amoral c'est de ne pas être sujet à la morale, immoral est un comportement actif visant, visant je ne sais quoi mais dont les conséquences sont mauvaise. Donc une fois de plus tu déblatères... Je ne suis pas immoral, je respecte le faible, j'aide quand je peux. Pffff t'es fatigant mais paradoxalement je te réponds quand même...
Et je me sens plutôt éloigné de l'immoralité politique, financière et globalement sociétale et sociale que tu décris, mais je te suis pour le constat global, sauf que je ne suis absolument pas représentatif de ça..."

Moi :"Ce n'est pas vraiment toi qui parle, c'est l'humanité "moderne" en toi, c'est pour cela que tu m'intéresses.

Lui : "Oui je suis moderne et non je ne suis ni immoral, ni pervers. Si ce sont ces traits particuliers de la modernité qui t'intéressent, change de sujet. Il n'y a pas qu'une seule Modernité !"

Moi : "La modernité est perverse et immorale, cela se joue à ton insu."

Lui : "Mais oui "monsieur j'ai compris l'univers, la vie et le reste", suicides toi alors... Il n'y a pas qu'une seule modernité. Regarde ce qui est moderne pour le Medef, qui est un retour au XIXème siècle pour le salarié. Parler de la Modernité ne veux rien dire..

Moi : "Mais il reste l'ART."

Lui : "Heu le rapport ?"

Moi : "L'ART pur ne pas se suicider et panser nos inquiétudes."

Lui : " Ah ah! Tu me fais penser à Zemmour dont je me moque et ce n'est pas un faible, tout comme toi malgré ce que tu veux faire croire."

Moi : "Ce n'est pas que je ne sois pas faible, c'est que je ne suis plus faible, mais je dois toujours me méfier d'une partie de moi qui m'a trahi, Robert Blesbois, dit "Bob"(cf mon deuxième blog qui explique les origines de mon caractère)."


Lui: "Les couilles de ton père sont à cinquante ans de toi, ça ne compte plus, enfin ça devrait être le cas pour un être normalement équilibré, mais nous avons eu cinquante fois cette discussion."

dimanche 6 mars 2016

Un figure contemporaine du déclin français depuis 68

Et pendant qu'Emmanuel soutient bec et ongles son gouvernement fétiche ; si chez certains les mots sont des fétiches, chez d'autres c'est un gouvernement en roue libre, impuissant ! Trois millions de migrants sont attendus en Europe d'ici 2017, ce qui laisse la place à quelques attentats d'ici là, et à une aggravation de la crise économique en France et en Europe ; car effectivement pour éduquer, former trois millions de personnes, ne nous voilons pas la face, il faudra beaucoup d'argent, qui n'ira pas aux Français assimilés, ce qui augmentera le score de qui on sait.
Sinon j'ai un ami sur facebook, un vrai ami que je connais depuis qu'il a dix ans. Et je lui ai dis de ne pas le prendre mal, mais que j'avais compris la signification qu'il avait. D'ailleurs pas la peine de chercher loin. Dans les BD, comme Tintin, la mauvaise conscience de Milou par exemple est représentée par Milou en diablotin, et précisément son image de profil est une tête de diablotin. Il est ma mauvaise conscience ! Je lui ai demandé "As-tu vu Mon Roi de Maïwen ?" le film n'est pas très bon, mal équilibré, je dirais comme Zemmour un film de "femme" artiste, un peu hystérique et autocentrée sur sa partie intime, (il est toujours beaucoup question de leur "chatte" dans les œuvres des femmes) mais elle a le mérite de poser un problème important, celui de l'apparition d'un nouveau type humain dans nos société, Le pervers narcissique ! Ici le pervers n'a pas trop conscience du mal qu'il fait à ses proches, et utilise aussi la drogue pour avoir de l'emprise sur son entourage, mais jusqu'au bout sa femme résiste, et finalement prend comme tout le monde, des antidépresseurs, anxiolytiques et neuroleptiques.
Quand je dis à mon ami, le problème que pourrait poser l'afflux massif de réfugiés, il me répond en rigolant, car le rire est à la mode et permet de tout dire, même les choses les plus effarantes : "En Bretagne, vous êtes déjà tous consanguins et alcooliques comme les Chtis, ça va pas s'arranger pour vous... Un peu de sang et de sperme arabe dans vos cul de Toubabs ne vous fera pas de mal..."
Je lui réponds : "à Toulouse vous allez être méchamment plus "envahis" que nous autres Bretons. Et je crois que vous n'avez pas fini de souffrir par chez vous ; votre "tribu" (car mon ami comme beaucoup de gens de ma génération vit en tribu et ne fait pas corps avec la société, ne s'en sent pas solidaire) ne fera pas le poids contre la religion musulmane, qui va vous bouffer (cf Houellebecq, Soumission), mais tu t'en fous, tu rigoles, tu restes léger. Tu ne veux pas t'occuper de politique, la politique s'occupera de toi !"
C'est pour cela que quelqu'un comme Emmanuel Mousset est précieux, d'abord il n'est pas grossier, il est poli. Et pour finir lui, s'occupe de politique, occupe une place dans la société, et sait se faire respecter, et tout cela est précieux et respectable, par les temps qui courent.
Personnellement je ne suis pas très poli, et suis plus proche de mon ami de facebook que d'Emmanuel, j'en ai conscience.  Mais je n'ai pas à rejeter la faute sur un autre la grossièreté que je développe dans mon discours, j'assume l'intégralité de mon discours, d'autant plus que j'y manipule des personnes qui existent vraiment et dont la moindre des élégances est de ne pas citer le nom. Je m'approprie leur discours, et par là même je dois assumer que j'en fait des personnes fictives, donc irresponsables de leurs actes, je suis le seul responsable et donc j'en assume les conséquences.


