lundi 5 septembre 2016

Manifestation contre le racisme anti-asiatique

La communauté asiatique réclame avant tout plus de sécurité : elle pointe du doigt les mêmes membres les plus virulents de certaines communautés, qu'Eric Zemmour pointe lui-même du doigt. L'essence du totalitarisme n'est pas dans l'homogénéité, mais dans le rejet et la négation de l'altérité, ce n'est pas tout à fait la même chose : le totalitarisme est la maladie de l'action politique, ou même de l'action tout court, chez les extrémistes. Les sociétés les plus harmonieuses sont souvent des sociétés homogènes, comportant peu de membres, les tribus primitives par exemple, où Rousseau va chercher le modèle de l'homme bon : ces sociétés qui n'impliquent pas le rejet des différences. Le problème en France, c'est que plus aucune communauté ne sert de modèle aux autres, notamment celle qui légitimement pourrait s'en prévaloir. Celle qui était là avant les autres, celle que l'on dit de souche, et qui s'est constituée sur mille ans : le rôle de l'école républicaine est encore selon moi, une tentative d'homogénéisation des différences et des idiosyncrasies, pour les fondre dans le moule républicain. Modèle républicain en crise, mis en situation d'échec : ce qui explique la crise de l'éducation et de la culture, et l'ultra-violence banalisée dans certains quartiers, que l'on appelle "les territoires perdus de la république", et ce n'est pas un vain mot ! Les sociétés hétérogènes provoquent des mécanismes de défense de la part de leurs membres les plus faibles, qui se replient par réaction et peur de l'autre, se renferment sur leurs identités particulières, cela engendre la maladie de la négation de l'altérité : l'islamisme est effectivement un totalitarisme, l'extrémisme des identitaires de souche, également. Maladie de la négation de l'altérité causée par la démission des élites, par le laisser-faire, qui sert de modèle à l'action politique et économique. Dans l'ordre des raisons, ce n'est pas l'islam qui crée le totalitarisme chez certains extrémistes. Mais le totalitarisme, donc la maladie de l'action, lorsqu'elle ne peut se vivre que dans la négation d'autrui, qui crée l'islamisme. Le libéralisme économique et le règne de l'argent roi, ont une grande part de responsabilité dans la genèse de cette forme virulente de maladie de l'action qui se développe essentiellement sous la forme du terrorisme islamiste, en Europe, et plus particulièrement en France.
Le logiciel post soixante-huitard, et son idéologie des années 80 : "SOS racisme" et son slogan "touche pas à mon pote", n'est plus opérant pour penser le fascisme aujourd'hui. Le fascisme le plus virulent aujourd'hui n'est pas le fait des identitaires de souche, mais des islamistes, donc des musulmans (une infime partie d'entre eux, mais parmi eux quand même). Emmanuel Mousset semble effectivement être resté bloqué à cette époque des années 80, et ne voit le fascisme que dans le FN. Or le FN de la fille, n'est plus tout à fait le FN du père, et se réclame désormais de de Gaulle, et de la plus intransigeante laïcité : mais n'est-ce pas un légitime retour du bâton, face à tous les excès violents, voire totalitaires, du communautarisme islamiste induit par le libéralisme et le règne de l'argent roi ? Reste à savoir si le FN n'avance pas masqué, pour lui aussi faire prévaloir, à l'instar de l'islamisme, une logique identitaire, donc contenant en germes de nouvelles formes de totalitarisme. Il est évident en tout cas que les partis dits classiques (PS et LR), ne soupèsent pas à sa juste mesure, la gravité de la situation : il est logique et légitime que le FN s'engouffre dans la brèche idéologique, laissée par les partis dits républicains. Quant à Zemmour, c'est un excellent journaliste, chroniqueur et écrivain, qui s'exprime sans tabou, et qui en gêne plus d'un, notamment ceux du côté du politiquement correct.

dimanche 4 septembre 2016

Problème de père, de pair ou de paire ?

