dimanche 24 novembre 2019

Macron le destructeur



Macron en bon libéral schumpétérien, bien plus destructeur au fond qu’innovateur, laissera la société dans un état bien pire que celui dans lequel il l'a trouvée.
Macron clive, divise, communautarise, il provoque la ruine morale, matérielle, spirituelle de la société. Le projet de société de Macron est de détruire la classe moyenne comme dans la plupart des pays développés : c'est le projet du néolibéralisme depuis le tournant thatchéro-reaganien des années 80. Il n'y a plus de redistribution, le keynésianisme a été remplacé par la théorie du ruissellement, autrement dit celle des "premiers de cordée" (dixit Macron).
Au lieu de se focaliser sur les cheminots avec colère, en leur contestant le droit de défendre leurs intérêts "corporatistes" (terme connoté péjorativement), tout le monde devrait compter combien il va perdre avec la réforme des retraites de Macron. Car même la plupart des salariés du privé vont y perdre, sauf les patrons qui cotiseront moins. Sans même évoquer l'idée que le corporatisme en matière de travail, est le dernier rempart contre la volonté d'aliénation des travailleurs portée par le libéralisme depuis ses origines (mouvements des Luddites, taylorisme...). Le libéralisme a toujours prétendu défendre l'intérêt général en supprimant le corporatisme et cela dès la loi Le Chapelier, mais il s'agit aujourd'hui d'un intérêt général dévoyé car reposant sur le seul bien-être d'une poignée de richissimes qui exploite le travail d'autrui.
L'intérêt général dans une démocratie qui se respecte serait celui du peuple ; mais comme nous vivons aujourd'hui dans un système qui n'a de démocratique que le nom, il faut bien voir que l'intérêt général y est celui d'une oligarchie, il faudrait donc plutôt parler des intérêts particuliers d'une infime minorité.
Ce n'est pas vraiment conforme à l'idéal des Lumières porté par la plupart des philosophes qui voulaient authentiquement affranchir le peuple de ses chaînes absolutistes, mais c'est assez conforme aux vœux de Mandeville et d'Adam Smith, et de leurs émules très nombreux au fil du temps, dont Hayek que Thatcher admirait.

Si tous nous entrons dans le jeu de Macron, qui par ailleurs est totalement anachronique en faisant une politique thatchérienne 40 ans après, alors nous aurons la société qu'il veut : une poignée de très riches (les 0,1%) qui auront tous les moyens entre leurs mains, tous les leviers de décision et de manipulation des masses, et un peuple amorphe, dépouillé matériellement et spirituellement, ayant perdu toute fierté, toute souveraineté, toute identité. Car ne nous y trompons pas, aussi bien l'immigration massive que le féminisme outrancier et l'antiracisme aveugle... sont autant d'instruments dans les mains du pouvoir, pour cliver et diviser, affaiblir les classes moyennes qui sont issues du peuple, donc désamorcer toute contestation sociale, toute revendication d'une société plus solidaire et équitable.

Monter les femmes contre les hommes, monter les "racisés" contre les blancs, monter les migrants contre les autochtones installés (surtout dans les campagnes, c'est encore plus pervers !), monter les usagers contre les cheminots, le privé contre le public, sont autant de stratégies clivantes pour atomiser la société. Atomiser la société, c'est le projet du néolibéralisme depuis Thatcher (there is no society, there is no alternative...), et c'est même le projet du libéralisme tout court depuis ses origines mandeviliennes et adam smithiennes.
Il y est dit explicitement chez Mandeville et de façon édulcorée chez Adam Smith, que la gestion des affaires humaines doit revenir aux pires d'entre les hommes, les moins moraux, les plus vicieux, sur le modèle du Prince de Machiavel, non plus seulement dans le domaine politique mais dans tout le champ des échanges économiques.
Les pires d'entre les Hommes (The worst of them) ne sont pas ceux qui disent non à la loi comme les délinquants, mais ceux qui disent oui et en même temps non. Car ils savent bien qu'ils proposent un modèle de société non pas simplement amoral, mais immoral car reposant sur les pires de leurs vices, tel Jeff Bezos le libertarien cupide ; mais aussi inviable à assez court terme car reposant sur un oxymore : celui d'une croissance infinie dans un monde fini. Ils ne disent pas non plus non à la loi, car ils savent que la majorité des gens du peuple ont le désir de se sentir vertueux, et qu'ils ont besoin de cette classe de névrosés (que l'on pourrait aussi appeler les veaux dont parlait de Gaulle) qui obéissent scrupuleusement aux règles pour exercer leur pouvoir.

Ce que je veux dire c'est qu'il n'y aura plus de classe moyenne. L'existence de cette classe reposait sur l'idée de redistribution. Il est vrai que cette classe n'était pas très reluisante car elle s'attachait trop à copier le mode de vie corrompu de la classe dominante, plutôt que de prendre modèle sur la décence commune propre aux classes populaires dont elle était pourtant issue de fraîche date.
Quant aux riches ils deviendront encore plus riches. On dit que c'est légitime car ils prennent des risques, mais le seul risque qu'ils courent est en réalité avec leur conscience et comme ils en sont dépourvus ils ne courent aucun risque.
Voilà pourquoi les gens de la classe dominante ne peuvent être que des pervers par définition dépourvus de surmoi, sinon ils ne supporteraient pas tout le mal qu'ils font au peuple ; pire qu'indifférents ils en jouissent. Et pervers narcissique, Macron en est un beau : il doit ricaner dans son palais comme Néron, en contemplant le spectacle de la France qu'il met à feu et à sang !

samedi 16 novembre 2019

Pourquoi les riches sont-ils si riches ?



Tout dysfonctionne parce que le système capitaliste subit une grave crise, il semble en phase terminale, mais on le dit depuis si longtemps, et toujours il repart. Les citoyens sont aux aguets voire aux abois, à bout de nerfs, tout dérapage vaut condamnation du tribunal populaire qui s'est érigé sur les réseaux sociaux comme on l'a vu pour Finkielkraut de façon spectaculaire.
Il s'agit désormais de redéfinir le cadre d'une société équilibrée si l'on veut qu'elle soit apaisée, c'est-à-dire expurgée des pervers psychopathes qui nous contrôlent. Or ces pervers qui nous contrôlent ne sont pas les censeurs de la bienpensance comme on pourrait le croire, qui ne sont que des petites mains instrumentalisées. Ainsi le sont les féministes et les antiracistes qui sont des idiots utiles d'un système bien plus vaste et libéral, ou néolibéral, mais cela revient pratiquement au même, car le système libéral s'enracine dans une conception de la valorisation de la perversion dans la nature humaine. Il s'agit aussi de la version anglo-saxonne du libéralisme, dont l'inspirateur originel était d'origine française, mais huguenote, sa famille ayant dû fuir les persécutions religieuses en Hollande puis en Angleterre. Il s'agit de Bernard Mandeville, The man devil. La perspective où nous nous situons n'est pas l'ensemble de l'Histoire humaine, mais les 300 ans de capitalisme, des origines à aujourd'hui.

Zuckerberg est trop riche, c'est un scandale. Il faudrait obliger par la loi les oligarques à redistribuer leur fortune. Il faudrait nationaliser les monopoles capitalistiques et donner leur gestion à des conseils ouvriers ou aux salariés de la base. Le pouvoir doit partir de la base et se diffuser vers le haut et non le contraire. Le ruissellement n'existe pas c'est du pipeau. Il faut reconsidérer le PIB global d'un pays et redistribuer la richesse totale produite de façon plus équitable, avec une différence de 1 à 100 maximale entre le citoyen le mieux rémunéré et celui le moins bien. Tous les citoyens devraient être payés directement par l'État, et donc aucune entreprise ne devrait être privée, in fine tous les citoyens devraient être des fonctionnaires de l'État qui auraient leur mot à dire dans chaque prise de décision par voie de référendum d’initiative populaire, avec des rapports hiérarchiques beaucoup moins stricts.
Toute entreprise devrait faire partie du bien commun : autrement pas de démocratie possible, mais une oligarchie, comme la nôtre actuelle ; où tous les médias sont contrôlés par une poignée d'individus qui possèdent toutes les entreprises et les industries et qui veillent sur leurs intérêts privés. Ce n'est pas une démocratie, mais la dictature d'une infime minorité sur la majorité..

Il ne s'agit pas d'abolir la propriété privée pour les particuliers, car l'Homme n'est pas un animal comme les autres, c'est un néotène (un animal inachevé) qui a besoin d'un chez-soi pour s'épanouir ; mais de la brider dans la mesure du raisonnable, afin de ne pas susciter la jalousie des plus pauvres pour les plus riches, et de ne pas favoriser l'accumulation sur la dépense. Le mérite et l'effort n'existent pas c'est du pipeau, de la propagande diffusée par les médias au service des monopoles capitalistiques pour endoctriner et réduire en esclavage les peuples. Il faut favoriser le développement et l'épanouissement de l'enfant au sein de sa famille et de la société, en mettant beaucoup plus de choses et de valeurs en commun, et valoriser le don et l'échange sans contrepartie financière, bref favoriser la coopération et non la compétition. Ce sont les différences de traitement des enfants et les inégalités sociales qui entraînent les futures inégalités. Et les inégalités finissent toujours par engendrer les crimes, les émeutes, les révolutions, les guerres (la guerre est un crime collectif), bref la violence.

Il faudrait faire preuve d'un véritable volontarisme égalitariste. Mais cela demanderait la bonne volonté des très riches qui depuis 300 ans et l'instauration progressive du capitalisme à l'échelle mondiale, s'y refusent avec de plus en plus de force à mesure que leur richesse croît. Pourtant au nom de quoi un seul homme comme Zuckerberg aurait-il le droit de posséder l'équivalent du PIB annuel d'un pays comme la Slovénie qui compte plusieurs millions d'habitants ?
Il y a quelque chose qui dysfonctionne dans ce monde, un dysfonctionnement qui dispose pourtant d'une caution théorique (la loi du marché), et qui explique la misère et le désespoir des masses exploitées outrageusement : car les intérêts d'une infime minorité ne peuvent converger avec ceux de l'immense majorité qui constitue pourtant l'intérêt général d'un pays. Qui dit démocratie dit souveraineté populaire. Or cette souveraineté dans les institutions est toute théorique, verbale, nominale, mais elle ne repose sur rien de réel, d'empirique. Puisque la réalité, les faits, c'est que seuls les intérêts d'une infime minorité trouvent à s'exprimer, et ne convergent jamais avec ceux de la majorité. Le peuple n'est donc pas souverain.

Intérêts privés d'une minorité qui au passage favorisent l'immigration d'origine musulmane, contre l'avis de la majorité des Français, pour servir de main d'œuvre à bon marché, exploitable à merci. Intérêts d’une minorité oligarchique, qui pratique un dumping social, à l'encontre des salariés qui ont de bonnes conditions de travail et des droits sociaux durement acquis au prix de luttes et de sacrifices. Bref l'immigration massive sert surtout à casser le droit du travail. Le peuple en perdant sa souveraineté est en voie de perdre son identité, et c'est à cause des riches qui veulent accumuler toujours plus de richesses.

Voilà pourquoi tous ces mots : République, souveraineté populaire, droits de l'homme, institutions... dont on nous serine à longueur de temps, sont des mots creux, qui ne trompent que ceux qui veulent bien prendre des vessies pour des lanternes. En fait tout ce système institutionnel est purement théorique et a des fondements philosophiques idéalistes, qui ne tiennent pas compte de la nature prédatrice et cupide de l'Homme, car constamment inquiète et fébrile ; l'argent et le luxe éventuel, ça rassure ! L'Homme n'est pas un animal comme les autres et il a besoin d'un chez-soi pour s'épanouir, puisqu'il est né inachevé par rapport aux autres animaux, c'est la néoténie.
En réalité une minorité a détourné à son profit les œuvres idéalistes des philosophes sur la société exemplaire. Elle a détourné la vision qu'ils avaient de la souveraineté populaire, de la démocratie et des institutions. Les philosophes des Lumières voulaient changer le monde et le rendre meilleur, plus démocratique et délivré de l'absolutisme royal. Le résultat est un monde animé par un nihilisme cupide. Le chaînon manquant entre le projet désirable de philosophes optimistes sur la nature humaine et le résultat atroce que constitue notre société abîmée par la cupidité, est la théorie de Mandeville (Man Devil). Les pires des Hommes, ceux qu'on appelle aujourd'hui les psychopathes et les pervers ou souvent les deux ensemble, et qui ont l'obsession du contrôle des autres, n'ont retenu du libéralisme que son aspect économique développé par Mandeville puis par Adam Smith, qui font l'apologie des vices privés et de l'égoïsme pour réguler l'ensemble du système. 
Ils se sont reconnus dans un tel système que Mandeville ne cachait pas entièrement. 
Mandeville note même que la société se divise en trois classes, et que la gestion des affaires humaines, donc le monopole capitalistique, doit revenir aux pire d'entre eux (The worst of them), ceux qui ne croient pas à cette illusion que constitue la loi, qui ne vaut que pour les moutons et les gens honnêtes dotés d'une conscience. Or les pires d'entre les Hommes sont privés de conscience morale du fait de leur pathologie, qui désormais s'autoalimente aux valeurs du néolibéralisme ; en France ils se reconnaissent aujourd'hui dans le pouvoir macronien, machiavélique politiquement et mandevillien économiquement
Le pouvoir doit revenir à ceux que Mandeville nomme les pires d'entre les Hommes, c'est-à-dire aux personnes que l’on dirait aujourd’hui dépourvues de conscience, de surmoi. Ces derniers ressentent le besoin de la loi et des institutions mais seulement pour réguler les peuples exploitables à merci. Ils ne disent pas non à la loi comme les délinquants, mais ils ne disent pas non plus oui, car elle ne vaut que pour apprivoiser et tromper la grande majorité des gens qui ont besoin de se sentir honnêtes et vertueux, et d'être flattés dans ce désir. En réalité flattés ils le sont mais par les pires d'entre eux, ceux qui sont dépourvus de conscience morale et de surmoi, on dirait aujourd’hui les pervers psychopathes, c'est-à-dire les grands propriétaires qui ne se préoccupent que d’argent. À une échelle désormais incommensurable de fortune pour le commun des mortels.