Le philosophe : "Si quelqu'un peut parler des Chtis, c'est moi, Picard d'adoption depuis 22 ans. Mais les questions identitaires ne m'intéressent pas, encore moins quand elles sont régionales."

Moi : "Tu dis ne pas t'intéresser aux questions identitaires, mais tu rejettes l'assimilation et lui préfère le "droit à la différence". Or qu'en est-il du "droit à la différence" pour un musulman par exemple ? C'est le droit de revendiquer son identité. Si tu étais logique avec toi-même tu serais Zemmourien donc assimilationniste. Je ne vois pas comment la laïcité peut fonctionner sans l'assimilation, sinon c'est le droit de réclamer le droit à sa différence donc à son identité. Et tu fais le jeu des identitaires, donc du FN.
La société se délite à cause du déclin de la religion, et la psychologie n'est pas une religion mais le repli de chacun sur son individualité narcissique, individualiste, égoïste. Les psys sont des criminels, au même titre que le libéralisme économique et le dogme de la croissance. Les poètes n'"existent" plus comme le dit Kundera, n'ont plus droit de cité à cause du déclin de la religion. Art et religion vont ensemble, psychiatrie rime avec hôpital généralisé, "clinique généralisée" comme le disait Deleuze."

Le philosophe : "Différence et identité ne sont pas synonymes. La différence ne s'érige pas forcément en identité. Surtout, elle ne s'impose pas aux autres, elle reconnaît leur différence. L'identité est à la fois inclusive et exclusive : elle assimile et elle exclut. La différence est essentiellement personnelle ; l'identité est collective (c'est tout le débat, à mes yeux délétère, autour de l'identité "nationale")."

Moi : "Or la différence des islamistes n'est pas personnelle, elle s'impose aux autres par la terreur, sur le sol français, c'est bien là tout le problème.
Bien sûr que je suis un "catholique athée", c'est un oxymore, mais je ne pourrai plus obtenir la foi ou la grâce à mon âge. Je suis catholique par amour de l'art et de mon environnement. Je suis catholique par amour des églises et des cimetières, par amour du patrimoine architectural et culturel de la Bretagne. Et je vomis la psychologie clinique et la croissance qui nous mènent dans le mur. Mon fond est bobo, comme me le répète constamment Emmanuel Mousset, et le pire c'est qu'il a raison."

Le philosophe : " Je ne sais pas si tu es bobo, mais tu as bobo, comme on dit des enfants. Ce mot de Luis Bunuel : "Je suis athée, grâce à Dieu !""

Moi : "Sais-tu Emmanuel que 9 millions de Français sont sous traitement psychiatrique. Je ne suis pas du tout un cas isolé, marginal, encore une fois j'appartiens à la norme. Mais bon si tu veux continuer à faire l'autruche, fais l'autruche. Tu t'en es sorti, il est normal que tu profites de ta victoire, méritée. La société t'a reconnu comme l'un des siens, c'est cela qui te maintient en vie."


