mercredi 13 février 2019

L'antisémitisme est-il lié au mouvement des gilets jaunes ?



Tous les phénomènes actuels d'antisémitisme, de cyber-harcèlement, d'homophobie, que sais je encore ! tant ils sont nombreux et quasiment non résorbables ! prouvent bien que l'éducation dans un cadre strictement sécularisé, humaniste et progressiste est un non sens. La génération qui a fait mai 68 fut globalement élevée dans des valeurs religieuses certes en grand déclin par la force des choses et du « progrès », et elle a cru s'en émanciper comme d'un carcan étouffant - c'est d'ailleurs le point de départ du mouvement : pouvoir partager les dortoirs avec les étudiantes, bref réclamer la mixité à l'école - : grave erreur d'interprétation, ce sont ces valeurs qui lui permit de se fédérer dans un mouvement harmonieux et dont elle a privé les générations postérieures, qui sont incapables de se fédérer gracieusement mais dans le conflit, la discorde et la fabrication de boucs émissaires comme les institutions de la République ou les Juifs.

Ceci étant je comprends le mouvement des gilets jaunes, car il est l'expression d'une prise de conscience que l'on peut certes trouver maladroite très globalement et surtout sur la forme, des méfaits du néolibéralisme sur le plan économique et social qui sont énormes et la source d'une violence qui s'exerce contre le peuple ; et la manifestation des dégâts du progressisme et de l'humanisme au niveau de l'éducation qui se traduisent par les dérives violentes du mouvement que l'on ne peut nier, tout comme la répression qui s'exerce à son égard et qui est tout aussi réelle quoique selon moi disproportionnée et occultée par les médias mainstream. 
Effectivement, les gens il faut leur apprendre dans leur enfance à respecter l'autorité et cela ne peut venir que d'une transcendance religieuse et à condition que l'autorité soit juste, et pas de ces dérisoires valeurs de la République dont on mesure aujourd'hui l'impuissance tant elles sont injustes dans leur essence, et dont Sade avait même pressenti le potentiel destructeur et antéchristique pour s'en réjouir et annoncer plus d'un siècle en avance toutes les horreurs du XXème siècle ; sinon c'est Sa majesté des mouches dans la cour de récréation avant de le devenir dans la société des adultes. Les enfants reproduisent à l'âge adulte dans la société, ce qu'ils avaient connu enfants : leur propre insécurité face à une autorité globalement malveillante où les gros poissons mangent les petits, et où cette insécurité face aux prédateurs néolibéraux et néodarwiniens ou autres, est devenue tellement normale que cela ne fait plus réagir personne à l'âge adulte, hormis précisément aujourd'hui les GJ et c'est là que ce mouvement recueille tout notre intérêt.

Voilà pourquoi je me méfie du progressisme et de l'humanisme - comme le montre d'ailleurs sans une certaine ironie mordante l'affaire de la « ligue du LOL », où les donneurs de leçons professionnels les plus virulents sont aussi les plus virulents harceleurs, comme si ils avaient le mieux compris la nature profondément perverse du système à sa racine -, et pense qu'il faut se battre pour le maintien ou le rétablissement de valeurs qui avaient fait leurs preuves, comme des valeurs religieuses de compassion et d'amour contre celle de l'intérêt privé, qui prévaut exclusivement dans le libéralisme des origines dans l'esprit de ses concepteurs, et dont ne s’exonèrent pas les institutions de la République, où la volonté n'est jamais pure et neutre contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, mais influencée par les intérêts les plus « importants » qui en fin de compte sont pratiquement toujours l'expression du degré d'avidité des acteurs ; volonté qui est tout sauf de nature bienveillante pour le commun des mortels ou le citoyens lambda, et dont la devise pourrait être : « les gros poissons mangent les petits, amen ! ». 
Maintien ou rétablissement de valeurs certes au sein d'un dogme c'est inévitable, mais qui ne soit pas exclusif mais universel, et c'est bien ce que réclament les GJ : moins d'inégalités et plus de justice sociale ; et les valeurs de la République malheureusement ont toujours une tendance invariable à s'écarter de leur caractère universel au profit d'intérêts particuliers, d'où habituellement ce soupçon de favoritisme et ce complotisme de la part du commun des mortels, que bien sûr les élites condamnent même si il fait partie selon moi de l'essence même du projet libéral privé de toute transcendance, hormis humaniste ou progressiste ce qui est un oxymore. 
Effectivement, Sade avait prévu de tels développements intrinsèquement liés à la nature de la République privée de toute transcendance religieuse. Il voyait beaucoup plus loin et de manière plus pessimiste que tous les autres philosophes qui lui sont contemporains appelés « des Lumières » (avec le recul on pourrait dire « des Ténèbres »), et n'avait aucune illusion sur l'Homme : dans l'Histoire de Juliette notamment, il avait pressenti notre modernité, pour effectivement s'en féliciter avec le sentiment formé à partir de son nom et qui lui est propre et à quelques autres - voire suivant sa logique à la globalité des Hommes sous régime républicain -, le sadisme : « Souviens-toi, nous dit la nature au lieu de cela, oui, souviens-toi que tout ce que tu ne voudrais pas qui te fût fait, se trouvant des lésions fortes au prochain, dont tu dois retirer du profit, est précisément ce qu'il faut que tu fasses pour être heureux ; car il est dans mes lois que vous vous détruisiez tous mutuellement ; et la vraie façon pour y parvenir est de léser ton prochain. »

Mais bon comme on ne peut revenir en arrière et que l'on doit subir les développements funestes de l'idéologie de philosophes optimistes sur la nature humaine et inconséquents, il nous faut bien respecter ce qui reste à respecter : les valeurs de la République et faire semblant de croire à leur universalisme pour pouvoir continuer à vivre dans un monde rendu hyper violent par ces mêmes valeurs...