Or le pervers psychopathe se situe en dehors de la loi, ni contre comme le délinquant, ni pour comme la personne décente qui en a besoin. Elle ne s'applique pas pour lui. Ainsi en va-t-il de Jeff Bezos par exemple, qui est un libertarien qui prône une dérégulation totale de la société, sauf pour assurer la sécurité de la propriété privée, c'est-à-dire des richissimes. Il dit oui à la loi, mais uniquement pour protéger sa propriété privée ; et sa propriété privée, c'est un empire à elle toute seule. Il dit presque non à la loi, en bon pervers qu'il est, pas par anarchisme mais pas pur esprit de cupidité.
Tous les autres, les gens décents, seraient donc livrés à eux-mêmes dans le cadre d'une société sans morale, ni religion a fortiori, uniquement régie par les échanges du marché contrôlé par une poignée d'individus comme Jeff Bezos.

C'est l'exemple d'une société où tout partirait du sommet pour éventuellement se répandre vers le bas, dans le cadre du ruissellement. C'est le contre-exemple absolu d'une société décente, où le pouvoir devrait appartenir à la base, au peuple, pour se diffuser vers le haut ; comme c'était le cas lorsque l'ascenseur social fonctionnait encore, et que les classes populaires constituaient un vivier avec des coutumes et des mœurs fortes, les forces vives pour approvisionner l'élite. C'est de nos jours en réalité une dictature ou oligarchie, qui n'a absolument rien d'une démocratie.
On peut dire qu'aujourd'hui les élites ont décidé de faire sécession d'avec le reste du peuple, dont elles sont pourtant issues à l'origine : il s'agit pour elles d'un genre d'oubli de l'Être. Désormais les élites s'autosuffisent et pratiquent l'endogamie biologique et culturelle.

Toutes les règles économiques devraient être redéfinies de A à Z, et se baser sur la souveraineté populaire et non sur le monopole capitalistique des pires d'entre nous. Et il faudrait effectivement se contenter d'un monde dépourvu de croissance si l'on voulait préserver la planète ; mais les pires d'entre nous selon les prédictions de Mandeville, le veulent-ils réellement ? Ce sont des monstres, ils sont dénués d’émotions humaines, d’empathie, de sentiments, et enfin de décence commune. Que la planète disparaisse ne fait pas partie de leurs inquiétudes, ils ont d’autres préoccupations, obsessions, toutes liées à l’argent et aux moyens d’en gagner toujours plus. Tout notre système économique repose sur l’existence et la cupidité d’une telle classe d’individus.
Dans la nature les prédateurs sont nécessaires pour réguler l’ensemble de l’écosystème, ainsi en va-t-il certainement de même dans les sociétés humaines. Mais aujourd’hui ils sont très largement survalorisés, et mettent en péril les équilibres anthropologiques partout dans le monde et la survie de la planète : un peu comme le monde gouverné par les hyènes dans Le Roi Lion. Dans leur délire mégalomaniaque ils veulent se désolidariser de ce dont ils s’originent, les propres peuples dont ils sont issus. Le fléau que constitue l'immigration massive découle d'une telle conception, mais cela n'en est qu'un parmi tant d'autres, il est grave parce qu'il met en péril l'identité d'un peuple qui a perdu sa souveraineté sur le plan politique. Tandis que le féminisme, qui découle de la désagrégation des moeurs, met en péril l'identité d'un mâle blanc qui a perdu sa souveraineté sur le plan familial et social. Le roi était un lion dans le cadre de l'absolutisme, le père un souverain dans sa famille, mais les milliardaires sont des hyènes cupides qui contrôlent et désagrègent les familles et les peuples par le biais du mondialisme. Cette désagrégation s'accompagne de fléaux qui ont pour nom : immigration incontrôlée, féminisme outrancier, antiracisme aveugle, atomisation de la famille...

L'économie n'est pas un dogme contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, c'est une construction humaine qui peut donc être déconstruite par ces mêmes Hommes. On a bien détruit le dogme religieux en Occident. L'économie devrait être subordonnée à la souveraineté populaire et non l'inverse.

Le peuple n'a pas à être subordonné à la souveraineté de l'économie, qui n'est que le masque dont s'affublent les pires des Hommes, ceux qui sont des prédateurs nés en ne tolérant aucun doute ni réserve sur la légitimité de cette souveraineté qui est en réalité la leur, pour donner libre cours à leur volonté de puissance déchaînée.

Je ne nie pas que les prédateurs ont toujours existé et qu'ils sont nécessaires à l'équilibre du système ; mais jamais les prédateurs ne se sont trouvés aussi à leur aise dans un autre régime politique, que sous couvert de « démocratie » depuis le tournant néolibéral des années 80.

Le énième buzz de Finkielkraut, celui de trop ?



C'est de Polanski qu’il est question, pas de Finkielkraut. Finkielkraut est un vieil homme qui ne contrôle plus ses nerfs : « Violez, violez, violez. Voilà ! Je dis aux hommes : violez les femmes. D'ailleurs, je viole la mienne tous les soirs… mais tous les soirs. Elle en a marre, hein, elle en a marre. » Même si l'on doit la replacer dans son contexte, une telle répartie est pour le moins surprenante de la part de l'Académicien.

Polanski est indéfendable d'avoir drogué, fait boire et sodomisé une enfant de 13 ans. Il n'a fait que quelques jours de prison, ce n'est pas assez ! Il y a eu là un véritable dysfonctionnement de la justice : il méritait au moins plusieurs années sous les verrous. Donc sur ce plan-là il est indéfendable car il n'a pas purgé la peine qu'il méritait.
Excusez-moi mais parler du fardeau moral de Polanski comme si c'était lui la victime, je trouve ça bien léger. J'emploie le conditionnel pour les 12 autres accusations de viol auxquelles faisait allusion de Haas (dont deux enfants de 9 et 10 ans à l'époque des faits). Je trouve bizarre que Finkielkraut ait encore éprouvé le besoin de provoquer le buzz avec sa répartie douteuse, juste au moment ou de Haas parlait de "petite fille". Pourtant, oui, une enfant de 13 ans c'est une petite fille, c'est ce qui a dû profondément destabiliser Finkie.

Violanski avec le film “J’abuse” - Entrée gratuite aux moins de 13 ans !
J'ai une fille de 13 ans et 6 mois, et quand je vois l'enfant qu'elle est, imaginer un type de 44 ans la droguer, la faire boire, puis la sodomiser : je voudrais le tuer de mes propres mains ! Malgré tout le génie qu'il pourrait avoir.

La répartie de Finkie je n'appelle pas ça de l'ironie ou du second degré, j'appelle ça un pétage de plomb devant l'impasse où le met le fait de devoir défendre inconditionnellement un ami sur qui pèse de sérieux doutes, tout en sachant au fond de lui-même qu'il y a là quelque chose d'absolument pervers et immoral, au sens où c'est toute la vie de cette petite fille devenue femme qui a dû s'en trouver chamboulée.
C'est justement parce que j'ai de l'estime pour Finkielkraut et que je crois à son malaise, que je pense que ce malaise s'est exprimé par un dérapage en direct comme il en a le secret.

Que la victime ait appelé à l'arrêt des poursuites, soit, mais sait-on ce qu'elle a reçu de Polanski en compensation ? 1 million ? Comme la femme de chambre noire que DSK avait agressée sexuellement ? L'argent ne peut pas tout acheter et il ne répare pas les dommages psychologiques irrémédiables. En tout cas la justice américaine n'a pas fait le choix de l'abandon des poursuites, même si la victime a retiré sa plainte.

Il serait excusable s’il avait purgé la peine adéquate. Dans "indéfendable" c'est au fait que Finkielkraut prenne sa défense de façon inconditionnelle que je fais allusion. Quel pacte peut bien lier Finkielkraut à un violeur présumé de petits filles ? Le fait qu'il soit d'origine polonaise comme lui et qu'il ait réalisé un très beau film sur le ghetto de Varsovie ? Du communautarisme ?

C'est une hypothèse, que cette enfant ait été proposée comme appât à un prédateur par ses propres parents. Mais si elle est vérifiée c'est que Polanski avait déjà la réputation d'être un dangereux prédateur. Rien n'est clair avec ce personnage trouble rempli de duplicité, du meurtre de sa femme dans des circonstances qui restent à élucider, aux douze femmes qui l'accusent de viol lorsqu'elles étaient enfants. Et il s'en sort toujours blanc comme neige grâce à son art. C'est typique d'un artiste pour qui l'art sert de moyen de se laver moralement, sans pour autant excuser quoique ce soit sur le fond du problème : le viol présumé 12 enfants. Heureusement que ces viols présumés ne portent pas sur 13 enfants, ça lui aurait sans doute porté malheur !

Tout le monde fait allusion à la passion qui anime notamment les réseaux sociaux concernant l'emportement de Finkielkraut, mais n'était-il pas l'expression passionnée d'un homme qui se sait pris à défaut ? Parce que je le répète, il ne s'est pas emporté à n'importe quel moment, c'était sur l'affaire Polanski quand de Haas a évoqué le terme de "petite fille". Pour la petite histoire Finkielkraut a essayé de nier que la victime fut une enfant au moment des faits, 13 ans ET neuf mois, comme si les neuf mois pesaient lourd dans la balance... mais plus tard au fil de la conversation il ne s'est pas privé d'évoquer le fait que Greta Thunberg soit une "enfant" pour la décrédibiliser, alors qu'elle a 16 ans. Deux poids, deux mesures ? Mauvaise foi ?

La rédemption, Polanski a su la trouver grâce à son art, que j'apprécie beaucoup du reste, mais cela n'évacue pas selon moi le fond du problème. C'est justement parce que Polanski est complètement tordu sur le plan sexuel, que son génie s'exprime si vivement pour se purger à hauteur de la faute commise. Selon mon hypothèse, sans cette sexualité tordue et prédatrice qui a trouvé à s'exprimer dans un contexte favorable, celui très libertaire des années 70 : le génie de Polanski n'aurait jamais pu s'exprimer. La question est : valait-il mieux préserver la santé mentale de plus d'une dizaine de femmes, ou bien que Polanski réalise ses chefs d'œuvre ?

Pasolini n'était pas très net non plus concernant les jeunes mineurs, ainsi que d'autres artistes. Il paraît qu'à l'époque de la Renaissance en Italie on pouvait pratiquer la pédophilie en toute liberté, sans aucune crainte de poursuites judiciaires, d'où peut-être l'effervescence artistique de cette époque bien plus créatrice que la nôtre.

Je crois sincèrement qu'un personnage aussi trouble et sulfureux avec un art aussi incisif et en même temps malsain, n'aurait jamais pu se sauver lui-même sans passages à l'acte préalables. J'avais lu Roman de Polanski, il y a très longtemps, il y a quelque chose de fascinant chez un tel personnage parce que trouble et ambivalent.

Sinon la société s'américanise, donc se protestantise et se puritanise. Certains devraient être contents, surtout ceux que j'ai toujours connu faire l'apologie des États-Unis.

À la Renaissance, la pédophilie était évidemment condamnée formellement mais dans les faits je crois que c'était toléré. Notre époque produit beaucoup plus de "richesses" que la Renaissance, pourtant elle est très peu créatrice, ou alors c'est du bidon. Il y a beaucoup plus de paillettes et de divertissement dans ce qu'on appelle la "création artistique" aujourd'hui que de création d'auteurs à proprement parler. Il s'agit davantage d'une industrie qui au passage prône souvent le multiculturalisme et l'antiracisme, voire l'homosexualité (mais comme le fond et la forme sont souvent superficiels et consensuels, ça tombe un peu à l'eau généralement). Sauf justement dans les cas de Pasolini ou Polanski et quelques autres dont Woody Allen, de vrais auteurs tous trois sulfureux sur le plan sexuel.