Toute l'énergie de nos hommes politiques se dépense dans les stratégies de conquête du pouvoir, une fois au pouvoir, c'est un encéphalogramme plat. C'est passionnant les stratégies de conquête du pouvoir, je comprends que tout le monde se focalise là-dessus : surtout si l'on aime le jeu politique, comme d'autres ont pour hobby le jeu des échecs par exemple. Il n'empêche, le dernier homme politique à avoir gouverné fut Charles de Gaulle. Il s'est passé des choses en ce temps-là, de Gaulle était lui-même l'idéologue de sa propre politique, et cette idéologie, c'était la France. Après plus rien, une lente, et très systématique entropie (une transformation vers un état toujours plus grand de désorganisation du système), vers ce qu'est l'état de la France aujourd'hui : une désorganisation sociale résultant de l'absence de normes communes. Et le triomphe du laisser-faire, de la paresse, de l'abandon de l'humain, représenté par la toute-puissance du libéralisme économique. Les hommes politiques aujourd'hui n'ont plus la "foi" en un idéal supérieur comme Charles de Gaulle. Ils ne se fient qu'à leur propre image, dont la caricature est Macron notamment, ou Sarkozy, uniquement préoccupés de stratégies de communication pour la conquête du pouvoir. Avec notre "bon client" ou "idiot utile" régional, Emmanuel Mousset, qui tente de donner un cohérence idéologique à ces expressions du vouloir-vivre absurde, aussi absurde que peut l'être la trajectoire du vol d'une mouche dans une pièce. Parler encore de Bernanos à l'ère de la communication et de l'image, ère sans valeurs supérieures, sans transcendance, sans religion (si ce n'est la religion de réaction que constitue l'islam, et non religion d'affirmation), écrivain que plus personne n'est en mesure d'entendre, c'est comme parler le bas-breton au journal télévisé pour se faire comprendre de tous les Français.
Il est vrai qu'en son temps, Charles de Gaulle était vu comme le "père symbolique" de la nation. C'est tellement facile de se révolter contre le "père" (mai 68). Aujourd'hui aucune révolution ou même contestation n'est plus possible, ni audible, ni efficace, car plus personne parmi nos hommes politiques n'est assez fort (ou assez masochiste) pour endosser le rôle du père, ou même de l'autorité. Le paradigme du libéralisme économique dans lequel nous vivons, du laisser-faire et de la paresse idéologique, est une société de la perversion et de l'hypocrisie institutionnalisée entre pairs (une société de "potes"), et une société sans père. Je sais que je suis né durant le règne du général de Gaulle, et j'ai ressenti confusément que c'était un "âge d'or", qui s'effritait à mesure que j'évoluais. 
Donald Trump par exemple est un faux père, et un vrai pair... (pervers narcissique), avec une grosse "paire" qu'il exhibe. On va vers ça, y compris en Europe très certainement. MLP semble aussi en avoir une "grosse paire". Il faut effectivement en avoir une "grosse paire", dans une société sans garde-fous, sans protection, et soumise au règne de l'argent roi. L'ensemble de la société, et pas seulement ma petite personne, a effectivement un problème de père (l'héritage symbolique), de pair (le relationnel), et de paire... de couilles (le charisme). Mais en réalité les trois notions sont étroitement liées, et soit s'enrichissent mutuellement, soit pâtissent les unes les autres de leurs carences.

lundi 29 août 2016

Faut-il interdire le burkini ?