Le philosophe: ""Je me fous de la société et de sa prétendue moralité" (c'est du Polnareff). Quant à la psychiatrie, c'est devenu un fond de commerce. C'est la société qui fabrique des malades : ceux-ci finissent par se prendre au jeu et attendent narcissiquement qu'on les plaigne. Erwan, je ne te plaindrai pas."


Moi : "Nous allons effectivement faire baptiser nos filles. Elles feront d'une pierre deux coups : baptême + 1ère communion. Elles sont dans une école privée sous contrat catholique et bénéficient de cours d'éducation religieuse à raison de 2 heures hebdomadaire. La Bretagne est imprégnée d'une forte culture religieuse. Je ne veux pas qu'elle subisse le même calvaire que moi, la croyance en cette escroquerie que constitue la psychiatrie.
Florence de Mèredieu, ma prof de philosophie de l'histoire de l'art, à la Sorbonne, se livre à une critique de la psychiatrie moderne, qui dit-elle découle de la psychiatrie issue de la première guerre mondiale, où il s'agissait de renvoyer au combat les traumatisés psychologiques de la guerre des tranchées. D'après elle, la psychiatrie moderne vise à faire des individus performants sans soucis de leurs états d'âme et de leurs éventuels doutes. Elle articule sa pensée autour des figures d'Artaud et Céline, tous deux respectivement réformé et combattant de la première guerre mondiale. La première guerre mondiale, là est la matrice de notre société contemporaine. Mais je ne supportais pas non plus la hiérarchie des notes, imposée par l'Université, une autre forme de violence."

Le philosophe : "Ah, ces enseignants de la Laïque qui envoient leurs enfants à l'école privée !"

vendredi 4 mars 2016

Macron, Valls, avenir de la nation...

Tu me dis "restons Français" quand je te dis que les Français ont un tempérament "ironique et fataliste", non je me suis trompé, les Français sont "ironiquement lucides et légers", mais l'optimisme est pour eux une forme de stupidité, tout comme le fatalisme. Or précisément je suis moi-même fataliste à la différence de tant de nos concitoyens qui restent plutôt légers. Quel rapport avec Macron et Valls, il doit bien y en avoir un, quel est le plus Français des deux, quel est le plus ironiquement lucide et léger ? C'est celui là qui gagnera entre les deux, et je pense que c'est Macron. Valls a un côté trop lourd, pesant ; alors que Macron est comme une bulle de champagne, léger avec des yeux pétillants de malice.
On sent quelque chose de forcé, de pas naturel chez Valls, pour cet espagnol ombrageux d'origine, l'assimilation à la française a dû laisser des traces dans sa fierté ibérique. Non Valls ne ferait pas un bon Président de la République ; ni Macron d'ailleurs dont le caractère conviendrait, mais dont les options économiques sont trop libérales. Je prédis donc la mort naturelle du parti socialiste et de tous les courants qui pourraient s'en réclamer. Car ce parti n'a plus de raison d'être, à moins que ce ne soient les Républicains qui disparaissent. En tout cas maintenant la ligne de fracture politique, qu'on le veuille ou non, et je déplore que cela se fasse par le biais d'un parti populiste, mais finalement à l'instar des Américains et de Donald Trump, est entre les tenants de l'assimilation et qui veulent défendre l'héritage de la nation, et ceux qui veulent vendre la France à Bruxelles, et à la mondialisation la plus effrénée.

Emmanuel Mousset me dit : "Depuis que je m'intéresse à la politique, j'y rencontre des croque-morts qui prédisent la disparition du PS. C'est lorsque je ne les entendrai plus que je m'inquiéterai."

Je te réponds : " Je ne parle pas que de la disparition du PS, c'est une monomanie chez toi de tout ramener au PS, je te parle d'une nouvelle ligne de fracture non plus gauche/droite mais nationalistes/mondialistes, il est d'ailleurs dommage que les alter mondialistes ne s'invitent pas au débat, ou seulement de façon inaudible, pour apporter une alternative au nationalisme, ce dernier risque de nous ramener plusieurs décennies en arrière. Je pèse les dangers du nationalisme, mais les dangers de la mondialisation me semblent pires encore. Ma vision profonde serait plutôt altermondialiste, plutôt que nationaliste, mais altermondialiste avec la défense de l'exception culturelle française, et la défense de son héritage, que l'on bazarde désormais à tour de bras."