C'est en réaction à cette forme de corruption de l'église catholique qui tolérait notamment la pédophilie et bien d'autres choses, en échange d'argent sans doute dans le cadre du commerce des indulgences, que le protestantisme a réagi dans un mouvement de puritanisme. Mais l'église catholique ne protégeait-elle tout simplement pas la création artistique comme moyen de rédemption, ce que le protestantisme n'a jamais compris ?

Le monde s'est enlaidi depuis beaucoup plus longtemps qu'on ne le croit, et cet enlaidissement découle de la crise du catholicisme en Occident. Mais cela ne vaut que pour ceux qui placent l'art au-dessus de la morale pour soigner le monde de ses maux. Dans une société qui tolèrait la pédophilie comme celle des Grecs anciens par exemple, elle n'entraînait aucun dégât mais aidait au contraire les jeunes à s'élever à hauteur de leurs tuteurs. Les dégâts ne sont le fruit que de la puritanisation de la société, que je déplore, mais ils sont réels dans le cadre de notre société.

Schlemihl : « Polanski est de toute évidence un schizoïde, ou si vous préférez souffre d’une forme mineure de schizophrénie compatible avec des activités sociales. C'est un cas habituel chez les artistes. Un homme sain d’esprit n’est pas un artiste, et si tous les schizophrènes ne sont pas des artistes, la plupart des artistes sont des schizophrènes. Ses films montrent des êtres humains voyant le réel autour d'eux devenir monstrueux (Répulsion, le Locataire, le Pianiste...). Il a essayé de faire un film de pirates, ça n'a pas été une réussite. Un artiste ne peut pas traiter tous les sujets.

Quant à sa sexualité, est ce que nous la connaissons ? »

Moi : « Vous avez entièrement raison pour la nature profonde des artistes. Pour sa sexualité, c'est mon hypothèse. Mais notre époque puritaine et hyper-protégée n'est pas conforme à la sexualité de Polanski, elle a trouvé à s'épanouir dans un contexte particulier : celui des années 70 et de la libération sexuelle ; qui avait aussi entraîné dans son sillage les enfants. Je le sais bien, j'en ai été victime par mon propre père qui plus tard m'a renié comme un déchet usagé. »

Érasme : « Pour la renaissance c'est totalement faux, la pédophile et notamment la sodomie étaient condamnées par l'église, la renaissance, on en fait toute une légende, mais la créativité de la renaissance a surtout été technique et ontologique. Quant à l'effervescence elle était due au nerf de la guerre : l'argent. »

Moi : « Ah bon, j'avais écouté ça dans une émission culturelle sur France Inter à propos de Léonard de Vinci et de quelques autres de la même époque. 
Le protestantisme est né de la réaction au commerce des indulgences. Les dépravés pouvaient acheter leur salut contre de l'argent. C'est de la corruption. »

Érasme : « Pas vraiment, mais les petites principautés du nord en avaient plus qu'assez d'être rançonnés par le pape et les grands monarques du sud, c'est une question de pouvoir et de banque, d'ailleurs les protestants sont devenus de redoutables hommes d'affaires corruptibles. Banques suisse ! »

Moi : « Il n'y a certainement pas seulement une cause, mais plusieurs, dont celle que vous mentionnez et celle dont je fais état. La thèse officielle c'est le commerce des indulgences, mais la thèse officieuse doit être la vôtre, puisque l'argent est le nerf de la guerre, même pour les gens d'église. Cependant pour faire bouger le peuple je pense qu'il faut s'adresser à ce qu'il y a de moral et de vertueux en lui. Pour les troupes de mercenaires, c'est différent, on les paye. Alors que la réforme s'était adressée au peuple pas aux soldats, parce que le peuple est toujours sensible aux différentes formes d'injustice et c'est comme ça qu'on le fait bouger et éventuellement changer de religion.
Le protestantisme fait partie du christianisme comme le catholicisme, mais il s'agit quand même d'une nouvelle religion aux principes différents, qui expliquera plus tard selon Max Weber, l'avènement du capitalisme d'accumulation de la richesse sur ces nouveaux principes.
Qui dit accumulation de la richesse dans les mains de quelques-uns, dit forcément corruption, que l'on voit actuellement ; qui crée à son tour des mouvement sociaux et populaires de réaction à l'injustice. 

Voilà, Polanski n’est pas né à la bonne époque et puis c’est tout ! »

Goodhands : « Polanski a déjà avoué son rapport avec une jeune fille de 13 ans dans des circonstances qui ne laissent pas de place au doute quant à sa culpabilité. La justice américaine le poursuit d’ailleurs de ses assiduités, si je puis dire. Que la victime appelle à l’arrêt des poursuites allège un peu le fardeau moral qui pèse sur lui.

Sur les allégations récentes, il les dément.

Je ne crois pas que l’on puisse déduire de la seule affirmation de son accusatrice nouvelle la certitude de la culpabilité de Polanski. Il est donc défendable, il le serait d’ailleurs également quand bien même il reconnaîtrait ces nouveaux faits, chacun ayant droit à une défense et une personnalisation de la peine.

Si vous considérez que, comme il a déjà violé, toute nouvelle accusation doit être tenue pour vraie, alors je vous dirai que vous dévoyez un principe Kantien (Qui a menti mentira). Que vous ne pourriez être avocat et que vous seriez un juge effrayant.

Le poids du soupçon ne dispense pas d’être intellectuellement honnête, le soupçon n’est pas la culpabilité, le doute profite à l’accusé.

AF est passionné, il ne sait pas ne pas réagir.

Sa réaction est liée aux insinuations de De Haas, elle suggérait sa participation, au-delà du cas Polanski, à la fameuse « culture du viol ». Le seul fait de modérer les charges contre le cinéaste a été assimilé à un soutien par abstention de dénonciation.
Il ne peut y avoir dans ce cas de discussion.

AF est humain, il peut donc se planter. Cela ne revient pas à dire que je penserais que cela soit le cas ici.
On saute ici sur la forme pour évacuer, à bon compte, le fond du propos.

Je comprends le discrédit qui affecte l’image et l’homme Polanski. Je ne sais pas si c’est « une ordure » et sa précédente condamnation, infamante, n’exclut pas la rédemption et ne constitue pas la preuve que toute accusation sexuelle à son encontre serait fondée.

Sa « rédemption » est affaire personnelle, je ne me substitue pas à sa conscience, c’est donc son affaire à lui.
Sa dette à la société est une autre situation, la justice américaine le poursuit, cette dette-là n’est pas acquittée.
Je ne suis pas bon juge du talent cinématographique, en tout état, il ne constituerait pas une circonstance atténuante. Il doit être envisagé à part. »

Moi : « On entend un peu moins Finkielkraut concernant Ramadan, pourtant ce dernier est-il déjà coupable ou est-il présumé innocent ? L'ironie de l'histoire, c'est que les deux, Polanski et Ramadan, se réfèrent à l'affaire Dreyfus comme ligne commune de défense. »

Goodhands : « Ramadan est présumé innocent.
Le discrédit qui touche Ramadan est d’un autre ordre : prêcher la vertu et la pudeur pour reconnaître finalement sa tartufferie est dévastateur.
La question de sa responsabilité pénale ne changera pas ce point. »

vendredi 8 novembre 2019

Baise ton prochain



Je viens de commencer un bouquin de Dany-Robert Dufour Baise ton prochain. Il décrit un monde divisé en trois classes en paradigme libéral-libertaire : les hors la loi et les déclassés, c'est une minorité qui classiquement est stigmatisée ; les névrosés (la grande majorité) qui obéissent à la loi et sont sensibles à la flatterie et la récompense formelle ; et les pervers comme DSK, Macron ou toute autre figure de millionnaire ou de milliardaire qui sont par-delà bien et mal, donc au-dessus de la loi, qui dirigent le monde, et peuvent se laisser aller à leurs pulsions les moins avouables et à l'exploitation consciente d'autrui.
Ces derniers ne disent pas oui à la loi, ils ne disent pas non plus non comme la racaille, mais ils disent oui et en même temps non. Ils disent oui à la loi pour les autres, la grande majorité des névrosés qui ont besoin de limites et de se sentir honnêtes ; alors qu'eux n'éprouvent pas ce besoin mais ressentent la nécessité de la loi, au moins pour canaliser la grande majorité des névrosés qui si elle n'était pas soumise se révolterait. On pourrait dire aussi qu’ils sont plus intelligents, il y a peut-être un lien entre perversion et intelligence.

L'erreur de Macron a été de stigmatiser les classes moyennes au début de son quinquennat (les riens, les illettrés, les fainéants, les cyniques, les pauvres qui « coûtent un pognon de dingue », les « si tu veux un costard va chercher un travail », les « tu n’as qu’à traverser la rue pour trouver un job » etc.) au lieu de les flatter comme le font les dirigeants classiques en leur distribuant des médailles en chocolat, c’est-à-dire des récompenses purement formelles comme des compliments mais sans contrepartie financière.
Ce mépris affiché a provoqué le mouvement des gilets jaunes notamment, tandis que la racaille, souvent d'origine musulmane au passage (mais cela peut s'expliquer par des raisons sociologiques), prospère et n'a jamais été stigmatisée par Macron ou Hollande (mais l'a été par Sarkozy), on peut aussi le comprendre pour des raisons de paix sociale. Il y a aussi une autre raison moins avouable, qui est que l'économie parallèle issue du trafic de drogue, du proxénétisme ou de toute autre activité frauduleuse y compris les incendies de voitures ou des églises ou des cathédrales, rapporte beaucoup d'argent au PIB global du pays (car il faut les reconstruire), souvent plus qu'un simple travail rémunéré au SMIC ou deux SMIC. L’argent n’a pas d’odeur.

Macron est tellement cynique (on dirait un personnage caricatural tout droit sorti de la série américaine Dallas) qu'il stigmatise les plus pauvres qui sont souvent de braves types, la question de leur honnêteté ou non n'est pas son affaire ; par contre il flatte le jeunisme sénile et pervers de la génération ultra-libérale des baby-boomers, qui fut maoïste dans sa jeunesse et en a gardé un aspect libertaire. Mais il a rompu le pacte qui liait jusqu'ici les élites aux petit peuple névrosé à force de ne jamais dépasser les limites, il leur préfère évidemment explicitement les « premiers de cordée », ce n'est pas une surprise ; mais aussi la racaille, et c'est là son erreur principale qui révulse les gens qui font des efforts pour rester honnêtes. L'erreur de Macron est d'être trop cynique et pas assez ironique (comme Hollande) ou hypocrite comme ses prédécesseurs, il manque encore un peu d'expérience car il est très jeune. Mais il va apprendre évidemment.


La matrice d'un tel paradigme depuis presque 300 ans, serait contenue dans l'œuvre de Bernard Mandeville qui en a eu l'intuition fulgurante et qui préconise l'instauration d'une économie intégrant nos plus mauvaises pulsions comme moteur principal du système, pour alimenter son mouvement perpétuellement menacé d'effondrement.
Il faut voir que ce sont aussi nos pulsions de destruction qui encouragent perpétuellement l’innovation destructrice pour ne pas que le système s'effondre, en contrepartie la destruction créatrice qui est au cœur du système capitaliste selon Schumpeter, avait provoqué dès son origine le mouvement de protestation violent des ouvriers luddites, et pourrait entraîner tout simplement la destruction de la planète.
Ainsi que décrit dans La fable des abeilles : ce sont nos vices privés qui font la richesse des nations, donc leur vertu ; tandis que si tout le monde faisait des efforts pour s'efforcer d'être vertueux cela provoquerait leur ruine.

Pour Mandeville, pire que Sade chez qui le mal est préférable au bien, le mal engendre le bien : c'est la base véritable de l'idéologie capitaliste et de la logique d'accumulation bien plus que le puritanisme qui découle du calvinisme (c'était la théorie de Max Weber), selon Dufour.

Les élites sont conscientes d'un tel état de choses propre au système capitaliste, qui privilégie la perversion au cœur de son système tel que décrit par Mandeville dans son œuvre méconnue du grand public (Alors qu'Hayek qui a influencé Thatcher et Reagan, la connaissait très bien), mais elles ne l'ébruitent pas, souvent parce que ses membres sont eux-mêmes des pervers qui n'auraient rien à gagner à ce que cela se sache.

Le capitalisme n'est donc pas seulement amoral, il est immoral jusque dans ses fondations selon Dufour.