samedi 9 février 2019

Le capitalisme c'est l'avidité érigée en système


C'est très différent d'accumuler pour soi ou pour les dieux : les prêtres accumulaient les richesses dans les pyramides, les temples, puis les églises et les cathédrales... pour les dieux ou dieu ! Tout comme dans l'antiquité on faisait des sacrifices aux dieux lorsque l'on profanait la nature, comme tuer des bêtes pour les manger, dont on trouve encore des traces dans les rituels d'abatage juifs et musulmans. Toute offense à la nature ou prélèvement de ses fruits, avait un prix dont les Hommes s'acquittaient. Avec l'humanisme, qui a certes des origines religieuses, toute trace de culpabilité envers les créatures créées par la nature hormis les Hommes a pratiquement disparu, comme toute marque de gratitude pour sa prodigalité ; bien au contraire l'enrichissement matériel personnel démesuré qui cause un grand tort à l'environnement et à autrui, est favorisé par le capitalisme qui n'est qu'une production de l'humanisme : lui-même une foi aveugle et une confiance démesurée dans le genre humain qui a pourtant largement prouvé son haut potentiel destructeur tout au long du XXème siècle.
Mais il faut bien avouer aussi que dans ce qu'est devenu l'Homme contemporain ou « moderne », il y a sans doute un vieux fond de vénalité qui se trouvait déjà chez l'Homme pré-historique et qui a profité de circonstances favorables pour pleinement s'épanouir grâce au capitalisme. L'Homme religieux était peut-être une erreur et une hypocrisie de tout temps, brimant son avidité intrinsèque et constitutive et son authentique désir de viol et de profanation. L'Homo œconomicus est devenu franchement cynique, de ce cynisme il n'a pas conscience car c'est devenu une seconde nature : un Homme avec un brin de sens du sacré et de pudeur propre à l'antiquité, voire à l'islam ou au bouddhisme, transposé à notre époque et en nos lieux, serait profondément choqué par nos comportements impudiques et profanateurs.
Le capitalisme c'est l'avidité érigée en système d'organisation de la société, et ce n'est ni l'amour ni la compassion qui lui servent de principes, que toutefois les gens peuvent toujours pratiquer dans un cadre privé si ça leur chante mais qui ne revêt aucun caractère obligatoire, contrairement à l'avidité si l'on veut y survivre. Toutes les autres manifestations d'avidité dans d'autres périodes de l'Histoire que je ne nie pas, font figures de bien pâles copies folkloriques et sans fondement théorique.
Dans ces conditions l'Homme et ses éventuelles productions artistiques peuvent difficilement échapper au déterminisme inscrit dans ce système d'organisation, qui repose rationnellement sur l'avidité selon la conception qu'en avaient les premiers philosophes libéraux britanniques et français, surtout Adam Smith...
Quelle conception pauvre et bien peu spirituelle de l'Homme, que de le réduire à sa dimension purement vénale : c'est l'Homme unidimensionnel. En réalité la satisfaction des instincts primaires est nécessaire et constitue la condition non suffisante qui rend possible l'accès à des nourritures plus spirituelles, mais elle n'est pas essentielle.
Je ne suis pas sûr avec le recul du temps présent et de ses atrocités, que l'Homme fut en situation d'exiger quoique ce soit des dieux comme « un juste retour » des sacrifices qu'il leur offrait, une créature si vile et si injuste intrinsèquement qui cachait bien son jeu pour les trahir le moment venu ! Mais voilà que désormais grâce à la sécularisation de ses aptitudes intellectuelles et l'humanisme, il se retrouve comme « maître et possesseur de la nature », avec un jouet qu'il exploite sans vergogne jusqu'à épuisement ; pas sûr cependant que l'Homme lui-même y ait gagné au change : si la planète qui lui sert d'asile commun avec ses pairs se transforme en caillou stérile sans que sa technologie qu'il divinise, lui permette de se sauver et d'en exploiter d'autres.

Ce n'est certainement pas avec des populistes de droite comme Le Pen, qui ne remettent pas en question le système capitaliste que la situation s'arrangera. Il faudrait tout simplement revenir sur l'humanisme et la confiance aveugle que l'on met en l'Homme, pour tout reconstruire sur des bases religieuses mais à l'échelle mondiale, personnellement le bouddhisme aurait ma préférence comme trame structurelle : pure utopie bien peu réaliste évidemment, puisque le mondialisation se fait suivant le principe de la cupidité propre au capitalisme, et non ceux de la compassion et de la sympathie que l'on retrouve encore comme des ersatz dans certaines parties du monde, noyés dans la mondialisation et l'industrie du tourisme. Il faudrait faire de la Nature un temple sanctuarisé avec ses tabous et ses rituels, si l'on voulait éviter sa dégradation puis sa destruction, oui la deep ecology est une forme de secte qui pourrait se transformer en religion, donc en mode de pensée sectaire et dogmatique : c'est sans doute le revers de la médaille d'un tel mode de pensée.
Et ce ne sont pas non plus ces dérisoires institutions de la République, ces pitoyables valeurs de la République, qui nous sauveront en France, dont on a fait notre vache sacrée, alors qu'elles ne génèrent globalement que de la violence et du conflit puisqu'elles ne sont pas neutres de tout pouvoir politique, lui même soumis aux diktats du capitalisme...


vendredi 8 février 2019

Les déchets du capitalisme



« Il n’y a pas plus cubiste qu’une guerre comme celle-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et qui l’envoie aux quatre points cardinaux. » (Fernand Léger, Lettre à Jeanne Lohy, 28 mars 1915) 