Lui : "Eh oui, mon cher Erwan, un socialiste ramène tout au PS (quand nous parlons politique, bien sûr). Je suppose qu'un frontiste ramène tout au Front national. Comme toi, tu ramènes tout à toi-même.
Si je comprends bien, tu es un altermondialiste nationaliste. Remarque que ce n'est pas plus bête qu'un socialiste anti-Hollande. Nous vivons l'époque des croisements génétiques et des contradictions jouissives. De ce point de vue, je me démarque, je suis un ascète, un janséniste, un puritain de la politique."

Moi : "Un artiste ramène toujours tout à lui-même, c'est pour cela que je ne peux pas faire de politique."

Lui : "C'est bien vu. Le sens commun réduit souvent la politique à un "bal des egos", ce qui est complètement faux. Quand on sait les couleuvres qu'il faut y avaler, les humiliations qu'il faut y subir, la patience pour y réussir et le plus souvent y échouer, la politique est une véritable ascèse. L'ego en sort laminé. La politique est une terrible épreuve de vérité, alors que l'art est une fuite solitaire dans laquelle on s'invente son propre monde."

Moi : "L'art aussi quand il vient à aboutir, ce qui n'est pas encore ou ne sera jamais mon cas, est une épreuve de vérité bien plus terrible encore."

Lui : "La politique révèle ce qu'il y a de plus bas en l'homme et l'art ce qu'il y a de plus élevé en lui. C'est pourquoi l'art est toujours beau et la politique souvent laide."


Moi : "La plupart des gens détestent secrètement le beau, ils en sont jaloux, c'est tout le drame des artistes, comment parvenir à se faire accepter par la société ?"

jeudi 3 mars 2016

Donald Trump

Moi : "Il y en a un autre qui est très bon à l'oral, surtout en figure libre, c'est Donald Trump. Et à vrai dire, tu as beau t'agiter, mais si il est finalement élu aux Etats-Unis, je ne vois pas ce qui pourra empêcher en France le parti populiste le plus représentatif de parvenir, sinon au pouvoir en 2017, au moins forcément au second tour pour y faire un score bien supérieur à celui de JMLP en 2002. Or pour moi le vote FN n'est pas condamnable, il est l'expression d'un symptôme, symptôme de la perversion diffuse occasionnée par la vision la plus libérale de la mondialisation, et le calcul égoïste à l'œuvre dans la technique qui est un caractère, donc un destin qui se trame derrière le dos des hommes "en chair et en os", et qui a sa volonté propre, non le bonheur de l'humanité, mais l'amélioration sans fin et exponentielle de ses propres ressources, la technique au service de la technique au fond. Reste à savoir, si ceux qui votent FN sont des esprits pervers ou non , et si le parti FN tout entier n'est pas  n'est pas d'un genre pervers. En tout cas c'est un parti d'une toute autre nature que les partis traditionnels, c'est pour cela qu'ils fascine et séduit ; tout comme selon moi Donald Trump malgré sont étiquette républicaine, me paraît d'une toute autre nature que tout ce qui s'est fait jusque là en matière de pouvoir exécutif aux Etats-Unis. Ce sont certainement des figures dangereuses, mais qui donnent l'impression aux hommes d'avoir encore une maîtrise sur leur destin, alors qu'ils en sont privés de plus en plus selon moi. Puisque la politique économique de la France notamment n'est plus décidée à Paris, mais quelque part entre Bruxelles et la City. City elle-même base avancée de Wall Street, sur le sol même européen."

Le philosophe : "Je ne sais pas si Trump est pervers ou dangereux. Je sais seulement qu'il est con."

Moi : "Ah ben, quand on a dit ça on a tout dit, quelle argumentation fulgurante, on croirait entendre Brassens !"

Le philosophe : "Il y a des vérités qui ne s'encombrent pas d'argumentation. Le sujet ne le mérite pas. Ce serait s'abaisser ... Et Brassens a souvent raison."