La seule et unique condition du vivre ensemble n'est pas la liberté (liberté de quoi ? Des égocentrismes contre la chose publique), mais tout ce qui permet de nous rassembler. Ce qui est (ou devrait être) commun à absolument tout le monde. Quand on est de religions différentes, d'orientation politique différente, de pays d'origine différents, de sexe et de sexualité différents, de milieux sociaux différents, que reste-t-il permettant de tous nous rassembler ? Que nous reste-t-il en commun ? Notre condition d'être humain, notre identité nationale, un certain nombre de symboles, de traditions et de codes sociaux : l'assimilation et rien d'autre. Ce que certains font tout pour détruire et diaboliser (l'identité nationale, la France et ses terroirs, que vomit Emmanuel Mousset, qui exalte le cosmopolitisme déterritorialisé, du moment qu'il s'accompagne de la constitution d'une élite, d'une aristocratie par delà bien et mal) est la seule chose qui permettra de rassembler les Français, contrairement au communautarisme : affirmation de son égocentrisme dans le port du burkini, provocation, oui provocation comme le dit Hollande, qui flirte avec le fantasme d'anéantir ce qui fait le bien commun en France, qui divise même avec la meilleure volonté du monde. Notre pays est menacé d'anomie : une désorganisation sociale résultant de l'absence de normes communes. Ce terme d'anomie résume à lui seul tout le problème de l'illusion du fameux vivre ensemble en France. Car il est impossible, absolument impossible, de forcer à cohabiter des gens n'ayant rien en commun. Ou alors que les Français de longue date, honteux de leurs origines, coutumes et morale (honte instillé à la jeunesse des années 80 par Mitterrand,  "la génération tonton" dont fait partie Emmanuel Mousset, ou génération "touche pas à mon pote") mettent la clef sous la porte, et quittent discrètement le pays en masse, pour ne pas effaroucher nos nouveaux cohabitants, au nom du politiquement correct.
De Gaulle a protégé les Français tant qu'il a pu, d'abord contre les Allemands, puis contre le libéralisme anglo-saxon. Puis est venu mai 68, la révolte de la "chienlit" : "chienlit" libertaire et communiste ou anarchiste majoritairement d'abord, qui s'est installée, est devenue libérale économiquement, a fait son trou, est aujourd'hui la nouvelle "aristocratie" française, "aristocratie" d'argent, de culture, de politique : c'est à cette mouvance libertaire à laquelle appartient Emmanuel Mousset et dont il se revendique, au nom d'un état d'esprit nietzschéen. Il serait né quelques années plus tard, il aurait subi les dommages de mai 68, et il ne serait pas là où il est, il serait déculturé comme tous les post soixante-huitards. Si Emmanuel Mousset savait d'où il vient, si seulement il savait quelles sont les causes de la construction de sa pensée et de sa carrière : c'est en réalité grâce à De Gaulle et aux trente glorieuses, mais plutôt mourir que de l'admettre ! Mais il se fout de la généalogie, tout comme il se fout d'une éventuelle prospérité des Français, il ne les aime pas, il préfère qu'ils souffrent, car sinon il estime que les Français exploitent les peuples opprimés pour s'enrichir (comme les immigrés portugais par exemple). En réalité mai 68 et son état d'esprit libertaire a fait le lit de l'anomie, c'est-à-dire d'une désorganisation sociale résultant de l'absence de normes communes, et donc par voie de conséquence, a ouvert une brèche énorme, où s'engouffre l'islam, qui ne mettra pas de limites à son appétit insatiable en France, demandant toujours plus de droits sans avoir aucune contrainte ni devoir ni de comptes à rendre en échange (le fameux esprit de 68 : vivre sans aucune dettes envers la société, ni personne, enfants ou parents, ingratitude fondamentale). Donc ni les musulmans, ni l'islam, ne sont la cause de l'anomie qui règne dans la société française, mais l'esprit de 68, qui y règne encore, et au nom duquel on semble plus facilement tolérer les attentats islamistes (ils ont des excuses les pauvres : ce sont des victimes du colonialisme territorial ancien ou du néo-colonialisme économique), que l'interdiction du burkini ("Il est interdit d'interdire" : et ça c'est le leitmotiv sacré, l'impératif catégorique de notre société anomique et en voie de décomposition. Mais on va aller jusqu'où comme ça ?). Et dans les faits, mai 68 (et à l'échelle mondiale les mouvement de la jeunesse occidentale, comparables), l'anomie qui en découle : un genre d'anarchie sociale et des mœurs en France, et d'autre part le libéralisme économique sans freins qui en découle aussi et qui s'est installé à l'échelle mondiale et qui est effectivement responsables du néo-colonialisme capitaliste moderne. Tout cela dénote d'un esprit inconséquent et d'irresponsabilité propre à l'esprit de 68, qui est à la fois cause du mal islamiste (le libéralisme économique en tant que cause du néo-colonialisme économique, et donc cause du mal islamiste, est peut-être encore plus mauvais que l'islamisme lui-même), et qui lui trouve en même temps des excuses.
Autrement dit la société vit un genre d'entropie depuis la seconde guerre mondiale, dernier fait remarquable jusqu'à maintenant. L'humanité a eu très peur de disparaître, elle a fait des efforts sur une ou deux générations, puis elle s'en est remise au laissez-faire, à la paresse, au libéralisme, à l'entropie économique et sociale, à l'anomie actuelle. Je ne vois pas comment on pourrait échapper au sort de la RDA, une mort lente, une décomposition lente vers un état de mort cérébrale inéluctable. Alors que l'islam est effectivement plein de vitalité et porteur de valeurs, même si elles nous paraissent au premier coup d'œil, nihilistes : les premiers chrétiens n'ont ils pas commencé comme ça ? Las ! Nous Occidentaux n'avons plus de valeurs à proposer, plus de dogme à imposer. L'ennui, la banalité, sont une étape vers un état de décomposition avancé. Ça oui, c'était mieux avant ! Mais je fais mon Cioran ! 
Pour ce qui est de l'oppression des femmes par l'islam : notre vie sociale réelle, notre moi individuel, sont toujours le reflet de nos fantasmes sexuels les moins avouables. Mais l'islam peut nous guérir collectivement, comme l'envisage Houellebecq dans une fiction, hommes comme femmes ! Les femmes ont du pouvoir dans notre société : mais est-ce le véritable désir des femmes, ou bien le désir des hommes d'être dominé par les femmes ? La domination sociale apparente des femmes, n'est elle pas un symptôme de décadence de l'Occident ?