La société française sans avoir besoin des musulmans pour la détruire, est totalement corrompue par 300 ans de capitalisme, les guerres et les génocides qu'ils a engendrés, et désormais sa réactivation néolibérale depuis les années 80.
Cette réactivation qui a profité de l'effondrement du bloc communiste, renoue ainsi avec les idées les plus radicales de Bernard Mandeville sur la société idéale, notamment par l'intermédiaire de Hayek et des économistes dans sa mouvance qui raflent pratiquement tous les prix Nobel d'économie depuis les années 80, qui encouragent le vice et la perversion dans les plus hautes sphères de la société mais aussi chez les bobos tout simplement et les CSP+. 

Tout le monde a une conscience diffuse que nous vivons dans une cité perverse, particulièrement depuis le tournant néolibéral des années 80 et la diffusion de séries immorales comme Dallas, une parmi tant d'autres. Cette conscience descend jusqu’aux couches les plus humbles de la société et provoque un sentiment d’indignation et de révolte qui s'est cristallisé dans le mouvement des gilets jaunes.
Oui aujourd'hui ce ne sont plus les bons qui triomphent mais les salauds, et les gens ont du mal à l'accepter, c'est pourtant l'essence du capitalisme.

Macron et le déracinement judaïque


Au terme de son allocution lors de l’inauguration du Centre européen du judaïsme, une allocution présentant le judaïsme européen comme l’âme de l’Europe, le président a fait part à l’assistance - presque sur le ton de la confidence - de ce qui lierait, selon lui, la République au judaïsme, en tout cas opèrerait leur convergence, hier comme aujourd’hui…

Le lieu de l'Homme n'est pas la terre mais le verbe. Un retour originaire serait un retour à la terre, alors qu'un retour à l'originel est un retour à la création de toute chose et donc au verbe, comme il est dit dans la bible : "Au commencement était le verbe."
Ce qui fait dire à certains juifs ultras que la création de l'État d'Israël serait une trahison du message biblique, car le "retour" ne saurait être en aucun cas un retour à la terre d'origine : c'est beaucoup trop prosaïque pour l'esprit.

C'est là que l'on peut distinguer entre présence au monde et enracinement. Nul besoin d'enracinement pour faire preuve de présence au monde. Contrairement à ce que pensait Simone Weil, l'enracinement n'est pas une nécessité. Cela dit le problème qu'elle pose d'un déracinement généralisé sur le modèle originel des Juifs reste entier. L'humanité peut-elle s'offrir le luxe d'un déracinement généralisé ? Je ne le pense pas, cela aurait dû demeurer une exception ne valant que pour un peuple peu nombreux, relié aux autres peuples par le livre originel.

Je crois que le déracinement est une malédiction comme le pense Simone Weil. Il est rarement choisi et souvent subi. Il se trouve que par les circonstances le livre originel de la chrétienté et même de l'islam est l'Ancien Testament rédigé sur plusieurs siècles par des juifs. C'est donc à eux que je fais référence quand je parle de peuple peu nombreux. L'humanité pouvait s'offrir le luxe d'un peuple déraciné compensant sa faiblesse en nombre par une présence au monde accrue, mais la généralisation d'un tel phénomène à l'humanité entière par le biais de la mondialisation est selon moi préjudiciable.

C'est mon interprétation d'enraciné, déraciné malgré lui par la force des choses, le libéralisme, la mondialisation etc... Et que ressent chacun peu ou prou. La version d'un déraciné par essence comme S. Trigano sera sans doute totalement différente et il vantera même je le pense les vertus du déracinement. Aucun modèle n'est complètement universalisable. Et contre l'universalisme, ses ennemis antiracistes et racialistes (l’extrême-gauche) font valoir aujourd'hui, faisant ainsi courir un danger sur la cohésion nationale (en France), qu'il est très majoritairement et presque exclusivement le fait de mâles blancs qui avaient prétention jusqu'à il y a peu et les tentatives déconstructivistes (Derrida, Bourdieu, Deleuze, Foucault...), de régenter le genre humain.

Mon hypothèse est que le peuple juif fut un peuple originellement du désert et non pas du Proche-Orient, qui fut réduit en esclavage par les Égyptiens, et s'est converti au culte du dieu unique Aton en se sentant des affinités avec les Égyptiens de par ses origines identiques (du désert). Sans doute par l'intermédiaire de prêtres déchus qui voulaient faire vivre leur nouveau culte monothéiste au travers de ce peuple, puisque les Égyptiens l'avaient rejeté. Et parmi ces prêtres figurait certainement Moïse, dont la tradition biblique a fait un juif, alors qu'il s'agissait d'un Égyptien probablement de souche aristocratique.

Les juifs de l'antiquité vivaient dans la nature, mais dans un désert. La "terre" d'origine des juifs originels est donc un désert. Il y a quelque chose d'unique dans un paysage désertique c'est un océan de sable, unique au sens de "Un", et cela renvoie aussi à l'idée d'infini. Je pense que c'est de là, de ce rapport au monde particulier, que le monothéisme trouve sa source. Ainsi que le rapport d'exclusivité que les Juifs ont au verbe et le terme d'élection. Les juifs se sont vécus différents des autres peuples qui étaient encore polythéistes, paganistes, mais en raison de circonstances particulières liées à leur milieu d'origine naturel : le désert.
Autre explication complémentaire de la genèse du monothéisme : jusqu'au 7ème siècle av. J.-C., les juifs vénéraient les idoles ; les archéologues ont trouvé une statue de Jéhovah et de sa femme. Comme dans l'Antiquité, tout peuple vaincu voyait ses idoles détruites par le vainqueur afin qu'il perde son identité, les théologiens exilés à Babylone par Nabuchodonosor ont eu l'idée de substituer aux bouts de bois un Dieu Unique, invisible mais présent partout, donc indestructible. C'est ainsi que se renforça le monothéisme.

Cependant je suis sans doute un affreux mécréant, mais je ne pense pas que ce soit le dieu unique des juifs, des chrétiens et des musulmans (puisqu'il s'agit du même au fond ! Dont chacun se croit l'élu d'où les conflits), qui ait directement chuchoté à l'oreille de Moïse les tables de la Loi, aussi je mets plutôt mon jugement en suspens car je suis agnostique. Dans la genèse du monothéisme juif, je crois même que le culte d'Aton par le pharaon Akhenaton joua un rôle primordial.
C'est ce qui pourrait finalement mettre tout le monde d'accord, car si les élus d'origine étaient les Égyptiens de l'Antiquité du culte d'Aton, comme ils sont tous morts, il n'y aurait plus à se battre pour revendiquer l'exclusivité du dieu unique, mais honorer éventuellement si l'on tient tant que ça à la religion monothéiste, cette obscure et très ancienne dynastie de pharaon qui n'aura duré que le temps d'un règne et est à l’origine des trois monothéismes.

La nouvelle bipolarité politique



Le « en même temps » !

Le Pen constitue pour Macron l'adversaire idéal, hormis le RN il n'y a plus d'opposition crédible en France. Ainsi tout le débat public s'articule autour de cette opposition, tandis que la gauche socialo-bobo a abandonné depuis bien longtemps le peuple à son triste sort pour des valeurs plus mercantiles et lucratives, libérale quoi ! et que l'extrême-gauche lui préfère la défense inconditionnelle du damné de la Terre : la figure du migrant d'origine musulmane issu d’Afrique ou du Proche et Moyen-Orient. La droite du business a rejoint Macron, et la droite sociétale s'est vautrée avec Wauquiez et Bellamy.

Le populisme de gauche représenté par Mélenchon qui s'apprête à manifester le dimanche 10 novembre contre l'islamophobie, est mort-né, à cause de son préjugé racialiste, et délaisse totalement la question sociale et de la redistribution des richesses en raison de ce préjugé qui lui fait voir tout Français de souche ou désirant s'assimiler en respectant ses valeurs, comme suspect. Tandis que le populisme de droite qui a malheureusement éventuellement des préjugés racistes, peut prospérer sur la question migratoire et du voile qui préoccupe bon nombre de Français, plus ou moins anciennement assimilés : ce qui fait précisément le jeu de Macron et de ses sbires toujours à l'affût du moindre dérapage qui pourrait évoquer les heures les plus sombres de notre histoire et la résurgence de la bête immonde, pour décrédibiliser son adversaire.
Attendons-nous si un deuxième tour Macron/Le Pen se profilait en 2022, à une immense campagne de décrédibilisation orchestrée par tous les médias réunis autour du moindre fait divers opportun qui s'apparenterait à une dérive raciste. En attendant Macron va chasser sur les terres du RN avec des effets d'annonce sur le voile ou l'immigration économique, peu suivis d'actes concrets.

C'est pourquoi je fais le pari que Macron sera réélu, pour mener le France au bout de l'impasse avec un fardeau éreintant, c'est-à-dire bien davantage qu'elle ne peut en supporter.

Macron n'a selon moi aucune volonté de réduire l'immigration d'étrangers de culture musulmane. Il n'a parlé que de l'immigration économique, qu'il souhaiterait voulue ou choisie et non plus subie, cela aura plutôt pour effet de l'augmenter, et cela ne concerne qu'une petite frange de l'immigration. Comme d'habitude avec lui c'est de la poudre de perlimpinpin.

Macron est un libéral-libertaire multiculturaliste pour qui il n'existe pas de culture française - « Il n'y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse » - mais des cultures (in fine la culture musulmane, cette richesse incomparable qui aurait permis la Renaissance en France et son apport humaniste par le biais de la culture gréco-latine), il est tout à fait logique pour être cohérent avec lui-même qu'il ne soit pas hostile au communautarisme de type anglo-saxon ou autre, bien au contraire, avec cerise sur le gâteau que contrairement aux États-Unis les statistiques ethniques sont interdites en France, donc aucun moyen de se rendre compte des dégâts sous peine d'accusation de volonté de discrimination.

Nous sommes pris dans la nasse, dans le piège qu'a tissé pour nous l'idéologie des droits de l'Homme qui est notre propre cheval de Troie bâti par nos soins, et les ressortissants musulmans usent et abusent de notre faiblesse. Ils doivent bien rigoler sous cape, pardon sous voile !



mardi 29 octobre 2019

Marx doit se retourner dans sa tombe



Avant la Révolution, sauf exceptions qui ont existé, ce sont les intérêts de l'aristocratie qui prédominaient, après ce seront ceux de la bourgeoisie qui s'exprimeront à travers le nationalisme. Le pouvoir fut longtemps nationaliste, il était patriarcal et le plus souvent de droite comme le capitalisme. On peut dire que le capitalisme est passé désormais dans la sphère du gauchisme culturel, il est devenu libéral-libertaire, sa composante libertaire étant tous les droits sociétaux que l'on accorde aux femmes par le biais notamment de la PMA et de la future GPA, aux homosexuels, à toutes les minorités en favorisant le communautarisme. On a renoncé à l'assimilation et même à l'intégration parce que cela reposait sur un modèle patriarcal dont Zemmour a la nostalgie.

Il faut bien voir cependant que le nationalisme était une lèpre, tout comme l'islamisme aujourd'hui, qui a causé les guerres et les génocides du XXème siècle, et que l'on ne pourra pas revenir en arrière. À tout cela Orwell oppose le socialisme spontané et la common decency du petit peuple. En France il s'agit du petit peuple de souche que les élites ont pour projet de faire disparaître à plus ou moins long terme, car il est impossible qu'elles n'aient pas réfléchi aux conséquences d'une immigration massive et essentiellement musulmane, donc nataliste et prosélytiste. Ils ne pourront pas nous faire le coup du : « on ne savait pas ! »

Les élites mondialisées savent en réalité très bien ce qu'elles font. Aujourd'hui la bourgeoisie a réussi le tour de force d'une internationale bourgeoise s'inspirant d'une vulgate marxisante : « bourgeois de tous les pays, hors-sols, bobos, mondialisés et sécessionnistes, unissez-vous contre vos peuples ! » Le pauvre Marx doit s'en retourner dans sa tombe ! En réalité les peuples n'ont jamais participé de près ou de loin au pouvoir, et aujourd'hui l'oligarchie bobo voudrait saisir l'aubaine de l'islamisme conquérant pour essayer de les mettre définitivement hors d'état de nuire. Seul le peuple Anglais s'est rebellé avec le Brexit.

Il y a peu la censure était de droite et patriarcale, encore dans les années 70 que j'ai connu enfant et jusqu'au début des années 80, aujourd'hui elle semble émaner de la gauche culturelle, au nom notamment de la lutte contre le racisme pour éviter la résurgence de la bête immonde.

Les pauvres chéris philosophes des Lumières qui s'opposaient à l'arbitraire de la monarchie absolue, on voit où leurs idées géniales et transgressives ont mené. Ils pensaient sans doute sincèrement que le paradis sur Terre sortirait de leurs cerveaux progressistes, que les Hommes étaient sages, que les peuples pouvaient sortir de l'état de minorité, ils se sont trompés. Il aurait sans doute mieux valu qu'ils s'abstiennent de penser avec tant d'enthousiasme sur les soi-disant vertus du progrès ; ça nous aurait évité, nous Français, la Révolution et sa Terreur et le désastre final napoléonien, la France ne s'en est jamais réellement relevé.