Ce sont les guerres comme la première guerre mondiale qui permettaient au système de repartir à 0, et qui ont sans doute contribuées à inspirer des styles artistiques comme le cubisme, mais à la marge du système.
Le capitalisme est un système en perpétuel déséquilibre, qui se caractérise par l'accumulation de richesses dans les mains de quelques uns, l'augmentation de la dette, des inégalités, jusqu'à son paroxysme de tension dans le conflit et la violence, d'une façon ou d'une autre, qui est sa dépense sacrificielle inhérente.
Les religions réglaient le problème autrement mais n'étaient pas non plus sans générer de la violence. La dépense sacrificielle semble la part maudite de toute société humaine dont elle ne peut pas faire l'économie, cela peut se caractériser aussi par la fabrication de boucs émissaires. Aujourd'hui le système semble avoir atteint sa limite, et au delà commence la purge qui a déjà démarré par exemple avec la répression des gilets jaunes et les violences policières, mais cela peut aller encore beaucoup plus loin : il n'y a pas de limites à la violence du capitalisme parce qu'il n'y a pas de limites rituelles, sacrées, taboues à la volonté de puissance de chacun qu'aurait pu apporter une religion dont c'était la fonction régulatrice. Il n'y a pas non plus de limites à la violence de beaucoup d'anti-capitalistes comme les Black-blocs.
Résultat le XXème siècle fut bien plus sanglant que tous les autres siècles malgré les progrès techno-scientifiques et la confiance humaniste, c'est-à-dire la foi aveugle que l'on avait mis en l'Homme. Le XXIème siècle continuera-t-il à faire aveuglément confiance en l'Homme et à sa volonté de puissance sans limite qui s'incarne dans son système capitaliste, ou dans toute autre forme de système dont l'origine serait humaniste comme le communisme ?
On peut voir l'art comme un reliquat des religions qui a aussi une fonction régulatrice d'apaisement, mais qu'en est-il de cette fonction en régime libéral, humaniste et sécularisé ? L'art s'est marchandisé comme tout le reste, non ? L'art ne semble plus voué qu'à générer des œuvres dont l'obsolescence est programmée, qui ont perdu leur dimension d'intemporalité pour se faire déchets du système qui caractérisent la condition de l'Homme moderne...

Ce n'est certainement pas avec des populistes de droite comme Le Pen, qui ne remettent pas en question le système capitaliste que la situation s'arrangera. Il faudrait tout simplement revenir sur l'humanisme et la confiance aveugle que l'on met en l'Homme, pour tout reconstruire sur des bases religieuses mais à l'échelle mondiale, personnellement le bouddhisme aurait ma préférence comme trame structurelle.
Et ce ne sont pas non plus ces dérisoires institutions de la République, ces pitoyables valeurs de la République, qui nous sauveront en France, dont on a fait notre vache sacrée, alors qu'elles ne génèrent globalement que de la violence et du conflit puisqu'elles ne sont pas neutres de tout pouvoir politique, lui même soumis aux diktats du capitalisme...

vendredi 1 février 2019

La main (dans ta gueule) invisible




Depuis de Gaulle les élites au pouvoir se sont irrésistiblement éloignées des préoccupations du peuple, les aspirations de ce dernier sont systématiquement méprisées et foulées au pied (cf. le traité de Lisbonne, l'immigration massive, l'absence de redistribution des richesses, le pouvoir politique dans les mains de la finance et des ultra-riches...) : la violence qui s'exerce aujourd'hui de sa part, toute relative, et moindre que celle dont la police fait usage à son encontre, est proportionnelle à la violence sociale qu'il subit depuis 1983 environ, son corrélat logique. Le populisme qui est aujourd'hui un terme traité péjorativement par les médias, quasiment synonyme de fascisme, n'a pas toujours eu cette connotation ; populisme cela veut dire aussi prendre en compte les aspirations du peuple, et il peut être de droite mais aussi de gauche : cf. les mouvements anarchistes et socialistes de la fin du XIXème notamment, qui ont donné lieu à la commune de Paris, en réaction aux excès du libéralisme destructeur des équilibres sociaux, déjà !

Le projet libéral est d'abolir toute idée de société (There is no society, Thatcher), il n'y a que des individus que rien ne relie. Alors on peut dire que la société se délite sous l'action du libéralisme qui atomise, qui « darwinise » les rapports humains, qu'il y a une évolution vers l'atomisation et la guerre de tous contre tous depuis en gros les années 80, mais que la société résiste notamment avec un mouvement comme celui des GJ, qui prouve que tout n'est pas encore complètement mort d'un point de vue social.
Rien que pour cette raison bien sûr qu'il faut encourager un tel mouvement, plutôt que d'accepter de se faire dévorer par les grands prédateurs de la finance qui sont la Volonté qui anime le pouvoir politique incarné par Macron, qui l'ont porté aux commandes en attente d'un retour sur investissement.
Il n'y a pas de société, car le pouvoir politique au service des intérêts financiers voudrait qu'il n'y ait que des individus en situation de précarité plus ou moins importante, le « cul à l'air » et qui luttent au jour le jour pour leur survie, donc in fine incapables de la moindre rébellion collective : la destruction programmée de la classe moyenne ; c'est dans le projet du libéralisme mais pas encore tout à fait complètement dans la réalité mais presque... sous l'action du néodarwinisme qui détruit (aspect destructeur et antéchristique de la République et des libéraux, que Sade avait pressenti avec une certaine joie malsaine dès la Révolution française donc bien avant que Darwin puisse être mal interprété), une des composantes essentielles du néolibéralisme contemporain depuis les années 80.