Moi : "C'est une manifestation typique de l'esprit français de traiter de con tout ce que l'on ne comprend pas ou feint de ne pas comprendre, est-ce l'héritage de Molière ? Dans beaucoup d'autres pays que la France, on ne comprend absolument pas la chanson de Brassens, qui paraît absurde et ostracisante. Brigitte Fontaine elle-même dit de toute façon qu'au fond Brassens était un bourgeois, alors que Léo Ferré un réel anarchiste, je souscris entièrement à son point de vue, non que je dénie l'existence des cons, mais c'est un terme trop général pour qualifier des comportements personnels qui ont tous leur explication ; car ne l'oublions pas chaque être humain est unique, chaque être vivant, végétaux y compris est unique, et ne peux se laisser réduire à une définition générale induite généralement par la paresse d'esprit. Forrest  Gump figure emblématique du tempérament optimiste américain, ne disait-il pas "n'est stupide que la stupidité", pour parer à l'ostracisation dont il était l'objet, répandant au final le bonheur et la joie de vivre autour de lui. Donc j'attends de ta part une qualification plus particulière et étoffée de Donald Trump, même si ce personnage te répugne, les événements feront que tu devras bien en tenir compte si il accède à la tête de la plus grande puissance mondiale."

Le philosophe ; "Trump ne me "répugne" pas, ce serait encore lui faire trop d'honneur. Sa gueule et ses propos me font rire, et le rire n'argumente pas. J'en conviens, ma réaction est moralement blâmable. Mais c'est ainsi."

Moi : "D'ailleurs on notera l'analogie rigolote "Gump", "Trump". Pour les Américains ces deux figures renvoient à un tempérament optimiste, ce qui compte pour les Américains c'est qu'il soit capable de changer leur vie, c'est l'efficacité et le pragmatisme,  la stupidité est considérée comme mineure et secondaire, face à l'optimisme. Ils lui font confiance, on est très loin du tempérament ironiquement lucide et léger français où la stupidité est ostracisée, nulle et non avenue, c'est l'héritage de Molière te dis-je !"

Le philosophe : " Restons français, c'est un amoureux des Etats-Unis qui te le dit."

Moi : "Tu es comme Ulysse, désirant être le seul à écouter le chant des sirènes (américaines), et demandant à ses marins de se boucher les oreilles (rester français)."

mardi 1 mars 2016

Qu'est-ce que la morale, à travers l'exemple des Américains

Pour répondre à Philippe "alors qu'il suffisait de ne pas bombarder des populations musulmanes dès la 1ère guerre du Golfe et ensuite bien sûr !" Oui je suis d'accord. On aurait dû laisser gérer Saddam Hussein dans la région qui n'était pas un démocrate mais un dictateur, mais avait la poigne permettant d'éviter la guerre civile, et la montée du djihadisme. Mais les services secrets américains en ont décidé autrement, ils lui ont laissé croire qu'il pourrait envahir le Koweit en toute impunité, et ils ont ensuite justifié comme ça, leur première intervention au Moyen Orient, puis les autres par des motifs encore plus fallacieux, comme les "armes de destruction massive". Dans cette histoire les pervers et les manipulateurs sont les Américains, comme trop souvent. N'oublions pas non plus la responsabilité de notre BHL national, dans le chaos qui règne désormais en Lybie, et cela en toute impunité médiatique. Quand à notre Mousset régional, il ne veut pas voir la perversion du système actuel, puisqu'il situe le mal dans les génocides reconnus, pas dans la perversion diffuse à l'échelle mondiale par le système qui est la vision la plus libérale de la mondialisation, où les riches s'enrichissent encore plus, où la classe moyenne s'appauvrit, où les pauvres ne savent plus où vivre et errent à travers le monde vers l'Occident le plus souvent, pour trouver un abri. Notre ami Mousset a des qualités, mais c'est un dogmatique.

La faiblesse autant que le dogme de la force peuvent être immoraux, ou plutôt la faiblesse étant amorale peut en devenir immorale. "Ne pouvant faire que le juste fut fort, on peut essayer de faire en sorte que le fort soit juste", je cite Pascal de mémoire. Pour les Américains, tout l'enjeu est en effet de limiter leur force, ou que leur force soit juste. Pour les Français le rayon d'action est de plus en plus limité, comme le remarque fort justement Eric Zemmour. C'est aussi pour cela, parce qu'il ne sont pas amoraux, mais éventuellement immoraux contre leur grès en privilégiant toujours le dogme de la force, que l'on dit que les protestants Anglo-saxons sont au fond probes et honnêtes avec eux-mêmes.