lundi 11 juillet 2016

La défaite de l'équipe de France à l'Euro

L'occasion de gagner une grande compétition de foot ne se représentera pas de sitôt selon moi. Par rapport au rugby le foot laisse beaucoup plus de place à la chance, donc à la superstition, c'est pour cela que c'est un sport populaire, plus que le rugby : le peuple est par définition superstitieux. Quand on gagne au foot, on se sent un peu l'élu de dieu, c'est ce que recherchent au fond tous les peuples,  je veux dire l'élection par dieu.
C'est ça que recherchent tous les humains, se sentir élu de dieu, quand les djihadistes se font exploser, ils se sentent élus de dieu. Du foot au djihad, il n'y a qu'un pas. Si la France avait gagné, on se serait senti élu pendant environ une semaine, puis cela serait passé. Après on aurait eu la fierté de compter trois victoire en coupe d'Europe, le record à égalité avec les Allemands et les Espagnols. Au lieu de ça on s'est fait battre par une équipe malheureusement au jeu minable dans cet Euro, cela n'enlève rien au mérite des Portugais. Zidane était un très grand joueur qui faisait plaisir à voir jouer, il méritait de gagner au moins deux coupes du monde. Hier les Français, on aurait dit des poulets sans tête qui couraient un peu de manière désordonnée sur le terrain, il manquait clairement un leader dans le jeu, comme Zidane, l'enthousiasme ni l'énergie n'étaient plus là, donc la défaite est assez logique. Je crains que cette équipe ne puisse jamais gagner la coupe du monde, il lui manque une individualité charismatique d'exception : on peut même trouver l'esprit de Nietzsche dans le football. On trouve surtout du pognon et des abrutis ; pas vraiment plus qu'ailleurs au fond, le foot suit la logique ultralibérale de la société, et non l'inverse. Il a ouvert la voie à la marchandisation du sport ; le foot pourrait être encore un sport populaire et sain, c'est juste une histoire de politique.
Le sport en règle général est un spectacle de la compétition et de la performance, destiné à faire accepter dans le monde du travail un esprit très compétitif. Le sport est la vitrine de la société ultra libérale, et les sportifs sont l'équivalent des gladiateurs au temps des Romains, ils ne font pas de vieux os en règle générale à cause du dopage, sauf cas de talent exceptionnel ne nécessitant pas un dopage lourd. Fignon par exemple qui n'avait pas un talent exceptionnel contrairement à Hinault, est mort jeune à cause des conséquences du dopage sur son organisme, comme tant d'autres. Le nationalisme et la "xénophobie" (difficile à gober quand on voit la composition ethnique de l'équipe de France), ne sont qu'une des interprétations possibles du sport de haut niveau en général, et du football en particulier, mais je pense que son interprétation la plus pertinente, c'est d'être une vitrine de l'ultra libéralisme.
Heureusement aujourd'hui grâce au libéralisme et à son esprit élitiste, Emmanuel Mousset dirait peut-être aristocratique, nous assistons au déclassement, à la reprolétarisation de la classe moyenne honnie. Grâce au chômage de masse qui n'épargne aucune catégorie sociale et à la logique libérale élitiste, un nouveau monde comportant de rares élus, les hyper riches, se construit, et évidemment Emmanuel Mousset applaudit des deux mains : vive la gauche réformiste ! A bas le bonheur pour les masses, à bas les "trente glorieuses" et l'esprit de solidarité, vive notre monde et son esprit de compétition, sa guerre de tous contre tous, sa pulsion de mort, son principe de réalité, son esprit aristocratique. Comme je le disais déjà, les gens qui nous gouvernent n'aiment pas le peuple, mais alors pas du tout !

dimanche 3 juillet 2016

La mort de Michel Rocard

La vie en société est violente, car elle exige le mensonge permanent et la recherche de bouc-émissaires, c'est en cela que je ne suis pas du tout d'accord avec Emmanuel Mousset, quand il dit que notre société fait preuve de mièvrerie et d'un trop plein d'empathie : "La violence est plus d'ordre moral et psychologique dans la mesure où l'esprit de performance nous est imposé partout et surtout dans le monde du travail", comme le rappelle fort justement un intervenant sur le blog d'Emmanuel Mousset. La plupart des psychologues qui en appellent constamment à l'empathie, n'appliquent pas forcément pour leur entourage, leurs beaux discours généraux et généreux. Quant à la psychologisation de la société, c'est une plaie, qui permet à la corporation des psys, de gagner globalement très bien sa vie, et d'avoir un pouvoir de manipulation sur le reste de la société, très fort. Comme le dit une personne de mon entourage proche, si les psys avaient un quelconque pouvoir de guérison, cela se saurait.
Pour en revenir à Michel Rocard, il fut plutôt, tout au long de sa carrière une victime, ce qui nuit fortement à l'exercice du pouvoir. Pourtant il était beaucoup plus du côté de la vérité que Mitterrand, ce dernier étant clairement du côté du mensonge permanent. La probité et l'honnêteté ne paient pas en politique, lui, Rocard, qui proposait de rétablir une très grosse dose de morale en politique, ne fut finalement jamais reconnu par ses pairs, qui lui riaient au nez devant tant de vertu ouvertement affichée. Je me souviens même qu'une fois, rencontrant personnellement un des conseillers de Fabius, en 1995 environ, j'eus le malheur de lui avouer ma préférence pour Rocard, quelle ne fut pas sa réaction hautaine de mépris à mon égard et surtout envers ma préférence.

vendredi 1 juillet 2016

Vers la compassion généralisée ?