Ouvrez les yeux, observez, sentez l'air du temps... et au fondement d'une telle évolution délétère de la société on trouve effectivement la doctrine d'Adam Smith, qui fut elle-même largement influencée par la spiritualité calviniste de salut par l'enrichissement matériel personnel. L'enfer est pavé de bonnes intentions, comme dans le cas des libéraux historiques de lutter par exemple de bonne foi contre les guerres de religions.

jeudi 31 janvier 2019

There is no alternative



On assiste actuellement à une fascisation de la pensée libérale dont BHL pourrait constituer l'exemple emblématique (cf. ONPC 26/01/2019), chez qui le pouvoir de persuasion repose avant tout sur l'intimidation et le chantage au fascisme et non sur la conviction et l'argumentation ; et à une totalitarisation de la démocratie visible dans bien des aspects du macronisme qui repose sur l'absence d'alternative gauche/droite, pour la remplacer par une alternative démocratie/populisme qui est aussi un chantage intimidant au fascisme.

Je pense sincèrement que ce qui est valable pour les sciences : un progrès indéniable ; ne s'applique pas aux Hommes malgré les progrès de la médecine et de l'hygiène dans certains pays. Effectivement il n'y a pas de progrès de la conscience ni de la condition humaine définie par le tragique et l'absurde, contrairement à ce que voudrait nous faire croire l'optimisme béat d'un Hegel découlant d'une hybris rationnelle. Je pense même que globalement les gens pensaient mieux dans l'Antiquité grecque ou romaine que de nos jours, donc vivaient mieux en réalité.
Les multiples horreurs du XXème siècle devraient pourtant nous avoir vaccinés contre toute forme de progressisme béat. Voilà pourquoi Michéa est cohérent quand il se revendique d'un anarchisme ou socialisme conservateur, c'est-à-dire qui puisse réhabiliter des formes qui nous paraissent archaïques de solidarité, reposant pourquoi pas sur des structures religieuses qui ont fait leurs preuves plutôt que sur le libéralisme et ce qui le sous-tend : le néodarwinisme et la méritocratie dans ses excès (la mise en compétition de tous contre tous), l'individualisme et l'asocialité (There is no society, Thatcher), et enfin l'absence d'alternative proposée au système totalisant (There is no alternative, Thatcher).

Au niveau des sciences et techniques l'époque peut accoucher (dans la douleur) d'autre chose : pourquoi pas même l'immortalité dit-on (je n'y crois pas trop et pense même que cela ne serait pas souhaitable), et la singularité technologique (l'autonomie de l'IA, une créature créée par les Hommes qui pourrait se retourner contre eux) ; sinon il serait souhaitable que des formes de contestation sociale comme le mouvement des GJ nous fasse prendre conscience des abus du néolibéralisme : absence de redistribution des richesses, flux migratoires incontrôlés, généralisation du burn out comme conséquence du néodarwinisme, totalitarisme politique (absence d'alternative avec une publicité qui conditionne à la consommation, et des médias à un modèle unique de croissance et de baisse des dépenses publiques...)... afin d'en sortir radicalement. Dans ce sens là il serait heureux que l'époque accouche, y compris dans la douleur (ce qui légitime un certain degré de violence qui est le corrélat logique de la souffrance subie par le peuple), d'autre chose grâce à l'impulsion donnée par le mouvement des GJ.

mardi 29 janvier 2019

Sade avait-il prévu l'agression politique commise sur Jérôme Rodrigues ?



Est-ce que le rôle de Léa Salamé est de faire « tenir la baraque », c'est-à-dire de protéger comme la plupart de ses collègues les institutions de la République contre les « séditieux » et les « factieux » ? 

Moi : « On voit en réalité à travers la répression policière implacable et couverte politiquement au sens où les policiers se savent pratiquement intouchables malgré leurs nombreuses bavures, comment la République traite en réalité ses « enfants » (ainsi que les appelle Macron) comme Jérôme Rodrigues, qui a fait l'objet d'un tir ciblé et intentionnel sauf à faire preuve de mauvaise foi en évoquant un « accident malencontreux », derrière la façade conviviale et bon enfant du grand débat et ses complices, comme Cyril Hanouna, Léa Salamé et la plupart des journalistes du PAF ou des intellectuels surmédiatisés, faussement copains au mieux voire ouvertement hostiles et malveillants pour la plupart comme BHL, Pascal Bruckner, Romain Goupil ou Cohn-Bendit : tiens comme par hasard essentiellement des figures historiques de Mai 68 ou des « nouveaux philosophes » issus de ce mouvement de contestation ! Comme si il y avait deux poids deux mesures entre les deux mouvements ; ou comme si ces figures donneuses de leçons avaient mal vieilli comme un vin aigri ; ou encore comme si elles avaient profité d'un mouvement de contestation pour tirer la couverture à elles par opportunisme, leur vraie nature, et n'entendaient rien céder à d'éventuels nouveaux venus qui réclameraient eux aussi leur part du gâteau, c'est-à-dire avant tout un espace de visibilité et de liberté d'expression... »

Lui : « Oui, il faut faire « tenir la baraque », car je vois bien ce qu'on veut détruire, mais moins bien ce par quoi on veut le remplacer. Et quand j'y songe un peu, j'ai beaucoup de crainte. Mais peut-être que je manque d'audace... »

Moi : « Rassure-toi ou plutôt affole-toi, quelles que soient tes craintes elles sont déjà exaucées, malheureusement, le siècle présent a plutôt choisi la position de Sade : « Souviens-toi, nous dit la nature au lieu de cela, oui, souviens-toi que tout ce que tu ne voudrais pas qui te fût fait, se trouvant des lésions fortes au prochain, dont tu dois retirer du profit, est précisément ce qu'il faut que tu fasses pour être heureux ; car il est dans mes lois que vous vous détruisiez tous mutuellement ; et la vraie façon pour y parvenir est de léser ton prochain. »
Sade, ce représentant corrompu de l'Ancien Régime, mais qui en réalité annonce toutes les dérives du nouveau monde issu de la Révolution, comme si il avait pressenti quelque chose qui allait fatalement devoir se passer, bref comme si il était au fond le plus conséquent des philosophes des Lumières (puisqu'il est de la même époque), celui qui en avait le mieux prévu les conséquences inéluctables et délétères contrairement aux idéalistes comme Kant et au naïf Rousseau... »