Jamais aucun peuple n'a pu s'affranchir d'une tutelle, encore aujourd'hui il subit un conditionnement de la part du pouvoir pour ne pas qu'il se révolte : la « fabrique du consentement » à l'aide des moyens de manipulation de masses (médias audiovisuels, cinéma, presse, art au service du pouvoir...), la censure qui s'exerce à l'égard de ceux qui s'éloignent de l'opinion commune (Agacinski, Zemmour...). Tout cela ne fait qu'alimenter une pensée complotiste somme toute bien normale et légitime, dans laquelle le papy terroriste de 84 ans est tombé.

C'était une illusion des philosophes des Lumières de penser que le peuple pouvait s'affranchir et accéder à la majorité, en coupant la tête du roi. Toute cette violence fut vaine, idem pour le marxisme-léninisme concernant les travailleurs prolétaires qui furent dupés par le pouvoir communiste.
Il aurait mieux valu réformer le régime absolutiste plutôt que de vouloir faire la Révolution, avec toutes les violences qu'elle a engendrées.
Toutes les autres révolutions sur le modèle de la Révolution française ne furent jamais émancipatrices, mais avant tout sanglantes et barbares, avec le résultat final que l'on sait : une férocité accrue à l'égard des peuples qui pensaient pourtant se libérer d'un joug, pour finalement tomber sous un autre joug plus oppressif. Comme celui du patronat bourgeois à la place de l'aristocratie.

Avec le désenchantement du monde lié à la chute du monde théologico-aristocratique, on voit bien que l'on a beaucoup plus perdu que gagné aux développements des sciences et techniques. Mais ce progrès auquel les philosophes des Lumières ont adhéré avec fougue était antérieur à leur pensée et découle de la métaphysique cartésienne, qui elle-même découle d'un rapport monothéiste aux êtres et au choses (donc totalisant), qui lui-même découle du culte du dieu unique Aton, qui lui-même découle... etc.
Le polythéisme convenait mieux à la nature humaine que le monothéisme. On ne trouvera jamais la source de la chaîne de causalité : Schopenhauer. Même les sciences les plus pointues n'arrivent pas à remonter à l'origine de toute chose, et l'on n'y arrivera jamais selon ce même Schopenhauer, je veux bien le croire. L'Homme a aussi besoin du mensonge, c'est-à-dire de l'art, pour (sur)vivre.

Même la raison a besoin de la croyance pour se développer, d'un minimum d'enchantement du monde, que les polythéismes étaient les mieux aptes à faire vivre ; Le grand philosophe Kant lui-même reconnait la nécessité d'un dualisme qui laisse vivre la croyance aux côtés de la raison. Nous n'avons rien gagné au désenchantement du monde, nous avons tout perdu du pouvoir totalisant des développements des sciences et techniques, qui n'assouvissent même pas notre curiosité naturelle pour la révélation de l'origine de toute chose.
La quête de la vérité est comme un oignon qu'on épluche, elle nous fait pleurer de souffrance, et derrière chaque peau que l'on retire, se trouve une nouvelle peau jusqu'à disparition du légume, c'est-à-dire jusqu'au néant, qui semble effectivement le destin tout tracé de toute civilisation humaine lorsqu'elle se donne pour but la quête de la seule vérité au moyen de la seule raison privée de mythes et de croyances.

Au vu des crimes du XIXème siècle : colonialisme, génocide des peuples sauvages, exploitation de la classe ouvrière ; puis du XXème siècle : les guerres mondiales, les génocides, la bombe atomique sur Nagasaki et Hiroshima ; le sort de Calas et du Chevalier de la barre me paraît bien anecdotique et dérisoire. J'aurais même préféré connaître leur sort, plutôt que de subir dans l'impuissance ce désenchantement absolu de toute chose. « L'homme par qui le désert croît » Nietzsche.

dimanche 27 octobre 2019

Les Français ont (encore) laissé passer leur chance, l’Angleterre sera championne du monde de rugby !


Je crois bien que l'on peut faire un parallèle entre l'Allemagne et l'Algérie. Avant Napoléon l'Allemagne n'existait pas, il y avait la Prusse et une quantité de micro États formant une mosaïque sympathique mais sans danger, Napoléon a fabriqué l'ébauche de l'Allemagne moderne en unifiant ces États. C'est Napoléon qui a véritablement donné le sentiment nationaliste aux Allemands en leur faisant cadeau de l'unité nationale, qui s'est retourné plus tard contre la France.

Dans les années 1815-1820, la France subissait de temps en temps les aléas de la piraterie venant de l'Algérie et des côtes barbaresques, elle a souhaité pacifier la région.

De la même manière que l'Allemagne, avant la colonisation l'Algérie telle que nous la connaissons aujourd'hui n'existait pas, c'est la France qui lui a donné ses frontières et qui l'a modernisée. Je comprends aujourd'hui le ressentiment d'une partie des colonisés car ils n'avaient pas les mêmes droits que les colons, et si j'ai bien compris une partie des musulmans ont du ressentiment à l'égard des Juifs, car à eux, par le décret Crémieux, on avait donné la citoyenneté française. Mais les Algériens d'origine musulmane désiraient-ils la nationalité française, désiraient-ils être français ?
Ceci dit il me semble que c'est la France qui a donné à l'Algérie son sentiment patriotique en en ayant fait un État-nation moderne. Reste à savoir si ce sentiment patriotique, allié à une ferveur religieuse musulmane retrouvée qui est aussi un système juridico-politique (la charia), se retournera ou non, contre la France ; si affaiblie dans la confiance qu'elle a d'elle-même par les attaques du progressisme et de la bienpensance, et dans sa natalité défaillante à cause du féminisme notamment (qui considère telle Christine Angot, l'enfant comme un « paquet »).
Le même problème se pose pour l'ensemble des musulmans de France aujourd'hui que pour les Algériens autrefois, désirent-ils être français ? Ou bien lui faire payer le prix de son arrogance coloniale passée et alors qu'ils ont (re)trouvé une fierté nationale et ethnico-religieuse à travers des États-nations, qui n'existerait sans doute pas sans l'intervention de la France ? Avec notamment l'arme que leur confère leur croyance religieuse cherchant à imposer un système juridico-politique (la charia), partout où ils s'installent.

Je peux comprendre aussi le sentiment d'humiliation qu'ont dû ressentir sous la colonisation, des populations musulmanes qui furent réduites à l'état de sous-citoyens par rapport aux colons français puis aux Juifs francisés par le décret Crémieux (telle la famille de Zemmour), à qui la charia donne normalement l'hégémonie du fait de leur religion, tandis que les autres populations sont réduites au statut de dhimmitude. Avec leur fierté retrouvée, il ne fait nul doute que beaucoup de musulmans voudraient prendre leur revanche et inverser la donne de la situation de colonisation : en imposant à terme la charia en France aux populations non-musulmanes et en les réduisant au statut de dhimmitude. Et cela en utilisant nos propres contradictions d'Occidentaux rongés par le remord et la culpabilité postcoloniale.

Sans vouloir pousser un cocorico, les nations modernes en Europe sont surtout le fruit de la Révolution française et de la diffusion du sentiment nationaliste dans toute l'Europe, le nationalisme comme l'islamisme étant aujourd'hui considérés comme une lèpre. Désormais ces nations vieillissantes ont sans doute trouvé la sagesse de ne plus se faire la guerre pour des motifs plus ou moins futiles mais surtout pour la domination et par nationalisme, et c'est sans doute davantage parce qu’elles sont vieillissantes démographiquement que par la construction de l'unité européenne qui peine à émerger, du fait de l'insuffisance de volonté et de dynamisme propre à la jeunesse, cette dernière ayant été remplacée en Europe par le jeunisme des vieux qui ont préféré jouir que d'éduquer leurs enfants. Pendant ce temps-là, nos élites sécessionnistes et mondialisées européennes abandonnent leurs vieux peuples à leur triste sort et semblent décider à les remplacer par des forces vives issues de la diversité, qui n'en demandaient pas tant, venant de pays tiers ne partageant pas du tout notre culture, et animées d'un désir de revanche et d'imposer à leur vieil oppresseur un système juridico-politique de domination par la soumission.

On peut parler désormais de vieille Europe des Nations. Ces nations se sont tellement déchirées pour l'hégémonie qu'elles se sont épuisées, tandis que l'Angleterre complotait derrière le dos des nations continentales (perfide Albion !) pour que l'Europe ne se forme jamais sous une autre domination que la sienne, et poursuivait son bonhomme de chemin dans ses colonies grâce à sa marine conquérante. C'est l'Angleterre qui selon moi a le mieux tiré son épingle du jeu, ceci étant dû essentiellement à sa situation géographique. C'est une puissance maritime du fait de sa géographie insulaire qui lui donne sa spécificité, quand toutes les autres sans exception sont des puissances continentales. Aujourd'hui encore l'Angleterre prend des risques et se distingue des autres par le Brexit.
L'Angleterre avait peu à craindre de perdre des batailles sur le continent, sa survie n'en dépendait pas, elle pouvait prendre du recul et faire les alliances nécessaires afin d'entraver toute tentative d'hégémonie sur le continent d'une puissance continentale, et en même temps elle pouvait consacrer toute son énergie à déployer sa marine dont sa survie dépendait du fait de sa situation insulaire. Elle s'est donc historiquement toujours opposée à toute idée européenne par le biais d'une nation continentale dominante, comme tour à tour l'Espagne, la France, l'Allemagne qui s'y sont cassées les dents.
Elle a pu imposer finalement, grâce à sa marine initialement, à l'ensemble du globe mondialisé sa langue, qui est la langue des échanges commerciaux et désormais même la langue d'échange conviviale et touristique entre les peuples, y compris européens. Les petites graines qu'elle a semées à travers le monde sont devenus des États hégémoniques et anglophones comme les États-Unis, et dans une moindre mesure le Canada et l'Australie. Alors qu'au départ c'était plutôt la France qui avait vocation à conduire l'hégémonie européenne sur le reste du globe.
Les jalousies et les perpétuelles rancœurs en ont décidé autrement, et plutôt que de se faire dans l'harmonie et l'enthousiasme, cette unité européenne s'est finalement formée au terme de discordes, de guerres et de massacres sans nom, fruits pourris du nationalisme, pour ne pas qu'ils se reproduisent. C'est désormais une Europe exclusivement économique au détriment des peuples, très vieillissante, et désarmée idéologiquement (bienpensance), qui doit faire face à un flux dynamique et continu de jeunesse et de religion conquérante, dominateur et visant à son tour l'hégémonie sur le continent.

Je suis un peu pessimiste car la religion musulmane est prosélytiste et nataliste. Et dans mon entourage beaucoup de jeunes couples blancs répugnent à faire des enfants pour « sauver la planète » ! Les femmes musulmanes pour la plupart continuent à faire beaucoup d'enfants. J'ai été enseignant dans des quartiers sensibles du 93, et il n'était pas rare de voir des unions polygames où le père avait tellement d'enfants qu'il ne se souvenait pas de tous les prénoms, mais par contre il touchait toutes les allocs (c'est pas une blague !).

jeudi 24 octobre 2019

Peut-on faire preuve de ferveur contre l'islam ?



Les Occidentaux ont totalement remplacé la raison pratique (la morale) par la raison hypothétique (le calcul d'intérêts), malgré les avertissements de Kant. La raison chez Kant est une faculté de demander. La raison exige. Dans La Critique de la Raison pure, elle intervient au moment où elle pose son exigence : elle demande l’inconditionné. Dans la mesure où la raison est une faculté qui demande, elle peut éprouver un besoin. Et son besoin, c’est la foi. Elle a besoin de croire. Sinon la raison s'effondre sur elle-même, elle n'a plus de vitalité, elle devient purement formelle, instrumentalisable. Et on le voit aujourd'hui, beaucoup de musulmans éduqués et intelligents instrumentalisent la raison des Occidentaux au profit de leur religion, ils retournent contre les Occidentaux leurs propres armes, toujours au nom des droits de l'Homme. Une telle attaque n'est possible que parce que la plupart des Occidentaux n'ont plus aucune espèce de croyance.

C'est aujourd'hui le relativisme absolu qui anime les Occidentaux : il n'y a plus de bien et de mal. D'où ce monde qui peut nous apparaître comme « fou », où il n'y a plus de dialogue, plus de débat, mais juste du buzz, des polémiques toutes plus violents les unes que les autres et aucune sérénité.

C'est aussi un point qui peut permettre de comprendre l'islamisation de la société : ce n'est pas la volonté des musulmans pris en particulier, individuellement, c'est même peut-être moins la volonté de l'islam que la revanche de la raison pratique (la morale) sur la raison hypothétique ou calculante, issue du néolibéralisme triomphant et par lequel les Occidentaux ont perdu toute leur vitalité, y compris raisonnable, en oubliant de nourrir la raison à sa racine ; qui est son besoin de croire.