La seule chose que je reproche aux rapports humains, aujourd'hui en France, c'est d'être globalement trop agressifs, comme le déplore Michel Houellebecq. Je sais que ça n'a pas toujours été totalement comme ça, aujourd'hui la crise est vraiment lourde à porter. Dans les années 70, les rapports humains étaient plus sereins. Je sais qu'on va m'accuser de sensiblerie excessive, mais n'oublie pas d'où tu viens Emmanuel. Tu n'as pas grandi à coup d'autoritarisme et de "coups de pied au cul", contrairement à ce que tu voudrais laisser croire, mais grâce à la bonté de certains maîtres. Bonté dont un certain monsieur Chédin faisait la vertu cardinale, souviens-toi ! Certains plus "crus" que moi, te reprocheront d'être un enfant du "baby-boom" ingrat : il y a une part de vrai là-dedans ! Cependant il y a une chose que l'on ne peut pas te reprocher, et qui est peut-être encore plus importante que la bonté, c'est la capacité à saisir l'occasion quand elle se présente. Mais ce n'est pas la peine non plus d'en faire tout un plat, encore une fois c'est le caractère et les circonstances qui expliquent et qui déterminent cette capacité à saisir le kairos. Rien de surnaturel, ni de spirituel, ni même d'admirable, dans tout ça. A ton tour donc de faire preuve de bonté et de sensibilité, pour payer ta dette à la société. Le monde est beaucoup plus agressif aujourd'hui, c'est un fait. Il y en a beaucoup qui s'en accommodent, car ça leur permet d'assouvir leurs pulsions mauvaises
C'est excitant, cela active certaines pulsions sexuelles archaïques, comme le spectacle des gladiateurs. Certains éprouvaient du plaisir parmi les bourreaux paraît-il, de tout temps. Ce sont ces pulsions sadiques qu'il me paraît utile de soigner aujourd'hui, plutôt que de parler de révolution ou même de réforme de la société : par exemple il me semble que l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes permet à certains d'assouvir leurs pulsions mauvaises de destruction de la nature, de non-respect de l'environnement, et même de malveillance envers ceux qui pâtiront des nuisances sonores ou même seront expropriés. Ça vous excite de voir souffrir les gens ? C'est bien, cela veut dire que vous êtes adaptés.

Emmanuel Mousset : "Je ne sais pas à quelle époque tu compares notre époque. Mais tu sais très bien que le monde d'autrefois et d'il n'y a pas si longtemps était beaucoup plus violent que le nôtre. C'est d'ailleurs pourquoi la moindre agressivité, y compris la plus anodine, nous insupporte : plus une nuisance est réduite, moins elle est tolérée. C'est peut-être un progrès, même si j'en doute. Chez moi, et sûrement chez toi aussi, les gens se plaignent du bruit des travaux, des tondeuses à gazon, des hélices (pourtant silencieuses) des éoliennes. C'en est presque comique. Tati en aurait fait un bon film. Bunuel aussi."
Tu as sans doute raison, ce qui fait question c'est la totale faillite morale de notre époque, qui fait que les gens s'effondrent à la moindre peccadille. Cela peut fournir un espoir en l'avènement de la compassion généralisée et de la non-violence portée au rang de dogme. Il paraît que c'est lorsque les civilisations sont épuisées, lorsque les gens ressentent toute agression anodine comme une violence insupportable, que le règne de la compassion généralisée peut advenir. Le catholicisme était une religion qui punissait le fait de faire mal à autrui, dans le cadre d'une civilisation bénéficiant d'un trop plein de vitalité, alors que le bouddhisme est le signe d'une civilisation épuisée ou plus personne ne supporte pour soi-même la moindre violence, la moindre douleur et la moindre contrainte, et pour autrui idéalement la moindre punition : ce serait pour moi un progrès extraordinaire et signifierait un changement total de paradigme. Reste le problème que constitue l'esprit de conquête d'une religion comme l'islam. Franchement quand on voit l'Histoire de l'humanité occidentale, ses guerres, ses massacres, ses génocides, il n'y a pas de quoi être fier, il n'y a rien d'admirable là-dedans, rien qu'un trop plein de souffrances absurdes. Je pense qu'en peu de temps, devant l'ampleur de leurs propres massacres insensés, les musulmans aussi pourraient comprendre ça, eux aussi : l'absurdité de l'esprit de conquête et la vanité de la volonté de puissance. Quant à toi l'adepte de l'autoritarisme et du "coup de pied au cul" : pour aller vers quoi ? Le bétonnage généralisé du pays France ? Les voyages anti-écologiques à l'autre bout du monde, alors qu'il suffirait de revaloriser son propre milieu, son propre environnement ?