Un intervenant : « Oui, en effet. Rousseau, demeuré un crypto calviniste genevois pensait que l'Homme était à tout le moins amendable, sauvable, qu'il existait un contrat social, etc. Sade voyait beaucoup plus loin et de manière plus pessimiste n'avait aucune illusion sur l'Homme. Dans l'Histoire de Juliette, la Nature dit à l'Homme (en gros) qu'il peut tout détruire à son gré, qu'elle n'en a rien à faire et triomphera malgré tout. Vous dites qu'il avait « pressenti quelque chose qui allait fatalement devoir se passer », et c'est exactement ce qui se produit lorsque quelqu'un sait penser. Ce n'est pas un don de prophétie mais seulement une grande intelligence. »

Moi : « Un peu comme Houellebecq en somme. »

Lui : « Certes, mais n'est-ce pas le lot de l'humanité depuis ses origines que les Hommes se détruisent mutuellement ? »

Moi : « Ce qui change ce n'est pas la nature de l'Homme, c'est le degré de la violence assez paroxystique aujourd'hui dans la société globalisée, sous l'action du néolibéralisme : « il n'y a pas de société et pas d'alternative » disait Thatcher. Aujourd'hui ce sont des Hommes en chair et en os comme Jérôme Rodrigues et les autres éborgnés et amputés, qui paient le prix d'une telle idéologie destructrice et sauvage sous des dehors civilisés.
Tu aurais dû tenir la baraque avant la Révolution française, maintenant c'est trop tard, il ne fallait pas rompre avec la belle histoire du catholicisme en France, la seule susceptible de préserver les habitants de ce pays grâce à des garde-fous moraux, qu'aujourd'hui la police aux ordres du pouvoir politique détruit au nom des droits de l'Homme et de la démocratie avec la complicité des « institutions de la République » comme la Justice (dont je pense avoir démontré qu'elles ne peuvent pas être totalement neutres du pouvoir politique), que tu représentes et défend avec un acharnement sincère, mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, juste un détail d'un tableau terrifiant... 
Il aurait mieux valu que tu fusses curé en 1789, il y avait encore quelque chose à défendre, là je ne vois pas très bien comment on peut encore faire pire que le monde tel qu'il est, hormis la guerre bien sûr les nettoyages ethniques et la Shoah, mais ce n'est pas en brandissant à tire-larigot un tel épouvantail à l'instar de Macron pour être élu contre Le Pen, que l'on fera indéfiniment tenir la baraque... »

Lui : « Au XVIème siècle, quand les catholiques et les protestants s'entre-égorgeaient, la baraque était déjà très mal tenue. L'humanité a survécu, elle survivra. »

Moi : « Oui d'ailleurs les premiers libéraux historiques comme Adam Smith, ont créé leur doctrine en réaction aux horreurs des guerres de religion. Par contre je ne serai pas aussi optimiste que toi « l'humanité a survécu, elle survivra »... pas si sûr puisqu'elle a désormais les moyens techniques de s'autodétruire qu'elle n'avait pas auparavant. Et sous-entendu, elle survivra parce que tu penses qu'il y aura toujours suffisamment de gens courageux comme toi qui feront obstacle au mal ? 
Mais le commun des mortels abruti qu'il est de propagande publicitaire pour le faire consommer comme une bête - la vie contemporaine de l'homo œconomicus, c'est d'abord, toujours et partout détruire pour consommer et... vivre de cette consommation, rien d'autre -, n'a même plus les notions du bien et du mal qu'il avait au moins du temps du catholicisme : là où maintenant en régime libéral-libertaire, la responsabilité d'Adam Smith et des libéraux est beaucoup plus décisive parce que politique, idéologique et économique, que celle purement esthétique de Nietzsche ou de Sade en réalité ! Si tu étais conséquent, tu ferais le lien entre la constitution d'une petite-bourgeoisie délétère construite exclusivement sur un projet de consommation et la vanité, susceptible de sombrer dans le national-poujadisme par peur du déclassement, et l'idéologie libérale. »

lundi 28 janvier 2019

Laissons la justice faire son travail...



Si Jérôme Rodrigues était l'« enfant » de Macron... on voit comment la République traite en réalité ses « enfants » derrière la façade conviviale et bon enfant du grand débat et ses complices, comme Hanouna et la plupart des journalistes du PAF, faussement copains au mieux voire ouvertement hostiles et malveillants.

Lui : « Qu'est-ce que prouvent ces photos spectaculaires ? Rien du tout. S'il y a manquement du côté des forces de l'ordre, laissons faire la justice. Et laissons le pathos de mauvais goût. »

Moi : « Chacun voit les événements avec sa sensibilité, les interprétations d'un même fait objectif peuvent être diamétralement opposées subjectivement. »

Lui : « Ce qui nous intéresse, toi et moi, je crois, c'est l'objectivité des faits. Il vaut mieux laisser la justice la déterminer, plutôt que les militants, d'un bord ou d'un autre, et les parties prenantes. »