lundi 29 février 2016

Le sexe est-il pervers ? Et son rapport avec le travail

Je réagis à quelque chose qu'Emmanuel Mousset m'avait dit il y a six mois.
"Erwan, ne sois pas si obsédé par le sexe : l'amour reste très présent dans notre société, ni plus ni moins qu'autrefois (peut-être même plus)." Quel rapport avec le travail : La normalité, puisque Freud disait qu'être normal c'est "aimer et travailler"

Oui, Eric Zemmour dit que sous l'action des femmes notamment, le sentiment amoureux a pris de l'importance dans le couple. Mais l'effet pervers est que les couples se quittent dès qu'ils ne s'aiment plus ; or comme on dit "l'amour dure trois ans", c'est biologique. Après il faut trouver autre chose que l'amour physique et la fusion passionnelle pour faire durer le couple. En général c'est l'intérêt des enfants qui prime, quand il n'y a pas de perversion.
Le sexe est dégoûtant en tant qu'il exprime la partie le plus primitive de l'esprit humain, son côté bestial. Une sexualité égalitaire ne peut pas exister, est n'est même pas à inventer, car la sexualité est affaire de pulsion, elle n'exprime que des logiques de domination. Les dominés n'ont pas de sexualité, donc pas de vie psychique, ils sont condamnés à vivre castrés, dans l'ombre (cf Houellebecq, Extension du domaine de la lutte). Toute la structure inégalitaire de notre société, n'est même pas consciente, elle n'est que le reflet de cette infrastructure subconsciente qui est le la pulsion sexuelle ; et que notre société survalorise, sous l'influence de la psychanalyse, qui prétend tout expliquer par la pulsion sexuelle, par un effet pervers la psychanalyse crée autant la maladie qu'elle ne la soigne. Cependant la psychologie commune et un peu vulgaire qui aujourd'hui domine tous les débats de vie privée, télévisuelles ou autres, est très superficielle et n'a plus qu'un lointain rapport avec la théorie du docteur Freud ; ce dernier d'ailleurs que Michel Onfray critique violemment, car il estime que la psychanalyse freudienne n'est qu'une projection à vocation scientifique et à portée universelle, d'un cas singulier... les propres névroses du docteur Freud qu'il projette sur tous ses patients, mais passons ! 
On constate aussi que la psychanalyse ne peut pas aider ceux qui sont exclus du système du désir, puisqu'ils n'ont même pas les moyens de s'en payer une. La psychanalyse ne peut constituer qu'un réconfort narcissique pour ceux qui partagent le système de domination tribal par le sexe. Toutes les sociétés des grands mammifères fonctionnent ainsi : la domination par le sexe des mâles et des femelles dominants, dans la société humaine qui fonctionne par pulsions tribales recouvertes d'un vernis de civilisation.
En principe tout ce qui doit suivre d'une domination tribale par le sexe suivra : argent, reconnaissance sociale ... Pour ce qui est des prolétaires de la pornographie, il s'agit d'un simulacre, d'une dégénérescence de la sexualité, ils ne sont pas inclus dans le système de domination. Leur sexualité n'est pas opérante, elle n'agit que pour stimuler les frustrés de la sexualité, c'est à dire les "pas beaux".
Ceux qui trouvent leur compte dans la sodomie ou l'amour vache, très vache dans le cas de Sade, sont des pervers (étymologie : "renversé"), ils jouissent de ce dont le commun des mortels ne jouit pas : comme "manger de la merde", au sens propre (si je puis m'exprimer ainsi). Par contre le pervers narcissique, qui est une spécificité moderne et adaptée de la perversion, utilise la loi (comme le dit le psychanalyste Melman ; "le pervers adore la loi") et une sexualité normale, mais de préférence en grande quantité pour asseoir sa domination sur le reste de la tribu, il est généralement ce qu'on appelle un mâle dominant.
La jouissance réelle vient du déchaînement des pulsions : pour la plupart des gens multiplication des conquêtes, logique de séduction qui arrive à son terme, pour moi comme pour la plupart des mammifères, cela constitue la plus belle gratification narcissique lorsque la compagne est désirable et désirée par l'ensemble du groupe, je suis un mammifère avec des pulsions de mammifère. En société de compétition comme la nôtre, il faut être performant, donc il vaut mieux être un pervers narcissique qui multiplie les conquêtes au détriment de l'équilibre de la société et des enfants.
Tout système crée ses propres déchets, en système de performance sexuelle et de perversion narcissique, la pornographie est ce déchet.
A force de s'être attaqué à l'idéalisme depuis pas mal d'années, pour le remplacer par un matérialisme pur et dur, on a tué ou presque tué cette idée qu'on appelait amour, pour la remplacer par la performance sexuelle, la domination par le sexe, ou encore ce qu'on appelle vulgairement aujourd'hui "le plan cul" : Ah l'immanence de la nature !