Emmanuel Mousset : "Erwan, en bon nietzschéen, le bouddhisme adopté par l'occident est pour moi un signe de décadence, le refus de la féconde souffrance, une amputation de la vie. Le "coup de pied au cul" n'est pas mon genre, mais la paire de gifles, oui. Fais attention, si tu me rencontres."
"Coup de pied au cul", "paire de gifles", ne pinaillons pas sur les mots ou les expressions, et oui, je me range aux côtés de Houellebecq pour traiter globalement Nietzsche de "vieille pétasse". J'ai voyagé en pays bouddhistes et je n'y ai pas vu une amputation de la vie, mais au contraire un grouillement de vie, ne s’interdisant pas la jouissance au nom d'un désir jamais assouvi comme en Occident. L'Occident est la contrée du désir non assouvi, désir toujours porté à son incandescence par le système notamment publicitaire du libéralisme, sans résolution possible : un piège à cons, en gros. L'Occident est une machine à faire du fric, à attiser le désir, mais où il ne fait pas bon au fond le dépenser, c'est pour cela que ceux qui ont accumulé du fric, vont souvent le dépenser en pays bouddhiste, là où il fait bon jouir. L'Orient bouddhiste encourage le plaisir et la jouissance, au détriment du désir incandescent d'origine libérale, non assouvi : cela me paraît beaucoup plus sain. Quant à Nietzsche il demeure intéressant dans une interprétation purement artistique de la création, mais absolument pas fécond dans une interprétation politique, qui a débouché notamment sur le nazisme, comme un avatar possible du nietzschéisme politique : non merci !
Les bouddhistes n'ont pas le même rapport au désir. Alors que pour les Occidentaux, et plus particulièrement les oligarques, le désir attisé est une façon de gagner de l'argent ; pour les bouddhistes le désir est une souffrance qu'il faut combattre par l'assouvissement du désir dans le plaisir. Donc les bouddhistes valorisent le plaisir et dévalorisent le désir ; alors que c'est tout le contraire en Occident : un désir inassouvi sans arrêt attisé par toutes sortes de sollicitations, et des femmes qui ne veulent pas faire plaisir, bien conditionnées par nos oligarques, de qui, eux seuls (oligarques, acteurs, people), elles consentiraient peut-être à recevoir l'hommage, comme peut-être, dans aucune autre contrée dans le monde.

L'esprit de 68

Comme tout nos ultralibéraux, pardon réformistes, Emmanuel Mousset aurait été sur les barricades en 1968, ce fut un lieu de passage obligé vers le pouvoir. Ce que nos élites se sont accordées : jouer à faire la révolution, elles les refusent âprement à leurs enfants, voire petits enfants : attention danger communisme, socialisme, antirépublicanisme. Ce que veulent les élites c'est que les générations d'après ferment leur gueule, adhèrent au consumérisme totalitaire (Pasolini dirait "bouffent de la merde" cf Salo), et perdent leurs vies à "gagner" des salaires de misère. Surtout sans réfléchir, car ce sont les soixante huitards qui sont les seuls légitimes à réfléchir et qui nous imposent leur "pensée" indigeste depuis maintenant presque 50 ans : la nouvelle "idéologie française", c'est la pensée 68, réactualisée par l'ultralibéralisme. Même Finkielkraut, que j'apprécie par ailleurs, appartient à cette mouvance, et si il fut traité de "fasciste" par les "nuits debouts", c'est peut-être que les fantômes de Victor Hugo, ou de Pasolini et de tant d'autres illustres ancêtres, s'estimant trahis par cette funeste génération 68, ont parlé.
Je ne suis pas "complotiste" au point de penser comme ça fleurit sur internet que les attentats islamistes ou le meurtre de Jo Cox, sont en réalité le fait de l'oligarchie qui cherche à nous manipuler. Cependant je pense que la colère islamiste, et la colère d'extrême droite (Thomas Mair, Breivik), sont attisés par le contexte social et politique qui prévaut dans les démocraties occidentales, sans parler de leur politique extérieure au Moyen-Orient : nous sommes entrés dans un état de guerre larvée qui déteint sur les comportements humains : tout le monde se méfie de tout le monde, la société est fermé, peuplée de chefaillons pervers  et de moutons consentants : ce n'est pas la vision que j'avais de la démocratie. Et oui, j'ai la nostalgie d'un De Gaulle, qui se comportait comme un bon père de famille pour son peuple. Nous ne retrouverons malheureusement pas ça avant longtemps, voire jamais. A vous écouter Max, 44% des Français sont désormais des "fascistes" : comment comptez-vous les combattre, par la stigmatisation, l'insulte et le mépris, comme Emmanuel Mousset ? Voire la violence : si le parti de Mélenchon et le FN sont fascistes, il faut une volonté politique pour les interdire. Et les électeurs, il faut les rééduquer aux valeurs de la performance, de la compétitivité et de la violence économique et sociale, puisque selon vous c'est la seule réalité " républicaine ".
Les tags des "casseurs" anticapitalistes, et d'autre part du mouvement "nuit debout" sont très influencés par mai 68, ils attaquent surtout notre société basée sur le culte de la performance et l'esclavage moderne que constitue le travail salarié, ultra hiérarchisé. Ce que d'aucuns nomment l'horreur économique, avec des analogies à juste titre, avec Auschwitz. Cependant Mai 68 a trompé le peuple, ce fut une pépinière pour oligarques actuels. Avec le virage libéral, la plupart des ex-68, sont devenus des ultras libéraux, ils ont saisis l'opportunité pour leur pomme. Les soixante-huitards sont devenus majoritairement des "pourris" sans aucune valeur à transmettre, si ce n'est leur réussite individuelle. Ils ont totalement trahi le peuple, et ont investi des postes de pouvoir, d'où ils oppriment la majorité de la population française. Le PS est saturé de bobo-chics friqués issus de 68, qui n'ont rien à envier à leurs rivaux LR, caste friquée mais descendant d'une France plus traditionnelle, qui renie d'ailleurs de plus en plus ses valeurs héréditaires, au profit de la maximalisation du profit et du tout-fric.
Mes parents ont cet état d'esprit, mon père comme ma mère ont su tirer parti d'une opportunité, pour s'enrichir matériellement, mai 68, ne fut rien d'autre qu'une opportunité matérielle, comportant argent, sexe et estime de soi : tous les ingrédients du pouvoir. Cela a causé le suicide de mon cousin germain, quand il s'est bien rendu compte qu'il n'en était pas, ma famille n'a eu aucune pitié pour lui ni compassion, notamment mon père qui l'a expulsé de chez lui, c'est peu après qu'il mettait fin à ses jours. Cela en dit long sur la nature humaine.