Moi : « Oui il y a ce qu'on appelle les institutions de la République pour dit-on garantir l'objectivité des faits. Mais qui garantira l'impartialité et la neutralité de la République qui aujourd'hui défend une certaine conception de la société, néolibérale et néodarwinienne ? Le monde a changé, autrefois nous avions des intellectuels qui défendaient systématiquement la cause du peuple contre les injustices du pouvoir, aujourd'hui nous en avons plutôt qui stigmatisent le peuple sous le vocable de populisme et qui légitiment le pouvoir dans ses excès néolibéraux et néodarwiniens, et n'ont que le mot « gagnant » à la bouche... Nous avons peut-être les intellectuels que nous méritons et que nous nous sommes donnés collectivement, idem pour les institutions la République et le président Macron lui-même qui ne sont que l'expression de la volonté générale. On ne peut pas faire le bonheur de l'Homme contre lui-même contrairement à ce que croit naïvement Mélenchon, et constitua sans doute l'erreur du communisme qui a partout échoué contre le libéralisme.
Tenons-nous en en ce monde hostile, néolibéral et néodarwinien, plutôt oligarchique que démocratique, à un froid réalisme et à un opportunisme aux aguets, puisque c'est le choix de la majorité et celui qui correspond le mieux au fond bestial et prédateur de la nature humaine, si nous voulons survivre ; tu as raison soyons prudents, rampons pour ne pas prendre de mauvais coups !
Les Français se sont donnés un jouet pour assouvir leurs pulsions malsaines, ou le plus souvent par paresse intellectuelle et plat conformisme à l'air du temps, et leurs pulsions malsaines ils les laissent s'exprimer depuis les années 80 et le tournant néolibéral de la société. Maintenant une minorité virulente, active et/ou idéaliste voudrait casser ce jouet nommé Macron et aller contre le cours de l'Histoire moderne qui est néolibéral et progressiste au sens de destructeur des équilibres anthropologiques, partout dans le monde globalisé ; et ne se donne parfois comme alternative par manque cruel d'imagination, qu'un populisme dont la nature est d'extrême-droite que l'on sent poindre un peu partout dans le monde par réaction aux excès du progressisme, mais tout aussi ultra libéral et néodarwinien que le néolibéralisme des libéraux historiques ; comme si l'humanité avait pris acte de sa méchanceté intrinsèque et avait fait le choix de l'accepter cyniquement en refusant toute conception idéaliste de sa nature. Pourtant je pense sincèrement que ce mouvement des GJ comporte un fond authentiquement populaire, avec le souvenir nostalgique d'un âge d'or révolu où les intellectuels et les artistes étaient encore du côté du peuple qu'ils ont désormais abandonné par appât du gain, cynisme et froid réalisme, et porte par conséquent un idéal de décence commune dont sont dépourvues les élites dirigeants et plus globalement les possédants qui contrôlent les leviers d'information. »

Lui : « Les institutions de la République sont une chose, le pouvoir politique en est une autre. »

Moi : « Je suis beaucoup plus cynique que toi sur ce coup là et moins idéaliste, et ne suis pas sûr que les institutions de la République soient entièrement étanches et préservées des grandes orientations politiques qui prévalent depuis 40 ans. Mais bon ton boulot de prof de philo c'est peut-être de faire « tenir la baraque » ; déformation professionnelle !
La neutralité et l'impartialité qui devraient prévaloir concernant les institutions de la République correspondent à une conception kantienne de la République, qui on le sait par la critique qu'en a fait Nietzsche notamment ne correspond pas du tout à la nature humaine. « Le kantisme a les mains pures mais il n'a pas de mains », on pourrait dire idem pour les institutions de la République, elles ont « les mains pures » si l'on considère idéalement c'est-à-dire bien naïvement qu'aucune volonté sous-jacente au demeurant souvent partiale ne les meut en réalité, qui a un rapport étroit avec le pouvoir politique. L'observation montre que les Hommes politiques malhonnêtes ne vont jamais en prison, au pire ont des peines aménagées ; que la justice est généralement dure avec les faibles et douce avec les forts, ; que le traitement judiciaire qui est fait des GJ et des policiers qui font des dérapages violents n'est pas le même ; que les journalistes pour la plupart ne font plus leur travail critique et d'investigation mais font preuve de complaisance pour le pouvoir politique en place etc. J'en passe et des meilleurs ! 
Les institutions de la République ne sont que l'expression de la Volonté des Hommes qui n'est jamais pure et qui découle d'une chaîne de causalité dont on a oublié l'origine ; la représentation qui en est faite n'est qu'un vernis ou ses oripeaux, les « ors de la République », qui ne servent qu'à jeter un voile pudique sur la Volonté de nature bestiale des Hommes  (Schopenhauer).
Je pense que les gens se comportent comme le modèle qu'on leur tend par mimétisme, plutôt que le contraire, que la perversion et le vice vont du haut vers le bas ce qui explique l’apparition d'un phénomène comme la petite bourgeoisie corrompue moralement par essence, mais qu'au fond ce sont les élites corrompues qui finissent par contaminer moralement les classes populaires et lui font renoncer à sa décence spontanée et commune, bref que le poisson comme le dit un proverbe chinois, pourrit par la tête. »

Lui : « Oui, il faut faire « tenir la baraque », car je vois bien ce qu'on veut détruire, mais moins bien ce par quoi on veut le remplacer. Et quand j'y songe un peu, j'ai beaucoup de crainte. Mais peut-être que je manque d'audace... »

dimanche 27 janvier 2019

Un beau tir ciblé qui n'a pas manqué sa cible !



Bravo au gouvernement Macron et à sa police politique, un beau tir ciblé qui n'a pas manqué sa cible !