Il y a un dualisme selon Kant entre raison hypothético-déductive propre à la science et raison pratique propre à la morale, or aujourd'hui nous nageons en pleine confusion avec le libéralisme libertaire, l'islam servira-t-il d'arbitre ? C'est un peu l'hypothèse de Houellebecq. Au passage ce qui donne toute sa force à Zemmour c'est sa foi profonde en la France et la raison fulgurante qui en résulte car elle s'en nourrit, foi qui peut être contagieuse ; d'où le danger qu'il représente à la fois pour les islamistes qui défendent une cause avec une foi profonde et pour les libéraux, accessoirement marchands d'armes indifférents au bien et au mal et à l'étiquette idéologique de leurs acheteurs, qui ont aboli en eux toute croyance depuis plus de deux siècles de travail souterrain de leur idéologie mortifère, sans cause à défendre hormis faire du commerce. La question du bien et du mal étant laissée en Occident à quelques bateleurs de foire caricaturaux dans leur outrance, tels BHL, Kouchner, Goupil ou à un degré moindre Marek Halter !

Kant n'est pas libéral car il nous mettait en garde d'évacuer la croyance, la foi, la morale, de la raison. Pourtant c'est bien le travail de sape qu'a opéré le libéralisme pendant plus de 200 ans, et qui a abouti au pur relativisme ou nihilisme contemporain chez la plupart des gens, que certains idéalisent en pensant qu'ils ont encore foi en nos valeurs, notre civilisation ou notre culture, ils sont devenus globalement trop cynique pour ça, surtout nos élites qui se veulent sécessionnistes du petit peuple, jugé moisi et nauséabond...
Le libéralisme nous a enrichi matériellement, mais considérablement appauvri spirituellement, c'est une école du cynisme pour tous ceux qui pour s'enrichir, se font accessoirement marchands d'armes indifférents au bien et au mal. Je pense que Kant n'était pas tombé dans ce piège par la définition qu'il donne de la raison, et qu'il avait anticipé les ravages d'une raison purement hypothético-déductive qui se voudrait sans morale. Ce lent travail de sape s'explique par les origines du libéralisme : abolir toute trace de foi religieuse pour mettre fin aux guerres de religion ; seulement voilà le libéralisme n'avait pas prévu qu'une religion, la plus virulente, échapperait à ce travail de sape et viendrait s'inviter et se répandre sur les ruines de la foi chrétienne en Occident.
Le libéralisme est amoral au départ, il a évacué la morale du champ de la raison par ses prémisses que l'on trouve chez Adam Smith (vice privé, vertu publique), et ses conséquences que l'on trouve dans le nihilisme contemporain particulièrement éclatant chez nos élites bobos sécessionnistes du petit peuple de souche notamment. Dans le cas où Kant serait à la source du libéralisme, il est inconséquent avec lui-même, ce qui est possible.

Ou alors on l'a caricaturalement simplifié : Kant avait prévu qu'il resterait un champ pour la raison pratique, le côté le plus noble de la raison selon lui en faisant de chacun le législateur de sa propre vie (liberté et responsabilité), or ce tout ce champ-là a été totalement oublié, oblitéré par la modernité et les impératifs de vitesse et d'efficacité de la Technique. Je ne nie pas que chez certains puristes ce champ demeure toujours bien vivant, mais ils ne constituent pas la norme pour y (sur)vivre et s'y adapter à ce monde, qui est le fruit de la pensée des libéraux qui voulaient le changer et le rendre plus « doux » alors qu’il est aujourd’hui ultra violent, désolé de vous le dire.

La question que devrait se poser le lecteur moyen de Causeur, ou le Français moyen franchouillard tout court attaché à son mode de vie, c'est-à-dire à son litron de vin, à son match de foot et à sa feuille de paie ou son alloc, est qu'est-ce qui dans la chaîne de causalité explique la foi profonde et radicale de Zemmour pour son pays ? Plutôt que de chercher à y adhérer avec ferveur. Car de toute façon, une telle ferveur que comprend Driss Gahli de son point de vue musulman, est inatteignable pour un Occidental moyen, miné de l'intérieur par le travail de sape du libéralisme depuis plus de deux cents ans ou de ce qui revient au même ; le relativisme le plus absolu. Voilà pourquoi nous sommes si démunis face au « péril islamique », si tant est qu'il existe vraiment aux yeux de ceux qui veulent nous l'imposer alors qu'il n'existe qu'à l'état de fantasme aux yeux de la plupart des Européens qui ne peuvent même plus concevoir un acte radical de foi profonde, comme un attentat terroriste - plutôt l'occulter de leur conscience tandis que les musulmans radicaux en sont privés -, pour ne retenir que l'atteinte aux droits de l'Homme faite aux musulmans pris individuellement qui vaut condamnation pénale pour Zemmour.
Et comme le dit aussi souvent Zemmour pour sa défense citant Benjamin Constant : « Tout est moral chez l'individu, mais tout est physique dans les masses. » On fait donc au passage un faux procès à Zemmour en l'accusant de s'en prendre à des individus, alors qu'il s'attaque au phénomène de l'islam qui est plus physique que moral car impliquant des masses.

jeudi 17 octobre 2019

Dialogue avec un royaliste



Le royaliste : « La France est le pays qu’a fondé Clovis. En tant que telle, elle est ethnologiquement celte, sa philosophie est héritière de celle grecque, son droit est issu de celui romain, et sa religion est celle chrétienne et catholique. Tout Français, aujourd’hui, sauf à renier quinze siècles de sa généalogie, et à la condition de se vivre, donc se vouloir pleinement tel, est le dépositaire de cet héritage et le pilote de ce quadrige.

Or la France est ainsi, aussi, de tous les pays d’Europe, celui qui a le plus œuvré à la fondation de l’identité européenne. Celle-ci, ainsi européenne parce que d'abord française, ayant éclairé et pouvant éclairer encore le monde entier, se trouve aujourd’hui, pour de basses raisons, menacée (outre une délétère influence américaine vieille d’un siècle et qui tend de nos jours à s’amenuiser) d’une part à ses portes et en son sein, par l’islamisme, et, d’autre part plus lointaine dans l’espace sinon dans le temps, par le marxisme capitaliste non-humaniste de la Chine.

Ni le druidisme, ni la composante celte des peuples européens et anglo-américains, ne sauraient à eux seuls définir ni l’Europe en tant que civilisation, ni la sauver desdites menaces ; c’est bien l’alliance subtile entre ces quatre traditions dont elle est le creuset dynamique qu’il s’agit aujourd’hui de vivifier : idée de l’absolue dignité de la personne humaine telle que fondée par le Christianisme, idée des absolus devoirs du citoyen envers la cité issue du droit romain, idée de l’absolue liberté, en conscience, de conscience, héritée de la philosophie grecque, idée de la révérence, nécessaire au devenir de l’humanité, quant au fait naturel, comme héritage celte.

Ces quatre idées faisant impératifs catégoriques et complémentaires fondent la civilisation française, et par extension, donc, celle européenne, en ce qu’elle a non seulement d’unique, mais aussi comme sommet anthropologique, c’est-à-dire spirituel, donc civilisationnel.

C'est l'enjeu de l'Europe des Nations, démocratique et populaire.

La synthèse dite - soit celto-gréco-latino-chrétienne - fit l'identité française : Clovis, par Clotilde, accepta le baptême, et fit la France comme telle. Jusqu'à Mai 68 et ses conséquences, "Nos ancêtres les Gaulois" faisait le socle de l'enseignement que la République offrait à ses fils jusqu'en ses colonies.

Or, en effet, le vrai lien qui unifie les peuples sur laquelle s'étend l'actuelle Union Européenne est celui celte, qui permit la synthèse, par Clovis, ce Celte, de l'Europe du Sud, méditerranéenne, et de l'Europe du Nord, baltique, ce quand la civilisation celte avait d'ores et déjà unifié, depuis son centre géographique, le continent européen en tant que tel.

La civilisation celte a eu un rôle premier dans cette synthèse. Et pour cause : elle fut la première civilisation, unie dans la diversité de ses peuples, du continent européen, quand celle grecque resta toujours géographiquement circonscrite à la péninsule hellénique, et quand l'empire romain fut toujours par essence méditerranéen.

Fondée dans un panthéisme naturaliste qui révérait les cycles saisonnaux dans la crainte permanente de leur disparition, la religion des Celtes, par son origine indo-européenne qu'elle partageait avec celle mosaïque se souvenant d'Abraham (dont le nom porte la mémoire de Brahma, comme celui de sa femme, Sarah, porte celui de la parèdre de celui-ci, nommée Sarasvati), procédait d'une conception du rite comme moyen d'apaiser la Puissance Créatrice quant aux fautes humaines.

Sur ses fêtes furent réglées celles du Christianisme : solstice d'hiver pour la Naissance du Christ, fête du printemps pour Sa Résurrection célébrée par les Pâques, Saint-Jean du solstice d’été.

Ainsi la culture celte fait-elle encore partie intégrante de celle française, et, plus largement, de celle européenne dont elle préfigura de fait l'espace géographique.

De Driss Ghali, le grain de sel du jour, pour un énième article qui subrepticement voudrait défaire la France comme pour mieux essayer d'y glisser, sous couvert d'une modération toute d'apparat, un islamisme (vrai nom français de cette secte pseudo-deutéronomique, - comme l'on parle en notre langue de bouddhisme, d'hindouisme, de shintoïsme ou de raëlisme - ce qu'a su rappeler très-récemment Éric Zemmour, qui sans doute m'aura lu ou entendu le dire, tant je l'aurais, ici et là, écrit, dit et redit... quand il est de bon ton, semble-t-il, de nos jours d'user du mot arabe qui la désigne, - mot qui, non traduit, en français ne peut ni ne veut donc rien dire... ) - islamisme censé seul à ses yeux et selon cet article, pour qui saura le lire, faire le pendant conservateur de l'air du temps dit "progressiste" d’une part, et, d’autre part, tout mondialisme que le mahométisme (son autre nom français, et plus français, de fait…) se croit naïvement fondé à être, décréter mort et enterré l’universalisme auquel on veut réduire la France (laquelle en réalité fonde, en préparant son avènement déjà révélé, un absolu subjectif, comme tel bien plus transcendantal qu’horizontal, - mais c’est un autre sujet qu’on effleurera un peu plus loin) permet de croire que l’on peut faire accroire combien l’islamisme est appelé à son règne mondial, ceci en France pour commencer… Gloser, aussi, ainsi, chaque semaine ou presque dans Causeur, journal catalogué à droite voire - pour ses ennemis - à la droite de la droite, sur la fin programmée de la France, ses torts, ses faiblesses, tout en faisant à la moindre occasion l’apologie sans la moindre vergogne de l’islamisme le plus plénier [ * ], voilà qui en effet montre à quel point l’on est, quoi qu’on dise par ailleurs, le soldat engagé en pratique dans le triomphe terrestre de la cause que l’on sert. Cause que notre Driss causeurial a sans doute « en son for intérieur » d’ores et déjà formulée, à savoir : imposer l’islamisme, en France, par la Droite, ceci en convaincant, depuis l’une des publications à la fois des plus radicales comme des plus diversitaires de cette même droite, les électeurs d’icelle, en tâchant de leur prouver, articulet après articulet, que le cOnSeRvatiSmE dU fUtUr s'appellera, en tout cas selon ce trégrantécrivain, mahométisme. Habituelle hubris du soft-djihadisme (tout comme du plus hard), soit de celui fondé en prosélytisme, qui, se fantasmant (dans les deux cas, du reste) « fait-de-son-dieu» s’enferre à proportion dans l’erreur que plus rien ne saurait (selon lui ; or les miracles existent, - les vrais...) lui révéler, tout djihadiste ayant en tant que tel dépassé toute espèce de doute auto-critique… Rien de nouveau sous le soleil, en fait, tant depuis Mahomet sa doctrine toujours se casse les dents sur les rives de l’Europe (quand ce n’est pas l’Europe qui, quand elle en a vraiment marre, vient lui casser les dents). - Piètre cheval se voulant "façon Troie" entré dedans Causeur, tout de planches vermoulues dont les trous béants laissent voir la soldatesque aussi pleutre que sinistre et vaine, et dont ce Driss voudrait qu'elles lui fassent sa cuirasse taquyaesque...

Mais reprenons dans le détail avant que de répondre, de ci, de là, chemin faisant, à grande échelle.