samedi 25 juin 2016

Encore un sacrifice humain pour du fric !

Hypothèse crédible où Thomas Mair est un déséquilibré manipulé pour tuer (de toute façon on ne le saura jamais, ou au mieux 20 ans après), et même si ce n'est pas le cas, en admettant qu'il ait agit "librement" (si tant est qu'un esprit aliéné puisse être "libre" de ses actes) : donc du point de vue de l'Histoire, l'assassinat de Jo Cox est légitime car il sert une "grande chose" : le maintient de la Grande-Bretagne dans l'UE. Je trouve ce genre de logique sacrificielle au XXIème siècle, absolument barbare et indigne d'une société qui se prétend un modèle de civilisation : mais c'est une logique hégélienne ! C'est mon hypothèse, conforme à ce que j'observe dans la vie de tous les jours : la société se barbarise, par absence de morale. Idéalement, ce sont les "grands" qui devraient servir de modèle aux "petits ", par leur comportement exemplaire : le dernier à avoir su le faire en France fut effectivement De Gaulle, que des circonstances exceptionnelles avaient permis de développer une immensité éthique, et une réelle dimension morale. En opposition totale avec son négatif : François Mitterrand le machiavélique, qui a laissé un héritage déplorable d'un point de vue moral, dont nous payons encore le prix aujourd'hui.
Autre chose : Napoléon a précipité le déclin inexorable de la France sur le plan européen, finalement supplantée par l'Allemagne, qui elle-même n'arrivera finalement jamais à la complète hégémonie sur le plan européen. Même si aujourd'hui elle nous domine largement sur le terrain économique, je tiens à rappeler que ce n'était pas le cas du temps de De Gaulle. Et que ce sont mai 68, la "chienlit" (en réalité les "sales gosses" de la bourgeoisie, qui n'avaient pas du tout envie que le peuple soit décisionnaire), puis Mitterrand et Chirac qui ont précipité la ruine du pays. Sarkozy et Hollande ne sont plus que des nains politiques.
Emmanuel Mousset ne croit pas au réveil populaire français pour accomplir de grandes choses. Il ne croit qu'aux décisions verticales prises dans les alcôves du pouvoir, et à la méthode du "coup de pied au cul" et de l'autoritarisme, pour faire bouger les choses : dont Manuel Valls est le représentant emblématique et caricatural. Je pense au contraire que l'esprit décisionnaire devrait venir du peuple - projet que mai 68 a très vite abandonné, car ce fut finalement une "révolution" de sales gosses de la bourgeoisie, qui en avaient assez des contraintes imposées par le père symbolique de la nation - à condition qu'on lui fasse confiance : c'est d'ailleurs la véritable définition de la démocratie.

mercredi 22 juin 2016

Brexit or not Brexit ?