Et à tous ceux qui évoquent un simple accident déplorable non imputable au pouvoir politique, je leur dirai drôle de coïncidence ! Un leader des GJ perd un œil : la probabilité était quand même extrêmement faible si ce n'était pas volontaire. Sur des dizaines de milliers de manifestants : 17 éborgnés et lui le dix-huitième ! Il a été visé personnellement évidemment, point barre, et les forces de l'ordre vont être exonérées de toute responsabilité comme d'hab ! C'est scandaleux et criminel !
Emmanuel Macron est un nervi - pour parler comme Luc Ferry qui parlait du boxeur Dettinger. Un nervi au service des oligarques milliardaires qui veulent la dérégulation totale des sociétés capitalistes sous leur contrôle, droit du travail, santé, éducation, justice, euthanasie, drogues etc. au profit d'un seul et unique droit de l'Homme : le droit inaliénable à la propriété privée ; évidemment ils possèdent tout ! Et bientôt il est possible que l'on assiste à la marchandisation des corps, qui a déjà commencé avec la GPA, le seul et dernier bien qui restera en propre et qu'il pourra toujours vendre en dernier recours, au citoyen lambda malchanceux comme dans un mauvais scénario de science-fiction !

On voit le rôle indéniable des réseaux sociaux dans le succès du mouvement des GJ : mais est-ce à dire que l'ère de la communication instantanée chassera la mise à disposition du vivant et la marchandisation des corps qui fait partie du scénario d'apocalypse concocté par des forums comme celui de Davos ? Et est-ce que la marchandisation du vivant est assimilable à de la bigoterie et à de l'archaïsme ? Est-ce que la puissance critique de la communication instantanée sera suffisante pour nous épargner la dérégulation totale de tous les aspects de la vie humaine hormis la propriété privée. Propriété privée on le voit bien de plus en plus mal partagée.
Je ne remets pas en cause la nécessité de la propriété privée pour l'équilibre psychique de chacun, mais le fait qu'elle soit si mal partagée, là où je vois aussi l'erreur cruciale des communistes une fois au pouvoir, d'avoir voulu radicalement l'éradiquer au profit du collectivisme pour les autres, mais pas pour eux c'est-à-dire les membres de la nomenklatura...

La propriété privée est aujourd'hui le monopole quasi exclusif de quelques milliardaires laissant des miettes aux autres, réglant la question du travail par la dérégulation et le néodarwinisme : l'ubérisation, et qui se retrouvent libres d'exercer leur tyrannie délétère notamment pour le climat, sur le reste de la population mondiale. Notre époque n'a rien à envier aux heures les plus sombres du féodalisme : oui il s'agit effectivement d'un archaïsme avec ses bigots comme Macron et ses sbires, contrairement à l'image progressiste qu'ils voudraient dégager, ils sont en réalité libertariens ou anarcho-capitalistes comme Jeff Bezos leur maître spirituel inavoué.

vendredi 25 janvier 2019

Suis-je un néo-luddite vindicatif ?



Les décideurs et militants LaREM cherchent à noyer le poisson avec des considérations totalement absurdes et certainement parce qu'ils sont des adeptes de l'idéologie capitaliste et des rapports humains sur un modèle néodarwinien et atteints de cécité. Personne n'évoque la question de la redistribution des richesses, ni celle de la transition énergétique qui devrait être payée par les milliardaires puisque c'est leur appétit démesuré qui provoque la destruction de la planète.
Pour responsabiliser les gens et les faire participer il faudrait globalement mieux les traiter, les payer ; or le système capitaliste les maltraite, les rémunère au minimum.
Leur seul argument est celui de la lutte contre la peste brune comme si nous étions dans les années 30 et que nous devions lutter contre un éventuel péril nazi.
En attendant le progressisme est porteur d'un nihilisme, les gens sont désorientés, déboussolés, n'ont plus de chez soi pour se ressourcer, et c'est la conséquence d'un modernisme reposant sur le principe de la destruction créatrice schumpéterien qui avance en détruisant tout héritage du passé, et l'environnement dont tout être humain aurait besoin pour se développer sereinement, histoire et géographie que même l'Éducation nationale se propose de supprimer. Les gens ne réfléchissent plus, ne lisent plus, n'ont même plus le temps d'envisager un autre monde possible pourtant indispensable ; ont les yeux rivés sur des écrans et ne voient plus leur environnement naturel qui se dégrade graduellement : tout ça c'est la conséquence du capitalisme et de l'appétit démesuré d'une poignée d'individus qui réfléchissent déjà au coup d'après comme dans une partie d'échecs, c'est-à-dire aux moyens de survivre grâce à leur argent sur une planète dévastée.
Après tout le système capitaliste fonctionne seulement depuis un peu plus de 200 ans ! Pourquoi n'en sortirions nous pas pour un système reposant sur la coopération plutôt que la compétition, la préservation plutôt que la destruction ?
Je suis pessimiste car le système capitaliste, néodarwinien en matière de relations sociales (contresens funeste de la théorie de Charles Darwin), est pourri intrinsèquement. Nous en sortirons soit par un choix : la réforme de nos conscience et un changement radical de paradigme ; soit par une catastrophe environnementale apocalyptique transformant l'environnement en monde à la Mad Max II qui ne nous laissera pas le choix, où les individus n'auront d'autre option que de lutter au jour le jour pour leur survie comme des bêtes dépourvus de civilisation pour les protéger.
D'ailleurs cela a commencé dans beaucoup d'endroits du globe, d'où les gens fuient en masse pour rejoindre des pays riches pas encore entièrement détruits par le potentiel destructeur du capitalisme inscrit dans son logiciel, et du darwinisme social son corollaire : ce potentiel destructeur touche en priorité les zones les plus fragiles du globe.
Le monde en régime libéral ne progresse pas c'est une illusion, il évolue suivant le principe schumpéterien fondamental propre au capitalisme de destruction créatrice qui détruit en réalité plus qu'il ne construit, tel Attila « l'herbe ne repousse pas derrière lui », il s'auto-détruit en réalité humainement parlant : ce qui vaut pour la machine, le progrès, ne s'applique pas à l'humain, d'où l'échec inévitable du progressisme libéral-libertaire appliqué au terrain sociétal, et les néo-luddites de la modernité sont ses victimes et/ou ses farouches opposants que les macroniens opportunément « fanatisés » à un antifascisme de façade, stigmatisent par le terme de déclinistes ou de punks « no future » parce qu'ils n'y apportent pas leur approbation béate. Après on peut aller plus loin en se posant la question de savoir si il est souhaitable que le monde progresse indéfiniment. Une civilisation digne de ce nom n'est-elle pas vouée à un certain moment, celui de sa plénitude, à trouver son point d'équilibre ? Et donc en poursuivant le fil du raisonnement : une civilisation incapable de trouver son point d'équilibre dans la plénitude comme la nôtre avec son affairement et son agitation perpétuels et stériles, contrairement aux civilisations grecques et romaines, est-elle une civilisation digne de ce nom ? Le principe du capitalisme est donc le déséquilibre permanent dans une société de déséquilibrés qui en sont les victimes consentantes par conditionnement.
Et toujours ce dualisme vain échec/réussite, fruit d'une vision néodarwinienne de la société. Mais les « gagnants » ou les opportunistes, quand la planète sera réduite à une coque de noix parfaitement stérile, ils iront où profiter de leur victoire ? J'appelle ça en réalité une victoire à la Pyrrhus.