C’est, d’abord, prendre un peu vite la partie pour le tout que de réduire la France aux lubies d’une caste globaliste autant que finissante. La France - faut-il l'apprendre au mahométan Driss ? - n'est pas la PMA (cette invention étasunienne tendance gauchière…), pas non plus les Droits de l'Homme (surtout pas ceux réécrits « à l’international » en 1948), encore moins le demi-siècle post-68 (que l’on s’efforce d’encore prendre, en certains cercles au nombrilisme pétri de mauvaise foi, pour une sorte d'épopée purement franco-française...), et pas du tout le macronisme (ce mondialisme presque risible, oblitéré dans l’œuf par la geste du monde qui, comme en divine réponse au coup d’État phynancier dont il s’est lors agi, s'est entre-temps re-multipolarisé...).

La France millénaire, qui a connu dans son Histoire des crises bien plus graves que celle dont vous vous faites le héraut hypocrite, tant vous voudriez que celle-ci serve vos stratégies visibles, est aujourd'hui portée comme telle par bien plus des trois quarts de sa population, lesquels sont unifiés - au grand dam des caciques qui voudraient l'incarner - autour des "grand-sujets-2-société" que leur soumettent les sondeurs, et leur vision du monde en est ainsi plus cohérente, unifiée, harmonique, qu'elle ne le fut sans doute depuis les premiers jours de juillet 1789.

Or la nature encore précisément patriarcale de sa civilisation fait que cette France sait promouvoir depuis ses origines la Femme libre en tout, de Clotilde et Geneviève jusques à Marianne (cette Marie-Anne laïcisée...), et depuis, encore bien au-delà. Paradoxe apparent, et plein sans doute d’un obscur mystère pour qui n’est pas tout entier d’elle ou pour elle, qu’une France qui pour savoir célébrer l’Homme honore d’autant la Femme, et qui, honorant l’Homme, d’autant célèbre la Femme. Car ce que vous appelez patriarcat n’est en fait qu’un animalisme, et le patriarcat vrai, qu’incarne par nombre de ses tendances le judaïsme vrai tout comme l’esprit gréco-romain ou celui celte, et que le Christ et avec lui le Christianisme exalte au plus suprême degré : loin de réduire la femme aux seules fonctions d’épouse ou de mère conçues à vue de mammifère, l’Esprit Christique, intégrant au demeurant par la geste et les choix objectifs d’un Jésus certains traits de l’esprit gréco-latin tout en exaltant la Loi abrahamique depuis les Loi dites noahides (toujours en vigueur, pour votre gouverne) et celle du Mosaïsme que fonde le Décalogue (que votre culte renie en sanctifiant sans cesse le meurtre), le Christianisme, dis-je, exalte la Femme comme Esprit libre parce que l’égale de l’Homme, et, tous deux étant - divinement - complémentaires, fût-elle à certains titres, tous respectables, différente : liberté là encore fondée en responsabilité, responsabilité née de l’intégration en Esprit des principes de la Loi, dont la Geste et le Verbe du Christ sont l’exemple suprême, - ce lopin de votre prétendu prophète, autant cupide que criminel selon la tradition portée par ses thuriféraires.

Liberté fondée en Responsabilité révélée par l’Esprit de la Femme comme de l’Homme. Le Christ-Messie, dont le Royaume n’est pas de ce monde et qui d’autant est La Lumière du Monde, que les femmes de son temps révérèrent et qui les honora en tant de circonstances, savait qu’Adam avait désobéit du fait d’avoir écouté Eve, laquelle avait désobéi du fait d’avoir été trompée par le Serpent, et si tous deux avaient été punis, c’est qu’ils étaient tout deux blâmables, mais que le vrai coupable, le seul coupable était ledit serpent. Aussi, d’Eve écoutant le Serpent à Adam écoutant Eve, la faute originaire revient non à Eve, mais au serpent, serpent créé pourtant par Dieu. Mystère… Mystère que jamais ne saura voir ni concevoir votre secte post-pharisaïque sinon pseudo-deutéronomique et, comme vous le dites vous-même, en tout retardataire, — et pour cause, tant ici gît un autre mystère…

Or ceci en effet sera la ruine de votre culte : car "Homme et Femme, Il les créa.", et "Moi non plus, Je ne te condamne pas.».

Dans ce qui se veut sans doute votre plus grosse audace en le présent article, vous commencez de le pressentir, avant de signer encore votre volonté d’oblitérer la France telle que je l’ai dite et que pertinemment savez, en prétendant dans la même phrase que le patriarcat n’y aurait plus son sens :

Il s’agit plutôt d’inventer une nouvelle doctrine de la dignité humaine qui puisse être opérationnelle dans les pays musulmans et partout où le patriarcat a encore un sens.

Cette doctrine, Driss Ghali, existe, éternellement nouvelle, qui porte un nom : Christianisme. Ce que savent ou découvrent chaque jour, au Maghreb, en Afrique et ailleurs [1 : "Algérie : la conversion des Kabyles au christianisme"] [2 : "Al Jazeerah observe des conversions massives de musulmans vers le christianisme"] [3 : "Le Top 20 des pays où le christianisme progresse le plus"], ceux qui voient que le Christ est Source Vive de Liberté faite Responsabilité, et qui veut que la France, quoi que ce que vous en dites et par-delà les inepties récentes de ceux qui la désolent et la trahissent au temps réduit de leur existence vaine, en soit l'image sociale et politique de loin la plus parfaite, à l'échelle du monde comme à celle des siècles.

Votre secte para-pharisaïque qui prétend intégrer les paroles d’un Issa a déjà été jugée : « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier […] aux coins des rues, pour être vus des hommes » « Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.»

Cette secte, dont vous vous êtes ici déclaré récemment être « fervent », rappelez-vous qu’elle ne couvre en nombre qu'un sixième de l'Humanité ; le Christianisme éclaire, lui, déjà trois fois plus d’âmes que vos co-sectateurs se croient fondés à persécuter, fût-ce jusqu’à l’assassinat, partout où ils le peuvent voire le veulent, et ce conformément aux injonctions d’un texte qu’ils prétendent - et que vous prétendez - sacré qui affirme que rien n’en doit être retranché, et qui promeut, le dire encore, ce en toutes lettres, le meurtre. Que l’Ancien Testament ait pu prescrire la mort donnée en de certains détours de ses évolutions quand il est par essence Révélation dans l'Histoire et, à plusieurs titres, historicisme dont vous, qui prétendez le désavouer, pour autant précisément procédez dedans votre logique, de l'Histoire, renforce la puissance du Nouveau Testament comme son aboutissement, lequel exalte l’Homme et la Femme comme égales créations suprêmes de Dieu, et qu’en tant que telles ils ont leur vie terrestre entière pour gagner Son Pardon s’ils se sont éloignés dans leur vie ou des Lois noahides, ou bien du Décalogue, ou de la Foi en la suprême exemplarité, parce que divine en tant que telle, de Jésus-Messie-Christ, le Fils de l’Homme (à entendre de nos jours comme « Fils de l’Humanité » en tant qu’éclairée par Son Verbe et par Sa Geste même). Aussi, souvenez-vous, ou entendez : "Avant qu'Abraham fut, Je suis".
La France, loin d'être ce que vous dites, est tout ce que d'elle vous vous efforcez d’ignorer, - et beaucoup plus, encore.

Gardez-vous donc de censément danser de joie sur un cadavre encore tiède que votre obscurantisme avoué veut vous faire voir en elle : la Belle dort à peine d'un très léger sommeil vaguement agité… À trop danser - voire : sans danser, même -, à son brusque réveil vous basculerez. »


Moi (pardon pour la redite) : « Vous êtes la réincarnation de Michelet ou de Joseph de Maistre ? J'adhère à peu près à votre discours, mais j'ai des réticences sur le colonialisme dont vous ne faites pas mention. Le colonialisme loin de "convertir" les musulmans à la "religion du progrès" pour le dire péjorativement, n'a fait qu'exacerber leur aiguillon prosélytiste et nataliste.

Et je vous trouve en outre bien optimiste sur le réveil potentiel de la France. C'est plutôt au réveil de l'islam que nous assistons désormais, les islamistes/iques sont à l'offensive et nous leur cédons toujours plus de terrain en pensant que c'est parce que nous ne les respectons pas assez qu'ils ne nous respectent pas (cf. la photo du pauvre enfant qui pleure dans les bras de sa mère voilée et qui a fait le tour du monde) ; alors qu'il s'agit de toute autre chose, puisqu'il n'y a pas d'éthique de la réciprocité et de la responsabilité dans l'islam contrairement au judaïsme ou au christianisme, c'est une très pure civilisation de conquête.
Autrement dit cela ne sert à rien d'être "gentils" avec eux, puisqu'ils seront toujours "méchants" avec nous.

Quand la religion est en sommeil et que ses fidèles ne respectent pas littéralement et à la lettre l'intégralité du message qui se trouve dans le Coran, alors seulement on peut avoir l'impression qu'il s'agit d'une religion de "paix et d'amour". Ils peuvent alors donner l'impression qu'ils sont modérés mais c'est uniquement parce qu’ils sont peu fidèles, peu rigoureux dans leur foi, et qu'ils ne respectent pas à la lettre la charia et l'appel au meurtre explicite des infidèles s’ils résistent, refusent de se convertir, ou n'acceptent pas leur réduction au statut de dhimmitude.

Les circonstances qui favorisent la réactivation de l'islam, c'est l'explosion démographique de la population musulmane en Afrique (Nous savons qu’il y a 50 ans il y avait 323 millions d’Africains, qu’aujourd’hui il y en a un milliard deux cent vingt millions et que dans cinquante ans il y en aura près de trois milliards), qui leur donne une grande force et une grande confiance en l'avenir ; c'est la misère des pays africains qui les oblige à migrer vers l'Europe ; c'est aussi le désir de revanche sur l'Occident chez les plus virulents ou machiavéliques d'entre eux qui comptent sur les divisions des Occidentaux, leur idéologie droitdel'hommiste, leur féminisme (les femmes occidentales préférant se consacrer exclusivement à leur réussite professionnelle plutôt qu'à faire des enfants et à les éduquer - c’est contraignant ! -, pour leur épanouissement personnel, par égoïsme), leur antiracisme, leur culpabilité postcoloniale et leur bien-pensance viscérale, qui créent un appel d'air pour s'y engouffrer.

Pour s'y engouffrer physiquement par l'afflux de migrants sans restrictions, et moralement en nous imposant leur idéologie islamique soit par petites touches en obtenant tous les jours de nouveaux droits (même parfois infimes) pour leur religion contre le principe de laïcité, soit par la terreur et des attentats sanglants, c'est la simultanéité de ces deux fronts (intimidation morale et terreur) qui crée la sidération chez les Européens, il se sentent pris entre deux feux et se sentent moralement responsables, car leur bien-pensance qui est leur morale sociale a remplacé leur foi chrétienne, malgré la violence que l'idéologie islamique leur fait subir.

De plus en plus de musulmans remarquant comme une divine surprise cette contradiction interne des Occidentaux (j'essaie de me mettre dans la peau d'un musulman, le "nous" renvoie à "eux", et le "ils" c'est "nous") : ils font constamment pénitence de leurs crimes passés (colonialisme, racisme), ; si on les attaque il nous trouve toujours des circonstances atténuantes ; plus l'attaque est violente plus ils font pénitence (les fameuses bougies et les nounours, ces fameux rassemblements silencieux de pénitence collective et de culpabilité - vous n'aurez pas ma haine !) ; ils pensent que si ils sont gentils avec nous on sera gentil avec eux (alors que ce n'est absolument pas dans la problématique du Coran, c'est une problématique chrétienne) ; vont se prendre au jeu et en profiter pour avancer leurs pions dans le désir de revanche qui les oppose intimement à l'Occident depuis plus de 13 siècles.

Si l'on était gentil avec eux, si nous faisions pénitence de nos crimes passés (colonialisme, racisme) avec toujours plus de force, si nous surveillions sans compromis et judiciarisions avec acharnement plus encore le comportement du mâle blanc (concernant le racisme qui est un délit et pas une opinion, l'esclavagisme et le colonialisme au moyen de lois mémorielles, le sexisme et les violences conjugales) qui est à la source de tous les maux de la Terre, alors ils nous comprendraient, nous pardonneraient, et seraient gentils avec nous, dans un mouvement de réciprocité naturelle.
Seulement voilà, tout cela nous le faisons, nous le faisons avec de plus en plus de férocité et d'intolérance pour le mâle blanc, et ça ne marche pas, parce qu'il n'y a pas de tradition de réciprocité dans le Coran ; puisque le message coranique vient directement de dieu il ne saurait accepter la moindre discussion, contradiction, ou de s'engager dans un dialogue constructif avec d'autres religions ou les valeurs de la laïcité. C'est une religion de soumission et de conquête des peuples oppresseurs pour libérer les peuples opprimés, d'où son succès (Michaël Harpon s'est converti) et c'est tout. Les musulmans radicalisés doivent se frotter les mains de notre méchanceté à l'égard de nous-mêmes et de notre naïveté : c’est l’appel d’air bien-pensant qui leur permet tous les jours de s’incruster un peu davantage dans la société sans aucune volonté d’assimilation ou d’intégration.