Pour le Brexit, l'assassinat de la jeune députée favorable au maintien vient à point nommé pour faire pencher la balance du côté du maintien. C'est soi-disant un déséquilibré + néo-nazi, le top pour faire voter le maintien. Au moment où dans les sondages le Brexit passait devant... De là à penser que c'est fait exprès... C'est toujours bizarre ces assassinats qui arrivent à point nommé pour satisfaire la caste financière en place ... Mais bon, je n'ai rien dit, n'est-ce pas ? Si pour faire passer leurs idées tes amis oligarques ont besoin de faire tuer une des leurs (simple hypothèse, mais très crédible, comme l'assassinat d'Henri IV), c'est que vraiment la situation est bien plus grave que tu veux bien le laisser croire sur ton blog qui paraît anodin. L'Europe n'a apporté qu'une baisse énorme du niveau de vie du Français moyen (que tu n'aimes pas), une explosion des inégalités sociales, et une explosion du chômage. Ce n'est pas l'Europe qui est mauvaise en soi, c'est même une bonne idée au départ (éviter les guerres), mais qui est devenue une machine à générer du fric pour une minorité. Pour en revenir à mon commentaire précédent où je disais que Pasolini c'était seulement de l'art, non ce n'est pas tout à fait ça, Pasolini c'est un peu plus, Fellini avait d'ailleurs refusé de produire ses films considérant que ce n'était pas de l'art mais autre chose. Effectivement Pasolini c'est un peu plus que de l'art, ou autre chose, c'est tout simplement du religieux : ce type était en ligne directe avec dieu, avec le sacré. C'est pour cela qu'il dérangeait tant l'oligarchie, qu'Emmanuel Mousset admire tant, et c'est pour cela que l'oligarchie l'a fait assassiner, par un déséquilibré, sur une plage d'Ostie, cela ne fait pratiquement aucun doute. Assassinat de Jo Cox, assassinat de Pasolini, même combat ?
Conversations d'hégéliens entre Max et son maître, ou plus prosaïquement son simple prof. Fascination pour les grands hommes, fascination pour le pouvoir, fascination pour l'Europe et ses oligarques, en gros fascination pour le crime. C'est pour cela que le rétablissement d'une petite dose de catholicisme dans l'éducation des enfants ne serait pas du luxe, comme l'affirmation d'un impératif : "tu ne tueras point." Je ne suis pas plus propre qu'un autre, je suis assez "gris", je n'ai aucune propreté intrinsèque pour être légitime à faire la morale à qui que ce soit. C'est pour cela que la religion devrait être là pour ça, puisque l'école n'est plus selon moi qu'un camp disciplinaire, sans morale, sans modèle.

mardi 21 juin 2016

Argent, sexe et estime de soi sont les ingrédients du pouvoir

Je ne trouve pas notre société si mollassonne que ça ! Ceux qui ont saisi l'opportunité matérielle de 68, s'en sortent plutôt bien et occupent tous les postes de pouvoir et de domination : ce sont le sexe, l'argent et l'estime de soi qui sont les ingrédients du pouvoir. Ceux qui ont su saisir l'opportunité en 68, sont aujourd'hui les rois du monde, et en France ils constituent ce que l'on pourrait appeler la nouvelle " idéologie française" : eux disent qu'ils ont remis la vérité sur ses pieds, et qu'avant eux elle était sur la tête, ils s'estiment dépositaire de la vérité et dans le camp du bien, et sont prêts à toutes les guerres "légitimes", toutes les oppressions "légitimes" pour conserver leur pouvoir. La jeunesse dans sa globalité, à part des exceptions, est faible, parce que désunie, parce que dans la compétition et dans la guerre du tous contre tous : c'est pour cela qu'un peu de solidarité et de partage lui ferait le plus grand bien. Les quelques petits malins, dans la jeunesse, qui s'en sortiront, demeureront idéologiquement les esclaves de la génération de leurs parents ; et aussi bien du point de vue culturel, que du point de vue politique, il me semble qu'ils seront dans l'incapacité d'être les créateurs de quoique ce soit. Malgré les apparences, la société n'est pas du tout nietzschéenne mais basée sur la tyrannie et l'oppression. Est-ce mieux ou pire qu'une société traditionnelle fondée sur le catholicisme ? Je n'en sais rien : de tout temps la vie semble un sale moment à passer avec des instants d'éclaircie dans l'Histoire, comme entre 1945 et 1975, parenthèse enchantée qui a suivi un grand traumatisme. Sans doute nous faudra-t-il maintenant connaître à nouveau un grand traumatisme, certainement plus meurtrier encore que l'épisode hitlérien, puisque les moyens techniques se sont développés, pour qu'en sorte peut-être, je dis bien peut-être, à nouveau une brève éclaircie. L'Histoire est faite de cycles, où se succèdent de longues phases de purgatoire, de brefs instants d'enfer, et de très rares moments de grâce et de fraternité, que l'on pourrait appeler de brèves éclaircies. Pour l'instant nous sommes très clairement engagés dans un mauvais cycle, que Pasolini appelait le "cercle de la merde", où l'hyper consumérisme plonge l'individu lambda dans la plus grande passivité, isolement social, pathologie sociale où il en arrive à consommer ses propres excréments de matière métaphorique. Pasolini avait prévu qu'après viendrait le "cercle du sang", où là viendront les grands massacres, et où l'oligarchie éprouvera une jouissance sadique-anale, à assouvir aussi une pulsion de voyeurisme, à voir périr la majorité du peuple, les gens innocents, dans les plus atroces souffrances et tortures : mais bon ce n'est que de l'art. Il y en a aussi pas mal aujourd'hui qui ont un certain don de prophétie : Houellebecq, Onfray, Finkielkraut, Zemmour... On les appelle nos Cassandres déclinistes.