jeudi 24 janvier 2019

« No future »


« Dans la mesure où vous avez déjà décidé de l’échec, vous trouverez inévitablement ce que vous y avez mis... des aigreurs, frustrations, colères, volontés destructives.
Vous êtes (c'est la marque de ce petit monde) dans une personnalisation classique de cette médiocrité de journaux dits de ch... on s'en moque de Schiappa et Hanouna !
Vous vous gavez, vous vautrez dans les problèmes d’inégalité sociale. Mais ne vous intéressez nullement à chercher des solutions pour améliorer. Vous devriez adhérer aux mouvements punk « no future ». Je suis en désaccord avec votre diagnostic défaitiste et encore plus avec votre fatalisme de l’échec. »

Moi : « Je ne suis pas un militant de la cause « no future », loin de là... Je constate simplement les effets du nihilisme, et le peu de pouvoir de la volonté simplement humaine issue de l'humanisme d'origine chrétienne d'ailleurs, mais très largement sécularisé depuis ! Faire l'autruche comme vous le faites ne vous avancera à rien... »

Elle : « Parlons de faits, pas d'étiquettes. Pour ma part, je milite ici à l'inverse de ce que vous me colliez : pour une prise en cause réelle, pragmatique (vous me le reprochiez d'ailleurs) de problèmes que nous rencontrons. Et ces problèmes doivent être appréciés rationnellement sur leur étendue, leur impact réel et vis à vis de solutions pour y remédier.
Le fatalisme que vous manifestez est en effet typique de ce « no future » !
Pour ma part, je veux influer avec mes faibles moyens sur un futur plus prospère, serein, humain, spirituel, ouvert, libre... c'est pourquoi je m'oppose aux vociférations de haine, égoïsme et irresponsabilités qui pavent votre blog.
Ce qui me vaut d'être sans doute haïe par vous, mais peu importe ! » 

Moi : « Bon pour commencer sachez que je ne hais personne, à part peut-être mes deux géniteurs inconséquents !
« haïe », ce qui prouve avec votre gros bon sens qui vous trahi constamment, votre instinct de reproduction et de protection au fond, que vous êtes une femme...
Vous ne voulez pas que le monde meurt, car vous avez trop d'attachement aux enfants, vous les aimez et avez pitié d'eux dans un monde si féroce.
Mais ce monde si féroce de la compétition et du néodarwinisme qui a abouti à l'édification monstrueuse des GAFAM c'est nous qui l'avons bâti collectivement, c'est le fruit de l'humanisme chrétien qui au fond est une religion qui s'est sécularisée en idéologie néolibérale et capitaliste inconséquente et surtout dangereuse et nihiliste.
Faites donc de la philosophie, pratiquez l'ironie comme moi et le cynisme de Diogène, abandonnez la politique, nul salut possible de nos jours en politique ! C'est un chemin qui ne mène nulle part sinon vous permettre de nourrir vos enfants le temps que durera votre carrière.
Sinon je vais vous dire ce que je pense de Macron, c'est une marionnette aux mains des capitalistes des GAFAM, un tout petit fonctionnaire avec un salaire minable du point de vue d'un véritable oligarque milliardaire qui se respecte, c'est un nervi - pour parler comme Luc Ferry.
Macron est une victime de l'humanisme occidental d'origine chrétienne mais largement sécularisé depuis. Qui de mieux que lui pour se remplacer lui-même ? Alors que partout règne la terrible loi de la compétition à outrance et de la « guerre de tous contre tous », tous les autres risquent d'être pires à l'image de tous les gouvernants qui se succèdent depuis de Gaulle, de plus en plus petits, aux dimensions et à l'ambition pour le pays et ses habitants, de plus en plus rabougries.
Sortir du capitalisme ? Oui pourquoi pas ; mais partout dans le monde cela se solde par de pitoyables échecs comme au Venezuela.
Revenir au bon vieux temps de la religion ? Mais ce serait faire concurrence à l'islamisme dans une surenchère de barbarie moyen-âgeuse.
Le salut est en chacun de nous, mais dans aucune des solutions proposées par notre société du spectacle et de la consommation, ni dans d'autres modèles issus du passé, ni dans aucune solution politique contemporaine libérale et démocratique qui a fait de l'extirpation du phénomène religieux sa raison d'être sur le modèle de la philosophie des Lumières en France : la possibilité d'une île ?
Alors si le salut est en chacun de nous, comment le trouver ? Lire Marc Lévy et consors ou écouter JJ Goldman comme tant de nos concitoyens pour trouver de l'espoir ? Mais c'est retomber dans la société du spectacle en réalité, bien peu spirituelle et très artificielle en réalité... »