dimanche 28 février 2016

Le travail

Je pense que la crise est bien plus grave que je ne le pensais, crise morale de l'ensemble de la société. Je crois que la classe moyenne est très fragile narcissiquement et a besoin du travail pour renforcer l'estime de soi. Effectivement hormis le travail les gens n'ont plus de valeurs à quoi se raccrocher, comme l'amour, la bonté, la tolérance, tout ça c'est fini. Ne reste que la perversion. Sans le travail les gens sentent qu'ils n'existent plus. ils n'existent qu'au travers du travail, aussi se forment de nouveaux phénomènes de groupes très soudés, qui rejettent très violemment ceux qu'ils estiment être les "autres". Donc ils mobilisent tout ce qu'il y a en eux d'énergie dans le travail, on pourrait parler de travail nihiliste, car sans aucun projet de vie, ni projet de société, les gens sont perdus en dehors du travail, et surtout ils rejettent ceux qui osent remettre en question l'aspect "sacré" de leur cohésion de groupe dans le travail. Le burn out apparaît chez ceux qui sont mis à l'écart, au placard comme on dit, pour une raison x ou y, qui font un travail absurde dénué de toute finalité et impropre à renforcer l'estime de soi. En même temps la culture est déconsidérée, le langage est déconsidéré. On attaque ceux qui croient qu'il y a encore des valeurs en dehors du travail, car en l'absence d'idéologie ou de religion, la cohésion du groupe se fait par le travail, donc ce dernier est sacralisé. Ceux qui n'adhèrent pas à cette vision sont les nouveaux parias. 
Je pense aussi qu'au travail, on peut faire preuve de générosité et de bienveillance, surtout quand on est enseignant. Le travail n'est pas incompatible avec notamment la tolérance, la générosité et la bienveillance. Sinon alors effectivement "Arbeit macht frei" ou "le travail rend libre", et nous nous retrouvons dans un vaste camp d’Auschwitz à l'échelle mondiale et planétaire, c'est un peu ce qui est en train de se constituer avec ce que certains appelle "l'horreur économique", c'est aussi ce que mon intuition subodore dans l'air du temps.
Quand j'ai été dans des groupes, intégré dans une communauté, justement ça m'est arrivé, je ne supportais pas la cruauté que l'on faisait subir aux gens en dehors du groupe, je trouvais que c'était injuste et un comportement tribal, c'est pour cela que j'ai fait le choix d'ouvrir un blog et de me situer en dehors. C'est un choix éthique et peu pragmatique, j'en ai conscience. Mais je ne méprise personne, je n'ai d'arrogance envers personne et je ne suis pas un donneur de leçon. Libre à chacun de faire ce qu'il veut en son âme et conscience. Pour ce qui est de mon histoire personnelle, qui pourrait expliquer mon comportement actuel, ce n'est pas de ma faute, c'est le destin ou plutôt mon caractère : Oui j'ai connu l'exclusion petit, mes parents m'ont mis dans une école absurde, post-soixante huitarde, où il n'y avait aucune autorité, où l'on traitait les enfants en sujets libres et autonomes, en réalité c'était la loi de la jungle, il n'y avait aucun adulte référent. Comment faire alors, existentiellement, avec un père pervers narcissique, une mère abandonnante, et une école défaillante quand j'étais petit ?
J'ai un ami qui est différent, mais il a la force qui lui permet d'assumer cette différence, en connaissant en plus à peu près tout sur tout, et sans aucune faille d'un point de vue comportemental, qui fait qu'il est insensible à la perversion qui s'insinue dans les failles. Comme il le dit lui-même, il ne "comprend pas le mal", donc il met la barre du mal très haute, c'est-à-dire à Auschwitz, ou au goulag, et nulle part ailleurs, dans la vie quotidienne par exemple, donc il ne fait preuve d'aucun catastrophisme. Je vais pas pleurer sur mon sort, mais malheureusement une personnalité plus fragile n'a souvent pas les capacités d'un état de fait : "être différent".