Le Coran s'en fout de notre bien-pensance destinée en partie à flatter les musulmans et qui se retourne contre nous. Le racisme, le sexisme et les violences conjugales, les musulmans s'en balancent, d'ailleurs ils les pratiquent officiellement et c'est même dans leur Coran.

Généralement les femmes musulmanes ne dénoncent pas leurs maris violents ou ne dénoncent pas les hommes violeurs (une exception Tariq Ramadan), ce sont seulement les mâles blancs qui sont judiciarisés, au nom du féminisme et de la libération de la femme, pour dénoncer le « féminicide » comme s'il s'agissait d'un génocide d'un genre nouveau, souvent avec une large couverture médiatique.

Les Occidentaux ont toujours fait de la femme une idole, on trouve l'origine d'une telle conception dans l'amour courtois, et une telle idéalisation de la femme continue de nos jours, au point que l'homme lui attribue des droits qu'il ne s'attribuerait pas à lui-même au moyen de la courtoisie et du droit pénal ; les musulmans n'idéalisent pas les femmes, c'est toute la différence. Dans Les mille et une nuits, la femme est surtout caractérisée par son penchant pour l'infidélité, elle doit donc être "mise en cage". »


Le royaliste : « L’analyse que vous faites, pour être brillante en son détail, est celle des prospectives immédiates déterminées en tout par l’aujourd’hui, et des rétrospectives qui fondent une certaine doxa médiatique. Soit tout ce dont je me suis à dessein écarté dans mon texte. Or ce que vous dénoncez, vous finissez, au terme du vôtre, par l'incarner. Rien qui m'a étonné, pour tout vous dire, tant votre flatterie initiale, suivie de près par un aveu de désaccord quant à ce qui ne faisait pas partie de mon propos, ce dont vous agréez par une sorte d’audacieux comble rhétorique, et tout autour duquel vous fondez finalement le vôtre.

Le "colonialisme", puisque c’est ce dont vous parlez et le mot que vous employez, cette nouvelle arme contre "l’homme blanc" que comme tel vous évoquez à plusieurs reprises (quand l’islamisme, que défendent d’un même mouvement les dynamiques à l’œuvre, est par nature une colonisation qui dure depuis quelque quatorze siècles), traverse de fait tout votre texte en tant que trame, et vous vous faites ainsi le plaideur zélé de la doxa en place. Ceci, quand notre conversation précédente du jour vous rappelait déjà combien celle française fut, par sa nature politique, soit par l’Esprit Français, alors républicain et globalement laïque (en esprit sinon de fait légal) - nature différente de celle anglo-saxonne, cette monarchie dite parlementaire, dont la barbarie de fait, partout où elle se déployé, procéda d’abord par le génocide puis par un système opposant la supériorité raciale faite réalité institutionnelle de l’anglais devant les indigènes (ne parlons pas même de celles hollandaise, belge, italienne et allemandes, ni de celles espagnoles ou portugaises - quoique ces deux dernières fussent bien plus anciennes que les trois autres). Tout ce que, dans votre propos, vous choisissez, sciemment ou non, d’ignorer.

De là, une première erreur, double, qui consiste d’une part à prêter aux populations de l’ex-Empire (républicain…) Français un quelconque sentiment de revanche (j’en déduis, à tort ou à raison, que vous n’avez jamais visité ces pays), et d’autres part à faire dès lors reposer sur la France la responsabilité de cette supposée animosité. Ce que pourtant, en surface, vous faites sans cesse de mine de déplorer.

S’agissant des musulmans d’Afrique du Nord, faut-il vous rappeler que l’Algérie, par exemple, fut créée par la France, ce non pas par convoitise de prétendues matières premières qui à l’époque n’étaient pas sues, mais pour mettre un terme aux attaques dites alors barbaresques, dont la Corse porte la trace encore de nos jours sur son drapeau, et attaques de piraterie pure et simple qui ensanglantaient alors la Méditerranée par ailleurs pacifiée. Quant à la présence (sous forme de protectorat) en Tunisie et au Maroc, elle a laissé un souvenir unanime qu’un voyage sur place ne pourra que vous rappeler.

Or, tout ce faisant, vous vous faites le porte-voix d’une influence essentiellement anglo-saxonne (pré-Trump et pré-Brexit, c’est-à-dire…), portée par les médias (faut-il argumenter ? -Vous aurez noté comme quiconque le nombre écrasant de mot anglais faisant office de titres de « nos » &émission télévisées, et vous n’êtes sans doute pas sans savoir le rôle joué en France par les dollars des Fondations Ford ou Rockefeller, par exemple dans le financement massif de l’autonomisation de l’EHESS, ni de programmes tels que celui dits des « Young Leaders », dont un nombre passablement sidérant de « nos » politiques sont les lauréats reconnaissants et très zélés), influence venue donc de pays qui, c’est un fait, ont un passé colonial (RU) ou de conquête (EUA) historiquement criminel. La colonisation française ne fut certes pas que rires de joies et embrassades, mais le souvenir laissé par la présence française comme déjà évoqué corrobore ce que la France représentait, aussi, pour ses administrés en tant que le Pays de la Révolution qui fit les Droits de l’Homme, comme de première Nation qui ait voulu et su abolir l’esclavage, et dont le monde entier d’alors, soit aux XVIIIème et XIXème siècles, de Moscou à New-York comme le phare des nations (à jeu égal avec l’Angleterre et, dans une moindre mesure, l’Allemagne et les Pays-Bas en certaines sphères, certes).

Ainsi donc toute la base de votre approche est celle de la doxa médiatique, qui, se trouve être d’un contenu peu ou prou identique dans la majorité des chaînes médias en Amérique du Nord comme dans tous les pays d’Europe de l’Ouest, zones traditionnelles d’ancrage de ce mondialisme libéral-capitaliste, essentiellement d’inspiration protestante . Or, vous l’aurez sans doute noté, des grandes puissances dites coloniales émergées comme telles au cours du XVIIIème siècle, la France est la seule qui fût de tradition catholique.

A titre de remarque subsidiaire autant que transitoire, et récapitulative en ce qu’elle ramène à votre obsession déclarée de la décolonisation comme crime fondateurs des crises actuelles, rappelez-vous que quand de Gaulle a lancé son « Je vous ai compris », tout le monde, en métropole compris, avait compris que l’Algérie resterait française ; et pour cause, c’est ce qui avait au premier chef amené de Gaulle au pouvoir. Quatre plus tard advint ce que l’on sait : plus d’un million de Français quittèrent la terre où la très grande majorité d’entre eux étaient nés. Ce quand pourtant la dite guerre d’Algérie avait été militairement gagnée. Voyez : l’Histoire sans doute est-elle à bien des titres imprévisibles.

Tout ceci à ce stade sans doute à peu près établi, le reste de vos propos va, et comme en crescendo, de plus en plus, au fond, dans le sens de la doxa médiatico-globaliste déjà exposée. Vous le dites certes sur le mode de la déploration, et, permettez que je le dise, avec une très grande finesse et force intelligence.

Il reste, comme je l’ai dit en incipit, que votre pessimisme n’est en somme le reflet que de la situation la plus immédiate, approchée au double prisme du désespoir d’une part, et de la ce que le médias veulent dire et vous faire dire d’autre part.

Le résultat, me semble-t-il, en est :

- votre détestations des européens, voire des français, ceux de nos temps présents du moins, qui transpire tout au long de votre texte pour empirer progressivement (fut-ce malgré vous, qui sans doute êtes sincèrement meurtri de cet état des choses - tout apparent qu’il puisse être ) - ou plutôt entropiquement - déploration de tous qui s’achève par une condamnation de ce qui fut un paradigme de la pensée européenne depuis la chute de l’Empire Romain et l’avènement en son sein des Nations Chrétiennes, au premier chez desquelles la France, Fille de L’Église (par Clovis, via Clotilde, comme en un reversement Christo-théologique de l’acception d’alors du récit de la Genèse) .

- vous confondez les Français avec 1/ ce qu’il est convenu d’appeler les bobos parisiens, ce qui, sociologiquement et plus largement, correspond en réalité à la majorité (en nombre) de la classe supérieure des cinq plus grandes métropoles française, et 2/ ce qu’en disent et en montrent les chaînes d’infos (et des médias traditionnels en général) après triage de ce que ces dernières jugent bon de montrer et de ne pas montrer. Médias qui, dans un monde en voie de re-multipolarisation (au plan international, géopolitique) avancée du politique, sont les derniers instruments avec les ONG, les très-grosses multinationales et la finance qui active ces trois pôles, ou forces, qui comme telle visent d’abord à s’opposent à la voix des peuples, et dont une certaine frange de ce qu’on appelle désormais tous bords confondus les « élites » sont de facto parties prenantes, étant les petites mains de ce système. Ces gens sont ce qu’il est convenu d’appeler les bo-bos, au sens larges : gens des villes, cadres sup et dirigeants, qui font la masse des poseurs de bougies post attentats, des « vous n’aurez pas ma haine » qu’à raison vous dénoncez, des chroniqueurs télé (jusqu’à un certain temps encore récent, en France du moins où le discours publico-médiatique se droitise ou se populise - au bon sens du terme - de fait de plus en plus), Or la France vraie, ou la vraie France, n’est pas cette poignée de gens dont toute la pensée est prise dans les réseau de hiérarchie, de pouvoir, d’affaires et d’intrigues en tous genre (le Christ, soit dit en passant, suggère de fuir les Villes, lui qui entra dans Jérusalem pour y subir la Passion assis, acclamé par le peuple et assis sur un âne…) : c’est celle des Gilets Jaunes, celle des banlieusards qui veulent de toutes leurs forces (dont un grand nombre de jeunes filles et de femmes, et nombre de jeunes hommes et d’hommes…) s’intégrer à ce pays qui , plus que tout autre, est d’abord celui de la Liberté née de la Responsabilité (cf., s’il vous plaît, mon texte auquel vous répondiez).

- ayant fait abstraction en tout, par votre réponse, des éléments que j’avançai, sauf peut-être pour tenter d’infirmer au terme de votre texte (et sans le revendiquer explicitement) l’un de mes principaux axes « verticaux » (soit la place, le rôle et le statut de la Femme dans l’ordre de la Création), vous fondez au préalable votre approche sur une dénonciation (ou infirmation) tacite de l’un de mes principaux axes « horizontaux » : vous concluez sur la Femme, ce dans des termes (cf. Point 1, ainsi corroboré) qui condamnent de fait les Européens et les Français en particulier dans toute leur histoire, et laisse en suspend votre jugement sur la place de la Femme aux yeux des musulmans : mais rapprocher ces deux phrases vôtres laisse sans grand doute conclure de ce dont vous pensez : « Les Occidentaux ont toujours fait de la femme une idole (…) et une telle idéalisation de la femme continue de nos jours, au point que l'homme lui attribue des droits qu'il ne s'attribuerait pas à lui-même au moyen de la courtoisie et du droit pénal ; les musulmans n'idéalisent pas les femmes, c'est toute la différence.". Et vous ajoutez (et je sors à dessein cette proposition de la phrase, qui est la dernière de votre texte) : « la femme est surtout caractérisée par son penchant pour l’infidélité », proposition que rien de votre part ne vient tempérer, au point que l’on arrive à de bonne fois croire, ou plutôt craindre, que ce soit là votre idée - issue ou non d’une possible expérience en cela certes malheureuse - de la nature même de la Femme.

- Enfin, j’en viens à l’essentiel, en tout cas à mes yeux. Le pessimisme général, mêle d’une sorte de crainte devant l’actuel déferlement islamique et les données démographiques en provenance d’Afrique, conjugués à une forme d’admiration qui ne dit pas son nom pour ce qui vous semble la cohérence des Arabo-Musulmans ou musulmans-tout-court, tout ceci non seulement fait de vous un de ces Européens chancelant que tous votre discours tend et prétend à dénoncer.

Tout ceci dit, je partage, moi aussi, il est bien tant de vous le dire, nombre de vos diagnostics, et vous sais gré de la finesse avec laquelle vous les avez développés. Je récuse pour autant, pour les raisons que j'ai dites, et les fondations de votre analyse, et vos conclusions, comme vous le voyez.

Pour finir, maintenant que votre vidange spirituelle, si j’ose dire, fut ainsi faite en ce message auquel j’ai voulu prendre le temps de répondre sur un ton plus formel que ne l’était celui volontairement échevelé de mon texte auquel vous me fîtes la bonne grâce de répondre, de relire ce même premier texte. Vous y verrez peut-être, tout bien lors mesuré à tête reposée, qu’il recèle sans doute plus de motifs d’espoirs, sinon de vérités théologiques, voire métaphysiques, et donc, peut-être, de loin en loin, de solutions d’autant… pratiques. »